”Elle repensait à ses illusions d’écolière, quand elle et ses camarades
rêvaient de mariage, cette porte magique à franchir pour quitter le
confinement de l’enfance et goûter à la liberté de la « vraie vie ». Avec
le recul, elle prenait conscience que cette liberté n’avait duré que le
temps de la saison des débutantes. Cela avait pris fin avec son
mariage.
Parution V.O : 2022
Titre V.O :
The Affairs of Ashmore Castle
Parution V.F :
11 juin 2025
Traduction :
Frédéric Grellier
Editions :
Hachette
Collection : La Belle
Etoile
Genre : Saga familiale
et historique
Pages :
351
Prix : 22,90 euros
Quatrième de couverture:
Angleterre, 1903. Giles, le nouveau duc de Stainton, gère le domaine familial
d’Ashmore et délaisse Kitty, son épouse. Enceinte, celle-ci n’ose pas
s’opposer à Maud, sa belle-mère, qui continue à prendre toutes les décisions
concernant la vie au château. Pendant ce temps, les deux jeunes sœurs de Giles
connaissent leurs premiers émois. Nina, la grande amie de Kitty, fréquente
quant à elle des femmes aux idées féministes, ce qui met à mal la relation
avec son mari.
Mon avis :
Dans ce tome,
Kitty et Nina découvrent la triste réalité du mariage avec son lot de
déceptions et son état de sujétion.
"Giles s'énervait dès qu'elle donnait l'impression de s'accrocher à
lui" (page 40)
Ca fend le coeur de voir à quel point
Kitty et
Giles se sont éloignés depuis leur
voyage de noces et qu'ils ne partagent plus rien, à part leur amour pour
Louis, leur enfant. Contrairement aux autres pères,
Giles s'intéresse vraiment à leur
enfant et a pour lui des gestes de tendresse qui contrarient les usages de
l'époque. Malheureusement, cela ne suffit pas à rapprocher les deux époux.
Giles remonte tout de même dans
notre estime quand il oblige la sage-femme à amener le bébé auprès de sa femme
dont elle voulait l'en priver durant 3 jours selon l'usage en cours chez les
grandes familles.
On attend un sursaut de révolte de la part de Kitty, qu'elle s'affirme enfin face à son mari et sa belle-mère qui la terrorise.
Heureusement, la comtesse douairière a la bonne idée de partir plusieurs mois
en Allemagne chez une de ses soeurs, emmenant avec elle
Rachel, la plus jolie de ses filles qu'elle destine à un mariage prestigieux. Sans
surprise, Maud Stainton se montre
aussi insupportable que dans le 1er tome, allant même jusqu'à penser,
vexée, que Kitty a fait exprès
d'accoucher en son absence, juste pour l'ennuyer ! 😮💨
On apprend que feu le comte utilisait son droit de cuissage sur la
domesticité, ce qui sera à l'origine d'un drame à retardement, mais certaines décisions
ou comportements que la comtesse-douairière avaient eus dans le tome 1
prennent ici tout leur sens !
Pour mon plus grand plaisir, l'auteure nous fait passer un peu plus de temps
en compagnie de
l'oncle Sebastian et de la cadette
Alice, dont le caractère se dessine de plus en plus. La jeune fille de 17 ans fait
montre d'un
bel humour avec, par exemple, l'épisode des deux femmes de l'Egypte antique qu'elle a
croquées brandissant une pancarte avec l'inscription "le droit de vote aux
femmes !" 😁En outre,
elle fait preuve de curiosité et d'ouverture d'esprit. Quelle stupéfaction ressent son frère le comte quand, venu aider ses
métayers à rentrer le foin avant l'orage, il se rend compte que sa petite
soeur a pris la même initiative bien avant lui ! On sent chez elle les
prémices de la rébellion et on espère que son esprit d'indépendance ne se
retournera pas contre elle !
Du côté de Nina, celle-ci se rend compte qu'il est finalement très difficile de se laisser
aimer par un homme qu'on n'aime pas !
Joseph Cowling, que j'avais apprécié dans le tome précédent, m'a ici
beaucoup crispée ! Il a une attitude assez oppressante envers sa très jeune femme (ils ont
environ 30 ans d'écart), qu'il ne cesse de scruter ou de vouloir contrôler ;
même s'il a véritablement à coeur son bonheur, on sent bien qu'il est de la vieille garde, incapable de comprendre les aspirations
émancipatoires de sa femme. En outre, il m'a beaucoup fait penser à Donald Trump pour
ses tocades de nouveau riche, étalant sa richesse avec une profusion de
parvenu, de manière très ostentatoire frôlant très souvent le mauvais goût.
L'auteure s'attarde davantage ici que dans le 1er tome sur les domestiques,
qui cachent eux aussi bien des secrets. On voit combien le manque d'éducation
sexuelle peut s'avérer problématique, je pense plus particulièrement au valet
William qui n'est guère surpris
quand on lui affirme qu'une grossesse dure entre 6 et 5 mois !
Comme pour la belle doche du château,
James Hood m'insupporte au plus
haut point, tant il se montre malveillant et fauteur de troubles. A ce moment
de l'histoire, on ne sait pas encore dans quelle mesure
une de ses indiscrétions aura des répercussions dramatiques...