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lundi 12 octobre 2026

Le ruban rouge de Dominique Sensacq-Noyer — La Chambre du Lord , tome 2


”Toujours les mains levées, respirant les odeurs de terres humides, mon regard se porte une nouvelle fois sur les traces de sang qui recouvrent mes mains. N’y tenant plus, je lèche mes doigts en fermant les yeux, respirant comme une bête, enivré par ce fluide, je ressens un frisson d’excitation. J’ai le goût de Lowis dans ma bouche, c’en est presque obscène.





Éditions : Gaelis
Collection : Saga historique
Parution : 23 mai 2023
Genre : Roman historique
Format : Kindle
Pages : 548

Quatrième de couverture:

Avril 1756, Angleterre.

Le capitaine Slade, surnommé « l’Araignée », vient d’abattre sa fureur sur William. Conscient de sonerreur, il tente par tous les moyens de se racheter. Il reprend sa vie chaotique en main et souhaite, par-dessus tout, obtenir le pardon de son cadet.

Le jeune lieutenant William Lowis-Doyle admet que son formateur devient peu à peu son allié et trouve en lui une aide précieuse, même si la méfiance est de rigueur. Se soumettant aux pressions familiales et aux obligations de son rang, William doit se marier et accepter de réprimer son aversion pour les courbes féminines. Alors qu’il nourrit toujours autant de sentiments pour Simon Ridley, son corps, lui, l’attire irrémédiablement dans les bras de Victor de Beaucourt, son initiateur.
Que ce soit au cœur de Londres, dans un club privé, sur son domaine de Castle Lion ou dans le campement de Solihull, il luttera sans relâche entre son désir de vengeance, ses pulsions sexuelles et son besoin d’apaisement. Mais saura-t-il préserver cet équilibre fragile entre passion, rigueur militaire et poids des convenances ?

Mon avis :


/!\Attention, ce billet contient des spoilers/!\


J'ai trouvé ce 2ème tome très en-deçà du 1er !
Nous reprenons la lecture là où nous l'avions quittée à la fin du tome 1 : Slade, qui n'a pas supporté le sursaut de dégoût de William face à l'une de ses confessions (ni le fait qu'il a désormais un amant) l'a battu presqu'à mort.
Alors que j'avais dévoré le tome 1, la lecture a été plus laborieuse pour ce tome-ci, pas pour l'ensemble mais à certains endroits : j'ai lu en diagonale, voire carrément sauté les chapitres consacrés au mariage, aux invités et tutti quanti tellement je les trouvais ennuyeux. En outre, on découvre combien Will s'est fait berner par sa femme, qui fait un peu manipulatrice, en plus de se montrer éternellement insatisfaite (même si Will n'est pas exempt de torts à son endroit) ; d'ailleurs, Charles, le frère de la mariée, donne d'elle une description fort peu élogieuse : "Elle est de la même trempe que mon épouse... Autoritaire, jalouse, possessive, capricieuse, dépensière"

Par ailleurs, je n'ai pas compris certains choix narratifs de l'auteure :
  • pourquoi faire de William un meurtrier, et surtout de cette façon ? Bon, j'imagine que c'est pour l'obliger à aller demander de l'aide à Slade et peut-être l'effrayer sur le fait qu'il est en train de devenir aussi monstrueux que l'être qu'il hait le plus au monde ? En tout cas, j'ai trouvé cela très mal amené.
  • Slade a violé William dans le tome 1, il l'a brutalisé et humilié devant tout le monde, il a même failli le tuer mais ici on fait comme si de rien n'était... tout le monde, y compris William, sourit à ses bons mots alors qu'ils étaient tous horrifiés dans le tome précédent. Ce comportement est totalement incohérent !!! Pour revenir à certaines réactions amusées de William, totalement aberrantes eu égard à leur passif, c'est comme si l'auteure essayait de rendre Slade sympathique aux yeux de William pour mieux préparer le pardon à venir et lui faire oublier sa soif de vengeance, malheureusement, ça ne fonctionne pas du tout sur moi, bien au contraire !
  • le changement de comportement radical de Victor de Beaucourt, même s'il peut s'expliquer par la terrible épreuve qu'il traverse, reste peu convaincant (lui qui s'était montré respectueux et réconfortant face aux confessions douloureuses de Will dans le tome 1), ou alors, il aurait fallu prendre le temps de développer cette partie-là pour la rendre plus crédible.
  • le changement de Slade est également trop radical, on n'y croit pas un seul instant ! C'est dommage, parce que les discussions à bâtons rompus entre Slade et Will sont l'un des points forts du roman !
  • la scène au bordel réservé aux homosexuels est tout bonnement impensable : Slade s'auto flagellait dans le tome 1 dès qu'il avait des pensées impures envers un homme et là, il se montre très tactile et très à l'aise avec son amant Rupert, et ce, en présence de William et de plein d'inconnus ! La psychologie des personnages devient complètement incompréhensible !
  • la scène où Slade demande pardon à Rupert qui le lui accorde facilement alors qu'il s'est fait battre presque à mort par ce fou furieux me paraît un peu facile et surtout choquante ! Attention, un auteur peut absolument écrire sur tous les thèmes, même les plus malaisants, à condition de ne pas banaliser des faits aussi graves ! Ici, la violence de Slade est évacuée trop facilement à mon goût.
Dans le tome 1, j'aimais beaucoup les POV de Slade mais ici, ils n'apportent rien de plus à l'histoire vu que le capitaine démoniaque est devenu un personnage presque lambda et "normal".


Par contre, j'ai beaucoup aimé la relation entre Will et Ridley, soldat du rang, et leur complicité ! Ca amenait une bienheureuse bouffée d'oxygène. Ridley est un personnage à la fois solaire, truculent, drôle et attachant. 

Juste pour pinailler, j'ai remarqué une inexactitude théologique : la confession auriculaire (auprès d'un prêtre) n'existe pas chez les protestants. Ca paraît peut-être anecdotique mais ça m'a fait tiquer !

Malgré tout, j'ai apprécié globalement ma lecture. Mes réserves auraient sûrement pu être atténuées si l'auteure avait pris le temps d'amener  l'évolution des différents personnages avec un peu plus de subtilité...

Concernant l'édition, il reste plusieurs fautes d'orthographe, de grammaire, de conjugaison. En outre, dans le format numérique, il y a un problème de mise en page :  les phrase sont coupées en plein milieu du paragraphe avec saut à la ligne, et ce à plusieurs reprises. 


/!\Attention, en raison des thématiques lourdes abordées (violences sexuelles et psychologiques, torture), cette œuvre s'adresse à un public averti, même si les scènes de sexe sont peu présentes et peu détaillées./!\



D'autres avis : Babelio ♦ Booknode ♦ Livraddict



dimanche 11 octobre 2026

Le ruban noir de Dominique Sensacq-Noyer — La Chambre du Lord , tome 1


”Impeccablement tirés en arrière, d’un noir intense, ses cheveux étaient noués avec un ruban de satin rouge. C’était une particularité de Faust Octavius Slade. Là où tous les soldats, officiers compris arboraient un ruban noir, en satin, en soie ou en coton, lui, portait souvent un ruban rouge vif. On pouvait ainsi l’identifier de dos, d’un seul coup d’œil, au milieu d’un groupe de tuniques rouges.


Éditions :
Gaelis
Collection : Saga historique
Parution : 29 juillet 2022
Genre : Roman historique
Format : Kindle
Pages : 540

Quatrième de couverture:


William Thomas Lowis-Doyle, un jeune aristocrate de haute lignée, entre dans sa dernière année de formation militaire. Il fait la connaissance de son officier supérieur, le capitaine Faust Octavius Slade, à la réputation sulfureuse et rencontre Simon Ridley, soldat du rang, pour lequel il va rapidement ressentir une attirance particulière, qu’il n’arrive pas à assumer. Au cours d’une mission avec le capitaine Slade, qui a compris très vite ce qu’il est, William est brutalisé et violé par son formateur. Il doit se taire et supporter cette souillure, seul. Au cours de ses mois de formation, il est régulièrement mis à l’épreuve par le capitaine Slade a qui il voue une haine farouche, pourtant, entre eux, une relation ambiguë̈ et complexe va voir le jour… William prisonnier de son éducation, du danger que ses tendances sexuelles lui font courir au sein de l’armée où l’homosexualité est passible de mort, sera confronté aux mensonges, à l’intolérance, à certaines réalités et devra apprendre la compromission. Faire la distinction entre l’amour, l’amitié, le désir et la soif de vengeance lui sera-t-il possible sans qu’il ne se perde lui-même ?


Mon avis :


C'est la 1ère fois que je lis un roman des éditions Gaelis mais la thématique historique (l'armée britannique du XVIIIème siècle), que je n'avais jusque là jamais vu abordée en littérature, m'avait fortement intriguée. J'ai donc acheté les 3 premiers livres et les ai lus dans la foulée.

Or, donc, à l'automne  1755, le jeune héros du roman, William Thomas Lowis-Doyle, deuxième fils du duc de Wharton, intègre à l'âge de  17 ans le 13ème régiment d'infanterie en tant que cadet, pour terminer sa formation militaire. Contre toute attente, il est confié au capitaine Faust Octavius Slade, normalement interdit de formation depuis que le dernier cadet qu'il a eu en charge est mort dans des circonstances dramatiques ! Celui-ci s'est-il réellement suicidé ? Et le capitaine Slade, porte-t-il une part de responsabilité dans cette mort ? 


C'est en compagnie du personnage principal que nous allons découvrir la personnalité atypique du capitaine Slade : premièrement, il est le seul officier dont les origines sont roturières (d'ailleurs, il n'éprouve que mépris pour tous ces cadets issus de la noblesse et qu'il juge injustement favorisés par le fait de leur naissance) ; deuxièmement, c'est un homme très cultivé malgré la modestie de son pedigree, à la répartie spirituelle et souvent féroce ; troisièmement, c'est un dangereux psychopathe, une bête blessée et brutale, qui aime faire souffrir les autres... mais aussi se faire mal pour, semble-t-il, se punir de quelque chose. 

Dans le tome 1, sur une 60aine de chapitres, nous n'aurons droit qu'à 5 points de vue de Slade écrits à la 1ère personne. C'était intéressant de découvrir les pensées de ce démon de Faust... et clairement glaçant ! Car, bon, il est complètement taré, hein ! Il adore humilier les autres, physiquement ou verbalement. Si bien que l'on se demande s'il n'a pas lui-même été humilié plus jeune ? Seules quelques bribes de son histoire sont lâchées de-ci de-là à partir de la moitié du livre, si bien qu'une aura mystérieuse, autant qu'effrayante, ne cesse de l'entourer. 
Pour le malheur de William, Slade est fasciné, attiré, obsédé  par lui dès le début. L'auteure a dressé un portrait à la fois troublant et inquiétant de ce monstre. Y-a-t-il encore quelque chose à sauver chez lui ? Malgré tout, j'ai eu peur, durant toute ma lecture, qu'en le faisant tel qu'il est, Dominique Sensacq-Noyer ne s'interdise pas tout rapprochement sentimental avec le personnage principal, ce qui aurait été totalement choquant à mes yeux. Mais ici, nous échappons à toute romantisation des agressions que Slade commet.

Si j'ai adoré découvrir la vie d'un régiment militaire au XVIIIème siècle, avec ses codes, ses exercices et le quotidien qui s'articule autour d'un camp, ainsi que l'évolution du jeune William, j'ai un peu moins adhéré à celle de Slade, que l'on le voit, dans la 3ème partie du roman, écraser une larme lors d'un événement particulier ; plus loin encore, nous apprenons une autre de ses bonnes actions mais j'ai du mal à croire qu'un homme qui tue de sang froid des enfants et des femmes ait un comportement aussi noble... même si ça n'est pas totalement désintéressé !

Côté édition, il reste des fautes d'orthographe, de grammaire et de conjugaison !

/!\Attention, en raison des thématiques lourdes abordées (violences sexuelles et psychologiques), cette œuvre s'adresse à un public averti, même si les scènes de sexe sont peu présentes et peu détaillées./!\


D'autres avis : Babelio ♦ Booknode ♦ Livraddict