lundi 19 octobre 2026

Le ruban pourpre de Dominique Sensacq-Noyer — La Chambre du Lord, tome 3

” Je réussis à lui faire accepter ma présence pour négocier la liberté de son... comment l'appeler ?... Son petit péché russe. Lowis est encore jeune, naïf et passionné. 


 
Éditions : Gaelis
Collection : Saga historique
Parution : 24 novembre 2023
Genre : Roman historique
Format : Kindle
Pages : 578
Prix : 9,99 euros

Quatrième de couverture:

Juillet 1756, Hambourg. Sa formation achevée, bientôt auréolé de son grade de capitaine, William Lowis-Doyle doit maintenant affronter sa destinée, d’abord sur le continent, puis dans sa garnison de Portsmouth ainsi que sur son domaine de Castle-Lion. Envoyé sur le champ de bataille pour combattre aux côtés des Prussiens, il va découvrir les horreurs de la guerre et apprendre l’art du commandement. Suivi de près par le capitaine Slade qui semble s’être apaisé, William reste conscient de la dangerosité de son ancien maître. Devenu un allié équivoque, celui que l’on surnomme l’Araignée pourra-t-il réprimer ses instincts sulfureux ? Le soldat Simon Ridley, faisant partie de son régiment, suivra William et Slade dans leurs péripéties, ce qui ne sera pas pour déplaire au jeune Lord puisque les sentiments qu’il nourrit à son égard restent présents bien qu’interdits. Le fils cadet de l’illustre famille des Lowis-Doyle va faire de nouvelles rencontres pleines de surprises, bonnes ou mauvaises, et connaître des bouleversements dans sa vie personnelle. Au cœur de ce XVIIIe siècle, entre raffinement et violence, William acceptera-t-il de louvoyer pour mener à bien ses projets familiaux et amoureux, tout en protégeant son secret au sein de son régiment ? Le Ruban Noir, tome 1 de la saga « La Chambre du Lord » a reçu le Prix du Roman Gay 2022 dans la catégorie « Saga Historique ».

Mon avis :

/!\Attention, ce billet contient des spoilers/!\


J'avais un peu peur de poursuivre cette saga mais mon intérêt s'est renouvelé pour le tome 3. Peut-être est-ce dû au changement de géographie ? Car ici, la 8ème compagnie du 13ème régiment, commandée par le major Slade qui a pris du galon, se rend sur le continent pour épauler leur nouvel allié dans la guerre contre la France, à savoir la Prusse.
De plus, les relations se sont singulièrement apaisées entre Slade et Will, qui lui a accordé son pardon à la fin du tome 2, conduisant même à l'émergence de rapports basés sur la confiance (ou ce qui s'en rapproche le plus). 

On fait la connaissance d'un Français renégat, chef des mercenaires, Darius Jaufre, qui m'a beaucoup fait rire par son insolence. Par contre, la scène de "séduction" entre ce dernier et Will arrive de manière peu subtile et trop précipitée dans l'histoire !
J'ai également beaucoup aimé un autre personnage secondaire : la petite Olga, orpheline vivant dans la rue de rapines, mais maligne et effrontée, la seule à ne pas trembler devant le féroce major Slade !
Un 3ème personnage secondaire apparaît en la personne du lieutenant Morrison, toujours accompagné d'un chien immense et effrayant. Ses interventions toujours très premier degré me faisaient hurler de rire...
Comme on le voit, dans ce tome, les personnages secondaires volent la vedette au trio Will/Slade/Ridley !


Or donc, on continue d'assister à la lente évolution de Will qui devient de plus en plus ambigu, voire manipulateur (il n'hésite pas à se servir de Slade pour le sortir des ennuis dans lesquels il s'est fourré). D'ailleurs, lui-même en prend conscience et redoute de devenir aussi cruel que son ancien bourreau (je pense plus particulièrement à la manière dont il traite son nouvel amant lors de leurs ébats ou quand il le chasse tout en connaissant les maltraitances dont il a été victime !)

En parallèle, Slade se dévoile davantage dans ce tome : on apprend le nom de ses victimes et les raisons qui l'ont poussé à s'en prendre à elles. Même s'il a subi des injustices, il m'a été impossible de ressentir de la pitié pour Faust qui reste un monstre doublé d'un violeur ! D'une manière générale, je me suis sentie détachée des trois personnages principaux.

Encore une fois, j'ai tiqué à plusieurs choix narratifs de l'auteure :
  • Le fait que Will participe aux jeux de mots douteux sur les mains arrachées des victimes de crimes sordides n'est pas très conforme à son caractère ; de même, j'ai trouvé sa remarque très déplacée auprès de Ridley quand il lui demande la traduction d'un mot, très peu de temps après avoir appris la mort de deux personnages, dont l'un très jeune...
  • Nous avons droit à plusieurs révélations dans ce tome dont l'une m'a mise très mal à l'aise, non pas à cause de sa nature mais par rapport aux réactions qu'elle aurait dû susciter chez Will ! Je ne sais pas si ce sera traité dans le prochain tome. 
  • Le débitage d'un des personnages était-il bien nécessaire ? N'aurait-ce pas été plus simple de l'enterrer bien profondément ? A moins que ça ne prépare le terrain pour la suite car à la fin de ce tome, Slade, Will et Ridley sont convoqués au sujet de la disparition de ce personnage !
  • On a l'impression que l'auteure traite parfois avec légèreté ce qui s'est passé entre Will  et Slade qui sont devenus des amis très complices. Que Will  ait réussi à lui pardonner, pas de problème. Mais qu'ils deviennent aussi proches ? Et ce baiser initié par Will ? On ne comprend pas bien d'où il vient ! De même, est-ce que le meurtre de la comtesse de Warwick sera évacué sans être condamné ?


A mes yeux, les POV de l'Araignée ne servent définitivement plus à rien, n'étant plus qu'un résumé de ce qui s'est passé dans les chapitres précédents...

Concernant l'édition, ce tome est truffé de fautes d'orthographe, de grammaire, de conjugaison et quelques coquilles, qui auraient pu être évitées par une relecture plus attentive.  

Malgré tout, je ne peux m'empêcher de vouloir connaître la suite, d'autant qu'il ne reste plus que 2 tomes à lire pour clore la saga, dont le dernier devait sortir selon Booknode le 6 octobre mais que je ne trouve à la vente nulle part... 
🤔🧐

/!\Attention, en raison des thématiques lourdes abordées (violences sexuelles et psychologiques, torture), cette œuvre s'adresse à un public averti/!\


D'autres avis : Babelio ♦ Booknode ♦ Livraddict








mardi 13 octobre 2026

En l'absence des hommes de Philippe Besson

 ”Je ne suis plus un enfant. Il ne faut pas se fier aux yeux verts, à la peau de fille, à cette fragilité de l'apparence, à la gracilité. Il ne faut pas croire que les yeux baissés, c'est forcément de la timidité. Je sais ce que je fais. Seize ans, c'est l'âge des possibles. Je ne m'interdis rien. Pourquoi m'interdirais-je quoi que ce soit ?


Editions : Julliard
Parution : 2001
Genre : Roman historique, épistolaire
Pages : 194
Emprunté

Quatrième de couverture : 

Eté 1916. Vincent découvre la passion dans les bras d'Arthur, jeune soldat qui tente d'échapper pour quelques jours à l'horreur des tranchées et, dans le même temps, ébauche une amitié amoureuse avec Marcel Proust... C'est le point de départ de ce surprenant roman, le premier écrit par Philippe Besson.

Mon avis : 

C'est après avoir vu à la télévision, l'adaptation d'un roman de l'écrivain Philippe Besson, Arrête avec tes mensonges, que j'ai eu envie de découvrir son oeuvre. Comme le livre éponyme avait déjà été emprunté à ma médiathèque, je me suis rabattue sur celui-ci, attirée par l'époque où était censée se dérouler l'intrigue, à savoir la Première Guerre mondiale. En outre, en apprenant que le livre portait sur l'amour entre deux hommes (un ado et un jeune homme pour être plus précise), je m'attendais à tout autre chose. Je pensais que l'histoire serait plus ancrée dans l'Histoire ! Là, ça aurait pu se passer à n'importe quelle époque. Je m'attendais à une description de la vie à l'arrière, en l'absence des hommes justement, et à découvrir la vie d'un jeune garçon de 16 ans parmi les femmes, avec les réflexions et les rêves que l'on peut avoir à cet âge-là. Or, j'ai trouvé Vincent trop mature pour son âge et l'époque, et surtout, un peu trop prédisposé au verbiage (c'est lui le narrateur du roman). En effet, j'ai eu l'impression que l'auteur s'appliquait surtout à bien écrire, se souciant plus du style que de nous transmettre des émotions, car malheureusement, je n'ai jamais ressenti cette passion censée embraser nos deux jeunes amants.

La faute, je pense, au style qui m'a gênée tout le long de ma lecture, tant il semblait copié sur celui de Marguerite Duras ! C'était déstabilisant... et lassant à la longue tous ces "Je dis : (...) Tu dis : (...)" qui s'enchaînent ad nauseam. D'autant que la compréhension devient confuse avec des dialogues qui se suivent dans un même paragraphe et se mélangent avec le récit lui-même si bien que parfois je ne savais plus quel personnage parlait ni quel personnage agissait !

La 1ère partie du livre couvre les 7 jours de permission d'Arthur pendant lesquels Vincent alterne ses après-midis avec Marcel (Proust) et ses nuits avec son amant.

La 2ème partie est constituée de la correspondance entre Vincent et Arthur, reparti au combat, et de Vincent et Marcel parti en Normandie régler des affaires.

Pour la 3ème partie, je ne peux en parler sous peine de spoiler !

Malheureusement, rien ne m'a convaincue dans ce livre, et je ressens beaucoup de frustration en tant que lectrice. On ne saura jamais comment Vincent et Arthur sont tombés amoureux. On passe sans transition du 1er rendez-vous avec Marcel à sa nuit d'amour avec Arthur. Qu'est-ce qui les a poussés dans les bras l'un de l'autre ? Mystère... Il n'y a pas vraiment d'histoire, on a surtout l'impression que Vincent s'écoute beaucoup parler ! C'est dommage, parce que ses pensées sont parfois joliment transcrites. 

C'est comme pour le contexte historique, on a le sentiment qu'il n'est qu'un prétexte et que l'auteur voulait surtout se faire rencontrer le narrateur et Marcel Proust. En outre, j'ai trouvé le traitement de certaines situations assez anachroniques : je veux bien que dans le milieu artistique, la tolérance était plus développée vis-à-vis de l'homosexualité mais Vincent se confie très vite à son tout nouvel ami, et par lettre de surcroît ! Idem pour sa correspondance avec Arthur où il lui parle sans fard de la nature de leurs liens alors que les lettres étaient ouvertes, lues (et censurées au besoin) par l'Armée... Tout sonne donc un peu faux dans ce récit ! Il faut dire que le livre ne fait que 194 pages écrites en gros caractère. Un peu trop court pour développer de manière satisfaisante l'intrigue et donner de la consistance aux personnages...

D'autres avis :  Babelio ♦ Booknode ♦ Livraddict

lundi 12 octobre 2026

Le ruban rouge de Dominique Sensacq-Noyer — La Chambre du Lord , tome 2


”Toujours les mains levées, respirant les odeurs de terres humides, mon regard se porte une nouvelle fois sur les traces de sang qui recouvrent mes mains. N’y tenant plus, je lèche mes doigts en fermant les yeux, respirant comme une bête, enivré par ce fluide, je ressens un frisson d’excitation. J’ai le goût de Lowis dans ma bouche, c’en est presque obscène.





Éditions : Gaelis
Collection : Saga historique
Parution : 23 mai 2023
Genre : Roman historique
Format : Kindle
Pages : 548
Prix : 9,99 euros

Quatrième de couverture:

Avril 1756, Angleterre.

Le capitaine Slade, surnommé « l’Araignée », vient d’abattre sa fureur sur William. Conscient de sonerreur, il tente par tous les moyens de se racheter. Il reprend sa vie chaotique en main et souhaite, par-dessus tout, obtenir le pardon de son cadet.

Le jeune lieutenant William Lowis-Doyle admet que son formateur devient peu à peu son allié et trouve en lui une aide précieuse, même si la méfiance est de rigueur. Se soumettant aux pressions familiales et aux obligations de son rang, William doit se marier et accepter de réprimer son aversion pour les courbes féminines. Alors qu’il nourrit toujours autant de sentiments pour Simon Ridley, son corps, lui, l’attire irrémédiablement dans les bras de Victor de Beaucourt, son initiateur.
Que ce soit au cœur de Londres, dans un club privé, sur son domaine de Castle Lion ou dans le campement de Solihull, il luttera sans relâche entre son désir de vengeance, ses pulsions sexuelles et son besoin d’apaisement. Mais saura-t-il préserver cet équilibre fragile entre passion, rigueur militaire et poids des convenances ?

Mon avis :


/!\Attention, ce billet contient des spoilers/!\


J'ai trouvé ce 2ème tome très en-deçà du 1er !
Nous reprenons la lecture là où nous l'avions quittée à la fin du tome 1 : Slade, qui n'a pas supporté le sursaut de dégoût de William face à l'une de ses confessions (ni le fait qu'il a désormais un amant) l'a battu presqu'à mort.
Alors que j'avais dévoré le tome 1, la lecture a été plus laborieuse pour ce tome-ci, pas pour l'ensemble mais à certains endroits : j'ai lu en diagonale, voire carrément sauté les chapitres consacrés au mariage, aux invités et tutti quanti tellement je les trouvais ennuyeux. En outre, on découvre combien Will s'est fait berner par sa femme, qui fait un peu manipulatrice, en plus de se montrer éternellement insatisfaite (même si Will n'est pas exempt de torts à son endroit) ; d'ailleurs, Charles, le frère de la mariée, donne d'elle une description fort peu élogieuse : "Elle est de la même trempe que mon épouse... Autoritaire, jalouse, possessive, capricieuse, dépensière"

Par ailleurs, je n'ai pas compris certains choix narratifs de l'auteure :
  • pourquoi faire de William un meurtrier, et surtout de cette façon ? Bon, j'imagine que c'est pour l'obliger à aller demander de l'aide à Slade et peut-être l'effrayer sur le fait qu'il est en train de devenir aussi monstrueux que l'être qu'il hait le plus au monde ? En tout cas, j'ai trouvé cela très mal amené.
  • Slade a violé William dans le tome 1, il l'a brutalisé et humilié devant tout le monde, il a même failli le tuer mais ici on fait comme si de rien n'était... tout le monde, y compris William, sourit à ses bons mots alors qu'ils étaient tous horrifiés dans le tome précédent. Ce comportement est totalement incohérent !!! Pour revenir à certaines réactions amusées de William, totalement aberrantes eu égard à leur passif, c'est comme si l'auteure essayait de rendre Slade sympathique aux yeux de William pour mieux préparer le pardon à venir et lui faire oublier sa soif de vengeance, malheureusement, ça ne fonctionne pas du tout sur moi, bien au contraire !
  • le changement de comportement radical de Victor de Beaucourt, même s'il peut s'expliquer par la terrible épreuve qu'il traverse, reste peu convaincant (lui qui s'était montré respectueux et réconfortant face aux confessions douloureuses de Will dans le tome 1), ou alors, il aurait fallu prendre le temps de développer cette partie-là pour la rendre plus crédible.
  • le changement de Slade est également trop radical, on n'y croit pas un seul instant ! C'est dommage, parce que les discussions à bâtons rompus entre Slade et Will sont l'un des points forts du roman !
  • la scène au bordel réservé aux homosexuels est tout bonnement impensable : Slade s'auto flagellait dans le tome 1 dès qu'il avait des pensées impures envers un homme et là, il se montre très tactile et très à l'aise avec son amant Rupert, et ce, en présence de William et de plein d'inconnus ! La psychologie des personnages devient complètement incompréhensible !
  • la scène où Slade demande pardon à Rupert qui le lui accorde facilement alors qu'il s'est fait battre presque à mort par ce fou furieux me paraît un peu facile et surtout choquante ! Attention, un auteur peut absolument écrire sur tous les thèmes, même les plus malaisants, à condition de ne pas banaliser des faits aussi graves ! Ici, la violence de Slade est évacuée trop facilement à mon goût.
Dans le tome 1, j'aimais beaucoup les POV de Slade mais ici, ils n'apportent rien de plus à l'histoire vu que le capitaine démoniaque est devenu un personnage presque lambda et "normal".


Par contre, j'ai beaucoup aimé la relation entre Will et Ridley, soldat du rang, et leur complicité ! Ca amenait une bienheureuse bouffée d'oxygène. Ridley est un personnage à la fois solaire, truculent, drôle et attachant. 

Juste pour pinailler, j'ai remarqué une inexactitude théologique : la confession auriculaire (auprès d'un prêtre) n'existe pas chez les protestants. Ca paraît peut-être anecdotique mais ça m'a fait tiquer !

Malgré tout, j'ai apprécié globalement ma lecture. Mes réserves auraient sûrement pu être atténuées si l'auteure avait pris le temps d'amener  l'évolution des différents personnages avec un peu plus de subtilité...

Concernant l'édition, il reste plusieurs fautes d'orthographe, de grammaire, de conjugaison. En outre, dans le format numérique, il y a un problème de mise en page :  les phrase sont coupées en plein milieu du paragraphe avec saut à la ligne, et ce à plusieurs reprises. 


/!\Attention, en raison des thématiques lourdes abordées (violences sexuelles et psychologiques, torture), cette œuvre s'adresse à un public averti, même si les scènes de sexe sont peu présentes et peu détaillées./!\



D'autres avis : Babelio ♦ Booknode ♦ Livraddict



dimanche 11 octobre 2026

Le ruban noir de Dominique Sensacq-Noyer — La Chambre du Lord , tome 1


”Impeccablement tirés en arrière, d’un noir intense, ses cheveux étaient noués avec un ruban de satin rouge. C’était une particularité de Faust Octavius Slade. Là où tous les soldats, officiers compris arboraient un ruban noir, en satin, en soie ou en coton, lui, portait souvent un ruban rouge vif. On pouvait ainsi l’identifier de dos, d’un seul coup d’œil, au milieu d’un groupe de tuniques rouges.


Éditions :
Gaelis
Collection : Saga historique
Parution : 29 juillet 2022
Genre : Roman historique
Format : Kindle
Pages : 540
Prix : 9,99 euros

Quatrième de couverture:


William Thomas Lowis-Doyle, un jeune aristocrate de haute lignée, entre dans sa dernière année de formation militaire. Il fait la connaissance de son officier supérieur, le capitaine Faust Octavius Slade, à la réputation sulfureuse et rencontre Simon Ridley, soldat du rang, pour lequel il va rapidement ressentir une attirance particulière, qu’il n’arrive pas à assumer. Au cours d’une mission avec le capitaine Slade, qui a compris très vite ce qu’il est, William est brutalisé et violé par son formateur. Il doit se taire et supporter cette souillure, seul. Au cours de ses mois de formation, il est régulièrement mis à l’épreuve par le capitaine Slade a qui il voue une haine farouche, pourtant, entre eux, une relation ambiguë̈ et complexe va voir le jour… William prisonnier de son éducation, du danger que ses tendances sexuelles lui font courir au sein de l’armée où l’homosexualité est passible de mort, sera confronté aux mensonges, à l’intolérance, à certaines réalités et devra apprendre la compromission. Faire la distinction entre l’amour, l’amitié, le désir et la soif de vengeance lui sera-t-il possible sans qu’il ne se perde lui-même ?


Mon avis :


C'est la 1ère fois que je lis un roman des éditions Gaelis mais la thématique historique (l'armée britannique du XVIIIème siècle), que je n'avais jusque là jamais vu abordée en littérature, m'avait fortement intriguée. J'ai donc acheté les 3 premiers livres et les ai lus dans la foulée.

Or, donc, à l'automne  1755, le jeune héros du roman, William Thomas Lowis-Doyle, deuxième fils du duc de Wharton, intègre à l'âge de  17 ans le 13ème régiment d'infanterie en tant que cadet, pour terminer sa formation militaire. Contre toute attente, il est confié au capitaine Faust Octavius Slade, normalement interdit de formation depuis que le dernier cadet qu'il a eu en charge est mort dans des circonstances dramatiques ! Celui-ci s'est-il réellement suicidé ? Et le capitaine Slade, porte-t-il une part de responsabilité dans cette mort ? 


C'est en compagnie du personnage principal que nous allons découvrir la personnalité atypique du capitaine Slade : premièrement, il est le seul officier dont les origines sont roturières (d'ailleurs, il n'éprouve que mépris pour tous ces cadets issus de la noblesse et qu'il juge injustement favorisés par le fait de leur naissance) ; deuxièmement, c'est un homme très cultivé malgré la modestie de son pedigree, à la répartie spirituelle et souvent féroce ; troisièmement, c'est un dangereux psychopathe, une bête blessée et brutale, qui aime faire souffrir les autres... mais aussi se faire mal pour, semble-t-il, se punir de quelque chose. 

Dans le tome 1, sur une 60aine de chapitres, nous n'aurons droit qu'à 5 points de vue de Slade écrits à la 1ère personne. C'était intéressant de découvrir les pensées de ce démon de Faust... et clairement glaçant ! Car, bon, il est complètement taré, hein ! Il adore humilier les autres, physiquement ou verbalement. Si bien que l'on se demande s'il n'a pas lui-même été humilié plus jeune ? Seules quelques bribes de son histoire sont lâchées de-ci de-là à partir de la moitié du livre, si bien qu'une aura mystérieuse, autant qu'effrayante, ne cesse de l'entourer. 
Pour le malheur de William, Slade est fasciné, attiré, obsédé  par lui dès le début. L'auteure a dressé un portrait à la fois troublant et inquiétant de ce monstre. Y-a-t-il encore quelque chose à sauver chez lui ? Malgré tout, j'ai eu peur, durant toute ma lecture, qu'en le faisant tel qu'il est, Dominique Sensacq-Noyer ne s'interdise pas tout rapprochement sentimental avec le personnage principal, ce qui aurait été totalement choquant à mes yeux. Mais ici, nous échappons à toute romantisation des agressions que Slade commet.

Si j'ai adoré découvrir la vie d'un régiment militaire au XVIIIème siècle, avec ses codes, ses exercices et le quotidien qui s'articule autour d'un camp, ainsi que l'évolution du jeune William, j'ai un peu moins adhéré à celle de Slade, que l'on le voit, dans la 3ème partie du roman, écraser une larme lors d'un événement particulier ; plus loin encore, nous apprenons une autre de ses bonnes actions mais j'ai du mal à croire qu'un homme qui tue de sang froid des enfants et des femmes ait un comportement aussi noble... même si ça n'est pas totalement désintéressé !

Côté édition, il reste des fautes d'orthographe, de grammaire et de conjugaison !

/!\Attention, en raison des thématiques lourdes abordées (violences sexuelles et psychologiques), cette œuvre s'adresse à un public averti, même si les scènes de sexe sont peu présentes et peu détaillées./!\


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Satan-Belle-Gueule de Martine Gasnier

 ” Dans les ruelles poussiéreuses et désertes, seules des poules assoiffées creusaient des nids pour y trouver une hypothétique fraîcheur, sous l'oeil indifférent des chats faméliques à l'allure de princes déchus.


Editions : Zinédi
Parution : 1er septembre 2026
Genre : Roman historique
Pages : 168
Partenariat

Quatrième de couverture :

La presse à sensation relayait, avec une certaine délectation, leurs méfaits. Eux, c'étaient les apaches, des bandes de jeunes qui terrorisaient Paris au début du XXe siècle. Leur credo : la haine de l'ordre établi. Leurs moyens de subsistance : le vol et le proxénétisme.
Devenu un des leurs, Satan-Belle-Gueule va faire l'apprentissage d'une existence aventureuse placée sous le signe de la trahison et des femmes, fascinées par son charme vénéneux. Héros dépourvu de morale, il narguera le destin jusqu'au jour où...

Mon avis :

J'ai beaucoup aimé mon début de lecture avec la découverte du milieu des Apaches et leur goût des surnoms : Satan-Belle-Gueule (le anti-héros), S'en-fout-la-mort (le chef de la bande de Belleville), Gueule-de-rat, Croc-en-jambe, Cuisse-de-Nymphe (la nouvelle gigolette du chef)... Les lieux, le gang, l'époque sont très bien décrits par l'auteure. Les personnages sont très jeunes (de 15 à 20 ans) mais mènent une vie totalement affranchie et dangereuse, nous laissant pressentir une destinée tragique. 
Malheureusement, je n'ai pas eu l'impression de lire un roman. En effet, l'absence totale de dialogues (sur un livre de 168 pages écrites en gros caractères) enlève toute sa vitalité et son authenticité au récit, faisant davantage penser à un documentaire ou un essai historique.
En outre, tout va vite, trop vite, rendant incohérents ou un peu trop faciles certains choix narratifs (la trahison, l'escapade en Normandie en compagnie d'une bourgeoise bien née) ou inintelligibles certaines intrigues (la bohémienne, la fin). L'auteure ne prend pas suffisamment le temps de développer la trame de son histoire ni d'approfondir la personnalité des protagonistes si bien que l'on n'arrive pas à adhérer au scenario ni à s'attacher aux personnages ou s'intéresser à leur vie. C'est dommage parce que la plume de l'auteure est très agréable et entraînante...

Je remercie Babelio et les éditions Zinédi pour ce partenariat !

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jeudi 1 octobre 2026

Neuromancien de William Gibson — Trilogie de la Cornub, tome 1

 ”Dehors, le ciel trahissait les prémices d'une aube enregistrée.

Illustration de Barclay Shaw (Schlück)

Editions : J'ai lu
Collection : Science-fiction
Parution V.O. : 1984
Titre V.O. : Neuromancer
Parution V.F. dans la présente édition : 1999
Traduction : Jean Bonnefoy
Genre : Science-fiction, Cyberpunk, Dystopie, Techno-Thriller
Pages : 319
Emprunté

Quatrième de couverture :


Dans une société hyper-technologique où l'ordinateur règne en maître, Case est un pirate de génie au cerveau directement branché sur la « matrice », le monde des données et programmes où il évolue comme dans un univers réel.
Mais Case commet un jour l'erreur de doubler son puissant employeur, qui, par mesure de représailles, lui démolit le système nerveux.
Aussi, lorsque Armitage, l'homme au passé trouble, et et Molly, la femme-piège, lui redonnent accès au cyberspace, l'enjeu est devenu pour Case une question de vie ou de mort. Cet enjeu est de taille : sur les instructions du mystérieux Muetdhiver, il s'agit de pénétrer à ses risques et périls le programme top-secret d'une gigantesque multinationale.
A qui Case a-t-il réellement affaire ? A qui... ou à quoi ?

Mon avis :



Molly & Case

L'auteur, William Gibson, est celui qui a lancé le genre cyberpunk ! Le livre explore l'éveil d'une conscience informatique (l'IA Muetdhiver) et met en scène le duo formé par Case et Molly Millions que tout oppose : Case ne vit que pour se brancher à la matrice tandis que Molly agit brutalement dans le monde réel. L'histoire prend place dans un monde futuriste post-Troisième Guerre Mondiale après un conflit avec la Russie. Quand exactement et avec quelles conséquences ? Je serais bien en peine de le dire. Soit parce que je ne l'ai pas retenu, soit parce que l'auteur n'en a jamais fait mention. En effet, le lecteur a l'impression d'être un peu lâché dans cet univers comme s'il le connaissait déjà. Rien n'est expliqué comme si l'univers futuriste existait vraiment et qu'on était forcément au courant de la manière dont les choses s'y passent... Par chance, on est familiarisés avec certains aspects de cet univers grâce au film Matrix (pour ceux qui l'ont vu, avec les références à la matrice et à Sion ainsi que la connexion au réseau ! ^^), qui s'est apparemment inspiré du livre... sinon, j'aurais été complètement perdue et j'aurais sûrement décroché ! 

Par ailleurs, l'écriture est un peu particulière. Je ne sais pas ce qu'il en est en V.O mais j'ai parfois dû relire certaines phrases et j'ai trouvé certaines de leurs tournures un peu lourdes. Par ailleurs, je ne me suis jamais attachée aux personnages, malgré leur passé douloureux. Peut-être parce que tout est un peu trop dans la virtualité et l'hypertechnologie. En effet, les humains peuvent améliorer leurs capacités grâce à des implants comme Mollie, la razorgirl badass. Néanmoins, un passage du livre m'a vraiment marquée: celui où Molly révèle son passé sombre de prostituée où son esprit était chimiquement déconnecté pendant que son corps subissait les abus des clients. C'était vraiment glaçant ! 
D'une manière générale, tout semble très déshumanisé... les rapports entre les êtres, les paradis artificiels, les univers virtuels... D'ailleurs, par moment, on se demande si ce que vit Case est bien réel ou issu de la matrice ou des effets des drogues synthétiques dont il use et abuse !

 Malgré tout, j'ai lu le livre jusqu'au bout tellement l'univers créé par Gibson, tout en désenchantement, exerce une sorte de fascination sur nous. Je me demande comment les lecteurs des années 80 l'ont perçu alors que cet univers était vraiment nouveau et atypique !


D'autres avis :  Babelio ♦ Booknode ♦ Livraddict
Challenge : Les 12 thèmes de Jellydragon

mardi 15 septembre 2026

Chosen of the Moon de Lynn Kerrigan – The Cullachian, Book 1

 ”The midnight smelled of fire and ash. It was the star-stained hour man and country had awaited since the moment his name was spoken on prophecy’s lips. That night, one king would die and another would rise.


Editions : Autopublié
Parution : 1er mai 2026
Genre : Romantasy M/M
Pages : 438
Ebook
Lu en V.O.

Quatrième de couverture :

God’s chosen king… and the druid sent to undo him.

In the kingdom of Cúil Cullach, rulers are chosen by prophecy, not blood. A tradition thrown into chaos when, on the night of the king’s coronation, the Oracle names a queen.

Cerys, a reclusive male druid with a dangerous gift, is forced to wed the newly crowned and wildly immature Skyre, sparking a collision between a dying belief in the old gods and the rising institutional power of the Sun Faith. But as political and personal tensions simmer, Cerys’ dreams begin to bleed with memory and omens. Can he and Skyre work through their differences to unite a fracturing kingdom against an ancient foe?


Mon avis :

J'ai découvert ce livre sur tumblr et j'ai tout de suite été attirée par le background. A ce jour, il n'y a pas de traduction en français, mais la lecture a été fluide, malgré certains mots en vieil anglais ou vieil écossais  (?), à moins qu'ils ne soient d'origine celtique.

D'entrée de jeu, j'ai beaucoup aimé le worlbuilding, qui est le point fort de ce roman. Comme c'est un enemies-to-lovers, mâtiné de slow-burn, l'autrice prend son temps pour poser le contexte et les personnages. Et ça change agréablement des autres romantasy anglo-saxonnes que j'ai pu lire, tant ici l'univers est cohérent et travaillé ! La langue utilisée par les protagonistes, les chansons, le folklore, le bestiaire, les décors décrits avec précision, tout contribue à rendre le récit très immersif et authentique. Malgré la richesse de l'univers, le lecteur n'est pas noyé sous les informations mais découvre peu à peu le fonctionnement des différentes civilisations, avec leurs croyances, leurs lois et la place de la religion et de la nature. J'ai particulièrement aimé la tension entre les anciennes et les nouvelles religions et la façon dont ce conflit façonne les relations entre les différents camps en présence, et donc, entre le roi et son époux. Quant aux personnages, ceux-ci, y compris les personnages secondaires, sont pleins de profondeur et échappent à tout manichéisme. Chacun agit en fonction de ses propres motivations, de son éducation ou de son vécu. 

Ainsi, le roi Skyre est un jeune homme de 20 ans qui paraît totalement imbu de lui-même, fort de la prédiction qui fait de lui l'Elu promis à de grandes réalisations et surtout à l'immortalité. Il a parfois des réactions d'enfant gâté et surprotégé, insupportablement arrogant, et qui se laisse aller à quelques fanfaronnades. En outre, il a l'air de n'avoir pas grande conscience au début des enjeux très politisés de son couronnement. Pourtant, Skyre n'est pas dénué de qualités, les premières étant le courage et la loyauté ! On se demande d'ailleurs à quel point il est manipulé par l'ordre des An'Atherin, la secte du Soleil, et sous son emprise, surtout quand Cerys, "sa nouvelle reine", découvre avec surprise dans le château des livres écrits par des druides, contrairement à la tradition ! Quant à Cerys, il est plus introverti, mais sa nature libre et sauvage le pousse à remettre plusieurs fois le roi à sa place, d'un seul regard ou d'une phrase lapidaire. En tout cas, il fait davantage preuve de sens de l'observation que son royal époux. Malgré sa clairvoyance, sa parole, à cause de son statut de druide, est déconsidérée et Cerys apparaît un peu comme la nouvelle Cassandre ! D'ailleurs, au début de leur mariage imposé (c'est l'Oracle de la religion de la Lune qui désigne la future reine – oui, normalement, c'est à une femme qu'échoit ce rôle !), Skyre le considère comme un rival qu'il doit briser puisqu'il ne peut l'intimider. Cerys, en tant que druide, est considéré par tous comme dangereux et déloyal. Il se sent bien isolé et impuissant à Rhyd-hal, la citadelle royale. Ses seuls "alliés" semblent être Jor, le fils du précédent roi (la royauté n'est pas héréditaire à Cúil Cullach), et Nacht, un puissant guerrier originaire d'Annath. Beaucoup espèrent sa mort, y compris le roi et certains n'hésitent pas à le violenter !

Mais peu à peu, Skyre va changer d'opinion sur ce mystérieux druide, à l'apparence non moins insolite faite d'une peau et d'une chevelure pâle, et possédant la capacité unique de rêver. Ne lui a-t-il pas fait part, au risque de sa vie, du danger qui menace le royaume ?

J'espère pouvoir lire la suite très rapidement...


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