samedi 28 mars 2026

Je voulais vivre d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre


Anne de Breuil, comtesse de La Fère, Charlotte Backson, Milady de Winter, vos crimes ont lassé les hommes sur la terre et Dieu dans le ciel. Dépouillez-vous de vos mensonges, renoncez à vos masques, et si vous avez une prière, dites-la, car vous allez mourir. 



Editions : Grasset
Parution : 20 août 2025
Genre : Historique, classique revisité
Pages : 383
Ebook (prix : 16,99€)
Emprunté 

Résumé de l'éditeur :


Par une nuit glaciale, le père Lamandre recueille une fillette de six ans venue frapper avec insistance à sa porte. L’enfant aux yeux admirables tremble de froid et de faim. Elle a les pieds en sang dans ses souliers à boucles d’argent, mais refuse de répondre aux questions qui lui sont posées. Le vieux prêtre ne saura que son prénom : Anne. Vingt ans plus tard, Anne est devenue Lady Clarick. Richissime, courtisée, elle a l’oreille des grands et le cardinal de Richelieu ne jure que par elle. Pourtant, dans l’ombre, quatre hommes connaissent son vrai visage et sont prêts à tout pour la punir de ses forfaits. Manipulatrice sans foi ni loi, intrigante, traîtresse, empoisonneuse, cette criminelle au visage angélique a traversé les siècles et la littérature : elle se nomme Milady.
Voici venu le temps d’écarter la légende pour rencontrer la femme. Même un personnage de fiction peut réclamer justice. Ce roman inoubliable, écrit d’une voix puissamment contemporaine, rend vie à Milady et nous offre son histoire dont Dumas a semé les indices dans Les Trois Mousquetaires.
Magnifique portrait d’une femme libre menant, pour sa survie, un jeu dangereux. Dans une époque où trop d’hommes voudraient la contraindre et la posséder, elle se bat – jusqu’à la transgression ultime – pour son pays, pour son idéal et pour sa liberté.


Avis : 


Malgré la venimosité de Milady, j'ai toujours trouvé ce personnage très intrigant. Comment cette femme en était-elle arrivée à un tel degré de cruauté et de folie meurtrière? Avait-ce toujours été dans sa nature ?
J'étais donc très enthousiaste à l'idée de découvrir le point de vue de Milady, surtout au vu des nombreux avis élogieux (avec une moyenne de 4,36/5 sur Babelio et 17,6/20 sur Livraddict). Je m'attendais donc à une lecture vraiment envoûtante qui me révèlerait de manière fracassante une nouvelle Milady, pas tout à fait la même, ni tout à fait une autre mais que j'aimerais et comprendrais. Attention ! Je ne souhaitais pas vraiment qu'elle soit réhabilitée, hein, mais que son comportement de folle furieuse ait au moins une explication plausible et un peu moins condamnable que les apparences, tout en espérant un personnage aussi intense que l'original. Beaucoup d'attentes, donc. Un peu trop peut-être ?
Car j'ai vraiment été déçue par ma lecture. J'ai eu l'impression que l'histoire de Milady était survolée. Qu'il lui manquait de la profondeur. C'est dommage parce qu'un personnage aussi complexe et fascinant aurait mérité un meilleur développement.
La plume en elle-même n'est pas désagréable, les pages se tournent toutes seules, mais les personnages manquent cruellement de chair et de passion, ce qui fait que l'on ne se sent pas touché par eux, malgré les malheurs qui les accablent.
Concernant les allusions de Dumas sur le passé de Milady, ma lecture des Trois Mousquetaires remonte à trop loin  pour que je m'en souvienne avec précision mais les efforts de l'auteure pour combler ces blancs ne m'ont pas du tout convaincue tant ils me semblaient forcés ou peu naturels /!\Attention spoiler ! /!\ (par exemple : comment a-t-elle pu céder au prêtre alors qu'elle s'en méfie dès le début ? — lors de la pendaison, on se demande où sont passés les invités ! — en Angleterre, on ne comprend pas d'où sort la mission de M. de Marnay !) /!\Fin du spoiler/!\  Ces épisodes ont sûrement manqué de développement pour être crédibles, en plus de paraître parfois incohérents.

De plus, je n'ai pas trouvé la technique du POV très pertinente. Au début du roman, l'auteure alterne le point de vue de Milady dans les années 1620 et celui de d'Artagnan à la bataille de Maastricht en 1673. Puis d'autres POV (comme celui du comte de Rochefort) viennent s'ajouter. Mais cette technique narrative n'apporte rien à l'histoire selon moi.

Milady par Eva Green

Pour conclure, ma lecture a été mitigée et décevante. Je m'attendais vraiment à autre chose, surtout d'un roman récompensé par le prix Renaudot ! Je m'attendais à quelque chose de plus fort, de plus puissant, de plus intense. Il s'agit de Milady, palsambleu ! Un des personnages les plus marquants de Dumas, qui interpelle le lecteur par son manque total d'empathie et sa cruauté gratuite (quelle utilité de tuer Constance ?). Et quelle vie aventureuse elle a eue ! Or, ici, je n'ai jamais ressenti de surprise ni ne me suis sentie transportée par un quelconque souffle épique.
Peut-être Milady aurait-elle dû, finalement, garder sa part de mystère ?


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mercredi 18 mars 2026

Moi, Cléopâtre, dernière reine d'Egypte d'Isabelle Dethan



Scenario : Isabelle Dethan
Dessin : Isabelle Dethan
Couleur : Isabelle Dethan
Genre : BD historique, biographie romancée
Date de parution : 2025
Editeur : Dargaud
Nombre de planches : 204
Prix : 26,95 euros


Quatrième de couverture :


On m'appelle Cléopâtre,
et je suis, paraît-il, l'Egyptienne la plus célèbre de l'Antiquité.
Femme fatale, courtisane, je manipulerais les hommes comme s'il s'agissait de jouets.
Capricieuse, belle à couper le souffle, je m'amuserais à dissoudre des perles dans du vinaigre, une panthère docile à mes pieds. Sauf que...

Je n'ai pas une goutte de sang égyptien. Je ne suis pas particulièrement jolie.
Mais bonne stratège politique, ça, oui. Et mère de quatre enfants.
Et surtout, reine d'un pays convoité par tous.

Laissez-moi vous raconter MA VÉRITABLE HISTOIRE.

AVIS :


J'avais découvert Isabelle Dethan avec sa saga Les Ombres du Styx, dont l'histoire se situe au IIIe de notre ère en Afrique du Nord alors romaine, puis avec sa saga Sur les Terres d'Horus, qui prend place sous le règne de Ramsès II, et que j'avais beaucoup aimées. Malheureusement, cette fois, la magie n'a pas vraiment opéré alors que je trouve le personnage historique de Cléopâtre fascinant.
Je ne sais pas si c'est dû au format de la BD (19,90 x 26,80 cm au lieu des 23,00 x 32,00 habituels) rendant ma lecture assez fatigante à cause de mes problèmes de vue (je me concentrais davantage sur le déchiffrage plutôt que sur l'histoire en elle-même) ou si cela vient du fait que je connaissais déjà l'histoire de Cléopâtre avec un début de "réhabilitation" dans le docu-fiction Le Destin de Rome.

Je n'ai, par ailleurs, pas adhéré au parti pris de l'auteure de nous faire découvrir l'histoire de Cléopâtre à travers les conversations de son fantôme avec la momie de son babouin de compagnie. Je me suis sentie totalement étrangère au récit, comme détachée. C'est vraiment dommage car, à la base, j'adore le couple Cléopâtre- Marc Antoine. 
Autre petite réserve (mais que j'avais déjà remarquée avec Les Ombres du Styx) : les traits du visage des hommes paraissent inachevés. En outre, je n'ai pas retrouvé la minutie du détail dans le dessin des étoffes, des bijoux ou des objets ni le chatoiement des couleurs comme elle nous avait habitué dans les deux sagas mentionnées en début de chronique.
Malgré tout, j'ai été heureuse d'apprendre deux ou trois trucs que je ne connaissais pas. On sent combien l'auteure s'est documentée avec soin pour dresser le portrait de cette dernière reine d'Egypte.

Appréciation :



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jeudi 22 janvier 2026

Le Démon de la colline aux loups de Dimitri Rouchon-Borie


 La Colline aux Loups c'est là que j'ai grandi et c'est ça que je vais vous raconter. Même si c'est pas une belle histoire c'est la mienne c'est comme ça.
La Colline aux Loups j'aime pas en parler d'habitude. Le Démon est né là et c'est là qu'il m'a pris.



Editions : Le Tripode
Parution : 7 janvier 2021
Genre : Drame contemporain
Pages : 237
Emprunté


Résumé de l'éditeur :

Les hommes sont
des choses vides
et des fois leur vie
se remplit de bien
et des fois de mal
et des fois c'est partagé
et ça fait une lutte.

Ces phrases extraites du Démon de la Colline aux Loups résument l'élan qui habite ce texte stupéfiant, et son désir de dire la condition humaine.

Ecrit dans une langue volcanique, le premier roman de Dimitri Rouchon-Borie nous livre avec force le destin d'un être enfermé en prison. Et c'est une révélation, une lumière dans les ténèbres.


Avis : 

De la prison où il est enfermé, un homme écrit ses souvenirs sur les conseils de son psy afin de déverrouiller ses blocages, mais également dans un souci de rédemption. On devine un homme peu instruit. Il écrit exactement comme il nous parlerait. C'est un style très oral. On a l'impression de lire en apnée tant il y a peu de ponctuation mais c'est ce qui donne aussi toute sa force au récit. C'est brut et sans fioriture, et ça nous prend aux tripes. 

Dès le début, on se demande ce qui a amené le narrateur derrière les barreaux. Apparemment, il a fait des choses terribles. Il parle également beaucoup du Démon sans que l'on sache de qui ou de quoi il s'agit. On apprend aussi qu'il est le 3ème né d'une fratrie de 6 enfants. La "portée" est élevée comme des animaux, dormant les uns contre les autres à même le sol sur une vieille couverture et se soulageant à l'autre bout de la pièce. Ils vivent en outre dans un noir permanent durant plusieurs années. Quelque fois, on dépose une gamelle pour eux. Comme on le voit, ils sont élevés dans des conditions d'hygiène épouvantables, mais le pire c'est qu'ils ne reçoivent aucune marque d'affection de la part de leurs parents, qui, au contraire, prennent plaisir à les maltraiter. 

C'est en allant à l'école que le narrateur (et le lecteur) apprend son prénom : Duke. Ses débuts y sont très chaotiques : Duke sait à peine parler et ne connaît rien aux codes ou rapports qui régissent les humains. Il est en outre considéré comme un abruti par ses camarades qui ne cessent de se moquer de lui.

La seule douceur réconfortante qui illumine sa vie est ce lien très fort qui l'unit à ses petits frères et soeurs (ses 2 frères aînés ont quitté le nid et l'on ne saura jamais ce qu'il est advenu d'eux). C'est d'ailleurs pour les protéger qu'il va se sacrifier ! 

La langue de Duke, qui s'exprime avec une candeur enfantine, ne fait que souligner l'horreur absolue que lui font vivre ses monstres de parents. Il y a des passages véritablement insoutenables. Dans ces moments-là, on a la désagréable impression que quelqu'un nous maintient le visage dans la boue mais Duke dégage une telle lumière, une telle sincérité, que l'on s'accroche à elles pour continuer la lecture. Son parler est parfois très imagé, conférant au récit une sorte de poésie désespérée. C'est un style sensoriel, presque primitif qui nous emporte et nous déchire.

La courte histoire de Duke, enfant massacré, puis ado brisé, est d'une tristesse infinie !

Ca faisait longtemps que  je n'avais lu un livre aussi bien écrit, aussi beau, aussi bouleversant, malgré les thématiques extrêmement dures abordées.

Duke commet des actes horribles mais ça n'est jamais gratuit et on sent toujours le bon en lui, si bien que l'on ne peut s'empêcher de penser à la vie qu'il aurait pu avoir s'il était né dans une famille saine et aimante...

A la fin, je n'ai pu empêcher les larmes de couler, et pourtant je ne pleure pas facilement. Je dis cela sans forfanterie aucune, juste pour souligner à quel point ce livre remue ce qu'il y a de plus humain en  nous ! 

Une lecture coup de poing, donc, à réserver à un lectorat averti ! 

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Challenge : Les 12 thèmes de Jellydragon


dimanche 7 décembre 2025

Challenge des 12 thèmes organisé par Jellydragon (session 2026)

Lors de la session 2025 je n'avais lu que 6 livres, j'espère faire mieux cette année (on y croit !! 😅)

 



Durée :
du 1er janvier  au 31 décembre 2026


Inscriptions :
Sur Livraddict


Principe :
Lire un livre correspondant au thème du mois !


Le fil rouge :
Les méchant(e)s emblématiques de la pop culture


Les thèmes :


Janvier :
 "Le Joker"
Thèmes :
la santé mentale, des troubles psychologiques ou de la dépression
Mon choix :
Le démon de la colline aux loups de Dimitri Rouchon-Borie


Février :
"Les Dalton (Lucky Luke) "
Thèmes :
une BD, un comics ou un roman graphique
Mon choix :
Moi, Cléopâtre, dernière reine d'Egypte d'Isabelle Dethan


Mars :
"Ursula (Disney)"
Thème :
une femme forte, puissante ou inspirante
Mon choix :
La Cyprina, tome 1 de Sylvie Dervin
Je voulais vivre d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre
 

Avril :

"Bienvenue dans le Multivers"
Thème :
– Une couverture violette pour Thanos
– Ou une couverture bleue pour Gargamel
Mon choix :
Le Roi d'août de Michel Pagel


Mai :
"La belle-mère de Cendrillon (Disney)"
Thème :
une histoire mettant en scène une belle-mère
Mon choix :
François le Champi de George Sand


Juin :
"Voldemort (Harry Potter)"
Thème :
un auteur ou une autrice trans ou un récit fictionnel ou non sur le thème de la transidentité ou avec un personnage trans (pour faire un pied de nez à l'autrice de la saga)
Mon choix :
Notre-Dame-des-Fleurs de Jean Genet


Juillet :
"Eren Jäger"
Thème :
une œuvre avec un anti-héros complexe, un personnage moralement ambigu, qui questionne le bien et le mal
Mon choix:
Les Hauts-de-Hurlevent d'Emily Brontë
ou
Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos


Août :
"Le Grand Méchant Loup (Contes traditionnels "
Thème :
un classique, une œuvre intemporelle ou incontournable
Mon choix :
Les Hauts-de-Hurlevent d'Emily Brontë
ou
Les Liaisons dangereuses de Choderlos de Laclos


Septembre :
"L'agent Smith (Matrix)"
Thème : 
l’intelligence artificielle ou de la réalité virtuelle
Mon choix :
Neuromancien de William Gibson


Octobre :
"Ryomen Sukuna"
Thème :
monstres, démons et autres créatures effrayantes
Mon choix :
L'Étrange Cas du docteur Jekyll et de mister Hyde de Robert Louis Stevenson


Novembre:
"Lucifer (tradition chrétienne)"
Thème :
des flammes ou du feu sur la couverture
Mon choix :
Chevalier noir, tome 1 de Diane B. Rylia
ou
Les Princes du feu de J. Robin


  Décembre :
"Dark Vador (Star Wars)"
Thème :
un livre dont le titre contient le mot «étoile»
Mon choix :
Là où rêvent les étoiles d'Eric Marchal


Consigne bonus - La Fuite Stratégique : 
"la Team Rocket (Pokémon)"
“La Team Rocket s’envole vers d’autres cieux” et emporte avec elle une consigne que vous ne voulez pas affronter. À la place, lisez un livre sur le thème du voyage et revenez le mois prochain.

vendredi 5 décembre 2025

Les deux Royaumes, tome 1 : Il était une fois de Camille Jedel

 Le vent se leva et agita les feuilles des arbres avec la même férocité que la satisfaction bousculant son corps. Il n'avait jamais rien ressenti d'équivalent. Jusque là, il avait cru connaître l'expérience de la joie, mais il se trompait. Ce baiser était au-delà du bonheur simple d'une sieste au soleil, d'une herbe grasse sous ses pieds ou d'une course au clair de lune.


Editions : Autopublié 
Parution : septembre 2021
Genre : Romance érotique, Fantasy
Pages : 276
Illustrations (couverture & autre) : Yaya Chang
Crowdfunding
Prix : 17 euros 

 

Résumé :


Depuis mille ans, Damon ne vit que pour elle et par elle : la Forêt. Il la protège du monde des hommes. Solitaire et caché, il en est le cœur car il est la licorne.

Adrias, lui, est prince. Son père vient de mourir et pour accéder au trône il doit se marier, ainsi le veut la tradition. Hélas, il a visité tous les domaines de son Royaume sans trouver celle ou celui avec qui partager la couronne.

Mais une rencontre mystérieuse, un regard échangé, pourraient bien ébranler les destins de ces deux êtres que tout oppose. Car quand les cœurs prennent le pas sur la raison, le chaos s’abat sur les Deux royaumes.

Mon avis

Je ne sais plus comment j'ai découvert cette saga... je pense que c'était suite à la publicité d'un auteur que je suis sur facebook à propos d'une collecte lancée sur Ulule en mars 2022. J'avais flashé sur la couverture et avais participé à la campagne du tome 2 qui permettait également l'achat du tome 1. 

Bref. Autant vous le dire tout de suite, c'est la 1ère histoire avec une licorne que je lis ! Même quand j'étais enfant, je ne me souviens pas avoir jamais lu un livre avec une licorne !

Dans ce roman, la licorne est la gardienne et la protectrice de la forêt avec laquelle elle entretient un lien magique. Elle est aidée dans sa tâche par une harde de chevaux qui parcourent les bois et la préviennent  dès qu'un danger survient. 

La licorne est un être normalement immortel qui peut perdre la vie éternelle et ses pouvoirs magiques en tombant amoureuse d'un être mortel. Dans le prologue, la licorne, Shanaelle, malheureuse après avoir perdu son amant humain, décide de préserver son fils Damon des chagrins de l'amour en lui mentant sur les interdits qui doivent régir la vie de la licorne.

illustration©Camille Jedel & Yaya Chang

Du côté des hommes, leur royaume est divisé en 8 domaines dirigés par des hauts nobles rendant compte à un roi. La forêt les protège et a parfois joué lors de famines un rôle nourricier, sauvant les hommes de la mort. En échange de sa sécurité, les hommes ne doivent jamais tirer une épée en son sein.

Mille ans ont passé depuis la naissance de Damon qui, depuis quelque temps, suit les incursions d'un humain qui tente d'attraper Juna, l'étalon-chef de la harde. Il est fasciné par cet homme mais ensuite  déstabilisé quand il se rend compte que l'étranger est capable de le voir sous sa forme humaine alors qu'il est censé demeurer invisible à ses yeux...
Cet homme, c'est Adrias, le prince du royaume, âgé de 34 ans, et qui doit rapidement faire le choix d'un compagnon ou d'une compagne de règne pour valider son accession au trône.
Evidemment, dès le premier contact, Damon et Adrias sont irrésistiblement attirés l'un vers l'autre, allant jusqu'à délaisser les devoirs de leurs charges.

Comme précédemment avec les deux autres livres que j'ai lus de cette auteure, je me suis laissée complètement happer par sa plume entraînante. J'ai beaucoup aimé l'idée de faire réagir la forêt aux moindres émotions de la licorne pour souligner leur lien. Les mots, très évocateurs, dépeignent à merveille la nature et ses frémissements en réponse au ressenti de Damon (colère, désir, joie, plaisir). Du coup, je trouve dommage que les scènes érotiques ne soient pas retranscrites de cette manière sensorielle, versant de plus en plus dans la description anatomique voire pornographique. Et puis, à partir du moment où Adrias et Damon se connaissent intimement, ils n'arrêtent plus de forniquer. Vous me direz, normal pour un livre rangé dans la catégorie érotique sauf que, au moment de l'acheter, je n'avais pas remarqué ce détail tellement mon cerveau avait fondu à la vue de la sublime illustration de couverture ! 

Autre petit bémol : l'univers de fantasy n'est pas assez détaillé selon moi, le récit se focalisant davantage sur la relation entre Damon et Adrias. Qui est quand même le gros point fort du livre, hein ! Car malgré ces quelques réserves, j'ai passé un excellent moment de lecture, touchée par l'histoire d'amour et par les deux amants qui sont, au début, déstabilisés par l'autre : Adrias par les manières sans détour et naturelles de Damon, lui qui est habitué aux marques d'obéissance et de respect des hommes, et Damon perturbé par le fait nouveau de ressentir des émotions typiquement humaines et de découvrir les concepts de pudeur et de gêne qui régissent leur vie alors qu'il y est totalement étranger. Leur décalage, leur trouble et la puissance irrésistible de leur désir sont très bien décrits.

Concernant l'édition, il y a quelques mots manquants et quelques coquilles.

Pour conclure, je lirai la suite sans nul doute !


D'autres avis : BabelioBooknodeLivraddict
Challenges : Les 12 thèmes de Jellydragon 


Et pour finir, quelques images des contreparties proposées dans la campagne Ulule :

montage©Camille Jedel






lundi 24 novembre 2025

Ashes falling for the Sky, tome 1 de Nine Gorman et Mathieu Guibé

 



Editions : Albin Michel
Collection : Jeunesse
Parution : 2018
Genre : romance contemporaine
Pages :350
Ebook
Emprunté et lu en août 2023

Résumé de l'éditeur:


Sky rentre à l'université et, bien décidée à se défaire de sa réputation de fille sage, entame une relation sans lendemain avec Ash, un séduisant rebelle. Elle ne tarde pas à découvrir la part d'ombre de ce garçon qui a connu le pire.

Avis :


J'avais emprunté et lu ce roman à ma médiathèque il y a deux ans, et voilà seulement que je m'attelle à l'écriture de mon ressenti... Ashes falling for the Sky est un livre écrit à quatre mains alternant les chapitres d'après le point de vue de l'héroïne, Sky, et celui du protagoniste masculin, Ash, avec davantage de chapitres consacrés au personnage féminin. J'ai eu du mal à entrer dans l'histoire, la première partie m'ayant beaucoup crispée avec une héroïne très agaçante dont les réactions disproportionnées m'ont paru incohérentes : la meuf veut faire un esclandre auprès de l'épouse supposée du protagoniste avec lequel elle a failli coucher la veille et qu'elle connaît depuis... la veille !?! Tout semble un peu trop facile, tout va trop vite entre eux. Sky et Ash sont tout de suite très attirés l'un par l'autre mais leur relation n'est pas approfondie si bien que l'on ne comprend pas vraiment ce qui les pousse l'un vers l'autre, à part qu'Ash est un bad boy tourmenté et Sky une oie blanche qui a envie de se dévergonder. Et puis, elle est tellement belle, tellement combative, tellement surprenante (oui, Ash s'en est rendu compte rien qu'en posant les yeux sur elle !! 🙄), elle est tellement tout ce qu'il désire sans oser se l'avouer ! C'est un peu lassant ces héroïnes construites sur le modèle de la Mary-Sue... De plus, même si Ash et Sky se sont à peine parlés, le jeune homme n'arrive plus à se sortir la belle de la tête. De son côté, Sky devient de plus en plus insupportable avec ses crises de jalousie concernant la vie sexuelle débridée d'Ash et avec ses jugements hâtifs (Elias, le plan à 3, Jess et ses 16 ans...) alors qu'elle ne connait absolument rien de la situation.  Elle paraît totalement immature, même si à un moment, elle prend conscience qu'elle reproduit le comportement de ses parents, qui sont des freaks du contrôle !
Par contre, j'ai adoré la vieille Miss Parks !

Même Ash, à un moment, devient aussi agaçant que l'héroïne en portant un jugement hâtif sur certaines filles qui couchent  et qui selon lui, "ont perdu l'estime d'elles -mêmes". C'est quand même gonflé de la part d'un mec qui saute tout ce qui bouge !  🙄

Et puis... et puis, arrive la page 133 et l'horreur absolue nous rattrape. On ne peut qu'éprouver de la compassion pour Sky.  Malheureusement, les traumatismes qu'elle a vécus sont vraiment trop banalisés et rapidement évacués rendant certaines de ses réactions ou décisions complètement incohérentes, voire choquantes. 

La seconde partie devient  plus intéressante. En tout cas, ça m'a passionnée de les voir se découvrir peu à peu, apprendre à se faire confiance. Leurs conversations sont hilarantes, on voit leur complicité prendre forme, et c'est très agréable.

Malheureusement, alors que la lecture s'améliorait, j'ai été déçue par la fin que j'ai trouvé très cliché, too much (surtout en connaissant le passé de Sky) et surtout terriblement convenue. En lisant la dernière phrase du livre, j'ai été partagée entre déception et rire nerveux.
Pour conclure, je n'ai pas été vraiment touchée par les personnages (sauf Ash dans une moindre mesure). Les relations des deux protagonistes ne sont pas assez creusées, si bien que l'on ne croit pas vraiment à leur histoire. Et à la fin, ça ressemble trop à "je t'aime, moi non plus", comme si les auteurs avaient voulu nous quitter sur cette rupture pour pouvoir écrire une suite !
J'ai trouvé également très léger la façon dont les traumatismes de l'héroïne sont abordés : on a l'impression qu'ils ne font que l'effleurer alors qu'ils auraient dû laisser des traces ; là non plus, ça n'a pas été assez approfondi.
Selon moi, les auteurs auraient dû plus retravailler leur manuscrit. La plume est loin d'être désagréable mais elle ne transmet que rarement des émotions. Tout semble trop lisse, trop facile, malgré certaines thématiques abordées... Et puis, j'ai très vite deviné ce qu'il en était réellement de Zach...

A la toute fin, les auteurs expliquent qu'ils voulaient écrire un livre en jouant sur les codes de la romance et ses clichés. Cette note aurait peut-être dû figurer en début de roman, ce qui m'aurait sans doute aidé à mieux apprécier cette lecture... quoique !


D'autres avis : BabelioBooknodeLivraddict


samedi 29 mars 2025

Rouge toxic de Morgane Caussarieu — Rouge, tome 1

Ses traits fins, racés, semblaient venus d'ailleurs. Autre lieu, autre époque. Une beauté qu'on aurait presque pu qualifier de primitive. Avec ses grands yeux noirs en amande, effilés, presque bridés, ses cils de femme, ses pommettes hautaines et sa tignasse de corbeau, on l'imaginait sans peine en jeune pharaon, ou en prince des Mille et une Nuits.


Editions :
ActuSF
Collection : Naos
Parution originale : 2018
Parution dans cette édition : 10 avril 2020
Pages : 284
Ebook

Résumé de l'éditeur : 

Je m’appelle Faruk, et pour subsister, il me faut boire votre sang.

Je vivais tranquillement ma non-vie dans les bas-fonds de San Francisco, quand ce type a débarqué pour me confier une mission difficile à refuser.

Me voilà sur les bancs de Mission High School, à suivre comme une ombre Barbie, une orpheline aussi intrigante que réfractaire à mes charmes. Et croyez-moi, survivre dans la jungle du lycée, ce n’est pas de tout repos, même pour un vampire. Surtout pour un vampire...

Mais d’elle ou de moi, qui sera le plus toxique ?


Avis : 

Quand j'ai vu que l'action se déroulerait dans un lycée avec un vampire et une lycéenne, j'avoue que j'ai eu un peu peur de lire une énième histoire insipide sur ce thème dont la mode avait été lancée par Twilight. Mais finalement j'ai bien fait de surmonter mon préjugé car j'ai lu ce roman d'une traite.
L'auteure alterne les POV entre Barbie, l'humaine, et Faruk, le vampire, et je dois dire qu'accéder aux pensées de ce vampire pas comme les autres me faisaient parfois hurler de rire tant il fait preuve d'un cynisme totalement égoïste et décomplexé.
C'était intéressant de découvrir la vision de l'auteure sur les vampires Elle nous propose un univers sombre et violent où les vampires restent fidèles à leur nature de prédateur. Même si Faruk se démarque un peu de ses congénères du fait qu'il a passé des siècles d'existence loin d'eux, il ne peut résister à sa soif inextinguible de sang.
 
Mais il va devoir sortir de sa vie solitaire suite à la mission qui lui est confiée (enfin imposée serait un plus juste mot), ce qui va le mettre dans des situations inconfortables ou totalement décalées. D'ailleurs, sa première apparition auprès de Barbie joue en sa complète défaveur : « ... depuis qu'il était arrivé, il flottait dans la classe une odeur de poubelle. (...) Son haleine était encore plus affreuse que le reste.»

Au fur et à mesure de notre lecture, on se rend compte que les monstres ne sont pas forcément ceux que l'on croit et que certains humains sont encore plus monstrueux que les vampires dont c'est pourtant la nature profonde.

Si j'ai beaucoup aimé la première partie, j'ai moins accroché à la seconde plus axée sur les expériences génétiques et sur les vampires de la Nouvelle-Orléans. Tout va trop vite à la fin, et les explications sur la nature précieuse de Barbie sont données dans un monologue de plusieurs pages (procédé que je déteste). Et puis, je n'ai pas du tout cru un instant au rapprochement entre Barbie et Faruk qui m'a paru incohérent du point de vue de l'adolescente... 

Mais cela restera une lecture plutôt enthousiasmante même si les morts s'égrènent avec une constance inépuisable (ou à cause de cela !^^)...


D'autres avis : BabelioBooknodeLivraddict
Challenge : Les 12 thèmes de Jellydragon ♦