lundi 29 décembre 2014

Le roi disait que j'étais diable de Clara Dupont-Monod

Le roi disait que j'étais diable de Clara Dupont-Monod

Le roi disait que j'étais diable de Clara Dupont-Monod

Fiche détaillée 
Auteur > Clara Dupont-Monod
Editeur > Grasset
Genre > roman historique, biographie romancée
Date de parution > 2014
Nombre de pages > 237

auteur(sources : Wikipédia)

Clara Dupont-Monod

Clara Dupont-Monod, née le 7 octobre 1973 (41 ans) à Paris, est un écrivain et une journaliste française.
Après des études littéraires et une maîtrise d'ancien français à la Sorbonne, elle  débute une carrière de journaliste au magazine Cosmopolitan puis entre en tant que grand reporter à Marianne à 24 ans . En 2007, elle devient rédactrice en chef des pages culture de Marianne. Parallèlement, elle intervient régulièrement à la radio dans l'émission « On refait le monde » diffusée sur RTL et présentée par Nicolas Poincaré.
Le 31 août 2009, elle fait son entrée dans l'équipe de La Matinale, sur Canal+. À la rentrée 2011, elle fait partie des chroniqueurs de l'émission de radio Les Affranchis sur France Inter. À la rentrée 2012, elle présente l'émission littéraire Clara et les chics livres, le samedi sur France Inter, accompagnée de deux chroniqueurs. Durant l'année 2013-2014, elle mène l'interview politique de 7 h 50 de la matinale de France Inter présentée par Patrick Cohen, en remplacement de Pascale Clark . Elle est à son tour remplacée à la rentrée 2014 par Léa Salamé .
Elle anime depuis septembre 2014 une chronique littéraire dans l'émission d'actualité Si tu écoutes, j'annule tout sur France Inter.
Elle publie son premier texte, Eova Luciole, en 1998. La Folie du roi Marc met en scène le mari oublié d'Yseut, dans le mythe de Tristan et Yseut. Histoire d'une prostituée raconte le quotidien et la psyché d'une prostituée, que l'écrivain a rencontrée et suivie pendant un an. Son quatrième roman, La Passion selon Juette, décrit le combat d'une femme du XIIe siècle qui refuse les diktats d'un monde où les femmes n'ont pas leur mot à dire face à une Église toute-puissante, s'appuyant sur la biographie de la jeune rédigée en latin médiéval par le religieux contemporain et ami de Juette, Hugues de Floreffe. Ce roman obtient le prix Laurent-Bonelli Virgin-Lire qui est décerné pour la première fois. Il est retenu dans la liste du Femina et reste jusqu'à la dernière liste du prix Goncourt 2007. En 2011, elle publie Nestor rend les armes, un texte sur un homme obèse. Ce roman est retenu sur la première liste du prix Fémina 2011  .

quatrieme de couverture

Depuis le XIIe siècle, Aliénor d’Aquitaine a sa légende. On l’a décrite libre, sorcière, conquérante : « le roi disait que j’étais diable », selon la formule de l’évêque de Tournai…
Clara Dupont-Monod reprend cette figure mythique et invente ses premières années comme reine de France, aux côtés de Louis VII.
Leurs voix alternent pour dessiner le portrait poignant d’une Aliénor ambitieuse, fragile, et le roman d’un amour impossible.
Des noces royales à la seconde croisade, du chant des troubadours au fracas des armes, émerge un Moyen Age lumineux, qui prépare sa mue.

première phrase

" La joie est stupide."

avis personnel

J'ai eu la chance d'être retenue lors des Matchs de la rentrée littéraire 2014 organisés par PriceMinister pour recevoir ce roman sur Aliénor d'Aquitaine, personnage à la réputation sulfureuse ayant vécu au XIIè siècle, et qui fut successivement reine de France puis d'Angleterre, épouse de Louis VII le Jeune qu'elle quitte pour Henri Plantagenêt de onze ans son cadet !!! Alors qu'à l'époque, une femme de 30 ans est considérée comme vieille, c'est peu de dire qu'elle devait dégager un puissant charisme...
Je la connaissais déjà à travers la biographie que m'avait offerte ma mère quand j'étais adolescente, La dame d'Aquitaine de Chaban-Delmas (eh oui, je soupçonne ma maman  d'avoir un petit faible pour l'auteur !!^^), et j'avais envie de me replonger dans la vie tumultueuse qu'elle a menée, même si ici, seules  les années de son mariage avec Louis sont abordées.

Le roi disait que j'étais diable de Clara Dupont-Monod

L'auteure nous offre tout au long du livre l'alternance des voix d'Aliénor et de Louis, procédé qui souligne cruellement l'incompatibilité entre les époux et l'amour désespéré parce qu'à sens unique que lui voue le roi.
Aliénor et Louis forment en effet un couple très peu assorti, aux caractères diamétralement opposés, aussi opposés que le sont leurs patries respectives :

Chez moi, dans le Sud, ni le sang ni la chair n'ont jamais effrayé personne.
Mais Louis est un homme du Nord. C'est un pays rude et sérieux.
(page 15)

Aliénor se montre dès leur 1ère rencontre méprisante vis-à-vis de ce prince doux et effacé, et de son royaume :

Tout en lui révèle un effort. Ses yeux larges et bleus me fixent. Subitement il me fait pitié. J'ai en face de moi un nouveau-né apeuré qui n'a jamais songé à gouverner. Ce projet-là était pou son frère aîné Philippe. Mais cet idiot mourut juste après, la tête fracassée contre les faubourgs de Paris. Un cochon s'était jeté dans les pattes de son cheval. N'est-ce pas un magnifique résumé du royaume de France ? Ce sont des porcs qui décident de son destin.
(page 25)

... tandis que Louis apparaît comme un amoureux transi, tout empli à son égard d'une tendresse énamourée :

Tu es pleine de cette ignorance qui me foudroie de tendresse. (...) Aliénor, tu es ma sauvage et je voudrais t'apprendre la foi plutôt que les croyances. Te laisseras-tu faire ? Tu dors. (...) Mon visage s'approche, prêt à traverser la mince surface frémissante, comme on plonge dans un lac. Tu te retournes. Je recule, pris d'effroi. Mais non ; tout est douceur. (...) Mais à cet instant, il est enfin détendu, ce merveilleux corps qui ne doute pas. Dans le creux de la nuit, il m'appartient. Je suis si heureux que j'en ai honte.
(page 52-53)

On a l'impression que les rôles sont inversés au sein de ce couple, que c'est Aliénor l'homme et Louis la femme.
A Aliénor, la violence, le goût du sang et des combats, l'orgueil démesuré, la rébellion et la rage vindicative.
Et à Louis la douceur, le goût de l'encens et des prières, la simplicité, la soumission et la résignation.

Le roi disait que j'étais diable de Clara Dupont-Monod

Concernant le style, l'auteure a une plume délicieuse dont on savoure certaines phrases ciselées. J'ai d'ailleurs préféré l'écriture à l'histoire elle-même, car, d'une part ce n'est pas l'aspect historique qui prévaut dans ce roman mais plutôt l'aspect psychologique ; en effet, l'alternance des points de vue nous permet de nous approcher au plus près des sentiments et ressentis des deux protagonistes, mais ce procédé narratif en forme également la limite de par sa mécanique un peu répétitive. D'autre part, les personnages ne sont guère attachants, surtout Aliénor qui, toute reine qu'elle est, nous donne maintes fois envie de lui claquer le beignet tant elle se montre capricieuse hautaine et odieuse !
 Remarquez, on a également envie de donner un coup de pied au royal postérieur de son époux qui se montre trop mollasson, et de se fendre à son égard de quelques conseils : " Mais tiens donc tête à ta femme, et bouscule-la un peu ! Offre lui une étreinte ardente pour changer, et d'ailleurs, garde ton heaume car ça va être sauvage !"
Oups, je m'égare, pardonnez-moi, mais voilà ce que m'inspirait parfois Louis le Jeune.

Donc, nous assistons, impuissants, au fossé qui se creuse inexorablement entre l'épouse insatisfaite et passionnée et l'époux se sentant de plus en plus coupable des actes condamnables qu'il commet pour lui plaire...

... Jusqu'à la rupture finale, rapportée dans la troisième partie du livre par la voix d'outre-tombe de Raimond d'Antioche, l'oncle de la jeune femme.

Leur mariage dura donc 15 ans, mais pour ceux qui connaissent les événements qui ont suivi,  on peut se dire que Louis, d'un point de vue politique, commit une énorme boulette en acceptant de se séparer de sa femme, puisque ce divorce conduisit à la Guerre de Cent Ans ! Mais d'un point de vue strictement personnel, il ne fit pas une si mauvaise affaire que cela puisque Henri Plantagenêt eut par la suite à se plaindre des manigances de sa femme qui s'allia contre lui à 3 des 5 fils qu'elle lui donna ! (je dis ça je dis rien, mais à mes yeux, l'éducation des gamins Plantagenêt laisse complètement à désirer, hein !).

Le roi disait que j'étais diable de Clara Dupont-Monod
Gisant d'Aliénor à Fontevraud

Pour conclure, un livre plaisant grâce à une écriture soignée et recherchée. Le choix narratif rend les différents points de vue très intéressants en soulignant l'abîme d'incompréhension et de préjugés qui sépare le couple, le contraste entre le mépris d'Aliénor pour son mari et l'amour inconditionnel qu'il lui voue n'en étant que plus saisissant. Par contre, les lecteurs qui s'attendent à un roman purement historique risquent d'être un peu déstabilisés car, si les faits historiques sont peu ou prou respectés, ils ne sont que brièvement évoqués, et le contexte manque un peu de détails et d'épaisseur.

Je remercie PriceMinister et les éditions Grasset pour cette agréable découverte !

Appréciation :

note : 4 sur 5

Note : 16/20

extrait

 Un parfum de menthe a fondu sur mon visage. Désormais, cette odeur est liée à toi. Où que j'aille, j'emporte toujours un brin de menthe qui me rappelle notre rencontre. Tu étais de dos, face à la fenêtre. Deux détails m'ont surpris. La couleur de ta robe et tes cheveux qui recouvraient ton dos. Chez moi, les femmes ne portent pas de couleurs vives, encore moins le cheveux lâchés. Et puis tu t'es retournée.
Sous le choc, je suis restée bouche bée. Intuitivement, l'abbé Suger s'est rapproché de moi. Mais je n'avais nul besoin de rempart à cet instant-là. C'était fini. Une main glacée a saisi mon cœur.
Je t'ai aimée aussitôt et, dans le même instant, tu m'as effrayé. C'était un mélange de perte et d'offrande. Un seul visage pouvait provoquer le ciel, attirer ses extrêmes. Mes guerres perdues, c'était toi. Et jamais je n'aurais pensé qu'une défaite pouvait être aussi belle.
(page 28/29)

divers

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Challenge Moyen Âge

Ma 6ème participation au challenge d'Hérisson -

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lundi 15 décembre 2014

Point de non-retour de Robert Kirkman & Charlie Adlard - Walking dead, tome 13

Point de non-retour de Robert Kirkman & Charlie Adlard - Walking dead, tome 13

fiche

  Scenario > Robert Kirkman
Dessin > Charlie Adlard
Trames et niveaux de gris > Cliff Rathburn
Editeur > Delcourt
Série > Walking Dead
Genre > Comics, Horreur
Date de parution > 2010 pour l'édition originale, 2011 pour la présente édition
Titre original > Too Far Gone
Nombre de planches > 132
Traduction > de l'américain par Edmond Tourriol

 auteur

Robert Kirkman   
Robert Kirkman est un jeune mais prolifique auteur. Il se fait connaître avec la série Battle Pope qu’il publie lui-même au sein de la structure éditoriale qu’il a créé, Funk-O-Tron. Il est repéré par Image Comics qui publie BRIT et Invincible. Les films de George Romero lui inspirent différents scénarii de comics basés sur des histoires de zombies, dont The Walking Dead. Il puise dans ses souvenirs de jeunesse pour le scénario de sa série Invincible. Les aventures de ces superhéros adolescents sont un immense succès et deviennent l’un des fleurons de l’éditeur Image Comics.
Texte et photo © Delcourt
Site de l'auteur -

 

Charlie Adlard

 Né en 1966 à Shrewsbury (Angleterre), Charlie Adlard part dans le Kent pour étudier aux Beaux-Arts de Maidstone. Après un bref passage à Londres pour devenir une rock star, il rentre chez lui pour se remettre au dessin, domaine dans lequel il sera très vite remarqué. Il dessine pour de nombreux éditeurs : Mars Attack et X-Files chez Topps, X-Men Hellfire Club, Storms et Muties chez Marvel, Batman/Scarface, Green Arrow/Lantern, Batman and Superman chez DC, The Walking Dead chez Image,… En janvier 2009, c’est aux Éditions Soleil que paraît sa première collaboration avec un scénariste français, Mathieu Missoffe, en dessinant le cinquième one shot de la collection «Terres Secrètes», Corpus hermeticum : Le Souffle du Wendigo.
Texte et photo © Soleil 
site du dessinateur -

 

quatrieme de couverture

  LE MONDE TEL QUE NOUS LE CONNAISSONS
A DISPARU.
DEFINITIVEMENT 

 Aux portes de Washington, Rick et ses compagnons intègrent une communauté visiblement épargnée par l’apparition de zombie. Ce retour au calme et à une vie presque normale ne se fait pas sans heurts et révèle au grand jour les difficultés d’adaptation du groupe de survivants.
Après de longs mois passés sur la route, nos héros entrevoient l'espoir de reprendre une vie normale. En sont-ils enocre capables ? Une étape décisive !

 Œuvre fondatrice du genre en bande dessinée, Walking Dead s'impose par sa qualité d'écriture et son attention portée aux relations entre les personnages de cette incroyable aventure humaine. En effet, au-delà des scènes où apparaît la menace des morts-vivants, les auteurs nous entraînent dans un récit où la survie est l'affaire de tous les instants, et où la moindre erreur peut s'avérer fatale...

avis personnel

Lors d'une sortie, Abraham reçoit quelques révélations inquiétantes sur le fonctionnement de la communauté : Douglas, le chef, exposerait aux tâches les plus risquées les membres les moins utiles de la communauté ("les plus cons" quoi, comme le suggère Bruce, désabusé !) et se réserverait les plus beaux brins de filles. De plus, le grand costaud se rend compte que derrière la belle façade d'unité, aucune cohérence, aucune solidarité n'anime ces rescapés :

Abe : "Nous tous" ? Tu veux pas dire "Nous autres", plutôt ? T'en as laissé crever combien, dans le coin ? C'est ça, votre système ? Protéger le groupe, niquer les individus ? Nom de Dieu ! On finit ça et on rentre.
Holly : Tu m'as sauvé la vie. Merci.
Abe : Dans ma bande, on veille les uns sur les autres. C'était normal. Tu aurais dû en attendre autant de tout le monde. Tu n'as pas à me remercier pour ça.
(page 29)

Avec la mort de Scott et la volonté de Douglas de procéder à des funérailles en catimini pour ne pas inquiéter la communauté, on a la confirmation que toute la population vit dans le déni complet des zombies et du danger alentour.

De son côté, Rick est près à tout pour rester dans le quartier sécurisé et protéger ainsi son fils : c'est la seule chose qui le retienne à la vie et l'empêche totalement de sombrer dans la folie. Malgré le danger d'être jeté dehors, il pète les câbles quand il découvre que Pete frappe en toute impunité sa femme et son fils, protégé par son statut de médecin indispensable à la communauté.

Avec ce tome, j'ai senti mon intérêt repartir, et pourtant, il n'est pas exempt de défauts. Je déplore quelques facilités narratives, notamment à propos du dénouement un peu trop facile, ou de l'abandon un peu trop rapide des postes-clés aux mains de Rick et des siens. Mais j'ai trouvé intéressante l'opposition entre le groupe du shérif, que sa longue expérience de survie en territoire hostile rend plus apte à protéger la communauté, et le groupe de Douglas préservé depuis de longs mois par le mur et de ce fait inadapté aux situations d'urgence, voire aux décisions les plus pragmatiques.

Ce tome est donc relativement calme, à part les dernières pages qui voient un groupe de l'extérieur tenter d'entrer par la force dans la zone sécurisée et vite mis hors de danger par Rick et les siens...

Rick : Très bien, étranger. Tu as mon attention. Que puis-je pour toi ?
Etranger : Tu ne devines pas ? Petit cochon, laisse-moi... entrer.
(page 126)

Par contre, les coups de feu échangés lors de cet affrontement semblent avoir éveillé un danger bien plus grand encore... Je sens que cela va déménager pour la suite !!

 

Et pour une fois, on finit sur une citation d'Andrea :

Alors, tu veux prendre le contrôle ? Tu te souviens quand tu ne voulais pas être le chef ? C'est là que tu étais le meilleur.
(Andrea à Rick, page 31)

Bilan de ce tome :
6 morts dont 3 de la communauté d'Alexandria (et 0 pour la bande à Rick !! ^^)

 Appréciation :

 note : 4 sur 5

 Mes autres avis sur la saga : tome 1 ♦ tome 2tome 3 ♦ tome 4 ♦ tome 5 ♦ tome 6tome 7tome 8tome 9 ♦ tome 10 ♦ tome 11tome 12 ♦ tome 13 ♦ tome 14 ♦ tome 15tome 16 ♦  tome 17 ♦ tome 18

 

extrait

Point de non-retour de Robert Kirkman & Charlie Adlard - Walking dead, tome 13    Point de non-retour de Robert Kirkman & Charlie Adlard - Walking dead, tome 13

divers

 


Challenge Littérature de l'Imaginaire organisé par MarieJuliet (2/12)

 

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samedi 13 décembre 2014

Un monde parfait de Robert Kirkman & Charlie Adlard - Walking dead, tome 12

Un monde parfait de Robert Kirkman & Charlie Adlard - Walking dead, tome 12

fiche

 Scenario > Robert Kirkman
Dessin > Charlie Adlard
Trames et niveaux de gris > Cliff Rathburn
Editeur > Delcourt
Série > Walking Dead
Genre > Comics, Horreur
Date de parution > 2009/2010 pour l'édition originale, 2010 pour la présente édition
Titre original > Life AmongThem
Nombre de planches > 132
Traduction > de l'américain par Edmond Tourriol

 auteur

 

Robert Kirkman   
Robert Kirkman est un jeune mais prolifique auteur. Il se fait connaître avec la série Battle Pope qu’il publie lui-même au sein de la structure éditoriale qu’il a créé, Funk-O-Tron. Il est repéré par Image Comics qui publie BRIT et Invincible. Les films de George Romero lui inspirent différents scénarii de comics basés sur des histoires de zombies, dont The Walking Dead. Il puise dans ses souvenirs de jeunesse pour le scénario de sa série Invincible. Les aventures de ces superhéros adolescents sont un immense succès et deviennent l’un des fleurons de l’éditeur Image Comics.
Texte et photo © Delcourt
Site de l'auteur -

Charlie Adlard

 

Né en 1966 à Shrewsbury (Angleterre), Charlie Adlard part dans le Kent pour étudier aux Beaux-Arts de Maidstone. Après un bref passage à Londres pour devenir une rock star, il rentre chez lui pour se remettre au dessin, domaine dans lequel il sera très vite remarqué. Il dessine pour de nombreux éditeurs : Mars Attack et X-Files chez Topps, X-Men Hellfire Club, Storms et Muties chez Marvel, Batman/Scarface, Green Arrow/Lantern, Batman and Superman chez DC, The Walking Dead chez Image,… En janvier 2009, c’est aux Éditions Soleil que paraît sa première collaboration avec un scénariste français, Mathieu Missoffe, en dessinant le cinquième one shot de la collection «Terres Secrètes», Corpus hermeticum : Le Souffle du Wendigo.
Texte et photo © Soleil 
site du dessinateur -

quatrieme de couverture

 LE MONDE TEL QUE NOUS LE CONNAISSONS
A DISPARU.
DEFINITIVEMENT 

Le voyage jusqu'à Washington aura été long, semé d'embûches, mais aussi de drames. Avant la fin de ce périple, l'un des compagnons de Rick se révélera être autre chose que celui qu'il prétendait être. La colère passée, l'espoir renaît néanmoins avec l'apparition providentielle d'une communauté visiblement épargnée par le fléau qui ravagea l'humanité voici un an déjà.
Après de longs mois passés sur la route, Rick et ses compagnons entrevoient l'espoir de reprendre une vie normale. En sont-ils seulement encore capables ?

Œuvre fondatrice du genre en bande dessinée, Walking Dead s'impose par sa qualité d'écriture et son attention portée aux relations entre les personnages de cette incroyable aventure humaine. En effet, au-delà des scènes où apparaît la menace des morts-vivants, les auteurs nous entraînent dans un récit où la survie est l'affaire de tous les instants, et où la moindre erreur peut s'avérer fatale...

avis personnel

Une explication a lieu entre le père et le fils sur la mort de Ben. Carl confesse qu'il est rongé par la culpabilité mais qu'il a agi pour protéger le groupe parce qu'il savait Abe et son père incapables de tuer un enfant, aussi dangereux soit-il.

Je fais des choses... mauvaises... pour vous aider, toi et les autres membres du groupe. En grandissant, tu devras sûrement en faire aussi. La voilà notre vie, maintenant... Mais, Carl, n'oublie jamais... Quand on fait ce genre de choses, et même si on reste des gens bien... ça reste des mauvaises choses. Et si ça devient facile de faire ça... alors, c'est fini. On devient de mauvaises personnes.
(Rick, pages 12-13)

Le lecteur constate avec inquiétude qu'il devient de plus en plus difficile de trouver de la nourriture. Mais nous n'avons pas le temps de nous y appesantir que l'on apprend en même temps que les rescapés qu'un des leurs leur a menti depuis le début pour obtenir leur protection. Malheureusement, je m'attendais à ce genre de révélation car la promesse d'un remède me semblait vraiment trop providentielle, même si au fonds de moi j'espérais qu'elle fût vraie.

Malgré cette déconvenue, on se rend compte avec plaisir à quel point les membres du groupe se sentent profondément liés les uns aux autres, formant une famille unie :

Andrea : Et là, je n'ai plus rien. Je suis toute seule... Et je suis redevenue la fille que j'étais avant... celle que je n'aimais pas. Tout ce qui me reste, c'est vous... Vous tous. Il n'y a que vous pour me rappeler qui je peux être. Pour m'empêcher d'être vraiment seule. Je vous suivrais jusqu’en enfer.
Rick : J’espère qu’on en est pas là.
(page 45)

Ils vont alors être approchés par Aaron, l'éclaireur d'une communauté installée près de Washington à Alexandria, pour laquelle celui-ci recrute des membres. Bien que sur leurs gardes, ils acceptent cette offre inespérée de s'installer dans un quartier sécurisé, pourvu de vivres et de tout le confort du monde d'avant.
Métamorphosés profondément par les épreuves qu'ils ont traversées, ils ont peur de se montrer tels qu'ils sont face à ces habitants d'une extrême gentillesse et de ne pas réussir à s'adapter :

Regarde-nous. Tu crois vraiment qu'ils vont nous garder ici quand ils auront compris à quel point on est tarés ?
(Andrea, page 116)

Passée l'euphorie des premiers moments, le lecteur ne peut s'empêcher d'éprouver un inexplicable malaise. Tout semble trop idyllique, tout le monde semble trop gentil, pour que cela ne cache pas un coup fourré, entre le gamin au cocard et le secret entourant un certain Davidson... A croire que Rick a réussi à nous contaminer avec sa sempiternelle méfiance... Sauf que là, il a auprès de Carl un discours en complète contradiction avec celui qu'il lui avait tenu à  la ferme d'Hershel. Et seul le petit garçon semble avoir une réflexion réaliste :

Tout le monde fait comme si rien ne s’était passé. Ils sont tous nuls. Les rôdeurs sont toujours là même si on ne les voit plus. Je déteste cet endroit, P’pa. Il est bidon. Comme si tout le monde faisait semblant. […] Et quand on va partir ? Je veux pas m’habituer à ça… On va devenir faibles. Je ne veux pas mourir.
(Carl, page 110-111)

Douglas Monroe, le chef de la communauté, semble complètement déconnecté des réalités de ce monde post-apocalyptique, faisant fi de la prudence la plus élémentaire (pas de guet au bout d'un an ? quid de la menace des groupes extérieurs ?)...

Finalement, entre le groupe de Rick et celui de Monroe on se demande lequel présente la menace la plus sérieuse face à l'autre ?

Car à la fin de ce tome, Rick s'apprête à transgresser une règle de la communauté. Et même si l'on comprend sa position au regard de ses expériences passées traumatisantes, on se demande s'il n'est pas en train de suivre l'exemple odieux du Gouverneur et si Regina, la femme de Monroe n'a pas vu juste à son encontre en le soupçonnant de vouloir prendre le contrôle de leur communauté ? Et l'on se dit que Dale n'avait pas forcément tort en définitive quand il pensait que "RICK FOUT TOUT EN L'AIR !! J'ai hâte de savoir comment il va risquer notre vie, la prochaine fois... " (Tome 10, page 138)

Je finirai comme d'habitude sur une citation d'Abe :

 Hé ! C'était pas mon regard pour "Attaquons ce type". C'était mon regard "Il a l'air réglo". Je pige pas.
(Abraham à Rick, page 31)

Bilan de ce tome :
Aucun mort
Rick et son groupe intègrent une communauté d'une quarantaine de personnes

 Appréciation :

note : 3 sur 5

Mes autres avis sur la saga : tome 1 ♦ tome 2tome 3 ♦ tome 4 ♦ tome 5 ♦ tome 6tome 7tome 8tome 9 ♦ tome 10 ♦ tome 11 ♦ tome 12 ♦ tome 13 ♦ tome 14 ♦ tome 15tome 16 ♦  tome 17 ♦ tome 18

extrait

 Un monde parfait de Robert Kirkman & Charlie Adlard - Walking dead, tome 12   Un monde parfait de Robert Kirkman & Charlie Adlard - Walking dead, tome 12

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Challenge Littérature de l'Imaginaire organisé par MarieJuliet (1/12)

Challenge "50 états 50 billets" organisé par Sofynet

Ma 11ème participation au challenge de Sofynet - nuitée à Alexandria, en Virginie

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