Auteur > Jean-Louis Fetjaine
Editeur > Belfond
Série > La trilogie des elfes, tome 2
Genre > Fantasy
Date de parution > 1999
Nombre de pages > 278

(source : Wikipédia)

Né en 1956, Jean-Louis Fetjaine est diplômé de philosophie et d'histoire médiévale. Il a été journaliste, puis traducteur et nègre littéraire aux Presses de la Cité. Le succès de sa Trilogie des elfes l’impose comme l'un des principaux représentants de la fantasy en France dès 1998. Il publie ensuite Le Pas de Merlin et Brocéliande, deux récits épiques entre la fantasy et le roman historique, puis s'oriente vers ce dernier genre avec la série Les Reines pourpres en deux tomes. Pour Le Pas de Merlin, il remporte le prix Imaginales du meilleur roman de fantasy en 2003. En 2008, il revient à la fantasy avec Lliane, préquelle de la Trilogie des elfes et premier tome des Chroniques des elfes. Il met en lumière les événements qui ont fait de Lliane une reine et une guerrière. Il a par ailleurs publié avec les photographes et infographistes Jean-Baptiste et Sandrine Rabouan, des albums illustrés sur le monde des fées et des elfes et des petits contes pour enfants.

Le monde a sombré dans le chaos lorsque les hommes ont exterminé les derniers royaumes nains. Seuls les elfes pourraient s'opposer à eux, mais ils se sont retranchés dans leurs immenses forêts, inconscients du danger qui les menace à leur tour.
Pour empêcher le duc Gorlois d'étendre la domination des hommes sur la terre, au nom de Dieu, le druide Merlin s'attache aux pas du chevalier Uter, l'amant de Lliane, la reine des elfes. Investi du pouvoir de Lliane, Uter devient le Pendragon, chef de guerre de tous les peuples libres, et tient désormais entre ses mains le pouvoir de restaurer l'ordre ancien. Mais il lui reste à choisir entre l'amour de deux reines : Lliane, l'inaccessible, réfugiée dans son île d'Avalon ; ou Ygraine, si réelle, si humaine ...
Récit flamboyant du combat entre deux mondes, deux religions, deux femmes, La Nuit des elfes apporte une dimension violente et sensuelle à la genèse du cycle arthurien.
La Nuit des elfes est le deuxième volet de la saga entreprise avec Le Crépuscule des elfes.

"Le monde, jusqu'alors, était en paix."
Je craignais de lire ce deuxième tome car le premier m'avait laissée sur une note mitigée mais cette fois, la magie a totalement opéré sur moi.
Tout d'abord, j'ai retrouvé avec délice la plume envoûtante de Fetjaine, dont j'avais déjà apprécié la poésie dans le tome 1. Son style très agréable, très évocateur, très précis, nous emporte littéralement dans le fracas des combats ou dans les méandres brumeux, oniriques, de la forêt de Brocéliande...
Ensuite, l'auteur, contrairement au précédent tome, prend le temps de décrire cet univers (j'ai adoré les scènes de combats très réalistes ainsi que celle du tournoi, et bien d'autres encore !) ainsi que les sentiments animant ses personnages qui gagnent ainsi en épaisseur (même s'il reste quelques personnages sacrifiés à l'histoire et peu développés : par exemple, je n'ai pas compris à quoi servaient vraiment Bran ou Ulfin qui sont presque transparents...) !
Je dois avouer que le personnage qui m'a le plus touchée est Llandon, le roi des hauts-elfes, qui découvre qu'il peut ressentir des sentiments humains, comme la haine et la jalousie ou même l'amour, jusqu'ici étrangers à la nature elfique... Il incarne à mes yeux une figure tragique confrontée à un destin que l'on pressent inéluctable ! Si bien que j'attendais avec impatience les passages où il apparaissait...
Ce tome est beaucoup plus sombre, beaucoup plus sanglant, beaucoup plus mystique que le premier !
Là où le roi Pellehun était animé par la soif de conquête, tout en déplorant le carnage des soldats nains (page 34 : "Il n'y avait pas de joie dans l'anéantissement des nains. Juste un écoeurant dégoût"), Gorlois, lui, nourrit l'ambition d'éradiquer complètement les autres races en se servant de la religion pour mener cette croisade !
Car il est beaucoup question de foi dans ce tome. Les nains ont disparu, non pas par ce qu'ils ont été militairement vaincus, mais parce qu'ils ne croyaient pas aux légendes de leur talisman. Tandis que les chrétiens, assez isolés pour l'instant, apparaissent comme la puissance montante grâce à leur foi indéfectible !
Malgré l'espoir, toujours fragile et menacé, se dégage du livre une espèce de désenchantement.
Alors même que le pouvoir magique de Lliane donne à Uter ses succès militaires, il le vide dans le même temps de toute âme, de toute substance, faisant de lui une coquille vide, n'éprouvant plus que le remords d'avoir trahi ses anciens frères d'armes.
Mais l'heure des choix, aussi douloureux soient-ils, est venu pour Uter !
Pour conclure, une lecture que j'ai énormément appréciée. Les personnages principaux gagnent enfin en profondeur, les détails réalistes fourmillent donnant une âme à l'histoire et l'écriture poétique de Fetjaine sait faire naître des moments de magie pure provoquant notre émerveillement. J'ai hâte de lire la suite...
Appréciation :

Mes autres avis sur la trilogie : tome 1 ♦ tome 3
Résumé détaillé (contenant donc des spoilers)

"L'ennemi était là, derrière lui, à peine visible dans la brume blanche. Il n'entendit que sa voix.
- Oferceald sar hael hlystan !
La malédiction de la glace... Un froid intense, perçant comme une flèche gelée, le frappa au coeur. Il tomba à genoux, puis à la renverse dans les fougères, le souffle coupé par la douleur. Mais, au-delà de la brume, il l'avait reconnue.
- Lliane...
Le froid s'étendait dans ses veines, frappait ses tempes, et la voix de sa soeur, répétant encore et encore son atroce incantation, ne lui parvenait plus qu'assourdie, lancinante. Déjà, la douleur s'était estompée, et l'engourdissement apaisait l'intolérable souffrance. Ses yeux épaissis par le gel voyaient les fougères se couvrir de givre, tout autour de lui, puis se briser comme du verre, sans un bruit. D'ailleurs, il n'y avait plus de bruit, pas même celui de son propre souffle. Pas même celui des pas de Lliane quand elle s'approcha. Il la vit ramasser son enfant et la couvrir de baisers, puis se pencher sur lui, les yeux brillants de haine, effrayante dans sa nudité zébrée d'écorchures. Il vit son expression changer quand elle le reconnut, passer de la haine à la stupeur, puis de la stupeur à l'horreur. Il voulut parler, mais sa langue gelée se brisa dans sa bouche. Et son dernier souffle forma une pellicule de givre sur ses lèvres."


Ce billet est ma 9è participation au challenge de Miyuki. - Llandon, malgré le fait qu'il a basculé dans le côté sombre, incarne pour moi le prince charmant, je ne saurais m'expliquer ce craquage complet... 😍

Ma 2ème participation au challenge d'Auudrey.

Ma 4ème participation au challenge de Myrtille - (légende arthurienne revisitée)


