Editions : Plein Vent
Collection :
Grandes Figures de l'Histoire
Parution :
11 mars 2026
Genre : Aventure
historique, Biographie romancée
Pages :
226
Partenariat
"Rien n'est plus aisé à faire qu'un mauvais livre, si ce n'est une mauvaise critique." VOLTAIRE
Editions : Plein Vent
Collection :
Grandes Figures de l'Histoire
Parution :
11 mars 2026
Genre : Aventure
historique, Biographie romancée
Pages :
226
Partenariat
Mon avis :
”Mais tu sais également que le sage domine ses passions quand l'idiot en est l'esclave.
Résumé :
Mon avis :
A la veille de la Grande Guerre, Villeneuve-de-Marc est une modeste commune rurale de l’Isère. La vie de ses habitants bascule le 1er août 1914 : la majorité des hommes sont mobilisés et doivent partir. Les Villeneuvois sont brusquement précipités dans le cauchemar de la Première Guerre Mondiale. Le conflit qui ne devait pas durer s’est éternisé pendant quatre ans. Ceux qui sont restés au village se sont organisés pour survivre. Ils ont été séparés de leurs maris, de leurs fils, de leurs pères. Ils ont guetté leurs lettres et espéré leur retour.
Certains ne sont jamais revenus. Ils ont été tués sur les champs de bataille. Ils sont morts en captivité loin de leur terre natale. Ils sont décédés dans des hôpitaux de l’arrière. Certains ne se sont jamais remis de l’horreur qu’ils avaient vécu et se sont suicidés. D’autres sont morts après l’armistice des conséquences de la guerre. La plupart sont revenus malades, blessés ou estropiés, au mieux changés pour toujours. Beaucoup sont demeurés mutiques et ont eu peine à raconter leur histoire.
Civils ou militaires, adultes ou enfants, tous ont été d’une manière ou d’une autre emportés par la guerre.
Mon avis :
Quel rôle ont joué Les espions dans les deux guerres mondiales ? Voici pour la première fois réunis les témoignages d'hommes et de femmes qui ont contribué à façonner cette histoire. Les historiens ont souvent ignoré ou minoré l'importance du renseignement dans le fait militaire contemporain. Il est vrai que les témoignages doivent être recoupés par Les archives, ce qui requiert le recul du temps. Cette anthologie sans équivalent propose donc une histoire parallèle des deux guerres mondiales, telle qu'il est enfin possible de l'écrire. Des "coups tordus" entre belligérants de la Grande Guerre aux décryptages décisifs de La Seconde Guerre, des agents doubles (voire triples) aux saboteurs infiltrés en territoire ennemi, des simples informateurs aux "seigneurs" de l'espionnage, des anciens des services allemands, russes, français, britanniques, américains, etc. dévoilent ici des épisodes marquants, et souvent stupéfiants, de Leur carrière. On croisera des noms connus des historiens du renseignement, comme Marthe McKenna, Walter Schellenberg, Le colonel Rémy ou Pavel Soudopla-tov.. Mais on découvrira aussi nombre de personnages dont nous publions le témoignage inédit. Ces récits sont éclairés par la recherche la plus récente. La sélection présentée écarte ceux, parmi les plus célèbres, dont on sait aujourd'hui qu'il s'agissait de pures inventions ou d'exagérations.
Mon avis :
Mémoires d'espion en guerre offrent les témoignages d'espions ayant oeuvré durant les Première et Deuxième Guerres mondiales. Dans l'introduction, Yvonnick Denoël nous explique l'évolution de l'espionnage, majoritairement exercé par des amateurs en 1914-1918, avant de donner naissance à l'espionnage moderne en 1939-1945.
L'auteur a choisi avec soin les mémorialistes, éliminant ceux qui livraient des récits trop fantaisistes ou mensongers. Chaque chapitre du livre est composé du témoignage d'un espion sur un événement précis, précédé d'une note explicative avec quelques brefs renseignements biographiques.
Ce qui était intéressant, c'est que l'on a le point de vue des différents camps, et pas seulement de celui des vainqueurs. Ainsi, nous pouvons lire le témoignage d'espions de diverses nationalités (belge, française, allemande, autrichienne, tchèque, hongroise, russe, américaine, anglaise...)
J'ai trouvé ce livre passionnant et très instructif. Ainsi, je ne pensais pas que les femmes étaient aussi nombreuses à espionner durant la Première Guerre mondiale ! Et c'est toujours intéressant de voir la guerre à travers les yeux des espions eux-mêmes, qui n'agissent pas forcément pour les mêmes motivations (patriotisme, idéologie, matérialisme...). En tout cas, ll faut faire preuve d'astuce, de sang-froid, et savoir souvent s'adapter ou parfois suivre son instinct, car c'est un métier extrêmement risqué.
C'est une guerre totale : tous les moyens sont bons pour désinformer, déstabiliser le camp adverse (y compris par l'usage de la fausse monnaie) et c'étaient intéressant de constater que certains mémoires en recoupaient d'autres.
Merci Babelio et aux éditions du Nouveau Monde pour ce partenariat.
Nous sommes à la fin du XIVe siècle, en pleine guerre de Cent Ans. Profitant de ce que la couronne d’Angleterre se trouve disputée entre plusieurs factions, le baron gallois Owen Glendower prend les armes, se proclame prince de Galles et fait flotter l’oriflamme au dragon rouge sur les châteaux de la « frontière ». Dans le sillage du prince celte révolté, le jeune Rhisiart va s’initier à la vie, qui est elle-même une guerre de tous les instants. On brandit l’épée, on échange avec la même conviction horions et arguments théologiques, on invoque les génies – bienfaisants ou malfaisants – qui se cachent sous la robe de Dame Nature. On cherche la sainteté. On assassine. On fornique. Tout cela tissé de fils violemment colorés, nimbé de lumières étranges, éclaboussé de métaphores renversantes, de considérations songeuses ou provocantes, nourri de foi autant que d’hérésie.
Mon avis :
Je lis des classiques depuis que j'ai 14 ans, et c'est l'un de mes genres littéraires préférés. Si la lecture se révèle souvent ardue, elle offre également une gamme d'émotions très variée et intense... même si parfois il faut attendre la moitié du livre pour en ressentir les premiers effets ou un frémissement d'intérêt ! Lors de la Masse critique de mai, j'ai choisi ce roman parce que l'intrigue se déroule durant la Guerre de cent ans (et que j'adore cette période) et qu'il est publié par les éditions Phébus qui m'ont toujours procuré de très bons moments de lecture, voire m'ont permis de faire de belles découvertes !
Malheureusement, je dois avouer qu'avec Glowen Glendower, la magie n'a jamais opéré (il reste peut-être de l'espoir vu que je n'ai lu que le tome 1 !).
La lecture a été profondément fastidieuse pour moi ! J'ai été en effet assez déstabilisée par le roman, construit un peu à la manière d'un labyrinthe complexe où l'on se perd, entre les noms gallois (par exemple, je ne savais pas comment prononcer Glyn Dŵr), les querelles théologiques, le fanatisme ou la folie des différents moines ou lollards... et l'intrigue qui s'étire, s'étire, s'étire à l'infini !
Une foule de personnages, tant historiques que fictifs, et qui revêtent, obéissant en ce sens au style de l'épopée, de nombreux noms : par exemple, le personnage éponyme se nomme tour à tour Glyn Dŵr, Glendourdy, Owen ap Griffith Fychan, et le héros Rhisiart ab Glowen reçoit au cours de son aventure le nom de Gwion Bach...
L'intrigue se situe en 1400, peu après la mort du roi Richard dans des circonstances mystérieuses et la prise de pouvoir de Henri Bolingbroke (ou Henri IV), décrié pour son caractère trop anglais. Les deux tiers de ce premier tome se déroulent sur quelques jours seulement. Autant dire que les chapitres étaient longs... très très longs... le 7è atteint même presque la centaine de pages alors que le 1er une 30aine ! On a l'impression qu'ils s'allongent au fur et à mesure de la lecture ! Oui, je regardais avant de débuter chaque chapitre le nombre de pages qui m'attendait... pour me donner du courage, même si je me sentais de plus en plus découragée.
Désolée de ne pas donner un avis plus constructif sur ce livre, mais j'ai véritablement galéré pour en venir à bout et je n'en ai pas retenu grand chose... à part que je ne me suis jamais senti immergée à l'époque de la Guerre de cent ans (pour moi, cette époque fait référence au conflit franco-anglais alors qu'ici le conflit se concentre entre les Gallois et les Anglais !) ! Je n'ai jusqu'ici jamais eu de déception avec les classiques (à part Nord et Sud de Gaskell dans une moindre mesure) mais il fallait bien un début à tout !
D'autres avis : Livraddict ♦ Babelio ♦ Booknode ♦
Auteur > David Gemmel
Editeur > France Loisirs
Collection > Fantasy
Série > Troie
Genre > roman fantasy
Date de parution > 2005 pour l'édition originale, 2012 pour la présente édition
Titre original > Lord of the Silver Bow - Troy, book one
Nombre de pages > 680
Traduction > de l'anglais par Rosalie Guillaume
(sources : Bragelonne)
Depuis Légende, son premier roman (prix Tour Eiffel 2002), David Gemmell n’a publié que des best-sellers. Reconnu comme le maître de l'Heroic Fantasy en Grande-Bretagne, cet ancien journaliste, grand gaillard de deux mètres, avait été videur dans les bars de Soho à Londres avant de prendre la plume. Sa gouaille naturelle lui avait toujours permis d'éviter de se servir de ses 120 kilos. Cette gouaille se retrouve dans ses ouvrages dont le rythme soutenu entraîne le lecteur dans des aventures épiques et riches en couleurs, où Gemmell savait mettre tout son cœur. Ce même cœur qui l’a abandonné en juillet 2006, à l’âge de 57 ans.
Trois individus vont changer la destinée de plusieurs nations.
Hélicon, le jeune prince de Dardanie, hanté par une enfance traumatisante; la prêtresse Andromaque, dont le caractère de feu et l'indépendance forcenée se dressent contre la volonté des rois; et le légendaire guerrier Argurios, emmuré dans la solitude, uniquement motiver par son besoin de vengeance.
A Troie, ils découvrent une cité déchirée par des rivalité impitoyable -un maelström de jalousie, de tromperie et de traitrise meurtrières. En dehors des mirs de la cité mythique, des ennemis assoiffés de sang convoitent ses richesses et conspirent à sa chute. C'est une époque de bravoure et de trahison. Une époque de bain de sang et de terreur.
Une époque pour les héros!
"Si je m'endors, je meurs."
Je me souviens que j'avais acquis cette saga sur les conseils de Sylly, suite à ma chronique sur L'Odyssée d'Homère il y a un an et demi, et que cet empoussiérage où Troie s'enlisait n'avait pas échappé à la grande fan de Gemmel devant l'éternel qu'est Cassie qui a donc profité du Destockage de PAL en duo, dont la session portait cette fois sur le thème de la Fantasy, pour m'en proposer la lecture... * Pour de vrai, elle m'a subtilement prise par les sentiments pour que je choisisse Gemmel et pas Cerutti, et dans ma grande faiblesse, j'ai cédé à sa douce pression... ... ce qui maintenant lui met la pression à elle, héhéhé, car ai-je aimé ? n'ai-je pas aimé ? verdict immédiatement*
Ceux qui me suivent sur ce blog savent à quel pont je suis raide dingue d'Hector, le héros troyen ! Aussi trépignais-je d'impatience à l'idée de le retrouver (en espérant naïvement, puisque Gemmel revisitait le mythe troyen, qu'il nous offrirait peut-être une fin différente ! * oui, on peut toujours rêver !!*) Sauf que... sauf que... ce premier tome porte sur Hélicon, un prince dardanien renié par son père. Les scènes où il apparaît le montrent comme un homme généreux et compatissant, contredites par le point de vue des adversaires qu'il a rencontrés et qui le dépeignent comme un homme cruel et sanguinaire. Le lecteur se demande pendant une partie du roman où se situe la vérité et quelle est la personnalité réelle d'Hélicon. Est-il victime de l'exagération et de la mauvaise foi de ses ennemis ? ou la terreur qu'il inspire est-elle fondée ? J'ai bien aimé que l'auteur laisse planer ce doute autour du héros, qui apparaît comme un être tourmenté et complexe.
J'ai bien aimé également sa manière de se ré-approprier la légende troyenne et de ré-inventer une personnalité aux héros connus, si bien que, même en connaissant l'histoire, nous sommes souvent surpris par le parti pris de l'auteur. Par exemple, Priam ne bénéficie guère d'une image très flatteuse. Il est en effet dépeint comme un homme cupide, dépourvu d'amour et se servant de ses enfants au gré de ses intérêts politiques. Au début du roman, il a d'ailleurs fait exécuter 5 de fils qui complotaient contre lui. Sa cour bruit de complots visant à le destituer (ou le tuer tout court), et seul Hector arrive à maintenir l'unité familiale.
D'ailleurs, Hector, Hector, où es-tu ? On ne parle que de lui durant la majorité du roman sans jamais le voir ! Tout simplement parce qu'il a été envoyé en Égypte combattre aux côtés des Hittites, auxquels les Troyens sont inféodés, le puissant pharaon Ramsès à la bataille de Qadesh. C'est aussi un autre aspect que j'ai apprécié dans cette œuvre : intégrer les autres grandes puissances étrangères (hittite, égyptienne) à l'intrigue et ne pas se focaliser sur les seuls peuples intervenant dans l'Iliade. En outre, concernant les intrigues politiques et les descriptions de la vie quotidienne ou militaire, le roman penche plus vers un récit historique que de fantasy, ce que j'ai bien aimé.
D'autres changements ont été effectués par rapport au mythe original : Anchise est mort avant la guerre de Troie, la mère d'Énée n'est pas la déesse Aphrodite, Mycènes s'apprête à faire la guerre à Sparte...
J'ai été très surprise de trouver Ulysse attachant (personnage que je ne peux pas sacquer dans L'Odyssée). Par contre, comme d'habitude, j'ai adoré Andromaque, qui se démarque tout de même de l'originale par un caractère indépendant et un comportement de virago (sans aucune connotation péjorative de ma part, hein !)...
Mon bémol portera sur la rapidité avec laquelle l'auteur passe sur certains passages, ne donnant pas assez d'épaisseur à l'intrigue. J'aurais également aimé qu'il s'attarde sur les personnages pour leur donner plus de profondeur et étoffer leur potentiel psychologique (qui est de ce fait un peu gâché). D'ailleurs, les personnages foisonnent tellement qu'il m'est arrivé d'oublier à quel moment certains étaient déjà apparus (je ne me souvenais plus par exemple pour quelle circonstance Attalus avait été introduit !). Et pour finir, même si le style est efficace, je déplore sa trop grande simplicité. Je trouve que Gemmel donne parfois trop d'importance à l'action pure au détriment de l'intrigue...
Pour conclure, malgré quelques réserves, j'ai été captivée par l'histoire d'Hélicon (même en l'absence de mon bien-aimé Hector). Gemmel revisite la légende troyenne avec beaucoup de talent, modifiant la personnalité de certains protagonistes connus, inventant d'autres personnages, ce qui nous occasionne quelques belles surprises narratives ! Je lirai la suite avec beaucoup de plaisir...
Appréciation :
Mes autres avis sur la trilogie : tome 1 ♦ tome 2 ♦ tome 3 ♦
”- Tu iras à Théra, et tu suivras la formation d'une prêtresse du Minotaure, avait dit Ection. Je sais que ce sera une tâche difficile, mais tu es une fille forte.
Elle était restée assise sans répondre, regardant l'homme dans les yeux. Son silence avait attisé la colère de son père.
- Tu n'as que toi à blâmer. Beaucoup d'hommes préfèrent les femmes ordinaires. Mais tu n'as jamais fait le moindre effort pour plaire aux prétendants que je t'avais trouvés. Pas un sourire, pas un mot d'encouragement.
- C'étaient tous des hommes sans intérêt, avait-elle répondu.
- Des hommes de bonne famille!
- Eh bien, père, vous vous enrichirez quand même, en vendant mes sœurs.
- Voilà de quoi je parle! avait crié Ection. Tout ce qui sort de ta bouche est déformé, hideux. Tes sœurs trouveront le bonheur avec leurs enfants et la richesse de leur mari. La petite Paleste est déjà fiancée à Hector. Elle vivra dans la cité dorée de Troie, mariée au plus grand de ses héros. Il l'adorera et elle sera heureuse avec lui.
- Ce qui est, bien entendu, votre principal souci, père, avait-elle dit d'une voix douce. Que devrai-je faire, sur Théra?
- Comme si j'étais informé de ce que font les femmes du temple! Apaiser la colère des dieux, faire des sacrifices, chanter, que sais-je ! Il n'y a pas d'hommes sur l'île.
Elle avait remarqué la méchanceté de son ton quand il avait lancé cette pique.
- C'est une vrai bénédiction, avait-elle dit. J'ai hâte d'y être.
Ce n'était pas vrai, mais elle avait pris plaisir à la lueur de colère qui avait brillé dans les yeux de son père.
(page 149-150)
Challenge organisé par Licorne & Zina -
Challenge ABC 2015 Littératures de l'Imaginaire de Ptitetrolle - 10/26
Challenge "L'Odyssée grecque" : 15/100
Ma 33ème participation au challenge de Myrtille - légende de la guerre de Troie revisitée
Ma 4è participation au challenge d'Ivy-Read.
Challenge organisé par Deedee1310 (2/12)
Auteur > Miroslav Popović
Editeur > Gaïa
Genre > Historique
Date de parution > 1983 pour l'édition originale , 2002 pour la présente édition
Titre original > Sudbine
Nombre de pages > 358
Traduction > du serbo-croate par Alain Cappon
(sources : éditions Gaïa)
Miroslav Popović est né en 1926 en Yougoslavie et meurt en 1985. Son unique roman, publié à 57 ans, sera un grand succès public et médiatique, couronné de prix prestigieux. Les loups de Voïvodine vient rompre avec les tabous entourant la sombre période de la Seconde Guerre mondiale. Un livre destin à l'image de son propos et de son auteur qui connut les geôles de Tito.
À la veille de la Seconde Guerre mondiale, une ville de Yougoslavie, quelque part en Voïvodine.
Une ville haute et une ville basse, une population mêlée, aux origines variées, aux religions diverses. Dans cet équilibre, ni fragile ni séculaire, pénètre, un voyageur, venu par les chemins enneigés. Il ne perturbe rien, il vient simplement prendre sa place dans le tableau, comme dans une société qui l'attend, à l'image de Soko, la chienne du précédent gardien. Car Bogdan Žurajica vient d'être embauché par la fabrique de Monsieur Albrecht, comme gardien de l'entrepôt de meubles. Il y côtoiera David, l'apprenti, et Maître Franz, le responsable d'atelier. Une petite société à elle toute seule, cette fabrique, tant ce qui va s'y dérouler est le reflet exact de ce qui traumatisera la ville toute proche.
Le IIIe Reich envahit la Pologne et mobilise ses forces, les Souabes, ces Serbes de souche allemande. Et lorsque trois jours plus tard, l'armée allemande investit la ville, les équilibres se redessinent. On découvre tout à coup que son patron est juif, que sa jolie voisine est souabe, que son ennemi juré est de la même origine que soi... Tout se bouleverse et chacun cherche sa place dans ce grand chambardement.
Tout à la fois saga familiale, chronique sociale, fresque historique, Les loups de Voïvodine est surtout un roman d'une poésie flamboyante. Qui porte un regard très juste sur l'homme et sa société, et donne bien des clefs sur l'Histoire des Balkans.
"La brève après-midi de novembre était entrée en agonie sitôt commencée."
À travers ce livre, Popovic nous offre la chronique quotidienne d'une petite ville fictive de Voïvodine, qui débute 3 ans avant la guerre et se termine 1 ans après (c'est-à-dire que la période court de 1938 à 1942 car la Yougoslavie reste neutre jusqu'en 1941).
L'auteur nous brosse toute une galerie de portraits : Aleksandar Albrecht, le fabriquant juif de meubles, et sa femme Herta ; David Blanuša, le jeune apprenti d'Albrecht qui se laisse parfois aller à des propos malveillants ; maître Franz Teibel, le menuisier qui disparaît après la mobilisation ; Ignjat Stojša, le contre-maître ; Viktor Seibert, un Souabe, propriétaire du cinéma «Colosseum», fou amoureux de sa femme, Jelena, qui le trompe ; Jevrem, le charretier rustre, "prétentieux et bouffi d'orgueil" ; la veuve Burovac, qui ne peut vivre sans locataire enclin à réchauffer sa couche ; Emilija Blanuša, la soeur de David, jeune serveuse de la «Corne d'or» qui rêve d'épouser un homme riche ; Jorgovan, le patron du bar, mariée à une Turque ; l'untersturmführer Otto Klischke, homme qui symbolise toutes les ambivalences des officiers de la Gestapo, se montrant d'une exquise politesse envers ceux de la race aryenne mais torturant sans état d'âme les résistants yougoslaves ; et enfin Bogdan Žurajica, un bûcheron étranger embauché comme gardien de nuit au magasin d'Albrecht au tout début du roman.
C'est donc un peu ardu pour le lecteur de se familiariser avec tous ces protagonistes, d'autant que la 1ère partie est assez longue à se mettre en place. En effet, l'auteur décrit minutieusement et avec moult détails, jusqu'à leur insignifiance, le quotidien banal de ces gens, ce qui n'en rend que plus saisissant ensuite l'horreur de leur situation.
Le 6 avril 1941, la guerre éclate en Yougoslavie. Quelques jours plus tard, les Allemands occupent la ville de Nova Palanka, remettant en cause la coexistence harmonieuse de cette mosaïque d'ethnies et de religions. Chacun va se replier sur sa communauté. Les Souabes, allemands de souche, collaborent "naturellement" avec les occupants nazis ; les Juifs sont regroupés pour être publiquement humiliés dans l'indifférence presque générale (à part la réaction indignée de quelques hommes encore sensibles à la dignité humaine), en fin de journée, ces mêmes Juifs se rencontrent secrètement pour gloser sur l'humanité ; le reste de la population est préoccupée par sa survie, passant parfois par le marché noir.
Chacun réagit donc différemment à l'arrivée des soldats allemands.
Les Juifs sont inconscients de la réalité de la guerre, refusant de croire aux atrocités commises :
”Que des hommes, des adultes, aient été fusillés ici ou là, je veux bien le croire. Des otages, sans doute... Mais fusiller des femmes et des enfants, non, c'est franchement ridicule ! Excusez-moi, mais nous vivons au vingtième siècle. Et ce sont quand même les Allemands qui nous ont donné Goethe et Schubert, ne l'oublions pas...
(page 240)
De leur côté, les Souabes acceptent de déposséder les Juifs. Maître Franz, homme dont la bonté ne peut être remise en cause, devient le nouveau patron du magasin d'ameublement d'Albrecht sans se rendre compte de ce que cela implique. Mais peu à peu, on assiste à la transformation de son caractère, perverti par l'idéologie nazie et sa mise en application : le magasin devient le lieu d'un drôle de trafic, où des meubles de très bonne facture arrivent en pièces détachées pour repartir ailleurs, tandis que l'usine d'Albrecht ne produit plus aucun meuble.
”... en s'acquittant de leur petite besogne sans se préoccuper de son aboutissement, ils se sont tout bonnement exclus de l'humanité. L'homme est un être qui pense, un être responsable. Ces gens-là ont renoncé à leur titre d'homme.
(page 242)
Des dérapages, des exécutions sommaires éclatent soudainement alors que la banalité du quotidien ne laissait à aucun moment présager ces drames.
Ce qui est terrible, c'est la résignation des victimes qui ne se rebellent jamais contre leur sort ainsi que l'obéissance aveugle des Souabes à l'occupant allemand dont ils ne remettent jamais en question le comportement inhumain. Le lecteur assiste, impuissant et horrifié, au mécanisme de la banalité du mal, que la phrase sans concession de Jelena, jetée à la figure d'un père sollicitant son intercession pour son fils, rend glaçante :
”Le grand Reich allemand ne châtie pas les innocents, et je ne saurais m'engager pour un coupable.
(page 250)
Pour conclure, un livre prenant, que l'abondance des détails sans importance aurait pu rendre indigeste mais qui au final ne rend que plus saisissants les drames qui se jouent entre les différents protagonistes. L'émotion est palpable à certains passages, d'autant que le lecteur connait à l'avance le sort de certaines communautés.
Appréciation :
” Et de cette horrible vieille souche, depuis longtemps rejetée hors du temps, malicieusement recourbée sur elle-même comme au terme d'une grave maladie qui l'aurait rendue infirme et à jamais maligne, montait alors une odeur inattendue de bois frais, un parfum de forêt, peut-être même cette senteur de feuillage jeune et plein de sève dans laquelle baignait cette souche monstrueuse au temps où elle n'était pas encore souche mais partie vivante d'un arbre qui la berçait de son bruissement.
(page 108)
Ma 54ème participation au challenge de Lynnae -
Ma 1è participation à la 2è édition du challenge de BouQuiNeTTe - séjour en Serbie
D'autres billets sur le Kosovo/la Serbie/l'Albanie : Sharon ♦ Julie ♦ Salhuna ♦
Ce billet est ma 21è participation au challenge d'Helran - cette escale compte pour la Serbie