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vendredi 15 août 2014

Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu

Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu

Fiche détaillée

 Auteur > Joseph Sheridan Le Fanu
Editeur > Ink Book
Genre > nouvelle fantastique, classique
Date de parution > 1872 pour l'édition originale , 2013 pour la présente édition
Titre original > Carmilla
Format > ePub
Poids du fichier > 341 Kb (102 pages)
Traduction > de l'anglais par ???

auteur
(sources : Wikipédia et Fayard)

Joseph Sheridan Le Fanu

Sheridan Le Fanu est un écrivain irlandais né le 28 août 1814 à Dublin où il est mort le 10 février 1873.
C'est l'un des auteurs majeurs du récit fantastique.
Descendant d'un huguenot français, Joseph Sheridan Le Fanu est le fils du doyen de l'Église protestante irlandaise. Il est également le petit-neveu du célèbre auteur dramatique et homme politique irlandais Richard Brinsley Sheridan.
Étudiant en droit à Trinity College de 1833 à 1837, il est appelé au barreau irlandais deux ans plus tard, mais il n’y exercera jamais. Il rejoint l’équipe du Dublin University Magazine en 1837 et débute sa carrière comme journaliste. En 1843, il épouse Susanna Bennett dont le décès, dix ans plus tard, le plonge dans la dépression. Vivant reclus, il se lance alors à corps perdu dans l’écriture de ses histoires d’horreur, à tel point que sa timidité et son mode de vie nocturne lui valent le surnom de Prince Invisible. Il disparaît le 7 février 1873.
       J. Sheridan Le Fanu est l’un des écrivains les plus populaires de l’ère victorienne : il s’impose comme le maître des histoires de fantômes et du roman gothique avec Oncle Silas (1864), Comment ma cousine a été assassinée (1851) et Carmilla (1872).

 

quatrieme de couverture

Autriche, début du XIXème siècle. Lors d'une promenade, Laure et son père sont témoins d'un accident au cours duquel une jeune fille, Carmilla, fait un malaise. La mère de celle-ci supplie le père de Laure de prendre soin de sa fille pendant les trois mois à venir, elle-même devant alors effectuer un mystérieux voyage "pour une question de vie ou de mort". Laure et Carmilla sympathisent rapidement, la jeune inconnue reste très secrète tandis que leur relation se fait de plus en plus tendre...

Avant-gardiste, moderne, surprenant, surtout à l’époque victorienne, Joseph S. Le Fanu aborde dans cette histoire les rapports troubles de deux jeunes filles... Cauchemars, fantômes, esprits et bien sûr vampires sont au rendez-vous ! Un incontournable de la littérature du dix-neuvième siècle et l'un des premiers écrits fondateurs de la littérature vampirique (ayant inspirée quelques décennies plus tôt, le fameux Dracula à Bram Stoker).

première phrase

"Sur un feuillet joint au récit que l’on va lire, le docteur Hesselius a rédigé une note assez détaillée, accompagnée d’une référence à son essai sur l’étrange sujet que le manuscrit éclaire d’une vive lumière."

avis personnel

 Publié vers 1872, 53 ans après Le Vampire de Polidori, qui a lancé la mode du vampirisme dans la littérature  et  25 ans avant le Dracula de Bram Stoker qui sacre définitivement le vampire comme personnage de fiction, Carmilla est donc une lecture incontournable pour tous les amateurs de vampires.

Je remercie d'ailleurs ma fidèle binômette Missie d'avoir sélectionné cette nouvelle, me permettant ainsi de continuer mon exploration de la littérature vampirique sous ses différents traitements ! 😊

L'histoire se déroule au XIXème siècle en Styrie, un land situé en Autriche. Laura et son père vivent dans un château isolé, à proximité d'un village abandonné où la famille de Karnstein, de triste réputation, a vécu. Elle a pour seule compagnie celle de ses deux domestiques françaises, Mme Perrodon la gouvernante, et Mlle De Lafontaine, la préceptrice.
Laura commence son histoire en racontant un cauchemar qu'elle a eu enfant et où une femme étrange mais belle s'approche de son lit. Cette vision lui laisse d'abord une sensation réconfortante et agréable, jusqu'à ce que l'enfant sente deux aiguilles s'enfoncer dans son cou. Cette expérience, ressentie comme réelle, laissera une impression durable dans l'âme de la jeune fille.
Puis, nous retrouvons Laura jeune adulte solitaire. Elle attend avec impatience la visite d'un ami de son père, le général Spielsdorf et de sa nièce, Bertha Rheinfeldt. Malheureusement, une lettre leur apprend la mort prématurée de Bertha, privant la jeune fille d'une compagne de son âge.

Peu après, lors d'une promenade nocturne, les habitants du château assistent à  l'accident d'une voiture, semblant jaillir de nulle part.
De l'équipage sortent une dame majestueuse et sa prétendue fille. La dame, ayant des affaires urgentes  à régler et craignant de continuer le voyage avec sa fille blessée et malade, persuade le père de Laura de la garder jusqu'à son retour dans 3 mois, en arrachant la promesse qu'ils ne cherchent pas à savoir leur nom ni leur origine.
Ce n'est que plus tard que Laura découvre que le visage de Carmilla correspond à celui de son rêve. Malgré l'horreur de cette découverte, Laura ressent inexplicablement un mélange de profonde attirance et de répulsion à l'égard de cette femme.
Carmilla, de santé fragile, semble toujours faible. Elle  s'enferme dans sa chambre dès la nuit venue et n'en ressort qu'en début d'après-midi. D'humeur mélancolique et changeante, elle exprime une affection très vive pour Laura.
Peu après, une étrange épidémie se répand à travers la campagne avoisinante :  les femmes qui en sont atteintes meurent de langueur, après avoir rêvé être saisie à la gorge et étranglée.  Laura commence à avoir des rêves semblables à celui de son enfance . Puis, à se sentir fatiguée et mélancolique. Effrayée à l'idée d'être frappée par la maladie inexpliquée qui sévit alentour, elle tente de cacher son état à son entourage... Jusqu'à ce que l'arrivée du général Spielsdorf lève le voile sur une vérité bien plus effrayante encore !

Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu
Carmilla©Friston

Bien que le lecteur du XXIème siècle, rompu aux codes vampiriques, devine immédiatement la nature exacte de Carmilla, la nouvelle n'en est pas moins intrigante et intéressante, puisque le suspens se focalise du coup sur le dénouement de l'histoire : de quelles manières l'influence néfaste de Carmilla sera-t-elle finalement contrecarrée ? 

D'entrée de jeu, l'auteur campe un décor délicieusement gothique avec un château "aux multiples fenêtres, ses tours, sa chapelle gothique (...), une clairière pittoresque, de forme irrégulière ; à droite, un pont gothique en pente raide [permettant] à la route de franchir un cours d’eau dont les méandres s’enfoncent dans l’ombre dense des arbres." (page 6-7)
Ses descriptions sont parfois très poétiques et évocatrices, distillant habilement une atmosphère angoissante.
Que ce soit la scène précédant la rencontre avec Carmilla, durant laquelle les habitants du château se promènent pour profiter "du merveilleux clair de lune" tout en admirant l'horizon au-dessus duquel "s’étendait mollement une mince couche de brume, légère comme une fumée, qui masquait les distances de son voile transparent" (page 14-15) ou les scènes évoquant à plusieurs reprises la forme bestiale revêtue par la jeune suçeuse de sang : "... je fis le guet jusqu’à une heure du matin environ. Alors, je vis une forme noire aux contours mal définis gravir le pied du lit et s’étendre rapidement jusqu’à la gorge de ma pauvre fille, où elle s’enfla rapidement en un instant pour devenir une grosse masse palpitante." (page 89-90)
Ainsi, Le Fanu égrène tout au long du récit des indices sur la nature surnaturelle de Carmilla, faisant progressivement monter l'horreur et la tension...

L'autre intérêt du récit réside dans la fixation de certaines caractéristiques du vampire : être doué d'une beauté inhumaine, sa séduction quasi hypnotique subjugue ses victimes, impuissantes à reconnaître le danger et fatalement attirées par lui ; sa capacité à changer de forme et à traverser les murs ; ses canines pointues lui permettant de sucer le sang de ses victimes ; sa nature de prédateur le poussant à traquer sa proie avec une persistance s'approchant d'une certaine forme de désir sexuel ; son besoin de se régénérer dans son cercueil (dans Carmilla, le vampire y baigne dans une mare de sang) ; la seule manière de le tuer définitivement est de lui couper la tête et de lui enfoncer un pieu dans le coeur.

Par contre, dans Carmilla, bien que doté d'une pâle carnation et voué à des activités nocturnes, le vampire n'est pas confiné au monde de la nuit, et peut se déplacer en plein jour, se mêlant à la société humaine d'une manière tout à fait normale.

Autre originalité du roman : le vampire est ici une femme, ne s'attaquant qu'aux femmes dont elle tombe parfois passionnément amoureuse. Mais c'est un amour mortifère et possessif qui prive progressivement l'être aimé de son essence vitale. Les discours enflammés que Carmilla adressent à Laura sont on ne peut plus explicite sur la nature et la violence de ses sentiments : "Parfois, après une heure d’apathie, mon étrange et belle compagne me prenait la main et la serrait longtemps avec tendresse ; une légère rougeur aux joues, elle fixait sur mon visage un regard plein de feu languide, en respirant si vite que corsage se soulevait et retombait au rythme de son souffle tumultueux. On eût cru voir se manifester l’ardeur d’un amant. J’en étais fort gênée car cela me semblait haïssable et pourtant irrésistible. Me dévorant des yeux, elle m’attirait vers elle, et ses lèvres brûlantes couvraient mes joues de baisers tandis qu’elle murmurait d’une voix entrecoupée : « Tu es mienne, tu seras mienne, et toi et moi nous ne ferons qu’une à jamais ! » Après quoi, elle se rejetait en arrière sur sa chaise-longue, couvrait ses yeux de ses petites mains, et me laissait toute tremblante." (page 30-31)

Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu
Carmilla©Friston

Pour conclure, grâce à une écriture et une progression narrative efficaces, l'auteur nous immerge complètement dans ce récit gothique à l'ambiance et à l'univers fantastiques subtilement retranscrites. Et audace pour l'époque qui mérite d'être soulignée : le lesbianisme est ici abordée à travers ses deux héroïnes , Carmilla et Laura.
Par contre, j'ai été un peu déçue de ne pas en apprendre davantage sur la prétendue mère de Carmilla et ses domestiques qui l'aident à chaque fois à gagner les bonnes grâces de ses victimes. Dommage qu'on n'en sache pas plus sur leur rôle véritable...

Appréciation :

note : 4 sur 5


extrait

 "Tu ignores combien tu m’es chère ; sans quoi, tu n’imaginerais pas que je te mesure ma confiance le moins du monde. Mais je suis liée par des vœux bien plus terribles que ceux d’une nonne, et je n’ose pas encore raconter mon histoire à personne, même à toi. Pourtant le jour approche où tu sauras tout. Tu vas me juger cruelle et très égoïste, mais l’amour est toujours égoïste : d’autant plus égoïste qu’il est plus ardent. Tu ne saurais croire à quel point je suis jalouse. Tu viendras avec moi, en m’aimant jusqu’à la mort ; ou bien tu me haïras, et tu viendras avec moi quand même, en me haïssant pendant et après la mort. Dans mon apathique nature, il n’y a pas de place pour l’indifférence.
(page 45-46)

divers

Livra'deux pour pal'Addict
Ma 7ème participation, cette fois avec Missie ;

Challenge "Un classique par mois"

Le classique du mois d'août pour le challenge organisé par Stephie.

Challenge "Mythologies du monde " proposé par Myrtille

Ma 20ème participation au challenge de Myrtille - mythe du vampire qui a inspiré Bram Stocker

Challenge "Virée européenne" organisé par BouQuiNeTTe

Ma 3è participation au challenge de BouQuiNeTTe - séjour en Irlande
D'autres billets sur l'Irlande : ♦ Ichmagbücher ♦ Sharon ♦ merlintheblackcat ♦ Salhuna ♦ livraline ♦ Julie86 ♦ delphinema09 ♦ mistigris

E-challenge : passons au numérique organisé par Hedyuigirl

Ma 15è participation au challenge d'Hedyuigirl (15/19-31)

 

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lundi 9 septembre 2013

Le Vampire (d'après Lord Byron) de John William Polidori

Le Vampire (d'après Lord Byron) de John William Polidori

 

Fiche détaillée

 Auteur > John William Polidori
Editeur > Ink Book
Genre > nouvelle fantastique, classique
Date de parution > 1819 pour l'édition originale , 2013 pour la présente édition
Titre original > The Vampyre
Format > ePub
Poids du fichier > 283 Kb (25 pages)
Traduction > de l'anglais par Charles Nodier

auteur
(sources : Wikipédia)

John William PolidoriJohn William Polidori (1795-1821), fils de Gaetano Polidori, un homme de lettres toscan, secrétaire pour un temps du dramaturge Vittorio Alfieri, ayant émigré à Londres où il épousa Miss Pierce, était un écrivain italo-anglais. On lui attribue la paternité du vampirisme dans la littérature suite à sa nouvelle Le Vampire (The Vampyre), parue en 1819.
John Polidori fréquenta une école catholique romaine (Ampleforth, Yorkshire) avant d'être admis à l'université d'Édimbourg où il étudia la médecine. Il écrivit une thèse sur le somnambulisme et reçut son diplôme à l'âge de 19 ans. L'année suivante, alors qu'il n'était pas encore légalement majeur, il accompagna à Genève Lord Byron qui se lassa rapidement de l'immaturité de son jeune compagnon inexpérimenté. Cet épisode de sa vie a été utilisé par Paul West pour son roman Le Médecin de Lord Byron (Lord Byron's Doctor - Doubleday) 1989 et par Federico Andahazi dans le roman La Villa des mystères (1998).
Polidori quitta la Suisse en septembre 1816 et se rendit en Italie pour y voyager. Il rentra en Angleterre le printemps suivant et tenta de pratiquer la médecine à Norwich. Il n'était pourtant pas heureux dans sa profession et pensa se tourner vers le droit. Entre-temps, il commença une courte mais productive carrière littéraire. Sa première œuvre, un essai sur la source du plaisir positif (1818) reflète son intérêt pour la psychologie. L'année suivante, il produisit un recueil de poème - Ximenes, la couronne et autres poèmes - le roman Ernestus Berchtold et la nouvelle Le Vampire. Cette nouvelle fut attribué à Lord Byron lorsqu'elle fut publiée dans le New Monthly Magazine. La dernière œuvre de Polidori - Sketches Illustrative of the Manners and Costumes of France, Switzerland, and Italy - fut publiée en 1821 sous le pseudonyme de Richard Bridgens. Au mois d'août de la même année, après avoir semble-t-il contracté des dettes, John Polidori se suicida en buvant du cyanure. Il avait alors 25 ans.

 

quatrieme de couverture

1816, Villa Diodati, sur les bords du Léman, quelques amis se proposèrent une gageure : écrire en une journée une histoire de fantômes. Parmi eux, Mary Shelley qui écrivit Frankenstein et Lord Byron qui ébaucha une nouvelle : le Vampire.
Polidori, le secrétaire particulier de Byron termina la nouvelle que ce dernier avait abandonnée. 
Un des premier vampire de la littérature, déjà sanglant mais aussi persuasif, cynique, hypnotique ?

première phrase

"Au milieu des cercles de la haute société que le retour de l'hiver réunit à Londres, on voyait un seigneur aussi remarquable par ses singularités que par son rang distingué."

avis personnel

 La nouvelle relate l'histoire d'Aubrey, jeune orphelin de la bonne société, naïf et romantique, qui devient l'ami du mystérieux et charismatique Lord Ruthven, dont la beauté froide et le caractère détaché le fascinent.
Il décide d'effectuer son tour d'Europe en compagnie de ce nouvel ami mais découvre rapidement que cette figure romantique qu'il avait idéalisée n'est qu'une façade et que l'aristocrate sophistiqué est en fait un être cruel et dépravé qui prend plaisir à entraîner les autres à leur perte sur le chemin du déshonneur...
Aubrey l'abandonne donc en Italie et poursuit son voyage jusqu'en Grèce où il rencontre Ianthe, une belle paysanne friande d'histoires de vampires auxquelles il ne croit pas jusqu'à ce que...

Le Vampire (d'après Lord Byron) de John William Polidori

Autant le dire tout de suite, la genèse de cette nouvelle est plus intéressante que l'histoire elle-même. Celle-ci est basée sur un brouillon que Lord Byron avait écrit en 1816 lors de son séjour en Suisse avec les Shelley où lors d'une journée pluvieuse, Lord Byron avait suggéré à tous d'écrire une histoire de fantôme (Mary Shelley écrira Frankenstein).
Le style de Polidori n'est pas transcendant et on a plutôt l'impression qu'il écrit le résumé d'une histoire qu'il a lue ou entendue, tant le texte est peu détaillé, l'intrigue et les personnages peu développés.
Par contre, le personnage de Ruthven (apparemment inspiré de Lord Byron himself, j'espère qu'il a apprécié !^^) est vraiment fascinant : sa figure élégante et séduisante cache un monstre et un manipulateur démoniaque ! Il lança la mode du thème du vampire, repris par Gauthier, Tolstoï et bien d'autres, mais surtout Sheridan Le Fanu et Bram Stocker.

Bref, une lecture intéressante parce qu'elle fonde l'archétype du vampire moderne mais qui ne m'a pas marquée plus que cela... Rendons quand même grâce à l'auteur d'avoir su ménager une tension croissante à la fin de l'histoire, où nous attendons aussi impatiemment que l'infortuné Aubrey l'échéance de son serment !

Appréciation :

note : 2 sur 5

extrait

"Spectateur impassible de la gaîté qui l'environnait, il semblait ne pouvoir la partager. Si la beauté, par un doux sourire, fixait un instant son attention, un seul de ses regards la glaçait aussitôt et remplissait d'effroi ces coeurs où la légèreté avait établi son trône. La source de la terreur qu'il inspirait était inconnue aux personnes qui en éprouvaient les effets; qelques-uns la cherchaient dans ses yeux gris et ternes, qui ne pénétraient pas jusqu'au fond du coeur, mais dont la fixité laissait tomber un regard sombre dont on ne pouvait supporter le poids. Ces singularités le faisaient inviter dans toutes les maisons : tout le monde souhaitait de le voir. Les personnes accoutumées aux sensations fortes, et qui éprouvaient le poids de l'ennui, étaient charmées d'avoir en leur présence un objet de distraction qui pût attirer leur attention. Malgré la pâleur mortelle de son visage que ne coloraient jamais ni l'aimable incarnat de la pudeur, ni la rougeur d'une vive émotion, la beauté de ses traits fit naître à plusieurs femmes coquettes le dessein de le captiver ou d'obtenir de lui au moins quelques marques de ce qu'on appelle affection."

divers

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