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mardi 30 juin 2026

Notre-Dame-des-Fleurs de Jean Genet

Notre-Dame-des-Fleurs fait ici son entrée solennelle par la porte du crime, porte dérobée, qui donne sur un escalier noir mais somptueux. Notre-Dame monte l'escalier, comme l'ont monté bien des assassins, n'importe lequel. Il a seize ans quand il arrive au palier. Il frappe à la porte, puis il attend. Son coeur bat, car il est résolu. Il sait que son destin s'accomplit...

Editions : Galimard
Collection : Folio
1ère parution : 1948
Présente édition : 1976
Genre : Drame, classique
Pages : 377

Mon avis :

Je dois avouer que la lecture a été très compliquée, accentuée par l'absence de chapitres, beaucoup de digressions et de nombreux retours dans le passé. J'ai eu du mal à comprendre ce que nous racontait l'auteur. On a l'impression de lire les divagations d'un camé. Pour info, le narrateur n'est autre que l'auteur lui-même qui écrit dans la prison de Fresnes ce qui deviendra son 1er roman. C'est peut-être pour cette raison que Jean y parle beaucoup de verges (et de pets). J'imagine que c'est l'effet logique d'incarcérations répétées. 

Il y a malgré toute cette verve scatologique et pornographique, quelques passages étonnamment poétiques (oui, même quand ça parle de bites !), quand d'autres semblent totalement décousus. 

Le narrateur fait vivre des personnages imaginaires pour l'aider à alimenter ses rêveries obscènes.

Trois personnages fictifs se détachent du récit :

  1. Divine (Louis Culafroy de son nom de naissance), environ 30 ans, travelo mort de phtisie : "Ses yeux chantent malgré leur désespoir et leur mélodie passe des yeux aux dents qu'elle rend vivante, et des dents à tous ses gestes, à ses moindres actes, et sorti des yeux, c'est ce charme qui, de vague en vague, se déplie jusqu'à ses pieds nus."
  2. Mignon-les-Petits-Pieds, voleur, indic, mac et amant de Divine, possiblement le père de Notre Dame : "Encore que gouape, Mignon avait un visage de clarté. C'était le beau mâle, violent et doux..."
  3. Notre Dame des Fleurs, qui donne son nom au roman, assassin de 16 ans et amant de Divine
Le style est tellement alambiqué par moments que j'ai lu certains passages en diagonale, complètement démotivée. Heureusement que mon intérêt était parfois ravivé par la description du monde travesti et prostitué de Montmartre avec ses "tantes", leurs discussions et leurs rivalités, ou par l'évocation des prisons d'enfants. Sinon, je pense que j'aurais abandonné le livre depuis longtemps...

L'auteur nous avoue également sa fascination pour les criminels ainsi que son envie de tuer. D'ailleurs, j'ai été déçue qu'il fasse de Divine, seul personnage attachant de ce roman, un assassin de petite fille vers la fin...

Cette lecture n'a donc pas été convaincante, la faute à une narration tellement confuse par moment que j'oubliais certaines informations. J'ai bien envie de laisser le mot de la fin à Jean Cocteau : "La bombe Genet. Le livre est là, terrible, obscène, impubliable, inévitable. On ne sait par où le prendre. Il est, il sera. Obligera-t-il le monde à devenir tel qu'il puisse y paraître ? pour moi, c'est le grand événement de l'époque. Il me révolte, me répugne et m'émerveille."


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Challenge : Les 12 thèmes de Jellydragon


vendredi 24 janvier 2025

Le Saint et le Pardonneur de C. M. Stern


Bientôt, chaque parcelle de son être porterait les stigmates de ma passion. Je ferai de lui le symbole de mon culte ; l’étendard de mes vices ; une oriflamme brisée et reconstruite à mon image.


Editions : Autoédité
Parution : 5 février 2023
Genre : Romantasy, érotisme
Pages : 488
Ebook



Résumé :

Un prince héritier, saint pour son peuple.
Un mystérieux religieux aux ambitions dangereuses.

Après avoir commis l’impair de trop, Andrei n’a plus le choix : il doit abandonner ses travers et rentrer dans les rangs, sans quoi il sera privé de son héritage impérial.

Mais le prince est buté et ses moeurs légères profondément ancrées. C’est donc l’inflexible Pardonneur, confesseur de l’impératrice, qui est chargé de mater sa nature intrépide.

Reclus dans un monastère sinistre, perdu entre les montagnes enneigées de l’empire, Andrei aura une année pour accomplir le parcours spirituel censé faire de lui un futur régnant. Une tâche particulièrement difficile, compte tenu des méthodes inusuelles auxquelles le Pardonneur a recours pour discipliner et convertir ses adeptes.

Entre rituels sulfureux, trahisons et complots politiques Andrei devra tenir tête à une attirance malsaine, tout en déjouant les dangers tapis dans l’ombre.


Mon avis :

J'ai hésité un certain temps avant d'acheter ce livre : il y avait beaucoup d'avis élogieux mais le seul avis négatif sonnait comme un signal d'alarme. Puis, j'ai finalement cédé à la tentation, alléchée par le résumé.
Alors, résultat ? Je ressors de ma lecture mitigée. L'histoire est intéressante mais que le style est ampoulé par moments ! Puis, il y a eu de plus en plus souvent des phrases totalement incompréhensibles à force d'être pompeuses, on a l'impression que l'auteur voulait nous en mettre plein la vue ou nous prouver qu'elle a du vocabulaire, rendant de ce fait la lecture peu agréable (par ex : "En attendant de pouvoir châtier le responsable de sa déconvenue, je pansais les plaies de mon orgueil en creusant une nouvelle entaille dans l’esprit déjà fêlé de sa mère." (p. 33). Il y a parfois trop d'adjectifs par phrase nous donnant l'impression de nous noyer sous les mots, c'était très déstabilisant, ainsi que certaines associations de mots qui sonnaient de manière très étrange.
J'ai par ailleurs plusieurs fois buté sur le mot "reddition" me demandant si rédemption n'aurait pas été plus approprié ? Je sais que ça peut paraître anecdotique mais ça m'a sortie à chaque fois de ma lecture.

Par contre, le bras-de-fer qui s'instaure entre le prince Andrei et le moine Ivan, tournant à l'avantage du pardonneur, était très intéressant : on voit bien l'emprise que le religieux impose peu à peu sur sa proie.
D'ailleurs, Ivan m'a tout de suite fait penser à Raspoutine, avec sa barbe, son pouvoir de séduction, son regard hypnotique, son ascendant sur l'impératrice (la mère du héros), son appétit sexuel démesuré, sa théorie de la régénération par le péché. J'ai beaucoup aimé cet aspect de l'histoire car l'auteure arrive très bien à rendre ses apparitions à la fois marquantes et fascinantes.
Malheureusement, on n'échappe pas à quelques incohérences : on est en hiver mais, lors de la chevauchée finale, le changement est un peu trop rapide entre le climat du sud et celui du nord alors qu'un cheval parcourt en moyenne quelques dizaines de km en une journée (à condition de ménager sa monture donc le galop est impossible toute une journée sans pause ou changement de monture). Désolée d'être pinailleuse mais quand on écrit un roman de fantasy, il faut être attentif à ce genre de détails selon moi...
Autre petite incohérence : les motivations réelles d'Ivan à propos du prince et de sa famille. On ne sait plus trop si ses pratiques douteuses dans le monastère sont bien suscitées par son désir de vengeance ou par sa nature dévoyée ? Il n'y a aucune explication réelle là-dessus et ça m'a frustrée.

Pour conclure, une histoire intéressante et intense mais gâchée par le style empesé de l'auteure. C'est dommage, parce que lorsqu'elle n'est pas guidée par son besoin de nous impressionner, il y a des phrases très joliment tournées et très évocatrices. De plus, je déplore que tout se résolve très rapidement à la fin !


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dimanche 9 septembre 2018

[Chroniques express] Egotique romantique de Flor Abril ⎹ Masques de Lilly Grey

Il existait un grand nombre de couloirs semblables à celui-ci.


Éditions : MxM Bookmark
Collection : Romance
Parution : 2017
Genre : Romance contemporaine
Format : Kindle
Pages : 300


Résumé :

Diego Vidal est le fils du PDG de Vidal DITEX Industry, une importante entreprise à la pointe au niveau marketing. Et forcément, lorsqu’on est riche, beau, et particulièrement imbu de sa personne, on ne peut que s’attirer des détracteurs. Mais Logan, un étudiant en dernière année de Marketing en stage chez Vidal Industry, semble voir chez lui une facette de sa personnalité qui échappe aux yeux les moins aguerris. Il le trouve amusant.
Commence alors un étrange jeu de séduction.

Mon avis :

J'avoue que c'est le titre et non la quatrième de couverture qui m'a donné envie d'acheter ce livre. Et quoique cette motivation soit assez légère, je ne regrette pas du tout cet achat... J'ai passé un excellent moment en compagnie de Diego et Vidal qui forment un duo rafraîchissant et attachant. J'ai beaucoup ri à la manière de s'exprimer du fils du PDG, très ampoulée et narcissique, agaçant la plupart des protagonistes de l'histoire, mais tellement outrée par moment que Diego n'en paraissait paradoxalement que plus naïf et vulnérable. Mais vous comprendrez si un jour vous lisez cette histoire...😏
La solitude de Diego serre vraiment le coeur et on comprend cette soif d'amitié et de sincérité qui l'étreint mais que la fortune de son père rend utopique et très difficile à satisfaire.
Par contre, je regrette que la relation de Diego avec son père n'ait pas été plus approfondie car parfois le comportement du père paraissait incompréhensible.
Malgré cette déconvenue, j'ai été touchée par cette romance toute douce et pleine d'émotions, le point fort du livre étant la personnalité totalement désarmante et atypique de Diego.

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Challenges : La littérature LGBT de Ichmagbücher -


C'est dans le silence que se déroulent les plus grandes tragédies. 



Auteur : Lilly Grey
Éditions : MxM Bookmark
Collection : Romance
Parution : 2017
Genre : Romance contemporaine
Format : Kindle
Pages : 258


Résumé :

Daniel mène une vie d’adolescent ordinaire jusqu’au jour où il se voit forcé de déménager à l’autre bout de la France. Là-bas, il décide de se réinventer une vie et une ligne de conduite ; fini les histoires d’un soir et les excès en tout genre – ou presque. Il prend enfin le contrôle de sa vie.
C’était sans compter l’entrée fracassante de son voisin dans sa vie : Loan. Ils sont aussi différents que le jour et la nuit : l’un est gay, rayonnant et amusant. L’autre est homophobe, sombre et sarcastique.
Deux masques, deux facettes d’une même pièce.
« Qui se ressemble s’assemble » prétendent certains. « Les contraires s’attirent » clament d’autres.
Et si les deux étaient possibles ?
Mais comment aimer autrui lorsque notre propre reflet nous fait horreur ?
Quand les masques tombent, peut-être est-ce là que tout commence.
 
Mon avis :

Le thème de ce roman, traitant du harcèlement d'un lycéen à cause de son orientation sexuelle, était assez casse-gueule mais l'auteure s'en sort plutôt bien, même si l'attirance irrépressible que le personnage principal éprouve vis-à-vis de son bourreau m'a parfois paru inconcevable. Peut-être que l'auteure aurait dû davantage travailler ces passages-là pour que cet amour ne semble pas aussi déplacé. C'est dommage, parce que l'histoire est intense et poignante. Dure et violente, mais aussi bouleversante. Les deux adolescents vivent tous les deux un calvaire quotidien, pour des raisons différentes, mais leur souffrance commune est ce qui va, d'une certaine manière, les rapprocher et les rendre indispensables l'un à l'autre.
C'est dommage que l'immense potentiel de l'histoire, servie par deux personnages forts et authentiques, ait été gâché par un début assez confus (j'ai confondu à plusieurs reprises Loan et Morgan) et une fin bâclée (la disparition de Loan est totalement incompréhensible, surtout après une certaine décision qu'ils prennent ensemble, faisant ensuite paraître sa réapparition complètement artificielle).

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Challenges : La littérature LGBT de Ichmagbücher -


mercredi 16 mai 2018

King Helios, tome 1 de Belinda McBride - Le souverain perdu



"Quiconque sait ce que c'est que le tumulte et l'activité d'une ville commerçante d'Amérique ne reconnaîtrait point, dans le repos qui règnent maintenant dans l'ancien marché de Rhode-Island, une place comptée dans ses jours de prospérité au nombre des ports les plus importants de toute la ligne de nos vastes côtes."

Vaincu et amnésique, le roi Hélios est vendu par ses ennemis pour devenir un prostitué dans un des pires bouges de la galaxie. Lorsque son fidèle second, le capitaine Griffin, le retrouve enfin, il ne se doute pas de la tâche qui l’attend. Non seulement il lui faut rendre la mémoire à son roi, mais aussi résister aux avances de ce dernier qui continue d’obéir à son conditionnement d’esclave sexuel. Et lorsqu’enfin Hélios retrouve ses souvenirs, les problèmes ne disparaissent pas pour autant, car le retour du souverain perdu pourrait bien compromettre les plans de ceux qui avaient profité de son absence.

J'avoue que j'ai acheté ce livre un peu à cause de sa magnifique couverture (oui, cette raison est parfaitement superficielle et je l'assume), mais aussi parce que le premier chapitre lu sur Amazon m'avait paru vraiment engageant avec une histoire se déroulant dans un univers de space-opera intrigant. De plus, j'ai un faible certain pour les histoires traitant de princes déchus et asservis. Malheureusement, si les premiers chapitres ont tenu leurs promesses et m'ont enchantée, les désillusions m'ont progressivement rattrapée...

Plus l'histoire avance et plus elle perd en intensité et en rythme. En outre, il lui manque un univers davantage fouillé : tout n'est qu'effleuré, et c'est dommage car les rares descriptions que nous en avons sont très immersives. Les épisodes clés de l'intrigue se déroulent hors cadre et nous sont délivrées à travers les dialogues des personnages. Je n'aime pas du tout ce procédé narratif qui donne toujours un côté artificiel à l'histoire et une impression de maladresse. Les révélations de trahison paraissent anecdotiques, tombant au détour d'un dialogue comme si l'auteur devait s'en débarrasser au plus vite. En outre, certains épisodes se contredisent à quelques chapitres d'écart
/!\Attention spoiler/!\ à un moment, on apprend que Griffin et Hélios n'ont jamais été amants avant que le capitaine ne le retrouve, puis qu'ils ont fait ménage à trois avec la femme de Griffin et avant la captivité du prince./!\Fin du spoiler
 La fin est précipitée, sans surprise ni véritable retournement de situation.

Concernant la traduction, passé les premiers chapitres, elle m'a beaucoup gênée. Elle a commencé à devenir moins fluide à partir du chapitre cinq environ comme si une autre personne avait pris le relai. Parfois, on avait l'impression que c'était traduit littéralement tant la phrase en français était incompréhensible ou bizarre... Ajoutez à cela des fautes d'orthographe, de grammaire et de conjugaison, gâchant la lecture par leur répétition.

 J'ai lu ce livre en juillet 2017 mais n'ai pas eu le courage d'écrire cette chronique avant aujourd'hui tant la déception l'a emporté sur mon engouement du début...

En bref :

Les + : la première apparition du prince, totalement fascinante ainsi que sa rencontre avec son client ;
Les - : une traduction parfois approximative ; un potentiel gâché ; des fautes de grammaire et de conjugaison en VF

(sources : Goodreads)

Belinda McBride est un auteur primé et classé dans les meilleurs ventes de romance érotique. Elle vit dans le nord de la Californie avec sa famille et des huskies sibériens.
Diplômée de l'
Université d'État de Californie à Chico, elle a réussi à assister à la fameuse fête étudiante sans être une seule fois saoule, arrêtée ou apparaître dans la vidéo des Girls Gone Wild. Ses études ont porté principalement sur l'histoire classique et archivistique, l'anthropologie culturelle et le théâtre.

https://parthenia27.blogspot.fr/2016/11/challenge-litterature-lgbt-2-organise.html 
Ma 6ème participation au challenge de Ichmagbücher -  romance gay

 

Livraddict
 Babelio
Booknode

dimanche 18 mars 2018

Un bon parti de Curtis Sittenfeld


Merci à 
Masse critique
et aux éditions
https://www.lisez.com/presses-de-la-cite/6
pour ce partenariat !
"Bien avant l'arrivée de Chip Bingley à Cincinnati, sa recherche d'une épouse était de notoriété publique."
  
Toutes les mères de famille de Cincinnati sont dans les starting-blocks : Chip Bingley vient de s’installer en ville. Ex-participant d’une émission de téléréalité, il est beau, médecin, riche et CELIBATAIRE. Le parti idéal.
Elizabeth Bennet, de son côté, s'en moque éperdument, d’autant que le jeune homme est toujours accompagné de son collègue, l'insupportable et suffisant Fitzwilliam Darcy. La jeune femmea de toute façon de quoi faire : elle a décidé de redresser les finances familiales malgré la résistance de trois sœurs qui vivent encore au crochet de leurs parents et d’une mère qui soigne ses névroses à coups de shopping en ligne.
Quant à sa sœur aînée, Jane, elle n'a rien trouvé de mieux que de craquer pour le fameux Chip. Et puisque l'attirance semble réciproque, Elizabeth devra encore croiser ce foutu Darcy. Génial.

Quand Babelio m'a proposé cette Masse critique privée, je n'ai pas su résister, et le dieu des livres sait combien je peux me montrer méfiante vis-à-vis des austeneries ! Mais j'étais curieuse de voir évoluer les soeurs Bennet dans notre monde moderne. Et le moins qu'on puisse dire, c'est que je n'ai pas été déçue du voyage ! Cette remarque est à la fois ironique et sincère, car s'il y a du bon dans ce roman, il y a aussi du moins bon, voire du gratiné !

Avant toute chose, il faut savoir que ce roman est un pastiche d'Orgueil et Préjugés, mais un pastiche déjanté, qui va parfois très loin et qui pourrait dérouter les fans de Jane Austen. Les soeurs sont toutes beaucoup plus âgées que dans l'histoire originale et elles ont déjà eu plusieurs aventures sentimentales. En outre, Jane tente de se faire inséminer depuis des années, Elizabeth a une relation avec un homme mariée, Bingley participe à une émission de télé-réalité ! En plus, le pauvre s'appelle Chip ! WTF ! Alors c'est sûr, l'auteure aborde des thématiques de notre époque, et si certaines apportent quelque chose à l'histoire, d'autres sont, je trouve, très mal intégrées à l'intrigue ou mal adaptées à la psychologie des personnages originaux. Par exemple, le fait qu'un des protagonistes soit le candidat d'une émission de télé-réalité pour trouver l'âme-soeur ne me dérange pas en soi mais pourquoi avoir choisi Bingley pour ce rôle ? Cela aurait été plus vraisemblable que ce soit Whickam ou Lydia... En plus, on a du mal à déterminer si Jane et Liz condamnent ce genre de participation car leur posture à cet égard est décrite de façon assez brouillonne.

/!\Attention spoiler/!\Concernant le "plan cul hostile" que Liz propose à Darcy, j'ai bien aimé l'idée, mais que cela a été mal exploité !  Tant qu'à avoir des scènes de baise entre Darcy et Liz, autant envoyer du lourd ! Surtout que lorsque Darcy se rend compte qu'il est amoureux de sa maîtresse, aucune émotion ne se dégage de ces passages, l'écriture restant désastreusement mécanique et plate. /!\Fin du spoiler/!\

Mon ressenti final est assez amer, et c'est bien dommage parce que dans l'ensemble j'ai apprécié la légèreté et la drôlerie du ton. Mais j'ai détesté les cent dernières pages que j'ai trouvées sans intérêt et qui ont tourné à un véritable jeu de massacre. On se croirait avec les Kardashian, c'est pour dire ! J'ai trouvé le traitement de certaines intrigues extrêmement dérangeantes, non pas à cause du thème traité mais à cause de leur invraisemblance par rapport à la psychologie des personnages originaux. De plus, les postures intolérantes de certains protagonistes ne sont jamais vraiment condamnées ou contrebalancées, provoquant un certain malaise chez le lecteur.

En bref :

Les + : un ton léger et drôle ; des situations cocasses et déjantées (mention spéciale à la scène du jeu de société où Lydia et  Kitty font assaut de vulgarité ainsi que celle où Darcy explique ses sentiments par un raisonnement médico-scientifique) ;
Les - : des rôles mal distribués qui ne respectent pas la psychologie des personnages originaux; un  style facile et mécanique ; les motivations des protagonistes parfois confuses ; des fautes d'orthographe dans l'édition française
 "Ses soeurs avaient leurs béguins et leurs amours, leurs comédies et leurs réconciliations, grand bien leur fasse. Mary, elle, avait son paradis."
En 1992, Curtis Sittenfeld n'a que seize ans lorsqu'elle remporte le concours de la meilleure nouvelle organisé par le magazine Seventeen. Et ce n'est que le début d'une longue série de récompenses... Son premier roman, Campus, a rencontré un succès public et critique sans précédent aux États-Unis, tout comme Un bon parti. Cette jeune romancière bourrée de talent est désormais une valeur sûre de la littérature américaine.
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mercredi 26 juillet 2017

[Chroniques express] Brisé de Nicola Haken ⎹ Le Charme des Magpie, tome 1 de K.J. Charles


La douleur est inévitable mais la souffrance peut être évitée


Auteur : Nicola Haken
Éditions : MxM Bookmark
Collection : Romance
Parution VF : 2017
Parution VO : 2016
Titre VO : Broken
Traduction : Camille Wright (de l'anglais GB)
Genre : Romance contemporaine
Format : Kindle 
Pages : 358

Résumé :
Quand Theodore Davenport entreprend d’échanger son boulot sans intérêt pour une véritable carrière, il franchit les portes de Holden House Publishing avec enthousiasme et détermination, bien décidé à réussir. Il prend ses aises dans son nouveau job, se fait de nouveaux amis, et rêve d’atteindre les sommets de la hiérarchie.
Son plan suit son cours, jusqu’au jour où il rencontre James Holden, P.-D.G. de Holden House.

James Holden n’arrive pas à oublier sa rencontre avec l’homme timide qu’il a croisé dans les toilettes d’une boîte de nuit la semaine précédente, et quand il découvre que celui qui hante ses rêves n’est autre que l’un de ses employés, il ne peut s’empêcher de lui courir après.
Juste pour s’amuser... c’est ce que James se dit. Il ne peut se permettre de développer des sentiments pour quelqu’un qui ne les lui rendrait jamais, en tout cas pas une fois qu’il apprendrait qui il est réellement. James croit que personne ne mérite le fardeau d’être attaché à lui. C’est un homme compliqué. Blessé. Difficile. Exigeant.

Brisé.

Mon avis :
Le début du roman ne laissait aucunement présager la tournure, surprenante, qu'allait prendre cette histoire, apparemment écrite sur le même moule que tant d'autres romances contemporaines à la mode. En effet, on a l'impression que l'on va avoir droit à une énième romance sur la relation conflictuelle et passionnelle entre un patron dominateur et arrogant et son employé rebelle mais incapable de s'y soustraire. L'insupportable James Holden mène une vie sexuelle aussi instable que débridée. Quand il se rend compte que son coup d'un soir dans les toilettes d'une discothèque n'est autre que son nouvel employé, il décide, contrairement à ses habitudes, de le remettre dans son lit une dernière fois, stimulé par la farouche résistance que lui oppose Theodore Davenport. Or, lors d'une soirée, l'arrogant PDG va se montrer anormalement exalté, comme s'il était sous l'emprise de drogues. Progressivement, le lecteur, en même temps que Theodore, va découvrir le terrible secret que cache cet homme froid et autoritaire et dont il a affreusement honte. C'est d'ailleurs cette honte qui l'isole des autres et le fait paraître aussi odieux.
La narration alternant successivement les points de vue de Theodore et James, on ressent toutes les émotions et les souffrances qui les étreignent : l'amour et le sentiment d'impuissance pour le premier, l'amour et le sentiment d'indignité pour le second.
J'ai adoré découvrir ce couple terriblement attachant. La thématique, que je n'avais jamais vu abordée dans une romance, est dure, douloureuse. Certains passages sont vraiment déchirants. Mais j'ai aussi beaucoup ri.
Bref, une romance extrêmement touchante avec des personnages profonds et que je recommande. James Holden risque de vous marquer durablement...

D'autres avis : Livraddict ♦ Babelio ♦ Booknode
Challenges : La littérature LGBT de Ichmagbücher -
  Il sentait l’épouvantable détresse envahir son cœur et sa gorge de sa grisaille désespérée, l’empêcher de respirer, lui donner la nausée devant la certitude de sa propre vilenie.

Auteur : K.J. Charles
Éditions : Milady
Collection : Slash
Parution VF : 2016
Parution VO : 2013
Titre VO : A Charm of Magpies, book 1: The Magpie Lord
Traduction :Pascal Tilche (de l'anglais GB)
Genre : Romance fantastique
Format : ePub
Pages : 286

Résumé :

Jamais un lord n’a été aussi envoûtant

Exilé depuis des années, Lucien Vaudrey ne pensait pas rentrer un jour en Angleterre. À la suite du suicide de son père et de son frère, il hérite d’un comté ainsi que des ennemis de sa famille… Afin de se débarrasser d’une malédiction qui l’incite lui aussi à se donner la mort, il se tourne vers un magicien spécialiste des forces occultes, Stephen Day. Très vite, celui-ci tombe sous le charme ravageur de Lucien, qui ne cache pas son envie de le mettre dans son lit. Troublé, Stephen perd peu à peu ses pouvoirs. Mais lorsqu’une série de machinations se referment sur Lucien, Stephen sait qu’il doit les déjouer, sinon la Grande Faucheuse sera leur seule compagne.

Mon avis :
Contrairement à ce que le résumé de l'éditeur pourrait laisser penser, l'intrigue n'est pas tant centrée sur la romance (assez peu présente finalement) que sur l'enquête paranormale visant à expliquer les circonstances de la mort du père et du frère de Lord Crane et délivrer ce dernier d'une emprise maléfique. L'auteure nous offre un assez bon mélange entre récit fantastique et historique mais qui manque malheureusement d'approfondissement pour être totalement convaincant : j'aurais aimé avoir plus de descriptions  sur le manoir familial où se déroulent tous ces événements lugubres pour mieux m'imprégner de l'étrangeté inquiétante des lieux ; de même, l'époque historique reste floue, même si on devine à certaines allusions ou détails que les héros évoluent à l'ère victorienne.
Concernant les personnages, j'ai bien aimé l'anticonformisme de lord Crane (même s'il a un peu trop tendance à jurer comme un charretier) et l'aspect effacé, voire tristement banal de Stephen Day, le magicien, mais dont le charme puissant se révèle au fur et à mesure de l'histoire. J'ai trouvé leur histoire d'amour vraiment rafraîchissante (même si parfois l'amorce des scènes sensuelles entre eux paraissait parfois abrupte), loin du prétexte putassier de certaines romances anglo-saxonnes.
Par ailleurs, tout le background autour de la légende familiale est fascinant ; j'ai ainsi beaucoup aimé la scène de magie finale qui touche les tatouages et les objets symboliques de la maison. Dommage que la résolution de l'enquête soit un peu trop précipitée vers la fin alors que jusque là K.J. Charles avait pris le temps de poser l'intrigue et ses personnages...
D'autres avis : Livraddict ♦ Babelio ♦ Booknode
Challenges : La littérature LGBT de Ichmagbücher - Littérature de l'Imaginaire organisée par Amarüel -

dimanche 16 juillet 2017

Déferlante de Lily Haime

Les flammes dansaient devant nos yeux, bien à l’abri d’un foyer que nous avions délimité avec des pierres."
  
« C’est avant tout une histoire entre l’homme et la mer ; entre le cœur et les vagues. »

Lill surfe depuis qu’il sait marcher. Il adore Malibu, cette vie entre le sable et l’eau ; son père et ses amis, la tranquillité de son quotidien. Tout pourrait être parfait, sans remous et sans houle, si Lara, sa grande sœur, n’avait pas débarqué de New York quelques années plus tôt. Si elle n’était pas comme un rappel constant que Diane, leur mère, n’a jamais voulu de lui. Quand il regarde Lara, Lill a l’impression de ne pas être « assez »…
Un sentiment qui le hante depuis son plus jeune âge.
Un sentiment qu’il voudrait ignorer mais qui tourne dans sa tête – dans son cœur – de plus en plus vite lorsqu’il rencontre le petit ami de Lara.
Aidan…
Aidan qu’il aimerait détester, mais par qui il ne peut s’empêcher d’être intrigué.
Aidan qui le met mal à l’aise, qui le regarde et qui le voit vraiment.
Aidan qui sera là à l’aube des plus beaux jours. Au crépuscule des plus sombres…

« C’est une histoire entre l’océan et moi. »

lundi 10 juillet 2017

Deadlock, tome 2 de Saki Aida et Yuh Takashina


  
Matthew le petit chouchou de la prison s'est fait agresser par un monstrueux détenu. Hors de lui, Mickey décide de se venger. Plus tard, interrogé par des gardiens, Yûto refuse de se mettre à table et finit au trou. Là, il se lie d'amitié avec Neto, un autre détenu condamné au même sort.
De retour dans sa cellule, Yûto est affaibli à cause d'une forte fièvre, Dick prend alors soin de lui et devient anormalement attentionné.
Le tome 1 s'était terminé sur le meurtre du giton d'un des principaux suspects surveillés par Yûto. Le tome 2 reprend l'histoire sur les lieux du crime où Dick empêche son codétenu de prévenir les gardiens afin de le protéger d'une vengeance des ABL. Le scenario se fait encore plus sombre que dans le tome précédent : viols, meurtres, menaces, trahisons rappellent que nos protagonistes vivent dans une véritable jungle où la loi et le droit de l'extérieur ne s'appliquent pas.
Alors que l'enquête de Yûto stagne sur la recherche de ce fameux Corbus, il se rapproche progressivement de son codétenu (sans que la romance ne passe au premier plan, malgré la scène du verre d'eau, qui j'avoue, m'a laissée dubitative, mais passons!) allant même jusqu'à lui faire une confidence primordiale sur lui.

Ce que j'aime avec cette saga, c'est que la dureté de la prison n'est jamais passée sous silence ni édulcorée, et pourtant, les auteures ne versent jamais dans un racolage ou un voyeurisme malsain, en dépit des scènes extrêmement brutales qui s'y déroulent ! Matthieu et Yûto, à force de vivre sous la  protection de Nathan, Dick et Mickey, en ont oublié le cadre dangereux de la prison ainsi que leur vulnérabilité. La réalité se rappellera douloureusement à eux !
Malgré l'ambiance oppressante de ce huis-clos, les auteures nous offrent quelques bouffées d'oxygène, notamment avec l'introduction d'un nouveau personnage, Neto, le chef du gang des Loco Hermano, dont la nouvelle amitié avec Yûto semble à la fois précieuse et problématique.

Dick Banford reste toujours aussi énigmatique. Il ne se livre jamais et les rares informations recueillies sur lui (nous apprenons enfin la raison de son incarcération) proviennent d'autres personnes.
Nous glanons aussi des renseignements sur Nathan, qui paraît finalement moins lisse que ce que nous ne croyions : que cache la relation mystérieuse qu'il semble entretenir avec le directeur de la prison ?

Les auteures font savamment monter la tension tout au long de ce tome ; on sent que quelque chose se trame mais on ne s'attendait certainement pas à cette fin atroce, même si certaines allusions nous le faisaient pressentir (l'agonie du chef des Black Soldiers, la libération de Rivera, les mises en garde de Dick) ! L'agression finale mettra-t-elle le feu aux poudres d'une situation de plus en plus tendue entre les différents gangs ? Et qu'a donc bâti Dick que Yûto met en danger par son comportement ?
J'ai vraiment hâte de connaître la suite. Malheureusement, aucune date sur la sortie du prochain tome n'a jusque là était donnée...

En bref :

Les + : un suspens savamment entretenu ; des révélations savamment dosées ; les frémissements d'une histoire sentimentale entre Yûro et Dick ; un milieu carcéral bien retranscrit avec ses codes et ses méfaits psychologiques
Les - : une enquête qui piétine

Mes autres avis sur la saga : tome 1 ♦ tome 2 ♦ tome 3 ♦
(sources : Nautiljon)

Née un 3 janvier, Saki Aida est une mangaka spécialisée dans l'écriture de yaois, surtout dramatiques. Bien qu'elle n'ait pas beaucoup d'œuvres à son actif, elle est déjà connue en France pour le manga Takaga Koi Daro, premier manga réalisé avec la mangaka Yugi Yamada, qui s'occupe du dessin. Toujours au scénario, Saki Aida a également travaillé avec d'autres mangakas comme Takashina Yuu, Takahashi You et Nara Chiharu. Mais c'est avec Yugi Yamada qu'elle a le plus de succès, dont la séquelle de leur premier manga sera également licenciée en France aux éditions Taifu Comics.
Jusqu'à aujourd'hui on lui compte six mangas :  Aiso Tsukashi (FR : Back to Love) (2009), Deadlock (2006), Kaze ga Fuitara (2011),  S (Novel) (2005),  Takaga Koi daro (FR : Only Love) (2007),  Yoru ni Yurusareru (2006).
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Takashina Yuh commence sa carrière d'illustratrice en 2006, lorsqu'elle est chargée de faire les illustrations de Deadlock, un nouveau roman de Aida Saki.
Ses talents révélés, elle ne tarde pas à être reconnue et réalise ainsi les illustrations pour pas moins de quarante romans BL en à peine six ans.
Depuis, son premier projet étant devenu un succès, elle est maintenant en charge de son adaptation manga, toujours aux côtés de Aida Saki.
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Ma 2ème participation au challenge de Ichmagbücher -  manga yaoi
 
https://parthenia27.blogspot.fr/2017/01/challenge-un-genre-par-mois-2017_8.html
Challenge Un genre par mois organisé par Iluze (6/12)
http://www.livraddict.com/biblio/livre/l-enchanteur-1.html
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https://booknode.com/l_enchanteur_015479