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samedi 25 juillet 2026

Parcelles d’histoire. Paris au Moyen Âge de Hélène Noizet



Editions : Presses universitaires de Vincennes (PUV)
Parution : 12 mars 2026
Genre : Essai historique
Pages : 3
48
Partenariat

Quatrième de couverture :

Comment le Moyen Âge a dessiné la forme de la ville de Paris ? Les églises, la trame des rues, les lotissements, la poésie urbaine montrent comment les pratiques des habitants médiévaux ont durablement structuré l’espace urbain parisien.

Que reste-t-il du Moyen Âge dans la forme de la ville de Paris ? Malgré les apparences, presque tout: car les immeubles haussmanniens et les toits en zinc ne sont que la surcouche récente d’un espace urbain profondément structuré à l’époque médiévale. En croisant les plans, les textes et les vestiges archéologiques du 9e s. au 14e s., cette étude met en valeur les éléments moteurs de la fabrique urbaine, tels que les polarités ecclésiastiques, l’armature viaire, les lotissements, ce dont témoigne la déambulation du poète Guillot de Paris vers 1300.


Mon avis :

La quatrième de couverture résume parfaitement le contenu de ce livre qui n'a pas pour vocation de vulgariser les connaissances à ce sujet mais s'adresse essentiellement aux étudiants et chercheurs. Il est tiré du mémoire inédit d'une habilitation à diriger des recherches. C'est donc très pointu et assez aride, les démonstrations de l'auteure reposant sur des méthodes scientifiques, statistiques et cartographiques très poussées. 

Malgré tout, j'ai apprécié certains passages : le tableau 1 de la page 31 qui compare les spécificités entre chanoines et moines par rapport à l'urbanisation, l'origine possible de la dénomination de la rue des Rosiers qui faisait partie du lotissement cédé au début du 13ème siècle aux Templiers qui cultivaient... des rosiers !, l'annexe 2 qui liste les établissements de soins et d'assistance parisiens du 12ème siècle au 15ème siècle (les 4 léproseries sont extra muros, bien sûr !) et puis cette dernière partie portant sur un poème de Guillot qui écrit vers 1300 Le Dit des rues à Paris énumérant 300 rues en 554 vers et qui coorobore les résultats des recherches de l'historienne.
J'ai beaucoup aimé également l'idée de l'auteure de vouloir sonoriser la récitation de ce poème pour reconstituer les bruits qu'on entendait dans les rues au Moyen-Âge, comme Mylène Pardoen l'a fait pour le Paris du 18ème siècle.

Par contre, j'ai un peu tiqué quand elle mentionne Richer, moine à St Remi de Reims en écrivant Remi avec un accent aigu (on a en fait gardé jusqu'à nos jours l'usage du Moyen-Âge de l'écrire sans accent ; d'ailleurs, on le prononce Reumi). Bref, c'est anecdotique mais ça m'a crispée...

Merci à Babelio et aux éditions PUV pour ce partenariat !

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lundi 15 juin 2026

Du Guesclin - Au coeur de la guerre de Cent Ans de Clervie Quelven

 


Editions : Plein Vent
Collection : Grandes Figures de l'Histoire
Parution : 11 mars 2026
Genre : Aventure historique, Biographie romancée
Pages : 226
Partenariat

Quatrième de couverture:

Raillé pour son physique déplaisant, Bertrand du Guesclin est sans aucun doute l'un des plus brillants chevaliers de l'histoire de France. En pleine guerre de Cent Ans, il saura prouver que le courage ne dépend ni de la naissance ni de l'apparence. Mais ce fidèle serviteur du roi de France devra aussi faire preuve de toute son habileté et de toute son intelligence dans les conflits de son temps. Des forêts bretonnes aux champs de bataille de France et d'Espagne, entre querelles dynastiques et invasion anglaise, Du Guesclin devra lutter jusqu'au bout pour savoir où placer sa loyauté...
Une épopée pleine d'aventure, d'amitié et d'honneur, pour découvrir la véritable histoire du « Dogue noir de Brocéliande » !

Mon avis :


J'ai hésité avant de participer à cette Masse critique consacrée à la littérature jeunesse parce que j'ai généralement été déçue par mes participations concernant ce genre mais le contexte de la Guerre de Cent Ans (que j'ai étudiée à la fac) m'a finalement décidé à retenter l'aventure.
Au début, je m'attendais à un roman mais il s'agit davantage d'une biographie romancée tant la vie de Bertrand du Guesclin est ici détaillée. On sent que l'auteure s'est appuyée sur une solide et rigoureuse documentation mais cela ne pèse pas à la lecture tant la plume sait se montrer entraînante ! D'ailleurs, je salue l'ambition de cette collection en espérant que la jeunesse s'y intéresse car je me demande si la figure de Du Guesclin est toujours connue de nos jours.  
Seule petite réserve : ça aurait été mieux selon moi que le contexte historique dans lequel évolue le héros (la Guerre de 100 ans et les camps en présence) intervienne dès le début au lieu de la page 20.

Je remercie Babelio et les éditions Plein Vent pour ce partenariat !

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jeudi 2 avril 2026

Anthologie du désir féminin (présentée par Géraldine Puccini)


J'aime la délicatesse, et pour moi l'éclat et la beauté du soleil, c'est l'amour. (SAPPHO)


Editions : First
Parution : avril 2025
Genre : Anthologie (extrait de poésie, roman, correspondance)
Pages : 160
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Quatrième de couverture: 


"L'imaginaire des femmes est inépuisable, comme la musique, la peinture, l'écriture : leurs coulées de fantasmes sont inouïes." Hélène Cixous
De la poétesse grecque Sappho aux lettres d'Héloïse à Abélard, des femmes troubadours du Moyen Âge aux œuvres de Colette, de George Sand à Marguerite Yourcenar ou à Monique Wittig se raconte une approche plurielle et sensible du désir féminin qui affirme sa puissance.
Car les femmes ont toujours écrit, mais ont très longtemps été cantonnées à des marges, par manque de moyens, d'accès aux études, de possibilité de reconnaissance – par manque d'une "chambre à soi", comme dirait Virginia Woolf. C`est sur les traces de ces femmes qui ont donné voix et corps au désir que nous convie cette anthologie.


Avis :


Dans cette anthologie présentée par Géraldine Puccini, ont été invitées 17 femmes dont les oeuvres (poèmes, correspondance, pièce de théâtre, romans) couvrent 28 siècles. C'est assez vertigineux quand on y pense ! 
Parmi toutes ces femmes, j'en connaissais 6 de noms et 6 pour les avoir lues. Par contre, Sulpicia, Dame Castelloza, Monique Wittig, Claude Pujade-Renaud et Héloïse Desrivières m'étaient totalement inconnues...
Avant chaque extrait, Géraldine Puccini nous dresse une courte biographie de ces femmes de lettre expliquant l'époque dans laquelle s'inscrivent leurs textes.
Plus on s'éloigne de notre temps, et plus les femmes ont été invisibilisées ou silenciées à travers l'histoire et la littérature, si bien que ne nous sont parvenus que quelques fragments des poèmes écrits par les femmes de l'antiquité. A noter également qu'elles n'ont normalement pas accès à l'éducation, ce qui n'en rend que plus remarquable leur engagement littéraire.
Or, même avec les conquêtes du féminisme, la question du désir féminin reste un sujet tabou... jusqu'à il y a peu, en fait. Il faut beaucoup de courage aux femmes pour oser écrire sur ce thème et défier ainsi les conventions sociales.

Mais avoir fauté me plaît, me composer un visage par souci de ma réputation me répugne; j'ai été à un homme digne de moi comme j'étais digne de lui : qu'on le dise. (SULPICIA)

Je me sens donc d'autant plus dépitée de ne pas avoir apprécié ma lecture autant que je l'aurais espéré, même si celle-ci n'a pas été désagréable. Peut-être est-ce dû à mes problèmes de vue accentués par le choix de la couleur et de la taille de la police d'écriture ? Ou peut-être au fait que je n'ai pas réussi à me projeter (les courts extraits ne m'ont pas donné le temps de m'imprégner vraiment des écrits) ?

Mais j'ai trouvé très intéressant de découvrir le contexte historique de chaque texte qui entrave la liberté d'expression de ces autrices. Et puis, la lecture de certains extraits m'a donné envie de découvrir plus en profondeur ces écrivaines que je ne connaissais pas.
En tout cas, l'amour et la passion sont universels, quelque soit l'époque ou la société.

Je remercie Babelio et les éditions First pour cette découverte !

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samedi 30 novembre 2024

Le chant des Marqués de S.M Gaither – D'ombres et de Couronnes, tome 1

La chance n'était qu'une divinité mineure de seconde catégorie que seuls les paresseux et les idiots vénéraient.



Parution V.O : 1 septembre 2020
Titre V.O : The Song of the Marked
Parution V.F : 23 octobre 2024
Traduction : Antonia Shepard
Editions : MxM Bookmark
Collection : Lost Kingdom
Illustration : Franziska Stern
Genre : Fantasy
Pages : 482
Prix : 21,99 euros
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Résumé : 

Les anciens dieux s'agitent...
La mercenaire Casia Greythorne ne se soucie que de deux choses : terminer son dernier travail et gagner assez d'argent pour acheter les médicaments coûteux qui permettent à son mentor de rester en vie.
Aussi, lorsque le roi lui demande d'enquêter sur une étrange peste qui ravage l'empire, elle ne peut résister à l'énorme récompense qu'il lui offre - même si cela implique de travailler avec l'arrogant et exaspérant capitaine Elander.
Mais alors que le nombre de morts augmente et que d'étranges monstres font des ravages dans les royaumes, Cas et Elander se retrouvent face à des dieux qui s'en mêlent et à une magie très ancienne.
Car un mal ancien s'agite dans l'ombre.
Et leur empire ne survivra pas à son déchaînement.

Avis :
Décidément, en ce moment, je n'ai vraiment pas de chance avec la fantasy. Donc, pas de scoop : ma lecture a été décevante. Dès le début, j'ai peiné à m'intéresser à l'histoire. Puis, 1 ou 2 chapitres ont réussi à relever mon intérêt avant de me faire retomber dans l'ennui. J'ai trouvé les dialogues creux, les personnages sans consistance ni profondeur. J'oubliais les informations au fur et à mesure qu'elles étaient distillées. Je ne comprenais pas la mission de Cas (Casia), ça m'agaçait, tout comme son diminutif utilisé jusqu'à la nausée.

De plus, le récit est parsemé de très nombreuses incohérences qui m'ont fait lever les yeux au ciel :
  • le face-à-face entre Cas et Mainsombre où la mercenaire exige qu'il lui fasse une avance alors qu'elle lui a laissé une balafre à leur dernière rencontre, et comme il refuse, elle tente de lui voler la marchandise qu'elle convoite et il laisse partir avec son butin.
  • l'invitation de l'empereur-roi auprès de ses amis censés se trouver dans leur cachette
  • la confiance qu'elle lui accorde alors qu'il est dépeint comme un monstre sans cœur
  • les plaintes de l'empereur-roi à propos de son capitaine alors qu'ils se connaissent à peine
  • le côté naïf de l'alliance entre Cas et ce foutu empereur-roi
  • la familiarité qui s'installe rapidement entre Cas et l'empereur-roi
  • la fuite de Cas
Malheureusement, la romance n'a pas été capable de rattraper ce ressenti assez désastreux, bien au contraire. La vérité, c'est qu'on n'y croit pas du tout tellement elle est télescopée. Les interactions entre Cas et Elander semblent artificielles. Tout sonne faux. Si leurs dialogues, au début, étaient plutôt plaisants, ils deviennent vers la fin ridicules avec des comparaisons gênantes. Extrait : « Peu importe à quel point tu serais belle en agonisant » ou : « On aurait dit un chien. Un très beau chien mais un chien tout de même ! » J'avais envie de m'écrier comme la Phoebe de Friends : « Oh ! My eyes, my eyes ! »


Et que dire de la scène de sexe ? Dénuée de toute émotion, elle n'est pas du tout excitante, paraissant même très mécanique. On a l'impression de voir une scène de sexe tirée d'un porno (bien sûr, je n'ai jamais vu de porno, mais j'imagine que ça doit ressembler peu ou prou à ça...^^)

Pour finir, je n'ai pas du tout trouvé les explications concernant le marché conclu entre le dieu Freux et l'empereur-roi convaincantes. C'est dommage, car la révélation sur l'un des personnages (et là, je ne parle pas de Cas) aurait pu un peu améliorer mon ressenti global. Par contre, l'explication sur le Fléau pâle était intéressante.

Selon moi, il y a clairement un problème de construction narrative. L'écriture et l'intrigue étaient très simples, les dialogues d'une rare indigence avec un humour qui tombait souvent à plat. Je ne me suis attachée à aucun des personnages. Encore, une fois, je pense que le style pauvre et sans âme de l'auteure dessert complètement l'histoire. Certains passages (surtout les scènes d'action, et pourtant, d’ordinaire, j'aime bien ça) étaient tellement ennuyeux à lire que je les sautais allégrement.

Il n'y a qu'à un moment où j'ai adhéré aux dires de l'auteure page 457 à propos de l'héroïne : « Sa bêtise l'avait conduite à tellement tout gâcher » tout comme le style facile de S.M Gaither qui a réussi à gâcher le potentiel de son histoire...

Concernant la traduction, je suis désolée, car c'est un travail difficile et compliqué, mais j'ai trouvé certaines tournures de phrases bizarres, tellement que parfois, ça me sortait de ma lecture.

Quant à l'objet-livre, il est très joli avec une très belle illustration de couverture et plusieurs illustrations internes en noir et blanc.

Je remercie Babelio et les éditions MxM Bookmark pour ce partenariat.

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mardi 25 juillet 2023

André Bollier Vélin : Artisan héroïque des journaux clandestins de Vianney Bollier

 


Editions
: Le Félin
Parution : 17 mars 2023
Genre : Biographie
Pages : 216
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Résumé :

André BOLLIER n'a pas 21 ans quand en juin 1941, il s'engage au côté d'Henri Frenay qui ne tarde pas à le charger de la fabrication et de la diffusion du journal de son mouvement Combat et bientôt de tous ceux des mouvements de zone Sud. En quelques années seulement, après avoir créé une imprimerie clandestine de toute pièce et grâce des trésors d'ingéniosité, celui qui s'appelle désormais "Vélin", fournit avec son équipe plus d'un million de journaux par mois à la Résistance.
Arrêté et torturé à plusieurs reprises, il parvient à s'évader et à reprendre son activité. Le 17 juin 1944, encerclé dans son imprimerie par plus de 150 soldats et miliciens allemands, il livre héroïquement un ultime combat. Blessé, il se tire une balle en plein coeur plutôt que de tomber aux mains de l'ennemi. 


Mon avis :

Le dernier résistant étant mort en 2021, nous n'aurons plus jamais de témoignages de compatriotes ayant vécu à cette époque très sombre de notre histoire. Ici, c'est Vianney Bollier, né quelques mois après la mort de son père résistant, qui entreprend, à presque 80 ans, de dresser le portrait du héros que fut « Vélin ». Il s'appuie pour ce faire sur des archives personnelles, sur celles d'autres familles de résistants, sur leurs témoignages... Comme l'a souligné enjie77 dans sa chronique, Vianney ne nomme jamais André Bollier « papa » pour garder un maximum de recul.

Avant de commencer vraiment, je voudrais vous faire un petit résumé vertigineux de la courte vie d'André Bollier : il a 20 ans quand il est grièvement blessé au combat lors de la campagne de France, 21 ans quand il entre en résistance, prend la direction de la « propagande » de Combat puis se fiance à Noëlle, 22 ans quand il se marie, est arrêté puis s'évade et devient clandestin, 23 ans quand naît sa fille , et 24 ans quand son imprimerie est attaquée et qu'il se donne la mort pour échapper une deuxième fois à la torture.

Au-delà de la tristesse que l'on ressent à la destinée tragique et au sacrifice d'André, c'était absolument passionnant de voir abordé le thème de la propagande côté Résistance, qui est selon moi peu connue (on connaît davantage les actes de sabotage et la répression qui en découle). Or, la diffusion de tracts et de journaux est essentielle pour réveiller les consciences contre l'occupation allemande.
Les dangers sont multiples : il faut imprimer, trouver les fournitures (matériel encombrant, papier en pleine période de restriction etc), stocker sans attirer l'attention, diffuser sans se faire prendre...
Quand André entre dans la clandestinité, il adopte un nouveau nom de guerre : « Vélin » et s'occupe à temps plein de l'impression du journal Combat dont le tirage augmente de plus en plus.
Fin décembre 1943, il fait un coup d'éclat en copiant les caractères du journal collaborationniste le Nouvelliste pour diffuser un faux aux accents gaullistes qui remplace les vrais journaux.
Le danger devient de plus en plus pressant à partir de 44 avec la pression des contrôles de la Gestapo et de la Milice ainsi que des primes de plus en plus élevées encourageant l'infiltration de futurs délateurs.
Tout au long de son combat, « Vélin » fait preuve d'une grande ingéniosité. Il invente, entre autre, des sociétés fantômes avec un dossier convaincant pour avoir des marchandises indispensables au fonctionnement de l'imprimerie clandestine ou un approvisionnement conséquent d'électricité sans attirer l'attention.
Malgré les précautions qu'il prend, la maison où il se cache avec d'autres résistants est attaquée le 17 juin 44 (11 jours après le débarquement allié en Normandie). On ne saura jamais si ce fut le fait d'une dénonciation ; le pire, c'est que peu avant, André avait fait un voyage à Paris pour demander à ce que l'imprimerie change de mode de fonctionnement et soit à nouveau décentralisée face à la gravité croissante du danger, mais la direction du mouvement s'y était opposée.

La diffusion de ce journal résistant a été primordial. Non seulement pour informer les Français sur les événements que la propagande allemande censurait mais également pour apporter un certain réconfort moral. Je finirai en disant que l'importance d'une presse libre est plus que jamais d'actualité en me permettant de citer l'auteur : « Les médias d'aujourd'hui sont beaucoup plus divers et puissants que ceux que Vélin mettait en oeuvre, mais les pouvoirs autoritaires continuent à redouter la vérité et à faire taire ceux dont les messages les contrarient. »

Je remercie Babelio et les éditions du félin pour ce partenariat.

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dimanche 16 avril 2023

Une enquête d'Hippolyte Salvignac, tome 6 : Les Noyés des bords de Marne de Philippe Grandcoing

 Mais elle ne me fera pas changer d'avis : donner le droit de vote à toutes les femmes serait un danger pour la démocratie.


Editions
: de Borée
Parution : 9 mars 2023
Genre : Polar historique
Pages : 309
Partenariat


Résumé :

Un avion qui s'écrase et tue le ministre de la Guerre, une crise diplomatique majeure entre la France et l'Allemagne à propos du Maroc, une malle contenant un cadavre sans tête repêchée dans la Marne, un marchand juif qui disparaît mystérieusement : Hippolyte Salvignac et Jules Lerouet n'ont décidément pas le temps de s'ennuyer en ce printemps 1911. Aussi improbable que cela puisse paraître, toutes ces affaires semblent être reliées et les deux hommes se retrouvent plongés au coeur des intrigues politiques nationales et internationales du moment. Pour leur sixième enquête conjointe, l'antiquaire retiré des affaires et l'inspecteur de la Sûreté parisienne en délicatesse avec sa hiérarchie explorent les coulisses d'une « Belle Époque » où coups bas, trafics et assassinats sont légion. Avec ce nouveau volume des enquêtes d'Hippolyte Salvignac, l'historien et romancier Philippe Grandcoing, fin connaisseur de la période, poursuit l'exploration de la France des années 1900 et fait découvrir l'incroyable richesse de cette époque, à la fois proche et déjà si éloignée de nous. 


Mon avis :


Tout d'abord, je tiens à préciser que je n'ai lu aucun des tomes précédents mais que cela ne m'a jamais gênée dans ma lecture !
Ensuite, je ne suis généralement guère attirée par les romans policiers : quand j'en lis, ce sont ceux ayant pour arrière-plan une époque historique particulière, comme l'Egypte, la Grèce ou la Rome antique. Ici, l'intrigue se déroule à la Belle Époque, quelques années avant la Première Guerre mondiale. Clemenceau est en retrait de la vie politique mais voudrait bien à nouveau jouer un rôle important et s'intéresse de près au drame d'Issy-les-Moulineaux lors d'une course d'aviation qui a vu mourir le ministre de la guerre et où était présent l'antiquaire Hippolyte Salvignac que le Tigre avait déjà utilisé pour de précédentes recherches.
J'avoue que je ne me suis jamais vraiment intéressée à l'enquête. Je n'ai pas trouvé le personnage principal très convaincant en enquêteur amateur, ni les investigations en elles-mêmes. Les fausses pistes ne m'ont jamais paru très pertinentes. J'ai donc suivi les péripéties d'Hippolyte avec un intérêt juste poli. Malgré tout, l'histoire s'emballe vers la fin avec le point de vue de Jules Lerouet sur plusieurs chapitres.
Par contre, j'ai beaucoup aimé les descriptions des lieux campagnards ou parisiens. Je me sentais vraiment immergée et c'était très agréable.

Merci à Babelio et aux éditions De Borée pour ce partenariat.



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jeudi 5 janvier 2023

Les Douze d'Aritsar, tome 1 : La Vengeance de la dame de Jordan Ifueko

Il détestait tout cela autant que moi. Je le lisais sur son visage, figé par la peine. Mais nous étions des griots dans une pantomime, contraints de chanter chaque vers de ce récit sordide, en dansant au rythme des tambours que frappait ma mère.


Editions
: Nathan
Parution VO : 2020
Parution VF dans la présente édition : 5 janvier 2023
Genre : Fantasy, Conte, Jeunesse
Titre VO : Raybearer, book 1
Traduction : Anne Delcourt
Pages : 464
Partenariat

 Résumé :

L'empereur d'Aritsar gouverne avec 11 conseillers, tous reliés entre eux par le pouvoir du Rayon. Grâce au Rayon, ils sont unis comme des âmes sœurs, et personne ne peut tuer l'empereur – à part un de ses conseillers.
La jeune Tarisaï a grandi dans un palais isolé, loin de la capitale, élevée par une mère mystérieuse. À onze ans, elle est envoyée à la sélection des conseillers du jeune prince Dayo. Au moment de partir, sa mère l'oblige par un vœu magique à une mission toute autre : elle devra gagner l'amitié de Dayo... puis le tuer.
Tarisaï ne veut pas attendre que la malédiction de sa mère s'accomplisse, elle ne veut être l'instrument de personne.
Mais voilà qu'à seize ans, le temps lui est compté ; son lien avec le prince est plus solide que jamais. Sera-t-elle assez forte pour suivre son propre chemin ?

Mon avis :

Cela faisait tellement longtemps que je n'avais chroniqué de livre que j'ai hésité avant d'accepter la proposition de Babelio, d'autant que je ne suis pas très friande des romans estampillés "littérature pour adolescents" suite à mes nombreuses déceptions. Eh bien, j'ai finalement eu raison de me laisser  tenter car la lecture a été véritablement enchanteresse. C'est la première fois que je lis un livre de fantasy inspiré de l'Afrique, de son univers et de ses contes, et le voyage a été incroyablement riche et passionnant. C'était rafraîchissant de découvrir un univers nouveau et si bien construit. En outre, le style de l'auteure, évocateur et captivant, m'a totalement happée.
Tous les personnages sont fascinants et complexes, échappant à tout manichéisme.
Au fur et à mesure de la lecture, on se rend compte que les "méchants" ont peut-être des raisons plus "valables" qu'il n'y paraît d'agir comme ils le font, et les gentils, même animés des meilleures intentions ne prennent pas forcément des décisions toujours très morales.
L'auteure aborde des thèmes intemporels et passionnants, comme la vengeance, la quête de soi, la famille, le pouvoir tout en nous invitant à une odyssée envoûtante...

Je remercie Babelio et les éditions Nathan pour ce partenariat.

D'autres avis : LivraddictBabelioBooknode ♦ 

dimanche 15 novembre 2020

Anne de Green Gables (tome 1) de Lucy Maud Montgomery

Il y a tellement d’Anne différentes en moi. Parfois, je me dis que c’est pour ça que je suis si pénible. Si j’étais une seule et unique Anne, ce serait vraiment beaucoup plus simple – mais aussi bien moins intéressant.



Editions :
Monsieur Toussaint Louverture
Parution VO :
1908
Parution VF dans la présente édition : 2020
Genre : Classique, Jeunesse
Titre VO : Anne of Green Gables
Traduction : Hélène Charrier
Pages : 384
Partenariat

Résumé :

Cheveux désespérément roux, visage constellé de taches de rousseur, Anne Shirley est une petite fille curieuse, pleine d’énergie, souvent perdue dans ses pensées, parfois d’une gravité solennelle, sans aucun doute intemporelle.
Difficile de résister à ce petit bout d’humanité de onze ans parfaitement imparfait, héroïne d’une série de romans qui a su conquérir des millions de lecteurs à travers le monde, Anne de Green Gables, écrit par Lucy Maud Montgomery, et dont le premier tome parut en 1908.
Orpheline à l’esprit vif, à l’imagination sans bornes et qui adore employer de «:grands mots:», Anne se retrouve par erreur chez Marilla et Matthew Cuthbert qui attendaient un garçon pour les aider à la ferme.


Mon avis :

Tout d'abord, un grand merci à Babelio et aux éditions Monsieur Toussaint Louverture pour ce merveilleux partenariat !
Avant de parler de l'histoire elle-même, quelques mots sur l'envoi du livre et le livre en lui-même. Quelle ne fut pas ma surprise en ouvrant le colis de découvrir 4 pages d'un journal à la mode du XIXe siècle (The Charlottetown Guardian a-t-il réellement existé?) nous présentant le livre, ses personnages, quelques passages-clés du roman, en de malins et intéressants articles. On y trouve un Courrier des lecteurs ainsi que la recette du gâteau au liniment (vivivi ^^). Bref, une très agréable mise en bouche.
L'objet-livre est absolument magnifique : un livre cartonné, recouvert de papier nacré, somptueusement illustré !

Le roman nous invite à un merveilleux voyage où l'imagination est reine !
Anne Shirley est une pauvre orpheline de onze ans, « livrée » par erreur aux Cuthbert, frère et soeur célibataires, dont le coeur semble légèrement asséché et qui désiraient un garçon pour les aider à la ferme...
Mais, comme le lecteur, ils vont tomber sous le charme de l'inénarrable demoiselle jusqu'à s'attacher progressivement mais irrésistiblement à elle !
Anne est une enfant ultra sensible, un peu exaltée et dont l'imagination débordante ne laisse pas d'étourdir ceux qui l'écoutent... Très vite, elle va ensoleiller l'existence grise, tristounette et austère du vieux garçon et de la vieille fille qui ne peuvent plus imaginer leur existence sans elle.
Ce fut une lecture absolument délicieuse, avec des passages plein d'émotions ou de drôlerie.
Anne restera une héroïne inoubliable et je compte bien continuer la découverte de cette saga enlevée !

Je remercie Babelio et les éditions Monsieur Toussaint Louverture pour cette découverte ! 

D'autres avis : Livraddict ♦ Babelio ♦ Booknode ♦
 



mercredi 15 janvier 2020

Haïculs (Collectif)


Éditions : Actes Sud
1ère parution : 16 octobre2019
Genre : Haïku
Pages : 80
Partenariat


Résumé :

Quand des superbes photos de culs de l'Antiquité romaine croisent le regard d'auteurs facétieux, ces derniers leur dédient des haïkus. Une étrange et nouvelle, mais cohérente, cohabitation naît alors. Ces superbes images issues des collections du Musée départemental Arles antique sont de douces invitations à la rêverie érotique.
Cet ouvrage fait un pont entre deux cultures, dont l'érotisme est un pilier. Découvrez ces petits poèmes d'origine japonaise joliment troussés, qui saluent ici avec malice le désir naturel qui s'émeut d'un joli derrière. L'aspect frivole et parfois grivois de ces textes renoue avec l'origine légère de ces poésies, avant que le maître du genre, Basho Matsuo, ne lui donne une orientation plus sensible.

Mon avis :


Le livre marie photos callipyges de quelques oeuvres antiques exposées au Musée départemental Arles antique (statues, vases, lampes à huile...) et haïkus rédigés par quelques contemporains espiègles (à part Jules César lui-même qui s'invite deux fois entre ces pages!)...
C'était plutôt rigolo de découvrir ces statues côté pile pour une fois, cela donne même une perspective nouvelle non dénuée de charme (un peu voyeur). Certains haïkus sont vraiment poétiques et évocateurs.
Bref, une jolie réussite pour ces accordailles anachroniques et décalées.
Seul petit bémol : j'aurais bien aimé avoir la référence de l'oeuvre sur la même page (il faut attendre la fin pour avoir une liste détaillée des oeuvres)...


Je remercie Babelio et les éditions Actes Sud pour cette découverte !
D'autres avis : LivraddictBabelioBooknode




mercredi 31 juillet 2019

Emportés par la guerre de Bruno Mayorgas

 


Editions : Morel
Parution : 18 décembre 2016
Genre : Essai historique
Pages : 161
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Résumé :

A la veille de la Grande Guerre, Villeneuve-de-Marc est une modeste commune rurale de l’Isère. La vie de ses habitants bascule le 1er août 1914 : la majorité des hommes sont mobilisés et doivent partir. Les Villeneuvois sont brusquement précipités dans le cauchemar de la Première Guerre Mondiale. Le conflit qui ne devait pas durer s’est éternisé pendant quatre ans. Ceux qui sont restés au village se sont organisés pour survivre. Ils ont été séparés de leurs maris, de leurs fils, de leurs pères. Ils ont guetté leurs lettres et espéré leur retour.
Certains ne sont jamais revenus. Ils ont été tués sur les champs de bataille. Ils sont morts en captivité loin de leur terre natale. Ils sont décédés dans des hôpitaux de l’arrière. Certains ne se sont jamais remis de l’horreur qu’ils avaient vécu et se sont suicidés. D’autres sont morts après l’armistice des conséquences de la guerre. La plupart sont revenus malades, blessés ou estropiés, au mieux changés pour toujours. Beaucoup sont demeurés mutiques et ont eu peine à raconter leur histoire.
Civils ou militaires, adultes ou enfants, tous ont été d’une manière ou d’une autre emportés par la guerre. 

 
Mon avis :


Je trouve merveilleuse l'idée que c'est le travail de recherche d'élèves du CM2 qui a été le point de départ de l'écriture de cet ouvrage.

Villeneuve-de-Marc est un village isérois de moins de 1000 habitants à la veille de la Première Guerre mondiale. Les auteurs retracent d'abord la vie du bourg à la veille de la guerre, puis la mobilisation générale suivie du quotidien des habitants durant le conflit (accueil de réfugiés belfortins, gestion de la commune par les membres du conseil non mobilisés, création d'hôpitaux militaires bénévoles...). Les 2/3 restant du livre sont consacrés à la biographie succincte des Villeneuvois mobilisés et qui pour la plupart ne sont jamais revenus ou sont décédés des suites de leurs blessures.

C'était à la fois très émouvant et très instructif. J'ai appris plein de choses que je ne connaissais pas. L'ouvrage est en outre émaillé de documents de l'époque : photos, extraits d'articles de journaux ou des journaux des marches et des opérations, lettres, avis officiel de disparition, extrait de registre militaire... etc.

C'est un bel hommage aux jeunes sacrifiés de ce village qui leur est rendu ainsi qu'un beau travail de mémoire. 
 
Je remercie Babelio et les éditions Morel pour cette très belle découverte !

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vendredi 19 juillet 2019

Toute une vie et un soir d'Anne Griffin

"Le grand amour, celui qui s'accroche à tes os, s'enfonce sous tes ongles, aussi difficile à faire partir que la terre incrustée depuis des années. Quand il est plus là...c'est comme si on t'avait arraché un bout de toi. Tu te retrouves la peau à vif, sans défenses, avec ton sang qui dégouline sur la moquette neuve."


Éditions : Delcourt
Parution VF & VO : 2019
Genre : Contemporaine
Titre VO : When All Is Said
Traduction : Claire Desserrey
Pages : 265


Résumé :

Un soir, cinq toasts et toute une vie...

Dans une bourgade du comté de Meath, Maurice Hannigan, un vieux fermier, s’installe au bar du Rainsford House Hotel. Il est seul, comme toujours – sauf que, ce soir, rien n’est pareil : Maurice, à sa manière, est enfin prêt à raconter son histoire. Il est là pour se souvenir – de tout ce qu’il a été et de tout ce qu’il ne sera plus. Au fil de la soirée, il veut porter cinq toasts aux cinq personnes qui ont le plus compté pour lui. Il lève son verre à son grand frère Tony, à l’innocente Noreen, sa belle-sœur un peu timbrée, à la petite Molly, son premier enfant trop tôt disparu, au talent de son fils journaliste qui mène sa vie aux États-Unis, et enfin à la modestie de Sadie, sa femme tant aimée, partie deux ans plus tôt. Au fil de ces hommages, c’est toute une vie qui se révèle dans sa vérité franche et poignante… Un roman plein de pudeur et de grâce qui contient toute l’âme de l’Irlande.

Mon avis :

Je dois dire que le premier chapitre m'a fait très peur, dans le sens où je n'ai pas du tout accroché, non seulement parce que je ne suis guère friande des récits à la deuxième personne mais aussi parce que je n'éprouvais qu'un intérêt tout juste poli pour ce début que j'ai trouvé très ennuyeux. Par bonheur, je me suis ensuite sentie complètement happée par l'histoire, dès que la ronde des toasts a commencé en fait...


Le narrateur, Maurice Hannigan, au soir de sa vie, se rend dans le bar du seul hôtel de la bourgade (et qui semble revêtir une importance particulière à ses yeux) pour porter un toast aux cinq personnes qui ont le plus compté dans sa vie. Cinq toasts et quatre alcools liés à l'histoire de ces cinq personnes... Maurice, 84 ans, se met à retracer sa vie en s'adressant à son fils qui vit aux Etats-Unis depuis plusieurs années. Il égrène ses regrets, sa révolte face à la misère de sa famille, à l'exploitation et aux deuils qu'elle subit, son désir de revanche...


La construction est plutôt originale et ne suit pas forcément l'ordre chronologique de l'histoire mais fait des allers-retours dans le temps, nous obligeant à reconstituer progressivement le puzzle de sa vie... avec en filigrane le mystère lié à cette fameuse pièce en or qui sert de fil conducteur. Maurice s'exprime avec beaucoup de pudeur pour parler des siens mais on ressent l'amour immense et inconditionnel qu'il a pour eux ! Bref, une histoire passionnante et poignante avec des personnages fort attachants et dignes jusqu'au bout...

Je remercie Babelio et les éditions Delcourt pour cette découverte !

En plus, l'objet-livre en lui-même est vraiment très beau...

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mercredi 22 août 2018

Mémoires d'espions en guerre d'Yvonnick Denoël


 


Editions : Nouveau Monde
Parution : 27 février 2018
Genre : Essai
Pages : 457
Partenariat


Résumé :

Quel rôle ont joué Les espions dans les deux guerres mondiales ? Voici pour la première fois réunis les témoignages d'hommes et de femmes qui ont contribué à façonner cette histoire. Les historiens ont souvent ignoré ou minoré l'importance du renseignement dans le fait militaire contemporain. Il est vrai que les témoignages doivent être recoupés par Les archives, ce qui requiert le recul du temps. Cette anthologie sans équivalent propose donc une histoire parallèle des deux guerres mondiales, telle qu'il est enfin possible de l'écrire. Des "coups tordus" entre belligérants de la Grande Guerre aux décryptages décisifs de La Seconde Guerre, des agents doubles (voire triples) aux saboteurs infiltrés en territoire ennemi, des simples informateurs aux "seigneurs" de l'espionnage, des anciens des services allemands, russes, français, britanniques, américains, etc. dévoilent ici des épisodes marquants, et souvent stupéfiants, de Leur carrière. On croisera des noms connus des historiens du renseignement, comme Marthe McKenna, Walter Schellenberg, Le colonel Rémy ou Pavel Soudopla-tov.. Mais on découvrira aussi nombre de personnages dont nous publions le témoignage inédit. Ces récits sont éclairés par la recherche la plus récente. La sélection présentée écarte ceux, parmi les plus célèbres, dont on sait aujourd'hui qu'il s'agissait de pures inventions ou d'exagérations.

 

Mon avis :

Mémoires d'espion en guerre offrent les témoignages d'espions ayant oeuvré durant les Première et Deuxième Guerres mondiales. Dans l'introduction, Yvonnick Denoël nous explique l'évolution de l'espionnage, majoritairement exercé par des amateurs en 1914-1918, avant de donner naissance à l'espionnage moderne en 1939-1945.
L'auteur a choisi avec soin les mémorialistes, éliminant ceux qui livraient des récits trop fantaisistes ou mensongers. Chaque chapitre du livre est composé du témoignage d'un espion sur un événement précis, précédé d'une note explicative avec quelques brefs renseignements biographiques.
Ce qui était intéressant, c'est que l'on a le point de vue des différents camps, et pas seulement de celui des vainqueurs. Ainsi, nous pouvons lire le témoignage d'espions de diverses nationalités (belge, française, allemande, autrichienne, tchèque, hongroise, russe, américaine, anglaise...)
J'ai trouvé ce livre passionnant et très instructif. Ainsi, je ne pensais pas que les femmes étaient aussi nombreuses à espionner durant la Première Guerre mondiale ! Et c'est toujours intéressant de voir la guerre à travers les yeux des espions eux-mêmes, qui n'agissent pas forcément pour les mêmes motivations (patriotisme, idéologie, matérialisme...). En tout cas, ll faut faire preuve d'astuce, de sang-froid, et savoir souvent s'adapter ou parfois suivre son instinct, car c'est un métier extrêmement risqué.
C'est une guerre totale : tous les moyens sont bons pour désinformer, déstabiliser le camp adverse (y compris par l'usage de la fausse monnaie) et c'étaient intéressant de constater que certains mémoires en recoupaient d'autres.


Merci Babelio et aux éditions du Nouveau Monde pour ce partenariat.

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dimanche 18 mars 2018

Un bon parti de Curtis Sittenfeld


Merci à 
Masse critique
et aux éditions
https://www.lisez.com/presses-de-la-cite/6
pour ce partenariat !
"Bien avant l'arrivée de Chip Bingley à Cincinnati, sa recherche d'une épouse était de notoriété publique."
  
Toutes les mères de famille de Cincinnati sont dans les starting-blocks : Chip Bingley vient de s’installer en ville. Ex-participant d’une émission de téléréalité, il est beau, médecin, riche et CELIBATAIRE. Le parti idéal.
Elizabeth Bennet, de son côté, s'en moque éperdument, d’autant que le jeune homme est toujours accompagné de son collègue, l'insupportable et suffisant Fitzwilliam Darcy. La jeune femmea de toute façon de quoi faire : elle a décidé de redresser les finances familiales malgré la résistance de trois sœurs qui vivent encore au crochet de leurs parents et d’une mère qui soigne ses névroses à coups de shopping en ligne.
Quant à sa sœur aînée, Jane, elle n'a rien trouvé de mieux que de craquer pour le fameux Chip. Et puisque l'attirance semble réciproque, Elizabeth devra encore croiser ce foutu Darcy. Génial.

Quand Babelio m'a proposé cette Masse critique privée, je n'ai pas su résister, et le dieu des livres sait combien je peux me montrer méfiante vis-à-vis des austeneries ! Mais j'étais curieuse de voir évoluer les soeurs Bennet dans notre monde moderne. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que je n'ai pas été déçue du voyage ! Cette remarque est à la fois ironique et sincère, car s'il y a du bon dans ce roman, il y a aussi du moins bon, voire du gratiné !

Avant toute chose, il faut savoir que ce roman est un pastiche d'Orgueil et Préjugés, mais un pastiche déjanté, qui va parfois très loin et qui pourrait dérouter les fans de Jane Austen. Les soeurs sont toutes beaucoup plus âgées que dans l'histoire originale et elles ont déjà eu plusieurs aventures sentimentales. En outre, Jane tente de se faire inséminer depuis des années, Elizabeth a une relation avec un homme mariée, Bingley participe à une émission de télé-réalité ! En plus, le pauvre s'appelle Chip ! WTF ! Alors c'est sûr, l'auteure aborde des thématiques de notre époque, et si certaines apportent quelque chose à l'histoire, d'autres sont, je trouve, très mal intégrées à l'intrigue ou mal adaptées à la psychologie des personnages originaux. Par exemple, le fait qu'un des protagonistes soit le candidat d'une émission de télé-réalité pour trouver l'âme-soeur ne me dérange pas en soi mais pourquoi avoir choisi Bingley pour ce rôle ? Cela aurait été plus vraisemblable que ce soit Whickam ou Lydia... En plus, on a du mal à déterminer si Jane et Liz condamnent ce genre de participation car leur posture à cet égard est décrite de façon assez brouillonne.

/!\Attention spoiler/!\Concernant le "plan cul hostile" que Liz propose à Darcy, j'ai bien aimé l'idée, mais que cela a été mal exploité !  Tant qu'à avoir des scènes de baise entre Darcy et Liz, autant envoyer du lourd ! Surtout que lorsque Darcy se rend compte qu'il est amoureux de sa maîtresse, aucune émotion ne se dégage de ces passages, l'écriture restant désastreusement mécanique et plate. /!\Fin du spoiler/!\

Mon ressenti final est assez amer, et c'est bien dommage parce que dans l'ensemble j'ai apprécié la légèreté et la drôlerie du ton. Mais j'ai détesté les cent dernières pages que j'ai trouvées sans intérêt et qui ont tourné à un véritable jeu de massacre. On se croirait avec les Kardashian, c'est pour dire ! J'ai trouvé le traitement de certaines intrigues extrêmement dérangeantes, non pas à cause du thème traité mais à cause de leur invraisemblance par rapport à la psychologie des personnages originaux. De plus, les postures intolérantes de certains protagonistes ne sont jamais vraiment condamnées ou contrebalancées, provoquant un certain malaise chez le lecteur.

En bref :

Les + : un ton léger et drôle ; des situations cocasses et déjantées (mention spéciale à la scène du jeu de société où Lydia et  Kitty font assaut de vulgarité ainsi que celle où Darcy explique ses sentiments par un raisonnement médico-scientifique) ;
Les - : des rôles mal distribués qui ne respectent pas la psychologie des personnages originaux; un  style facile et mécanique ; les motivations des protagonistes parfois confuses ; des fautes d'orthographe dans l'édition française
 "Ses soeurs avaient leurs béguins et leurs amours, leurs comédies et leurs réconciliations, grand bien leur fasse. Mary, elle, avait son paradis."
En 1992, Curtis Sittenfeld n'a que seize ans lorsqu'elle remporte le concours de la meilleure nouvelle organisé par le magazine Seventeen. Et ce n'est que le début d'une longue série de récompenses... Son premier roman, Campus, a rencontré un succès public et critique sans précédent aux États-Unis, tout comme Un bon parti. Cette jeune romancière bourrée de talent est désormais une valeur sûre de la littérature américaine.
https://www.lisez.com/presses-de-la-cite/6

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vendredi 23 juin 2017

Owen Glendower, tome 1 : Les tours de Mathrafal de John Cowper Powys

 


Parution V.O : 1941
Titre V.O : Owen Glendower
Parution VF : 6 avril 2017
Editions : Libretto
Traduction : Patrick Reumaux
Genre : Roman historique
Pages : 592
Partenariat


Résumé :

Nous sommes à la fin du XIVe siècle, en pleine guerre de Cent Ans. Profitant de ce que la couronne d’Angleterre se trouve disputée entre plusieurs factions, le baron gallois Owen Glendower prend les armes, se proclame prince de Galles et fait flotter l’oriflamme au dragon rouge sur les châteaux de la « frontière ». Dans le sillage du prince celte révolté, le jeune Rhisiart va s’initier à la vie, qui est elle-même une guerre de tous les instants. On brandit l’épée, on échange avec la même conviction horions et arguments théologiques, on invoque les génies – bienfaisants ou malfaisants – qui se cachent sous la robe de Dame Nature. On cherche la sainteté. On assassine. On fornique. Tout cela tissé de fils violemment colorés, nimbé de lumières étranges, éclaboussé de métaphores renversantes, de considérations songeuses ou provocantes, nourri de foi autant que d’hérésie.

 
Mon avis :

Je lis des classiques depuis que j'ai 14 ans, et c'est l'un de mes genres littéraires préférés. Si la lecture se révèle souvent ardue, elle offre également une gamme d'émotions très variée et intense... même si parfois il faut attendre la moitié du livre pour en ressentir les premiers effets ou un frémissement d'intérêt ! Lors de la Masse critique de mai, j'ai choisi ce roman parce que l'intrigue se déroule durant la Guerre de cent ans (et que j'adore cette période) et qu'il est publié par les éditions Phébus qui m'ont toujours procuré de très bons moments de lecture, voire m'ont permis de faire de belles découvertes !

Malheureusement, je dois avouer qu'avec Glowen Glendower, la magie n'a jamais opéré (il reste peut-être de l'espoir vu que je n'ai lu que le tome 1 !).
La lecture a été profondément fastidieuse pour moi ! J'ai été en effet assez déstabilisée par le roman, construit un peu à la manière d'un labyrinthe complexe où l'on se perd, entre les noms gallois (par exemple, je ne savais pas comment prononcer Glyn Dŵr), les querelles théologiques, le fanatisme ou la folie des différents moines ou lollards... et l'intrigue qui s'étire, s'étire, s'étire à l'infini !
Une foule de personnages, tant historiques que fictifs, et qui revêtent, obéissant en ce sens au style de l'épopée, de nombreux noms : par exemple, le personnage éponyme se nomme tour à tour Glyn Dŵr, Glendourdy, Owen ap Griffith Fychan, et le héros Rhisiart ab Glowen reçoit au cours de son aventure le nom de Gwion Bach...

L'intrigue se situe en 1400, peu après la mort du roi Richard dans des circonstances mystérieuses et la prise de pouvoir de Henri Bolingbroke (ou Henri IV), décrié pour son caractère trop anglais. Les deux tiers de ce premier tome se déroulent sur quelques jours seulement. Autant dire que les chapitres étaient longs... très très longs... le 7è atteint même presque la centaine de pages alors que le 1er une 30aine ! On a l'impression qu'ils s'allongent au fur et à mesure de la lecture ! Oui, je regardais avant de débuter chaque chapitre le nombre de pages qui m'attendait... pour me donner du courage, même si je me sentais de plus en plus découragée.

Désolée de ne pas donner un avis plus constructif sur ce livre, mais j'ai véritablement galéré pour en venir à bout et je n'en ai pas retenu grand chose... à part que je ne me suis jamais senti immergée à l'époque de la Guerre de cent ans (pour moi, cette époque fait référence au conflit franco-anglais alors qu'ici le conflit se concentre entre les Gallois et les Anglais !) ! Je n'ai jusqu'ici jamais eu de déception avec les classiques (à part Nord et Sud de Gaskell dans une moindre mesure) mais il fallait bien un début à tout !

D'autres avis : LivraddictBabelioBooknode ♦