mardi 16 juin 2026

Héritage de Cynthia Harrod-Eagles – Les saisons d'Ashmore Castle, tome 1

    Abasourdi, il releva les yeux pour découvrir un visage de dieu grec. Une épaisse toison de boucles cuivrées, des sourcils d’or, des yeux d’un bleu céruléen, des lèvres ciselées et un menton décidé. Le teint était légèrement hâlé et les pommettes luisaient avec l’éclat de la jeunesse.


Parution V.O : 2021
Titre V.O : The Secrets of Ashmore Castle
Parution V.F : 15 mai 2024
Traduction : Frédéric Grellier
Editions : Hachette
Collection : La Belle Etoile
Genre : Saga familiale et historique
Pages : 415
Ebook
Prix : 8,49 euros

Quatrième de couverture:


« L’imposante demeure blanche au sommet de la colline surplombait la vallée de l’Ash et l’on ne voyait qu’elle depuis le village de Canons Ashmore. Pompeusement baptisée Ashmore Castle, sans que la jeune femme sût pourquoi, tout le monde la désignait comme le Château. Il était prestigieux d’y travailler et, quand vous quittiez cette maison, une lettre de référence à son nom valait de l’or. Elle suivit l’étroite allée vers l’arrière, conformément aux instructions, et atteignit la cour de la cuisine où deux valets de pied en livrée fumaient sous l’avant-toit, à l’abri du crachin.»

1901. Lorsque le duc de Stainton meurt dans un accident de chasse, son fils aîné Giles est appelé à lui succéder. Le jeune homme qui s’est toujours tenu à l’écart de sa famille et d’Ashmore Castle, privilégiant ses ambitions personnelles, doit assumer son devoir. Il réalise alors que la charge du domaine s’accompagne d’innombrables dettes qui mettent en péril la sécurité de tous. Un mariage d’argent s’impose à lui, alors que son cœur bat pour une jeune femme sans fortune.

Mon avis :


J'avoue que j'avais acheté ce livre sans grande conviction, vu mes précédents déboires concernant les romans inspirés de l'univers de Downtown Abbey, mais cette fois, j'ai réussi à aller jusqu'au bout de ma lecture. 
J'ai trouvé que l'auteure abordait de manière convaincante les thèmes sociétaux de ce début de XXème siècle dans le monde de l'aristocratie (et de la domesticité) : mariage d'intérêt, poids du devoir, respect des convenances, usage rétrograde, aspirations personnelles, condition des femmes...

Il y a une foultitude de personnages, mais quatre se détachent vraiment dans ce premier tome : Giles Tallant, le nouveau comte de Stainton, son frère cadet Richard, le préféré de leur mère malgré ses frasques mettant en danger la respectabilité de leur nom, Kitty Bayfield, jeune et riche héritière issue de la noblesse, et son amie de pension Nina Sanderton, orpheline vive et cultivée mais ne pouvant prétendre à un beau mariage à cause de ses origines roturières.

C'était passionnant de découvrir le caractère et les aspirations de tous ces personnages, leurs occupations et les tracas qui émaillent leur quotidien.
Par contre, vu le très grand nombre de personnages secondaires, je trouve dommage que l'auteure ne s'attarde pas davantage sur eux, car le lecteur n'a pas vraiment le temps de s'attacher à eux malgré leur potentiel, en plus d'avoir l'impression que les épreuves ou les chagrins qu'ils rencontrent sont traités de manière superficielle. Quelques-uns ont réussi tout de même à m'intriguer ou me toucher : l'oncle Sebastian, la grand-mère française Victoire et Axe Brandom, l'apprenti du maréchal-ferrant.

Par contre, je ne peux m'empêcher d'éprouver des sentiments mitigés quant à Giles, le personnage central. Alors que je le trouvais sympathique au début, à cause du sacrifice qu'exigeait son nouveau statut, avec l'abandon de ses rêves, l'obligeant à endosser de très lourdes responsabilités,  j'ai changé d'avis à son sujet au fur et à mesure de ma lecture. On a parfois l'impression qu'il se sert vraiment de sa femme. Pour son argent. Pour son plaisir. Mais il la néglige et la méprise, intellectuellement parlant : elle est cultivée mais affreusement peu sûre d'elle et elle ne partage pas les mêmes centres d'intérêt que lui. Il tente de l'y intéresser mais se lasse assez vite de ses efforts. Je plains cette pauvre épouse qui n'y est pour rien. Il a pourtant parfois des gestes et attitudes prévenants mais très vite effacés par des pensées  assez cruelles. Quoi ? Le piège se referme sur lui parce qu'elle lui annonce sa grossesse ? C'est horrible, non ? On n'arrête pas de passer d'un extrême à l'autre avec lui : il a le sens du devoir chevillé au corps tout en se montrant parfois très égoïste.
Par contre, j'ai eu le cheminement inverse avec son frère, qui m'agaçait fortement au début mais qui se révèle finalement plus humain.
Autre petite réserve : parfois, c'est quand même un peu trop pompé sur Downtown Abbey ; je pense plus particulièrement aux relations entre James, le premier valet de pied et Crooks, le valet de chambre du comte...

Pour conclure, un livre que j'ai dévoré, malgré ces quelques réserves, et dont je compte bien lire la suite...


 
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lundi 15 juin 2026

Du Guesclin - Au coeur de la guerre de Cent Ans de Clervie Quelven

 


Editions : Plein Vent
Collection : Grandes Figures de l'Histoire
Parution : 11 mars 2026
Genre : Aventure historique, Biographie romancée
Pages : 226
Partenariat

Quatrième de couverture:

Raillé pour son physique déplaisant, Bertrand du Guesclin est sans aucun doute l'un des plus brillants chevaliers de l'histoire de France. En pleine guerre de Cent Ans, il saura prouver que le courage ne dépend ni de la naissance ni de l'apparence. Mais ce fidèle serviteur du roi de France devra aussi faire preuve de toute son habileté et de toute son intelligence dans les conflits de son temps. Des forêts bretonnes aux champs de bataille de France et d'Espagne, entre querelles dynastiques et invasion anglaise, Du Guesclin devra lutter jusqu'au bout pour savoir où placer sa loyauté...
Une épopée pleine d'aventure, d'amitié et d'honneur, pour découvrir la véritable histoire du « Dogue noir de Brocéliande » !

Mon avis :


J'ai hésité avant de participer à cette Masse critique consacrée à la littérature jeunesse parce que j'ai généralement été déçue par mes participations concernant ce genre mais le contexte de la Guerre de Cent Ans (que j'ai étudiée à la fac) m'a finalement décidé à retenter l'aventure.
Au début, je m'attendais à un roman mais il s'agit davantage d'une biographie romancée tant la vie de Bertrand du Guesclin est ici détaillée. On sent que l'auteure s'est appuyée sur une solide et rigoureuse documentation mais cela ne pèse pas à la lecture tant la plume sait se montrer entraînante ! D'ailleurs, je salue l'ambition de cette collection en espérant que la jeunesse s'y intéresse car je me demande si la figure de Du Guesclin est toujours connue de nos jours.  
Seule petite réserve : ça aurait été mieux selon moi que le contexte historique dans lequel évolue le héros (la Guerre de 100 ans et les camps en présence) intervienne dès le début au lieu de la page 20.

Je remercie Babelio et les éditions Plein Vent pour ce partenariat !

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samedi 23 mai 2026

François le Champi de George Sand

Elle n'avait point de préjugés, et quand elle entendait dire : " C'est dommage qu'un si beau gars soit un champi ", elle répondait : " Les champis ont moyen d'être beaux, puisque c'est l'amour qui les a mis dans le monde."

Editions : Hachette
Collection : Grandes Oeuvres
Illustrations : Tony Johannot
1ère parution : 1848
Présente édition : 1985
Genre : roman champêtre, classique
Pages : 200 (440)

Résumé :

Un champi, c'est un enfant abandonné dans un champ. Un champi suscite la crainte et la méfiance des paysans. Un champi a mauvaise réputation. François est un champi élevé par sa nourrice Zabelle. Mais Cadet Blanchet, le meunier chez qui elle loge, l'oblige à s'en séparer. Le jeune garçon est alors recueilli par Madeleine, une femme au grand coeur qui n'est autre que l'épouse de... Cadet Blanchet. Avec l'aide de Zabelle, elle le nourrit et l'instruit en cachette. Petit à petit, une relation particulière va unir François à sa mère adoptive.

Mon avis :


Ce livre, c'est ma mère qui me l'avait offert quand j'étais adolescente. J'avais mis du temps à lire François le Champi, lui préférant La petite Fadette. Peut-être aussi le fait que le personnage principal soit un garçon avait joué dans mes réticences à l'époque. Et puis, finalement je m'étais laissée happer par la plume pleine de délicatesse et de simplicité de l'auteure. Lors de cette relecture, le charme agit toujours, même si je suis aujourd'hui plus sensible au caractère scandaleux de la relation liant le jeune François à Madeleine, sa bienfaitrice. Mais j'y reviendrai plus tard.

François le Champi est donc un enfant que ses parents ont abandonné quelques mois après sa naissance

et que l'Hospice a confié aux soins d'une mère de substitution qui reçoit un peu d'argent pour l'élever. La Zabelle, qui vit dans une grande précarité, n'est pas forcément très fiable malgré la tendresse sincère qu'elle éprouve pour le malheureux enfant, en butte à la méfiance et aux préjugés des paysans, précédé par sa mauvaise réputation de Champi. Et je me dis que les choses n'ont guère évolué tant je me souviens que les enfants de la DDASS à l'époque de ma jeunesse souffraient du même discrédit de paresse et de vol. 

Par chance, sa route va croiser celle de Madeleine, l'épouse du meunier, jeune femme bienveillante et généreuse, qui va prendre soin de lui, mais en cachette à cause des tracasseries de sa belle-mère.

Ce roman met donc en évidence à la fois la dure condition des enfants trouvés et celle des femmes mal mariées, soumis aux injustices et aux contraintes sociales de l'époque.

Car ils y étaient encore à minuit.

Mais ce qui est au coeur du roman est la relation entre François et Madeleine. A leur première rencontre, Madeleine a 20 ans et François 6 ans. Le petit garçon la considère pendant des années comme une mère. C'est d'ailleurs répété à de nombreuses reprises dans le roman. Par ailleurs, cet écart d'âge se retrouve réduit à 10 ans un peu plus loin dans le livre. Je ne sais pas si ce changement est dû à une erreur de l'écrivaine ou à sa volonté de mieux faire passer ensuite l'évolution des sentiments entre les deux protagonistes. Car François est tombé amoureux de celle qui a longtemps personnalisé pour lui la figure maternelle. Je n'ai pas trop compris le choix de George Sand de faire naître cette relation amoureuse quasi incestueuse alors que l'histoire d'amour aurait pu exister sans avoir créé ce lien quasi filial. C'est dommage parce que les deux personnages sont extrêmement touchants et attachants. François est un jeune homme certes un peu naïf mais droit, honnête, travailleur et compatissant. Et comme dit plus haut, Madeleine est une jeune femme généreuse, dévouée, douce et charitable. Un couple on ne peut mieux assorti...

Malgré tout, j'ai éprouvé beaucoup de plaisir à cette relecture pleine de bons sentiments. Ca fait du bien, parfois...

 
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jeudi 30 avril 2026

Le roi d'août de Michel Pagel

Étrange destin que celui des filles de rois, à qui nul ne demandait jamais leur avis sur l'homme qu'on leur donnait comme époux, qui quittaient leur famille, leur pays, souvent à l'âge le plus tendre, pour pénétrer d'un coup dans l'intimité d'un inconnu auquel elles devaient se soumettre.


Editions : Les Moutons électriques
Collection : La bibliothèque voltaïque
Parution : 2 octobre 2020
Genre : Fantasy historique
Pages : 538
Ebook

Résumé de l'éditeur :

A l'âge de quatorze ans, Philippe, promis aux plus hautes fonctions du royaume de France, s'égara lors d'une chasse en forêt. De la bouche d'un être que d'aucuns auraient cru légendaire, il apprit de quelle fantastique ascendance il était l'héritier, ainsi que la véritable nature des pouvoirs royaux des capétiens. Sa vie entière, le souverain resta hanté par cet événement qui modela à jamais sa personnalité et ses actes, d'alliances en conflits avec la papauté ou les Plantagenêts, et jusqu'à la stupéfiante répudiation de sa seconde femme, la belle Isambour de Danemark. Voici contée ici la destinée exceptionnelle du roi Philippe-Auguste : une chronique strictement fidèle aux faits relatés par les témoins de l'époque, mais qui révèle enfin ce dont l'histoire n'a gardé trace...

Mon avis :


Tout d'abord, je veux souligner le tour de force de l'auteur d'avoir écrit un roman historique aussi précis sur une personnalité ayant vécu 800 ans avant nous. J'ai étudié à la fac Philippe Auguste (qui est d'ailleurs un de mes personnages historiques préférés), et cela se voit que l'auteur s'est appuyé sur une documentation solide pour écrire ce livre. J'ai donc vraiment kiffé me replonger dans la vie de ce grand roi. En outre, on se sent vraiment immergé dans ce XIIème siècle finissant, avec la description des différents lieux, des conseils royaux, des enjeux politiques, des mariages diplomatiques. La partie historique est à la fois le point fort et le point faible du livre. Car j'aurais aimé que l'auteur arrive à se détacher de tous ces événements politiques pour m'aider à m'attacher aux personnages. C'est dommage parce que la relation compliquée entre Isambour de Danemark et son époux royal aurait pu faire naître de beaux moments d'émotions mais, même si j'ai été parfois touchée par leurs malheurs, je me suis sentie la plupart du temps détachée d'eux. 
En outre, je n'ai pas été convaincue par le parti pris de Michel Pagel d'expliquer les énigmes réelles de la vie de Philipe Auguste par une perspective fantastique, même si je trouve l'idée très intéressante, mais cette partie-là n'a pas été assez exploitée ni développée pour que j'y adhère vraiment !

Pour conclure, une lecture très plaisante à défaut d'être totalement convaincante... 






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jeudi 2 avril 2026

Anthologie du désir féminin (présentée par Géraldine Puccini)


J'aime la délicatesse, et pour moi l'éclat et la beauté du soleil, c'est l'amour. (SAPPHO)


Editions : First
Parution : avril 2025
Genre : Anthologie (extrait de poésie, roman, correspondance)
Pages : 160
Partenariat

Quatrième de couverture: 


"L'imaginaire des femmes est inépuisable, comme la musique, la peinture, l'écriture : leurs coulées de fantasmes sont inouïes." Hélène Cixous
De la poétesse grecque Sappho aux lettres d'Héloïse à Abélard, des femmes troubadours du Moyen Âge aux œuvres de Colette, de George Sand à Marguerite Yourcenar ou à Monique Wittig se raconte une approche plurielle et sensible du désir féminin qui affirme sa puissance.
Car les femmes ont toujours écrit, mais ont très longtemps été cantonnées à des marges, par manque de moyens, d'accès aux études, de possibilité de reconnaissance – par manque d'une "chambre à soi", comme dirait Virginia Woolf. C`est sur les traces de ces femmes qui ont donné voix et corps au désir que nous convie cette anthologie.


Avis :


Dans cette anthologie présentée par Géraldine Puccini, ont été invitées 17 femmes dont les oeuvres (poèmes, correspondance, pièce de théâtre, romans) couvrent 28 siècles. C'est assez vertigineux quand on y pense ! 
Parmi toutes ces femmes, j'en connaissais 6 de noms et 6 pour les avoir lues. Par contre, Sulpicia, Dame Castelloza, Monique Wittig, Claude Pujade-Renaud et Héloïse Desrivières m'étaient totalement inconnues...
Avant chaque extrait, Géraldine Puccini nous dresse une courte biographie de ces femmes de lettre expliquant l'époque dans laquelle s'inscrivent leurs textes.
Plus on s'éloigne de notre temps, et plus les femmes ont été invisibilisées ou silenciées à travers l'histoire et la littérature, si bien que ne nous sont parvenus que quelques fragments des poèmes écrits par les femmes de l'antiquité. A noter également qu'elles n'ont normalement pas accès à l'éducation, ce qui n'en rend que plus remarquable leur engagement littéraire.
Or, même avec les conquêtes du féminisme, la question du désir féminin reste un sujet tabou... jusqu'à il y a peu, en fait. Il faut beaucoup de courage aux femmes pour oser écrire sur ce thème et défier ainsi les conventions sociales.

Mais avoir fauté me plaît, me composer un visage par souci de ma réputation me répugne; j'ai été à un homme digne de moi comme j'étais digne de lui : qu'on le dise. (SULPICIA)

Je me sens donc d'autant plus dépitée de ne pas avoir apprécié ma lecture autant que je l'aurais espéré, même si celle-ci n'a pas été désagréable. Peut-être est-ce dû à mes problèmes de vue accentués par le choix de la couleur et de la taille de la police d'écriture ? Ou peut-être au fait que je n'ai pas réussi à me projeter (les courts extraits ne m'ont pas donné le temps de m'imprégner vraiment des écrits) ?

Mais j'ai trouvé très intéressant de découvrir le contexte historique de chaque texte qui entrave la liberté d'expression de ces autrices. Et puis, la lecture de certains extraits m'a donné envie de découvrir plus en profondeur ces écrivaines que je ne connaissais pas.
En tout cas, l'amour et la passion sont universels, quelque soit l'époque ou la société.

Je remercie Babelio et les éditions First pour cette découverte !

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samedi 28 mars 2026

Je voulais vivre d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre


Anne de Breuil, comtesse de La Fère, Charlotte Backson, Milady de Winter, vos crimes ont lassé les hommes sur la terre et Dieu dans le ciel. Dépouillez-vous de vos mensonges, renoncez à vos masques, et si vous avez une prière, dites-la, car vous allez mourir. 



Editions : Grasset
Parution : 20 août 2025
Genre : Historique, classique revisité
Pages : 383
Ebook (prix : 16,99€)
Emprunté 

Résumé de l'éditeur :


Par une nuit glaciale, le père Lamandre recueille une fillette de six ans venue frapper avec insistance à sa porte. L’enfant aux yeux admirables tremble de froid et de faim. Elle a les pieds en sang dans ses souliers à boucles d’argent, mais refuse de répondre aux questions qui lui sont posées. Le vieux prêtre ne saura que son prénom : Anne. Vingt ans plus tard, Anne est devenue Lady Clarick. Richissime, courtisée, elle a l’oreille des grands et le cardinal de Richelieu ne jure que par elle. Pourtant, dans l’ombre, quatre hommes connaissent son vrai visage et sont prêts à tout pour la punir de ses forfaits. Manipulatrice sans foi ni loi, intrigante, traîtresse, empoisonneuse, cette criminelle au visage angélique a traversé les siècles et la littérature : elle se nomme Milady.
Voici venu le temps d’écarter la légende pour rencontrer la femme. Même un personnage de fiction peut réclamer justice. Ce roman inoubliable, écrit d’une voix puissamment contemporaine, rend vie à Milady et nous offre son histoire dont Dumas a semé les indices dans Les Trois Mousquetaires.
Magnifique portrait d’une femme libre menant, pour sa survie, un jeu dangereux. Dans une époque où trop d’hommes voudraient la contraindre et la posséder, elle se bat – jusqu’à la transgression ultime – pour son pays, pour son idéal et pour sa liberté.


Avis : 


Malgré la venimosité de Milady, j'ai toujours trouvé ce personnage très intrigant. Comment cette femme en était-elle arrivée à un tel degré de cruauté et de folie meurtrière? Avait-ce toujours été dans sa nature ?
J'étais donc très enthousiaste à l'idée de découvrir le point de vue de Milady, surtout au vu des nombreux avis élogieux (avec une moyenne de 4,36/5 sur Babelio et 17,6/20 sur Livraddict). Je m'attendais donc à une lecture vraiment envoûtante qui me révèlerait de manière fracassante une nouvelle Milady, pas tout à fait la même, ni tout à fait une autre mais que j'aimerais et comprendrais. Attention ! Je ne souhaitais pas vraiment qu'elle soit réhabilitée, hein, mais que son comportement de folle furieuse ait au moins une explication plausible et un peu moins condamnable que les apparences, tout en espérant un personnage aussi intense que l'original. Beaucoup d'attentes, donc. Un peu trop peut-être ?
Car j'ai vraiment été déçue par ma lecture. J'ai eu l'impression que l'histoire de Milady était survolée. Qu'il lui manquait de la profondeur. C'est dommage parce qu'un personnage aussi complexe et fascinant aurait mérité un meilleur développement.
La plume en elle-même n'est pas désagréable, les pages se tournent toutes seules, mais les personnages manquent cruellement de chair et de passion, ce qui fait que l'on ne se sent pas touché par eux, malgré les malheurs qui les accablent.
Concernant les allusions de Dumas sur le passé de Milady, ma lecture des Trois Mousquetaires remonte à trop loin  pour que je m'en souvienne avec précision mais les efforts de l'auteure pour combler ces blancs ne m'ont pas du tout convaincue tant ils me semblaient forcés ou peu naturels /!\Attention spoiler ! /!\ (par exemple : comment a-t-elle pu céder au prêtre alors qu'elle s'en méfie dès le début ? — lors de la pendaison, on se demande où sont passés les invités ! — en Angleterre, on ne comprend pas d'où sort la mission de M. de Marnay !) /!\Fin du spoiler/!\  Ces épisodes ont sûrement manqué de développement pour être crédibles, en plus de paraître parfois incohérents.

De plus, je n'ai pas trouvé la technique du POV très pertinente. Au début du roman, l'auteure alterne le point de vue de Milady dans les années 1620 et celui de d'Artagnan à la bataille de Maastricht en 1673. Puis d'autres POV (comme celui du comte de Rochefort) viennent s'ajouter. Mais cette technique narrative n'apporte rien à l'histoire selon moi.

Pour conclure, ma lecture a été mitigée et décevante. Je m'attendais vraiment à autre chose, surtout d'un roman récompensé par le prix Renaudot ! Je m'attendais à quelque chose de plus fort, de plus puissant, de plus intense. Il s'agit de Milady, palsambleu ! Un des personnages les plus marquants de Dumas, qui interpelle le lecteur par son manque total d'empathie et sa cruauté gratuite (quelle utilité de tuer Constance ?). Et quelle vie aventureuse elle a eue ! Or, ici, je n'ai jamais ressenti de surprise ni ne me suis sentie transportée par un quelconque souffle épique.
Peut-être Milady aurait-elle dû, finalement, garder sa part de mystère ?

Milady par Eva Green


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mercredi 18 mars 2026

Moi, Cléopâtre, dernière reine d'Egypte d'Isabelle Dethan



Scenario : Isabelle Dethan
Dessin : Isabelle Dethan
Couleur : Isabelle Dethan
Genre : BD historique, biographie romancée
Date de parution : 2025
Editeur : Dargaud
Nombre de planches : 204
Prix : 26,95 euros


Quatrième de couverture :


On m'appelle Cléopâtre,
et je suis, paraît-il, l'Egyptienne la plus célèbre de l'Antiquité.
Femme fatale, courtisane, je manipulerais les hommes comme s'il s'agissait de jouets.
Capricieuse, belle à couper le souffle, je m'amuserais à dissoudre des perles dans du vinaigre, une panthère docile à mes pieds. Sauf que...

Je n'ai pas une goutte de sang égyptien. Je ne suis pas particulièrement jolie.
Mais bonne stratège politique, ça, oui. Et mère de quatre enfants.
Et surtout, reine d'un pays convoité par tous.

Laissez-moi vous raconter MA VÉRITABLE HISTOIRE.

AVIS :


J'avais découvert Isabelle Dethan avec sa saga Les Ombres du Styx, dont l'histoire se situe au IIIe de notre ère en Afrique du Nord alors romaine, puis avec sa saga Sur les Terres d'Horus, qui prend place sous le règne de Ramsès II, et que j'avais beaucoup aimées. Malheureusement, cette fois, la magie n'a pas vraiment opéré alors que je trouve le personnage historique de Cléopâtre fascinant.
Je ne sais pas si c'est dû au format de la BD (19,90 x 26,80 cm au lieu des 23,00 x 32,00 habituels) rendant ma lecture assez fatigante à cause de mes problèmes de vue (je me concentrais davantage sur le déchiffrage plutôt que sur l'histoire en elle-même) ou si cela vient du fait que je connaissais déjà l'histoire de Cléopâtre avec un début de "réhabilitation" dans le docu-fiction Le Destin de Rome.

Je n'ai, par ailleurs, pas adhéré au parti pris de l'auteure de nous faire découvrir l'histoire de Cléopâtre à travers les conversations de son fantôme avec la momie de son babouin de compagnie. Je me suis sentie totalement étrangère au récit, comme détachée. C'est vraiment dommage car, à la base, j'adore le couple Cléopâtre- Marc Antoine. 
Autre petite réserve (mais que j'avais déjà remarquée avec Les Ombres du Styx) : les traits du visage des hommes paraissent inachevés. En outre, je n'ai pas retrouvé la minutie du détail dans le dessin des étoffes, des bijoux ou des objets ni le chatoiement des couleurs comme elle nous avait habitué dans les deux sagas mentionnées en début de chronique.
Malgré tout, j'ai été heureuse d'apprendre deux ou trois trucs que je ne connaissais pas. On sent combien l'auteure s'est documentée avec soin pour dresser le portrait de cette dernière reine d'Egypte.

Appréciation :



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