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mercredi 20 août 2014

Aristote, mon père d'Annabel Lyon - Aristote, tome 2

Aristote, mon père d'Annabel Lyon - Aristote, tome 2

Merci à

Livraddict

et aux éditions 

La Table ronde

pour ce partenariat !

 Fiche détaillée

 Auteur > Annabel Lyon
Editeur > La Table ronde
Collection > Quai Voltaire
Genre > Roman historique
Date de parution > 2012 pour la version originale, 2014 pour la présente édition
Titre original > The Sweet Girl
Format > PDF
Poids du fichier > 1,90 Mo (278 pages)
Traduction > de l'anglais par David Fauquemberg

 auteur
(source : éditions alto)

 Annabel Lyon
Née à Brampton en Ontario, Annabel Lyon a fait des études de musique, de philosophie et de droit avant de publier deux recueils de nouvelles, Oxygen et The Best Thing for You, qui ont connu un grand succès au Canada. Paru dans plus d’une quinzaine de pays, Le juste milieu (The Golden Mean), son premier roman, a remporté le prix Rogers Writers’ Trust et a été finaliste au prix Scotiabank Giller et au Prix littéraire du Gouverneur général. Elle vit en Colombie- Britannique avec son mari et ses deux enfants.
  Annabel Lyon travaille actuellement sur une suite.   

 

quatrieme de couverture

Pythias, la fille d'Aristote, a été élevée à l'égal des hommes. Elle fait figure d'exception à Athènes, puis en Macédoine où elle est contrainte de s'exiler : c'est elle, et non son frère cadet, qui assiste Aristote dans ses travaux, provoque les collègues de son père par ses remarques pointues, et se rêve en philosophe, scientifique ou sage-femme. La mort d'Aristote disperse ses biens et sa famille à travers la Macédoine, laissant Phytias seule, en décalage avec cette société qui nie l'existence d'une conscience féminine, et l'oblige à se confronter à la réalité d'un monde dont elle s'était toujours tenue écartée. 

Après Le Juste Milieu, qui évoquait la relation entre le jeune Alexandre le Grand et son précepteur Aristote, Annabel Lyon renouvelle le défi ambitieux d'écrire l'Antiquité d'une plume actuelle et spontanée. Aristote, mon père exhale le soufre des temples, le sang des femmes et les larmes de la tragédie.

première phrase

"La première fois que je demande à emporter un couteau au temple, papa me répond que je n’en ai pas le droit, car nous sommes macédoniens."

avis personnel

 Tout d'abord, je remercie Livraddict et les éditions La Table Ronde pour ce partenariat ! J'avais déjà eu la chance de participer à celui concernant le premier tome Le juste milieu l'année dernière, je suis donc ravie d'avoir eu l'opportunité de lire la suite en avant-première (Aristote, mon père devant paraître le 28 août) !

Or donc, nous retrouvons dans ce livre quelques personnages du roman précédent : Aristote, bien sûr, mais également sa concubine Herpyllis ainsi que Pythias, la fille que le philosophe a eue de sa 1ère femme, et qui est le personnage central de l'histoire.

Aristote, mon père d'Annabel Lyon - Aristote, tome 2
Femme grecque © Sir Lawrence Alma-Tadema

Apparemment, l'auteure s'est inspirée d'un passage du testament d'Aristote pour imaginer une partie de son intrigue : "Lorsque ma fille aura l’âge requis, on la donnera en mariage à Nicanor ; mais s’il lui arrive malheur (ce qu’aux dieux ne plaise, et qui n’arrivera pas) avant son mariage, ou une fois qu’elle sera mariée mais sans qu’il y ait eu d’enfants, Nicanor aura tout pouvoir, tant par rapport à l’enfant que par rapport à tout le reste, et en disposera d’une manière digne à la fois de lui-même et de nous."

Mais pour l'instant, nous n'en sommes pas là. Pour l'instant, Pythias a 7 ans, et elle vit avec sa famille à Athènes où son père a fondé sa fameuse école le Lycée pour y transmettre son savoir. En dehors du Lycée, il a trouvé un élève curieux et assidu en la personne de sa fille, qui contrairement à Nicomaque, son demi-frère, se passionne pour son enseignement, ce qui fera dire au philosophe qu'il aurait préféré qu'elle soit un garçon (gageons qu'à l'époque, cette remarque était un sacré compliment !^^).
Faisant fi des usages, Aristote la laisse assister au symposium (banquet normalement réservé aux hommes, auquel seules les esclaves ou les courtisanes peuvent assister) qu'il donne chez lui avec les grands esprits de l'époque ; les invités ne manquent pas de remarquer la singularité de cette adolescente vive et intelligente, et de souligner d'une phrase aussi désespérante que clairvoyante sa future vie de femme savante : «... tu es condamnée à la solitude » (page 28) ; en effet, contrainte, une fois mariée, à ne fréquenter que des femmes sans instruction, elle ne pourra espérer de discussions stimulantes ; de surcroît, elle devra  obtenir l'autorisation de son mari pour continuer à lire des livres. La fracture risque donc d'être traumatisante entre son enfance idéale et anti conformiste et son passage dans la réalité quotidienne des femmes.

Aristote, mon père d'Annabel Lyon - Aristote, tome 2
Une musicienne de banquet se rhabille sous les yeux de
son client - tondo d'une coupe attique à figures rouges
d'Euphronios, v. 490 av. J.‑C., British Museum

Pythias a désormais 13 ans. Un événement naturel va la renvoyer à sa condition de femme : elle a ses premières règles mais son père lui promet de ne pas la marier avant ses 18 ans. Le même jour, Aristote recueille un cousin pauvre d'Amphissa, Jason, qu'il surnomme Myrmex (petite fourmi) et pour lequel il délaisse Pythias, obligée progressivement à se tourner vers des activités exclusivement féminines.

Pythias a maintenant 16 ans.
Alexandre le Grand vient de mourir. A cette nouvelle, l'hostilité des Athéniens se cristallisent contre les Macédoniens installés dans leur cité, obligeant Aristote et sa famille à repartir pour la Macédoine où ils s'installent à Chalcis.

Mais à la mort de son père, la jeune fille va devoir trouver sa place dans ce monde misogyne qui nie son instruction, son intelligence et ses aspirations. Privée d'une figure d'autorité masculine, Pythias n'a plus aucune protection ni recours, et voit sa vie se déliter peu à peu.

Aristote, mon père d'Annabel Lyon - Aristote, tome 2
Une prostituée et son client - Détail d'une
œnochoé attique à figures rouges, v. 430 av. J.-C.,
provenance : Locri (Italie)., Altes Museum de Berlin

Si j'ai beaucoup aimé la 1ère partie du livre, j'ai ressenti beaucoup de frustration à la lecture des 2è et 3è parties qui sont complètement survolées, donnant l'impression que l'auteure avait hâte d'en finir. C'est dommage car cette partie sur les errements de Pythias et ses tentatives d'émancipation m'intéressaient énormément. Malheureusement, on a l'impression que l'intrigue est inaboutie (pour souligner mon propos, la 1ère partie comporte 120 pages, la deuxième 83 et la dernière 31, donnant un aspect complètement déséquilibré au récit). Je n'ai pas forcément compris l'utilité de certaines scènes, ou alors je les ai trouvées mal intégrées au texte, les rendant invraisemblables. Les épreuves que Pythias subit (les prêtresses d'Artémis, le bordel, le métier de sage-femme) symbolisent son rite de passage de l'adolescence à l'âge adulte mais sont traitées d'une manière tellement expéditive qu'elles  n'ont pas réussi à me convaincre. Lors de la maladie de Pythias, quand l'auteure introduit cette touche de fantastique avec l'apparition du dieu sous les traits du bel officier Euphranor, ou fait subir à son héroïne toutes ces épreuves successives, j'ai cru que ces épisodes faisaient parti d'un cauchemar provoqué par la fièvre tant le récit me semblait décousu et peu approfondi.

Aristote, mon père d'Annabel Lyon - Aristote, tome 2
Figurine représentant une sage-femme et une
femme en train d'accoucher, provenant de Chypre,
début du Ve siècle
av.n.è.

Du coup, le comportement de certains personnages parait un peu artificiel : par exemple, Myrmex disparaît , ré-apparaît brutalement pour re-disparaître aussitôt  sans que l'on en apprenne davantage sur ses motivations (même si l'on a deviné qu'il n'était qu'un voyou indigne de confiance !)...

Par contre, j'ai adoré la manière dont l'auteure distille, au détour d'une phrase, mille et une informations sur le quotidien de ces Grecs de l'Antiquité, sur la place dévolue aux hommes et aux femmes. et qui prennent toute leur saveur pour le lecteur attentif. Rien que la 1ère phrase est riche d'informations : le couteau évoquant les fêtes religieuses qui rythment la vie des Athéniens et le statut des étrangers ; page 56, Annabel Lyon, quand elle évoque le mariage impossible entre Pythias et un Athénien ("Nous resterons des étrangers jusqu’à notre mort, soupire mon père. Pas un Athénien ne voudra d’elle. Elle est née en Macédoine. Elle ne peut pas donner naissance à un citoyen athénien.") fait allusion à la loi de Périclès de 451 qui limite la citoyenneté athénienne à ceux dont les deux parents sont athéniens (alors que la filiation par le père suffisait auparavant). Et le récit fourmille ainsi de  petits détails très instructifs, sans que cela ne gâche notre immersion dans Athènes ou à Chalcis. Ajoutez à cela que l'écriture est fluide et les descriptions des lieux ou des sentiments très joliment retranscrits, parfois même poétiquement, rendant notre lecture très agréable.

Pour conclure, la lecture d'Aristote, mon père me laisse un peu sur ma faim : après une 1ère partie prometteuse, j'ai été déçue par le traitement trop rapide de la seconde partie rendant les scènes du récit initiatique de Pythias peu crédibles à mes yeux. Les moyens pour une femme grecque de l'Antiquité de conquérir son indépendance étaient extrêmement limités (au métier de courtisane ou de sage-femme) et auraient mérité d'être plus développés pour mieux comprendre le prix à payer d'une telle liberté. Si bien que la lecture laisse comme un goût d'inachevé... Peut-être qu'une deuxième lecture effacera cette impression mitigée car l'idée de départ m'avait vraiment enthousiasmée !

Appréciation :

note : 3 sur 5

Mes autres avis sur la sagatome 1

extrait

 Il est prévu que nous visitions d’abord la ferme d’Euphranor – il a organisé un déjeuner sur place – puis celle de papa dans l’après-midi. Les terres agricoles d’Eubée semblent tirées d’un rêve : du vert et du doré, une longue allée d’arbres entre des champs sans fin, des coquelicots dans les fossés, des oiseaux sur les branches, des maisons aux formes étranges, agrandies de génération en génération, chacune leur ajoutant une ou deux pièces, embellies de clématites et de treilles de vigne. Des poules dans les cours, des chiens nous pourchassant au long du chemin. Nous entrons dans la propriété d’Euphranor ; un vieillard émerge de l’ombre d’une porte pour nous accueillir. Il n’a plus de dents. 
(page 92)

divers

La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

Ma 33ème participation au challenge de Lynnae -

Challenge "L'Odyssée grecque"

Challenge "L'Odyssée grecque" : 12/100

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vendredi 21 juin 2013

Le Juste Milieu d'Annabel Lyon - Aristote, tome 1

Le juste milieu d'Annabel Lyon

Merci à

Livraddict

et aux éditions

Le juste milieu d'Annabel Lyon

pour ce partenariat ! 

Fiche détaillée

 Auteur > Annabel Lyon
Editeur > Folio
Genre > Roman historique
Date de parution > 2009, 2011 en France, 2013 dans la présente édition
Titre original > The Golden Mean
Nombre de pages > 400
Traduction > de l'anglais par David Fauquemberg

 auteur
(source : éditions alto)

 Annabel Lyon
Née à Brampton en Ontario, Annabel Lyon a fait des études de musique, de philosophie et de droit avant de publier deux recueils de nouvelles, Oxygen et The Best Thing for You, qui ont connu un grand succès au Canada. Paru dans plus d’une quinzaine de pays, Le juste milieu (The Golden Mean), son premier roman, a remporté le prix Rogers Writers’ Trust et a été finaliste au prix Scotiabank Giller et au Prix littéraire du Gouverneur général. Elle vit en Colombie- Britannique avec son mari et ses deux enfants.
  Annabel Lyon travaille actuellement sur une suite.   

 

quatrieme de couverture

Aristote était un être de chair et de sang, et Alexandre le Grand, un adolescent plein de doutes et d'arrogance. Lorsqu'en 342 avant Jésus-Christ le philosophe devient précepteur du futur roi de Macédoine, la relation qui s'établit est aussi enrichissante pour l'un que pour l'autre. Par ses démonstrations sur une table de dissection, comme par ses réflexions éthiques et métaphysiques, Aristote transmet à son élève la notion de «juste milieu», point d'équilibre entre deux extrêmes. De son côté, le fougueux Alexandre offre de nouvelles perspectives à son maître peu aventureux.

Des cahutes enfumées aux chambres du palais, Annabel Lyon lève le voile sur deux hommes qui ont transformé le monde. Elle explore avec finesse et jubilation des thèmes aussi universels que la transmission du savoir, les conflits de génération, les jeux de pouvoir.

première phrase

"La pluie s'abat en cordes noires, cinglant mes bêtes, mes hommes et ma femme, Pythias, qui la nuit dernière était allongée sur notre couche, jambes écartées, tandis que je prenais des notes sur la bouche de son sexe, et qui pleure à présent des larmes silencieuses, au dixième jour de notre périple."

avis personnel

 Tout d'abord, merci aux éditions Folio pour l'envoi de ce livre qui me faisait très envie, passionnée d'histoire ancienne que je suis... 😀

Concernant l'histoire, elle est racontée à la première personne par Aristote lui-même et s'attache principalement aux sept années qu'il a passées à la cour de Macédoine à transmettre son savoir à Alexandre, l'héritier de Philippe II de Macédoine. Pourtant, Alexandre n'est pas le fils aîné du roi, mais une maladie a rendu idiot son demi-frère, Philippe Arrhidée, qui vit, livré à lui-même et à la surveillance de son garde-malade, complètement exclu de la succession car lui manquent les qualités essentielles pour s'asseoir sur le trône de Macédoine : des talents guerriers et la capacité de tenir à cheval.
J'ai d'ailleurs trouvé passionnants les passages avec Arrhidée, l'approche choisie par Aristote pour apprivoiser à la fois cet élève mentalement retardé, ainsi que son garde-malade, le faire progresser malgré son handicap et les préjugés des autres.

Le Juste Milieu d'Annabel Lyon
Atrium dans une grande demeure de Pella

Nous assistons également aux leçons données à Alexandre, leçons variées touchant aussi bien à la biologie qu'à la métaphysique ou à la littérature. Car Aristote est un touche-à-tout brillant, qui passe son temps à observer tout ce qui l'entoure et à analyser chaque situation. Pourtant, il a bien du mal à discipliner la fougue de cet élève intelligent mais un brin arrogant, dont le goût pour le morbide est parfois  inquiétant. Leurs dialogues laissent deviner le destin de ce futur conquérant qui a une vision bien précise sur la position que l'on doit adopter envers les peuples vaincus, sur son désir de syncrétisme; les dispositions intellectuelles et morales qui se dessinent chez Alexandre donnent un aperçu sur l'adulte ambivalent qu'il sera. Aristote tente de surcroît de tempérer ses aspirations à la gloire en lui parlant du "juste milieu", le point d'équilibre. "Ce point, lui explique le philosophe, différera d'un homme à l'autre. Il n'existe pas de norme universelle de la vertu qui s'appliquerait à toutes les situations, tout le temps. Le contexte doit être pris en compte, la spécificité, ce qui est le mieux à tel endroit, à tel moment". (page 275-276)

Le Juste Milieu d'Annabel Lyon
Buste d'Alexandre - IIè-Ier s. av. JC - British Museum

Mais le livre ne fait pas qu'aborder l'enseignement dispensé aux deux princes. Il traite également de la complexité des rapports entre les hommes, selon leur statut social, selon leur sexe.
Tout d'abord, les relations maître/esclaves. Même si le maître éprouve un certain attachement vis-à-vis- de ses esclaves, qui font partie selon Aristote de la famille, la menace pèse toujours sur eux d'être revendu à un marchand d'esclaves, le philosophe n'hésitant d'ailleurs pas à se défaire de l'esclave favorite de sa femme qui s'est montrée trop insolente.
Concernant, les relations maître/élève, celles-ci se révèlent ambigües. Aristote méprise le précepteur que son père lui a donné adolescent, mais on ressent également chez lui une certaine fascination. De plus, une trop grande complicité peut amener un rapprochement moins innocent. Ainsi, Lysimaque crève de jalousie sur  le fait supposé qu'Aristote et Alexandre puissent être amants : "Je le baiserais volontiers. Il sent tellement bon... Vous l'avez fait, déjà ? "(page 224) le provoque-t-il pour en savoir davantage sur la nature réelle des liens qui unissent Aristote à Alexandre. Tout comme dans le flashback nous transportant à Athènes au temps de ses études à l'Académie où ses camarades jalousent Aristote et l'attirance (intellectuelle ? amoureuse ?) que Platon semble éprouver à son égard.
Les rapports entre époux sont également ambivalents, oscillant entre devoir et tendresse. Bien difficile de démêler lequel prime sur l'autre...
Pour ce qui sont des rapports princes/serviteurs, malgré le respect  qui peuvent les définir,  l'amitié véritable est impossible, car l'égalité entre eux n'existe pas.

Le Juste Milieu d'Annabel Lyon
Portrait d'Aristote d'après Lysippe - Ier ou IIè s. ap. JC - Musée du Louvre

D'une manière générale, l'auteure sait distiller à merveille  des détails réalistes sur le quotidien de ces Grecs de l'Antiquité, avec en arrière-plan les relations tendues, conflictuelles entre Philippe de Macédoine et les cités de la Grèce, nous immergeant complètement dans cette époque lointaine.

Par contre, quelques points négatifs ressortent de ma lecture.
Tout d'abord, le style d'écriture m'a un peu déroutée au début. C'est écrit à la 1ère personne du singulier et au présent de l'indicatif, dans un registre parfois familier (même si je sais à travers les pièces d'Aristophane que les Grecs pouvaient parler vulgairement ! ^^).
De plus, j'ai été un peu perdue par les dialogues où les interlocuteurs sont parfois difficilement identifiables, si bien que j'étais obligée de relire certains passages pour comprendre qui parlait !

Malgré ces toutes petites réserves, j'ai été enchantée par ma lecture qui a passé à une vitesse folle. Paradoxalement, j'y suis restée comme extérieure : cela tient sûrement à la personnalité même du personnage central, Aristote, qui paraît assez froid, obsédé par sa manie de tout observer, tout disséquer : cela donne lieu d'ailleurs à des scènes décalées, car le philosophe s'adonne à son goût de l'analyse pendant même qu'il fait l'amour avec sa femme !
Bref, un livre passionnant, où les leçons données par Aristote ne sont pas du tout rébarbatives mais au contraire vivantes et captivantes.
Je le relirai avec beaucoup de plaisir...

Appréciation :

note : 5 sur 5

Mes autres avis sur la sagatome 2

extrait

 page 192 :
"Et j'ai plissé les yeux pour cesser de voir toute la périphérie : la saleté, la maladie, les hommes privés d'art, de mathématiques et de musique civilisée, assis le soir autour du feu, marmonnant dans leur langue si laide, mangeant leur nourriture infâme, ruminant leurs idées d'animaux à jambes courtes : manger, baiser et chier. Des gens sales, serviles, barbares. Je raconte tout cela au prince, lui enseigne ce que je sais vrai sur cette terre qu'il idéalise tellement.
«Vous savez ce que je ferais, moi ?» Il s'es redressé sur un coude. «Je m'assoirais devant leurs feux, j'écouterais leur musique, je mangerais leur nourriture et je porterais leurs habits. J'irais avec leurs femmes.»
J'entends rougir sa voix, bien que je ne distingue pas son visage. «Aller avec» : quel charmant euphémisme dans la bouche d'un vigoureux garçon de Macédoine. Il aime Héphaïstion."

divers

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