vendredi 31 juillet 2015

Le Lapin Blanc de Céline Mancellon - Alice Royale, tome 1

Fiche détaillée

Auteur > Céline Mancellon
Editeur > Sharon Kena
Genre > romance, bit-lit
Date de parution > 2012
Format > ePub
Poids du fichier > 3,85 Mo (116 pages)

auteur
(sources : Babelio)

Céline Mancellon  Céline Mancellon née le 31 juillet 1977, après avoir été bercée dans l'univers de L'Égypte ancienne, la Mythologie et les romans Arthuriens, elle écrit sa première nouvelle à l'âge de 10 ans, basée sur la découverte du tombeau de Ramsès II.
Au collège, sa lecture prend un tout autre tournant en découvrant les œuvres fascinantes de Stephen King à qui elle voue une admiration sans bornes.
Elle lira aussi Dracula de Bram Stoker et Frankenstein de Mary Shelley, le début d'un fabuleux déclic.
Ce n'est que bien des années plus tard, qu'elle plonge dans le monde de la Bit-Lit et de la romance paranormale.
De cela naîtra plusieurs projets.
Céline aime partir à l'aventure du mélange des genres, son style peut varier d'une œuvre à l'autre, autant de défis qu'elle aime relever.
Bit-lit, comédie romantique, dystopie, thriller... Autant de mondes qu'elle prend plaisir à visiter pour nourrir le sien.

quatrieme de couverture

Section paranormale des forces de l'ordre de Lauriennas.

Suite à un étrange e-mail, Alice Royale, enquêtrice fraîchement libérée du Centre des Êtres Clonés, se rend dans une discothèque où Humains et Vampires se côtoient. Sa nature l'a dotée de facultés psi lui permettant l'immunité contre les attaques psychiques des créatures aux dents longues. Mais à peine a-t-elle accepté la mission qu'une autre se présente à elle... et son partenariat avec l'inspecteur Villard, spécimen masculin un brin chatouilleux et susceptible, risque fort de perturber la petite vie tranquille qu'elle menait jusque-là.

première phrase

 " Était-ce une mauvaise blague ?"

avis personnel

 C'est le premier livre de bit-lit que je lis, mais le deuxième de Céline Mancellon, après Pomme d'Eden. J'avais bien aimé l'humour et la légèreté de l'auteure alliés à des thèmes intéressants, même si j'avais déploré quelque facilité narrative et un certain manque de profondeur. Alors, verdict pour celui-ci ? Eh bien, j'y retrouve  les mêmes qualités et les mêmes défauts que dans son autre roman...

Mais commençons par le commencement !

Alice Royale est une jeune clonée, "détectée au C.E.C (Centre des Êtres Clonés) comme médium sensitive, clairvoyante avec un don de précognition !" (page 6), -  rien que ça - et dont la seule raison de vivre est de servir la société des humains du mieux qu'elle peut ! Nous apprendrons d'ailleurs plus loin avec une stupéfaction révoltée que les clones sont stérilisés (ce qui donne au récit un petit côté dystopique plutôt intéressant). Les Clonés sont donc rigoureusement encadrés, éduqués par un tuteur dont la personnalité les influence (ainsi, Alice a écopé d'une tutrice très stricte, qui lui donne son goût pour les tailleurs et les chignons sévères...)

Bref, Alice, employée comme enquêtrice à la section paranormale - et décriée - des forces de l'ordre de Lauriennas, partage son bureau avec Meredith Hanson, une spécialiste humaine des vampires, et Bertrand Tompart, spécialiste tout aussi humain des métamorphes.

 Un jour, elle reçoit un e-mail étrange l'invitant à suivre le Lapin Blanc... Il s'agit en fait d'une invitation à se rendre à une discothèque tenue par deux vampires, les sulfureux et sexy jumeaux Corus et Julius Mephistom, qui ont donné le nom de Lapin Blanc à leur boîte de nuit gothique. Les deux propriétaires s'inquiètent de la disparition de leur associé, un démon appelé Sorath.

Quelques heures plus tard, Alice est tirée du lit par l'inspecteur Russell Villard qui l'entraîne sur une scène de crime où gît le cadavre d'une vampire fraîchement transformée, désormais vidée de son sang et à laquelle on a arraché le cœur ! Or, il s'avère que le corps a été retrouvé à proximité du Lapin Blanc. Ces deux affaires sont-elles liées ?

C'est ce qu'Alice va s'appliquer à démontrer, malgré l'hostilité de son nouveau partenaire Russell Villard qui ne cache pas son dégoût pour les Clonés et malgré les avances insistantes de Julius Mephistom, excité par le défi que constitue l'immunisation de la jeune femme contre le pouvoir psychique des vampires !

Et pour corser le tout, elle est obligée de faire appel aux services du démon Beleth, un Hunter particulièrement puissant possédant pas moins de quatre-vingt-cinq légions de démons, roi en sa dimension, et qui tombe également sous son charme....

J'ai beaucoup aimé l'univers décrit par Céline Mancellon : les vampires se régénèrent "dans l'acte sexuel ou dans l’absorption de sang" (page 13), les démons, sexy en diable dans leurs longs manteaux de cuir, chevauchent d'énormes motos noires (métaphore sexuelle ?^^), je regrette juste que cet univers et ses personnages ne soient pas davantage décrits ni les détails développés, ce qui nous donne parfois l'impression de survoler l'histoire.

J'ai trouvé l'héroïne très attachante : elle se montre d'une franchise parfois déroutante, mais fait preuve d'une telle inexpérience en matière sentimentale que certaines de ses réactions apparaissent totalement décalées, donnant une dimension cocasse au récit.

Et Beleth, franchement, quel démon au charme dévastateur !!! Difficile, à l'instar de l'héroïne, de rester insensible à son sex-appeal !

Concernant, les références à l'œuvre de Lewis Carroll, n'ayant pas lu le livre, je ne pourrais vous éclairer sur ce point, à part pour le prénom de l'héroïne ainsi que le nom de la discothèque, et les titres des chapitres qui reprennent des références à certaines scènes d'Alice au pays des merveilles...

Pour conclure, une lecture agréable, parfaite pour cette période estivale, mais dont le potentiel a été un peu gâché à mes yeux par le manque de détails. J'aurais aimé que l'auteure fouille davantage son univers et la psychologie des personnages pour leur donner plus d'épaisseur et de profondeur, si bien qu'en ayant lu ce livre il y a 3 semaines, je dois avouer que j'avais oublié le cliffhanger de fin en écrivant ce billet.

De plus, attention aux fautes de conjugaison : je suis tombée sur une qui m'a particulièrement fait saigner les yeux !

Appréciation :

note : 3 sur 5

extrait

 Russel garda un silence tendu pendant un peu plus de la moitié du chemin nous menant à mon appartement.
–    Vous ne les trouvez pas attirants ? dit-il, brusquement.
–    Qui donc ? Les vampires ?
L’inspecteur grogna un « oui ». Je remarquais qu’un muscle de sa mâchoire tressautait sporadiquement.
–    Je suis immunisée contre leur pouvoir attractif.
Villard s’humecta les lèvres.
–    Ce n’était pas le sens de ma question. J'aimerais savoir si, malgré votre immunité, vous les trouviez séduisants.
–    C’est difficile à dire, je n’ai jamais été attirée par un homme.
Russel respecta un peu trop brutalement, à mon goût, l'arrêt au feu rouge.
–  Vous n’avez jamais eu envie d’un… vous n’avez jamais été attirée par un homme ? Même récemment ?
Serait-ce de la déception un brin ulcéré dans la voix du policier ?

–    Définissez l’attirance selon vos propres critères Russel, c’est trop subjectif et inconnu pour moi.
Villard se racla la gorge. Décidément, dès que nous abordions l’aspect émotionnel ou relationnel, le tic nerveux de l’inspecteur surgissait instantanément.
–    Eh bien, lorsque vous trouvez une personne attrayante, que… que… vous avez envie de la voir souvent. Qu’être avec elle vous est agréable, voire même trop. Que vous avez envie de… – là, Russel agita désespérément une main dans les airs – de…
–    De… ? l’encourageais-je.
–    De la toucher… de l’embrasser.
La voix de l’inspecteur était descendue d’une octave.
–    Oh.
Le policier me jeta un regard aigu.
–    Que veut dire ce « oh » ? Oui… non ?
Je pris le temps de méditer sur l'interrogation soulevée par l'inspecteur. Peu d’hommes évoluaient dans ma sphère sociale. Du moins, statistiquement parlant, afin de me faire une idée précise sur le sujet. Je trouvais Russel séduisant, j’appréciais cet aspect d’homme viril rassurant. Et d’après Meredith, j’étais même sous le charme de son côté râleur. J’aimais être avec lui, discuter avec lui, puis si je creusais plus loin dans mes réactions lorsque nous étions ensemble, on pouvait considérer que je le trouvais attirant. Avais-je envie de l’embrasser ? Le seul baiser échangé se trouvait être celui avec Julius Mephistom. Maigre outil de comparaison... L’expérience serait comment avec Russel ?
–    Alice, ce suspense va me tuer.
–    Je suis désolée, je réfléchissais à la question.
(page 54-55)

 

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Ma 31ème participation au challenge de Myrtille - thème du vampire et du démon revisité

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vendredi 3 juillet 2015

Mademoiselle S. : Lettres d'amour 1928-1930 (présenté par Jean-Yves Berthault)

Mademoiselle S. : Lettres d'amour 1928-1930 (présenté pa Jean-Yves Berthault)

 Merci à
babelio

et aux éditions  

Mademoiselle S. : Lettres d'amour 1928-1930 (présenté pa Jean-Yves Berthault)

pour ce partenariat !

Fiche détaillée

Auteur > Anonyme
Editeur > Gallimard
Genre > érotisme, épistolaire
Préface et Postface > Jean-Yves Berthault
Date de parution > 2015
Nombre de pages > 255

quatrieme de couverture

 «Il n’y a pas de phrases, si éloquentes soient-elles, qui puissent exprimer toute la passion, toute la fougue, toute la folie, que contiennent ces deux mots notre amour. Nous goûtons à de telles extases qu’on serait inhabile à les vouloir conter!»

Cette correspondance érotique des années 20, découverte par hasard par Jean-Yves Berthault, ancien ambassadeur, dévoile la folle passion d'une femme pour son jeune amant. Un trésor épistolaire écrit dans une langue recherchée, souvent crue et d’une grande modernité. L’audace des mots, la transgression, s’imposent en même temps que celles des gestes, et si Mademoiselle S. nous fait partager ses fantasmes les plus fous, elle nous révèle avant tout une magnifique et tragique histoire d’amour. 

première phrase

"Excuse-moi, chéri, si ce mot est trop court..."

avis personnel

C'est la chronique de Jérôme qui m'a donné envie de découvrir ce recueil de lettres, aussi quand, quelques jours plus tard, Babelio m'a proposé cette Masse critique privée, n'ai-je eu aucun mal à me laisser tenter...

C'est toujours un peu pernicieusement troublant de prendre connaissance d'une correspondance oubliée depuis des décennies... et plus encore quand cette correspondance touche à une sphère aussi intime. Car Simone, la mademoiselle S. de ce recueil, écrit à son tout nouvel (et tout premier) amant des lettres d'amour enfiévrées, d'une crudité parfois étonnante, relatant sans fard leurs dernières rencontres ou imaginant les prochaines, ainsi que les jeux sexuels auxquels ils pourront bien s'adonner ! Et Simone a de l'imagination, c'est le moins que l'on puisse dire !

La jeune femme est prête à tout pour garder cet amant, jusqu'aux plus folles transgressions. Progressivement, elle prend les initiatives, inversent les rôles.
Les circonstances de leur rencontre et leur situation personnelle ne nous sont livrées que parcimonieusement, mais nous apprenons que Charles est marié et qu'ils ne peuvent se rencontrer qu'en secret, parfois entre de longues phases d'absence. Simone sait leur relation fragile, aussi s'ingénie-t-elle à traquer les fantasmes de son amant pour lui offrir ces caresses qu'une femme de la bonne société de cette époque ne saurait s'abaisser à prodiguer sans passer pour une prostituée... 

Simone entre dans une sorte de cercle vicieux, si je puis dire, cherchant à repousser toujours plus loin ce besoin de frénésie sexuelle, exigeant la satisfaction de fantasmes de plus en plus extrêmes... Ses lettres, de plus en plus délirantes et impudiques, révèlent son obsession amoureuse autant que son angoisse de perdre ce jeune amant. D'ailleurs, même si nous n'avons accès qu'au point de vue de Simone, on devine Charles parfois lassé de cette relation passionnelle, de l'insistance de sa maîtresse, voire effaré par ses propres fantasmes qu'elle a percés à jour  et les exigences qu'elle émet pour les satisfaire !

Évidemment, tout le long de la lecture, on ne peut s'empêcher de s'interroger sur l'authenticité réelle des lettres. S'agit-il d'un canular littéraire ? Une femme de la bourgeoisie pouvait-elle se montrer aussi audacieuse sexuellement, mais surtout coucher par écrit des fantasmes aussi dégradants pour l'époque ?

En tout cas, le style est d'une très grande qualité, et malgré l'inconvenance folle et la précision de certains mots, aucune vulgarité n'émane du texte. Autre exploit : bien que Simone tourne en boucle sur sa passion, je n'ai jamais eu le sentiment de redites ni d'ennui à travers ces dizaines et dizaines de lettres. C'était parfois même tourné de manière délicieusement surannée !

Pour conclure, une très belle découverte d'une correspondance à l'érotisme très cru mais servi par une très belle plume ... L'histoire d'amour de Simone, qui est notre seul point de repère, est fascinante, sa rencontre avec Charles faisant naître chez elle une obsession et une passion violentes qui l'entraînent progressivement vers des transgressions de plus en plus intenses. Bizarrement, l'absence de lettres de Charles n'est pas si gênante que cela, puisque l'amant apparaît bien inconsistant comparé à Simone, comme un "auxiliaire" supplémentaire finalement... Par contre, à réserver à des lecteurs avertis !

Je remercie Babelio et Gallimard pour cette lecture surprenante !

Appréciation :

note : 4 sur 5

extrait

 Ah ! Chéri, comme je t'aime... Pourrais-tu en douter ? Tu m'as semé le vice dans le sang et je veux maintenant des étreintes farouches, à nulles autres pareilles. Je t'aime, je t'aime, je t'aime comme une bête en rut. Je veux te sentir pénétrer en mon être, décharger dans ma chair. Je veux jouir comme une brute sous tes caresses ou sous tes coups. Que m'importe ! Ce que je veux, c'est t'aimer, t'aimer, te donner du plaisir avec mon corps en fièvre qui réclame ta possession. Mon amant adoré mon petit dieu, que n'es-tu là pour calmer ce désir furieux qui monte, qui monte, qui m'emporte follement vers toi ! Vite samedi, je veux souffrir, je veux t'aimer. Je veux dévorer de baisers ta queue et ton cul que j'adore. Ma langue infatigable ira de l'un à l'autre. Je te sucerai, je te branlerai, je t'aimerai... Ah ! Charles, je deviens folle de désir, je n'en puis plus. J'ai mal dans tout mon être tendu vers toi éperdument. À ce soir mon aimé. Je t'adore. Je t'aime. Je te veux.
(page 32)

divers

Rendez-vous : le premier mardi chez Stephie c'est permis...

 Ma 19ème participation au RV de Stephie.

Mademoiselle S. : Lettres d'amour 1928-1930 (présenté pa Jean-Yves Berthault)

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