mardi 16 juin 2026

Héritage de Cynthia Harrod-Eagles – Les saisons d'Ashmore Castle, tome 1

    Abasourdi, il releva les yeux pour découvrir un visage de dieu grec. Une épaisse toison de boucles cuivrées, des sourcils d’or, des yeux d’un bleu céruléen, des lèvres ciselées et un menton décidé. Le teint était légèrement hâlé et les pommettes luisaient avec l’éclat de la jeunesse.


Parution V.O : 2021
Titre V.O : The Secrets of Ashmore Castle
Parution V.F : 15 mai 2024
Traduction : Frédéric Grellier
Editions : Hachette
Collection : La Belle Etoile
Genre : Saga familiale et historique
Pages : 415
Ebook
Prix : 8,49 euros

Quatrième de couverture:


« L’imposante demeure blanche au sommet de la colline surplombait la vallée de l’Ash et l’on ne voyait qu’elle depuis le village de Canons Ashmore. Pompeusement baptisée Ashmore Castle, sans que la jeune femme sût pourquoi, tout le monde la désignait comme le Château. Il était prestigieux d’y travailler et, quand vous quittiez cette maison, une lettre de référence à son nom valait de l’or. Elle suivit l’étroite allée vers l’arrière, conformément aux instructions, et atteignit la cour de la cuisine où deux valets de pied en livrée fumaient sous l’avant-toit, à l’abri du crachin.»

1901. Lorsque le duc de Stainton meurt dans un accident de chasse, son fils aîné Giles est appelé à lui succéder. Le jeune homme qui s’est toujours tenu à l’écart de sa famille et d’Ashmore Castle, privilégiant ses ambitions personnelles, doit assumer son devoir. Il réalise alors que la charge du domaine s’accompagne d’innombrables dettes qui mettent en péril la sécurité de tous. Un mariage d’argent s’impose à lui, alors que son cœur bat pour une jeune femme sans fortune.

Mon avis :


J'avoue que j'avais acheté ce livre sans grande conviction, vu mes précédents déboires concernant les romans inspirés de l'univers de Downtown Abbey, mais cette fois, j'ai réussi à aller jusqu'au bout de ma lecture. 
J'ai trouvé que l'auteure abordait de manière convaincante les thèmes sociétaux de ce début de XXème siècle dans le monde de l'aristocratie (et de la domesticité) : mariage d'intérêt, poids du devoir, respect des convenances, usage rétrograde, aspirations personnelles, condition des femmes...

Il y a une foultitude de personnages, mais quatre se détachent vraiment dans ce premier tome : Giles Tallant, le nouveau comte de Stainton, son frère cadet Richard, le préféré de leur mère malgré ses frasques mettant en danger la respectabilité de leur nom, Kitty Bayfield, jeune et riche héritière issue de la noblesse, et son amie de pension Nina Sanderton, orpheline vive et cultivée mais ne pouvant prétendre à un beau mariage à cause de ses origines roturières.

C'était passionnant de découvrir le caractère et les aspirations de tous ces personnages, leurs occupations et les tracas qui émaillent leur quotidien.
Par contre, vu le très grand nombre de personnages secondaires, je trouve dommage que l'auteure ne s'attarde pas davantage sur eux, car le lecteur n'a pas vraiment le temps de s'attacher à eux malgré leur potentiel, en plus d'avoir l'impression que les épreuves ou les chagrins qu'ils rencontrent sont traités de manière superficielle. Quelques-uns ont réussi tout de même à m'intriguer ou me toucher : l'oncle Sebastian, la grand-mère française Victoire et Axe Brandom, l'apprenti du maréchal-ferrant.

Par contre, je ne peux m'empêcher d'éprouver des sentiments mitigés quant à Giles, le personnage central. Alors que je le trouvais sympathique au début, à cause du sacrifice qu'exigeait son nouveau statut, avec l'abandon de ses rêves, l'obligeant à endosser de très lourdes responsabilités,  j'ai changé d'avis à son sujet au fur et à mesure de ma lecture. On a parfois l'impression qu'il se sert vraiment de sa femme. Pour son argent. Pour son plaisir. Mais il la néglige et la méprise, intellectuellement parlant : elle est cultivée mais affreusement peu sûre d'elle et elle ne partage pas les mêmes centres d'intérêt que lui. Il tente de l'y intéresser mais se lasse assez vite de ses efforts. Je plains cette pauvre épouse qui n'y est pour rien. Il a pourtant parfois des gestes et attitudes prévenants mais très vite effacés par des pensées  assez cruelles. Quoi ? Le piège se referme sur lui parce qu'elle lui annonce sa grossesse ? C'est horrible, non ? On n'arrête pas de passer d'un extrême à l'autre avec lui : il a le sens du devoir chevillé au corps tout en se montrant parfois très égoïste.
Par contre, j'ai eu le cheminement inverse avec son frère, qui m'agaçait fortement au début mais qui se révèle finalement plus humain.
Autre petite réserve : parfois, c'est quand même un peu trop pompé sur Downtown Abbey ; je pense plus particulièrement aux relations entre James, le premier valet de pied et Crooks, le valet de chambre du comte...

Pour conclure, un livre que j'ai dévoré, malgré ces quelques réserves, et dont je compte bien lire la suite...


 
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