vendredi 28 mars 2014

[Rendez-vous] Héros ou couple inoubliable (6)

Héros ou couple inoubliable

Cassie56 nous propose ce rendez-vous hebdomadaire pour parler d’un héros ou d’une héroïne ou d’un couple qui nous a marqué (en alternance d’une semaine sur l’autre), récemment ou de façon plus ancienne et de répondre à 3 questions :

♦ Pourquoi cette personne ou ce couple ? ♦
♦ Est-ce le personnage (ou le couple) principal ? ♦
♦ Quel aspect particulier du personnage ou de la relation vous l’a fait aimer ? ♦

 ~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Cette fois, j'ai choisi un couple particulièrement incontournable de la littérature française puisqu'il s'agit de la marquise de Merteuil et du vicomte de Valmont, personnages emblématiques des Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos.

La marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont

Pourquoi ce couple ?

Ce sont les meneurs de jeu de ce roman épistolaire, ceux qui manipulent et perdent les autres personnages.

Est-ce le couple principal ?

Et comment ! La marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont trompent leur entourage, agissent directement sur les événements et tirent les ficelles sans que les autres n'en prennent conscience.

Quel aspect particulier de la relation vous a fait aimer ce couple ?

Ce n'est pas vraiment que j'ai aimé ce couple, mais leur ambiguïté et leurs motivations les rendent fascinants.
La marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont apparaissent de prime abord comme deux complices. Ils ont été amants et se sont découverts des dispositions communes : le libertinage et le mépris des autres alliés à un orgueil incommensurable, si bien qu'après leur rupture ils ont gardé contact à travers une correspondance suivie, dans laquelle ils se confient leurs stratégies de séduction et leurs exploits amoureux.

Néanmoins, au fil du roman, le lecteur se rend compte que cette relation complice est plus conflictuelle qu'elle n'en a l'air. La marquise, puisque c'est une femme, est obligée de se cacher pour agir à sa guise sous peine de se voir bannie de la bonne société, tandis que Valmont n'est jamais inquiété pour ses forfaits. La marquise, de ce fait, doit faire preuve de plus de machiavélisme et d'intelligence pour parvenir à ses fins et se placer sur un pied d'égalité avec les hommes. Consciente de son ascendant sur Valmont, elle va le manipuler pour le conduire à rompre avec la seule femme qu'il ait jamais aimée  et à reconnaître ainsi sa supériorité...
Leur rivalité s'intensifie progressivement pour les mener à une déclaration de guerre dont l'issue les brisera tous deux.

La marquise de Merteuil et le vicomte de Valmont

Et c'est l'orgueil, qualité dont ils étaient tellement fiers, qui aura été l'origine de leur chute !

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

D'autres couples inoubliables :

Kaeso le prétorien et Io chez Cassie

mercredi 26 mars 2014

Ombrer les textes et liens

astuce donnée par Samiie :

p {text-decoration : none ! important; text-shadow : red 5px 5px 9px;}

samedi 22 mars 2014

Une saison à Longbourn de Jo Baker

Une saison à Longbourn de Jo Baker

Merci à
babelio

et aux éditions  

stock

pour ce partenariat !

 

Fiche détaillée

Auteur > Jo Baker
Editeur > Stock
Collection > La Cosmopolite
Genre > roman historique, austenerie
Date de parution > 2013 dans l'édition originale, 2014 dans la présente édition
Titre original > Longbourn
Nombre de pages > 389
Traduction > de l'anglais  par Sophie Hanna

auteur(sources : Ed.Marshall)

Jo Baker 

Jo Baker est née dans le Lancashire. Elle a étudié à Oxford et à la Queen's University, à Belfast. Elle a écrit pour la BBC Radio 4 et a été la directrice artistique du festival littéraire de Belfast entre 2001 et 2003. Une saison à Longbourn est son quatrième roman, le premier publié en France. Elle vit aujourd’hui à Lancaster.  

 

quatrieme de couverture

Sur le domaine de Longbourn, vivent Mr et Mrs Bennet et leurs vénérables filles, en âge de se marier.
À l’étage inférieur veillent les domestiques. Personnages fantomatiques dans le célèbre roman de Jane Austen, Orgueil et préjugés, ils deviennent ici des êtres de chair et de sang qui, du matin au soir, astiquent, frottent, pétrissent et vivent au rythme des exigences et des aventures de leurs bien-aimés patrons. Mais ce que les domestiques font dans la cuisine, sans être observés, pendant qu’Elizabeth et Darcy tombent amoureux à l’étage, relève d’eux seuls… Une histoire d’amour peut en cacher une autre, et qui sait quel secret enfoui risque de ressurgir.

première phrase

"Il était impossible de porter des vêtements sans les avoir blanchi que de sortir sans vêtements, en tout cas certainement pas dans le Hertfordshire, et en septembre."

avis personnel

Ayant déjà eu une expérience pas très convaincante avec un livre dérivé d'Orgueil et Préjugés intitulé Georgiana Darcy'Diary, j'étais un peu méfiante mais finalement, je n'ai pas pu résister à la proposition de Babelio de découvrir cette nouvelle vision car elle mêlait l'univers d'Austen à celui de Downton Abbey (série que j'adore) ! Et j'ai eu raison de succomber à la tentation car ce fut une lecture délicieuse...

Ici, l'histoire de Lizzy et de sa famille est racontée à travers le point de vue des domestiques à leur service. Nous suivons plus particulièrement le destin de Sarah, jeune orpheline retirée de l'hospice des indigents à 7 ans par l'intendante des Bennet, Mrs Hill. Douze ans plus tard, Sarah travaille toujours durement pour eux, les jours se suivant aux autres, sans surprise.
Or, la domesticité des Bennet, composée de Mr et Mrs Hill, Sarah et la très jeune Polly, va voir ses journées bien réglées troublées par l'arrivée du jeune, beau et famélique James Smith, le nouveau palefrenier et cocher.
Discret, efficace, il éveille l'intérêt de Sarah, la jeune chambrière, qui, vexée par l'indifférence arrogante qu'il lui manifeste, se met à scruter ses moindres faits et gestes, persuadée qu'il ment sur ses précédents emplois et qu'il leur cache quelque chose...

L'idée de l'auteure d'aborder l'histoire mille fois revisitée d'Orgueil et Préjugés en mettant l'accent sur la vie des domestiques est à la fois très maligne et assez casse-cou, mais elle s'en tire avec brio !
Elle a su exploiter les particularités des personnages de Jane Austen en les intégrant habilement à la trame de son histoire (ainsi, Sarah, alors qu'elle s'échine à débarrasser les robes de Lizzie de la boue qui les macule regrette que la jeune lady ne soit pas plus soigneuse, faisant référence à son goût pour les longues promenades à travers la campagne, page 16).

De plus, voir les Bennet à travers les yeux des domestiques modifie sensiblement notre perception d'eux, sur leurs qualités et sur leurs défauts.
Ainsi, Mrs Bennet et ses filles Lydia ou  Mary, voire même Mr Collins, sont en quelque sorte réhabilités, apparaissant plus touchants que pitoyables.
Elizabeth et Mr Bennet sont de leur côté quelque peu démythifiés. En effet, même si Lizzie fait preuve de bonté à l'égard de Sarah, allant même jusqu'à lui prêter des romans ou lui donner ses vieilles robes, on ressent toute la distance sociale infranchissable entre elle et sa bonne.

Jo Baker nous offre une peinture extrêmement réaliste, non seulement des dures conditions de vie des domestiques s'apparentant à un semi-esclavage, mais également de celles des femmes de la gentry, réduites au rôle de poule pondeuse.
Sarah et Polly sont les premières levées et les dernières couchées, sans connaître un instant de repos. Elles briquent, lavent, blanchissent le linge souillé, pétrissent le pain, vident les pots de chambre, rafistolent les vêtements avec dévouement... Leurs mains sont gercées et abîmées par leurs dures travaux, et leurs habits sont imprégnés d'odeurs peu ragoûtantes.
Sarah se rebelle intérieurement contre sa condition, rêve d'un ailleurs meilleur, porte un regard de plus en plus critique sur la société fréquentée par les Bennet :

 ... c'étaient les Long, les Lucas, les Goulding, les mêmes voisins de toujours qui franchissaient les portes de Longbourn année après année, dans les maisons desquels les Bennet se rendaient de toute éternité pour jouer à leurs sempiternels jeux de cartes, s'attabler devant les mêmes soupers, participer aux mêmes vieilles danses et porter les mêmes vieilles robes de bal (...) Tous partageaient les mêmes taches de rousseur, rides, mauvaise haleine, cicatrices de varicelle. Les mêmes opinions éculées, les mêmes conversations sur la chasse, les routes, le temps, année après année dans une succession interminable. Comment pouvaient-ils le supporter ? (page 169).


Quant à Mrs Bennet, à l'instar du célèbre mot de Marie Leczinska «toujours couchée, toujours grosse, toujours accouchée», la pauvre tombe régulièrement enceinte trois mois après chacune de ses couches, celles-ci se révélant de plus en plus éprouvante.

 Mrs Bennet n'eut pas de garçon. A la place, elle eut un incident. (...)  Mrs Hill, surprise par un cri soudain et un jaillissement de sang, accoucha sa maîtresse elle-même. Elle sut avant même de soulever la petite créature dans ses bras, aussi légère qu'un chaton, la peau aussi mince que la peau du lait, qu'il n'avait aucune chance. Il était arrivé bien trop tôt. Elle l'emmaillota et le posa sur la couverture. Sa maîtresse s'effondra en sanglots. Mrs Hill ne la quitta pas lorsque le chirurgien vint s'occuper d'elle, la torturant de ses soins. Elle lui administra ses trois premières gouttes de laudanum, son premier demi-verre de Gilead. Puis elle lui écarta de nouveau les cheveux quand trois mois plus tard, Mrs Bennet vomissait de nouveau, prise de violentes nausées. (page 266).

On est donc plongés au coeur de l'intimité des maîtres et de leurs domestiques, dans une réalité toute crue dépeinte sans complaisance aucune, et ce fut absolument captivant d'autant que chaque personnage est attachant (à part Wickham, toujours égal à lui-même et proprement imbuvable !)!

 Je remercie encore Babelio et Valentine des éditions Stock pour cette belle découverte qui me réconcilie avec la littérature para-austenienne.
Enfin une re-écriture intelligente de l'oeuvre de Jane Austen, pour laquelle l'auteure s'appuie sur une solide  documentation pour décrire la vie des domestiques à cette époque.
Seuls bémols : certains dialogues entre Lizzie et Sarah qui sonnent faux selon moi, ainsi qu'une révélation qui n'avait vraiment  pas toute son utilité...

Appréciation :

note : 4 sur 5

extrait

page 37 :
"Sarah plongea dans l'évier la poêle qui avait servi à faire des oeufs et regarda le blanc pâlir et se détacher. Jane se débrouillait bien avec les hommes, avec les gentleman. L'un d'eux lui avait même écrit des poèmes. Comment obtenait-on cela d'un homme ?
Dans ce genre d'occasion, Jane s'asseyait avec distinction, souriait, écoutait la tête savamment inclinée, répondait poliment lorsqu'on s'adressait à elle, et donnait toujours le sentiment d'être contente de converser et de danser quand on l'invitait. Mais Jane était réellement ravissante, une beauté disait-on - et elle avait affaire à des gentlemen, pas à des hommes. Une fille ordinaire comme elle, songea Sarah, prendrait des risques si elle appliquait ce genre d'approche - elle redressa les épaules, sourit, inclina la tête - à un homme ordinaire. Seuls les gentlemen avaient du temps et le loisir de consacrer de longues heures à vaincre la pudeur d'une femme.
Sarah baissa les yeux sur ses mains abîmées qui sentaient la graisse, les oignons et le savon de cuisine, puis sur sa robe couleur de bile qui pendouillait. Voilà, ce devait être ça son odeur, où qu'elle aille, quand ce n'était pas pire."

divers

Challenge austenien organisé par Alice

Challenge austenien organisé par Alice.

La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

Ma 26ème participation au challenge de Lynnae - évocation des guerres napoléoniennes

stock 

babelio

Logo Livraddict

booknode

mercredi 19 mars 2014

[Rendez-vous] Héros ou couple inoubliable (5)

Héros ou couple inoubliable

Cassie56 nous propose ce rendez-vous hebdomadaire pour parler d’un héros ou d’une héroïne ou d’un couple qui nous a marqué (en alternance d’une semaine sur l’autre), récemment ou de façon plus ancienne et de répondre à 3 questions :

♦ Pourquoi cette personne ou ce couple ? ♦
♦ Est-ce le personnage (ou le couple) principal ? ♦
♦ Quel aspect particulier du personnage ou de la relation vous l’a fait aimer ? ♦

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

Aujourd'hui, j'ai décidé de mettre à l'honneur Logain Ablar, l'un des personnages de la saga La Roue du Temps de Robert Jordan.

Logain Ablar
image©ReddEra

Pourquoi cette personne ?

J'aime bien sa nature mélancolique et ambivalente.

Est-ce le personnage principal ?

Logain n'est pas un personnage principal, mais de par sa capacité à canaliser le saidin, il devient un enjeu stratégique pour les différents protagonistes, puis l'un des lieutenants du Dragon Réincarné.

Quel aspect particulier du personnage vous l’a fait aimer ?

Tout d'abord, c'est un personnage charismatique. Alors qu'il est emprisonné par les Aes Sedaï en tant que Faux Dragon et promené enchaîné à travers les rues, Rand, l'un des personnages principaux, est frappé par sa prestance royale.

Ensuite, c'est un héros désenchanté : neutralisé par les Aes Sedaï, il cesse d'être un danger pour le monde mais perd de ce fait tout intérêt pour la vie et commence par se laisser mourir. Même une fois qu'il sera guéri de cette malédiction, une tristesse indicible continuera de l'habiter.

Par ailleurs, comme tous les hommes sachant canaliser, il est condamné à sombrer dans la folie, et le fait de ne pas savoir quand cet événement surviendra renforce l'aspect tragique du personnage.

Pour finir, la description qui est donnée de Logan est à la fois très séduisante et inquiétante :
"C'était un homme de haute taille en tunique de soie bleue, avec une épée au côté, ses cheveux bouclés tombant sur de larges épaules, beau garçon à l'expression mélancolique en dépit d'un certain durcissement des traits comme si le malheur l'avait profondément marqué." (Tome 9, page 84)
"Sauf le poids de sensations et d'émotions, l'essence même de Logain Ablar, qui pesait perpétuellement au fond de son esprit, une impression constante de méfiance contrôlée, de muscles toujours à la limite de la crispation. Un loup en chasse devait ressentir la même chose." (Tome 19, page 41)
Difficile de ne pas succomber, n'est-ce pas ?
D'ailleurs, deux Aes Sedaï appartenant à l'Ajah rouge, celle qui méprise et déteste le plus les hommes sachant canaliser, n'ont pas résisté à son charme ravageur...

~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~~

D'autres héros inoubliables :

♦ le seigneur Ycare chez Cassie ♦

mardi 11 mars 2014

[Top Ten Tuesday] Les 10 livres favoris de X genres (vous choisissez le genre) (11)

rendez-vous top ten tuesay

 What is it ?

 Tout simplement un rendez-vous hebdomadaire pour lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur le blog de Iani.

 Le sujet de la semaine est le suivant :

 Les 10 livres favoris de genre Classique  :

J'aurai encore pu choisir la Fantasy ou le roman historique car ce sont également les genres que je lis le plus avec le Classique, mais c'est cette dernière catégorie qui m'a finalement procuré les émotions les plus intenses...

     Les Liaisons dangereuses   Au Bonheur des dames     Wuthering Heights   Les Chouans   93   Cyrano de Bergerac   La Petite Fadette   Le portrait de Dorian Gray   La Princesse de Clèves   L'Iliade d'Homère

La liste ne fut pas assez longue car j'aurais aimé rajouté : Ivanhoé, La Métamorphose, Le banquet de Platon, Les 3 Mousquetaires, Orgueil et Préjugés, Lysistrata, le théâtre de Molière, de Marivaux, de Corneille ou de Racine, les recueils de poésie de Verlaine, Rimbaud ou Musset, La religieuse, Histoire amoureuse des Gaules, Les Lettres de Mme de Sévigné, Anna Karénine... bref, j'en oublie sûrement...

Et vous, dans quel genre se comptent vos lectures favorites ?

Le sujet de la semaine prochaine est :

Les 10 livres à lire ce printemps (ma PAL de printemps).

 

mardi 4 mars 2014

Teleny d'Oscar Wilde

Teleny d'Oscar Wilde

Fiche détaillée

Auteur > Oscar Wilde
Editeur > Dominique Leroy
Collection > L'Enfer de la Bibliothèque nationale de France
Genre > érotisme, classique
Date de parution > 1893 dans l'édition originale, 2000 dans la présente édition
Titre original > Teleny or The reverse of the medal
Format > ePub
Poids du fichier > 260 Kb (148 pages)
Traduction > de l'anglais  par

auteur
(sources : Evene)

Oscar Wilde 
Né en 1854 dans la bourgeoisie irlandaise et protestante de Dublin d'un chirurgien réputé et d'une femme de lettres engagée dans la lutte irlandaise, Oscar Wilde, , fait de brillantes études à l'université d'Oxford.
Suite à sa rencontre avec John Ruskin, porte-parole du mouvement "esthète", il adhère à ce courant artistique qui prône la recherche du "beau", sans préoccupation morale ou sociale. Rédacteur en chef du magazine The Woman's World, il prend fait et cause pour le féminisme. Installé à Londres, il choque la société mondaine par ses extravagances, son cynisme et ses pièces de théâtre sont souvent interdites de représentation. Mais c'est son roman, Le Portrait de Dorian Gray, qui lui assure le succès.
A l'heure où l'homosexualité est punie par la loi, la relation passionnée qu'il entretient avec Lord Alfred Douglas le conduit à purger deux années de travaux forcés. A sa sortie, c'est un homme brisé qui rejoint son amant en Italie. Il meurt dans le dénuement à Paris où il est enterré au Père Lachaise en 1900.
Oscar Wilde reste une figure majeure de la littérature dont l’atmosphère singulière continue de provoquer l’admiration.

quatrieme de couverture

L’œuvre maudite d’Oscar Wilde… Un prolongement à visage découvert du Portrait de Dorian Gray , autobiographique et sulfureux, d’un érotisme cru et d’un romantisme désespéré, racontant les amours homosexuelles et tragique de René Teleny et Camille Des Grieux.
Tout Wilde est là : sa recherche du plaisir, le pressentiment de sa chute, ses références littéraires, ses personnages, ses aphorismes.
Oscar Wilde est à la fois Teleny et Des Grieux : séducteur et infidèle, amoureux passionné, jaloux impénitent, initiateur et disciple, il se livre sans voile dans ce roman troublant.
Publié pour la première fois à Londres en 1893 à 200 exemplaires, Teleny fut édité en français en 1934, à 300 exemplaires (Enfer de la Bibliothèque nationale, cote 1233), et attribué à Oscar Wilde dès 1958 par Maurice Girodias, puis par son biographe H. Montgomery Hyde en 1975, dont les plus récentes conclusions sont rassemblées dans « l’enquête littéraire » qui ouvre la présente édition.

première phrase

"Dès les premiers jours de mon arrivée à Nice, l’hiver dernier, j’avais croisé plusieurs fois sur la Promenade un jeune homme brun, maigre, un peu voûté, au teint pâli, aux yeux — de beaux yeux bleus — cerclés de noir, aux traits fins mais vieillis et émaciés par un mal profond qui semblait à la fois physique et moral. Il déambulait péniblement, et tout dans son aspect accusait les ravages de l’impitoyable tuberculose, cette affection terrible dont tant de gens viennent en vain demander la guérison au chaud soleil de la Riviera. Il était seul à Nice et paraissait en proie à une incurable mélancolie."

avis personnel

 Avant de parler du livre en lui-même, il me faut dire quelques mots sur l'auteur présumé. La paternité de l'ouvrage est attribuée par quelques spécialistes à Oscar Wilde, tandis que d'autres pensent qu'il s'agit d'une écriture en collaboration avec plusieurs de ses amis. N'étant pas une spécialiste de l'auteur irlandais, je me garderai bien de trancher... he

Pour en revenir à l'intrigue, celle-ci relate l'histoire d'amour tourmentée entre le jeune et riche Camille Des Grieux et le très recherché pianiste hongrois René Teleny.
Dans un premier temps, Camille va tenter de lutter contre ses sentiments, déchiré entre sa passion dévorante pour un homme et son désir de respectabilité, car dans cette société victorienne, l'homosexualité est très sévèrement punie par la loi.
Cependant, son obsession finit toujours par le ramener à Teleny, qu'il se met à suivre secrètement après ses récitals pour découvrir avec douleur que le talentueux musicien partage ses nuits aussi bien avec des femmes que des hommes... Comme une espèce d'échange télépathique s'est noué entre Camille et René dès leur première rencontre, le malheureux Anglais assiste en pensée aux ébats du Hongrois !
Dévasté par la jalousie, il pense mettre fin à ses jours mais en est empêché in extremis par Teleny. Commence alors pour eux une vie de volupté aussi inassouvissable que dangereuse jusqu'au drame final...

De tous les romans érotiques que j'ai lus jusqu'ici, c'est celui que j'ai le plus apprécié.
Non seulement les personnages sont bien développés mais le récit offre également un témoignage culturel poignant sur la stigmatisation de l'homosexualité et la souffrance mentale et émotionnelle qui en découle.
Certes, les scènes de sexe, très explicites et très détaillées, abondent (d'ailleurs, certaines métaphores sexuelles m'ont bien fait sourire ! ^^), mais ce livre ne se résume pas à ça, car nous avons droit à des passages plus psychologiques où l'hypocrisie de la société est dénoncée et où le droit à l'amour et au bonheur est revendiqué, quelque soit le sexe de son partenaire !
D'ailleurs, le texte décrit avec une précision très évocatrice l'amour homosexuel de Teleny et Des Grieux, émotion pure et actes sexuels mêlés, ce qui fait que l'on se sent extrêmement touché par leur relation...
"Nous nous aspirions de nouveau dans un baiser plus ardent, si possible, que le premier.  Oh ! le souvenir de ce baiser me brûle encore les lèvres.  Un baiser, c’est quelque chose de plus que le premier contact charnel de deux corps : c’est l’exhalation de deux âmes enamourées. Mais le baiser criminel longtemps retenu, longtemps désiré, est plus sensuel encore ; c’est le fruit défendu, c’est un tison ardent qui enflamme le sang." (page 83-84)

C'est donc très visuel. C'est également écrit d'une manière très sophistiquée et très raffinée, parfois en totale contradiction avec la violence de certaines scènes (dont quelques-unes ne sont pas dénuées d'humour même dans le drame comme celle du bordel ou de la partie fine entre hommes, et dont une autre, portant sur un viol, est elle, par contre, particulièrement glauque), mais ce contraste souligne davantage l'hypocrisie de cette société victorienne pour qui seule compte la sauvegarde des apparences, conduisant au suicide les personnes ayant osé défier les conventions ou victimes des mâles dominants...

On retrouve dans ce texte beaucoup de références mythologiques,liées à l'Antiquité ou bibliques ainsi que des allusions littéraires classiques.
Ainsi, Antinoüs et Hadrien apparaissent dans une vision commune à Camille et René tandis que ce dernier joue du piano, préfigurant la fin tragique de leur histoire : "... Après vint l’Égypte, puis surgirent Antinoüs et Hadrien. Vous étiez l’empereur, j’étais l’esclave...  Il ajouta plaisamment, parlant presque pour lui seul :  — Qui sait ? Peut-être mourrai-je pour vous, un jour, comme Antinoüs pour son maître.  Et ses traits prirent l’expression douce et résignée que l’on voit sur les statues antiques des demi- dieux." (page 23-24)
Même le patronyme de Camille, renvoyant aux héros du Manon Lescaut de l'abbé Prévost, laisse planer une atmosphère tragique...

Pour conclure, une très belle découverte d'une sorte de manifeste homosexuel avant l'heure, à l'érotisme très cru mais servi par une très belle plume  qui magnifie une vision de l'amour tragiquement passionnée...

Appréciation :

note : 4 sur 5

extrait

page 61-62 :
"La rue était déserte. Seuls quelques passants attardés se hâtaient de rentrer chez eux. Embusqué au   coin de la rue, je ne perdais rien des mouvements des deux jeunes gens.
Je crus un moment qu’ils allaient se séparer, car je vis Bryancourt tendre les mains et saisir celles de Teleny. J’en fus tout heureux. Après tout, me disais-je, j’ai mal jugé Bryancourt ; pourquoi m’imaginer que tous les hommes et toutes les femmes sont amoureux de ce pianiste ? 
Ma joie fut de courte durée ; la scène qui suivit me bouleversa : Bryancourt attira sur lui Teleny et... leurs lèvres s’unirent dans un long baiser, un baiser qui pour moi fut fiel et absinthe ; puis, après un échange de quelques paroles, la porte s’ouvrit et ils disparurent dans la maison. 
Des larmes de rage, d’angoisse, de dépit jaillirent de mes yeux, je grinçais des dents, je mordais mes lèvres jusqu’au sang ; je m’élançai comme un fou sur la porte close, je la frappai du poing. Des pas s’approchèrent, je m’enfuis. J’errai dans les rues jusqu’à l’aube ; alors, harassé, fourbu au moral et au physique, je regagnai ma demeure. Le lendemain, je pris encore une fois la ferme résolution de ne plus jamais retourner aux concerts de Teleny, de ne plus le suivre, de l’oublier.  J’aurais même quitté la ville, si je n’avais pas cru avoir trouvé un moyen de me délivrer de cet horrible amour.
"

 divers

Rendez-vous : le premier mardi chez Stephie c'est permis...

 Ma 9ème participation au RV de Stephie.
D'autres billets inavouables :  Stephie ♦ Sabariscon ♦ Lasardine ♦ Mylène ♦ Liliba ♦ Laurie ♦ L'irrégulière ♦ Leiloona ♦ Sarah

Challenge "Un classique par mois"

Le  classique du mois de mars pour le challenge organisé par Stephie.

E-challenge : passons au numérique organisé par Hedyuigirl

Ma 8è participation au challenge d'Hedyuigirl (8/19-31)

le tour du monde en 8 ans

Ce billet est ma 10è participation au challenge d'Helran; cette escale compte pour l'Irlande


 

Logo Livraddict

babelio

booknode