Affichage des articles dont le libellé est Jean Teulé. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Jean Teulé. Afficher tous les articles

mardi 8 janvier 2013

La 99ème page du mardi 8 janvier

 

La 99ème page du mardi 11 décembre...

"L'Henriot aux effluves de poisson pourri, rejoignant le disgracié Alençon qui claudique et Anjou en sang qui ramasse à la hâte des traînes et des rubans, ne demande pas son reste devant la petite fenêtre tandis que Charly 9 se marre :

-Regardez-moi ces anguilles qui crient avant qu'on ne les écorche ! Balle!

Les ricochets multipliés des éteufs sur les parois les touchent encore alors que les trois filent par la fenêtre. Anjou, aux cheveux jaune citron, maquillage de prostituée qui ruisselle, s'empêtre dans des dentelles :

-C'est un malade, ce gars-là ! Il ne joue pas pour jouer mais pour tuer." 

Charly 9 de Jean Teulé

Ma chronique



vendredi 4 janvier 2013

Charly 9 de Jean Teulé

Charly 9 de Jean Teulé

 Auteur > Jean Teulé
Editeur > Julliard
Genre > Farce historique
Date de parution > 2011
Nombre de pages > 232


(source : Evene)

Jean Teulé


Né le 26 février 1953 à Saint-Lô, Jean Teulé se lance dans la bande dessinée au début des années 80 et signe entre autres Bloody Mary en 1984, Filles de nuit l’année suivante et Sita-Java en 1986 chez Glénat. Puis il se tourne vers le petit écran. On le retrouve notamment sur Antenne 2 dans L’Assiette anglaise avec Bernard Rapp, puis sur Canal + dans Nulle part ailleurs. À l’aube des années quatre-vingt-dix, Teulé quitte la télévision pour se consacrer exclusivement à l’écriture. En 1991, il publie aux Éditions Julliard Rainbow pour Rimbaud (qu’il adaptera lui-même au cinéma en 96) puis L'Œil de Pâques l’année d’après. Suivront Balade pour un père oublié en 1995, Bord cadre en 1999 et Les Lois de la gravité en 2003. Au total, il écrira une dizaine de récits fictifs et historiques. En 2007, son roman Darling (1998) est adapté sur grand écran par Christine Carrière.
Homme de télévision, scénariste, écrivain… Jean Teulé endosse également le rôle d’acteur à diverses reprises (Romaine en 1997, Caché de Michael Haneke en 2005, Prix de la mise en scène à Cannes). Après le Magasin des suicides en 2007, il publie Le Montespan, couronné par le Grand Prix Palatine du roman historique et le prix Maison de la Presse 2008. Julliard éditera par la suite Mangez-le si vous voulez (2009) et Charly 9 en 2011, un nouveau roman historique  centré sur le sort du roi Charles IX de France, à l’origine du massacre de la Saint-Barthélemy. Un acte que le souverain n’arrivera jamais à assumer et qui le fera sombrer dans la folie.

Charles IX fut de tous nos rois de France l'un des plus calamiteux.
A 22 ans, pour faire plaisir à sa mère, il ordonna le massacre de la Saint Barthélemy qui épouvanta l'Europe entière. Abasourdi par l'énormité de son crime, il sombra dans la folie. Courant le lapin et le cerf dans les salles du Louvre, fabriquant de la fausse monnaie pour remplir les caisses désespérément vides du royaume, il accumula les initiatives désastreuses.
Transpirant le sang par tous les pores de son pauvre corps décharné, Charles IX mourut à 23 ans, haï de tous.
Pourtant, il avait un bon fond.

- Un mort ?

Par où commencer ?
Je me suis ennuyée. Mortellement. Je me suis surprise à lire certains passages mécaniquement en pensant à autre chose, si bien que j'étais obligée de recommencer - punition suprême !!
C'est écrit d'une manière totalement décousue. J'imagine que c'est pour mieux souligner la folie qui gagne peu à peu le roi mais je n'ai jamais accroché à ce parti pris ! Les chapitres, courts, se suivent sans queue ni tête. Il paraît que c'est une farce (définition = qui a comme but de faire rire et qui a souvent des caractéristiques grossières). Mais n'est pas Molière ni Octave Mirbeau qui veut ! Par contre, pour ce qui est des grossièretés, nous sommes copieusement servis : "Oh, mille pines de Dieu bouffées par le chancre" (p.122) - "Salope de Marguerite. je te compisse, gargouilleuse, truie pisseuse, malefille ! Puterelle, au con gros et mollet rejetant foutre blanc comme lait..." (p.149) - "Putain, bagasse, chienne !" (p.169 où le roi se laisse aller à ces mignonneries verbales lors de ses ébats amoureux) -  "Ah, puterelle, corne de bouc ! Foutredieu !" (p.197) - "Hilh de pute macarel ! Filz à putein ! Cordieu ! Mort de ta vie ! Nom de bleu ! "(p.227) ! - ceci n'est qu'un petit florilège non exhaustif, oui, je suis sympa, je vous en ai laissé sous le coude juste pour le plaisir de la découverte !
Attention ! Les grossièretés en elles-mêmes ne me gênent pas, mais là, j'avais juste l'impression que c'était pour faire couleur locale et donner une espèce d'authenticité d'époque au récit. Remarquez que nos ancêtres s'insultaient d'une manière très fleurie et avaient le sens de la formule ! ^^ Mais voilà, je trouve cela très mal intégré au texte...

Bref, l'humour revendiqué par l'auteur et les ressorts comiques auxquels il s'essaie tombent complètement à plat ! C'en est même pénible à la longue !


Le sommet du mauvais goût est atteint page 118 (entre autre !^^) lors d'un dialogue entre Catherine de Médicis et son fils Anjou, le futur Henri III :
" Mes Chers Yeux sourit :
- Et là, c'est bizarre aussi la fille qui donne le sein à un vieillard sur le troisième bas-relief...
- Il illustre l'histoire de la belle Péro qui lors de visites en une prison romaine allaitait en cachette son père condamné à y mourir de faim. Tu m'allaiterais, Henri, si j'étais à la place du père et que tu faisais la fille ?
Anjou relâche de ses phalanges baguées le rideau qui se rabat devant la fenêtre, se retourne et rit :
- Mais je fais la fille !... Demande aux garçons. Mes mignons me trouvent... charmante !
"
Peu importe l'orientation sexuelle présumée, réelle ou fantasmée d'Anjou et de ses mignons (qui étaient en fait très querelleurs, très bagarreurs et très sourcilleux sur les questions d'honneur), mais je trouve cette phrase mise dans la bouche d'Anjou tellement affligeante de facilité, tellement beauf, tellement... Bref, passons.

Tout est à l'avenant dans ce livre, tout y est poussif, grotesque et caricatural.
Les personnages sont tous des pantins sinistres sans aucune âme. Henri de Navarre, le beau-frère protestant de Charly, ne semble guère affecté par le massacre de la Saint Barthélémy et plaisante de bon coeur avec les assassins de ses coreligionnaires.
La famille Valois fait passer les Borgia dans leur légende la plus noire pour des enfants de choeur; elle forme un ramassis de fous, d'assassins, de névrosés morbides, de crétins congénitaux, d'êtres titillés par  l'envie d'inceste, de fratricide, de matricide, d'infanticide, bref des gens fort peu fréquentables ! ^^
A l'instar d'Alexandre Dumas, je veux bien "que l'on viole l'histoire, à condition de lui faire de beaux enfants", mais là, Teulé a accouché d'un "gnome difforme" !

Pour conclure, je ne sais foutredieu pas comment l'auteur (et le pauvre lecteur) a réussi à tenir 230 pages avec ... rien.  Lecteur, passez votre chemin si vous ne voulez assister à la St Barthélémy de la littérature et contentez-vous de lire la 4è de couverture (qui est finalement le seul passage qui m'ait fait sourire !), vous économiserez ainsi votre temps et votre argent...

Appréciation :

Charly 9 de Jean Teulé

 

Livra'deux pour pal'Addict

Ma 1ère participation en binôme avec Stephanie-plaisir de lire;

Challenge "Où sont les hommes ? " A la recherche du prince charmant... (jusqu'au 14 juillet 2013)

 Ma 4ème participation au challenge de Miyuki. - toujours pas de prince charmant !

Challenge "Histoire"

 Ma 2è participation au challenge de Lynnae
D'autres billets : Achille 49JelydragonNelciePurple Velvet

Rendez-vous "La 99è page"

 

Logo Livraddict

babelio

booknode