vendredi 31 janvier 2014

L'Odyssée d'Homère


 Fiche détaillée

 Auteur > Homère
Editeur > Le Livre de poche
Genre > épopée, classique
Date de parution > écrit entre 850 et 750 avant notre ère , paru en 2004 pour la présente édition
Titre original > Ὀδύσσεια / Odússeia
Nombre de pages >   477 pages
Traduction > du grec ancien par Victor Bérard

auteur
(sources : Vikipédia)

L'Iliade d'Homère

Homère (en grec ancien Ὅμηρος / Hómêros) est le plus ancien poète grec dont nous pouvons lire les œuvres. C'est un aède. Il aurait vécu au IXe siècle av. J.-C.. Ses longs poèmes, l’Iliade (plus de 15 000 vers), l’Odyssée (12 000 vers), étaient enseignés aux enfants et récités lors des fêtes solennelles comme les Grandes Panathénées d'Athènes. Pour les Grecs de l'Antiquité, Homère serait né au IXe siècle av. J.-C.. Chios, Smyrne, Colophon, cités grecques d'Ionie, se disputaient l'honneur d'être sa ville natale. On ne sait pas quand, ni où il est mort. Certains le font mourir dans l'île d'Ios.
Les Grecs l'imaginaient aveugle, ce qui est une caractéristique fréquemment attribuée aux aèdes et aux devins, à cette époque. Les Grecs pensaient que la cécité permettait d'augmenter la mémoire et était la marque d'un talent pour la divination.
Pendant longtemps, il a été appelé « le Poète ». C'est à l'époque des Pisistratides, à la fin du VIe siècle av. J.-C., que les poèmes de l'Iliade et de l'Odyssée lui sont attribués, faisant de lui une personne réelle.

L'existence réelle d'Homère a été remise en cause au XVIIe siècle siècle .
Pour les spécialistes de la littérature grecque ancienne, l'Iliade et l'Odyssée seraient une collection de poèmes que des récitants (les aèdes) se transmettaient oralement depuis longtemps, chacun d'entre eux rajoutant des variantes destinées à captiver leur auditoire. On peut déceler une origine orale des poèmes grâce à la présence de procédés poétiques répétitifs comme les qualificatifs de certains personnages « Héra la déesse aux bras blancs » ou « Achille aux pieds légers ». Ces procédés permettraient au récitant de baliser son intervention.
Les différents ajouts expliquent aussi des incohérences lorsqu'on présente un fait comme nouveau alors qu'il a été déjà raconté auparavant. La langue dans laquelle l'Iliade et l'Odyssée sont écrites est aussi très ancienne par rapport à la période où Homère était censé vivre. C'est un mélange de deux dialectes grecs, l'ionien et l'éolien (indice que le texte viendrait de plusieurs sources), auxquels s'ajoutent des traces de la langue attique.
La théorie la plus couramment admise aujourd'hui est que l’Iliade et l’Odyssée ont été composées par un ou deux poètes qui ont regroupé des récits anciens. L’Iliade aurait été composée entre 850 av. J.-C. et 750 av. J.-C. et l’Odyssée à la fin des années 700 av. J.-C..

quatrieme de couverture

Histoire d'amour et de mer d'une poésie incomparable, L'Odyssée est le symbole de la destinée humaine ballottée d'écueil en écueil. Après la guerre de Troie que célèbre Homère dans L'Iliade, Ulysse, l'un des chefs grecs, a offensé Poséidon. La colère du dieu est si grande qu'il déchaîne contre lui tempêtes, déesses ensorcelantes et magiciennes. Ulysse mettra vingt ans à rentrer à Ithaque.
Le voyageur errant sur la Méditerranée, l'homme aux mille ruses, la fidèle Pénélope, le cyclope mangeur d'hommes, les îles bouillonnantes de Charybde et Scylla existaient déjà. Homère s'est inspiré de légendes orales de la Grèce ancienne qui remontent au XVè siècle avant Jésus-Christ. Il les immortalisa et inventa la belle Nausicaa aux bras blancs.
Homère est le poète de la naissance du monde. Le monde apparaît à l'homme et Homère chante.

première phrase

"C'est l'Homme aux mille tours, Muse, qu'il me faut dire, Celui qui tant erra quand, de Troade, il eut pillé la ville sainte, Celui qui visita les cités de tant d'hommes et connut leur esprit, Celui qui, sur les mers, passa tant d'angoisses, en luttant pour survivre et ramener ses gens."

avis personnel

Vous avouerai-je que j'ai fini ce livre depuis trois bonnes semaines, et que je n'avais pas jusqu'ici réussi à écrire la 1ère phrase du 1er paragraphe de cette chronique ? Vous en déduisez quoi, alors ? La même chose que moi, hein !...

Bon, que dire ? Contrairement à L'Iliade, je n'avais encore jamais lu L'Odyssée, même en version abrégée... Bien sûr, je connaissais déjà l'histoire à travers différents livres sur la mythologie grecque... et à travers le dessin animé de mon adolescence, Ulysse 31 !

Désolée, mais je ne peux m'empêcher d'en fredonner les premières mesures :

A travers les cieux
L'Espace et le temps
Un vaisseau s'en vient, Uly-y-y-sse
Contrôlés des Dieux, des pièges géants
C'est l'Odysséus, Uly-y-y-sse

   Ulysse revient
   Et c'est un bien long chemin
   Ulysse revient
   Il lutte pour son destin.

Et moi, je lutte pour écrire ce billet... 😅

Vous le sentez comme moi que ça va être laborieux, hein ?
Mais revenons à l'Ulysse original. Comme Purplevelvet, je l'ai trouvé profondément antipathique. Les jeunes aujourd'hui diraient de lui que c'est un mytho ! Grave même... Car Ulysse ment comme il respire. Et s'il ne faisait que mentir, on arriverait à s'en accommoder... (ou pas). Mais il vole également. Et il vole comme il ment. Enfin, peut-être pas aussi souvent, mais ce vice-là  est à l'origine de tous ses malheurs. Car il en a des malheurs, Ulysse. Non content d'avoir combattu pendant 10 ans sous les remparts de Troie, il met encore 10 ans à rentrer dans son royaume d'Ithaque, poursuivi par la colère du dieu Poséidon dont il a aveuglé le fils Polyphème (l'ironie de la situation, c'est qu'il aurait pu échapper à cette vengeance divine, si, dans un malheureux accès d'arrogance, il n'avait pas lui-même éventé sa propre ruse....). Ah oui, tiens, en parlant de ruse, celle-ci est une spécialité de notre héros. Même que c'est pour cette raison qu'Athéna l'aime tant et le protège ! Oui, la déesse vierge admire sa sagesse et sa piété, et sans elle, Poséidon aurait décrété la mort d'Ulysse depuis longtemps.
Apparemment, les Grecs de l'Antiquité adoraient également le personnage d'Ulysse : ils étaient sûrement touchés par le refus d'Ulysse d'accéder à l'immortalité que lui offrait Cassiopé, taraudé par son désir de retrouver son île et sa femme.
Ce qui rend ensuite sa décision, enfin débarqué dans sa patrie, de garder son incognito dans le but de tester son fils Télémaque puis son épouse Pénélope d'autant plus incompréhensible (et cruelle) : pensez, Pénélope et Télémaque souffrent depuis 4 ans des manigances de plus en plus menaçantes des prétendants !
Alors que durant 20 ans, Pénélope a été une épouse absolument irréprochable (on ne sait même pas si elle s'est laissé aller à recourir au fameux objet en cuir qu'utilise Myrrhine dans le Lysistrata d'Aristophane ! ). Parce qu'Ulysse, de son côté, ne s'embarrasse guère de scrupules pour céder aux élans de la chair, hein ! Quand ce ne sont pas les servantes de ses hôtes, ce sont des immortelles "à la voix humaine"qui le consolent charnellement, rien que ça...

Alors, au vu de ces reproches, vous vous dites sûrement que je n'ai pas aimé L'Odyssée ? Eh bien, pas du tout... J'ai beaucoup aimé cette épopée qui nous offre le récit mouvementé d'un voyage rempli d'aventures et de créatures mythologiques ainsi que des passages très émouvants (notamment celui où Ulysse rencontre aux Enfers ses chers disparus) !
Je pense que la traduction de Victor Bérard m'a un peu rebutée. Ainsi que le personnage d'Ulysse (je lui préfère encore Achille dans L'Iliade qui a pourtant tué mon chouchou et profané son corps, c'est pour dire ! ) !!

Bref, j'ai bien aimé la manière dont ce poème était construit, avec des allers-retours dans le temps et des histoires enchâssées, même si parfois, il est un peu ardu de s'y retrouver.
Au début du poème, on apprend qu'Ulysse est prisonnier de Calypso qui souhaite l'épouser (il n'est toujours pas rentré chez lui, contrairement à d'autres rois grecs comme Nestor, Néoptolème le fils d'Achille et ses Myrmidons, Idomène et ses Crétois).
Télémaque entreprend, sur les conseils d'Athéna, un voyage à travers une partie de la Grèce pour recueillir des nouvelles de son père. Il rencontre Nestor, puis Ménélas et sa femme Hélène qui lui confesse : " (...) je lui promis avec le plus fort des serments de ne pas révéler la présence d'Ulysse, avant qu'il eût rejoint les croiseurs et les tentes ; alors il m'expliqua le plan des Achéens ; puis, de son long poignard, il fit un grand massacre en ville et retourna porter aux Argiens sa charge de nouvelles. Alors, Troie retentit du cri des autres femmes. Mais, moi, c'était la joie que j'avais dans le coeur ! Déjà mes voeux changés me ramenaient ici, et combien je pleurais la folie qu'Aphrodite avait mise en mon coeur pour m'entraîner là-bas, loin du pays natal, et me faire quitter ma fille, mes devoirs d'épouse et un mari dont la mine ou l'esprit ne le cède à personne !" (page 69). On a envie de dire : tout ça pour ça ! Avouez qu'Hélène a un comportement de garce...
Dans cette première partie, on apprend le sort funeste de nombreux guerriers sur le chemin du retour ou une fois chez eux  :
♦ Agamemnon et Cassandre ont été assassinés par la femme du 1er et l'amant de celle-ci
♦ Ajax est mort sur le retour pour avoir blasphémé contre Athéna
♦ Achille est mort dans la ville de Troie

Dans la deuxième partie, Ulysse fait son apparition au chant V. Après huit années chez Calypso, celle-ci, sur ordre des dieux, laisse repartir son amant, qui échoue chez les Phéaciens.
Lors d'un banquet donné en son honneur, l'aède entreprend le chant de plusieurs histoires :
♦ la querelle d'Ulysse et Achille au temps de la guerre de Troie
♦ les adultères d'Arès et d'Aphrodite
♦ le récit du cheval de Troie
Puis Ulysse raconte ses péripéties depuis son départ de Troie.

La troisième partie narre l'arrivée d'Ulysse dans sa patrie puis sa vengeance implacable contre les prétendants, avec les épisodes de son vieux chien qui meurt après l'avoir reconnu, celui de la nourrice qui le reconnaît à son tour grâce à une cicatrice, celui de l'épreuve de l'arc...

Pour conclure, L'Odyssée est un récit palpitant au coeur de la Grèce antique, avec son lot d'aventures terrifiantes et d'épisodes merveilleux. Même si je n'ai pas apprécié le héros (qui donne son nom à cette épopée, car Odysseus est le nom grec d'Ulysse) et lui ai préféré son fils Télémaque, on est tout de même touché par son désir constant de retrouver les siens, et le courage dont il fait preuve pour surmonter les épreuves envoyées par les dieux. Et le passage avec l'invocation m'a énormément touchée (on se dit d'ailleurs qu'un homme qui aime autant sa mère n'est finalement pas si mauvais bougre que cela...)

Et pour nous récompenser, moi d'être arrivée au bout de ma chronique, vous au bout de cette lecture, une petite chanson pour la route !!  Allez, tous en choeur...

U-u-lysse U-u-ly-y-sse
Au milieu de la galaxi-i-e
Comme le feu, il traverse le temps.

Uly-y-y-sse Uly-y-y-sse
Tu t'envoles au bout de la nuit,
Tu es roi, au milieu des géants.

   Uly-y-y-sse
   Guidé par la paix la vérité
   Uly-y-y-sse
   Meme les dieux ne pourront t'arrêter.
   Uly-y-y-sse
   D'univers en galaxies
   Tu erres, tu erres à la recherche de la Terre.

Appréciation :

note : 4 sur 5

extrait

page 204 :
" (...) Et moi si je suis morte, ce n'est pas autrement que j'ai subi le sort. Ce n'est pas la langueur, ce n'est pas le tourment de quelque maladie qui me fit rendre l'âme : c'est le regret de toi, c'est le souci de toi, c'est, ô mon noble Ulysse ! c'est ta tendresse même qui m'arracha la vie à la douceur de miel.
Elle disait et moi, à force d'y penser, je n'avais qu'un désir : serrer entre mes bras l'ombre de feu ma mère... Trois fois, je m'élançai ; tout mon coeur la voulait. Trois fois, entre mes mains, ce ne fut plus qu'une ombre ou qu'un songe envolé. L'angoisse me poignait plus avant dans le coeur.
Je lui dis, élevant la voix, ces mots ailés :
- Mère, pourquoi me fuir, lorsque je veux te prendre ? que, du moins chez Hadès, nous tenant embrassés, nous goûtions, à nous deux, le frisson des sanglots !"

divers

Lecture commune

Lecture commune organisée par Nelcie.
D'autres billetsNelcie ♦ La folie des grandeurs ♦ Tomisika ♦ Kllouche ♦

Challenge "L'Odyssée grecque"

Challenge "L'Odyssée grecque" : 11/100
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Ma 19ème participation au challenge de Myrtille -

Challenge "Un classique par mois"

Le  classique du mois de janvier pour le challenge organisé par Stephie.

 

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L'Odyssée d'Homère

L'Odyssée d'Homère

 Fiche détaillée

 Auteur > Homère
Editeur > Le Livre de poche
Genre > épopée, classique
Date de parution > écrit entre 850 et 750 avant notre ère , paru en 2004 pour la présente édition
Titre original > Ὀδύσσεια / Odússeia
Nombre de pages >   477 pages
Traduction > du grec ancien par Victor Bérard

auteur
(sources : Vikipédia)

L'Iliade d'Homère

Homère (en grec ancien Ὅμηρος / Hómêros) est le plus ancien poète grec dont nous pouvons lire les œuvres. C'est un aède. Il aurait vécu au IXe siècle av. J.-C.. Ses longs poèmes, l’Iliade (plus de 15 000 vers), l’Odyssée (12 000 vers), étaient enseignés aux enfants et récités lors des fêtes solennelles comme les Grandes Panathénées d'Athènes. Pour les Grecs de l'Antiquité, Homère serait né au IXe siècle av. J.-C.. Chios, Smyrne, Colophon, cités grecques d'Ionie, se disputaient l'honneur d'être sa ville natale. On ne sait pas quand, ni où il est mort. Certains le font mourir dans l'île d'Ios.
Les Grecs l'imaginaient aveugle, ce qui est une caractéristique fréquemment attribuée aux aèdes et aux devins, à cette époque. Les Grecs pensaient que la cécité permettait d'augmenter la mémoire et était la marque d'un talent pour la divination.
Pendant longtemps, il a été appelé « le Poète ». C'est à l'époque des Pisistratides, à la fin du VIe siècle av. J.-C., que les poèmes de l'Iliade et de l'Odyssée lui sont attribués, faisant de lui une personne réelle.

L'existence réelle d'Homère a été remise en cause au XVIIe siècle siècle .
Pour les spécialistes de la littérature grecque ancienne, l'Iliade et l'Odyssée seraient une collection de poèmes que des récitants (les aèdes) se transmettaient oralement depuis longtemps, chacun d'entre eux rajoutant des variantes destinées à captiver leur auditoire. On peut déceler une origine orale des poèmes grâce à la présence de procédés poétiques répétitifs comme les qualificatifs de certains personnages « Héra la déesse aux bras blancs » ou « Achille aux pieds légers ». Ces procédés permettraient au récitant de baliser son intervention.
Les différents ajouts expliquent aussi des incohérences lorsqu'on présente un fait comme nouveau alors qu'il a été déjà raconté auparavant. La langue dans laquelle l'Iliade et l'Odyssée sont écrites est aussi très ancienne par rapport à la période où Homère était censé vivre. C'est un mélange de deux dialectes grecs, l'ionien et l'éolien (indice que le texte viendrait de plusieurs sources), auxquels s'ajoutent des traces de la langue attique.
La théorie la plus couramment admise aujourd'hui est que l’Iliade et l’Odyssée ont été composées par un ou deux poètes qui ont regroupé des récits anciens. L’Iliade aurait été composée entre 850 av. J.-C. et 750 av. J.-C. et l’Odyssée à la fin des années 700 av. J.-C..

quatrieme de couverture

Histoire d'amour et de mer d'une poésie incomparable, L'Odyssée est le symbole de la destinée humaine ballottée d'écueil en écueil. Après la guerre de Troie que célèbre Homère dans L'Iliade, Ulysse, l'un des chefs grecs, a offensé Poséidon. La colère du dieu est si grande qu'il déchaîne contre lui tempêtes, déesses ensorcelantes et magiciennes. Ulysse mettra vingt ans à rentrer à Ithaque.
Le voyageur errant sur la Méditerranée, l'homme aux mille ruses, la fidèle Pénélope, le cyclope mangeur d'hommes, les îles bouillonnantes de Charybde et Scylla existaient déjà. Homère s'est inspiré de légendes orales de la Grèce ancienne qui remontent au XVè siècle avant Jésus-Christ. Il les immortalisa et inventa la belle Nausicaa aux bras blancs.
Homère est le poète de la naissance du monde. Le monde apparaît à l'homme et Homère chante.

première phrase

"C'est l'Homme aux mille tours, Muse, qu'il me faut dire, Celui qui tant erra quand, de Troade, il eut pillé la ville sainte, Celui qui visita les cités de tant d'hommes et connut leur esprit, Celui qui, sur les mers, passa tant d'angoisses, en luttant pour survivre et ramener ses gens."

avis personnel

Vous avouerai-je que j'ai fini ce livre depuis trois bonnes semaines, et que je n'avais pas jusqu'ici réussi à écrire la 1ère phrase du 1er paragraphe de cette chronique ? Vous en déduisez quoi, alors ? La même chose que moi, hein !...

Bon, que dire ? Contrairement à L'Iliade, je n'avais encore jamais lu L'Odyssée, même en version abrégée... Bien sûr, je connaissais déjà l'histoire à travers différents livres sur la mythologie grecque... et à travers le dessin animé de mon adolescence, Ulysse 31 !

Désolée, mais je ne peux m'empêcher d'en fredonner les premières mesures :

A travers les cieux
L'Espace et le temps
Un vaisseau s'en vient, Uly-y-y-sse
Contrôlés des Dieux, des pièges géants
C'est l'Odysséus, Uly-y-y-sse

   Ulysse revient
   Et c'est un bien long chemin
   Ulysse revient
   Il lutte pour son destin.

Et moi, je lutte pour écrire ce billet...

Vous le sentez comme moi que ça va être laborieux, hein ?
Mais revenons à l'Ulysse original. Comme Purplevelvet, je l'ai trouvé profondément antipathique. Les jeunes aujourd'hui diraient de lui que c'est un mytho ! Grave même... Car Ulysse ment comme il respire. Et s'il ne faisait que mentir, on arriverait à s'en accommoder... (ou pas). Mais il vole également. Et il vole comme il ment. Enfin, peut-être pas aussi souvent, mais ce vice-là  est à l'origine de tous ses malheurs. Car il en a des malheurs, Ulysse. Non content d'avoir combattu pendant 10 ans sous les remparts de Troie, il met encore 10 ans à rentrer dans son royaume d'Ithaque, poursuivi par la colère du dieu Poséidon dont il a aveuglé le fils Polyphème (l'ironie de la situation, c'est qu'il aurait pu échapper à cette vengeance divine, si, dans un malheureux accès d'arrogance, il n'avait pas lui-même éventé sa propre ruse....). Ah oui, tiens, en parlant de ruse, celle-ci est une spécialité de notre héros. Même que c'est pour cette raison qu'Athéna l'aime tant et le protège ! Oui, la déesse vierge admire sa sagesse et sa piété, et sans elle, Poséidon aurait décrété la mort d'Ulysse depuis longtemps.
Apparemment, les Grecs de l'Antiquité adoraient également le personnage d'Ulysse : ils étaient sûrement touchés par le refus d'Ulysse d'accéder à l'immortalité que lui offrait Cassiopé, taraudé par son désir de retrouver son île et sa femme.
Ce qui rend ensuite sa décision, enfin débarqué dans sa patrie, de garder son incognito dans le but de tester son fils Télémaque puis son épouse Pénélope d'autant plus incompréhensible (et cruelle) : pensez, Pénélope et Télémaque souffrent depuis 4 ans des manigances de plus en plus menaçantes des prétendants !
Alors que durant 20 ans, Pénélope a été une épouse absolument irréprochable (on ne sait même pas si elle s'est laissé aller à recourir au fameux objet en cuir qu'utilise Myrrhine dans le Lysistrata d'Aristophane ! ). Parce qu'Ulysse, de son côté, ne s'embarrasse guère de scrupules pour céder aux élans de la chair, hein ! Quand ce ne sont pas les servantes de ses hôtes, ce sont des immortelles "à la voix humaine"qui le consolent charnellement, rien que ça...

Alors, au vu de ces reproches, vous vous dites sûrement que je n'ai pas aimé L'Odyssée ? Eh bien, pas du tout... J'ai beaucoup aimé cette épopée qui nous offre le récit mouvementé d'un voyage rempli d'aventures et de créatures mythologiques ainsi que des passages très émouvants (notamment celui où Ulysse rencontre aux Enfers ses chers disparus) !
Je pense que la traduction de Victor Bérard m'a un peu rebutée. Ainsi que le personnage d'Ulysse (je lui préfère encore Achille dans L'Iliade qui a pourtant tué mon chouchou et profané son corps, c'est pour dire ! ) !!

Bref, j'ai bien aimé la manière dont ce poème était construit, avec des allers-retours dans le temps et des histoires enchâssées, même si parfois, il est un peu ardu de s'y retrouver.
Au début du poème, on apprend qu'Ulysse est prisonnier de Calypso qui souhaite l'épouser (il n'est toujours pas rentré chez lui, contrairement à d'autres rois grecs comme Nestor, Néoptolème le fils d'Achille et ses Myrmidons, Idomène et ses Crétois).
Télémaque entreprend, sur les conseils d'Athéna, un voyage à travers une partie de la Grèce pour recueillir des nouvelles de son père. Il rencontre Nestor, puis Ménélas et sa femme Hélène qui lui confesse : " (...) je lui promis avec le plus fort des serments de ne pas révéler la présence d'Ulysse, avant qu'il eût rejoint les croiseurs et les tentes ; alors il m'expliqua le plan des Achéens ; puis, de son long poignard, il fit un grand massacre en ville et retourna porter aux Argiens sa charge de nouvelles. Alors, Troie retentit du cri des autres femmes. Mais, moi, c'était la joie que j'avais dans le coeur ! Déjà mes voeux changés me ramenaient ici, et combien je pleurais la folie qu'Aphrodite avait mise en mon coeur pour m'entraîner là-bas, loin du pays natal, et me faire quitter ma fille, mes devoirs d'épouse et un mari dont la mine ou l'esprit ne le cède à personne !" (page 69). On a envie de dire : tout ça pour ça ! Avouez qu'Hélène a un comportement de garce...
Dans cette première partie, on apprend le sort funeste de nombreux guerriers sur le chemin du retour ou une fois chez eux  :
♦ Agamemnon et Cassandre ont été assassinés par la femme du 1er et l'amant de celle-ci
♦ Ajax est mort sur le retour pour avoir blasphémé contre Athéna
♦ Achille est mort dans la ville de Troie

Dans la deuxième partie, Ulysse fait son apparition au chant V. Après huit années chez Calypso, celle-ci, sur ordre des dieux, laisse repartir son amant, qui échoue chez les Phéaciens.
Lors d'un banquet donné en son honneur, l'aède entreprend le chant de plusieurs histoires :
♦ la querelle d'Ulysse et Achille au temps de la guerre de Troie
♦ les adultères d'Arès et d'Aphrodite
♦ le récit du cheval de Troie
Puis Ulysse raconte ses péripéties depuis son départ de Troie.

La troisième partie narre l'arrivée d'Ulysse dans sa patrie puis sa vengeance implacable contre les prétendants, avec les épisodes de son vieux chien qui meurt après l'avoir reconnu, celui de la nourrice qui le reconnaît à son tour grâce à une cicatrice, celui de l'épreuve de l'arc...

Pour conclure, L'Odyssée est un récit palpitant au coeur de la Grèce antique, avec son lot d'aventures terrifiantes et d'épisodes merveilleux. Même si je n'ai pas apprécié le héros (qui donne son nom à cette épopée, car Odysseus est le nom grec d'Ulysse) et lui ai préféré son fils Télémaque, on est tout de même touché par son désir constant de retrouver les siens, et le courage dont il fait preuve pour surmonter les épreuves envoyées par les dieux. Et le passage avec l'invocation m'a énormément touchée (on se dit d'ailleurs qu'un homme qui aime autant sa mère n'est finalement pas si mauvais bougre que cela...)

Et pour nous récompenser, moi d'être arrivée au bout de ma chronique, vous au bout de cette lecture, une petite chanson pour la route !! Allez, tous en choeur...

U-u-lysse U-u-ly-y-sse
Au milieu de la galaxi-i-e
Comme le feu, il traverse le temps.

Uly-y-y-sse Uly-y-y-sse
Tu t'envoles au bout de la nuit,
Tu es roi, au milieu des géants.

   Uly-y-y-sse
   Guidé par la paix la vérité
   Uly-y-y-sse
   Meme les dieux ne pourront t'arrêter.
   Uly-y-y-sse
   D'univers en galaxies
   Tu erres, tu erres à la recherche de la Terre.

Appréciation :

note : 4 sur 5

extrait

page 204 :
" (...) Et moi si je suis morte, ce n'est pas autrement que j'ai subi le sort. Ce n'est pas la langueur, ce n'est pas le tourment de quelque maladie qui me fit rendre l'âme : c'est le regret de toi, c'est le souci de toi, c'est, ô mon noble Ulysse ! c'est ta tendresse même qui m'arracha la vie à la douceur de miel.
Elle disait et moi, à force d'y penser, je n'avais qu'un désir : serrer entre mes bras l'ombre de feu ma mère... Trois fois, je m'élançai ; tout mon coeur la voulait. Trois fois, entre mes mains, ce ne fut plus qu'une ombre ou qu'un songe envolé. L'angoisse me poignait plus avant dans le coeur.
Je lui dis, élevant la voix, ces mots ailés :
- Mère, pourquoi me fuir, lorsque je veux te prendre ? que, du moins chez Hadès, nous tenant embrassés, nous goûtions, à nous deux, le frisson des sanglots !"

divers

Lecture commune

Lecture commune organisée par Nelcie.
D'autres billetsNelcie ♦ La folie des grandeurs ♦ Tomisika ♦ Kllouche ♦

Challenge "L'Odyssée grecque"

Challenge "L'Odyssée grecque" : 11/100
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Ma 19ème participation au challenge de Myrtille -

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Le  classique du mois de janvier pour le challenge organisé par Stephie.

 

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jeudi 30 janvier 2014

Les Larmes de Freyja de Pierre Efratas - Sagas des Neuf Mondes, tome 1

Ls Larmes de Freyja de Pierre Efratas - Sagas des Neuf Mondes, tome 1

Merci à

Livraddict

et à

flammèche éditions

pour ce partenariat !

 

Fiche détaillée

Auteur > Pierre Efratas
Editeur > Flammèche
Genre > Nouvelle fantasy, mythologie
Date de parution > 2013
Format > ePub
Poids du fichier > 2,23 Mo (25 pages)

auteur

Pierre EfratasNé en 1951 à Bruxelles et vivant en Normandie, Pierre Efratas est un romancier, nouvelliste et conteur de langue française. Passionné par l’écriture depuis bien longtemps, ce sera finalement sa rencontre avec l’univers du maître de la fantasy J.R.R.Tolkien, en 1980, qui lui ouvrira les portes de l’Imaginaire.

En 2006, son roman Hrólf le Vagabond fut récompensé du prix Reine Mathilde.

 

quatrieme de couverture

Ces histoires furent contées à la cour de Halfdan III le Noir, roi du Vestfold, par un scalde nommé Bjarni Olofsson.

La lyre de Bjarni s’est éteinte depuis longtemps, mais quand souffle le vent du Nord, tendez bien l’oreille : il vous emmènera dans les neuf mondes où vivent les dieux, les humains, les créatures étranges, l’aventure, la magie, l’amour et, parfois, l’humour. Alors frémiront pour vous les feuilles immémoriales d’Yggdrasil, le frêne cosmique.

Écoutez…

Écoutez l’histoire de Freyja qui, pour le plus beau des bijoux, dut payer le prix des larmes.

première phrase

"Grand roi, nobles jarls, femmes et hommes libres, merci d'être venus si nombreux."

avis personnel

 Tout d'abord, merci à Livraddict et aux éditions Flammèche pour ce partenariat.

Je dois dire que la couverture de cet ouvrage avait attiré mon attention, et le synopsis avait fini par attiser ma curiosité. Aussi, quand j'ai reçu cet eBook, quelle ne fut pas ma surprise de découvrir que cette histoire ne comportait que 25 pages ! J'ai même cru à un moment que ma liseuse buggait, que le fichier était corrompu,  mais non, il s'agissait en fait d'une nouvelle ! 

A peine décontenancée par cette découverte, je me suis donc plongée dans cette histoire où, d'entrée, de jeu, le lecteur est directement interpelé par le narrateur, qui n'est autre que Bjarni Olofsson, un scalde (entendez barde) du roi Halfdan. Ce procédé est totalement immersif, car on a l'impression de faire partie de cette cour royale où s'est pressée une foule avide de beaux contes...

Ce premier volet s'attache donc aux mésaventures de la déesse Frejya qui aime un peu trop l'amour et les beaux bijoux, et qui va être punie de ses péchés de la plus cruelle des manières.
Cette punition se déroule en deux temps : tout d'abord le moyen dégradant qu'elle est obligée d'employer auprès des quatre nains pour obtenir le Brísingamen, ce collier que la dextérité de leur race en matière d'orfèvrerie a rendu parfait; ensuite, le sacrifice qu'elle est obligée de consentir pour pouvoir le garder...

Pierre Efratas nous invite à une tragédie digne des grandes mythologies, où dieux et déesses souffrent des pires défauts : jalousie, convoitise, fourberie, malveillance, libertinage, trahison... Bien sûr, les humains sont les premières victimes des désirs égoïstes de ces divinités qui entraînent souffrance et mort sur la terre des hommes, le Midgard...

Le style de l'auteur est vivant et pétillant, parsemé de touches d'humour, convenant au type de narration. Mais le récit n'échappe pas à certains défauts inhérents au genre : bien que les descriptions de Pierre Efratas soient très évocatrices, on se sent parfois frustré que certains passages ne soient pas plus développés, mais ce fut une lecture très agréable, d'autant qu'elle m'a permis d'approfondir un peu plus mes connaissances imparfaites sur la mythologie nordique ...

Appréciation :

note : 3 sur 5

extrait

 page 11 :

"La dernière folie de Freyja s’appelait Fergill, un jeune homme de vingt-trois ans, aussi prompt à ravager un lit dans sa rage d’amour qu’à briser les boucliers de ses ennemis sous la force effroyable de son épée. De ceci, n’allez cependant pas conclure que c’était une brute aussi stupide que limitée, tout juste bonne à répandre les plaies et les bosses et à servir d’étalon de concours aux belles dames.    
Non ! Fergill était équipé de quelques dispositifs plaisant terriblement aux femmes et aux déesses : il était sensible, intelligent, délicat, prévenant et très rieur. C’est pourquoi, d’ailleurs, on l’appelait Fergill au doux sourire. Il chantait juste, et lorsque ses longs cheveux blonds virevoltaient dans le vent au rythme de son chant, les valkyries qui, sous leurs grandes cuirasses, cachent un petit cœur tout mignon, venaient l’écouter en secret. A en juger par la couleur de leurs pommettes, elles y prenaient grand plaisir, et ainsi, lorsque Fergill combattait, elles l’aidaient secrètement."

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