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samedi 31 décembre 2016

Les sortilèges du désir de Nancy McKenzie - Le Prince du Graal, tome 2

"Une heure avant le coucher du soleil, le premier des navires d'Arthur se glissa dans le port breton sur une mer lisse comme du verre."
Le temps de la prophétie est arrivé : Galaad doit désormais se battre avec les hommes et contre les principes fanatiques, inculqués par son éducation. Il doit se consacrer à la quête que lui a confiée le roi Arthur, juste avant de mourir, et qui se dérobe sans cesse. La Dame du Lac se serait-elle moquée de lui ?
Alors qu'il lutte de toute son âme pour donner un avenir à la Bretagne, il est incapable de dominer son passé. Ses ennemis se nomment Lancelot, son propre père, ou bien Perceval, son meilleur ami. En outre, lui, le plus redoutable de tous les chevaliers de la Table Ponde, affronte maintenant un adversaire plus terrible encore : lui-même. A l'heure où il devrait se montrer le plus vertueux de tous, il ne fait preuve d'aucune indulgence à l'égard d'autrui et doit vivre avec le pire des péchés sur la conscience. Proscrit, honteux, humilié, il erre sans but, semble-t-il, à l'écart de tout et de tous. Loin de sa mission et plus loin encore du Graal. Et ce sont les femmes, qu'il hait, méprise et redoute, qui deviennent son ultime et sa plus formidable épreuve...
J'ai mis plus de temps que prévu pour lire les suites des aventures de Galaad (rien que 3 ans !^^), et c'est bien dommage, car la lecture a été absolument captivante, malgré quelques longueurs.
Et pourtant, il y a quelques éléments qui m'ont profondément agacée (et non, il ne s'agit pas de l'antipathique Galaad !). Je m'en vais d'ailleurs les mentionner de suite pour me consacrer ensuite entièrement aux points positifs du roman :
♦ certaines scènes sont un peu surjouées juste pour accentuer leur côté mélodramatique (ex. page 160)
♦ la volte-face peu convaincante et un peu trop appuyée de deux personnages, en totale incohérence avec leur comportement précédent ou les propos qu'ils ont assénés et répétés à l'envi
Or donc, comme souligné lors de ma première chronique, l'édition française a découpé l'édition originale en deux tomes. Ce tome-ci comprend les livres deux et trois qui se déroulent respectivement la dernière année du règne d'Arthur Pendragon puis la 7è et 11è année du règne de Constantin (à noter que les noms de certains protagonistes ne sont plus traduits tout à fait comme dans le tome 1).
Au début du livre, Arthur et ses guerriers se rendent sur le continent pour aider leurs alliés à vaincre les Bourguignons, armés par l'empereur romain. Nous apprenons également que Lancelot a été banni il y a cinq ans pour le meurtre de Gareth, meilleur ami de Galaad et frère de Gauvain qui ne pensent tous deux qu'à le venger. Le Roi souhaite ardemment une réconciliation entre Lancelot et Gauvain, qui accepte seulement de remettre sa vengeance après la bataille, et Galaad, qui lui pardonne finalement la mort de Gareth mais refuse de combattre à ses côtés tant qu'il ne renonce pas à son amour pour la Reine.
Galaad, ne peux-tu trouver en toi un cœur de fils ? Il t'aime profondément et tu ne lui rends que du chagrin.»
(page 18)
Dans ce tome, l'auteure revient sur certains épisodes qui avaient été abordés, ou juste suggérés dans le précédent, en  nous fournissant cette fois des réponses à nos questions. Enfin presque, car parfois, ces réponses diffèrent selon le personnage qui les donne.
Nous assistons à la rencontre entre Galaad et son jeune cousin Perceval.
Aux inimitiés que le fils de Lancelot se créent à cause de ses préjugés et de son intolérance. Ainsi, par ses propos insultants et peu chrétiens, l'adolescent se fait un ennemi mortel de Mordred qui lance une malédiction sur lui :
Tu ne connaîtras que ta propre voie. Seul. Indésirable. Ne suivant ni ne menant personne. Sans foyer, ni cœur. L'honneur de ta maison mourra avec ton père qui mérite un meilleur fils toi.»
(page 85)
Nous nous rendons compte que, si Lancelot bénéficie de l'admiration sans faille des hommes et des femmes par la noblesse de son comportement, son fils ne paraît pas très apprécié. Quelqu'un insinue même que le Roi ne tolère sa présence à ses côtés que parce qu'il est le fils de Lancelot (page 20). D'ailleurs, Galaad passe pour un fou aux yeux d'un grand nombre à cause de son fanatisme religieux et de son intolérance. C'est pour cette raison, et pour avoir insulté la Reine, que le Roi lui confie la quête du graal et de la lance (alors que cela était apparu comme un honneur dans le tome 1), pour à la fois l'éloigner, lui imposer une pénitence et lui chercher un noble but.
Pauvre garçon malheureux ! Si seulement tu avais gardé un peu de pitié dans ton cœur !»
(page 97)
Tout le Livre deux et trois porte en fait sur la comparaison entre Lancelot et son fils, au désavantage du dernier qui, malgré son courage et son aspiration à la pureté, se conduit sans honneur à deux reprises : quand il se lance à la poursuite de brigands aux côtés de son père et lors de ses retrouvailles avec Dandrane. La révélation de sa véritable nature va plonger Galaad dans la plus profonde désespérance. Alors qu'il considérait les faiblesses des autres avec le plus grand mépris, comble de l'ironie, il va se retrouver dans leur situation. A partir de ce moment, il va tenter de devenir digne de ce père qu'il a tant haï, en accomplissant son devoir quoiqu'il lui en coûte. Et c'est une fois qu'il croit avoir perdu tout droit à l'estime de ses semblables que Galaad s'humanise enfin, comprenant les souffrances et les états d'âme des autres. Il devient ENFIN sympathique au lecteur ! En perdant son arrogance, Galaad gagne en effet notre compassion. On ne peut  qu'être touché par sa prise de conscience et ses efforts pour s'amender.
Malgré les conseils avisés de ses mentors, sa route a été longue à la compréhension des autres. L'adolescent s'est souvent mépris sur les motivations de Lancelot, de Guenièvre ou de Mordred, leur prêtant injustement des intentions viles. Mais c'était passionnant de suivre le jeune Galaad dans cette quête initiatique et douloureuse. Le lecteur suit finalement le même chemin que lui et se met à le comprendre. A comprendre que le garçon n'a été qu'une victime de l'enseignement fanatique reçu de sa mère et d'Aidan, le prêtre manipulateur. Secrets et ragots ont empoisonné son enfance et son adolescence, passées loin d'un père dont il ne cherchait finalement qu'à attirer l'attention et l'amour.
Suis ton cœur. Telle est la clé de ta quête. Suis ton cœur et tu ne pourras échouer.»
(page 227)
Par ailleurs, j'ai beaucoup aimé la manière dont la figure de Mordred était revisitée. L'auteure  ne le dépeint pas comme le prince maléfique et sournois des versions habituelles. Cependant, elle respecte point par point l'épisode de la traîtrise de Mordred et de la mort d'Arthur mais en les présentant sous un tout autre angle.

Pour conclure, une revisite du mythe arthurien absolument passionnante. L'écriture très évocatrice de Nancy McKenzie nous immerge totalement à cette époque semi-légendaire tout en se jouant du lecteur qui se perd en conjectures sur les motivations réelles des protagonistes. Car secrets et rumeurs maintiennent longtemps le mystère autour de la vérité. Et même quand celle-ci semble se dévoiler, elle est tributaire du point de vue de celui qui la raconte...
J'avais peur de détester jusqu'à la fin Galaad mais les épreuves qu'il traverse lui apportent l'humilité et la compassion qui lui faisaient cruellement défaut, le rendant beaucoup plus sympathique. Je laisse d'ailleurs le mot de la fin à ce héros si particulier et que l'on aura mis du temps à aimer :
Je ne sais pas ce qu'est le Graal. Je soupçonne qu'il n'est rien de plus qu'un miroir du cœur.»
(page 400)
Mes autres avis sur la saga : tome 1 ♦ tome 2 ♦ [saga terminée]
 
Nancy McKenzie est un auteur, née aux États-Unis en 1948. Passionnée par la légende du Roi Arthur, chacun de ses romans est centré sur un personnage ou une histoire secondaire du cycle arthurien. McKenzie s'inspire des nombreux auteurs ayant travaillé sur la légende pour créer une histoire détaillée et riche, en s'attachant aux êtres humains plutôt qu'aux reliques sacrées et à la magie, même si ceux-ci sont malgré tout présents dans ses romans.
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samedi 31 août 2013

La Prophétie de la Dame du Lac de Nancy McKenzie - Le Prince du Graal,tome 1

"Dans la douzième année du règne d'Arthur Pendragon, Haut Roi de Bretagne, la pleine lune accompagna l'équinoxe d'automne."
Ainsi l'a prédit la Dame du Lac, et ses funestes présages désormais s'accomplissent. La mort a frappé le roi Arthur, son fils et héritier Mordred, ainsi que tous les héros de la Table Ronde. Seul survit Lancelot, un homme brisé, qui a tourné le dos à la Bretagne et à son amour interdit pour la reine Guenièvre. Pourtant, sur ces vestiges, se dresse bientôt un jeune chevalier, à peine plus âgé qu'un enfant, Galaad, le fils de Lancelot. Avant sa mort, Arthur lui a fait jurer d'entreprendre une quête : retrouver les trésors éparpillés d'un ancien roi. De ces précieuses reliques - une épée, une lance et le Graal - dépend l'avenir de la Bretagne en ruine. Cependant, le jeune homme ne peut oublier ni pardonner la trahison de son père. Pas plus qu'il ne peut bannir de son esprit le souvenir de la séduisante soeur de son ami Perceval. Comment, dans ces conditions, pourrait-il accomplir la difficile mission qui lui a été impartie puisque seul un homme au coeur pur sera apte à réaliser la prophétie de la Dame du Lac ?
Le prologue s'ouvre sur la 12è année du règne d'Arthur où Viviane, la Dame du Lac, prophétise le retour de la lumière par l'entremise du futur fils de Lancelot, juste avant l'arrivée des âges sombres.

Avant de commencer ma critique, un petit mot sur le découpage français : l'éditeur a choisi de publier 2 tomes alors que l'édition originale n'en comporte qu'un, divisé en 3 livres. Ce 1er tome de la version française reprend le livre un.

Or donc, ce livre est divisé en 3 parties qui ne suivent pas l'ordre chronologique de l'histoire mais font des aller-retours dans le temps.
J'ai trouvé ce parti pris de l'auteure très intéressant car il nous oblige à reconstituer progressivement le puzzle en ne nous livrant que parcimonieusement les pièces de l'intrigue.
Ainsi, Nancy McKenzie laisse quelques indices au fil des pages, qui peuvent paraître obscurs ou nous induire en erreur sur les sentiments que les personnages se portent les uns aux autres. Une grande part de mystère recouvre les motivations des protagonistes, nous faisant nous perdre en conjectures, nos avis oscillant au gré des révélations.

La 1ère partie commence la 1ère année du règne de Constant, le successeur d'Arthur. On devine que ce dernier est mort à la bataille de Camlann tandis que Lancelot, pour une raison mystérieuse, s'est retiré sur ses terres. Tout aussi mystérieux paraissent les sentiments que nourrit Galaad à l'égard de son père, mélange de distance... et d'autre chose ?

Parmi les douze survivants de cette bataille meurtrière : Galaad, âgé de 14 ans,  et Perceval, son cousin d'11 ans, qui entreprennent le chemin de retour dans le château de ce dernier, dans une région infestée de brigands.
Ils sont également étreints par la peur que Peredur, l'oncle de Perceval, n'ait profité de la mort de Maelgon, le roi de Galles, pour évincer le jeune garçon de son héritage.

La Prophétie de la Dame du Lac de Nancy McKenzie - Le Prince du Graal, tome 1
détail de la tapisserie"The Achievement of the Grail" (1891-4) de Edward Burne-Jones - Museum Art Gallery of Birmingham

Arrivés à Gwynedd, Galaad rencontre Dandrane, la fougueuse et insolente jumelle de Perceval, aux manières de garçon manqué.
Malgré un premier contact et quelques suivants explosifs, Galaad et Dandrane s'apprivoisent. C'est au cours d'une de leurs conversations que nous apprenons que Galaad a fait voeu de ne jamais se marier.
Plus tard, alors qu'une amitié sincère semble prendre forme, Dane (ou Dandrane) a le tort de révéler à Galaad la vérité sur sa mère Hélène, qu'il vénère. Injuriée par le garçon, elle lance sur lui une malédiction qui le condamne à aimer une femme dans le déshonneur, comme son père avant lui (page 78).
Peu après, Galaad et Perceval quittent le château pour entreprendre la quête que leur a confiée Arthur : retrouver la coupe, la lance et l'épée qui, réunies aux mains du Grand Roi, préserveraient à jamais le pays de la guerre et des invasions.

La deuxième partie du livre un s'attache à l'enfance de Galaad dans le château de Lanascol déserté par son père. Là, sa mère Hélène l'élève dans la haine de Lancelot et de Guenièvre, qu'elle surnomme la putain de Bretagne, et dans la glorification de sa destinée.

Dans la 3è partie, on suit à nouveau Galaad dans sa quête du Graal.
Plusieurs révélations nous sont faites.
Il découvre le complot de Morgause, la soeur d'Arthur, contre Guenièvre. (page 288)
Plus loin, le lecteur apprend /!\Attention spoiler/!\que la prophétie est en fait une invention de Viviane, qui a incité Arthur à nourrir la soif de gloire de Galaad.(page 292)/!\Fin du spoiler/!\
J'ai adoré ce 1er tome et la manière, parcellaire, qu'utilise l'auteure pour nous apporter les éléments de l'histoire et combler peu à peu les lacunes.

Au début, nous n'avons que la version de Galaad.
Son père est-il réellement le monstre et le mari adultère, sans honneur, que lui a décrit sa mère ? Ou bien l'homme droit et valeureux comme semble l'indiquer la manière dont l'adolescent est accueilli par ses différents hôtes par le simple fait d'être le fils de Lancelot, dont le nom paraît couvert d'éloges, ce qui a le don d'agacer  prodigieusement ce fils tourmenté ?
Qui manipule qui ?

Je dois avouer que les passages entre Galaad et Lancelot font parti de mes préférés : ce sont des moments de lecture déchirants où le fils, remonté par sa mère, profère des paroles de haine et de mépris à l'encontre de ce père bien trop souvent absent, qui tente dignement de se défendre sans accabler la mère.
Lancelot, que je n'apprécie pas d'ordinaire, apparaît ici entouré de mystères qui rendent sa personnalité très excitante. D'autant que lors de ses rares apparitions, il fait preuve d'une prestance et d'une autorité aussi royales que naturelles ! Oui, j'avoue être sous le charme... et cela n'était pas gagné d'avance !  😍💕

Concernant le personnage principal du livre, Galaad, j'ai rarement vu un héros aussi peu sympathique : l'adolescent est arrogant, moralisateur et misogyne par-dessus le marché ! En même temps, on ne peut que s'apitoyer sur son enfance, passée entre une mère qui l'élève dans le but avoué de tuer Lancelot, et un prêtre manipulateur.
Et l'on se demande si les torts causés par ces mensonges répétés inlassablement à ses oreilles pendant des années sont irréversibles ? ou bien s'il arrivera à surmonter ce lavage de cerveau ?
Car à la fin de ce 1er livre, le mystère reste entier, et bien des questions en suspens !

Je lirai la suite avec beaucoup d'intérêt en espérant qu'elle soit à la hauteur de mes attentes et je remercie Babylon pour cette sélection !

Mes autres avis sur la saga : tome 1 ♦ tome 2[saga terminée]


page 85 :
"Le garçon écoutait tandis que l'amertume familière de leurs disputes l'enveloppait, lui donnait l'impression d'être petit et seul. Il ne comprenait qu'une seule chose : le roi avait admis lui avoir fait du mal. Il s'avança, s'arrachant à l'étreinte de sa mère.
«Je te tuerai, dit-il avec fermeté, se dressant, droit comme un soldat, et regardant son père droit dans les yeux. Quand je serai grand. Je te tuerai.»
Sa mère lui serra à nouveau le bras mais le roi ne bougea pas. Les yeux gris s'étaient tournés vers lui avec la vitesse d'une dague lancée, le clouant sur place. Malgré son coeur affolé, Galaad ne pouvait détourner le regard du visage de son père, des cheveux et des sourcils noirs, des lignes nettes des Pommettes, de la mâchoire, du nez qui avait été cassé dans son enfance et dont les femmes disaient qu'il lui dérobait sa beauté. Lentement, le roi leva son épée et s'en toucha le front en signe de salut.
«Quand tu seras grand, nous verrons», dit-il avec un sombre sourire avant de tourner les talons."
Nancy McKenzie est un auteur, née aux États-Unis en 1948. Passionnée par la légende du Roi Arthur, chacun de ses romans est centré sur un personnage ou une histoire secondaire du cycle arthurien. McKenzie s'inspire des nombreux auteurs ayant travaillé sur la légende pour créer une histoire détaillée et riche, en s'attachant aux êtres humains plutôt qu'aux reliques sacrées et à la magie, même si ceux-ci sont malgré tout présents dans ses romans.


Livra'deux pour pal'Addict
Ma 4ème participation, cette fois avec Babylon;
Challenge Légende arthurienne
Ma 5ème participation au challenge d'Auudrey.
Challenge Moyen-Âge
Ma 2ème participation au challenge d'Hérisson -
Challenge "Mythologies du monde "
Ma 13ème partcipation au challenge de Myrtille - légende arthurienne revisitée
Challenge ABC 2013
Ma 9ème participation au challenge de Ptitetrolle.
Challenge "Je veux du héros !"
Ma 5ème participation au challenge de Nadège - Lancelot , "un géant, grand et fort, endurci par la guerre, marqué par les combats, un homme-roi, un roi" (page 85). Quelle femme pourrait résister ?😳
Challenge "50 états 50 billets"
Ma 5ème participation au challenge de Sofynet - nuitée dans le New Jersey, cet état ayant vu naître l'auteure.
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