Scenario : Isabelle Dethan
Dessin : Isabelle Dethan
Couleur : Isabelle Dethan
Genre : BD historique, biographie romancée
Date de parution : 2025
Editeur : Dargaud
Nombre de planches : 204
"Rien n'est plus aisé à faire qu'un mauvais livre, si ce n'est une mauvaise critique." VOLTAIRE
Editions : Le Tripode
Parution : 7 janvier 2021
Genre : Drame contemporain
Pages : 237
Emprunté
Ces phrases extraites du Démon de la Colline aux Loups résument l'élan qui habite ce texte stupéfiant, et son désir de dire la condition humaine.
Ecrit dans une langue volcanique, le premier roman de Dimitri Rouchon-Borie nous livre avec force le destin d'un être enfermé en prison. Et c'est une révélation, une lumière dans les ténèbres.
De la prison où il est enfermé, un homme écrit ses souvenirs sur les conseils de son psy afin de déverrouiller ses blocages, mais également dans un souci de rédemption. On devine un homme peu instruit. Il écrit exactement comme il nous parlerait. C'est un style très oral. On a l'impression de lire en apnée tant il y a peu de ponctuation mais c'est ce qui donne aussi toute sa force au récit. C'est brut et sans fioriture, et ça nous prend aux tripes.
Dès le début, on se demande ce qui a amené le narrateur derrière les barreaux. Apparemment, il a fait des choses terribles. Il parle également beaucoup du Démon sans que l'on sache de qui ou de quoi il s'agit. On apprend aussi qu'il est le 3ème né d'une fratrie de 6 enfants. La "portée" est élevée comme des animaux, dormant les uns contre les autres à même le sol sur une vieille couverture et se soulageant à l'autre bout de la pièce. Ils vivent en outre dans un noir permanent durant plusieurs années. Quelque fois, on dépose une gamelle pour eux. Comme on le voit, ils sont élevés dans des conditions d'hygiène épouvantables, mais le pire c'est qu'ils ne reçoivent aucune marque d'affection de la part de leurs parents, qui, au contraire, prennent plaisir à les maltraiter.
C'est en allant à l'école que le narrateur (et le lecteur) apprend son prénom : Duke. Ses débuts y sont très chaotiques : Duke sait à peine parler et ne connaît rien aux codes ou rapports qui régissent les humains. Il est en outre considéré comme un abruti par ses camarades qui ne cessent de se moquer de lui.
La seule douceur réconfortante qui illumine sa vie est ce lien très fort qui l'unit à ses petits frères et soeurs (ses 2 frères aînés ont quitté le nid et l'on ne saura jamais ce qu'il est advenu d'eux). C'est d'ailleurs pour les protéger qu'il va se sacrifier !
La langue de Duke, qui s'exprime avec une candeur enfantine, ne fait que souligner l'horreur absolue que lui font vivre ses monstres de parents. Il y a des passages véritablement insoutenables. Dans ces moments-là, on a la désagréable impression que quelqu'un nous maintient le visage dans la boue mais Duke dégage une telle lumière, une telle sincérité, que l'on s'accroche à elles pour continuer la lecture. Son parler est parfois très imagé, conférant au récit une sorte de poésie désespérée. C'est un style sensoriel, presque primitif qui nous emporte et nous déchire.
La courte histoire de Duke, enfant massacré, puis ado brisé, est d'une tristesse infinie !
Ca faisait longtemps que je n'avais lu un livre aussi bien écrit, aussi beau, aussi bouleversant, malgré les thématiques extrêmement dures abordées.
Duke commet des actes horribles mais ça n'est jamais gratuit et on sent toujours le bon en lui, si bien que l'on ne peut s'empêcher de penser à la vie qu'il aurait pu avoir s'il était né dans une famille saine et aimante...
A la fin, je n'ai pu empêcher les larmes de couler, et pourtant je ne pleure pas facilement. Je dis cela sans forfanterie aucune, juste pour souligner à quel point ce livre remue ce qu'il y a de plus humain en nous !
Une lecture coup de poing, donc, à réserver à un lectorat averti !

D'autres avis : Babelio ♦ Booknode ♦ Livraddict
Challenge : Les 12 thèmes de Jellydragon
Lors de la session 2025 je n'avais lu que 6 livres, j'espère faire mieux cette année (on y croit !! 😅)
”Le vent se leva et agita les feuilles des arbres avec la même férocité que la satisfaction bousculant son corps. Il n'avait jamais rien ressenti d'équivalent. Jusque là, il avait cru connaître l'expérience de la joie, mais il se trompait. Ce baiser était au-delà du bonheur simple d'une sieste au soleil, d'une herbe grasse sous ses pieds ou d'une course au clair de lune.
Je ne sais plus comment j'ai découvert cette saga... je pense que c'était suite à la publicité d'un auteur que je suis sur facebook à propos d'une collecte lancée sur Ulule en mars 2022. J'avais flashé sur la couverture et avais participé à la campagne du tome 2 qui permettait également l'achat du tome 1.
Bref. Autant vous le dire tout de suite, c'est la 1ère histoire avec une licorne que je lis ! Même quand j'étais enfant, je ne me souviens pas avoir jamais lu un livre avec une licorne !
Dans ce roman, la licorne est la gardienne et la protectrice de la forêt avec laquelle elle entretient un lien magique. Elle est aidée dans sa tâche par une harde de chevaux qui parcourent les bois et la préviennent dès qu'un danger survient.
La licorne est un être normalement immortel qui peut perdre la vie éternelle et ses pouvoirs magiques en tombant amoureuse d'un être mortel. Dans le prologue, la licorne, Shanaelle, malheureuse après avoir perdu son amant humain, décide de préserver son fils Damon des chagrins de l'amour en lui mentant sur les interdits qui doivent régir la vie de la licorne.
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| illustration©Camille Jedel & Yaya Chang |
Du côté des hommes, leur royaume est divisé en 8 domaines dirigés par des hauts nobles rendant compte à un roi. La forêt les protège et a parfois joué lors de famines un rôle nourricier, sauvant les hommes de la mort. En échange de sa sécurité, les hommes ne doivent jamais tirer une épée en son sein.
Comme précédemment avec les deux autres livres que j'ai lus de cette auteure, je me suis laissée complètement happer par sa plume entraînante. J'ai beaucoup aimé l'idée de faire réagir la forêt aux moindres émotions de la licorne pour souligner leur lien. Les mots, très évocateurs, dépeignent à merveille la nature et ses frémissements en réponse au ressenti de Damon (colère, désir, joie, plaisir). Du coup, je trouve dommage que les scènes érotiques ne soient pas retranscrites de cette manière sensorielle, versant de plus en plus dans la description anatomique voire pornographique. Et puis, à partir du moment où Adrias et Damon se connaissent intimement, ils n'arrêtent plus de forniquer. Vous me direz, normal pour un livre rangé dans la catégorie érotique sauf que, au moment de l'acheter, je n'avais pas remarqué ce détail tellement mon cerveau avait fondu à la vue de la sublime illustration de couverture !
Autre petit bémol : l'univers de fantasy n'est pas assez détaillé selon moi, le récit se focalisant davantage sur la relation entre Damon et Adrias. Qui est quand même le gros point fort du livre, hein ! Car malgré ces quelques réserves, j'ai passé un excellent moment de lecture, touchée par l'histoire d'amour et par les deux amants qui sont, au début, déstabilisés par l'autre : Adrias par les manières sans détour et naturelles de Damon, lui qui est habitué aux marques d'obéissance et de respect des hommes, et Damon perturbé par le fait nouveau de ressentir des émotions typiquement humaines et de découvrir les concepts de pudeur et de gêne qui régissent leur vie alors qu'il y est totalement étranger. Leur décalage, leur trouble et la puissance irrésistible de leur désir sont très bien décrits.
Concernant l'édition, il y a quelques mots manquants et quelques coquilles.
Pour conclure, je lirai la suite sans nul doute !
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| montage©Camille Jedel |
Editions : Albin Michel
Collection : Jeunesse
Parution :
2018
Genre : romance contemporaine
Pages :350
Ebook
Emprunté et lu en août 2023
Résumé de l'éditeur :
”Un dernier instant, son esprit s’échappa dans le jardin enchanté de Careggi. Les ombres étaient légères, les fontaines chantaient, les statues célébraient la volupté des corps.
Résumé :