jeudi 29 janvier 2015

L'Hermine de Mallaig de Diane Lacombe - Mallaig, tome 1

L'Hermine de Mallaig de Diane Lacombe - Mallaig, tome 1
Auteur > Diane Lacombe
Editeur >France Loisirs
Collection > Passionnément
Série > Mallaig
Genre > roman historique
Date de parution > 2005 pour la présente édition
Nombre de pages > 467
"Une brise fraîche pénétra par la fenêtre à meneaux près de laquelle je travaillais et souleva légèrement la feuille qui séchait devant moi."
Écosse, 1390. Pour échapper au mariage détestable qu'on lui impose, Lite, jeune bâtarde de la noblesse écossaise, choisit d'épouser Baltair MacNèil, un brigand des Highlands, le sauvant ainsi de la potence. Tenant son mari à distance et se refusant à lui, Lite devient une femme d'affaires accomplie donnant au domaine de Mallaig tout son prestige, tandis que Baltair se distingue comme mercenaire à travers le pays. Entre l'Hermine, comme l'appelle Baltair, et le valeureux Highlander, les sentiments sont d'abord complexes et ambigus, mais Lite ne tardera pas à découvrir que, sous sa carapace de guerrier sans foi ni loi, se dissimule un cœur tendre...
J'avais lu la trilogie dans l'ordre de parution, c'est-à-dire ce tome en dernier, et quand nous avons décidé, Missie et moi, de nous replonger dans cette merveilleuse saga, nous sommes tombées d'accord pour la lire cette fois dans l'ordre chronologique de l'histoire...

Avant de débuter ma chronique, je me dois donc de préciser que le personnage principal, Lite MacGugan, était déjà évoqué dans le 1er tome que j'ai lu de la trilogie (c-a-d le tome 2, vous me suivez ? ^^) mais d'une manière assez spéciale, si bien que je partais avec un a-priori négatif qui ne s'est que peu corrigé à la lecture de sa propre histoire, mais j'y reviendrai plus loin...
 Je préfère cent fois avoir pour homme un ancien cateran avec un cœur féal qu'un comte avec un cœur ployable.
(page 267)
Or donc, Lite MacGugan est la fille bâtarde d'une servante mais elle a été élevée comme une jeune fille noble par Dame Euphémia, sa châtelaine et comtesse de Ross, en compagnie des enfants de cette dernière, Mariota, sa soeur de lait, et Alasdair dont elle est secrètement amoureuse.
Sa tutrice ayant été contrainte à épouser en secondes noces le brutal comte de Buchan, Alexandre Stewart,  a réussi jusqu'à présent à se soustraire à ses devoirs d'épouse mais un jour, poussé par le désir d'engendrer un héritier afin de récupérer les biens de sa femme, l'infâme Stewart envahit le château, accompagné d'une troupe de cateran (mercenaires) dont fait parti Baltair MacNèil. Après cet assaut, le comte et ses hommes de main s'en vont mettre à sac les terres de l'évêque et commettent l'irréparable en saccageant la cathédrale. Stewart laisse injustement accuser son chef cateran du sacrilège et Baltair est emprisonné avec ses hommes pour être pendu haut et court.
De son côté, Lite est demandée en mariage par le fils bâtard de Stewart attiré par sa dot, et elle ne trouve d'autre recours pour y échapper que de faire valoir auprès du roi Édouard III le pardon royal des époux, coutume (réelle ou inventée par l'auteure ?) permettant de sauver un condamné à mort en l'épousant. Lite espère ainsi que la haine commune que Baltair et elle vouent à Stewart la mettra à l'abri de ses manigances. Mais ce que Baltair ne sait pas, c'est qu'il ne devra jamais espérer consommer un jour son mariage...
 Dans le foisonnement d'informations que je recueillis sur la famille, rien n'étoffa ma connaissance de Baltair MacNèil. On n'y faisait guère allusion, et, quand cela arrivait, je m'étonnais d'entendre évoquer mon mari comme s'il eût été défunt.
(page 90)
Je connaissais déjà Baltair depuis La Châtelaine de Mallaig, j'étais donc ravie de le retrouver et de découvrir les folles années de sa jeunesse tumultueuse... Baltair, bien qu'ayant un comportement parfois condamnable, n'en est pas moins un homme intègre (enfin, autant que peut l'être un cateran !^^) et loyal... D'ailleurs, l'amour inconditionnel qu'il voue à sa femme va le conduire à corriger progressivement ses actions répréhensibles et à devenir un chef de clan respectable et respecté...
Lite, comme je le soulignais plus haut, est un personnage un peu à part, dont l'ombre défunte et certaines de ses décisions arbitraires ou judicieuses pesaient lourdement dans le tome 2 ; du coup certaines de nos questions trouvent une réponse dans ce tome-là ; malgré cela, même si j'ai fini par comprendre son comportement, je n'ai pas réussi à l'apprécier... Lite est une femme énergique et déterminée, mais elle est également froide, manipulatrice et opportuniste, et n'hésite pas à déshonorer son mari en mentant à ses beaux-parents. À son arrivée à Mallaig, elle se sent désappointée à la vue du château dénué de défenses autre que de bois ; en outre, la demeure est inconfortable et mal entretenue, mais, soutenue par son ambition, elle va  entreprendre des travaux de rénovation, et elle n'aura de cesse de faire briller le nom des MacNèil dans les Highlands. Grâce à ses connaissances et à sa dot, Lite prend de plus en plus d'importance au sein du clan. Seul son mari la tient en grande méfiance, blessé par ses trahisons successives, mais je n'en dirai pas plus.

Certains personnages secondaires sont extrêmement attachants : Anna Chattan et Tadèus Fair, l'un des hommes de Baltair échappé à l'incarcération, Struan, le neveu au destin poignant, et même le père de ce dernier, Parthalan, qui, malgré sa brutalité, sait éveiller notre intérêt, et bien sûr pour finir, Dame Égidia, la belle-mère de Lite, si solidaire et si compréhensive...

J'ai été complètement happée par cette histoire palpitante qui a su éviter tout manichéisme avec les personnages et nous immerger complètement dans cette Écosse de la fin du XIVème siècle. L'auteure nous restitue avec beaucoup de réalisme le décor et le contexte de l'époque : la dure condition des femmes, la violence des hommes, la guerre de pouvoir entre les clans et la couronne d'Écosse, entre les clans eux-mêmes... De même, j'ai apprécié que l'histoire d'amour soit traitée de cette manière grave, chacun des époux ayant leur part d'ombre ; la lente évolution de leurs sentiments se fait en parfaite cohérence avec leur psychologie et leur passé...

J'aurai par contre quelques réserves à émettre : j'ai trouvé quelques longueurs dans les cent dernières pages, me perdant un peu dans les combinaisons politiques, et je ne suis pas friande de l'alternance des points de vue à la 1ère et la 3è personne, qui a quelque peu perturbé ma lecture...

Pour conclure, une plongée historique dans les Highlands captivante (je dois d'ailleurs avouer que j'ai largement préféré cette saga à celle un peu trop rocambolesque portant sur le même sujet et s'intitulant La Vallée des larmes de Sonia Marmen...). En ayant lu le tome 2 avant celui-là, c'était excitant de découvrir l'histoire de cette fameuse Lite MacGugan et l'origine de certaines de ses haines. De plus, j'ai trouvé original comme point de départ à son mariage le pardon royal des époux qui confine son mari dans le rôle d'un indésirable et d'un étranger dont on ne sait comment il arrivera à se rapprocher de cette épouse si altière et si indifférente...
Bref, une lecture délicieuse et dépaysante !

Appréciation :
Mes autres avis sur la saga : tome 1 ♦ tome 2tome 3[saga terminée]
J'ai tenté de reconstituer un petit arbre généalogique selon les informations de ce tome (cliquez sur l'image pour l'agrandir) :
L'Hermine de Mallaig de Diane Lacombe - Mallaig, tome 1
 Là-haut, à l'instant où j'émergeai sur le toit, une forte bourrasque me coupa la respiration et souffla ma coiffe qui s'envola dans les airs. Je me jetai contre la porte que j'eus à peine le temps de refermer avant d'entrevoir le casque de mon traqueur poindre au détour de l'escalier. la barre n'avait pas beaucoup servi et elle fut facile à rabattre malgré le tremblement de mes mains. Puis sans perdre une seconde, luttant contre les forts vents qui me déportaient, j'escaladai le faîtage de bois vermoulu jusqu'au beffroi où je m'emparai de la corde de lin qui battait contre sa paroi.
«À l'aide ! À l'aide !» gémis-je à l'unisson du son grêle de la cloche que je sonnais avec la dernière énergie, les yeux fixés sur la porte ébranlée par les assauts de celui qui était à mes trousses. Mon espoir de le voir rebrousser chemin fut vite anéanti par la pointe d'une dague qui prit le relais des secousses qu'il faisait subir à la porte pour l'ouvrir. Sous son impulsion, la barre se souleva docilement et le poursuivant que j'évoquais jusqu'alors se concrétisa devant mes yeux apeurés.
(page 23)
(sources : Wikipédia)
Diane Lacombe
Diane Lacombe
 est une écrivaine québécoise née à Trois-Rivières en 1953.
Elle est la deuxième d'une famille de cinq filles et la mère de deux garçons. À 22 ans, elle s'installe à Montréal et y travaille comme journaliste à la pige pendant une dizaine d'années. Elle trouve ensuite un emploi de conseillère à la Commission de la construction, au service de communication. Elle occupe ce travail pendant 15 ans.
En mars 2000, elle prend un congé sans solde de six mois. Elle consacre ses jours de pluie à l'écriture d'un roman historique, qu'elle intitule Mallaig. Elle met le résultat en page et en imprime une centaine de copie pour ses proches. La réponse enthousiaste de ces derniers la convainc d'envoyer le manuscrit aux maisons d'éditions.
VLB éditeur manifeste son intérêt à l'été 2001, et publie l'ouvrage sous le titre La châtelaine de Mallaig en mars 2002. Le livre est immédiatement un succès et se vend à plus de 400 000 exemplaires. Il fait une percée exceptionnelle de 110 000 copies en France. Des traductions en tchèque et en espagnol ont été publiées, et une traduction en allemand a suivi.
Au printemps 2003, Diane Lacombe a quitté son métier de conseillère en communication pour se consacrer entièrement à l'écriture. Elle a depuis publié 5 autres romans et un recueil de nouvelles, Sorcha de Mallaig (2004), L'hermine de Mallaig (2005), Nouvelles de Mallaig (2007), Gunni le Gauche (2006), Moïrane (2008), Pierre et Renée - Un destin en Nouvelle-France (2011).
site de l'auteure -
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Ma 46ème participation au challenge de Lynnae -
La rue au Moyen Âge de Jean-Pierre Leguay
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mercredi 28 janvier 2015

Mon nom est Rouge d'Orhan Pamuk

Mon nom est Rouge d'Orhan Pamuk

Fiche détaillée

 Auteur > Orhan Pamuk
Editeur > Gallimard
Collection > Du monde entier
Genre > roman historique, policier
Date de parution > 1998 pour l'édition originale , 2001 pour la présente édition
Titre original > Benim adim kirmizi
Nombre de pages > 571
Traduction > du turc par Gilles Authier

auteur
(sources : Babelio)

'Orhan Pamuk Ferit Orhan Pamuk, né en 1952 à Istanbul, est un écrivain turc.
Il étudie l'architecture dans une université stambouliote qu'il abandonne pour suivre une formation de journaliste. Son diplôme obtenu, il s'enferme dans l'appartement familial pour se consacrer à l'écriture. Il rédige des nouvelles dont la première sort en 1979.
Invité comme boursier à l'université de Columbia, il passe trois ans à New York entre 1985 et 1988. Pamuk a effectué plusieurs autres longs séjours aux États-Unis en qualité d'auteur invité, notamment à l'université de l'Iowa.
En 1991, Pamuk remporte le prix de la Découverte européenne avec son roman La Maison du silence, paru en 1983 et reçoit le prix Médicis étranger en 2005 pour Neige.
Au début 2005, Orhan Pamuk fait l’objet de menaces et une assignation à comparaître devant les tribunaux, en affirmant l’existence du génocide arménien lors d'un entretien à un journal suisse. Les poursuites sont finalement abandonnées le 22 janvier 2006 sous la pression internationale.
Le jeudi 12 octobre 2006, l'Académie suédoise annonce que le prix Nobel de littérature 2006 est décerné à Orhan Pamuk « qui, à la recherche de l'âme mélancolique de sa ville natale, a trouvé de nouvelles images spirituelles pour le combat et l'entrelacement des cultures » selon le communiqué du Secrétaire perpétuel de l'Académie.
En 2012, La ministre de la Culture et de la Communication, Aurélie Filippetti, lui remet la légion d'honneur. La même année, il reçoit le prix Sonning, la plus grande récompense culturelle au Danemark, attribué par l'université de Copenhague qui distingue un travail en faveur de la culture européenne.
Pamuk est l'auteur notamment de : Mon nom est Rouge, La Vie nouvelle, Le Château blanc et Le Musée de l'innocence.

quatrieme de couverture

Istanbul, en cet hiver 1591, est sous la neige.
Mais un cadavre, le crâne fracassé, nous parle depuis le puits où il a été jeté. Il connaît son assassin, de même que les raisons du meurtre dont il a été victime : un complot contre l'Empire ottoman, sa culture, ses traditions et sa peinture. Car les miniaturistes de l'atelier du Sultan, dont il faisait partie, sont chargés d'illustrer un livre à la manière italienne...
Mon nom est Rouge, roman polyphonique et foisonnant, nous plonge dans l'univers fascinant de l'Empire ottoman de la fin du XVIe siècle, et nous tient en haleine jusqu'à la dernière page par un extraordinaire suspense.
Une subtile réflexion sur la confrontation entre Occident et Orient sous-tend cette trame policière, elle-même doublée d'une intrigue amoureuse, dans un récit parfaitement maîtrisé. Un roman d'une force et d'une qualité rares.

première phrase

" Maintenant, je suis mon cadavre, un mort au fonds d'un puits."

avis personnel

 C'est avec beaucoup d'enthousiasme que j'avais entamé ce livre dont j'ai trouvé le procédé narratif très original et brillant... L'auteur alterne les points de vue d'une vingtaine de personnages et le premier à intervenir est... un cadavre ! Qui connaît l'identité de son meurtrier (sans nous la révéler bien sûr) ainsi que ses motivations...
La galerie des narrateurs est très éclectique puisqu'à côté des personnages en chair et en os  s'expriment des allégories ou des animaux comme la Mort, un chien, un cheval, une pièce et même la couleur qui donne le titre à l'ouvrage...

L'intrigue tourne autour du grand atelier de peinture dirigée par maître Osman dont les quatre plus talentueux miniaturistes participent en secret à l'élaboration d'un manuscrit enluminé, commandité par le sultan sous la direction de l'Oncle. Or, ce livre mystérieux suscite bien des convoitises et des rumeurs selon lesquelles sa composition même, s'inspirant de l'art occidental, le rendrait blasphématoire et sacrilège. En effet, à cette époque, l'art à l'italienne, qui maîtrise la perspective et l'art du portrait, s'oppose diamétralement à l'art oriental qui ne doit représenter les choses qu'à travers la vision de Dieu ! Nous assistons donc à la confrontation de deux traditions artistiques dans un climat de peur et de violences, attisé par le fanatisme religieux...

Le Noir, après avoir été employé comme secrétaire de divers pachas, est chargé d'enquêter sur le meurtre de l'un des miniaturistes. Il revient de 12 années d'exil, provoquées en partie par l'amour interdit qu'il vouait à Shékuré, sa cousine et fille de l'Oncle. Évidemment, quand il la revoit, ses sentiments rejaillissent plus forts que jamais. Mais pour espérer voir sa demande en mariage agréée, il doit au préalable retrouver l'assassin.

L'enquête se double donc d'une quête amoureuse. Et nous voyons défiler entremetteuse, rivaux, lettres secrètes, rendez-vous clandestins...

Pamuk met en scène une civilisation complexe, pleine d'interdits et de tabous, aborde le statut de la femme, la place de la religion, l'aspiration à la liberté artistique menacée par l'obscurantisme.
C'est un livre très érudit, où les protagonistes font appel aux contes et légendes pour étayer leurs propos sur l'art de la miniature.

Si dans la 1ère partie du livre, ce procédé fut extrêmement attrayant et intéressant, je dois avouer qu'il devint ensuite répétitif, entraînant une certaine lassitude chez moi, si bien qu'à la fin je sautai plusieurs passages explicatifs....

Surtout que, parallèlement, l'histoire d'amour, bien que touchante, a du mal à soutenir totalement notre intérêt : Le Noir est un personnage attachant, mais Shékuré devient agaçante avec ses incertitudes et sa manie de jouer sur plusieurs tableaux. Elle semble beaucoup plus opportuniste et moins sincère que son soupirant , mais peut-être que son statut de veuve menacée par un remariage non souhaité et le désir de trouver un père aimant à ses deux fils la rendent excessivement prudente et pragmatique !

Pour conclure, une lecture en demi-teinte, ce roman choral ayant les défauts de ses qualités : l'enthousiasme éprouvé au début par les trouvailles narratives et la richesse des situations s'est ensuite effacé pour les mêmes raisons : une surabondance de détails et d'explications qui finit par noyer l'intérêt du lecteur, rendant l'intrigue un peu pesante... Dommage car certains passages sont vraiment poétiques...

En sortant dans la cour, le froid de la neige m'a rappelé que je n'étais ni un enfant ni un vieillard, mais un homme qui ressent le poids du monde sur ses épaules.
(page 52)

Appréciation :

note : 3 sur 5

 extrait

J'ai sauté sur mes étriers, mais comme un débutant qui monte pour la première fois. Mon cœur battait la chamade, l'émotion me tournait la tête, mes mains ne savaient plus comment tenir les rênes, mais tandis que je serrais mes jambes contre les flancs de ma monture, miracle, celle-ci a semblé hésiter, en quelque sorte, de ma présence d'esprit, et en cavale émérite, s'est avancée comme l'avait indiquée Esther, droit devant tout d'abord, puis à droite.
A ce moment, j'ai senti que j'étais beau, réellement. Oui, je sentais que, comme dans les contes, toutes les filles du quartier m'admiraient derrière les volets de leurs claires-voies, et que j'étais tout près de me jeter à nouveau dans le brasier de l'amour. Était-ce vraiment ce que je souhaitais ? Une rechute, après tant d'années ? Soudain le soleil est apparu et j'ai tressailli.
Où était le grenadier ? était-ce ce petit arbre triste et rabougri  ? oui ! Je me suis tourné un peu sur ma selle. Il y avait bien une fenêtre devant moi, mais vide. Cette enjôleuse d'Esther s'était moquée de moi ! me disais-je déjà...
Mais le volet s'est ouvert, en faisant éclater bruyamment les verrous de glace qui le tenaient fermé, et dans le cadre de guingois de la fenêtre ensoleillée, j'ai vu ma beauté adorée, douze ans après, son beau visage enfin visible à travers les branches alourdies de neige. Ses beaux yeux noirs me regardaient-ils, ou au-delà de moi, vers une autre vie ? Était-elle triste ? souriait-elle ? Ou souriait-elle tristement ? Je n'aurais pas su le dire. Ah, mon cheval, imbécile ! N'écoute pas le galop de mon cœur, et ralentis un peu ton allure ! Je me suis encore une fois retourné sur mes arçons, sans vergogne, afin d'épier langoureusement, jusqu'à ce qu''il se perde derrière le lacis des branches enneigées, ce délicat et fin visage, tout empreint de mystères.
(page 53)

divers

Challenge Histoire

Ma 45ème participation au challenge de Lynnae -

Challenge "Polar historique" organisé par Samlor

Ma 12ème participation au challenge de Samlor repris par Sharon.

Challenge "Virée européenne" organisé par BouQuiNeTTe

Ma 7è participation au challenge de BouQuiNeTTe - séjour en Turquie
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le tour du monde en 8 ans

Ce billet est ma 16è participation au challenge d'Helran - cette escale compte pour la Turquie

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dimanche 25 janvier 2015

Le jeu de la tentation de Jeanne Bourin

Le jeu de la tentation de Jeanne Bourin

Fiche détaillée

 Auteur > Jeanne Bourin
Editeur > France Loisirs
Genre > Historique (Moyen-Age)
Date de parution > 1984
Nombre de pages > 445

auteur
(source : Evene)

Jeanne Bourin

Née en 1922, Jeanne Bourin passe une double licence d'histoire et de lettres, après des études au lycée Victor-Duruy. Romancière et historienne médiéviste, elle publie en 1963 son premier livre qui raconte les amours respectives de Pierre de Ronsard et d'Agrippa d'Aubigné. Sa deuxième parution est une biographie d'Agnès Sorel intitulée La dame de beauté et pour laquelle Jeanne Bourin a renoué avec une méthode historique. Mais c'est en 1979 qu'elle connaît son plus grand succès : elle a consacré sept ans de recherche à ce roman qui rassemble critique et public. La chambre des dames, préfacée par Régine Pernoud, met en scènes des marchands et artisans du siècle de Saint-Louis. Le livre obtient plusieurs prix et est traduit en sept langues. Elle écrit en outre la suite de son roman à succès sous le titre du Jeu de la Tentation. Le genre romanesque devient alors sa source fétiche : elle étudie la passion de Pierre de Ronsard pour Cassandre dans Les Amours blessées en 1987 avant de consacrer le début des années 1990 à une histoire des jardins français. Jeanne Bourin a de même organisé plusieurs conférences et écrit de nombreux articles de presse.
Elle meurt en 2003.

 

quatrieme de couverture

Après La Chambre des dames, Le jeu de la tentation est le second volet de la chronique familiale des Brunel, marchands et artisans, vivant en Ile-de-France, en ce XIIIe siècle rayonnant que Jeanne Bourin a su merveilleusement ressusciter.
Nous sommes en juin 1266, le dernier bel été du règne de saint Louis. Marie, la plus jeune fille des Brunel, est veuve depuis deux ans et mère attentionnée de deux enfants, Vivien et Aude. Elle a vingt-sept ans, un métier qu'elle adore, enlumineresse, et un amant fougueux, Côme Perrin, maître mercier.
Mais Marie est déchirée entre son amour maternel et son penchant pour Côme. De plus, trois Lombards, truands et criminels, font peser sur sa famille une terrible menace. Dans cette période encore paisible, le destin des Brunel préfigure les malheurs qui vont s'abattre sur le royaume.
Sous le regard d'Aude, la propre fille de Marie, commence alors le jeu de la tentation : argent, luxure, violence, désespoir, mort, et jusqu'à la sainteté et au martyre.

première phrase

"Le matin d'été foisonnait de promesses."

avis personnel

 L'histoire se déroule onze après la fin de La Chambre des dames. Mathilde, la mère, est morte peu de temps après le mariage de sa fille Jeanne avec un drapier de Blois, laissant ses enfants et son mari désemparés. Celui-ci ne vit plus que dans le souvenir de sa femme, et la petite dernière, Marie, qui n'était qu'une enfant dans le tome 1, s'est mariée par dépit à Robert Leclerc, un enlumineur comme elle, décédé depuis 2 ans dans des circonstances troubles.
Au début du roman, une partie de la famille et quelques amis sont réunis pour fêter la St Jean dans la maison campagnarde de son beau-père à Gentilly, située à quelques lieues de la capitale. Malheureusement, drames et scandales s'apprêtent à frapper durement les Brunel...

 Pour les lecteurs qui espéraient retrouver Florie dans cette suite, autant les prévenir tout de suite : l'inoubliable héroïne de La Chambre des dames n'y fait qu'une brève apparition en compagnie de son mari Philippe, et n'est plus que l'ombre d'elle-même, "beauté fanée [paraissant] rongée de l'intérieur.(...) [considérant] sa stérilité comme un châtiment mérité." (page 269)
Arnault et sa femme Djounia ne sont évoqués que par le frère de cette dernière, Djamal, étudiant égyptien qui est tombé amoureux d'Agnès, la coquette fille adoptive de Florie.
Ce sont donc surtout les petits-enfants de Mathilde et d'Étienne qui sont mis en avant ici : les adolescents Blanche et Thomas, enfants de Bertrand et Laudine, et leur cousine Agnès, ainsi que Vivien et Aude, les jeunes enfants de Marie.

L'histoire est vue alternativement à travers les yeux de Marie, accaparée par sa liaison toute fraîche avec Côme Perrin, et à travers ceux d'Aude, sa fille, possessive et exigeante.

Si le récit est tout à fait plaisant, je dois avouer qu'aucune des deux narratrices n'a trouvé grâce à mes yeux. Les tergiversations continuelles de la jeune veuve m'ont profondément agacée d'autant que l'on a droit de sa part à des introspections plus que complètes et redondantes qui, pour un paragraphe, en comptent cinq ! Les états d'âme de Marie ont d'ailleurs failli m'être fatale puisque c'est à l'un deux que ma lecture s'est brutalement arrêtée il y a deux ans et que je ne l'ai reprise qu'au mois de décembre dernier...
Quant à Aude, elle est dotée d'une nature tellement excessive, passionnée, moralisatrice, capricieuse et intransigeante qu'il est bien difficile de s'attacher à elle.

Encore heureux que le jeune couple d'amoureux platonique formé par Agnès et Thomas est là pour apporter un peu de fraîcheur et provoquer chez le lecteur un élan de sympathie !

Malgré quelques personnages exaspérants et la plume très bavarde de l'auteure, ce fut un réel plaisir de s'immerger à nouveau dans le quotidien de la famille Brunel ! Cette fois, l'atelier d'enluminure et l'échoppe de mercerie ont remplacé la boutique d'orfèvrerie, et les truands Lombards les étudiants Goliards. De plus, nous passons plus de temps à la campagne au temps des moissons et des fêtes de village que dans les rues encombrées de Paris, si bien que l'intérêt du lecteur est vraiment renouvelé. Car l'auteure excelle toujours autant à retranscrire l'atmosphère et les coutumes de la fin de règne de Saint Louis, dans un style moins lourd que dans le 1er tome, même si elle cède parfois à quelques facilités narratives...

Bref, malgré quelques réserves, cette relecture ne m'a procuré que du bonheur !

Appréciation :

La chambre des Dames de Jeanne Bourin

extrait

Dans un fracas de cris, d'appels, d'interjection, de hennissements, de discussions, de braiments, de jurons, parmi les odeurs, les senteurs, les relents, les bouquets, les remugles, les fumets, les exhalaisons de la marée, de la boucherie, des épices, de la crémerie, du crottin, des jardins, des eaux salies, de la vinaille, et des fortes transpirations, il fallait se faufiler en essayant de ne se faire ni bousculer, ni peloter, ni écraser les orteils. Ce n'était pas facile.
Marie réussit cependant à s'extraire de l'agitation qui tourbillonnait principalement devant les portes de l'enceinte à l'intérieur de laquelle s'engouffrait le gros du public, et à prendre pied sur le sol plus calme entourant le chevet de Saint-Eustache.
Comme elle y parvenait, elle se trouva en face d'un homme dont le regard insolent croisa un instant le sien. Etait-ce parce qu'il était jeune, beau, bien bâti, élégant, ou parce que ses prunelles pers lui parurent luisantes et cruelles comme celles d'un félin ? Une sorte de secousse la traversa, lui serra le ventre, lui fit sauter le cœur. Pourquoi ? Était-ce peur ou trouble ? Qui était cet homme ? Et que lui importait ce qu'il pouvait être ? Elle ne le connaissait pas, était certaine de ne l'avoir jamais rencontré... Le temps qu'elle se reprenne, il avait disparu.
(page 243-244)

Le jeu de la tentation de Jeanne Bourin

La Chambre des Dames : ici

Lecture commune

Lecture commune organisée par A Little Bit Dramatic...
D'autres billets :  A Little Bit Dramatic ♦ Jelydragon ♦ Lynn

Challenge "Histoire"

 Ma 44è participation au challenge de Lynnae - nous rencontrons Etienne Boileau, prévôt de Paris

Challenge Moyen Âge

Ma 8ème participation au challenge d'Hérisson -

 

Rendez-vous "La 99è page"

 

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samedi 24 janvier 2015

Il Salaïno de Benjamin Lacombe & Paul Echegoyen - Léonard & Salaï, tome 1

Il Salaïno de Benjamin Lacombe & Paul Echegoyen - Léonard & Salaï, tome 1

La pourpre et l'or - Murena - de Dufaux et Delaby

 Scenario > Benjamin Lacombe
Dessin > Benjamin Lacombe, Paul Echegoyen
Couleur > Benjamin Lacombe
Editeur > Soleil
Collection > Noctambule
Série > Léonard & Salaï
Genre > historique
Date de parution > 2014
Nombre de pages > 95

auteur
(sources : Wikipédia & La charte des auteurs et illustrateurs jeunesse)

 Benjamin Lacombe Né en 1982 à Paris, Benjamin Lacombe entre en 2001 à l'École nationale supérieure des arts décoratifs (ENSAD), où il suit sa formation artistique. Parallèlement à ses études, il travaille en publicité et dans l'animation et signe à 19 ans sa première bande dessinée et quelques autres livres illustré. Son projet de fin d'études, Cerise Griotte, dont il est l'auteur et l'illustrateur, devient son premier livre jeunesse et sort aux éditions du Seuil jeunesse en mars 2006. Il est publié l'année suivante par Walker Books (USA) et est nommé par le prestigieux hebdomadaire Time Magazine comme l'un des 10 meilleurs livres jeunesse de l'année 2007 aux États-Unis.
Depuis, Benjamin Lacombe a écrit et illustré de nombreux livres. Il expose régulièrement son travail. Les thématiques les plus récurrentes qu’aborde Benjamin Lacombe sont l’enfance, la différence, la mélancolie. Des thèmes assez durs, mais qui sont parlant à la fois pour les jeunes et les adultes. Parmi ses inspirations, on compte le préraphaélisme, le quattrocento italien, le primitivisme flamand, mais aussi des artistes plus contemporains comme Tod Browning et son univers « freaks », Tim Burton, Fritz Lang et son film Métropolis. Il utilise pour ses illustrations et ses ouvrages des techniques variées, allant de la gouache à la graphite, en passant par le fer à chaud et la peinture à l’huile, ce qui lui permet d’obtenir des effets différents selon ce qu’il souhaite faire transparaitre dans un ouvrage. Si la plupart des réalisations d’ouvrages de Benjamin Lacombe concerne le secteur jeunesse, il a toutefois publié des livres illustrés adultes, en reprenant notamment les nouvelles des Contes Macabres d’Edgar Allan Poe, mais aussi l’histoire de Notre-Dame de Paris avec le texte intégral de Victor Hugo. De plus, les pièces présentées lors des expositions sont le plus souvent orientées adulte. 
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photo©Alyz

Paul Echegoyen est né en 1981. Il grandit dans un village au pied des Pyrénées en rêvant de mondes merveilleux et Paul Echegoyenfantastiques inspirés des films du Studio Ghibli​, qui le nourrissent et l'inspirent. Passionné de dessin, un bac ​scientifique en poche, il suit des cours à l'académie de dessin de Tarbes, ​et en 2003​ s'installe à Paris pour intégrer l'​ESAG Penninghen.
Diplômé d'un master en Arts Graphiques en 2008, il commence à travailler dans l'animation et la publicité en ​tant que graphiste ​freelance. 
En octobre 2011, il publie son premier album jeunesse, et il travaille depuis sur​ ​​d'autres projets ​d'albums ​jeunesse​, ​de bandes dessinées, ainsi que pour la presse.
Il expose​ et vend​ s​es originaux ​en galerie​, notamment avec les galeries​ ​parisiennes ​"Daniel Maghen​"​​ et "Arludik".
Les thématiques qu'il affectionne sont l'écologie, l​a nostalgie de l'enfance et l'imaginaire onirique.
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photo©Thesupermat

quatrième de couverture

 Immergez-vous au cœur de ce diptyque, cette évocation romanesque qui présente une autre vision de Léonard de Vinci, de son entourage et de sa vie. Comment a-t-il vécu, aimé, souffert ?

Cet univers où règne la grâce, remarquable par son ampleur et sa profondeur, résonne à notre époque de façon étonnamment moderne.

Un portrait sensible et fascinant d'un artiste jamais égalé...

avis personnel

 J'ai découvert cette BD sur le blog d'Alison dont l'article m'avait donné très envie de la lire. En effet, les illustrations  utilisées pour éclairer son billet m'avaient vraiment subjuguées, et je me demandais si l'histoire était aussi captivante que les dessins...

Il Salaïno de Benjamin Lacombe & Paul Echegoyen - Léonard & Salaï, tome 1
© Echegoyen / Lacombe, Editions Soleil, collection Noctambule, 2014

Le 1er tome couvre 16 années de la vie du peintre, et s'ouvre sur l'année 1490 à Florence où il rencontre pour la 1ère fois Salaï, petit voleur pris la main dans le sac dans son atelier. Vinci, pour se dédommager, l'embauche sans trop savoir quelle tâche lui donner. Les années passant, Salaï devient son modèle... puis son amant...

Il Salaïno de Benjamin Lacombe & Paul Echegoyen - Léonard & Salaï, tome 1
© Echegoyen / Lacombe, Editions Soleil, collection Noctambule, 2014

Je savais que Léonard était homosexuel, par contre j'ignorais qu'il avait eu un amant attitré ayant partagé durant 30 ans sa vie... et ses galères... Car la vie d'artiste était aussi précaire que maintenant, soumise aux commandes de riches protecteurs ou aux aléas géo-politiques qui pouvaient les pousser sur la route de l'exil. Ainsi, Léonard et les siens habitent successivement Florence, Mantoue, Venise, Florence, Rome, Florence...

Nous voyons cette vie à travers les yeux de Salaï. Léonard, génie fourmillant sans cesse d'idées, a du mal à honorer ses commandes, s'éparpille, doit composer avec la rivalité d'autres artistes. Quand il ne peint pas ou ne sculpte pas, il expérimente ses inventions (une machine à voler, les écluses vénitiennes).

Bizarrement, le caractère de Vinci n'est pas aussi fouillé qu'on aurait pu l'attendre d'un livre retraçant une partie de sa vie. Mais peut-être est-ce une volonté délibérée des auteurs car ici, l'artiste s'efface derrière ses œuvres, qui sont mises en valeur, ré-interprétées par Lacombe, par des couleurs chatoyantes entre plusieurs planches monochromatiques sépia ou violine d'une très grande douceur.

Dommage donc que l'on ait l'impression d'une narration survolée et trop rapide car les images extrêmement soignées et détaillées sont d'une beauté à couper le souffle. A la fin de l'ouvrage nous est offert un dossier très appréciable qui rassemble quelques explications des auteurs sur leur travail, des croquis et un repère chronologique.

Appréciation : 

note : 4 sur 5

avis

 

Il Salaïno de Benjamin Lacombe & Paul Echegoyen - Léonard & Salaï, tome 1
© Echegoyen / Lacombe, Editions Soleil, collection Noctambule, 2014

Il Salaïno de Benjamin Lacombe & Paul Echegoyen - Léonard & Salaï, tome 1
© Echegoyen / Lacombe, Editions Soleil, collection Noctambule, 2014

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