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mardi 2 juin 2015

Le Guerrier de C.S. Pacat - Prince captif, tome 2

Le Guerrier de C.S. Pacat - Prince captif, tome 2
Auteur > C.S. Pacat
Editeur > Milady
Collection > Romans
Genre > érotisme, fantasy
Date de parution > 2013 dans l'édition originale, 2015 dans la présente édition
Titre original > Prince's Gambit
Nombre de pages > 415
Traduction > de l'anglais (Australie)  par Louise Lafon
"Les ombres s'allongeaient sous le soleil couchant lorsqu'ils arrivèrent, et l'horizon était rouge."
Alors que leurs royaumes sont sur le point d’entrer en guerre, Damen et son nouveau maître, le prince Laurent, doivent échanger les intrigues de palais contre la violence ouverte des champs de bataille. Contraint de dissimuler son identité, Damen est de plus en plus attiré par le dangereux et charismatique Laurent. Mais alors que la fragile confiance entre les deux hommes se renforce, les secrets de leurs passés risquent de leur porter un coup fatal…
Je vais peut-être vous paraître contrariante, mais alors que la plupart des lectrices qui avaient été déçues par le tome 1 ont été conquises par celui-là, moi c'est tout le contraire... Bon j'exagère un peu (beaucoup, passionnément) mais je vous explique !
A la fin du 1er tome, j'étais véritablement impatiente de connaître la suite, et ne savais pas comment j'allais tenir les 24 jours qui me séparaient de la sortie du tome 2 !! J'étais presque fébrile, hein ! Aussi, quand je l'ai enfin tenu entre les mains, je n'ai pas pu m'empêcher de le lire d'une traite jusque 3h45 du matin ! vivivivi...
Je dois donc avouer que je l'ai trouvé en deçà du 1er... Je ne sais pas si c'est lié à mon impatience... ou à mes attentes trop fortes, mais je n' ai pas retrouvé la tension qui nourrissait toute l'intrigue de L'Esclave, ni la fulgurance de certaines contre-attaques de Laurent... Évidemment, Laurent est toujours aussi machiavélique et intelligent, aussi fin stratège mais certaines de ses décisions visant à contrecarrer les desseins de son oncle m'ont paru un peu surfaites parfois, un peu faciles, en tout cas elles me semblaient s'intégrer un peu moins naturellement à l'intrigue.

Cependant, le dernier tiers du roman a complètement rattrapé ce ressenti et effacé toutes mes réserves ! Vous avez eu peur, hein ?!?
Le Guerrier de C.S. Pacat - Prince captif, tome 2
Mais reprenons depuis le commencement...
Laurent et Damen sont donc en route vers la frontière sud, accompagnés majoritairement par une troupe de mercenaires stipendiés par le régent. Vous sentez comme moi le traquenard à plein nez, hein ? Et vous avez raison. Les deux héros restent sur leurs gardes, même s'ils ne savent pas quand ni comment le Régent va frapper. Mais leur situation, au vu de leur troupe indisciplinée et inexpérimentée, semble des plus compromises, et surtout mortifères. D'autant que Damen n'a pas encore fait la preuve de sa loyauté envers le prince et que des doutes (du côté de Laurent et de ses fidèles) subsistent toujours à son égard.
Néanmoins, les compétences militaires de Damen vont se révéler déterminantes, et ses conseils judicieux, même si ces derniers se heurtent parfois aux façons plus tortueuses de Laurent. Encore heureux que le prince n'a pas laissé "[sa] chère petite brute (...) pourrir [à Arles]" (Tome 1, page 300), car Damen le sauve de la mort de bien des manières.

Nous assistons donc au rapprochement des deux ennemis héréditaires, à la confiance qui progressivement s'installe. Au désir également, mais toujours du point de vue de Damen car Laurent reste obstinément hermétique à la compréhension du lecteur... jusqu'à ce qu'il dépose momentanément les armes et son arrogance dans une scène bouleversante.

Certaines phrases prononcées dans le tome 1, certaines attitudes, prennent ici tout leur sens, Laurent et le régent s'adonnant à un combat qui ressemble au jeu d'échecs : chacun avance ses pions, en essayant d'avoir plusieurs coups d'avance sur son adversaire. Des révélations nous sont faites sur le coup d'état de Kastor, des coups de théâtres parsèment  le récit, sans qu'on les ait vu forcément venir, nous laissant même parfois un peu sonnés...

/!\Attention spoiler/!\ Je pensais que les deux questions que je me posais à la fin du tome 1 allait trouver une réponse dans ce tome- là :
♦ le régent a-t-il abusé sexuellement de son neveu enfant ?
♦ Laurent a-t-il deviné l'identité réelle de Damen ?
Eh bien, il va falloir attendre le tome 3 pour enfin connaître la vérité...
Pour la 2è question, je reste persuadée  que Laurent a deviné depuis le début l'identité de son esclave. Je me souviens parfaitement de l'air offensé qu'il a lorsque Damen lui est offert : "Laurent avait marqué un temps d'arrêt en voyant Damen, et avait blêmi comme s'il venait de recevoir une gifle ou une insulte." (Tome 1 page 31). De plus, le fait qu'il passe son temps à l'humilier, voire qu'il cherche à obtenir sa mort par le fouet laisse à penser qu'il sait. D'autant qu'il n'a pas le même comportement envers les autres esclaves akieloniens.  Et dans le tome 2, lorsque Damen est apparemment sur le point de lui révéler la vérité, Laurent le coupe sur cette phrase sibylline : "Non, je ne veux pas le savoir. Demain, tu pars. Mais tu es à moi, pour l'instant. Tu es encore mon esclave, ce soir." (page 339) Mais d'un autre côté, penser que Laurent ait pu permettre au tueur de son frère de partager ce moment intime avec lui paraît assez improbable... Bref, tout ça pour dire je n'en suis pas plus avancée qu'au début...
 
 /!\Fin du spoiler/!\

Pour conclure, en lisant les chroniques élogieuses de lectrices déçues par le tome 1 (que j'avais adoré), je m'attendais à un coup de cœur pour celui-là. Même si c'était très intéressant de les voir tenter de s'opposer à la perfidie du régent et de déjouer ses plans, je n'ai pas trouvé Laurent aussi brillant qu'à Arles, en tout cas pas dans la 1ère partie où certaines de ses ruses me semblaient un peu cousues de fil blanc. Par contre, la deuxième partie m'a paru plus excitante (et non pas à cause de la fameuse scène, hein !) mais parce que l'on voit bien comment leur cohabitation forcée a sensiblement modifié la perception qu'ils ont l'un sur l'autre et leur propre comportement : Damen commence à changer d'avis sur certaines coutumes de son peuple et certains de leurs actes barbares, Laurent se laisse aller à plus de spontanéité ce qui le rend étonnamment touchant (et mieux vaut en profiter car ces moments sont aussi rares que brefs, et il a tôt fait de ré-endosser son masque dur et cruel). Et surtout, le régent connaissant les points faibles de son neveu et tentant à plusieurs reprises d'en profiter pour remporter une victoire définitive sur lui, Damen est le seul qui ose s'opposer à la colère dévastatrice de Laurent et aux mauvaises décisions qu'il pourrait prendre sous son emprise.

Bref, malgré un début un peu laborieux qui m'avait fait craindre une sévère déception, les derniers chapitres ont emporté ma totale adhésion, et la dernière scène (celle du chapitre 20 et pas celle du chapitre 19 1/2, hein, même si cette dernière fut hautement appréciable ! ^^) a fait naître une excitation aussi intense que jubilatoire... car elle relance complètement l'intrigue en redistribuant les cartes et en provoquant chez nous une foultitude de questions...
Et l'écriture de l'auteure est toujours aussi fluide, nous faisant parfaitement ressentir les émotions et les doutes qui étreignent les deux princes.

Quand, mais quand sortira le tome 3 ?!?

Appréciation :
Mes autres avis sur la saga : tome 1 ♦ tome 2 ♦ tome 3  [saga terminée]
♥ Mon couple inoubliable
Mon Pinterest dédié à la saga ♣

  Damen se débarrassa de son épée de bois et partit voir Laurent.
Il marcha dans les broussailles. Laurent ne prit pas la peine de venir à sa rencontre, mais se contenta de l'attendre. Une brise s'était levée. Les pans de la tente claquaient bruyamment.
- Vous me cherchiez ?
Laurent ne répondit pas, et Damen ne parvint pas à interpréter son expression.
- Qu'y-a-t-il ? demanda Damen.
- Tu es meilleur que moi.
Damen ne put s'empêcher de lâcher un soupir amusé, ni de balayer lentement Laurent du regard, de la tête aux pieds et des pieds à la tête, ce qui était sans doute un peu insultant. Mais tout de même...
Laurent rougit. Ses joues s'empourprèrent violemment, et un muscle se crispa le long de sa mâchoire tandis qu'il réprimait une émotion inconnue. Sa réaction surpassait toutes celles que Damen lui avait connues jusque-là, mais il ne put résister à la tentation de le provoquer un peu.
- Pourquoi ? Vous voulez que nous échangions quelques passes d'armes ? En toute amitié, proposa Damen. (page 45-46)

C.S. Pacat C.S. Pacat est un écrivain originaire de Melbourne. Sa 1ère saga, la trilogie Prince Captif, a vu le jour sur le net. Suite à son succès, elle a été auto-publiée en 2013, puis acquise par l'éditeur Penguin avant d'être publiée à travers le monde en 2015.
L'auteure a beaucoup voyagé et vécu dans des villes aussi diverses que Tokyo au Japon et Pérouse en Italie. Elle s'est installée récemment en Australie où elle écrit actuellement le 3ème tome de la trilogie Prince Captif.
site de l'auteure -


Rendez-vous : le premier mardi chez Stephie c'est permis...
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mercredi 6 mai 2015

L'Esclave de C.S. Pacat - Prince captif, tome 1

L'Esclave de C.S. Pacat - Prince captif, tome 1
 Merci à
babelio
et aux éditions  
L'Esclave de C.S. Pacat - Prince captif, tome 1
pour ce partenariat !
Auteur > C.S. Pacat
Editeur > Milady
Collection > Romans
Genre > érotisme, fantasy
Date de parution > 2013 dans l'édition originale, 2015 dans la présente édition
Titre original > Captive Prince
Nombre de pages > 316
Traduction > de l'anglais (Australie)  par Louise Lafon
"- Nous avons appris que votre prince possédait son propre harem, dit dame Jokaste."
 Damen est un héros pour son peuple et le légitime héritier du trône d'Akielos. Mais lorsque son demi-frère s empare du pouvoir, Damen est capturé, dépouillé de son identité et offert comme esclave au prince d'un royaume ennemi.
Beau, manipulateur et létal, son nouveau maître, le prince Laurent, incarne ce qui se fait de pire à la cour de Vere. Mais dans la toile mortelle de la politique Vérétienne, les apparences sont trompeuses, et lorsque Damen se retrouve pris dans un jeu de pouvoir pour le trône, il doit s'allier à Laurent afin de survivre et sauver son royaume.
Sans jamais oublier une règle vitale : cacher sa véritable identité à tout prix. Car l'homme dont il a besoin est celui qui a le plus de raisons de le haïr...
En lisant la 4ème de couverture, c'est avec un plaisir anticipé que j'ai accepté la masse critique privée de Babelio. Aussi, quelle ne fut pas ma surprise en recevant le roman de constater qu'il s'agissait d'un livre édité par Milady... Non pas que la maison d'édition me dérange, hein, mais j'avais oublié qu'elle était également spécialisée dans les livres de fantasy (comme quoi, j'ai une mémoire de poisson rouge, car j'ai dans ma bibliothèque les deux tomes de La Légende de Drizzt * tousse tousse*), pour ne retenir que sa collection "Romance", et vu mes déboires avec la romance en général, j'avais peur de ne pas aimer du tout...

Eh bien, j'ai eu tort car une fois plongée dans le roman, je ne l'ai plus lâché avant la fin, et l'ai dévoré durant mon dimanche après-midi, regrettant que le livre ne compte pas plus de pages... L'histoire réunissait vraiment tous les ingrédients pour me plaire : un barbare courageux et intègre (Damen, rhâââ lovely...😳), une inspiration puisée chez les Grecs et les Romains de l'Antiquité pour décrire les pratiques sexuelles et sociologiques des deux civilisations en présence, les machinations de palais, des personnages étonnants dont le caractère fouillé leur permet d'échapper à tout manichéisme...

Nous voyons l'histoire à travers les yeux du prince Damianos, rebaptisé Damen suite à la trahison de son demi-frère Kastor qui l'a offert comme esclave sexuel à Laurent, l'héritier cruel et manipulateur du royaume ennemi, qui voue une haine profonde à tout ce qui vient d'Akielos... Par conséquent, nous ressentons intimement les émotions du prince déchu, nous tremblons avec lui de le voir démasqué, ce qui le conduirait à une mort certaine, car il a tué il y a quelques années le frère aîné de Laurent à la bataille de Marlas ! Malgré les mises en garde de son oncle, le régent, qui veut éviter une guerre avec leur nouvel allié, le prince de Vère ne cesse de rechercher l'occasion d'humilier et de maltraiter son nouvel esclave, dont il ignore l'identité réelle.

Les rapports qui s'instaurent entre Laurent et Damen sont captivants et évoluent de manière intéressante : Damen, qui est un guerrier respecté de son peuple, a du mal à se soumettre à sa nouvelle condition, et ne peut empêcher sa fierté naturelle de regimber face à l'autorité cruelle de son maître, le mettant souvent dans une situation des plus précaires. C'est un homme honorable, qui continue à obéir à son code d'honneur, sincèrement préoccupé par l'intérêt de ses sujets et l'avenir de son royaume et mu par de nobles intentions, ce qui provoque parfois la surprise de Laurent qui ne le considère que comme une brute sans cervelle.
De son côté, Laurent apparaît comme un être manipulateur et insensible, vouant une haine inextinguible aux Akieloniens, et prêt à tout pour satisfaire ses désirs de vengeance... Bien que ses réparties soient parfois spirituelles et drôles, il se montre odieux et détestable au possible. Son caractère capricieux le pousse à esquiver ses responsabilités princières au grand dam de son oncle. Au début, nous adhérons à la vision peu flatteuse qu'a Damen de lui, mais au fur et à mesure de notre lecture, nous nous rendons compte qu'il vaut peut-être mieux que sa réputation ; nous en arrivons à nous interroger sur certains de ses comportements et leur origine. En tout cas, il ne laisse personne indifférent même si sa personnalité est pour l'instant insondable, mais ce mystère ajoute à son charisme tout en attisant la curiosité du lecteur. Il est d'ailleurs décrit de telle manière que chacun de ses regards, chacune de ses attitudes parlent d'eux mêmes et marquent le lecteur !
D'autant que la destinée des deux princes est inextricablement liée, et comble de l'ironie, chacun doit protéger l'autre pour sa propre survie alors qu'ils ne rêvent que de s'entretuer !
L'Esclave de C.S. Pacat - Prince captif, tome 1
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Les autres personnages sont également travaillés, et tout aussi intrigants : le régent qui semble étonnamment pondéré dans ce royaume aux mœurs corrompues, Nicaise le mignon dont le comportement impitoyable s'accorde si peu à un physique angélique, Erasmus, l'esclave doux et dévoué...

Nous découvrons également les pratiques sexuelles de Vère en même temps que Damen, des pratiques aussi dépravées que perverses : des combats dans l'arène sont organisés, mais dans cette civilisation réputée raffinée, les esclaves ne s'affrontent pas avec une épée de fer, non, mais avec leur épée de chair... si vous voyez ce que je veux dire !!! Certaines autres  scènes peuvent s'avérer très dérangeantes, vu qu'elles suggèrent des relations entre des hommes et des mignons prépubères, mais elles ne sont jamais traitées de manière racoleuse et s'intègrent finalement logiquement à cet univers vérétien où le vice est maître !

La plume et les descriptions de l'auteure nous immergent complètement dans cet univers travaillé, où rien n'est laissé au hasard, où les protagonistes évoluent tout le temps sur le fil du rasoir, se débattant dans les intrigues de cour. Complots, trahisons, faux-semblants s'entrecroisent, suggérant que les apparences peuvent se révéler mortellement trompeuses et que les enjeux ne se situent pas forcément là où on les attendait...

Bref une plongée haletante dans cet univers décadent qui nous donne furieusement envie de connaître la suite. C'est bien simple, j'ai déjà précommandé le tome 2 et me demande comment je vais bien pouvoir tenir jusqu'au 29 mai... Pour l'instant, l'identité de Damen n'a pas été percée à jour et l'on se demande comment Laurent réagira quand il apprendra la vérité !
Par contre, vu la nature de certaines relations, ce roman est à réserver à un public averti.

Je tiens à remercier Babelio et les éditions Milady pour cette très belle découverte !

Appréciation :

Mes autres avis sur la saga :tome 1 ♦ tome 2tome 3 [saga terminée]
Mon couple inoubliable
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  Damen ne vit aucune raison de revenir sur sa première impression : le prince était gâté, comme un fruit laissé trop longtemps sur la branche. Les paupières lourdes et les lèvres molles de Laurent suggéraient une nuit passée à abuser du vin, en courtisan dissolu.
- J'ai réfléchi à ce que j'allais faire de toi, déclara Laurent. Te briser en te faisant flageller... ou peut-être t'utiliser comme Kastor désirait que je le fasse. Je pense que cela me procurerait beaucoup de plaisir.
Laurent vint se poser à quatre pas de Damen. Cette distance était calculée : Damen estima que s'il tirait sur sa chaîne aussi fort que possible, ils seraient tout juste à deux doigts l'un de l'autre, sans se toucher.
- Tu n'as rien à répondre ? Ne me dis pas que tu es timide, à présent que nous sommes en tête-à-tête.
Le ton suave de Laurent n'était ni rassurant, ni aimable.
- Je croyais que vous ne vouliez pas vous salir avec un barbare, répondit Damen en prenant soin de ne pas élever la voix.
Il entendait battre son cœur dans sa poitrine.
- En effet, reprit Laurent. Mais si je te donnais à un garde, peut-être m'abaisserais-je à regarder.
Damen se crispa et ne parvint pas à cacher son expression horrifiée.
- Tu n'aimes pas cette idée ? poursuivit Laurent. Peut-être pourrais-je trouver autre chose. Viens ici.
Damen sentit grimper sa méfiance et sa répulsion à l'égard de Laurent, mais il se rappela sa situation. En Akielos, il avait lutté contre ses fers, et ceux-ci avaient été renforcés. Ici, il n'était qu'un esclave ordianire, et l'occasion de s'échapper finirait par se présenter, s'il ne la gâchait pas en laissant s'exprimer sa colère et son orgueil. Il était capable d'endurer le sadisme puéril de Laurent. Il devait retourner en Akielos, et pour le moment, cela impliquait de se montrer docile.
Il fit un pas en avant, circonspect.
- Non, dit Laurent d'un ton satisfait. Rampe !
«Rampe».
C'était comme si tout s'était arrêté, sous l'effet de ce seul mot. La partie de Damen qui lui dictait de feindre l'obéissance fut noyée sous le flot de sa fierté bafouée.
mais l'incrédulité hautaine de Damen ne se peignit qu'une demi-seconde sur son visage, avant qu'il se trouve projeté à quatre pattes par les gardes, sur l'ordre muet de Laurent. Un instant plus tard, après un autre geste du prince, l'un des gardes le frappa à la mâchoire. Et recommença, encore et encore.
(page 39/40)
C.S. Pacat C.S. Pacat est un écrivain originaire de Melbourne. Sa 1ère saga, la trilogie Prince Captif, a vu le jour sur le net. Suite à son succès, elle a été auto-publiée en 2013, puis acquise par l'éditeur Penguin avant d'être publiée à travers le monde en 2015.
L'auteure a beaucoup voyagé et vécu dans des villes aussi diverses que Tokyo au Japon et Pérouse en Italie. Elle s'est installée récemment en Australie où elle écrit actuellement le 3ème tome de la trilogie Prince Captif.
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Rendez-vous : le premier mardi chez Stephie c'est permis...
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L'Esclave de C.S. Pacat - Prince captif, tome 1
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dimanche 16 mars 2014

Brissot, le roman d'un révolutionnaire de Michel Auboin

Brissot, le roman d'un révolutionnaire de Michel Auboin

 Merci à

babelio

et aux éditions  du

cherche midi
pour ce partenariat !

 

Fiche détaillée

Auteur > Michel Auboin
Editeur > Le Cherche Midi
Collection > Romans
Genre > Roman historique
Date de parution > 2014
Nombre de pages > 263

auteur

Michel Aubouin est préfet des îles Wallis-et-Futuna. Déjà auteur de plusieurs ouvrages sur l’administration ou l’histoire de la Beauce, il signe, avec Brissot, le roman d'un révolutionnaire, son premier roman.

quatrieme de couverture

Jacques-Pierre Brissot (1754-1793) a exercé une influence importante sur la marche de la Révolution française. Moraliste formé à l'école de Jean-Jacques Rousseau, il possède toutes les vertus qu'il prêche dans ses écrits. Son désintéressement et son austère simplicité étaient faits pour honorer cette République qu'il se glorifiait d'avoir aidé à fonder. Mais il trouva sur son chemin Robespierre et la Terreur.

Dans ce roman qui restitue brillamment le Paris et les luttes révolutionnaires, Michel Aubouin brosse le portrait d'une personnalité attachante.

première phrase

"Les trois charrettes des condamnés sont apparues à midi."

avis personnel

Il fut une époque où je lisais tout ce qui me tombait sous la main dès l'instant que cela parlait de la Révolution française, si bien que c'est tout naturellement que j'ai choisi ce livre lors de la Masse critique organisée par Babelio le 24 janvier.

Je me faisais donc une joie de lire ce roman (d'autant que mes connaissances portent davantage sur les Jacobins que les sur Girondins), malheureusement, malgré un début prometteur, je n'ai pas du tout accroché à l'histoire...

Le récit est rapporté à la 1ère personne du singulier et pourtant, nous ne saurons pratiquement rien sur le narrateur... à part son âge (35 ans), le même que Brissot ou Chauveau-Lagarde, qu'il est allé au même collège qu'eux, qu'il fait parti de leur cercle politique, qu'il est originaire de Chartres et que la santé de son père est déclinante. Nous ne saurons jamais son nom ni sa profession (excepté que son père veut qu'il soit homme de loi).
Le narrateur est un témoin plus spectateur qu'acteur, il se contente de rapporter les événements sans que l'on ait l'impression qu'il inter-agisse avec eux, ou alors de manière très artificielle (je m'expliquerai sur ce point plus loin), il ne nous fait jamais part de ses émotions ou de ses pensées.
D'une façon générale, tous les personnages manquent terriblement de caractérisation si bien que l'on ne s'attache à aucun.

De plus, j'ai trouvé que les différents procédés utilisés par l'auteur pour nous donner les informations sur les personnages ou les événements sonnaient faux :
♦ les renseignements biographiques sur Brissot nous sont donnés par lui-même à travers un monologue qui expose une partie de sa vie sur 9 pages d'affilée, ce qui est tout sauf naturel (page 35 à page 46) ;
♦ page 182, le narrateur est arrêté dans la rue par un homme qui lui est inconnu : il s'agit d'Ange Pitou, un contre-révolutionnaire qui lui confie les projets de ses amis, ce qui est totalement invraisemblable dans ce contexte de la Terreur !
♦ page 189, Marceau, qui a toujours ignoré le narrateur, se met soudainement à lui raconter la bataille contre les Prussiens en un long monologue ;
♦ page 219, le narrateur, allié des brissotins, assiste comme par hasard à une réunion des massacreurs de septembre qui complotent contre ses amis... sans que cela ne vienne troubler sa petite vie bien réglée.

En outre, mieux vaut avoir de bonnes connaissances sur l'époque car une quantité de personnages historiques sont cités sans aucune note explicative.
Ainsi, Louise de Kéralio, Bernardin de St Pierre, Chauveau-Lagarde, Choderlos de Laclos, Bailly, le duc d'Orléans, Mme de Genlis, La Fayette, Clavière, Robespierre, Sieyès, Marceau, Pétion, Marat, Mirabeau, Beaumarchais s'invitent entre ces pages, certains très fugacement ; il aurait été intéressant d'avoir un index, succinctement biographique, en fin d'ouvrage, pour que l'on puisse les situer par rapport à l'intrigue.

Pour en finir avec mes réserves, l'absence de chapitre s'avère assez gênante, d'autant que certains paragraphes commencent abruptement, sans transition avec le précédent, donnant ainsi l'impression de sauter du coq à l'âne...

Pour conclure, une lecture décevante de ce livre qui ressemble plus à un compte-rendu linéaire des événements qu'à un roman. Les personnages manquent cruellement de relief, l'intrigue est inexistante et peu développée ; et les procédés narratifs pour introduire certains personnages ou situations sont maladroits et artificiels malgré quelques jolis passages descriptifs. Et c'est ce qui a finalement manqué le plus à cet ouvrage qui s'est focalisé sur une écriture essentiellement narrative au détriment des descriptions. C'est vraiment dommage car l'époque révolutionnaire se prêtait à un récit plus fiévreux et vivant. Peut-être l'auteur aurait dû se tourner vers un essai...

En tout cas, je remercie Babelio et les éditions du Cherche-Midi pour ce partenariat.

Appréciation :

note : 2 sur 5
 

extrait

 page 256/257 :
"... Elle a serré plus fort mon bras. Nous avons continué d'avancer. Le taillis paraissait plus dense. Aux ronces avaient succédé les fougères, dont les ombrelles dentelées pliaient sous nos pas dans un froissement de soie. Une souche récente, un peu à l'écart, nous invitait au repos. L'endroit état désert et hors de la vue d'un improbable voyageur. Un écureuil, dérangé dans sa tâche, s'est arrêté un instant, nous a fixés d'un oeil curieux et a détalé derrière un frêne. Emira a laissé glisser le fichu de ses épaules, s'est assise sur le tronc, en choisissant l'endroit où avait poussé la mousse la plus épaisse, et elle a allongé les jambes dans un étirement qui avait la grâce d'un geste d'enfant. Je me suis installé à ses pieds, dans l'herbe."

divers

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