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dimanche 25 juin 2017

Le Corsaire Rouge de James Fenimore Cooper


"Quiconque sait ce que c'est que le tumulte et l'activité d'une ville commerçante d'Amérique ne reconnaîtrait point, dans le repos qui règnent maintenant dans l'ancien marché de Rhode-Island, une place comptée dans ses jours de prospérité au nombre des ports les plus importants de toute la ligne de nos vastes côtes."
  
Voyageur et marin, James Fenimore Cooper retrace la rude épopée des coureurs de mer et l'aventure exaltante des pionniers du Nouveau Monde. Dans ce livre, il raconte l'histoire du Corsaire Rouge, terrible gentilhomme pirate, avec son orgueil de mauvais ange et son sublime amour pour la patrie.
Je me souviens que j'avais découvert ce roman dans mon enfance avec les éditions Del Duca pour la jeunesse dans uneLe Corsaire Rouge - édition Del Duca version abrégée et illustrée (déjà, mon goût pour les pirates !!^^), et je me suis dit que le challenge d'A-Little-Bit-Dramatic pour le mois d'avril (oui, je suis grave à la bourre !) était l'occasion de le redécouvrir dans son intégralité !! J'avais déjà lu un autre livre de Fenimore Cooper, Le Dernier des Mohicans, que j'avais beaucoup aimé, aussi espérè-je tirer le même plaisir de lecture avec ce fameux Corsaire rouge ! Malheureusement, si la (re-)lecture fut effectivement plaisante, elle ne m'a pas transportée autant que je l'attendais, loin de là ! Pour tout dire, je ne me souvenais plus que des moments forts du récit (que je ne peux développer sous peine de spoiler), or, avant d'en arriver là,  il faut en passer par une trèèèèèèèèèès longue mise en place de l'histoire, mettant en scène des personnages que l'on ne retrouvera plus du tout par la suite !

L'auteur entretient longuement le mystère autour du Corsaire rouge en ne nous le présentant qu'à travers le regard des autres et le prisme déformant des rumeurs. Quelle part de vérité renferment-ils ?
Le Corsaire Rouge est mentionné pour la première fois par un vieil homme qui dit avoir beaucoup voyagé dans sa jeunesse et qui le décrit comme «un brigand altéré de sang et de rapine».
Et même ensuite, quand le Corsaire entrera véritablement en scène, il gardera sa part de mystères. Son comportement, pouvant basculer d'un extrême à l'autre, confirme certains dires à son propos ; en tout cas, il nous interpelle et nous fait nous perdre en conjectures. 

D'une manière générale, l'intrigue est construite sur un écheveau de faux-semblants, touchant la plupart des personnages. Le Corsaire Rouge se fait appeler capitaine Heidegger mais on sait que ce n'est pas son vrai nom. Le narrateur lui-même, Harry Wilder, ne semble pas être ce qu'il affirme ou tente de faire croire auprès des autres. Est-il d'ailleurs vraiment Harry Wilder ? Quel motif impérieux l'a poussé à accepter d'entrer au service du renégat ? Nos doutes descendent jusqu'à la gouvernante qui tressaille en voyant le Corsaire rouge, accréditant l'hypothèse qu'elle l'a déjà rencontré dans une vie antérieure ! Et que dire du serviteur d'Heidegger, Roderick, aux airs parfois si égarés et aux manières étonnamment délicates ? 
Comme on le voit, chacun cache un secret qui ne sera révélé qu'à la fin. Personnellement, j'ai trouvé la révélation de ces secrets assez convenue et/ou capillo-tractée ! Peut-être que pour les lecteurs de l'époque, ces coups de théâtre ne soient surprenants, mais j'ai eu l'impression de les avoir vu déjà traités cent fois !
Je dois dire qu'une histoire axée essentiellement sur le Corsaire rouge et les raisons qui l'ont poussé sur le chemin de la piraterie m'aurait davantage plu !

Par contre, l'auteur excelle dans la description de cet univers marin, l'utilisation des termes techniques. On voit qu'il maîtrise son sujet, et pour cause, il a été marin dans sa jeunesse ! Du coup, cela donne un côté très authentique et épique à ce voyage sur mer, aux sensations que l'on peut éprouver à contempler l'horizon ou essuyer une tempête, au fracas des combats...

Dommage que la lecture soit entachée par des clichés extrêmement agaçants sur les Noirs, qui sont désignés sous les mêmes termes répétitifs, comme par exemple «simplicité naïve». Nul doute qu'à l'époque ces affirmations ne devaient pas être choquantes mais pour un lecteur du XXIème siècle, cela est très crispant !

Dernière réserve : l'édition renferme beaucoup de coquilles ; de plus, des mots sont à maintes reprises accolés et il manque parfois des sauts de ligne entre les parties dialoguées et narratives.


En bref :

Les + : des connaissances sur le milieu maritime  très pointues ; un Corsaire rouge énigmatique et charismatique ; un style d'une très grande qualité littéraire
Les - : une mise en place de l'histoire très longue ;  quelques facilités narratives ; des révélations stéréotypées et prévisibles
(sources : Wikipédia)

James Fenimore Cooper, né le à Burlington dans le New Jersey, est le fils de William Cooper, juge et membre du Congrès pour le comté d'Otsego, issu d'une famille émigrée d'Angleterre en 1679.
Après une scolarité à Albany et New Haven, Fenimore Cooper entre à l'université Yale à treize ans, il reste ainsi le plus jeune étudiant jamais entré dans cette université. Trois ans après, il s'engage à 17 ans, dans la marine américaine. En 1811 il se marie avec Susan Augusta De Lancey, et met fin à sa carrière de marin, il s'installe alors dans le comté de Westchester (État de New York).
Son premier roman Precaution (1820) passe inaperçu, mais très rapidement, son deuxième roman The Spy (L'Espion, 1821), rencontre un grand succès. Le Dernier des Mohicans (1826), son roman le plus célèbre et deuxième des cinq ouvrages composant le cycle des Histoires de Bas-de-Cuir, a connu de nombreuses rééditions. Fenimore Cooper a écrit de nombreux romans sur la mer, tel The Waterwitch (1830). Mais son œuvre est de qualité inégale et son roman Le Démocrate américain (1835) lui vaut un procès.
De 1826 à 1833, il séjourne en Europe pour donner une meilleure éducation à ses enfants. À Paris, il publie des ouvrages, dont The Red Rover et The Water Witch et se lie au peintre Samuel Morse et au héros de l'Indépendance américaine, Gilbert du Motier de La Fayette. De retour aux États-Unis, il se réinstalle dans la maison familiale de Otsego Hall, à Cooperstown.
En mai 1839, Cooper publie son History of the Navy of the United States of America. Il meurt le à 62 ans d'hydropisie, sa femme Susan ne lui survit que de quelques mois ; ils sont inhumés au cimetière de Christ Churchyard, à Cooperstown, auprès de William Cooper.
Challenge "Un classique par mois"
Challenge organisé par Pr Platypus (2/12)
https://parthenia27.blogspot.fr/2016/12/challenge-des-12-themes-organise-par.html
Challenge organisé par A-Little-Bit-Dramatic (4/12)


http://www.livraddict.com/biblio/livre/l-enchanteur-1.html
 babelio
https://booknode.com/l_enchanteur_015479

dimanche 5 juin 2016

Pirates : L'intégrale de Claude Neix

Pirates : L'intégrale de Claude Neix

fiche détaillée

Auteur > Claude Neix
Editeur > S.G. (Studio Gothika)
Genre > thriller d'anticipation, M/M, techno-thriller
Date de parution > 2002 pour l'édition originale, 2016 pour la présente édition
Format > AZW
Poids du fichier > 1130 Kb (399 pages)

auteur

(sources : Amazon)

 Cristina Rodríguez
Depuis plus de 15 ans, maintenant, Claude Neix signe des fictions ludiques et légères destinées au lectorat "Young Adult Gay" et, occasionnellement, féminin à titre personnel ou au sein de maisons d'éditions spécialisées réputées telles les "Éditions Gaies et Lesbiennes" ou les incontournables éditions "H&O"..
Claude Neix est le pseudonyme de Cristina Rodríguez.
sa page Facebook -

 

 quatrième de couverture

Vincent, alias "Baby J", gagne sa vie en piratant des programmes, en volant des secrets industriels et en créant des virus informatiques.

Mais, depuis quelques jours, il a comme qui dirait "un mauvais karma". Depuis qu'il a passé à son poignet une montre trouvée dans un tas de vieilleries, en fait. Les plats dont il se délecte habituellement ont un goût infect, la musique qu'il adore lui paraît soudain insupportable et le feuilleton qu'il suit assidument depuis des mois lui semble idiot. Sa puce neuronale, qu'il a fait implanter pour soulager ses terribles migraines ophtalmiques, se serait-elle déréglée ?

Pour comble d'infortune, un puissant consortium, le C.I.E.R.C.E., est à ses trousses, ce qui le contraint à fuir toutes affaires cessantes.

Pas longtemps car il est vite rattrapé par Balder, haut responsable du C.I.E.R.C.E., un homme aussi séduisant et mystérieux que mortellement dangereux.

La proposition qu'il va faire à Vincent va laisser celui-ci sans voix et... agité par des sentiments contradictoires.

première phrase

"La pluie tombait dru, cette salope, je m'en souviens comme si c'était hier."

avis personnel

Je suis une vraie quiche en informatique, aussi ce thriller d'anticipation avec les hackers comme thématique m'intriguait vraiment beaucoup, et je me demandais comment l'auteure allait s'y prendre pour tenir le lecteur en haleine sans le noyer sous des termes trop techniques mais en ayant l'air de maîtriser le sujet quand même...

Tout d'abord, je dois dire que l'avenir dépeint dans ce livre est terrifiant : l'Europe ne forme plus qu'un seul état, aux mains d'un consortium puissant appelé le C.I.E.R.C.E. qui détient le monopole des puces thérapeutiques implantées chez la majorité des humains. Ces puces, utilisées pour régler les problèmes de santé, contrôlent en fait les goûts et les envies de leurs propriétaires, tant au niveau culinaire que culturel, guidant ainsi leur choix consumériste...
Ensuite, l'auteure arrive à nous immerger dans ce monde des hackers sans que le lecteur ne sente perdu avec tous ces termes informatiques : le souci de vraisemblance et l'aspect technologique sont respectés et convaincants ; on sent que l'auteure s'est documentée pour nous rendre crédible ce monde de la cybercriminalité.

Il y a également un côté underground dans la description de cet univers futuriste. Le quartier du Marais, par exemple, est un endroit délétère et délabré où se sont réfugiés les laissés-pour-compte de la société, et cette ambiance est très bien rendue. Ensuite, les premières apparitions de Zig et Styx sont vraiment marquantes : ces personnages (qui m'ont fait penser à Pris et Leon, les replicants renégats du film Blade Runner) m'ont vraiment fait dresser les cheveux sur la tête tant par leur description que par leur comportement !

Pour en revenir à l'histoire, celle-ci se déroule dans un futur proche sans que l'on puisse donner avec précision la date (sûrement le milieu du XXIème siècle, voire le début du XXIIème siècle). Vincent, un jeune hacker très doué, rêvant d'égaler Démétrios,  célèbre pirate informatique inégalé  et assassiné par le C.I.E.R.C.E., se voit à son tour traquer par cette organisation avant de tomber entre les mains de Balder Sørenson qui le convainc de rejoindre son équipe dissidente. Jusqu'où le jeune homme peut-il lui faire confiance ?

J'ai adoré la première partie que j'ai trouvée haletante et captivante. La deuxième partie est tout aussi passionnante mais j'ai moins adhéré à la manière un peu trop facile dont les protagonistes infiltrent finalement  le C.I.E.R.C.E. (même si ce passage nous occasionne quelques fous rires). 

L'auteure nous brosse toute une galerie de personnages saisissants. Vincent est un personnage extrêmement attachant, avec son impertinence et son humanité, dans un monde qui se déshumanise de plus en plus.
Son adversaire Balder Sørenson marque les esprits, pas seulement à cause de sa particularité physique (c'est un albinos) mais également à cause de sa personnalité. Il est mystérieux et fascinant mais ses motivations m'ont souvent fait froid dans le dos car il se montre d'une détermination implacable quitte à se montrer manipulateur et sans scrupules. Je dois avouer que j'adore en sus son patronyme : cela peut vous sembler étrange mais je suis très sensible au noms des protagonistes qui pour moi font partie intégrante de l'histoire.
Les autres personnages sont également dépourvus de manichéisme, et même si c'est leur part d'ombre qui paraît les dominer, ils arrivent à nous déstabiliser ou nous émouvoir par leur étincelle d'humanité.

Pour conclure, un techno-thriller vertigineux qui m'a fait passer un très bon moment de lecture...

J'aurais juste quelques réserves à émettre sur la mise en forme de l'édition : parfois il manque un espace entre deux mots ; l'absence de sommaire m'a également gênée pour revenir à certains chapitres...

Appréciation :

note : 4 sur 5

extrait

Il tira une bouffée de  sa cigarette et remit ses lunettes sans la moindre précipitation. A travers les verres fumés, je devinai son étrange regard, sanglant et tranchant comme le fil du couteau d'un assassin. Chacun de ses gestes semblait mesuré et d'un calme hypnotique. Il me faisait penser  à ces tigres blancs de Sibérie, dont les mouvements fluides ne laissent pas présager la puissance, pas avant qu'ils ne vous sautent à la gorge, du moins.

divers

Rendez-vous : le premier mardi chez Stephie c'est permis...

 Ma 26ème participation au RV de Stephie.

Challenge "ABC 2016 - Littératures de l'imaginaire..." de Mariejuliet

Ma 4ème participation au challenge de Mariejuliet.

Virée littéraire européenne 

Ma 10è participation à la 2è édition du challenge de BouQuiNeTTe - séjour en France
D'autres billets en France : BouQuiNeTTe ♦ missmolko1 ♦ Sharon ♦ Julie ♦ Salhuna ♦

Ma 3è participation au challenge de Ichmagbücher - (techno-thriller gay)

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mercredi 25 mai 2016

Suzon de Louise Bachellerie - Les Maîtresses du Temps, tome 1

Suzon de Louise Bachellerie - Les Maîtresses du Temps, tome 1

fiche détaillée

Auteur > Louise Bachellerie
Editeur > Delpierre
Série > Les Maîtresses du Temps
Genre > aventure historique
Date de parution > 2014
Format > ePub
Poids du fichier > 1,24 Mo (333 pages)

auteur(sources : Wikipédia)

Louise Bachellerie, pseudonyme de Anne-Marie Alliot-Schaettel, est un auteur populaire de romans.
En 1985, Louise Bachellerie, nom emprunté à une de ses grand-mères, et que son éditeur, Le Masque, a réduit plus simplement à Bachellerie, elle publie d'un coup quatre romans policiers.
Alors qu'ils reçoivent tous un excellent accueil, notamment L'Île aux muettes, lauréat du Prix du Roman d'Aventures, et surtout Pas de quoi noyer un chat, qui remporte le Prix du roman policier de Cognac, elle quitte le monde de l'édition pour s'adonner à d'autres passions.
Pour s'exercer à un autre genre, elle s'essaie à la littérature sentimentale sous une cinquantaine de pseudonymes.
Elle sera notamment l'auteure de référence des romans d'amour du magazine Nous Deux entre 2003 et 2012. Elle écrira également de nombreux feuilletons.
Louise Bachellerie revient enfin en 2014 avec une saga qui évoque les destins d'une lignée de six femmes prises dans la tourmente de l'histoire entre 1698 et 1968.
Le premier tome Suzon est publié aux Éditions Delpierre et sera suivi (à paraître) de Louise, Claire, Blanche, Pauline et Jeanne.

quatrième de couverture

Paris, 1698. Fille de bourgeois, insolente, véritable garçon manqué grimpant aux arbres et jurant comme un charretier, Suzon est placée à huit ans au couvent des Ursulines de Saint-Denis.
Dans cette prison, elle se lie d’amitié avec Ederna, jeune aristocrate originaire de Saint-Malo, qui lui raconte mille histoires de corsaires bravant la mer pour la gloire du Royaume.
Rendue à sa famille à dix-sept ans, Suzon, toujours aussi rebelle, tombe éperdument amoureuse d’Antoine Carreau, chevalier de Léré. Mais le jeune homme est tué au cours d’un duel, laissant Suzon inconsolable, à la tête d’une petite fortune.
Elle décide de quitter Paris pour Saint-Malo, afin d’y rejoindre son amie Ederna, mariée et mère de deux enfants, qui l’accueille à bras ouverts.
Pourtant, Suzon rêve d’un autre destin que celui que la nature et la société lui ont prescrit. L’appel du large hante ses jours et ses nuits. Mais une femme peut-elle, même au siècle des Lumières, vivre sa vie librement et assouvir sa soif d’indépendance et d’infini ?
C’est donc travestie en homme qu’elle investit sa fortune pour armer une frégate et sillonner les mers au côté du séduisant capitaine Thomas Raquidel, qui ne sait rien de sa vraie nature.

première phrase

"Le sieur Pierre-Siméon Truchot, négociant en drap, indiennes et soieries, établi à Paris, rue Saint-Dominique (anciennement chemin des Vaches) nourrissait bien des reproches à l'égard de sa fille aînée."

avis personnel

 J'ai lu ce livre il y a 3 semaines maintenant, mais n'ayant en ce moment pas beaucoup de goût pour chroniquer, voilà seulement que je m'attelle à la rédaction de mon ressenti de lecture... Ce roman s'inscrit dans la pure tradition du roman d'aventures du XIXème siècle, il m'a d'ailleurs fait penser à ceux de Dumas, pleins de fracas et de péripéties rocambolesques, avec son lot de personnages archétypaux et ici une héroïne en quête éperdue de liberté et de fortune !

 Le monde est vu à travers les yeux de Suzon et ses arrêts intolérants mais jubilatoires, ce qui donne des passages comiques truculents. Au couvent, la jeune fille se lie d'amitié avec Ederna, qui possède le même trait de caractère insolent et rebelle mais que la jeune Malouine perdra à l'âge adulte tandis que Suzon optera pour une vie aventureuse défiant les conventions sociales de l'époque. L'auteure nous entraîne dans une suite ininterrompue d'aventures et nous fait voyager non seulement à travers la France mais également à travers les océans car Suzon embrasse à un moment une carrière de corsaire. Le rythme est enlevé, trépidant, les dialogues savoureux (et fleurant bon le langage du XVIIIè siècle), si bien que l'on se sent complètement immergé dans ce récit plein de fièvre, de violence, de batailles navales et de rebondissements. L'auteure obéit aux codes du genre, et bien que d'ordinaire je sois rebutée par les facilités narratives et leur lot d'invraisemblances, ici cela ne m'a pas du tout gênée car elles étaient bien intégrées à l'histoire, et je les voyais plus comme un hommage aux romans de cape et d'épée que comme une maladresse.

L'auteure nous brosse toute une galerie de personnages, dont certains hauts-en-couleur : Suzanne Truchot, l'héroïne, véritable garçon manqué ne rêvant que d'aventures et se battant comme un homme ; Martine, sa nourrice dévouée ; le gueux Rantille, devenu mouche de la police (entendez espion) ; Ederna et son frère Elouan de Bonaban de la Gouesnière, amoureux malheureux mais bienveillant ; le chevalier Antoine Carreau de Léré, cadet de noblesse, poète et joueur ; l'arrogant et charismatique capitaine Thomas Raquidel de Kerguistin ; l'étrange gabier Claude Le Cam, ne dédaignant pas quelques activités de pirate ;  Hamard de La Planche, chirurgien éclairé et ami loyal ; Kimba, la touchante et fière esclave...

Rantille est le personnage qui m'a le plus touchée : apparaissant de prime abord comme l'ennemi de Suzon, on finit par deviner que son comportement  est en fait motivé par l'amour profond qu'il lui porte... J'aurais d'ailleurs aimé que l'auteure s'attarde un peu plus sur ce personnage...

 Pour conclure, un livre digne des romans populaires du XIXème siècle : le lecteur se sent embarqué dans le tourbillon des aventures vécues par l'héroïne. L'auteure nous promène allègrement dans les rues populaires du Paris du début du XVIIIè siècle, nous faisant côtoyer toutes les couches de la société, que ce soit dans une boutique bourgeoise, dans un couvent prisé par la noblesse, les maisons de jeux, les tavernes malouines ou le pont des navires corsaires du roi... J'ai souvent tremblé pour l'héroïne même si j'ai trouvé certains rebondissements un peu trop faciles. La lecture passe très rapidement et agréablement et je lirai sans aucun doute la destinée des descendantes de cette Suzon si indépendante et si déterminée !

Appréciation :

note : 3 sur 5

extrait

- Que tu es sot, mon pauvre Rantille ! soupira Suzanne en baissant sa lame.
- Si je n'étais point si pauvre, je ne serais point si sot ! répliqua-t-il promptement.
Et Suzanne jugea qu'il avait un bon raisonnement. Elle s'émut presque et demanda :
- M'as-tu pardonné de t'avoir marqué à la main en fermant trop fortement mes dents dessus ?
- Je suis marqué à l'œil par une poutre qui le creva, rue Saint-Dominique, marqué à la jambe par un boulet qui m'en ôta la moitié, sur un navire où j'ai navigué avec toi... la marque que tu m'as faite n'est pas la plus difficile à supporter, même si elle fut douloureuse...
Et Suzon rengaina son épée.
(page 220)

divers

Challenge "Les filles de Mrs Bennet" (jusqu'au 31 août 2016)
Challenge organisé par Deedee1310 (9/12)

Challenge organisé par Iluze (5/12)

Challenge "A l'abordage" organisé par Ivy-Read

Ma 5è participation au challenge d'Ivy-Read.

Challenge Histoire

Ma 61ème participation au challenge de Lynnae - l'héroïne rencontre Mme du Deffand et le roi Louis XV

Défi "Le siècle des Lumières"

Challenge "Le siècle des Lumières" (5/36) - évocation des loges maçonniques

Virée littéraire européenne 

Ma 7è participation à la 2è édition du challenge de BouQuiNeTTe - séjour en France
D'autres billets en France : BouQuiNeTTe ♦ missmolko1 ♦ Sharon ♦ Julie ♦ Salhuna ♦

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dimanche 29 novembre 2015

Le Seigneur de l'Arc d'Argent de David Gemmel - Troie, tome 1

Le Seigneur de l'Arc d'argent de David Gemmel - Troie, tome 1

fiche détaillée

 Auteur > David Gemmel
Editeur > France Loisirs
Collection > Fantasy
Série > Troie
Genre > roman fantasy
Date de parution > 2005 pour l'édition originale,  2012 pour la présente édition
Titre original > Lord of the Silver Bow - Troy, book one
Nombre de pages > 680
Traduction > de l'anglais par Rosalie Guillaume

auteur
(sources : Bragelonne)

 

David GemmelDepuis Légende, son premier roman (prix Tour Eiffel 2002), David Gemmell n’a publié que des best-sellers. Reconnu comme le maître de l'Heroic Fantasy en Grande-Bretagne, cet ancien journaliste, grand gaillard de deux mètres, avait été videur dans les bars de Soho à Londres avant de prendre la plume. Sa gouaille naturelle lui avait toujours permis d'éviter de se servir de ses 120 kilos. Cette gouaille se retrouve dans ses ouvrages dont le rythme soutenu entraîne le lecteur dans des aventures épiques et riches en couleurs, où Gemmell savait mettre tout son cœur. Ce même cœur qui l’a abandonné en juillet 2006, à l’âge de 57 ans. 

 

 

quatrième de couverture

Trois individus vont changer la destinée de plusieurs nations.
Hélicon, le jeune prince de Dardanie, hanté par une enfance traumatisante; la prêtresse Andromaque, dont le caractère de feu et l'indépendance forcenée se dressent contre la volonté des rois; et le légendaire guerrier Argurios, emmuré dans la solitude, uniquement motiver par son besoin de vengeance.
A Troie, ils découvrent une cité déchirée par des rivalité impitoyable -un maelström de jalousie, de tromperie et de traitrise meurtrières. En dehors des mirs de la cité mythique, des ennemis assoiffés de sang convoitent ses richesses et conspirent à sa chute. C'est une époque de bravoure et de trahison. Une époque de bain de sang et de terreur.
Une époque pour les héros!

première phrase

"Si je m'endors, je meurs."

avis personnel

 Je me souviens que j'avais acquis cette saga sur les conseils de Sylly, suite à ma chronique sur L'Odyssée d'Homère il y a un an et demi, et que cet empoussiérage où Troie s'enlisait n'avait pas échappé à la grande fan de Gemmel devant l'éternel qu'est Cassie qui a donc profité du Destockage de PAL en duo, dont la session portait cette fois sur le thème de la Fantasy, pour m'en proposer la lecture... * Pour de vrai, elle m'a subtilement prise par les sentiments pour que je choisisse Gemmel et pas Cerutti, et dans ma grande faiblesse, j'ai cédé à sa douce pression... he... ce qui maintenant lui met la pression à elle, héhéhé, car ai-je aimé ? n'ai-je pas aimé ? verdict immédiatement*

Ceux qui me suivent sur ce blog savent à quel pont je suis raide dingue d'Hector, le héros troyen ! Aussi trépignais-je d'impatience à l'idée de le retrouver (en espérant naïvement, puisque Gemmel revisitait le mythe troyen, qu'il nous offrirait peut-être une fin différente ! * oui, on peut toujours rêver  he !!*) Sauf que... sauf que... ce premier tome porte sur Hélicon, un prince dardanien renié par son père. Les scènes où il apparaît le montrent comme un homme généreux et compatissant, contredites par le point de vue des adversaires qu'il a rencontrés et qui le dépeignent comme un homme cruel et sanguinaire. Le lecteur se demande pendant une partie du roman où se situe la vérité et quelle est la personnalité réelle d'Hélicon. Est-il victime de l'exagération et de la mauvaise foi de ses ennemis ? ou la terreur qu'il inspire est-elle fondée ? J'ai bien aimé que l'auteur laisse planer ce doute autour du héros, qui apparaît comme un être tourmenté et complexe.

J'ai bien aimé également sa manière de se ré-approprier la légende troyenne et de ré-inventer une personnalité aux héros connus, si bien que, même en connaissant l'histoire, nous sommes souvent surpris par le parti pris de l'auteur. Par exemple, Priam ne bénéficie guère d'une image très flatteuse. Il est en effet dépeint comme un homme cupide, dépourvu d'amour et se servant de ses enfants au gré de ses intérêts politiques. Au début du roman, il a d'ailleurs fait exécuter 5 de  fils qui complotaient contre lui. Sa cour bruit de complots visant à le destituer (ou le tuer tout court), et seul Hector arrive à maintenir l'unité familiale.

D'ailleurs, Hector, Hector, où es-tu ? On ne parle que de lui durant la majorité du roman sans jamais le voir ! Tout simplement parce qu'il a été envoyé en Égypte combattre aux côtés des Hittites, auxquels les Troyens sont inféodés, le puissant pharaon Ramsès à la bataille de Qadesh. C'est aussi un autre aspect que j'ai apprécié dans cette œuvre : intégrer les autres grandes puissances étrangères (hittite, égyptienne) à l'intrigue et ne pas se focaliser sur les seuls peuples intervenant dans l'Iliade. En outre, concernant les intrigues politiques et les descriptions de la vie quotidienne ou militaire, le roman penche plus vers un récit historique que de fantasy, ce que j'ai bien aimé.

D'autres changements ont été effectués par rapport au mythe original : Anchise est mort avant la guerre de Troie, la mère d'Énée n'est pas la déesse Aphrodite, Mycènes s'apprête à faire la guerre à Sparte...

J'ai été très surprise de trouver Ulysse attachant (personnage que je ne peux pas sacquer dans L'Odyssée). Par contre, comme d'habitude, j'ai adoré Andromaque, qui se démarque tout de même de l'originale par un caractère indépendant et un comportement de virago (sans aucune connotation péjorative de ma part, hein !)...

Mon bémol portera sur la rapidité avec laquelle l'auteur passe sur certains passages, ne donnant pas assez d'épaisseur à l'intrigue. J'aurais également aimé qu'il s'attarde sur les personnages pour leur donner plus de profondeur et étoffer leur potentiel psychologique (qui est de ce fait un peu gâché). D'ailleurs, les personnages foisonnent tellement qu'il m'est arrivé d'oublier à quel moment certains étaient déjà apparus (je ne me souvenais plus par exemple pour quelle circonstance Attalus avait été introduit !). Et pour finir, même si le style est efficace, je déplore sa trop grande simplicité. Je trouve que Gemmel donne parfois trop d'importance à l'action pure au détriment de l'intrigue...

Pour conclure, malgré quelques réserves, j'ai été captivée par l'histoire d'Hélicon (même en l'absence de mon bien-aimé Hector). Gemmel revisite la légende troyenne avec beaucoup de talent, modifiant la personnalité de certains protagonistes connus, inventant d'autres personnages, ce qui nous occasionne quelques belles surprises narratives ! Je lirai la suite avec beaucoup de plaisir...

Appréciation :

note : 4 sur 5

Mes autres avis sur la trilogie : tome 1 ♦ tome 2 ♦ tome 3 ♦

 

extrait

 - Tu iras à Théra, et tu suivras la formation d'une prêtresse du Minotaure, avait dit Ection. Je sais que ce sera une tâche difficile, mais tu es une fille forte.
Elle était restée assise sans répondre, regardant l'homme dans les yeux. Son silence avait attisé la colère de son père.
- Tu n'as que toi à blâmer. Beaucoup d'hommes préfèrent les femmes ordinaires. Mais tu n'as jamais fait le moindre effort pour plaire aux prétendants que je t'avais trouvés. Pas un sourire, pas un mot d'encouragement.
- C'étaient tous des hommes sans intérêt, avait-elle répondu.
- Des hommes de bonne famille!
- Eh bien, père, vous vous enrichirez quand même, en vendant mes sœurs.
- Voilà de quoi je parle! avait crié Ection. Tout ce qui sort de ta bouche est déformé, hideux. Tes sœurs trouveront le bonheur avec leurs enfants et la richesse de leur mari. La petite Paleste est déjà fiancée à Hector. Elle vivra dans la cité dorée de Troie, mariée au plus grand de ses héros. Il l'adorera et elle sera heureuse avec lui.
- Ce qui est, bien entendu, votre principal souci, père, avait-elle dit d'une voix douce. Que devrai-je faire, sur Théra?
- Comme si j'étais informé de ce que font les femmes du temple! Apaiser la colère des dieux, faire des sacrifices, chanter, que sais-je ! Il n'y a pas d'hommes sur l'île.
Elle avait remarqué la méchanceté de son ton quand il avait lancé cette pique.
- C'est une vrai bénédiction, avait-elle dit. J'ai hâte d'y être.
Ce n'était pas vrai, mais elle avait pris plaisir à la lueur de colère qui avait brillé dans les yeux de son père.  
(page 149-150)

divers

Challenge "Destockage de PAL en duo" organisé par Zina et Licorne #mission 4

Challenge organisé par LicorneZina -

ABC de l'Imaginaire 2015

Challenge ABC 2015 Littératures de l'Imaginaire de Ptitetrolle - 10/26

Challenge "L'Odyssée grecque"

Challenge "L'Odyssée grecque" : 15/100

Challenge "Mythologies du monde " proposé par Myrtille

Ma 33ème participation au challenge de Myrtille - légende de la guerre de Troie revisitée

Challenge "A l'abordage" organisé par Ivy-Read

Ma 4è participation au challenge d'Ivy-Read.

Challenge "Les filles de Mrs Bennet" (jusqu'au 31 août 2016)

Challenge organisé par  Deedee1310 (2/12)

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