dimanche 31 janvier 2016

Strawberry Fields de Link

Strawberry Fields de Link

fiche détaillée

 Auteur > Link
Editeur > TheBookEdition
Genre > romance steampunk
Date de parution >  2015
Nombre de pages > 594 pages

auteur

LinkLink est un auteur français qui a gagné son pseudonyme grâce à ses lecteurs sur Internet.
Son univers est principalement axé autour des contes, de l'aventure et des romances dans des mondes steampunk, fantasy ou urban fantasy.
Elle aime s'évader pour vivre plusieurs vies auprès de ses personnages et entraîner les lecteurs avec elle dans son sillage.

- Son portail -

 

quatrième de couverture

En Talégalle, pays de la Terre des Brumes, malgré la menace de conflit avec l’empire voisin, une partie de la population prospère grâce au commerce des soieries.
Mais la pauvreté fait également rage : gangs de voyous dominent dans les grandes villes tandis qu’en campagne les orphelinats sont surpeuplés.
Le destin d’Axelle, Quentin et Kimberley, trois orphelins du foyer de Saint-Jéthel sera intimement lié aux soubresauts de l’histoire taléganne.

première phrase

"Il y avait une maison au fond de la cour."

avis personnel

J'avais adoré son conte Les Compagnons de l'Arc-en-ciel, si bien que j'ai été plus que ravie quand l'auteure m'a proposé de lire ce nouveau roman, qui, cette fois, penche vers un univers plus steampunk que fantasy, faisant penser à la période de la Belle Époque.

L'histoire se décompose en 3 parties et suit la destinée de trois orphelins, Axelle Cantini, Quentin Loxan et Kimberley de Saint-Jethel, de leurs 9 ans à l'âge adulte. On partage avec eux leurs joies, leurs peines, les épreuves qu'ils traversent, puis la douloureuse expérience de la séparation et de la guerre.

D'ordinaire, je n'aime pas vraiment les histoires mettant en scène l'enfance des héros, mais aussi bizarrement que miraculeusement, cette partie-là a été ma préférée. Il faut dire que les enfants de l'orphelinat sont touchants dans leurs élans d'amour et d'amitié aussi bien que dans leurs maladresses ou chamailleries. Mais ils sont plus que de simples enfants, loin des clichés habituels, si bien que l'on est parfois surpris par certaines de leurs réactions imprévisibles...

J'ai eu un énorme coup de cœur pour Quentin dont j'ai  beaucoup aimé le côté décalé, provoqué par sa précoce maturité, et les passages de son journal intime si imagés et évocateurs. J'ai été touchée également par Axelle et son refus d'être une fille, soulignant les épreuves traumatisantes qu'elle a subies durant son enfance (du moins, c'est que nous croyons deviner car nous n'apprendrons l'horrible réalité que plus loin dans l'histoire)...
Par contre, Kimberley, m'a plusieurs fois mise mal à l'aise avec ses actes ou paroles frisant parfois la folie, et cette impression ne fait que se renforcer avec la période de son adolescence.

Nous assistons à l'orphelinat à la naissance d'un amour aussi pur que profond, à la rencontre de deux âmes-sœurs que la vie va cruellement séparer, à leur volonté commune de se retrouver, un jour, sans rien savoir pendant des années sur la destinée de l'autre.

La deuxième époque a été également fascinante, même si elle est beaucoup plus sombre. Nous changeons totalement de décor, et passons de la campagne à la ville, de l'orphelinat à l'enfer des gangs (ou des familles bourgeoises où seul le devoir compte au détriment des sentiments...). Charlaine, la chef de gang, est particulièrement glaçante dans son comportement où plus rien d'humain ne subsiste. Elle contribue à cette ambiance mystérieuse et malsaine, qui plane déjà à l'orphelinat, mais ne fait que s'exacerber au contact de ces âmes perdues.

On sent que l'univers a été travaillé et réfléchi, tant on se sent immergé dans le récit, que ce soit au niveau du langage argotique comme des décors ou costumes. De plus l'histoire est servie par une écriture très poétique et des illustrations qui nous font entrer directement dans l'intimité des personnages. Je suis fan de ces lettres,  coupures de journaux, ou mots d'enfants, présents en fin de scènes ou de chapitres.

Si j'ai littéralement dévoré les deux premières parties, j'ai été moins charmée par la troisième qui perd la magie des deux tiers du livre où tout était si merveilleusement imbriqué. Alors, bien sûr, j'ai été ravie de retrouver certains personnages d'Un Air de liberté (ah, Ankor, mon cœur bat toujours pour toi !!^^), mais j'ai trouvé que tout était un peu précipité, et que les effets étaient un peu trop appuyés. En effet, j'ai eu l'impression qu'il y avait comme une cassure entre les deux premières parties et la dernière au niveau de l'écriture et du style.

Pour conclure, une histoire d'amour poignante entre deux personnages terriblement attachants dans un univers steampunk maîtrisé et évocateur, même si la dernière partie m'a moins convaincue et perd en intensité.

 Appréciation :

note : 4 sur 5

Page Facebook -

extrait

 Journal de Quentin Lexan

Je lui ai dit.
Un baiser.
Je lui ai dit parce qu'elle est la seule qui le mérite.
Un baiser.
Je lui ai dit parce que je voulais qu'elle voie à quel point je lui accorde ma confiance.
Un baiser.
Je lui ai dit parce que j'espère qu'elle m'offrira la sienne en retour.
Et elle m'a donné un baiser...

(page 96)

divers

Challenge "Les filles de Mrs Bennet" (jusqu'au 31 août 2016)
Challenge organisé parDeedee1310 (5/12)

 

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mercredi 20 janvier 2016

Bestiarius, tome 1 de Masasumi Kakizaki

Bestiarius, tome 1 de Masasumi Kakizaki

Merci à

Bestiarius, tome 1 de Masumi Kakizaki

et aux éditions 

Bestiarius, tome 1 de Masumi Kakizaki

pour ce partenariat !

fiche détaillée

Scenario & dessin > Masasumi Kakizaki
Editeur > Kazé
Collection > Seinen
Série > Bestiarius
Genre > Manga fantasy
Date de parution > 2013 pour l'édition originale, 2015 pour la présente édition
Nombre de pages > 200
Traduction > par Yohan Leclerc

auteur
(sources : Manga-news)

 Masasumi KakizakiMasasumi Kakizaki (柿崎正澄) est né le 18 mai 1978 à Mombetsu sur l'île de Hokkaidô.
Il débute sa carrière de mangaka, en mars 2001 avec une histoire courte intitulée Two Tops.
Peu de temps après il a droit à sa première série, X-Gene, qu'il illustre d'après un scénario d'action/SF de Kentarô Fumitsuki. Cette série en 3 tomes s'achève en 2002.
En parallèle, il réalise également en septembre 2001 une deuxième histoire courte, Teppeki D.
Il est engagé en 2002 sur le projet qui lui conférera sa notoriété : Rainbow, longue fresque en partie historique scénarisée par George Abe et qui vaut à ses deux auteurs le Prix Shôgakukan Catégorie Général en 2005.
En 2008, la pause de Rainbow permet à l'auteur de concevoir Kansen Rettô, un manga de 7 chapitres pour lequel il conçoit seul le scénario (hors histoires courtes).
Kakizaki s'essaie encore en 2010 à un autre style : le récit horrifique, avec Hideout, dont l'unique tome paraît en novembre 2010. Un récit où l'on retrouve l'ambiance sombre et les personnages tortueux qui ont déjà fait la réputation du mangaka.
En France, le livre est sorti chez Ki-oon en octobre 2011.
On retrouve ensuite l'auteur en février 2011 pour la prépublication dans le magazine Shônen Sunday d'un récit en deux parties, Tôjûshi / Bestialious, avant qu'il n'entame quelques mois plus tard Green Blood.
Quelque temps après la fin de ce dernier, il reprend Bestialious pour lui offrir une suite.
A ce jour, cette série compte un tome relié sorti en décembre 2013. Celui-ci regroupe le 1er épisode (le one-shot en 2 parties sorti en février 2011) et le 2ème épisode (4 chapitres).

quatrième de couverture

Ier siècle après Jésus-Christ, l’Empire romain est à son apogée et ses légions soumettent une à une les dernières contrées où monstres et humains vivent encore en paix. Criminels, innocents, orphelins, demi-humains, wyvernes... Tous constituent les rangs d’esclaves guerriers jetés dans l’arène et forcés de s’entretuer pour divertir l’empereur Domitien et les Romains avides de sang. Parmi ces combattants se trouvent des gladiateurs qui affrontent fauves et créatures légendaires : on les appelle les “Bestiarii”. Or, certains d’entre eux, comme Finn ou Zénon, ont été élevés aux côtés de ceux qui, aux yeux de Rome, ne sont que de simples bêtes, et ils comptent bien retourner leurs armes contre leurs geôliers... et même contre l’Empire tout entier !

avis personnel

 Je devais être mal réveillée car lorsque j'ai postulé pour ce titre lors de la Masse critique de Babelio du 8 décembre, j'étais persuadée de choisir un manga se déroulant sous la Rome antique dans le milieu des gladiateurs. Effectivement, nous retrouvons bien dans cette BD des gladiateurs vivant au temps de l'empereur Domitien, mais pas que. Car, dans l'arène, ces bestiari combattent des créatures mythologiques ou fantastiques, comme les wyvernes, les orcs, les Manticores ou autres Minotaures.

J'avoue que j'avais un peu peur d'être déstabilisée par ce mélange des genres mais il n'en fut rien, et j'ai littéralement dévoré ce manga qui fait coexister habilement figures historiques et monstres mythiques.

L'auteur fait s'entrecroiser la destinée de deux enfants, orphelins humains capturés par les Romains au cours de leurs conquêtes et jetés dans l'enfer des arènes. Malgré leur situation précaire, ces enfants se sont trouvés une famille de substitution en la personne de ces créatures mythologiques, méprisées en raison de leur aspect monstrueux, et avec lesquelles ils vont tisser des liens de confiance,  d'amour filial et fraternel.  Mais les élites romaines, avides de combats spectaculaires, vont tenter d'utiliser certains secrets en leur possession pour les manipuler et les dresser les uns contre les autres. Les deux jeunes humains cèderont-ils à leur désir de vengeance ou de liberté ?  Ou bien leur attachement sera-t-il le plus fort ?

Le développement de l'intrigue est peut-être un peu classique et prévisible mais n'en reste pas moins très efficace et passionnant. Les scènes, révélant la force des liens qui unissent les jeunes humains à leurs parents de substitution, sont très touchantes, les monstres n'étant pas ceux qui le paraissent le plus...

En outre, l'histoire est servie par des dessins magnifiques, dont les détails sont extrêmement soignés et précis. Je déplore donc que les vignettes ne soient pas plus grande pour leur rendre davantage honneur.

Une très belle découverte donc, et je lirai la suite avec beaucoup de plaisir...

Je remercie les éditions Kazé ainsi que Babelio pour ce partenariat !

Appréciation :

note : 4 sur 5

extrait

 

Bestiarius, tome 1 de Masasumi Kakizaki

divers

Challenge organisé par Iluze (1/12)

La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

Ce billet est ma 20è participation au challenge de Soukee.

 

Bestiarius, tome 1 de Masumi Kakizaki

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mardi 12 janvier 2016

Challenge "ABC 2016 - Littératures de l'imaginaire..." de Mariejuliet [médaille de bronze]

 

Je vais essayer de faire mieux qu'en 2015 où j'avais laborieusement grapillé la médaille de chocolat...he

J'y arriverai, un jour, j'y arriverai !!

Challenge "ABC 2016 - Littératures de l'imaginaire..." de Mariejuliet

Le règlement du challenge

Le principe du challenge est de lire 26 livres entre le 1er janvier et le 31 décembre 2016, en respectant le principe « une lettre, un auteur ». 

Il faut donc choisir un auteur par lettre, dans les genres littéraires entrant dans la catégorie imaginaire :

- Fantasy
- Fantastique
- Science-Fiction
- Et tous leurs dérivés (bit-lit, dystopie, steampunk, etc.)

Les récompenses

A la fin du challenge, une médaille est décernée aux participants ayant atteint un certain degré d'avancement dans le challenge :

- Médaille d'or : 26/26
- Médaille d'argent : 20/26
- Médaille de bronze : 15/26
- Médaille de chocolat : 10/20

Et le petit bonus pour les motivés : la médaille de platine. La médaille sera attribuée à tous les participants ayant au minimum atteint la médaille de chocolat et qui n'auront effectué au maximum que 3 changements par rapport à la liste initiale qu'ils se seront fixés lors de l'inscription.


Challenge "ABC 2013 - Littératures de l'imaginaire..."

liste non définitive

ANONYME, L'Oeil de la Lune (fantastique)
B ISHOP Ann, Fille de sang (fantasy)
B RUSSOLO Serge, Le Roi Squelette - l'intégrale (fantasy) 5ème changement 14/26
laude NEIX, Pirates : L'intégrale (SF) 1ère tricherie 4/26
D EL SOCORRO Jean-Laurent, Royaume de vent et de colère (fantasy)
D EE Bonnie, Le Précepteur (fantastique) 3ème changement 8/26 
E BLY Philippe, Volontaires pour l'inconnu (fantastique) 11/26
F ETJAINE Jean-Louis, Lliane (fantasy)
G ODDYN Régis, Le Sang des 7 Rois, tome 1 (fantasy)
G abriel KATZ, La part des ombres, tome 1 (fantasy) 4ème changement 2ème tricherie 13/26
H UXLEY Aldous, Le meilleur des mondes (science-fiction)
H ERMAN Eleanor, Le Sang des Dieux et des Rois, tome 1 (fantasy) 2ème changement 5/26
I
J AMES Henry, Le Tour d'écrou (fantastique) 12/26
K NIGHT E.E., Dragon (fantasy) (9/26)
L AWHEAD Stephen, Merlin (fantasy) 1/26
M cKENZIE Nancy, Les sortilèges du désir (fantasy) 15/26
N IOGRET Justine, Mordred (fantasy)
O RWELL George, 1984 (science-fiction)
P ACAT C.S., Prince captif, tome 3 (fantasy) 7/26
Q uête de l'oiseau du temps (la), LE TENDRE & LOISEL (BD + 1è tricherie) (fantasy)
R
S ALVATORE R.A., Terre d'exil (fantasy) 2/26
T HREHOUT Sébastien,  La Table des Immortels, tome 1 (fantasy) 6/26
U
V ILLENEUVE Magali, L'enfant de Merehdian (fantasy)
V ADI Victoriane, Sortie des sables (fantasy) 1er changement 3/26
W ELLS H.G, La Machine à explorer le temps (science-fiction)
X COLLECTIF, De Brocéliande en Avalon (fantasy)
Y
Z IMMER BRADLEY Marion, Les Dames du Lac (fantasy) (10/26)

Nord et Sud d'Elizabeth Gaskell

Nord et Sud d'Elizabeth Gaskell

fiche détaillée

 Auteur > Elizabeth Gaskell
Editeur > Fayard
Genre > classique, roman industriel
Date de parution > 1855 pour l'édition originale,  2005 pour la présente édition
Titre original > North and South
Nombre de pages > 510
Traduction > de l'anglais par Françoise du Sorbier

auteur

 

Elizabeth GaskellFille et femme de pasteur, Elizabeth Gaskell (1810-1865) connaissait intimement la vie provinciale et les milieux industriels. Sa sensibilité aux questions sociales la porta à peindre avec sympathie la condition des opprimés de son temps : les ouvriers et les femmes. Proche de Charles Dickens, George Eliot et Charlotte Brontë, elle a occupé une place importante sur la scène littéraire victorienne. Les éditions Fayard ont publié Nord et Sud en 2005 et Les Amoureux de Sylvia en 2012.
Une jolie édition de Nord et Sud  est parue chez Points Seuil en 2005, avec un certain succès (plusieurs réimpressions et "coup de coeur" de la Fnac, en particulier).

quatrième de couverture

 C’est le choc de deux Angleterre que le roman nous invite à découvrir : le Sud, paisible, rural et conservateur, et le Nord, industriel, énergique et âpre. Entre les deux, la figure de l’héroïne, la jeune et belle Margaret Hale. Après un long séjour à Londres chez sa tante, elle regagne le presbytère familial dans un village du sud de l’Angleterre. Peu après son retour, son père renonce à l’Église et déracine sa famille pour s’installer dans une ville du Nord. Margaret va devoir s’adapter à une nouvelle vie en découvrant le monde industriel avec ses grèves, sa brutalité et sa cruauté. Sa conscience sociale s’éveille à travers les liens qu’elle tisse avec certains ouvriers des filatures locales, et les rapports difficiles qui l’opposent à leur patron, John Thornton.

En même temps qu’un étonnant portrait de femme dans l’Angleterre du milieu du XIXe siècle, Elizabeth Gaskell brosse ici une de ces larges fresques dont les romanciers victoriens ont le secret.

première phrase

"«Edith ! murmura Margaret, Edith !"

avis personnel

J'avais tellement entendu de bien de ce livre que j'en attendais sûrement beaucoup. Trop même. Car j'espérais inconsciemment retrouver le même emballement que lors de ma découverte d'un Jane Austen, d'un Charlotte Brontë ou sa soeur Emily voire Ann, d'un Edith Wharton, d'un W.M. Thackeray. Or, il n'en fut rien, et je ressors mitigée de ma lecture, même si dans l'ensemble je suis heureuse de cette découverte.

 Vu le sujet traité, je m'attendais à un mélange de Zola, pour la description du milieu ouvrier, et d'Austen pour celle de la vie sociale de l'héroïne, mais je n'ai retrouvé ni la profondeur du premier ni la causticité de la deuxième.

Alors que le thème des revendications ouvrières m'intéressaient, j'ai trouvé que le livre manquait de descriptions du milieu industriel de l’époque. J'aurais vraiment aimé que l'auteure développe davantage cet aspect-là. En plus, nous ne voyons les grévistes qu'à travers les yeux de Margaret Hale, l'héroïne, qui est certes animée de bons sentiments, mais un peu trop "paternalistes" à mon goût. Les explications sur les relations entre patrons et ouvriers semblaient vraiment un peu creuses par moment.

Pour ce qui est de l'histoire d'amour entre les deux protagonistes, je l'ai trouvée vraiment très mal amenée. Il n'y a aucune progression narrative : Margaret et Thornton, affublés tous les deux d'un orgueil démesuré et mal placé qui les sépare un temps (ce thème vous rappelle un roman ? c'est normal mais j'ai le regret de vous informer qu'il est ici traité avec beaucoup moins de talent qu'Orgueil et Préjugés !!) se tournent autour pendant tout le roman sans arriver à susciter chez le lecteur qu'un intérêt poli. Les sentiments des deux protagonistes sont pourtant bien décrits, mais leur cheminement vers un amour partagé si peu approfondi que l'on ne comprend pas ce qui les amène finalement à se déclarer l'un à l'autre. En outre, l'auteure cède à certaines facilités narratives qui frôlent parfois le ridicule : la grande scène où Margaret vole à son corps défendant au secours de Thornton durant la grève  n'aurait pas déparé dans un mauvais Harlequin ; de même, elle se dépêtre un peu trop facilement de l'enquête policière qui menace de la compromettre, pirouette cacahuète et hop, disparus les soupçons qui pèsent sur elle...

Concernant les personnages principaux, je n'ai pas réussi à m'attacher à eux ni à comprendre leurs réactions. Margaret et Thornton avaient beaucoup de potentiel que l'auteure a gâché selon moi. Margaret, malgré une tendance à la prétention assez agaçante, frôle un peu trop la perfection physique et morale pour nous toucher vraiment. Thornton, bien que profondément honnête et intègre, incarne trop les valeurs petites-bourgeoises, et c'est rédhibitoire pour moi, désolée...

Je n'ai jamais compris les raisons (dont la nature n'est jamais précisée) qui poussent le père de Margaret, le pasteur Hale, à abandonner sa charge ecclésiastique ni surtout à partir dans un endroit aussi peu attrayant. En outre, je l'ai trouvé faible, inconsistant et geignard, il m'a tapée sur les nerfs une bonne partie du roman.

Je passe sur la cousine de Margaret, parfaitement frivole et insipide, sur la mère de Margaret, qui a tendance à se plaindre, au début du roman, à propos de pacotilles.

Par contre, j'ai beaucoup aimé l'ouvrier Higgins et sa fille Bessy, ainsi que Frederick, le frère de Margaret et Mr Bell, l'ami bienfaiteur de la famille.

Pour conclure, un livre qui m'a un peu déçue malgré le thème prometteur du milieu industriel et ouvrier. Je m'attendais à un grand choc des cultures entre le nord et le sud de l'Angleterre mais cela reste vraiment trop anecdotique pour être vraiment marquant.  J'aurais aimé que l'auteure aille plus loin dans sa réflexion sociale, qu'elle soit moins édulcorée. En outre, je n'ai pas du tout été convaincue par l'histoire d'amour dont les ressorts narratifs cèdent un peu trop à la facilité, la fin étant d'ailleurs un peu trop abrupte par rapport au reste du roman qui comporte beaucoup de longueurs sur des passages dispensables...

Appréciation :

note : 3 sur 5

extrait

 Lorsque Mr Thornton avait quitté la maison ce matin-là, il était presque aveuglé par sa passion frustrée. Il se sentait pris de vertige, comme si Margaret, au lieu d'être une femme douce et distinguée dans son allure, ses propos et ses gestes, lui eût répondu telle une robuste harengère par un solide coup de poing. Il éprouvait une authentique douleur physique : un violent mal de tête assorti d'un pouls irrégulier qui battait très fort. Le bruit, la lumière crue, le mouvement et le vacarme permanents de la rue lui étaient insupportables. Il se dit qu'il était un imbécile de souffrir pareillement ; pourtant, il était incapable pour l'instant de se souvenir de la cause de sa souffrance, de juger si elle était à la juste mesure des conséquences qu'elle avait provoquées. Il eût trouvé du soulagement à s'asseoir sur le pas d'une porte et à sangloter, tel un petit enfant éploré qui trépigne et s'insurge contre un mal qu'on lui a fait. Il se dit qu'il détestait Margaret, mais une bouffée d'amour, aiguë et violente, transperça comme l'éclair sa révolte sourde et menaçante cependant même qu'il formulait ses paroles de haine. Il trouvait surtout du réconfort à chérir on tourment, sachant, ainsi qu'il le lui avait dit, qu'elle aurait beau le mépriser, le rejeter, le traiter avec son indifférence souveraine, elle ne le ferait pas changer d'un iota. Elle n'en avait pas le pouvoir. Il l'aimait et continuerait de l'aimer, malgré elle et malgré cette misérable douleur physique.
(page 243)

divers

Challenge "Les filles de Mrs Bennet" (jusqu'au 31 août 2016)
Challenge organisé parDeedee1310 (3/12)

Challenge "Un classique par mois"

Challenge organisé par Pr Platypus (1/12)

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