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samedi 18 mai 2019

Sous le vent du monde, tome 1 de Pierre Pelot - Qui regarde la montagne au loin

"La nuit léchait les hautes herbes et les feuilles acérées des arbres de sa langue bleue paresseuse. De loin en loin, montait l'appel d'une bête, le cri saccadé d'une autre, entre les gloussements d'oiseaux qui glissaient et rebondissaient dans les branches."


Éditions : Folio
1ère parution : 1996
Genre : Préhistorique
Saga : Sous le vent du monde
Pages : 344


Résumé :

A l'est de l'Afrique, au bord d'un grand lac que fuient les pluies, 1,7 millions d'années avant notre ère, Nî-éi, une jeune femme " différente des autres femmes ", rencontre Moh'hr, " celui qui regarde la montagne au loin ".
Nî-éi, rejetée par son clan parce qu'elle porte la marque du grand sh'ohr (la panthère noire), a dû se mettre en marche sur la terre inconnue. Moh'hr, lui, a quitté les siens pour partir à la recherche de la grande montagne qui cache les nuages. Ils sont, sans le savoir, à la source des hommes. Mais s'ils parlent, ce ne sont pas les mêmes mots.
S'ils pensent le monde, ce ne sont pas les mêmes images. Jusqu'à ce qu'ils découvrent une émotion inconnue et un bruit étrange qui bat dans la poitrine. Alors ils feront ensemble un morceau du chemin, sous le vent du monde qui roule et les emporte.

Mon avis :

Ce roman met en scène différentes races d'hominidés, les Homo rudolfensis et les Homo Habilis qui ont cohabité entre 2,3 millions et 1,8 millions d'années... ce qui est assez vertigineux quand on y pense ! Mais plus incroyable encore, c'est que l'auteur arrive complètement à nous immerger à cette très lointaine époque ! Sans nous épargner les moments durs (comme la description terrible de la mort d'un nouveau-né) ou les détails des corps soumis à leurs besoins naturels, aux efforts qu'ils fournissent ou aux odeurs qu'ils dégagent. On se met à vivre aux côtés de ces hommes préhistoriques dont on ressent parfaitement le tumulte des pensées, le cheminement de leur réflexion, leur curiosité sans cesse en éveil face aux mystères de ce monde dans lequel ils vivent et qu'ils tentent de comprendre. C'était rude, passionnant, émouvant, mais drôle également à certains passages.
L'écriture est souvent d'une très grande poésie, toujours très imagée, très sensorielle. Mais elle est aussi assez ardue à certains moments, car l'auteur a réinventé le langage de ces hommes préhistoriques, et ce langage diffère selon le clan en présence. Le lecteur s'amuse donc à tenter de comprendre le sens des paroles des protagonistes, qu'il devine parfois.
Comme vous le devinez, j'ai adoré cette lecture, et je compte bien continuer cette saga passionnante !

D'autres avis : LivraddictBabelioBooknode
Challenges : Les 12 thèmes de A-Little-Bit-Dramatic - La Guerre du feu -



dimanche 29 janvier 2017

L'Enchanteur de Barjavel

http://www.livraddict.com/bookclub/
"Il y a plus de mille ans vivait en Bretagne un Enchanteur qui se nommait Merlin."
Qui ne connaît Merlin ? Il se joue du temps qui passe, reste jeune et beau, vif et moqueur, tendre, pour tout dire Enchanteur. Et Viviane, la seule femme qui ne l'ait pas jugé inaccessible, et l'aime ? Galaad, dit Lancelot du Lac? Guenièvre, son amour mais sa reine, la femme du roi Arthur ? Elween, sa mère, qui le conduit au Graal voilé ? Perceval et Bénie ? Les chevaliers de la Table Ronde ? Personne comme Barjavel, qui fait le récit de leurs amours, des exploits chevaleresques et des quêtes impossibles, à la frontière du rêve, de la légende et de l'Histoire. Dans une Bretagne mythique, il y a plus de mille ans, vivait un Enchanteur. Quand il quitta le royaume des hommes, il laissa un regret qui n'a jamais guéri. Le voici revenu.

J'ai lu ce livre à l'occasion du Book Club d'octobre auquel je participais pour la 2ème fois. C'est même le livre que j'avais proposé qui a été sélectionné ! Farpaitement, je me la pète !
Bref, le Book Club propose chaque mois  une discussion sur une lecture commune à tous les membres de Livraddict qui choisissent eux-mêmes le thème puis le livre. Le thème du mois d'octobre portant sur la légende arthurienne, je ne pouvais que m'inscrire...

J'ai littéralement dévoré le livre, même si je lui ai trouvé quelques longueurs vers la fin (j'avoue avoir à ce moment sauté un paragraphe par ci par là 😇 ).
L'un des gros points forts du livre est le style, très fluide, empreint de poésie, ce qui rend certains passages vraiment sensoriels et très évocateurs...

 Dans le corps du cerf blanc, le coeur de Merlin tremblait. Il savait qu'il ne la reverrait plus telle qu'elle était en cet instant. Demain, tout à l'heure, elle serait déjà différente. Elle avait la beauté déchirante de ce qui change si vite qu'on ne peut jamais le retrouver.
(page 12)

On a parfois l'impression de lire de la poésie en prose. La musicalité du style donne un rythme spécial très agréable à l'histoire. Mais l'oeuvre est également teintée de notes d'humour, jouant sur les jeux de mots et les anachronismes. Cela donne un ton complètement décalé et parfois surprenant, mais qui colle à la personnalité de Merlin, qui est ici un personnage très facétieux...
En outre, certaines trouvailles de l'auteur sont très originales  : je pense plus particulièrement à cette fameuse page évoquant l'acte entre Guenièvre et Lancelot  ou la découverte de l'adultère de la Reine revisitée de manière poétique !! ^^

L'intrigue et la quête étaient très plaisantes à suivre. Mais j'ai trouvé que certains personnages emblématiques de la légende étaient ici effacés (je pense plus particulièrement à  Mordred qui arrive presque comme un cheveu sur la soupe dans l'histoire). J'ai l'impression que l'auteur s'est davantage appesanti sur les couples (Merlin/Viviane, Lancelot/Guenièvre, Galehaut/Malehaut) ou sur les chevaliers et leurs rapports aux femmes, qui les empêchent, en les séduisant, d'accéder au Graal (Gauvain et son appétit charnel, Perceval qui perd sa virginité presque sans s'en rendre compte, l'amant de Morgane complètement soumis à sa maîtresse)...

J'ai beaucoup aimé cette version de Merlin. Malgré ses immenses pouvoirs, il a gardé un côté très malicieux et aime jouer des tours aux autres. Mais il a également un côté très humain, en dépit de son origine diabolique, qui ne l'exempte pas de commettre des erreurs. En voulant faire le bien, il prend parfois de mauvaises décisions. Mais c'est son amour pour Viviane qui le rend aussi touchant, aussi tourmenté... car les deux amants ne peuvent consommer leur amour sous peine de perdre leurs pouvoirs !

Depuis que je t'ai vue je sais que je ne suis que la moitié de moi-même. Tu es mon autre moi qui me demande et dont j'ai besoin. Je suis la terre assoiffée et la pluie qui ne tombe pas, je suis la soif et la faim et la nourriture refusée. J'ai double souffrance, la tienne, que je connais, en plus de la mienne... Un jour, nous ne pourrons plus le supporter, et il nous faudra choisir...
(Merlin à Viviane, page 155/156)

L'auteur fait intervenir à de multiples reprises un personnage fort peu fréquentable et fort peu représenté dans les versions modernes de la légende puisqu'il s'agit du diable : personnellement, celui-ci me faisait beaucoup rire... Ses invectives à l'encontre de ses victimes fort peu coopératives, ses déconvenues successives en échouant à piéger des âmes dans son enfer désespérément désert étaient vraiment hilarantes... L'auteur prend plaisir à le tourner en ridicule ; cependant, ce personnage n'est  pas réduit au rôle de simple bouffon et apporte beaucoup de piquant à l'histoire, et surtout sa raison d'être en obligeant Merlin à contrecarrer sans cesse ses noirs desseins...
Barjavel n'épargne personne, puisqu'il ridiculise aussi l'obsession des chrétiens pour la virginité obligée des élus !

Bizarrement, alors que toute l'histoire tourne autour du Graal, j'ai très vite oublié la résolution de la quête. Enfin, si... je sais qui lève le voile, mais la conclusion ne m'a pas marquée plus que cela... Disons que j'ai l'impression que c'est à chaque lecteur de donner son interprétation. J'ai eu la sensation que l'achèvement de la quête n'était pas le plus important (d'autant qu'il met fin au temps des aventures légendaires pour faire débuter le temps de l'obscurantisme) mais plutôt le chemin que chacun emprunte pour s'en approcher...

Je dois avouer que ce roman réhabilite le couple formé par Lancelot et Guenièvre à mes yeux. Les Dames du lac de Zimmer Bradley me les avaient fait prendre en détestation (et ce dégoût perdure maintenant depuis 25 ans !!) ! Il était temps que cela prenne fin... C'était peut-être le but de mon graal à moi avec ce livre !!! 😏
J'ai par ailleurs apprécié découvrir certains épisodes que je ne connaissais pas , comme celui avec la Fille qui jamais ne mentit (ou quelque chose du même genre je ne me rappelle plus l'intitulé exact..) ou celui avec Galehaut ou encore avec le roi mehaigné ou aussi avec l'amnésie de Lancelot...
Et j'ai trouvé que Barjavel avait opéré quelques changements  par rapport aux autres oeuvres (ou alors je ne m'en souvenais plus) : l'épée retirée du rocher qui n'est pas Excalibur, le Graal qui trouve son origine avec Adam et Eve, la manière dont est découvert l'adultère de la reine, l'origine de Stonehege...

Pour conclure, une revisite de la légende arthurienne absolument délicieuse ! L'enchanteur n'est pas seulement Merlin, mais également l'auteur dont le pouvoir surnaturel réside dans sa plume pleine de poésie et de finesse ! Une lecture véritablement enchanteresse !!
(sources : Folio)
René Barjavel est né en 1911. Il termine ses études au collège de Cusset, puis entre au Progrès de l’Allier, à Moulins où il apprend son métier de journaliste. Il rencontre l’éditeur Denoël qui l’engage comme chef de fabrication. C’est chez lui, qu’après avoir fait la guerre dans les zouaves, il publie son premier roman, Ravage (1943), qui précède la grande vogue des ouvrages de la science-fiction. Barjavel a écrit une vingtaine de livres, dont La Nuit des Temps, Les Chemins de Katmandou, Tarendol et La Faim du tigre. Il a collaboré en tant que dialoguiste à une vingtaine de films, dont la série des Don Camillo. Il est décédé en novembre 1985.  
https://parthenia27.blogspot.fr/2012/10/challenge-legende-arthurienne-propose.html
 Ma 12ème participation au challenge d'Aethelthryth.

Challenge Moyen-Âge par hérisson
Ma 17ème participation au challenge d'Hérisson -

http://www.livraddict.com/biblio/livre/l-enchanteur-1.html

http://www.babelio.com/livres/Barjavel-LEnchanteur/6684

https://booknode.com/l_enchanteur_015479


jeudi 22 mai 2014

Alternative rock (Collectif)

Alternative rock de Collectif

Merci à

babelio

et aux éditions

Le juste milieu d'Annabel Lyon

pour ce partenariat !

Fiche détaillée

Auteur > Stephen Baxter, Gardner Dozois, Jack Dann, Michael Swanwick, Walter Jon Williams, Michael Moorcock
Editeur > Folio
Collection > SF
Genre > nouvelle, science-fiction
Date de parution > 1998 / 1981 / 1994 / 1992 pour les parutions initiales, 2014 pour la présente édition
Titre original > The Twelfth Album / Touring / Red Elvis / A Dead Singer / Snodgrass
Nombre de pages > 200
Traduction > de l'américain par Jean-Pierre Pugi

quatrieme de couverture

Dans les entrailles d'un paquebot transformé en palace, deux hommes pleurent la mort d'un de leurs amis en écoutant le douzième album des Beatles... qui n'a jamais existé.
À l'atterrissage de son avion, Buddy Holly ne sait pas qu'il va participer au plus grand concert de sa vie.
Elvis le rouge restera dans les mémoires comme l'un des plus grands chanteurs de rock et l'un des syndicalistes les plus charismatiques.
Revenu d'entre les morts, Jimi Hendrix se paye une dernière virée avec un de ses roadies.
Difficile de trouver un boulot quand on s'appelle John Lennon et qu'on a quitté un groupe qui a, par la suite, connu un certain succès : les Beatles.

Stephen Baxter, Gardner Dozois, Jack Dann, Michael Swanwick, Walter Jon Williams, Michael Moorcock et Ian R. MacLeod nous offrent cinq nouvelles où le rock'n'roll est roi, cinq textes mettant en scène des icônes de la musique du XXe siècle, cinq alternatives à notre triste réalité.

première phrase

"Dans les profondeurs d'un transatlantique qui ne regagnerait jamais le large - et affligés par la perte de notre ami Sick Note -, nous nous étions, Lightoller et moi, rendus dans les bains turcs à l'abandon pour nous asseoir en tailleur sur un tapis et écouter John Lennon."

avis personnel

 Avec ce recueil de 5 nouvelles, Folio rend un hommage au rock'n'roll, et plus particulièrement à 5 figures mythiques, qui sont ressuscitées le temps d'une ou deux nouvelles : Buddy Holly, Elvis Presley, Janis Joplin, Jimi Hendrix & John Lennon...

Nous assistons à la rencontre post-mortem entre Buddy Holly, Janis Joplin & Elvis Presley qui donnent une dernière représentation avant de disparaître, à la virée post-mortem de Jimi Hendrix, décrit comme un prophète halluciné, dans le nord de l'Angleterre, à l'histoire de Presley réécrite à travers le prisme social et anarchiste, à la vie de raté de John Lennon qui a quitté les Beattles avant le succès et qui voue à ses anciens membres une rancune aigrement tenace, à l'écoute du dernier album des Beattles fantasmé car inexistant...

Bref, ces nouvelles mélangent la musique et le fantastique dans des délires assez jubilatoires. Certaines chutes d'ailleurs sont vraiment surprenantes.

Par contre, ce recueil ne s'adresse pas aux néophytes, on ne peut pas se contenter d'aimer simplement les stars mises en scène mais il faut en être de véritables fans sinon la plupart des références ou clins d'oeil ne peuvent que paraître abscons et le lecteur risque de passer à côté du sel de certaines situations, d'autant plus que l'édition comporte trop peu de notes explicatives, que ce soit à propos de la biographie des protagonistes, de leur discographie ou de certaines expressions typiquement anglo-saxonnes...
De plus, sur ces 5 nouvelles, Elvis et les Beattles font l'objet de deux histoires, j'aurais préféré que d'autres mythes du rock'n'roll soient abordés comme Jim Morrison ou Les Rolling Stones ou Led Zep. Mais bon, j'avoue que c'est une appréciation toute personnelle, car la lecture de ce recueil fut vraiment très plaisante, voire déconcertante mais dans le bon sens du terme !

Je remercie Babelio et les éditions Folio pour ce partenariat !

Appréciation :

note : 3 sur 5

extrait

  Il se produisait une autre ruée de musiciens et de roadies. Buddy ressortit de la cabine en lorgnant à regret le téléphone et entra en collision avec une petite femme en manteau de vison. «Oups !» fit-elle avant de se pencher pour exercer une pression sur son bras, afin de lui indiquer qu'elle ne lui tenait pas rigueur de l'incident. Elle leva vers lui un visage expressif et souriant de garçon manqué.
« Eh, mec ! fit-elle avec animation. J'adore ton neud pap et tes lunettes...! Seigneur, on croirait Buddy Holly !
- On me l'a déjà dit», fit-il, ironique.
page 40

divers

Challenge "50 états 50 billets" organisé par Sofynet
Ma 8ème participation au challenge de Sofynet - nuitée à Moorhead dans le Minnesota

Le juste milieu d'Annabel Lyon

babelio

 

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auteur

Stephen BaxterStephen Baxter, né le 13 novembre 1957 à Liverpool, est un écrivain britannique de science-fiction.
Il reçoit une formation scientifique à l'université de Cambridge et de Southampton. Professeur de mathématiques, de physique et d’informatique, il se porte candidat en 1991 pour participer à une mission dans la station spatiale russe Mir mais sera éliminé lors des tests de sélection.
Il se consacre à l’écriture à plein temps depuis 1995.
Auteur très prolifique (plus de 30 romans et 160 nouvelles à ce jour), il écrit de la hard science-fiction pointilleuse, basée sur des découvertes technologiques et scientifiques solidement attestées. La conquête spatiale et les défis technologiques, politiques et humains qu’elle pose fait partie de ses thèmes de prédilection (Titan, Voyage, Poussière de Lune). Il se situe dans un futur récent, voire revisite le passé pour recomposer l’histoire de la conquête spatiale. Il ne néglige pas pour autant le traitement de ses personnages et cultive un sens aigu de l’intrigue. Une partie de son œuvre, inédite en français, le cycle des « Xeelees », space opera comptant quatre romans et un recueil de nouvelles, est en cours de traduction aux éditions Le Bélial'.

Gardner Dozois, né le 23 juillet 1947 à Salem dans le Massachusetts, est un auteur américain de science-fiction. Il a été Gardner Dozoisrédacteur en chef du magazine Asimov's Science Fiction de 1984 à 2004.
Écrivain délicat au style personnel et spécialiste de la nouvelle, il a remporté le prix Nebula de la meilleure nouvelle courte à deux occasions : pour Apaisement (The Peacemaker) en 1983 et pour Enfant du matin (Morning Child) en 1984. Ses nouvelles sont rassemblées dans The Visible Man (1977), Geodesic Dreams, Slow Dancing through Time (1990) et Strange Days (2001). Il a également écrit un roman en solo, L'Étrangère (Strangers) (1978), et en collaboration avec George Alec Effinger, Nightmare Blue (1977).
Il a remporté treize prix Hugo comme meilleur rédacteur en chef de magazine professionnel.
C’est également un anthologiste réputé. Après avoir quitté le magazine Asimov's Science Fiction, il publie The Year's Best Science Fiction, anthologie annuelle créée en 1984. Il a aussi publié d’autres anthologies à thèmes : Cats, Dinosaurs, Seaserpents, Hackers. Son compère Michael Swanwick a publié en 2001 Being Gardner Dozois, un livre-interview de Dozois portant sur son œuvre.

 Jack DannJack Dann, né le 15 février 1945 à Johnson City dans l'État de New York, est un écrivain américain de science-fiction, de fantasy et d'horreur ainsi qu'un éditeur connu pour ses nombreuses anthologies en collaboration avec Gardner R. Dozois. Vivant en Australie depuis 1994, il a commencé à publier au tout début des années 1970.
Récompenses :
Prix Nebula > Meilleur roman court 1996 pour Da Vinci Rising
Prix World Fantasy > Prix World Fantasy de la meilleure anthologie 1999 pour Dreaming Down-Under
Prix Aureali > Meilleur roman de fantasy 1996 pour The Memory Cathedral & Meilleure nouvelle de science-fiction 1998 pour Niagara Falling (coécrite avec sa femme Janeen Webb)

 

Michael Swanwick, né le 18 novembre 1950 à Schenectady, dans l'État de New York, est un écrivain américain de science-Michael Swanwickfiction. Résidant à Philadelphie, Pennsylvanie, il commence à publier au début des années 1980.
Si Stations des profondeurs a remporté le prix Nebula du meilleur roman, c'est surtout pour ses œuvres plus courtes que Swanwick sera récompensé par la critique. On pourra citer Le Bord du monde récompensé par le prix Theodore Sturgeon en 1989, Radio waves qui remporte le prix World Fantasy du meilleur roman court en 1996, et ses cinq prix Hugo pour Le Pouls brutal de la machine (1999), Scherzo avec tyrannosaure (2000), Tout sauf un chien (2002), Vie lente (2003) et Legions in Time (2004).
Il a également coécrit un certain nombre de nouvelles avec d'autres auteurs tels William Gibson (Duel aérien), Gardner R. Dozois (Les Dieux de Mars, Temps de neige) ou Jack Dann (Les Dieux de Mars, En tournée).
Swanwick a également publié sur la science-fiction elle-même. Ses deux essais The User's Guide to the Postmoderns (1986) et In the Tradition… (1994) se penchent respectivement sur la situation de la science-fiction et de la fantasy.

Walter Jon Williams

Walter Jon Williams, né à Duluth, Minnesota le 15 octobre 1953 est un écrivain américain.
Il a étudié à l'université du Nouveau-Mexique. Il vit actuellement près d'Albuquerque.
À l'origine écrivain de romans maritimes, il s'est ensuite consacré à la science-fiction (voire au cyberpunk). Walter Jon Williams a exploré différents styles, de l'humour au roman historique en passant par le thriller.
On lui doit ainsi comme ouvrages la série "Câblé", "Plasma"ou encore "Star Wars", des romans isolés tels que Le Coup du cavalier, Sept jours pour expier, Aristoï , Avaleur de mondes ...

  

Michael John Moorcock, né le 18 décembre 1939 à Mitcham, près de Londres, est un écrivain britannique, auteur de Michael Moorcocknombreux romans fantastiques et de science-fiction.
Il est un grand amateur de Edgar Rice Burroughs, ce qui le conduit en 1957 à devenir rédacteur en chef de la revue Tarzan Adventures ; il n'a que dix-huit ans. Il y publie ses premières nouvelles en 1957-1958, autour du héros Sojan, puis une série de romans pastichant Burroughs, le Cycle du guerrier de Mars, au début des années 1960. Vers la même période, il crée son héros le plus fameux, Elric de Melniboné (le premier recueil de nouvelles d'Elric, The Stealer of Souls, paraît en 1963), sur lequel il ne cessera de revenir au cours de sa carrière. En 1962, il épouse Hilary Bailey. Ils ont deux filles, Katherine (1963) et Sophie (1964), puis en 1971, un fils, Max.
Moorcock devient directeur de la revue New Worlds en mai 1964 et le restera jusqu'en avril 1968. Il sera alors rejoint a la direction par James Sallis, puis en février 1969 par Charles Platt . Un mois plus tard, James Sallis quitte la direction, et en avril c'est au tour de Moorcock de quitter la revue. Il reviendra en directeur unique pour les mois de septembre et octobre 1969. Durant son passage à la tête de New Worlds, la revue publie de nombreux jeunes auteurs (Roger Zelazny, Norman Spinrad, Gene Wolfe, John Brunner) dont les innovations sont mal vues par les lecteurs de science-fiction. New Worlds accumule de lourdes dettes qui obligent Michael Moorcock à écrire de nombreux romans alimentaires.
L'auteur a également, à diverses reprises, collaboré avec le groupe Hawkwind.

Ian R. MacLeodIan R. MacLeod est un auteur de romans de science-fiction, d'origine écossaise, né en 1956 à Solihull, une petite ville du centre de l'Angleterre proche de Birmingham.
Dans les années 1990, il est l'auteur de nombreuses nouvelles qui sont publiées dans les revues de science-fiction anglo-saxonnes. Certaines de ces nouvelles ont été citées ou ont décroché des prix littéraires.
Il a écrit, à ce jour, quatre romans, dont deux ont été publiés en France. Il semble avoir un intérêt particulier pour l'uchronie, procédé que l'on retrouve dans Les Îles du soleil, L'Âge des lumières et The House of Storm. Les deux derniers, qui ont pour cadre une Angleterre victorienne alternative dominée par une substance magique, l'éther, peuvent être également rapprochés du genre steampunk et de la fantasy.
Ian R. MacLeod vit aujourd'hui à Bewdley dans le Worcestershire.

jeudi 17 avril 2014

Orgueil et préjugés de Jane Austen

Orgueil et préjugés de Jane Austen 

Fiche détaillée

  Auteur > Jane Austen
Editeur > Folio
Collection > Classique
Genre > roman, classique
Date de parution > 1813 pour l'édition originale , 2007 pour la présente édition
Préface > Pierre Goubert
Titre original > Pride and Prejudice
Nombre de pages > 467
Traduction > de l'anglais par Pierre Goubert (2007)

auteur
(sources : Evene)

 

Catherine Morland de Jane Austen Née en 1775 au sein d'une famille appartenant à la bourgeoisie provinciale, Jane Austen a utilisé la cruauté du verbe et de sa langue subtilement pendue pour décrire le mode de vie de ses contemporains à travers ce qui semble être des histoires d’amour so british. La jeune Jane grandit dans une famille de pasteurs, entourée de huit frères et soeurs. Bien que vivant modestement, George et Cassandra Austen initient leurs enfants à l'amour de la lecture et la connaissance des arts. Dès l'âge de 11 ans, Jane écrit. Son éducation ainsi que celle de sa soeur Cassandra, dont elle restera très proche jusqu'à sa mort, se fera principalement dans le domaine familial. Elle se met à l'écriture de parodies sentimentales avant de se consacrer aux romans Northanger AbbeyRaison et sentiment et Orgueil et préjugés entre 1795 et 1798. En 1801, la famille Austen s'installe à Bath et quatre ans plus tard, le père de Jane décède : l'auteur ne se mariera pas, tout comme sa soeur Cassandra, et consacrera sa vie à l'éducation de ses neveux et nièces. Raison et sentiment, Orgueil et préjugés et Mansfield Park sont publiés successivement en 1811, 1813 et 1814. Elle laisse derrière elle un roman inachevé, Sanditon, emportée par la phtisie à l'âge de 41 ans (1817). L'auteur ne connut pas le succès en son temps et ne fut redécouvert qu'à la fin du XIXe siècle. Aujourd'hui, son talent de peintre des moeurs et de la province anglaise font d'elle un des auteurs pré-victoriens les plus connus et des plus mordants.

quatrieme de couverture

Orgueil et préjugés (1813) est le roman le plus populaire de Jane Austen. L'histoire en est simple : Elizabeth Bennet, qui se croit dédaignée par Darcy, jeune homme riche et hautain, s'amourache d'un bel officier, Wickham. Au roman sentimental et de coup de foudre, Jane Austen substitue celui qui décrit l'évolution d'une psychologie plus complexe, où se mêlent la raison, le sentiment de gratitude, la méfiance à l'égard des " premières impressions ". L'abondance des menus événements, qui passionnent autant que de grandes aventures, fait l'un des charmes du roman britannique. Elle se combine avec la finesse d'une analyse entièrement intégrée à la description du comportement, et avec un humour discret, mais toujours présent.

première phrase

"Chacun se trouvera d'accord pour reconnaître qu'un célibataire en possession d'une belle fortune doit éprouver le besoin de prendre femme."

avis personnel

 Il y a quelques années, je ne connaissais rien de l'existence de Jane Austen ni de ses romans, jusqu'à ce que je voie à la télévision l'adaptation cinématographique de 2005 et que j'en entende souvent parler par LindsayDole, une copinaute, qui ne jurait que par l'adaptation de la BBC et par Colin Firth, l'acteur incarnant M. Darcy.
La curiosité aidant, j'avais donc acheté cette adaptation, puis, définitivement conquise, le livre ! A la 1ère lecture, j'avais adoré. A la 2è (entreprise suite aux LC lancées par BouQuiNeTTe autour de l'oeuvre de Jane Austen), j'aime toujours autant, même si je suis moins aveugle aux défauts de mes personnages préférés ! 😌

Orgueil et préjugés de Jane Austen
Title page

Bref, pour ceux qui ne connaîtraient pas encore l'histoire, celle-ci, vue à travers les yeux d'Elizabeth Bennet, porte sur les tentatives frénétiques de sa mère de marier avantageusement ses cinq filles.
Aussi, quand Mme Bennet apprend l'emménagement à Netherfield dans leur voisinage de M. Bingley, homme riche et attrayant, s'imagine-t'elle pouvoir caser l'une de ses filles. En effet, le jeune homme semble tomber immédiatement amoureux de l'aînée, Jane, la plus jolie et la plus douce des soeurs Bennet, mais cet amour est contrarié par l'intervention de Darcy, son meilleur ami, qui le convainc que ses sentiments ne sont pas partagés.

Orgueil et préjugés de Jane Austen
He was full of joy and attention
~ Volume I, Chapter XI (11)

Dans le même temps, Elizabeth est demandée en mariage par le sentencieux et obséquieux M. Collins, le cousin qui doit hériter du domaine familial à la mort de M. Bennet, selon la pratique injuste, pour les femmes, de la substitution. Contre toute attente (enfin celle de la mère et du cousin ! 😁), elle refuse ce mariage sans amour, poussant M. Collins à se rabattre sur sa meilleur amie, Charlotte Lucas, qui semble dans de meilleurs dispositions...

Ces différentes contrariétés sont distraites par l'arrivée d'un régiment ; elle rencontre le charmant Wickham qui l'attire irrésistiblement, d'autant qu'il nourrit les mêmes sentiments qu'elle à l'égard de l'arrogant et déplaisant M. Darcy sur lequel il se livre à quelques confidences qui finissent par ruiner sa réputation déjà peu reluisante auprès d'Elizabeth...
Néanmoins, Lizzy, à sa grande honte, va se rendre compte, que malgré cette clairvoyance qu'elle s'enorgueillit de posséder, elle n'est pas à l'abri de fâcheux préjugés...

Orgueil et préjugés de Jane Austen
"I think him very disagreeable"
~ Volume I, Chapter XVI (16)

O&P retrace donc une année dans la vie d'une famille de la gentry campagnarde et celle de leurs voisins, entre bals, dîners, parties de cartes, promenades et revues militaires, mais derrière ces mille et un détails d'occupations frivoles, les thèmes abordés par l'auteure sont plus profonds, et ont trait, comme dans ses autres romans, aux difficultés pour les femmes de trouver leur propre place dans cette société rigide où les hommes leur ont assigné un rôle ingrat.
Il n'y a pas de vie pour une femme en dehors du mariage, et les tentatives désespérées des parents - voire des filles elles-mêmes - que ce soit du côté des Bennet comme celui des Lucas, pour marier leurs filles peuvent nous sembler drôles (d'ailleurs, elles sont traitées comiquement dans le roman avec le personnage de Mme Bennet), mais se révèlent en réalité douloureuses et un peu pathétiques. En effet, les jeunes filles sont poussées par leur famille (ou par la pression de la société) dans des mariages malheureux afin d'échapper à la pauvreté.
Ainsi, Charlotte Lucas se résigne-t-elle à épouser le ridicule et sot M. Collins afin de ne plus être un poids pour ses parents et ses frères :

 Sans se faire une haute idée des hommes et de la vie conjugale, elle s'était toujours fixé pour but le mariage. C'était la seule ressource honorable laissée aux jeunes femmes de bonne éducation et de maigre fortune et, malgré l'incertitude du bonheur qu'il offrait, nul autre moyen plus attrayant n'existait pour elles de se préserver du besoin. Cette garantie, elle la possédait maintenant et, à l'âge de vingt-sept ans, n'ayant jamais été belle, elle se rendait parfaitement compte de sa chance. (page 163)

Or, Elizabeth adopte une position contraire aux attentes de sa mère puisqu'à deux reprises, elle refuse un parti avantageux malgré sa situation financière précaire pour seul motif qu'elle n'est pas amoureuse ! Mais ne nous y trompons pas, l'amour auquel prétend Elizabeth n'est pas un amour passionnel, non, c'est un amour raisonnable qui grandit en même temps que l'estime et la découverte progressive des qualités de l'être aimé. Elizabeth est sûrement vaccinée contre les coups de foudre par l'exemple qu'elle a sous les yeux du couple peu assorti formé par ses parents. M. Bennet fait d'ailleurs allusion aux  désillusions et aux conséquences qui ont suivi son mariage rapide et imprudent avec la mère de ses filles, lorsqu'il conseille l'une de celles-ci :

  Je sais que tu ne pourrais être heureuse ni te conduire de manière respectable sans une estime sincère pour ton mari, sans admettre sa supériorité. Ta vivacité te ferait courir de grands dangers si ton partenaire ne te valait pas. Il te serait difficile d'éviter l'opprobre et l'amertume. Mon enfant, épargne-moi le chagrin de te voir dans l'incapacité de respecter la personne qui partage ta vie. Tu ne sais pas à quoi tu t'exposes. (page 424)

Quel constat terrible et désenchanté !

Orgueil et préjugés de Jane Austen
"You must allow me to present this young lady to you
 as a very desirable partner
."

~ Volume I, Chapter VI (6)

Mais l'intérêt d'O&P ne se limite pas aux nombreux problèmes soulevés par la place des femmes dans la société, car le point fort du roman se situe dans ses deux personnages principaux, Elizabeth Bennet et Fitzwilliam Darcy !
On se doute que ces deux-là finiront ensemble mais leur orgueil et leurs préjugés (d'où le titre) vont temporairement les séparer...

Orgueil et préjugés de Jane Austen
"Will you do me the honour of reading that letter?"
~ Volume II, Chapter XII (35)

Elizabeth Bennet est donc une jeune fille pleine de bons sens, de tact et de discernement, coincée dans le cadre restreint de la société versatile de Meryton et ses alentours, qui est un peu trop friande de commérages à son goût. Elle se fie à son jugement, qu'elle croit sûr, et porte sur les autres un regard acéré et ironique :

 Je n'aime véritablement que peu de gens et en estime moins encore. Plus je connais le monde et moins j'en suis satisfaite. Chaque jour appuie ma conviction de l'inconséquence de tous les hommes et du peu de confiance qu'on peut accorder aux apparences du mérite et du bon sens. (page 175)

Et pourtant, Elizabeth va se fourvoyer en se fiant aux apparences qui l'arrangent et aux confidences diffamatoires du sournois Wickham.
Comme on le voit, Lizzy est une héroïne imparfaite, qui ne craint pas de se contredire en condamnant très sévèrement et très injustement pour son mariage son amie Charlotte qui, selon ses propres mots, a "sacrifié tout respect d'elle-même à des intérêts matériels" (page 167) alors qu'elle comprend les motivations financières de Wickham quand il cesse de la courtiser pour une jeune fille plus riche ! (page 191)
Mais Elizabeth sait reconnaître ses erreurs en se moquant d'elle-même, ce qui fait qu'on lui pardonne très facilement ! D'autre part, c'est une jeune fille impertinente et audacieuse, qui ose défier les conventions sociales tout en respectant la bienséance, et qui ne se laisse pas intimider par des interlocuteurs au statut social supérieur, dans des scènes franchement jubilatoires.
Son courage, son esprit, son intelligence et sa gaité en font une héroïne délicieusement attachante.

Quant à Darcy, c'est le personnage masculin le plus fouillé dans l'oeuvre de Jane Austen qui a su le rendre fascinant et mystérieux. Il incarne avec morgue la dignité et l'honneur de cette caste fortunée et privilégiée de l'aristocratie terrienne ; il appartient à cette bonne société qu'Elizabeth ose défier. Son orgueil, son mépris, son arrogance le rendent déplaisant aux yeux de la communauté fréquentée par Lizzy ;  son ingérence dans l'histoire d'amour entre Bingley et Jane le rend odieux aux yeux de la jeune fille qui ne lui pardonne pas d'avoir brisé les chances de bonheur de sa soeur préférée. Dans ces conditions, tout rapprochement entre ces deux-là paraît fortement compromis !

Orgueil et préjugés de Jane Austen
"Come, Darcy," said he, "I must have you dance."
~ Volume I, Chapter III (3)


Et c'est pour cela que j'aime autant le retournement de situation : alors que l'on voyait Darcy la plupart du temps à travers le point de vue défavorable de Lizzy, alors que l'on croyait que le titre concernait uniquement le jeune aristocrate, l'héroïne se rend compte, en même temps que le lecteur, de ses propres préjugés et de son orgueil (même si certaines de ces remarques acerbes nous avaient un peu mis sur la voie ! 😅).
La vérité sur ces deux personnages complexes va au-delà de "notre première impression", à l'instar des  découvertes de Lizzy sur elle-même.

Orgueil et préjugés de Jane Austen
This formidable introduction took place
~ Volume III, Chapter II (44)

Mais l'intrigue est également servie par toute une galerie de personnages secondaires très bien travaillés et dont les actions interfèrent.
L'humour grinçant d'un M. Bennet en fait un personnage éminemment sympathique, nous faisant presque oublier qu'il a fui ses responsabilités paternelles, conduisant à l'éducation défectueuse de ses trois plus jeunes filles. Sa négligence a failli coûter la réputation à l'ensemble de ses filles.  De plus, ses remarques à l'encontre de ses filles ou de sa femme sont parfois cruelles, même si elles sont drôles...

Orgueil et préjugés de Jane Austen
"My dear Mr. Bennet, how can you be so tiresome?"
~ Volume I, Chapter I (1)

Mme Bennet est une femme superficielle et sotte mais  sa marotte à trouver des époux acceptables à ses filles, sa volubilité et les sempiternelles allusions à ses "pauvres nerfs" rendent ses interventions à la fois extrêmement comiques et agaçantes... Pour sa décharge, marier cinq filles constitue un véritable défi doublé d'une véritable malédiction, et contrairement à son mari, elle semble la seule préoccupée par le sort de ses enfants...

Les autres personnages ne sont pas moins hauts en couleur ni brossés avec beaucoup de talent qui les rend tous uniques...

Pour conclure une relecture délicieuse et jouissive. Le style pétillant, ironique et élégant de Jane Austen nous transporte dans une histoire d'amour tumultueuse magnifiquement écrite, servie par des personnages campés avec brio, des dialogues incisifs et un couple d'amoureux inoubliables...

Orgueil et préjugés de Jane Austen
Gave him to understand that her sentiments had undergone so material a change--
~ Volume III, Chapter XVI (58)


Appréciation :

note : 5 sur 5

Crédit images : C.E. Brock illustrations

extrait

  Elle put contempler alors un portrait étonnamment ressemblant de M. Darcy. Un sourire flottait sur ses lèvres qu'elle se rappela lui avoir connu quelquefois, lorsqu'il la regardait. Elle s'attarda plusieurs minutes devant ce tableau sans pouvoir en détacher les yeux, puis y retourna avant leur départ de la galerie. Mme Reynolds les informa qu'il avait été exécuté du vivant du précédent propriétaire.
Il se formait certainement en cet instant dans le coeur d'Elizabeth un sentiment plus doux à l'égard de l'original que tout ce qu'elle avait pu ressentir depuis qu'elle l'avait mieux connu. Ce que Mme Reynolds avait trouvé à dire à son avantage n'était pas de médiocre importance Quel éloge a plus de prix que celui d'un domestique intelligent ? Il était à la fois un frère, un propriétaire, un maître ; elle réfléchit au nombre des personnes dont il tenait le bonheur entre ses mains, au plaisir ou à la peine qu'il était en son pouvoir de dispenser, au bien ou au mal qu'il ne pouvait qu'être amené à faire. Tout ce dont avait plaidé la femme de charge plaidait en sa faveur. Debout devant la toile où il était représenté et d'où il fixait son regard sur elle, elle évoqua son affection avec une gratitude plus profonde que ce qu'elle avait provoqué jusque-là.
(page 291)

Orgueil et préjugés de Jane Austen
Mrs. Reynolds informed them that it had been taken in his father's lifetime.
~ Volume III, Chapter I (43)

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