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lundi 1 février 2016

Pari entre amis, tome 1 de Pauline Libersart

Pari entre amis, tome 1 de Pauline Libersart

fiche détaillée

 Auteur > Pauline Libersart
Editeur > Hachette
Collection > Black Moon
Genre > romance contemporaine, érotisme
Date de parution >  2015
Format > ePub
Poids du fichier > 525 Ko (162 pages)

auteur

Pauline Libersart a toujours été passionnée de lecture. Adolescente plutôt timide, sa meilleure amie s’appelait « carte de bibliothèque municipale ». Elle a ensuite entamé des études sérieuses pour trouver un travail tout aussi sérieux. Ce qui n’a jamais empêché une partie de son cerveau de continuer à tricoter des scénarios.
Sa bibliographie : Pour un instant de vérité (16 juillet 2013), Pour un instant d'incompréhension (10 décembre 2013), L'Homme de la sierra (10 décembre 2013), Amelia la Scandaleuse (7 avril 2014), Dans la ligne de tir (26 mai 2014), la trilogie Le Club des A (à partir d'octobre 2014).
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quatrième de couverture

Après avoir rompu ses fiançailles, Ashley se réfugie chez ses parents où elle renoue le contact avec ses amis de lycée. C’est ainsi qu’elle retrouve celui qui avait été son meilleur ami : Joshua Forester. De l'adolescent petit, boutonneux et timide, elle ne reconnaît plus rien. Il est devenu un homme diablement sexy et entreprenant. Désespérée, humiliée par la trahison de son fiancé, elle se confie à lui. Plus que la tromperie, ce sont les paroles assassines de son ex qui l’ont meurtrie : « Tu es un glaçon. Tu es frigide. » Bien décidé à lui démontrer le contraire, Joshua lui propose un pari : lui prouver qu’elle peut prendre du plaisir avec un homme contre un dîner romantique. Commence entre eux une liaison secrète et passionnée : amis le jour, amants la nuit. Mais cette relation charnelle ne risque-t-elle pas de tout gâcher de leur amitié renaissante ?

première phrase

"Josh releva la tête avec une grimace, la nuque douloureuse."

avis personnel

J'avais adoré sa romance L'Homme de la Sierra se déroulant dans l'Ouest américain du XIXème siècle, si bien que j'avais par la suite acheté plusieurs autres de ses romans ou nouvelles sans jamais oser m'y plonger. La peur d'être déçue, après l'enchantement de la découverte, me retenait sûrement mais j'ai fini par me jeter à l'eau. Et j'ai bien eu raison.

J'étais en tout cas curieuse de découvrir de quelle manière l'auteure allait traiter le thème des sex-friends, qui a été souvent abordé au cinéma ces derniers temps.

Ashley Leister, professeur de mathématiques appliquées dans une prestigieuse université de New York, revient à San Francisco chez ses parents pour se remettre de la trahison de son fiancé qui l'a trompée un mois avant leur mariage en l'accusant de frigidité. On se rend compte peu à peu que ce fiancé est un homme éminemment toxique, qui pousse Ashley à suivre un régime dont elle n'a pas besoin et qui la culpabilise de ses propres manques. Ashley est donc une femme brisée psychologiquement.
Elle va renouer le temps d'un été avec ses anciens camarades de lycée, dont Joshua Foreste, l'ancien souffre-douleur du lycée, qui était secrètement amoureux d'elle. Pour lui redonner confiance en elle, il va lui proposer un pari audacieux en échange d'un dîner romantique.

Or, Josh a énormément changé physiquement. Il est devenu un superbe jeune homme athlétique qui attire tous les regards féminins. Néanmoins, on(mais surtout Ashley) oublie que ses anciens complexes d'ado ont laissé des séquelles en lui et qu'il est toujours aussi introverti. Il a appris à dissimuler et maîtriser ses émotions si bien que son apparente indifférence n'encourage pas à espérer une évolution de sa relation avec Ashley.

J'avoue m'être sentie déroutée par la personnalité changeante de Joshua, si bien que je ne comprenais parfois pas du tout son comportement, qui me paraissait en outre souvent incohérent, contradictoire. Jusqu'à ce que son secret soit révélé vers la fin, et là tout s'est éclairé... En outre, c'était intéressant de voir le personnage masculin souffrir de complexes, pour une fois... C'est aussi le personnage dont la personnalité est la plus fouillée et la plus mystérieuse, ce qui le rend terriblement attachant.

J'ai aussi beaucoup aimé Ashley, même si parfois elle m'a un peu agacée avec ses remarques sur les défauts présumés de son corps. Mais sa fragilité, sa douceur, son manque d'assurance et ses maladresses la rendent vraiment touchante. Contrairement à Josh, adolescente, elle était populaire et sûre d'elle, mais arrivée à l'âge adulte, elle a perdu toute cette belle assurance à cause d'un fiancé abusif. Encore heureux qu'il lui reste cette détermination qui l'empêche de sombrer, car malgré les apparences, elle fait montre d'un fort caractère.

L'auteure brosse également de beaux portrait des amis du couple, qui ont chacun leur personnalité. J'ai particulièrement apprécié l'évolution de Stacy qui paie le prix fort de ses commérages.

Mais je dois dire que le personnage de la Tante Barbara est absolument irrésistible, malgré ses propos crus et son comportement de cougar écervelée. Elle se révèle en fait beaucoup moins superficielle que ses actes ou paroles ne le laissaient présager, et cache ses blessures derrière un comportement de fofolle.

L'auteure passe peut-être un peu trop rapidement sur le vécu des personnages en allant à l'essentiel, mais j'ai beaucoup aimé les passages sur l'art où Josh révèle sa véritable personnalité et une certaine réflexion philosophique.

Pour conclure, une petite romance très agréable à lire où les points forts sont la personnalité asociale de Josh et cette relation secrète, basée sur un pari malsain et les non-dits.

Par contre petites remarques sur l'édition : il reste encore quelques coquilles et fautes d'orthographe.

Appréciation :

note : 3 sur 5

extrait

” Pour la première fois de sa vie, emportée par l'ambiance, Ashley osa se lâcher. Se levant, elle se mit à marcher autour de la table en ondulant exagérément des fesses et simulant une démarche avec des talons très hauts, tout en faisant de grands moulinets de bras. Elle imita la voix haut perchée de sa tante pour répéter les conseils que celle-ci n'avait cessé de lui donner.
- Hier, dans les magasins, j'ai eu droit devant ma mère à : Ma chérieeeeeeeee, tu dois absolument arrêter de t'habiller comme une nonne.. Tu as l'air d'une vieille pomme desséchée. Tiens essaye cette jupe courte et ce haut transparent, tu seras divineeeeeeeee. Il faut que les mecs aient la trique quand ils te voient...
- Tu blagues ? s'étonna Jane, pourtant difficile à choquer, en écarquillant les yeux.
- Non ! Mais j'ai encore mieux ! Avant-hier, en plein milieu du club de gym, elle me dit : Ma chérieeeeeeeee,, tu dois absolument te remettre en selle avec un vrai mec. Tiens, regarde l'étalon là-bas ! Il est positivement canon ! Si tu veux, je l'essaie pour te dire ce qu'il vaut, mais je parie pour au moins dix-huit centimètres.
Josh faillit s'étouffer avec un morceau de pain alors que Thomas et Eddy roulaient des yeux effarés. Ashley leur adressa un regard amusé. Tante Barbara avait toujours cet effet sur les hommes : elle les laissait sans voix !
(page 76)

divers

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mercredi 16 juillet 2014

Lady Susan de Jane Austen

Lady Susan de Jane Austen

Fiche détaillée

 Auteur > Jane Austen
Editeur > Hachette
Collection > Black Moon
Genre > nouvelle épistolaire classique
Date de parution > 1871 pour l'édition originale , 2013 pour la présente édition
Titre original > Lady Susan
Format > ePub
Poids du fichier > 473 Kb (116 pages)
Traduction > de l'anglais par Michel Laporte (2013)

auteur
(sources : Evene)

Catherine Morland de Jane Austen Née en 1775 au sein d'une famille appartenant à la bourgeoisie provinciale, Jane Austen a utilisé la cruauté du verbe et de sa langue subtilement pendue pour décrire le mode de vie de ses contemporains à travers ce qui semble être des histoires d’amour so british. La jeune Jane grandit dans une famille de pasteurs, entourée de huit frères et soeurs. Bien que vivant modestement, George et Cassandra Austen initient leurs enfants à l'amour de la lecture et la connaissance des arts. Dès l'âge de 11 ans, Jane écrit. Son éducation ainsi que celle de sa soeur Cassandra, dont elle restera très proche jusqu'à sa mort, se fera principalement dans le domaine familial. Elle se met à l'écriture de parodies sentimentales avant de se consacrer aux romans Northanger Abbey, Raison et sentiment et Orgueil et préjugés entre 1795 et 1798. En 1801, la famille Austen s'installe à Bath et quatre ans plus tard, le père de Jane décède : l'auteur ne se mariera pas, tout comme sa soeur Cassandra, et consacrera sa vie à l'éducation de ses neveux et nièces. Raison et sentiment, Orgueil et préjugés et Mansfield Park sont publiés successivement en 1811, 1813 et 1814. Elle laisse derrière elle un roman inachevé, Sanditon, emportée par la phtisie à l'âge de 41 ans (1817). L'auteur ne connut pas le succès en son temps et ne fut redécouvert qu'à la fin du XIXe siècle. Aujourd'hui, son talent de peintre des moeurs et de la province anglaise font d'elle un des auteurs pré-victoriens les plus connus et des plus mordants.

quatrieme de couverture

Lady Susan est veuve. Afin d’assurer son avenir, elle voudrait marier sa fille de seize ans à Sir James Martin, un homme riche et stupide. Mais à trente-cinq ans, Susan, brillante manipulatrice, est également une très jolie femme qui en paraît dix de moins. Pourquoi ne pas se chercher, elle aussi, un deuxième époux ? Et les prétendants ne manquent pas. Car Susan s’est forgé une réputation de séductrice sans vergogne, n’hésitant pas à entretenir une relation avec un homme marié tout en courtisant d’autres hommes, plus jeunes qu’elle…

première phrase

"Je ne peux pas me refuser plus longtemps le plaisir de profiter de la gentille invitation que vous m'avez faite lors de notre dernière séparation de passer quelques semaines avec vous à Churchhill."

 avis personnel

Lady Susan est une oeuvre de jeunesse de Jane Austen, écrite sous forme de roman épistolaire entre 1793 et 1795. Il ne fut publié qu'en 1871, soit 54 ans après la mort de l'auteure et est très différent de ses autres ouvrages, tant par la forme que par le ton qui est profondément cynique.

L'intrigue tourne autour de la belle et spirituelle Lady Susan, veuve désargentée de fraîche date, obligée de se réfugier à la campagne chez son beau-frère après avoir semé la discorde chez la famille londonienne qui l'hébergeait. Car Lady Susan est une incorrigible coquette qui, non contente d'avoir séduit le mari de son hôtesse, M. Mainwaring, a également détaché le riche et sot Sir James Martin de sa fiancée, Miss Mainwaring, car elle le destine à sa fille de 16 ans, Frederica, terrorisée à cette perspective de mariage.

Lady Susan de Jane Austen
Clarissa, 1887 de John Everett Millais

Précédée de sa sulfureuse réputation et dans un esprit de revanche, elle se fait un jeu de séduire le jeune Reginald de Courcy, le frère de sa belle-soeur Mme Vernon, qu'elle sait tous les deux prévenus contre elle.

” ... notre compagnie s'est accrue du frère de Mme Vernon, un charmant jeune homme qui me promet un peu d'amusement. Il y a quelque chose en lui qui m'intéresse assez, une sorte d'impertinence et de familiarité dont je lui apprendrai à se corriger. Il est vivant et semble intelligent, et quand je lui inspirerai un respect plus grand que celui que les bons offices de sa soeur lui ont inspiré, il pourra faire un galant agréable. Il y a un plaisir exquis à soumettre un esprit insolent, à faire admettre sa supériorité par une personne résolue de prime abord à ne pas vous aimer.
Je l'ai déjà déconcerté par ma tranquille réserve, et je vais faire de mon mieux pour rabaisser encore l'orgueil de ces prétentieux de Courcy, démontrer à Mme Vernon que ses mises en garde fraternelles ont été dispensées en vain et convaincre Reginald qu'elle lui a outrageusement menti sur mon compte. Ce projet servira au moins à m'amuser.
Lettre VII. Lady Susan Vernon à Mme Johnson.

 Lady Susan est indéniablement la petite soeur de la marquise de Merteuil des Liaisons dangereuses dont le récit se rapproche par la forme et le thème abordé. Les Liaisons dangereuses ayant été publiées en 1782, je ne peux m'empêcher de penser que Jane Austen en a eu connaissance tant les deux héroïnes se ressemblent.  Femme d'une grande beauté, machiavélique, manipulatrice, séductrice, calculatrice, libertine, Lady Susan possède, comme son modèle français, les mêmes traits de caractère, en moins pervers, et s'efforce avec plus ou moins de succès d'offrir le visage de la vertu à la société qu'elle fréquente. Contrairement à Merteuil, sa réputation n'est pas inattaquable et elle est parfois obligée d'user de son éloquence pour faire taire les médisances à son encontre. Car si les hommes, peints comme des benêts faibles et influençables, succombent facilement à ses charmes, il n'en va pas de même des femmes qui ont percé à jour sa véritable nature.

Lady Susan de Jane Austen

Le lecteur assiste donc à travers la correspondance croisée de 41 lettres au bras de fer qui s'est engagé entre Lady Susan et Mme Vernon, déterminée à protéger sa famille des manigances de la belle intrigante.
Alors, Mme Vernon réussira-t-elle à contrecarrer l'influence néfaste de sa belle-soeur ? Frederica échappera-t-elle aux projets matrimoniaux de son abusive de mère ? Reginald de Courcy ouvrira-t-il enfin les yeux sur cette femme dénuée de tout scrupules dont il s'est follement épris ?

Les lettres donnent du rythme au récit et enfièvrent la curiosité du lecteur qui est littéralement médusé par l'aplomb dont fait preuve Lady Susan. Cette femme, jouissivement odieuse, triomphe à chaque fois de ses adversaires alors que sa situation semblait irrémédiablement compromise.

Dommage que le dénouement soit traité d'une manière un peu trop expéditive à mon goût (j'ai d'ailleurs l'impression que les conclusions ne sont pas le point fort de Jane Austen) car j'aurais aimé m'attarder à Churchhill, le domaine des Vernon. Lady Susan est une héroïne vraiment à part dans l'univers de Jane Austen, bien loin de la bienséance à laquelle on était habitués. Dès la deuxième lettre, elle apparaît comme une intrigante et une hypocrite, mais elle joue sa partition avec une telle habileté qu'elle en devient fascinante... Du coup, les autres personnages en comparaison semblent vraiment bien fades...

Appréciation :

note : 3 sur 5

extrait

” Quoi qu'il en soit, cependant, j'ai de nouveau Frederica sur les bras. Comme elle n'a rien d'autre à faire pour s'occuper, elle continue dans cette même veine sentimentale qu'elle a initiée à Langford : elle est en train de tomber réellement amoureuse de Reginald de Courcy. Désobéir à sa mère en refusant une proposition de mariage exceptionnelle n'est pas assez pour elle : il faut aussi qu'elle accorde son affection sans l'approbation de cette dernière. Je n'ai jamais vu fille de son âge promettre autant qu'elle de devenir le jouet de l'humanité. Ses sentiments sont assez vifs et elle les montre avec assez de charmante maladresse pour espérer raisonnablement se rendre ridicule et gagner le mépris de tout homme qui la voit.
Lettre XIX. Lady Susan Vernon à Mme Johnson

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