Affichage des articles dont le libellé est 39-45. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est 39-45. Afficher tous les articles

mercredi 22 août 2018

Mémoires d'espions en guerre d'Yvonnick Denoël


 


Editions : Nouveau Monde
Parution : 27 février 2018
Genre : Essai
Pages : 457
Partenariat


Résumé :

Quel rôle ont joué Les espions dans les deux guerres mondiales ? Voici pour la première fois réunis les témoignages d'hommes et de femmes qui ont contribué à façonner cette histoire. Les historiens ont souvent ignoré ou minoré l'importance du renseignement dans le fait militaire contemporain. Il est vrai que les témoignages doivent être recoupés par Les archives, ce qui requiert le recul du temps. Cette anthologie sans équivalent propose donc une histoire parallèle des deux guerres mondiales, telle qu'il est enfin possible de l'écrire. Des "coups tordus" entre belligérants de la Grande Guerre aux décryptages décisifs de La Seconde Guerre, des agents doubles (voire triples) aux saboteurs infiltrés en territoire ennemi, des simples informateurs aux "seigneurs" de l'espionnage, des anciens des services allemands, russes, français, britanniques, américains, etc. dévoilent ici des épisodes marquants, et souvent stupéfiants, de Leur carrière. On croisera des noms connus des historiens du renseignement, comme Marthe McKenna, Walter Schellenberg, Le colonel Rémy ou Pavel Soudopla-tov.. Mais on découvrira aussi nombre de personnages dont nous publions le témoignage inédit. Ces récits sont éclairés par la recherche la plus récente. La sélection présentée écarte ceux, parmi les plus célèbres, dont on sait aujourd'hui qu'il s'agissait de pures inventions ou d'exagérations.

 

Mon avis :

Mémoires d'espion en guerre offrent les témoignages d'espions ayant oeuvré durant les Première et Deuxième Guerres mondiales. Dans l'introduction, Yvonnick Denoël nous explique l'évolution de l'espionnage, majoritairement exercé par des amateurs en 1914-1918, avant de donner naissance à l'espionnage moderne en 1939-1945.
L'auteur a choisi avec soin les mémorialistes, éliminant ceux qui livraient des récits trop fantaisistes ou mensongers. Chaque chapitre du livre est composé du témoignage d'un espion sur un événement précis, précédé d'une note explicative avec quelques brefs renseignements biographiques.
Ce qui était intéressant, c'est que l'on a le point de vue des différents camps, et pas seulement de celui des vainqueurs. Ainsi, nous pouvons lire le témoignage d'espions de diverses nationalités (belge, française, allemande, autrichienne, tchèque, hongroise, russe, américaine, anglaise...)
J'ai trouvé ce livre passionnant et très instructif. Ainsi, je ne pensais pas que les femmes étaient aussi nombreuses à espionner durant la Première Guerre mondiale ! Et c'est toujours intéressant de voir la guerre à travers les yeux des espions eux-mêmes, qui n'agissent pas forcément pour les mêmes motivations (patriotisme, idéologie, matérialisme...). En tout cas, ll faut faire preuve d'astuce, de sang-froid, et savoir souvent s'adapter ou parfois suivre son instinct, car c'est un métier extrêmement risqué.
C'est une guerre totale : tous les moyens sont bons pour désinformer, déstabiliser le camp adverse (y compris par l'usage de la fausse monnaie) et c'étaient intéressant de constater que certains mémoires en recoupaient d'autres.


Merci Babelio et aux éditions du Nouveau Monde pour ce partenariat.

.
D'autres avis : Livraddict ♦ Babelio ♦ Booknode ♦



dimanche 6 septembre 2015

Les loups de Voïvodine de Miroslav Popović

Les loups de Voïvodine de Miroslav Popović

Fiche détaillée

  Auteur > Miroslav Popović
Editeur > Gaïa
Genre > Historique
Date de parution > 1983 pour l'édition originale , 2002 pour la présente édition
Titre original > Sudbine
Nombre de pages > 358
Traduction > du serbo-croate par Alain Cappon

auteur
(sources : éditions Gaïa)

Les loups de Voïvodine de Miroslav Popović
Miroslav Popović est né en 1926 en Yougoslavie et meurt en 1985. Son unique roman, publié à 57 ans, sera un grand succès public et médiatique, couronné de prix prestigieux. Les loups de Voïvodine vient rompre avec les tabous entourant la sombre période de la Seconde Guerre mondiale. Un livre destin à l'image de son propos et de son auteur qui connut les geôles de Tito.

 

quatrieme de couverture

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, une ville de Yougoslavie, quelque part en Voïvodine.
Une ville haute et une ville basse, une population mêlée, aux origines variées, aux religions diverses. Dans cet équilibre, ni fragile ni séculaire, pénètre, un voyageur, venu par les chemins enneigés. Il ne perturbe rien, il vient simplement prendre sa place dans le tableau, comme dans une société qui l'attend, à l'image de Soko, la chienne du précédent gardien. Car Bogdan Žurajica vient d'être embauché par la fabrique de Monsieur Albrecht, comme gardien de l'entrepôt de meubles. Il y côtoiera David, l'apprenti, et Maître Franz, le responsable d'atelier. Une petite société à elle toute seule, cette fabrique, tant ce qui va s'y dérouler est le reflet exact de ce qui traumatisera la ville toute proche.
Le IIIe Reich envahit la Pologne et mobilise ses forces, les Souabes, ces Serbes de souche allemande. Et lorsque trois jours plus tard, l'armée allemande investit la ville, les équilibres se redessinent. On découvre tout à coup que son patron est juif, que sa jolie voisine est souabe, que son ennemi juré est de la même origine que soi... Tout se bouleverse et chacun cherche sa place dans ce grand chambardement.


Tout à la fois saga familiale, chronique sociale, fresque historique, Les loups de Voïvodine est surtout un roman d'une poésie flamboyante. Qui porte un regard très juste sur l'homme et sa société, et donne bien des clefs sur l'Histoire des Balkans.

première phrase

"La brève après-midi de novembre était entrée en agonie sitôt commencée."

avis personnel

 À travers ce livre, Popovic nous offre la chronique quotidienne d'une petite ville fictive de Voïvodine, qui débute 3 ans avant la guerre et se termine 1 ans après (c'est-à-dire que la période court de 1938 à 1942 car la Yougoslavie reste neutre jusqu'en 1941).

L'auteur nous brosse toute une galerie de portraits : Aleksandar Albrecht, le fabriquant juif de meubles, et sa femme Herta ; David Blanuša, le jeune apprenti d'Albrecht qui se laisse parfois aller à des propos malveillants ; maître Franz Teibel, le menuisier qui disparaît après la mobilisation ; Ignjat Stojša, le contre-maître ; Viktor Seibert, un Souabe, propriétaire du cinéma «Colosseum», fou amoureux de sa femme, Jelena, qui le trompe ; Jevrem, le charretier rustre, "prétentieux et bouffi d'orgueil" ; la veuve Burovac, qui ne peut vivre sans locataire enclin à réchauffer sa couche ; Emilija Blanuša, la soeur de David, jeune serveuse de la «Corne d'or» qui rêve d'épouser un homme riche ; Jorgovan, le patron du bar, mariée à une Turque ; l'untersturmführer Otto Klischke, homme qui symbolise toutes les ambivalences des officiers de la Gestapo, se montrant d'une exquise politesse envers ceux de la race aryenne mais torturant sans état d'âme les résistants yougoslaves ; et enfin Bogdan Žurajica, un bûcheron étranger embauché comme gardien de nuit au magasin d'Albrecht au tout début du roman.

C'est donc un peu ardu pour le lecteur de se familiariser avec tous ces protagonistes, d'autant que la 1ère partie est assez longue à se mettre en place. En effet, l'auteur décrit minutieusement et avec moult détails, jusqu'à leur insignifiance, le quotidien banal de ces gens, ce qui n'en rend que plus saisissant ensuite l'horreur de leur situation.

Le 6 avril 1941, la guerre éclate en Yougoslavie. Quelques jours plus tard, les Allemands occupent la ville de Nova Palanka, remettant en cause la coexistence harmonieuse de cette mosaïque d'ethnies et de religions. Chacun va se replier sur sa communauté. Les Souabes, allemands de souche,  collaborent "naturellement" avec les occupants nazis ; les Juifs sont regroupés pour être publiquement humiliés dans l'indifférence presque générale (à part la réaction indignée de quelques hommes encore sensibles à la dignité humaine), en fin de journée, ces mêmes Juifs se rencontrent secrètement pour gloser sur l'humanité ; le reste de la population est préoccupée par sa survie, passant parfois par le marché noir.

Chacun réagit donc différemment à l'arrivée des soldats allemands.


Les Juifs sont inconscients de la réalité de la guerre, refusant de croire aux atrocités commises :

 ”Que des hommes, des adultes, aient été fusillés ici ou là, je veux bien le croire. Des otages, sans doute... Mais fusiller des femmes et des enfants, non, c'est franchement ridicule ! Excusez-moi, mais nous vivons au vingtième siècle. Et ce sont quand même les Allemands qui nous ont donné Goethe et Schubert, ne l'oublions pas...
(page 240)

De leur côté, les Souabes acceptent de déposséder les Juifs. Maître Franz, homme dont la bonté ne peut être remise en cause, devient le nouveau patron du magasin d'ameublement d'Albrecht sans se rendre compte de ce que cela implique. Mais peu à peu, on assiste à la transformation de son caractère, perverti par l'idéologie nazie et sa mise en application : le magasin devient le lieu d'un drôle de trafic, où des meubles de très bonne facture arrivent en pièces détachées pour repartir ailleurs, tandis que l'usine d'Albrecht ne produit plus aucun meuble.

 ”... en s'acquittant de leur petite besogne sans se préoccuper de son aboutissement, ils se sont tout bonnement exclus de l'humanité. L'homme est un être qui pense, un être responsable. Ces gens-là ont renoncé à leur titre d'homme.
(page 242)

Des dérapages, des exécutions sommaires éclatent soudainement alors que la banalité du quotidien ne laissait à aucun moment présager ces drames.
Ce qui est terrible, c'est la résignation des victimes qui ne se rebellent jamais contre leur sort ainsi que l'obéissance aveugle des Souabes à l'occupant allemand dont ils ne remettent jamais en question le comportement inhumain. Le lecteur assiste, impuissant et horrifié, au mécanisme de la banalité du mal
, que la phrase sans concession de Jelena, jetée à la figure d'un père sollicitant son intercession pour son fils, rend glaçante :

 ”Le grand Reich allemand ne châtie pas les innocents, et je ne saurais m'engager pour un coupable.
(page 250)

 Pour conclure, un livre prenant, que l'abondance des détails sans importance aurait pu rendre indigeste mais qui au final ne rend que plus saisissants les drames qui se jouent entre les différents protagonistes. L'émotion est palpable à certains passages, d'autant que le lecteur connait à l'avance le sort de certaines communautés. 

Appréciation :

note : 4 sur 5

extrait

 ” Et de cette horrible vieille souche, depuis longtemps rejetée hors du temps, malicieusement recourbée sur elle-même comme au terme d'une grave maladie qui l'aurait rendue infirme et à jamais maligne, montait alors une odeur inattendue de bois frais, un parfum de forêt, peut-être même cette senteur de feuillage jeune et plein de sève dans laquelle baignait cette souche monstrueuse au temps où elle n'était pas encore souche mais partie vivante d'un arbre qui la berçait de son bruissement.
(page 108)

divers

 La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

Ma 54ème participation au challenge de Lynnae -

Virée littéraire européenne 

Ma 1è participation à la 2è édition du challenge de BouQuiNeTTe - séjour en Serbie
D'autres billets sur le Kosovo/la Serbie/l'Albanie : Sharon ♦ Julie ♦ Salhuna ♦

le tour du monde en 8 ans

Ce billet est ma 21è participation au challenge d'Helran - cette escale compte pour la Serbie

Logo Livraddict

babelio