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mercredi 19 juillet 2017

De Brocéliande en Avalon - Anthologie rassemblée et préfacée par Lucie Chenu (Collectif)


"L'air était si lourd, le ciel si bas, que des nuages pesaient sur mon front et me portaient en un étrange état où plus rien n'avait d'importance ; gris, sans nuance aucune, les jours succédaient aux jours, comme autant de gouttes d'une pluie qui mouillerait en vain le bitume du sol."
  
De la forêt de Brocéliande à l'île sacrée d'Avalon, chevaliers de la Table Ronde et Dames du Lac se réincarnent à notre époque. 
Mais les héros médiévaux sont-ils armés pour notre temps ? 
Avec humour ou nostalgie, avec bruit et fureur épique ou dans la tragédie, de leurs plumes poétiques, neuf parmi les meilleurs écrivains de fantasy font vivre ou revivre à Perceval, Galaad, Arthur et Morgane, Merlin et Viviane, Lancelot et Guenièvre, Owein et Luned, des aventures mythiques, dans des univers modernes, futuristes ou uchroniques.

Les auteurs : Jean Millemann, Adam Roy, Deirdre Laurin, Rachel Tanner, Nathalie Dau, Lionel Davoust, Megan Lindholm (alias Robin Hobb), Pierre Bordage, Léa Silhol.
Je dois avouer que je me suis laissée abuser par la magnifique première de couverture, illustrée par John Howe, et que je n'ai, du coup, pas totalement fait attention à la quatrième de couverture qui spécifiait bien pourtant que ce recueil de nouvelles mettaient en scène les héros du cycle arthurien propulsés à notre époque ! Passés les premiers instants de déconfiture, je me suis dit que cela pourrait être intéressant de découvrir le comportement et la faculté d'adaptation de ces héros de légende au XXIème siècle.

Au final, à part dans quelques nouvelles, je n'ai pas été frappée par l'exploitation de cet aspect anachronique ou décalé. Certaines mettent l'accent sur l'amour contrarié des couples emblématiques de la légende, quant d'autres soulignent les motivations ambigües et pas forcément avouables liées à la Quête. On rencontre tour à tour un Merlin amnésique, un Lancelot traqué comme dangereux "serial-killer", une Morgane astrologue, un Galaad musicien rebelle et désenchanté... On suit une enquête policière, une réconciliation avortée, une association de voisins luttant contre l'expulsion injuste programmée par une multinationale peu scrupuleuse,...

Et la Dame sourit.
- Qu'est le Graal , pour toi ?
- La coupe de tes lèvres, répondit Owein. Le cercle de tes cuisses. Le chaudron de ton ventre, d'où je viens et où je retourne.
(Owein, page 117)

Les nouvelles sont assez variées pour maintenir notre intérêt, même si le thème principal de la réincarnation limitée à notre monde contemporain peut donner à la longue une impression de redondance, d'autant que ce sont souvent les mêmes personnages qui sont évoqués, comme Merlin ou Morgane. Mais le ton employé diffère vraiment d'une nouvelle à l'autre : on passe de l'onirisme à un pastiche complètement déjanté, sans oublier la chronique "ennuyeuse" d'une auteure ayant perdu l'inspiration...
Alors évidemment, certaines nouvelles m'ont moins touchée, voire laissée sur ma faim (parfois le début était confus ou la chute mal amenée gâchant son impact), mais d'une manière générale, j'ai apprécié cette lecture, goûtant la poésie de certains passages ou éclatant de rire suite à certains clins d'œil ou références.


Nouvelle préférée : Lancelot aux enfers
J'adore : L'Île close
J'aime beaucoup : Retour sous l'hêtre, Fort 53 & Locataires découpés

En bref :

Les + : des récits au ton très varié ; des passages très poétiques ou drôles ; une réflexion subtile sur la Quête
Les - : l'aspect anachronique et décalé pas assez exploité ; un contexte parfois confus ; une palette de personnages légendaires réduite aux mêmes
  Où que je sois, quoi que je fasse... la guerre, j'ai l'impression que je n'ai fait que ça tout au long de mes vies."
https://parthenia27.blogspot.fr/2012/10/challenge-legende-arthurienne-propose.html
 Ma 14ème participation au challenge d'Aethelthryth.
https://parthenia27.blogspot.fr/2016/12/challenge-de-l-organise-par-amaruel-5e_25.html
Challenge Littérature de l'Imaginaire organisé par Amarüel (9/24)

Challenge "ABC 2017 - Littératures de l'imaginaire..." organisé par Mariejuliet
  Ma 5ème participation au challenge de Mariejuliet -
 
https://parthenia27.blogspot.fr/2017/01/challenge-un-genre-par-mois-2017_8.html
Challenge Un genre par mois organisé par Iluze (7/12)
Livraddict
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jeudi 23 mars 2017

Agamemnon d'Eschyle - L'Orestie, tome 1

Auteur > Eschyle
Editeur > Actes Sud
Collection > Romans
Genre > Théâtre antique, classique
Date de parution > pièce représentée la 1ère fois en 458 av. J.-C. aux Grandes Dionysies d'Athènes, 1990 pour la présente édition
Titre original > Agamémnôn
Nombre de pages > 115
Traduction > du grec ancien par Ariane Mnouchkine
"Je prie les dieux de m'accorder la délivrance de ma pénible veille."
Avalon organisant sur Livraddict des lectures communes sur la littérature antique grecque et romaine, je ne pouvais passer à côté d'une telle promesse de douce félicité, moi qui suis passionnée par tout ce qui touche à l'histoire ancienne ! ^^
La lecture de la 2è session portant sur une pièce d'Eschyle, je me suis dit que c'était une bonne occasion de découvrir cet auteur, que je ne connais que de nom ! J'ai donc emprunté le livre traduit par Ariane Mnouchkine à ma médiathèque en espérant que la traduction ne serait pas un handicap au plaisir de la lecture, comme il m'est déjà advenu.
J'avais déjà lu une pièce de théâtre antique, avec Lysistrata d'Aristophane, que j'avais véritablement adorée, mais là, je dois dire que je me suis sentie un peu déroutée par la forme... En effet, je ne pensais pas que les passages avec les chœurs étaient aussi longs, ni qu'ils répondaient sans cesse aux monologues des autres personnages. Je savais bien sûr l'existence des chœurs, ainsi que les parties chantées mais je ne m'attendais pas à l'absence totale d'interaction entre les personnages eux-mêmes. Du coup, je me suis sentie extérieure à l'intrigue, et suis passée complètement à côté de ma lecture. Je ne peux pas dire que celle-ci a été déplaisante. Mais elle n'a pas été transcendante non plus. A aucun moment, je ne me suis sentie proche des personnages, et pourtant, j'aime beaucoup Cassandre. Sa destinée tragique aurait dû me toucher, mais également cette terrible double histoire de vengeance (car Clytemnestre veut venger le sacrifice de sa fille Iphigénie et Egisthe le meurtre des enfants de son père) mais là, rien, nada, queutchi. La seule réflexion que je me suis faite à certains passages, c'est que l'auteur, Eschyle, condamnait toute démesure, cette fameuse hybris grecque si présente dans leur mythologie et si pointée du doigt dans la vie politique des hommes réels de son temps.
Je me sens donc doublement frustrée : ne pas avoir su apprécier une œuvre de la littérature antique alors que j'affectionne d'ordinaire ce genre d'ouvrage et que ladite œuvre, intemporelle au final, fait cruellement écho à notre époque et ses hommes politiques à l'ego et l'orgueil si surdimensionnés qu'ils se pensent intouchables !

Appréciation :

(source : Wikipédia)
      
Eschyle (en grec ancien Αἰσχύλος / Aiskhúlos), né à Éleusis (Attique) vers 526 av. J.-C., mort à Géla (Sicile) en 456 av. J.-C., est le plus ancien des trois grands tragiques grecs. Précédé par d'autres dramaturges, il participe à la naissance du genre tragique grâce à certaines innovations, comme le nombre d'acteurs qu'il porte à deux selon Aristote. Treize fois vainqueur du concours tragique, il est l'auteur d'environ 110 pièces dont sept seulement nous ont été transmises. Le théâtre d'Eschyle est essentiellement remarqué pour sa force dramatique, la tension, l'angoisse qui habite ses pièces, dont la cohérence se comprend surtout par la progression qui les reliait au sein de trilogies « liées », dont ne subsiste aujourd'hui que l’Orestie. S'il ne développe pas la psychologie des personnages, ses choix lui permettent de mettre en valeur ses conceptions puissantes sur l'équilibre de la cité, le dégoût de l’hybris qui met en danger cet ordre, et le poids de la décision des dieux dans la conduite des affaires humaines, notamment à travers le sort militaire, ou la malédiction familiale (dans le cas de Thèbes et des Atrides notamment).
LC organisée par Avalon - 2è session

Challenge "L'Odyssée grecque"
 Challenge "L'Odyssée grecque" : 20/100

Challenge "Un classique par mois"
Challenge organisé par Pr Platypus (1/12)
 
http://www.livraddict.com/biblio/livre/l-enchanteur-1.html

http://www.babelio.com/livres/Barjavel-LEnchanteur/6684

https://booknode.com/l_enchanteur_015479



dimanche 29 novembre 2015

Le Seigneur de l'Arc d'Argent de David Gemmel - Troie, tome 1

Le Seigneur de l'Arc d'argent de David Gemmel - Troie, tome 1

fiche détaillée

 Auteur > David Gemmel
Editeur > France Loisirs
Collection > Fantasy
Série > Troie
Genre > roman fantasy
Date de parution > 2005 pour l'édition originale,  2012 pour la présente édition
Titre original > Lord of the Silver Bow - Troy, book one
Nombre de pages > 680
Traduction > de l'anglais par Rosalie Guillaume

auteur
(sources : Bragelonne)

 

David GemmelDepuis Légende, son premier roman (prix Tour Eiffel 2002), David Gemmell n’a publié que des best-sellers. Reconnu comme le maître de l'Heroic Fantasy en Grande-Bretagne, cet ancien journaliste, grand gaillard de deux mètres, avait été videur dans les bars de Soho à Londres avant de prendre la plume. Sa gouaille naturelle lui avait toujours permis d'éviter de se servir de ses 120 kilos. Cette gouaille se retrouve dans ses ouvrages dont le rythme soutenu entraîne le lecteur dans des aventures épiques et riches en couleurs, où Gemmell savait mettre tout son cœur. Ce même cœur qui l’a abandonné en juillet 2006, à l’âge de 57 ans. 

 

 

quatrième de couverture

Trois individus vont changer la destinée de plusieurs nations.
Hélicon, le jeune prince de Dardanie, hanté par une enfance traumatisante; la prêtresse Andromaque, dont le caractère de feu et l'indépendance forcenée se dressent contre la volonté des rois; et le légendaire guerrier Argurios, emmuré dans la solitude, uniquement motiver par son besoin de vengeance.
A Troie, ils découvrent une cité déchirée par des rivalité impitoyable -un maelström de jalousie, de tromperie et de traitrise meurtrières. En dehors des mirs de la cité mythique, des ennemis assoiffés de sang convoitent ses richesses et conspirent à sa chute. C'est une époque de bravoure et de trahison. Une époque de bain de sang et de terreur.
Une époque pour les héros!

première phrase

"Si je m'endors, je meurs."

avis personnel

 Je me souviens que j'avais acquis cette saga sur les conseils de Sylly, suite à ma chronique sur L'Odyssée d'Homère il y a un an et demi, et que cet empoussiérage où Troie s'enlisait n'avait pas échappé à la grande fan de Gemmel devant l'éternel qu'est Cassie qui a donc profité du Destockage de PAL en duo, dont la session portait cette fois sur le thème de la Fantasy, pour m'en proposer la lecture... * Pour de vrai, elle m'a subtilement prise par les sentiments pour que je choisisse Gemmel et pas Cerutti, et dans ma grande faiblesse, j'ai cédé à sa douce pression... he... ce qui maintenant lui met la pression à elle, héhéhé, car ai-je aimé ? n'ai-je pas aimé ? verdict immédiatement*

Ceux qui me suivent sur ce blog savent à quel pont je suis raide dingue d'Hector, le héros troyen ! Aussi trépignais-je d'impatience à l'idée de le retrouver (en espérant naïvement, puisque Gemmel revisitait le mythe troyen, qu'il nous offrirait peut-être une fin différente ! * oui, on peut toujours rêver  he !!*) Sauf que... sauf que... ce premier tome porte sur Hélicon, un prince dardanien renié par son père. Les scènes où il apparaît le montrent comme un homme généreux et compatissant, contredites par le point de vue des adversaires qu'il a rencontrés et qui le dépeignent comme un homme cruel et sanguinaire. Le lecteur se demande pendant une partie du roman où se situe la vérité et quelle est la personnalité réelle d'Hélicon. Est-il victime de l'exagération et de la mauvaise foi de ses ennemis ? ou la terreur qu'il inspire est-elle fondée ? J'ai bien aimé que l'auteur laisse planer ce doute autour du héros, qui apparaît comme un être tourmenté et complexe.

J'ai bien aimé également sa manière de se ré-approprier la légende troyenne et de ré-inventer une personnalité aux héros connus, si bien que, même en connaissant l'histoire, nous sommes souvent surpris par le parti pris de l'auteur. Par exemple, Priam ne bénéficie guère d'une image très flatteuse. Il est en effet dépeint comme un homme cupide, dépourvu d'amour et se servant de ses enfants au gré de ses intérêts politiques. Au début du roman, il a d'ailleurs fait exécuter 5 de  fils qui complotaient contre lui. Sa cour bruit de complots visant à le destituer (ou le tuer tout court), et seul Hector arrive à maintenir l'unité familiale.

D'ailleurs, Hector, Hector, où es-tu ? On ne parle que de lui durant la majorité du roman sans jamais le voir ! Tout simplement parce qu'il a été envoyé en Égypte combattre aux côtés des Hittites, auxquels les Troyens sont inféodés, le puissant pharaon Ramsès à la bataille de Qadesh. C'est aussi un autre aspect que j'ai apprécié dans cette œuvre : intégrer les autres grandes puissances étrangères (hittite, égyptienne) à l'intrigue et ne pas se focaliser sur les seuls peuples intervenant dans l'Iliade. En outre, concernant les intrigues politiques et les descriptions de la vie quotidienne ou militaire, le roman penche plus vers un récit historique que de fantasy, ce que j'ai bien aimé.

D'autres changements ont été effectués par rapport au mythe original : Anchise est mort avant la guerre de Troie, la mère d'Énée n'est pas la déesse Aphrodite, Mycènes s'apprête à faire la guerre à Sparte...

J'ai été très surprise de trouver Ulysse attachant (personnage que je ne peux pas sacquer dans L'Odyssée). Par contre, comme d'habitude, j'ai adoré Andromaque, qui se démarque tout de même de l'originale par un caractère indépendant et un comportement de virago (sans aucune connotation péjorative de ma part, hein !)...

Mon bémol portera sur la rapidité avec laquelle l'auteur passe sur certains passages, ne donnant pas assez d'épaisseur à l'intrigue. J'aurais également aimé qu'il s'attarde sur les personnages pour leur donner plus de profondeur et étoffer leur potentiel psychologique (qui est de ce fait un peu gâché). D'ailleurs, les personnages foisonnent tellement qu'il m'est arrivé d'oublier à quel moment certains étaient déjà apparus (je ne me souvenais plus par exemple pour quelle circonstance Attalus avait été introduit !). Et pour finir, même si le style est efficace, je déplore sa trop grande simplicité. Je trouve que Gemmel donne parfois trop d'importance à l'action pure au détriment de l'intrigue...

Pour conclure, malgré quelques réserves, j'ai été captivée par l'histoire d'Hélicon (même en l'absence de mon bien-aimé Hector). Gemmel revisite la légende troyenne avec beaucoup de talent, modifiant la personnalité de certains protagonistes connus, inventant d'autres personnages, ce qui nous occasionne quelques belles surprises narratives ! Je lirai la suite avec beaucoup de plaisir...

Appréciation :

note : 4 sur 5

Mes autres avis sur la trilogie : tome 1 ♦ tome 2 ♦ tome 3 ♦

 

extrait

 - Tu iras à Théra, et tu suivras la formation d'une prêtresse du Minotaure, avait dit Ection. Je sais que ce sera une tâche difficile, mais tu es une fille forte.
Elle était restée assise sans répondre, regardant l'homme dans les yeux. Son silence avait attisé la colère de son père.
- Tu n'as que toi à blâmer. Beaucoup d'hommes préfèrent les femmes ordinaires. Mais tu n'as jamais fait le moindre effort pour plaire aux prétendants que je t'avais trouvés. Pas un sourire, pas un mot d'encouragement.
- C'étaient tous des hommes sans intérêt, avait-elle répondu.
- Des hommes de bonne famille!
- Eh bien, père, vous vous enrichirez quand même, en vendant mes sœurs.
- Voilà de quoi je parle! avait crié Ection. Tout ce qui sort de ta bouche est déformé, hideux. Tes sœurs trouveront le bonheur avec leurs enfants et la richesse de leur mari. La petite Paleste est déjà fiancée à Hector. Elle vivra dans la cité dorée de Troie, mariée au plus grand de ses héros. Il l'adorera et elle sera heureuse avec lui.
- Ce qui est, bien entendu, votre principal souci, père, avait-elle dit d'une voix douce. Que devrai-je faire, sur Théra?
- Comme si j'étais informé de ce que font les femmes du temple! Apaiser la colère des dieux, faire des sacrifices, chanter, que sais-je ! Il n'y a pas d'hommes sur l'île.
Elle avait remarqué la méchanceté de son ton quand il avait lancé cette pique.
- C'est une vrai bénédiction, avait-elle dit. J'ai hâte d'y être.
Ce n'était pas vrai, mais elle avait pris plaisir à la lueur de colère qui avait brillé dans les yeux de son père.  
(page 149-150)

divers

Challenge "Destockage de PAL en duo" organisé par Zina et Licorne #mission 4

Challenge organisé par LicorneZina -

ABC de l'Imaginaire 2015

Challenge ABC 2015 Littératures de l'Imaginaire de Ptitetrolle - 10/26

Challenge "L'Odyssée grecque"

Challenge "L'Odyssée grecque" : 15/100

Challenge "Mythologies du monde " proposé par Myrtille

Ma 33ème participation au challenge de Myrtille - légende de la guerre de Troie revisitée

Challenge "A l'abordage" organisé par Ivy-Read

Ma 4è participation au challenge d'Ivy-Read.

Challenge "Les filles de Mrs Bennet" (jusqu'au 31 août 2016)

Challenge organisé par  Deedee1310 (2/12)

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dimanche 31 mai 2015

Les Métamorphoses d'Ovide

Les Métamorphoses d'Ovide

Fiche détaillée

Auteur > Ovide
Editeur > Ebooks libres et gratuits
Genre > classique, mythes et mythologie, poésie
Date de parution > Ier siècle, 2005 pour la présente édition
Titre original > Metamorphoseon
Poids du fichier > 350Ko (330 pages)
Traduction > du latin par G.T. Villenave (1806) 

quatrieme de couverture
Dans son œuvre majeure, poème en quinze livres, Ovide reprend les légendes grecques et décrit avec force détails les transformations des dieux et des hommes en animaux, plantes ou pierres.

première phrase

"Inspiré par mon génie, je vais chanter les êtres et les corps qui ont été revêtus de formes nouvelles, et qui ont subi des changements divers."

avis personnel

Les Métamorphoses est un poème en 15 chants, qui part de la création du monde pour finir à l'époque d'Auguste, en s'appuyant sur 250 métamorphoses environ et en retraçant les grands mythes fondateurs, comme le déluge qui est un thème commun à plusieurs cultures.

Ici, Deucalion et Pyrrha sont les deux seuls survivants, choisis par Zeus pour remplacer la race humaine de bronze, jugée trop impie...

 Le genre humain périra sous les eaux, qui, de toutes les parties du ciel, tomberont en torrents sur la terre.
(page 9)

La mythologie explique également certains autres événements naturels, comme le désert de Libye ou la couleur de peau des Éthiopiens.
 
J'ai souri en lisant certains vers, qui ont certainement inspiré Lavoisier (sa maxime est la seule chose que j'ai retenue de mes cours de chimie au collège !!^^) :

Tout change, rien ne meurt.
(page 309)

et plus loin :

La nature, qui renouvelle sans cesse les choses, ne fait que substituer des formes à d'autres formes. Croyez-moi, rien ne périt dans ce vaste univers ; mais tout varie et change de figure.
(page 311)

Bref, ce qui marque surtout dans cette œuvre, c'est l'omniprésence du désir amoureux, qu'il soit partagé ou pas...
Philémon et Baucis (Chant VIII) représentent l'amour conjugal (mais également l'hospitalité et la piété), Pyrame et Thisbé (chant IV) l'amour malheureux (d'ailleurs, leur mythe a sûrement inspiré Shakespeare pour Roméo et Juliette).
L'inceste est également abordé et symbolise l'amour anormal avec les mythes de Myrrha (Chant X), Nyctimène (Chant II), Byblis et Caunus (Chant IX).
Enfin, les amours impossibles rendent les filles, qui veulent rester vierges, victimes du désir impérieux des garçons (Daphné et Apollon, Chant I) ou sont condamnées d'avance par la vanité (Narcisse et Echo, Chant III)

Les métamorphoses interviennent soit par punition (Lycaon est puni pour sa cruauté, Chant I) soit par récompense ou pitié (Philémon et Baucis pour leur hospitalité, Chant VIII).

Elles sont parfois la conséquence du désir de vengeance (l'Amour inspire ce sentiment à Apollon pour Daphné dans le but de se venger des moqueries de ce dieu à son égard : "Soudain Apollon aime ; soudain Daphné fuit l'amour" page 15 ; pour se venger de la trahison d'Apollon - encore lui ! - Vénus le fait tomber éperdument amoureux de la mortelle Leucothoe) ou la conséquence de remords (Athéna changeant Arachné en araignée pour se faire pardonner, Chant VI).
Ou le moyen pour Jupiter d'échapper à la vigilance de Junon pour commettre plus commodément ses adultères !
C'est aussi parfois le seul moyen pour des mortelles ou des nymphes d'échapper aux désirs libidineux des dieux (métamorphose de Syrinx poursuivie par Pan, Chant I).

Entre les dieux et les hommes, il n'y en pas un pour rattraper l'autre : vengeance sanglante et implacable, violence, fureur, infanticide, inceste, parricide, viols, mutilation, cannibalisme... franchement, la colonne des faits divers était bien alimentée à l'époque !

La mécanique des transformations est parfois un peu répétitive  : il arrive que l'on assiste aux mêmes selon un schéma identique, et les digressions nous sortent parfois de notre lecture avant que l'on n'en revienne au sujet initial, mais les passages intéressants relèvent l'intérêt du lecteur (par exemple, j'ai adoré la légende de Midas ainsi que l'histoire très touchante de Cénis, Chant VIII)

De plus, j'ai mesquinement apprécié le fait qu'Ulysse soit montré sous un jour peu favorable !

Bien que l'histoire se termine tragiquement, l'autoportrait du cyclope pour attirer Galatée dans ses rets frise vraiment le ridicule, et m'a fait sourire (Chant XIII) :

...en me voyant, ma beauté m'a plu. Regarde la hauteur de ma taille : Jupiter n'est point plus élevé dans les cieux (car vous avez coutume de parler du règne de je ne sais quel Jupiter). Une chevelure épaisse couvre mon front altier, et, comme une forêt, ombrage mes épaules. Que si mon corps est couvert de poils hérissés, ne pense pas que ce soit une difformité. L'arbre est sans beauté, s'il est sans feuillage. Le coursier ne plaît qu'autant qu'une longue crinière flotte sur son col. L'oiseau est embelli par son plumage, la brebis par sa toison : ainsi la barbe sied à l'homme, et un poil épais est pour son corps un ornement. ‘Je n'ai qu'un œil au milieu du front ; mais il égale un bouclier en grandeur. Eh quoi ! le soleil ne voit-il pas, du haut des cieux, ce vaste univers ? Et cependant il n'a qu'un œil comme moi.
(page 278)

Par contre, j'ai beaucoup moins aimé le dernier chant où Ovide passe un petit coup de brosse à reluire à Auguste (bon, OK, Ovide est alors en exil et aimerait sans doute rentrer dans les grâces de son prince) :

César, né dans Rome, est dieu dans sa patrie. Sans égal dans la guerre comme dans la paix, ce n'est pas plus à ses travaux guerriers achevés dans la victoire, au sage gouvernement de l'état, au cours rapide de ses conquêtes, qu'aux vertus de son fils, qu'il doit d'avoir été changé en comète, et de briller parmi les astres : car, dans tout ce que César a fait, sa gloire la plus éclatante est d'être père d'Auguste.
(page 324)

Mais ça fait quand même un peu too much, non ?

Pour conclure, j'ai beaucoup aimé retrouver certains mythes connus et en découvrir d'autres. Mais je dois avouer, que parfois, je me suis un peu ennuyée, j'ai en effet trouvé certaines légendes redondantes, mais il faut dire que j'ai lu ce livre en à peine deux jours. Par contre j'ai été un peu gênée par l'alternance de l'emploi de noms grecs ou romains pour désigner les mêmes dieux, et je ne sais pas si ce défaut existe déjà dans le texte original.

Appréciation :

note : 3 sur 5

extrait

Morphée vole à travers les ténèbres. Son aile taciturne ne trouble point le silence de l'air. Dans un instant il arrive aux remparts de Trachine. Il dépose son plumage sombre, prend les traits de Céyx, et, sous cette forme, nu, livide, et glacé, il s'arrête devant le lit de la triste Alcyone. Sa barbe est humide, et l'onde a mouillé ses cheveux épars. Il se penche sur le lit, et le visage baigné de larmes :

« Malheureuse épouse, dit-il, reconnais-tu Céyx ? La mort a-t-elle pu changer mes traits ? Regarde : c'est ton époux, ou plutôt c'est son ombre. Tes vœux, chère Alcyone, ne m'ont été d'aucun secours. J'ai cessé de vivre. Cesse d'espérer que je puisse être rendu à ton amour. Au sein de la mer Égée, la tempête a surpris mon vaisseau ; bientôt submergé, les vents l'ont englouti dans les ondes.
J'appelais en vain Alcyone lorsque ma bouche a reçu le flot mortel. Tu ne vois point en moi l'auteur suspect d'une fausse nouvelle. Elle ne te parvient point par les bruits vagues de la renommée. C'est moi-même qui viens après mon naufrage te faire connaître mon triste destin. Éveille-toi, lève-toi, donne des larmes à ma mort. Revêts des voiles funèbres, et ne laisse point mon ombre descendre dans les enfers, sans avoir reçu le tribut de tes larmes. » Ainsi parle Morphée. Sa voix est celle de l'époux d'Alcyone. Il paraît verser des larmes véritables. Son geste est semblable au geste de Céyx. Alcyone gémit ; elle pleure, elle agite ses bras en dormant. Elle veut embrasser son époux, et c'est l'air qu'elle embrasse : « Demeure, s'écrie-t-elle, où fuis-tu ? Nous irons ensemble chez les morts. »
(page 234)

divers

La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

Ce billet est ma 18è participation au challenge de Soukee.

Challenge "Mythologies du monde " proposé par Myrtille

Ma 30ème participation au challenge de Myrtille -

Les Métamorphoses d'Ovide

Challenge organisé par Licorne & Zina -

Challenge "Un classique par mois"

Le 2è classique du mois de mai pour le challenge organisé par Stephie.

ABC de l'Imaginaire 2015

Challenge ABC 2015 Littératures de l'Imaginaire de Ptitetrolle - 4/26

 Challenge "L'Odyssée grecque"

Challenge "L'Odyssée grecque" : 14/100

 

Challenge "Virée européenne" organisé par BouQuiNeTTe

Ma 13è participation au challenge de BouQuiNeTTe - séjour en Italie
D'autres billets sur Malte/l'Italie : Sharon ♦ Julie ♦ Salhuna ♦

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