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lundi 21 septembre 2015

La momie d'Anne Rice

La momie d'Anne Rice

Fiche détaillée

Auteur > Anne Rice
Editeur > Pocket
Genre > roman fantastique
Date de parution > 1989 aux USA, 1992 pour la présente édition
Titre original > The Mommy or Ranses the Damned
Nombre de pages > 382
Traduction > de l'américain par Jacques Guiod

auteur
(sources : Pocket)

Anne RiceNée en 1941 à La Nouvelle-Orléans, Anne Rice commence à écrire au milieu des années soixante-dix ce qu'elle pense être « une courte nouvelle sur le thème du vampirisme ». Le premier volume des Chroniques des vampires, Entretien avec un vampire deviendra un livre culte, adapté au cinéma par Neil Jordan en 1994 avec Tom Cruise, Brad Pitt et Kirsten Dunst. Le deuxième tome, Lestat, le vampire, a été un best-seller dans le monde entier. Reine du fantastique moderne qu'elle a révolutionné en lui apportant sensualité et démesure, elle passe au roman historique avec La voix des anges, superbe histoire de castrats à Venise, et à l'érotisme avec Les infortunes de la Belle au bois dormant. Revenue à ses chers vampires avec La reine des damnés (adapté au cinéma en 2002 par Michael Rymer), Le voleur de corps, Memnoch le démon et Armand le vampire, elle se consacre bientôt àLa saga des sorcières, amorcée avec Le lien maléfique, poursuivie dans L'heure des sorcières et Taltos. Dans son dernier ouvrage, Merrick, la rencontre tant attendue des personnages des deux séries a enfin lieu.

quatrieme de couverture

Il fut autrefois le plus grand de tous les pharaons. Mais, ayant bu l'Élixir de Vie, il est aujourd'hui devenu Ramsès le Damné. Ressuscité dans l'Angleterre de 1914, il se cache sous l'identité du Dr Reginald Ramsey, spécialiste en égyptologie, et ne tarde pas à s'éprendre de Julie, fille de l'archéologue Lawrence Startford, qui a découvert son tombeau.

Mais un amour vieux de plusieurs millénaires ne cesse de le hanter et va le pousser à commettre un acte qui menace ses amis mortels du plus terrifiant des dangers.

première phrase

"Les flashes des appareils photo l'éblouirent un instant."

avis personnel

J'ai toujours été impressionnée par La Momie, film de 1932 que me racontait ma mère sur l'amour qu'Imhotep, ramené à la vie par accident, portait à la fille de l'archéologue et qu'il prenait pour la réincarnation de sa défunte bien-aimée. Aussi, quand je suis tombée sur ce roman écrit par Anne Rice, n'ai-je pas pu résister à la tentation en espérant retrouver les mêmes émotions !

L'intrigue reprend grosso-modo le postulat du film de Karl Freund. Un archéologue ramène par accident Ramsès le Maudit à la vie. La momie, toujours emmaillotée, est ramenée à Londres pour y être exposée dans la demeure de son découvreur. Mais Julie, la fille de l'archéologue, va se retrouver au cœur d'intrigues familiales visant à s'accaparer une partie de sa fortune, et précipiter, sans le vouloir, le processus de résurrection du grand pharaon...

J'ai adoré la première partie se déroulant dans le tombeau de Ramsès, puis en Angleterre.
Anne Rice sait distiller une ambiance légèrement angoissante en décrivant par quelques allusions de ci de là le lent réveil de Ramsès le Maudit, et c'est d'autant plus jubilatoire que le lecteur est le seul à deviner ce qui se passe avec la momie.

Et Ramsès, une fois qu'il est ramené à la vie, produit une forte impression sur le lecteur la lectrice tant il dégage de charisme et d'assurance ! Jusqu'à ce qu'il retrouve la trace de son amour perdu, en fait. Ce qui nous amène à la deuxième partie du roman qui se passe en Égypte, et plus précisément à Alexandrie. Ramsès, qui a pris l'identité du Dr Reginald Ramsey pour donner le change aux Anglais, fait ce voyage en compagnie de Julie Stratford pour dire adieu à son passé. D'autres Anglais les accompagnent, poussés par des motivations différentes et pas forcément avouables...
Lord Rutherford dans l'espoir de mettre la main sur l'élixir de vie.
Son fils Alex parce qu'il est le fiancé de Julie.
Henry Stratford en sa qualité de cousin mais pour contrecarrer en fait les desseins de Ramsès...

Bref, le destin de ce petit monde va très vite bousculer dans le drame quand Ramsès, sur un coup de tête inconséquent, ramène Cléopâtre à la vie. Or le long sommeil de la célèbre pharaonne semble avoir laissé sur sa raison et son corps des séquelles aussi terribles qu'irréversibles...

Si j'ai bien aimé le début de cette 2ème partie, je lui ai ensuite trouvé quelques longueurs, accentuées par le caractère de plus en plus rocambolesque de cette course contre la montre pour éliminer la menace constituée par Cléopâtre...

Pour conclure, une intrigue prenante et haletante, qui, malgré quelques longueurs, nous tient en haleine d'un bout à l'autre du livre. Le retour à la vie de Ramsès est vraiment marquant et constitue le point fort de l'histoire. Par contre, ce livre est davantage à ranger dans la catégorie "Fantastique" que dans la catégorie "Terreur". En outre, la fin me laisse un peu sur ma faim, si je puis dire, car elle suggère une suite qui n'a jamais été écrite.
Mais l'ambiance de ce début de XXème siècle est très bien retranscrite, et la question philosophique posée par l'immortalité est abordée de manière satisfaisante.
En un mot, j'ai adoré !

Appréciation :

note : 4 sur 5

extrait

C'était la momie qu'Elliott était venu voir. Et les curieux s'étaient un peu dispersés. Il prit un verre de vin, se leva et oublia sa hanche douloureuse pour se diriger vers le cercueil.
Il contempla à nouveau le visage avec sa bouche bien dessinée et son menton décidé. Un homme dans la force de l'âge. Des cheveux apparaissaient sous les bandelettes tendues.
Il leva son verre pour le saluer.
«Ramsès», murmura-t-il en s'approchant davantage. Il se mit alors à lui parler latin : «Bienvenue à Londres. Sais-tu où se trouve cette ville ?» Il ne put s'empêcher de sourire. Voilà qu'il parlait latin à une momie. Puis il cita quelques phrases de César relatives à sa conquête de l'Angleterre. «Voilà où tu te trouves, grand roi.» Il s'essaya au grec, mais y renonça très vite et revint au latin. «J'espère que tu aimes mieux que moi ce pays.»
Un bruissement soudain se fit entendre. D'où provenait-il ? Il l'avait entendu très distinctement en dépit du brouhaha incessant des conversations. On eût dit qu'il émanait du cercueil dressé devant lui.
Une fois encore, il admira le visage. Puis les bras et les mains, emprisonnés sous le lin pourri. L'étoffe salie était déchirée à hauteur des poignets croisés et révélait une partie des vêtements. La momie était en train de se détériorer, de petits parasites avaient dû s'en emparer. Il fallait prendre des mesures.
Il regarda les pieds de la momie. C'était vraiment inquiétant. Un petit tas de poussière était en train de se former sous la main droite, à l'endroit où les bandelettes étaient vraiment détériorées.
«Seigneur, Julie doit se dépêcher de remettre tout cela au musée», murmura-t-il. Puis il entendit à nouveau ce bruissement. Il fallait s'occuper très vite de cette momie. Dieu sait ce que l'humidité londonienne pouvait bien lui faire.
(page 65)

divers

Challenge "Voyage dans l'Egypte antique" proposé par Soukee

 Ma 12ème participation au challenge de Soukee -

La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

Ma 55ème participation au challenge de Lynnae -

ABC de l'Imaginaire 2015

Challenge ABC 2015 Littératures de l'Imaginaire de Ptitetrolle - 8/26

 
Challenge Littérature de l'Imaginaire organisé par MarieJuliet (19/24)

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babelio

vendredi 28 août 2015

Le Navigateur sur les mers du destin de Michael Moorcock - Elric, tome 3

Le Navigateur sur les mers du destin de Michael Moorcock - Elric, tome 3

Fiche détaillée

 Auteur > Michael Moorcock
Editeur > Pocket
Série > Le Cycle d'Elric
Genre > roman fantasy
Date de parution > 1976 pour l'édition originale,  2007 pour la présente édition
Titre original > The Sailor on the Seas of Fate
Nombre de pages > 189
Traduction > de l'anglais par George W. Barlow

auteur

Michael John Moorcock, né le 18 décembre 1939 à Mitcham, près de Londres, est un écrivain britannique, auteur de Michael Moorcocknombreux romans fantastiques et de science-fiction.
Il est un grand amateur de Edgar Rice Burroughs, ce qui le conduit en 1957 à devenir rédacteur en chef de la revue Tarzan Adventures ; il n'a que dix-huit ans. Il y publie ses premières nouvelles en 1957-1958, autour du héros Sojan, puis une série de romans pastichant Burroughs, le Cycle du guerrier de Mars, au début des années 1960. Vers la même période, il crée son héros le plus fameux, Elric de Melniboné (le premier recueil de nouvelles d'Elric, The Stealer of Souls, paraît en 1963), sur lequel il ne cessera de revenir au cours de sa carrière. En 1962, il épouse Hilary Bailey. Ils ont deux filles, Katherine (1963) et Sophie (1964), puis en 1971, un fils, Max.
Moorcock devient directeur de la revue New Worlds en mai 1964 et le restera jusqu'en avril 1968. Il sera alors rejoint a la direction par James Sallis, puis en février 1969 par Charles Platt . Un mois plus tard, James Sallis quitte la direction, et en avril c'est au tour de Moorcock de quitter la revue. Il reviendra en directeur unique pour les mois de septembre et octobre 1969. Durant son passage à la tête de New Worlds, la revue publie de nombreux jeunes auteurs (Roger Zelazny, Norman Spinrad, Gene Wolfe, John Brunner) dont les innovations sont mal vues par les lecteurs de science-fiction. New Worlds accumule de lourdes dettes qui obligent Michael Moorcock à écrire de nombreux romans alimentaires.
L'auteur a également, à diverses reprises, collaboré avec le groupe Hawkwind.

quatrieme de couverture

Recruté par un mystérieux capitaine aveugle, le prince albinos s'embarque pur un navire nimbé d'une étrange brume... Aux côtés de nombreux guerriers, il devra affronter deux redoutables sorciers venus d'une autre dimension qui dévoraient l'énergie de son univers.
Puis Elric sera appelé à naviguer de nouveau vers une ancienne cité oubliée, d'où son peuple est sans doute originaire. Là-bas attendent un géant de jade et l'Être Condamné à Vivre, âgé de dix mille ans, ainsi que des sauriens lanceurs de disques mortels...
Destin, errance, violence et trahison sont le quotidien de la vie d'Elric, pâle silhouette dans le brouillard du monde.

première phrase

"On eût dit qu'il se tenait dans une immense caverne dont les parois étaient constituées de couleurs sombres et changeantes qui parfois se désagrégeaient pour laisser pénétrer des rayons de lune."

avis personnel

J'ai lu ce tome 3 des (més)aventures d'Elric de Melniboné, anti-héros désenchanté par excellence, plusieurs années après le tome 2. Mes souvenirs sont donc assez flous quant à la fin des deux tomes précédents, et je pensais que plusieurs mois s'étaient écoulés depuis qu'Elric avait abandonné son trône aux mains de son cousin félon (décision que je n'ai d'ailleurs jamais comprise !)...

Bref, pour en revenir à ce tome, nous retrouvons Elric en fuite, taraudé par ses poursuivants, et rapidement acculé sur une plage. Alors que tout espoir l'a quitté d'échapper à ses ennemis, un étrange bateau apparaît, sur lequel il est invité à trouver refuge et à y accepter l'étrange mandat du capitaine, qui ne peut le révéler à son équipage...
Mais tout ceci est-il bien réel ? ou tout droit sorti de l'esprit affaibli d'Elric ?

Le roman est découpé en trois parties :
♦ Cap sur l'avenir
♦ Cap sur le présent
♦ Cap sur le passé

Elric se trouve projeté à chaque fois dans un univers parallèle, qui lui en révèle un peu plus sur l'origine et l'avenir de son empire. Dans la 1ère partie, il doit affronter, en compagnie de 3 autres compagnons (qui s'avèrent incarner les trois autres champions nés sous la plume de Moorcock, Corum, Hawkmoon et Erekosë), un frère et une sœur possédant tous deux de puissants pouvoirs de sorciers ; dans la deuxième, Elric doit affronter un ancêtre melnibonéen hanté par une histoire d'amour dramatique ; enfin, dans la 3ème, il part à la recherche d'un continent perdu  et de son trésor caché.

Les trois nouvelles sont assez inégales, bien que la qualité d'écriture soit vraiment présente, nous immergeant complètement dans l'histoire, tant la plume sait se faire évocatrice... Ma préférence va à la deuxième nouvelle que j'ai trouvée vraiment palpitante. /!\Attention spoiler/!\ J'ai même cru à un moment que la jeune fille melnibonéenne était la cousine d'Elric !     /!\Fin du spoiler/!\

En tout cas, chaque  nouvelle obéit parfaitement aux codes de la fantasy, en nous livrant son lot de magie et de créatures surnaturelles, dans une suite d'aventures bien rythmées et captivantes. Et j'ai pris beaucoup de plaisir à renouer avec ce champion désenchanté...

Appréciation :

note : 4 sur 5

Mes autres avis sur la saga : tome 1 ♦ tome 2 ♦ tome 3 ♦

extrait

 Le vaisseau d'or surgit près d'eux, dressant bien haut ses bastingages, où Elric vit que se pressaient non des guerriers d'Imrryr, mais des gredins prêts à tout comme ceux qu'il avait combattus sur l'île et, apparemment, empruntés à des périodes historiques et des nations tout aussi disparates. Les longues rames du galion raclèrent les flancs du vaisseau plus petit en se repliant, comme les pattes de quelque insecte aquatique, pour permettre aux grappins d'être lancés. Des griffes de fer mordirent les membrures du petit navire, et là-haut la racaille se mit à pousser des vivats, à ricaner sarcastiquement et à brandir ses armes d'un air menaçant.
(page 106)

divers

Challenge organisé par Licorne & Zina -

ABC de l'Imaginaire 2015

Challenge ABC 2015 Littératures de l'Imaginaire de Ptitetrolle - 6/26

  
Challenge Littérature de l'Imaginaire organisé par MarieJuliet (18/24)

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mardi 14 janvier 2014

L'initiation d'Anne Rice - Les infortunes de la Belle au bois dormant, tome 1

Les infortunes de la Belle au bois dormant, tome 1 d'Anne Rice 

Fiche détaillée

Auteur > Anne Rice
Editeur > Robert Laffont
Collection > Pocket
Genre > roman érotique, conte
Date de parution > 1983 aux USA, 1997 en France
Titre original > The Claiming of Sleeping Beauty
Nombre de pages > 318
Traduction > de l'américain par Adrien Calmevent

auteur
(sources : Pocket)

Anne RiceNée en 1941 à La Nouvelle-Orléans, Anne Rice commence à écrire au milieu des années soixante-dix ce qu'elle pense être « une courte nouvelle sur le thème du vampirisme ». Le premier volume des Chroniques des vampires, Entretien avec un vampire deviendra un livre culte, adapté au cinéma par Neil Jordan en 1994 avec Tom Cruise, Brad Pitt et Kirsten Dunst. Le deuxième tome, Lestat, le vampire, a été un best-seller dans le monde entier. Reine du fantastique moderne qu'elle a révolutionné en lui apportant sensualité et démesure, elle passe au roman historique avec La voix des anges, superbe histoire de castrats à Venise, et à l'érotisme avec Les infortunes de la Belle au bois dormant. Revenue à ses chers vampires avec La reine des damnés (adapté au cinéma en 2002 par Michael Rymer), Le voleur de corps, Memnoch le démon et Armand le vampire, elle se consacre bientôt àLa saga des sorcières, amorcée avec Le lien maléfique, poursuivie dans L'heure des sorcières et Taltos. Dans son dernier ouvrage, Merrick, la rencontre tant attendue des personnages des deux séries a enfin lieu.

quatrieme de couverture

Vous connaissez l'histoire de la Belle au bois dormant. Mais imaginez un instant qu'une fée mutine et joliment perverse se soit subrepticement glissée dans la chambre de la petite princesse, après le départ de ses consoeurs, modifiant le sortilège. La belle enfant sera délivrée de son sommeil par un Prince, qui l'initiera à l'amour et au plaisir dans la douleur, l'emmènera dans son royaume, où, avec des centaines d'autres jeunes esclaves, elle assouvira les désirs et les fantasmes d'une bien étrange Cour ...

première phrase

"Depuis le début de sa jeune existence, le Prince connaissait l'histoire de la Belle au bois dormant, qu'un maléfice avait condamnée, après s'être piqué le doigt sur un fuseau, à dormir cent ans, ainsi que ses parents, le Roi et la Reine, et toute la Cour."

avis personnel

 Tout le monde connaît le conte de la Belle au Bois dormant qu'un sort maléfique a fait sombrer dans un sommeil de 100 ans, au bout desquels un fils de roi la réveille d'un baiser... Jusqu'à ce passage précis, la réécriture proposée par Anne Rice est fidèle au conte, à la différence notable que le prince charmant ne la réveille pas d'un baiser (non non non, ce n'est pas à ces lèvres-là que ce petit dévergondé s'intéresse, si vous voyez ce que je veux dire...) mais en prenant carrément sa virginité... Apparemment, le prince ne s'embarrasse guère du protocole, car il oblige ensuite la Belle à ne se déplacer que dans le plus simple appareil, non seulement devant ses parents et leurs courtisans, mais également devant les manants du royaume qu'ils traversent pour rejoindre son palais...
Car s'il la ramène avec lui, c'est forcément pour la présenter à sa mère, vous demandez-vous, avant de convoler en justes noces, comme dans tout conte de fées qui se respecte ?
Eh bien raté !
A l'instar d'autres princes et princesses des royaumes environnants, la Belle y est traitée en esclave sexuelle, soumise à une initiation sado-masochiste aussi féroce que perverse !
C'est là que ses véritables épreuves commencent (bon, en fait, elles ont déjà commencé en chemin quand il l'expose nue aux yeux de ses sujets et qu'il lui fesse férocement ses jolies joues rebondies - oui oui oui, je parle bien des joues situées dans l'hémisphère sud) mais dans le palais du prince, ses épreuves gagnent en intensité...

Avant de continuer ma chronique, quelques avertissements s'imposent.
Si l'idée de rapports sexuels non consentis et de jeux basés sur la douleur vous choque,
N'OUVREZ JAMAIS ce livre
...
En effet, vous allez devoir mettre de côté toutes vos idées traditionnelles sur  le sexe et le consentement mutuel ainsi qu'accepter ce livre comme une pure fantaisie au risque de ne pas arriver au bout car certaines scènes se révèlent véritablement dérangeantes et malsaines : comme mentionné plus haut, princes et princesses sont ravalés au rang d'objets sexuels, sont parfois même brisés pour les forcer à accepter leur nouvelle condition. On assiste à une succession ininterrompue de fessées, de sévices et d'humiliations (par exemple, le traitement inhumain que subit le prince Alexis est particulièrement révoltant !!) ; c'est d'ailleurs cette absence de répit qui forme l'une des limites du livre car l'intrigue et les personnages sont de ce fait un peu sacrifiés à l'histoire.
De plus, dommage que les seuls passages où un peu de  romantisme et de sentiment auraient pu s'inviter manquent finalement de douceur...

Par contre, j'ai bien aimé la manière dont l'éveil sexuel de la Belle était décrit : sa confusion, son désespoir et sa honte sont dépeints de façon convaincante. Elle se découvre des dispositions sexuelles insoupçonnées, on la suspecte même à certains moments d'éprouver une certaine complaisance, voire d'être beaucoup moins farouche qu'il n'y paraît car elle se laisse finalement facilement troubler par les beaux princes qui l'entourent, cédant successivement à son émoi du moment (en gros, la Belle est une sacrée coquine de sainte nitouche qui cache bien son jeu !!😤) ...

De plus, le traitement de ces esclaves du sexe est tellement outrancier, les pulsions de la Belle sont parfois si saugrenues, que cela dédramatise le sujet du livre, apportant même parfois une touche d'humour... enfin, je me comprends... 😅 

Ce 1er tome se termine sur un acte de rébellion volontaire et inattendu de la part de cette Belle que Maîtres et Maîtresses s'accordaient  à considérer comme leur plus parfait specimen - (et sur un rire intérieur sardonique à l'égard du Prince dont je me suis mesquinement réjouie de la déconfiture... vivivi, ce livre a réveillé chez moi un côté sadique !! ^^)

Pour conclure, une lecture qui, malgré les scènes de soumission et d'humiliation, parfois hardcore et assez répétitives, et un rebondissement final plutôt expéditif, finit par exercer une sorte de fascination étrange sur notre esprit, à condition de garder un certain recul et de ne prendre ce conte que pour ce qu'il est : une fantaisie sexuelle. Pour lecteurs avertis, donc, et j'insiste sur ce point.
Après tout, Anne Rice ne reprend-elle pas les mêmes ressorts que les contes de fée traditionnels qui comportent  leur lot de scènes d'horreur (marâtres cruelles, parents qui abandonnent leurs enfants, ogres ou loups qui veulent les dévorer...)?!

Appréciation :

note : 3 sur 5

extrait

page 100 :
" Il claqua des doigts pour que le Prince Alexis se dresse, lui releva le menton et scruta la figure maculée de larmes.
- Ainsi, par la grâce de cette peau trop délicate qui est la vôtre, on fera preuve de clémence pour cette nuit, annonça-t-il.
Il le retourna vers la Belle. Le Prince Alexis tenait les mains croisées sur la nuque, et son visage, écarlate et trempé, lui parut d'une beauté indescriptible. Il était plein d'une émotion indicible, et comme on l'amenait près d'elle, elle put percevoir les cognements de son coeur. S'il m'embrasse à nouveau, je meurs, pensa-t-elle. Jamais je ne pourrai celer mes sentiments au Prince."

divers

Livra'deux pour pal'Addict
Ma 7ème participation, cette fois avec Hedyuigirl;

Rendez-vous : le premier mardi chez Stephie c'est permis...

 Ma 5ème participation au RV de Stephie.
D'autres billets inavouables : Stephie ♦ Noukette ♦ Marion ♦ Jérôme ♦ L'irrégulière ♦ Lasardine ♦ Mylene ♦ Cess ♦ Lystig ♦ Martine

 

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