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mardi 25 juillet 2017

[Lecture commune] Le Trône de fer de George R.R. Martin - Intégrale tomes 1 à 5


Salut à toi vagabond, mendiant, ou noble bâtard !

Alors que j'ai lu les tomes 1 à 12 (découpage français) avant la sortie de la série HBO, je n'ai depuis lors même pas commencé le dernier tome publié (alors que j'ai dans ma PAL l'intégrale tome 5 en  VO depuis 2013, en VF depuis 2015, et en ebook VO depuis 2014)...

Je me suis dit que cela ne pourrait que m'encourager à finir la saga en organisant cette LC, en la recommençant depuis le début... et qui sait ? The Winds of Winter sera peut-être sorti ou sur le point de l'être quand on arrivera à la fin de cette LC ? (on peut toujours rêver !! ^^)


Bref, n'hésitez pas à rejoindre cette Garde de Nuit livresque, frères et sœurs jurés, même si la garde sera longue et semée d'embûches ! Mais gaffe, toute désertion sera punie de mort !... mais nan, j'déconne ! reviendez mes petits corbacs...

Donc, pour ceux qui auraient le courage de tenter cette aventure avec moi, à quel rythme pensez-vous que nous devrions lire chaque intégrale ? Tous les deux mois ? Trois mois ? Quatre mois ?

J'éditerai ce message pour établir le calendrier et le nom des courageux participants !

Et n'oubliez pas ceci : Valar morghulis !

Alors, des aspirants patrouilleurs ?

Calendrier de lecture :

Intégrale tome 1 (VO : A Game of Thrones) : août - fin octobre
Intégrale tome 2 (VO : A Clash of Kings) : novembre 2017 - fin janvier 2018
Intégrale tome 3 (VO : A Storm of Swords) : février - fin mai 2018
Intégrale tome 4 (VO : A Feast for Crows) : juin - fin août 2018
Intégrale tome 5 (VO : A Dance with Dragons) : septembre - novembre 2018



Intégrale, tome 1 (2 tomes VF : Le trône de fer & Le donjon rouge)
Intégrale, tome 2 (3 tomes VF : La bataille des rois, L’Ombre maléfique & L’Invincible Forteresse)
Intégrale, tome 3 (4 tomes VF : Les Brigands / Intrigues à Port-Réal, L’Épée de feu, Les Noces pourpres & La Loi du régicide)
Intégrale, tome 4 (3 tomes VF : Le Chaos, Les Sables de Dorne & Un festin pour les corbeaux)
Intégrale, tome 5 (3 tomes VF : Le Bûcher d'un roi, Les Dragons de Meereen & Une danse avec les dragons)
Participants :

Intégrale 1 (31/10/17)
Alhena (à confirmer)
AliFantasque
Anibio
anna15
Bibliochat
cerisia
Celystine
Delphine.B
Fille de lune
flora34
Heo

Avis de Heo : Au niveau de l'histoire, elle m'a beaucoup plu mais c'était sans surprise puisque je connais bien la série et que je savais donc en m'y engageant de quoi ça parle. :p C'est un genre qui me plaît et qui fonctionne très bien sur moi, et je le savais dès le départ. J'ai trouvé le style d'écriture un peu lourd (phrases à rallonge et au découpage parfois étrange) mais tout de même bien lisible. Le vocabulaire est assez soutenu mais comme je l'ai lu sur liseuse, un petit clic pour avoir la définition alors ça ne m'a pas posé de problème ^^ En tout cas j'ai envie de lire la suite, et le début de la série étant très fidèle aux livres, j'ai surtout hâte de découvrir les points de divergence.
Ichmaglesen
Le-Gollum (à confirmer)
Lilie_a94
lilium
mamzellefrog
Noeliaa
Parthenia
Thrr-Gilag
vuhj
Zomento

Intégrale 2 (31/01/18)
AliFantasque
anna15
Bibliochat
Calou-Maë
Candyshy
Celystine
cerisia 
Ewatoppno
Fille de lune
flora34
Heo
Mermaid Queen
mistigris
Noeliaa
Intégrale 3 (31/05/2018)

Intégrale 4 (31/08/2018)
lemillefeuilles
Ritw

dimanche 30 avril 2017

Thyia de Sparte de Cristina Rodríguez



"- Ils arrivent, murmura Delphie en repoussant une mèche brune derrière son oreille."
Le désir de venger la mort de son frère tendrement aimé conduit Thyia, jeune citoyenne spartiate, à rejoindre l'armée sous les traits du serviteur d'Anaxagore, guerrier flamboyant, quelle hait de tout son cœur parce quelle le pense coupable de ce meurtre. Son travestissement lui ouvre les portes des quartiers des hommes et lui permet de comprendre mieux qui est son " maître ". Elle participe à la bataille des Thermopyles et part ensuite à la recherche de cet homme, qu'elle a appris à aimer, après qu'il eut été enlevé et réduit en esclavage.
J'avais découvert Thyia de Sparte à sa sortie, en 2004. La première et la quatrième de couverture m'avaient enthousiasmée, aussi, avais-je aussitôt acheté le bouquin que j'avais dévoré en deux jours. Quand on est fan d'histoire ancienne, difficile de résister à une telle tentation, surtout quand l'intrigue se déroule dans la Grèce ancienne du Vème siècle avant notre ère, période pas très souvent abordée en littérature à l'époque de mon achat... L'immersion avait été totale et le personnage d'Anaxagore juste "Rhââ lovely" !!!( En plus c'est un chevelu, que demander de plus ?...).
Du coup, quand ma binômette Cassie m'a proposée une lecture commune ai-je accepté avec un immense plaisir... d'autant que cela faisait des années que je ne l'avais pas relu (oui, j'adore lire et relire et re-relire les livres qui m'ont marquée, et celui-ci faisait parti de mes livres-doudou, avec Les Enfants de la Terre d' Auel).
J'ai donc savouré cette relecture. J'adore toujours autant le foisonnement de détails historiques qui s'intègrent parfaitement à l'histoire, nous immergeant complètement à cette époque lointaine, et ce, sans aucune lourdeur... 
Et j'ai bien sûr à nouveau succombé pour la belle brute blonde ! Comment résister à ce personnage fascinant et mystérieux ? Et pourtant, au début, le portrait qu'en donne l'héroïne n'est pas vraiment flatteur. Le lecteur est en effet tributaire de la vision toute personnelle que Thyia porte sur l'orgueilleux guerrier spartiate, qu'elle juge arriviste, violent et auquel elle ne pardonne pas l'influence néfaste qu'il semble exercer sur Brasidas, son frère chéri.
Des circonstances dramatiques vont pousser la jeune fille à entrer sous une fausse identité au service d'Anaxagore pour mieux l'approcher et s'en venger. Or, au contact de son nouveau maître et de ses familiers, elle va aller de cruelles désillusions en révélations fracassantes, qui vont ébranler profondément ses préjugés.
C'était absolument passionnant de découvrir la personnalité du Spartiate en même temps que sa plus fervente ennemie. Des pans de son passé et de ses rêves brisés nous sont révélés, le rendant terriblement attachant. 
Par contre, j'ai trouvé quelques longueurs dans la deuxième partie du roman, quand Anaxagore est enlevé et que ses amis se lancent à sa recherche. J'avais l'impression que tout s'enchaînait trop vite, rendant invraisemblables certaines situations ! 

Pour conclure, un roman palpitant qui nous transporte littéralement dans cette Sparte de l'Antiquité. A condition d'accepter le postulat de départ : une jeune fille travestie en homme arrive à vivre parmi des guerriers en jupette sans se faire démasquer (cela aurait été plus logique, vu l'époque et l'éducation spartiate, que le rôle de Thyia soit tenu par un jeune homme !). Personnellement, j'y ai adhéré sans conteste. Les personnages principaux comme secondaires ont tous quelque chose d'intéressant à montrer. J'ai d'ailleurs beaucoup apprécié Herpys et Méandre, deux protagonistes atypiques et attachants. 
Bref, une relecture délicieuse. Et franchement, cet Anaxagore, quel homme ! 💕

(sources : Amazon)
 Cristina Rodríguez
Cristina Rodríguez est née le 25 mai 1972.
Journaliste, scénariste de manga et romancière, cette Espagnole d'expression française s'est fait une réputation de spécialiste du Haut-Empire romain au fil des années et des livres.
Biographe de Caligula et de Néron, célèbre pour ses romans historiques et ses nombreux articles sur la numismatique, Cristina Rodríguez est aussi, sous le pseudonyme de Claude Neix, une icône du YAOI dans le milieu du manga français.
sa page Facebook -


Ma 76ème participation au challenge de Lynnae - rencontre avec Léonidas et Artémise
Challenge "L'Odyssée grecque"
 Challenge "L'Odyssée grecque" : 21/100

https://parthenia27.blogspot.fr/2016/11/challenge-litterature-lgbt-2-organise.html 
Ma 8è participation au challenge de Ichmagbücher -  liaisons gays et lesbiennes

Meurtres sur le Palatin de Cristina Rodríguez - Une enquête de Kaeso le prétorien, tome 2
Challenge organisé par ZinaLicorne - Thème 2 : Lire un livre écrit par une femme (qui ne se cache pas sous un pseudo masculin) !

http://www.livraddict.com/biblio/livre/l-enchanteur-1.html
 babelio

https://booknode.com/l_enchanteur_015479






jeudi 23 mars 2017

Agamemnon d'Eschyle - L'Orestie, tome 1

Auteur > Eschyle
Editeur > Actes Sud
Collection > Romans
Genre > Théâtre antique, classique
Date de parution > pièce représentée la 1ère fois en 458 av. J.-C. aux Grandes Dionysies d'Athènes, 1990 pour la présente édition
Titre original > Agamémnôn
Nombre de pages > 115
Traduction > du grec ancien par Ariane Mnouchkine
"Je prie les dieux de m'accorder la délivrance de ma pénible veille."
Avalon organisant sur Livraddict des lectures communes sur la littérature antique grecque et romaine, je ne pouvais passer à côté d'une telle promesse de douce félicité, moi qui suis passionnée par tout ce qui touche à l'histoire ancienne ! ^^
La lecture de la 2è session portant sur une pièce d'Eschyle, je me suis dit que c'était une bonne occasion de découvrir cet auteur, que je ne connais que de nom ! J'ai donc emprunté le livre traduit par Ariane Mnouchkine à ma médiathèque en espérant que la traduction ne serait pas un handicap au plaisir de la lecture, comme il m'est déjà advenu.
J'avais déjà lu une pièce de théâtre antique, avec Lysistrata d'Aristophane, que j'avais véritablement adorée, mais là, je dois dire que je me suis sentie un peu déroutée par la forme... En effet, je ne pensais pas que les passages avec les chœurs étaient aussi longs, ni qu'ils répondaient sans cesse aux monologues des autres personnages. Je savais bien sûr l'existence des chœurs, ainsi que les parties chantées mais je ne m'attendais pas à l'absence totale d'interaction entre les personnages eux-mêmes. Du coup, je me suis sentie extérieure à l'intrigue, et suis passée complètement à côté de ma lecture. Je ne peux pas dire que celle-ci a été déplaisante. Mais elle n'a pas été transcendante non plus. A aucun moment, je ne me suis sentie proche des personnages, et pourtant, j'aime beaucoup Cassandre. Sa destinée tragique aurait dû me toucher, mais également cette terrible double histoire de vengeance (car Clytemnestre veut venger le sacrifice de sa fille Iphigénie et Egisthe le meurtre des enfants de son père) mais là, rien, nada, queutchi. La seule réflexion que je me suis faite à certains passages, c'est que l'auteur, Eschyle, condamnait toute démesure, cette fameuse hybris grecque si présente dans leur mythologie et si pointée du doigt dans la vie politique des hommes réels de son temps.
Je me sens donc doublement frustrée : ne pas avoir su apprécier une œuvre de la littérature antique alors que j'affectionne d'ordinaire ce genre d'ouvrage et que ladite œuvre, intemporelle au final, fait cruellement écho à notre époque et ses hommes politiques à l'ego et l'orgueil si surdimensionnés qu'ils se pensent intouchables !

Appréciation :

(source : Wikipédia)
      
Eschyle (en grec ancien Αἰσχύλος / Aiskhúlos), né à Éleusis (Attique) vers 526 av. J.-C., mort à Géla (Sicile) en 456 av. J.-C., est le plus ancien des trois grands tragiques grecs. Précédé par d'autres dramaturges, il participe à la naissance du genre tragique grâce à certaines innovations, comme le nombre d'acteurs qu'il porte à deux selon Aristote. Treize fois vainqueur du concours tragique, il est l'auteur d'environ 110 pièces dont sept seulement nous ont été transmises. Le théâtre d'Eschyle est essentiellement remarqué pour sa force dramatique, la tension, l'angoisse qui habite ses pièces, dont la cohérence se comprend surtout par la progression qui les reliait au sein de trilogies « liées », dont ne subsiste aujourd'hui que l’Orestie. S'il ne développe pas la psychologie des personnages, ses choix lui permettent de mettre en valeur ses conceptions puissantes sur l'équilibre de la cité, le dégoût de l’hybris qui met en danger cet ordre, et le poids de la décision des dieux dans la conduite des affaires humaines, notamment à travers le sort militaire, ou la malédiction familiale (dans le cas de Thèbes et des Atrides notamment).
LC organisée par Avalon - 2è session

Challenge "L'Odyssée grecque"
 Challenge "L'Odyssée grecque" : 20/100

Challenge "Un classique par mois"
Challenge organisé par Pr Platypus (1/12)
 
http://www.livraddict.com/biblio/livre/l-enchanteur-1.html

http://www.babelio.com/livres/Barjavel-LEnchanteur/6684

https://booknode.com/l_enchanteur_015479



dimanche 29 janvier 2017

L'Enchanteur de Barjavel

http://www.livraddict.com/bookclub/
"Il y a plus de mille ans vivait en Bretagne un Enchanteur qui se nommait Merlin."
Qui ne connaît Merlin ? Il se joue du temps qui passe, reste jeune et beau, vif et moqueur, tendre, pour tout dire Enchanteur. Et Viviane, la seule femme qui ne l'ait pas jugé inaccessible, et l'aime ? Galaad, dit Lancelot du Lac? Guenièvre, son amour mais sa reine, la femme du roi Arthur ? Elween, sa mère, qui le conduit au Graal voilé ? Perceval et Bénie ? Les chevaliers de la Table Ronde ? Personne comme Barjavel, qui fait le récit de leurs amours, des exploits chevaleresques et des quêtes impossibles, à la frontière du rêve, de la légende et de l'Histoire. Dans une Bretagne mythique, il y a plus de mille ans, vivait un Enchanteur. Quand il quitta le royaume des hommes, il laissa un regret qui n'a jamais guéri. Le voici revenu.

J'ai lu ce livre à l'occasion du Book Club d'octobre auquel je participais pour la 2ème fois. C'est même le livre que j'avais proposé qui a été sélectionné ! Farpaitement, je me la pète !
Bref, le Book Club propose chaque mois  une discussion sur une lecture commune à tous les membres de Livraddict qui choisissent eux-mêmes le thème puis le livre. Le thème du mois d'octobre portant sur la légende arthurienne, je ne pouvais que m'inscrire...

J'ai littéralement dévoré le livre, même si je lui ai trouvé quelques longueurs vers la fin (j'avoue avoir à ce moment sauté un paragraphe par ci par là 😇 ).
L'un des gros points forts du livre est le style, très fluide, empreint de poésie, ce qui rend certains passages vraiment sensoriels et très évocateurs...

 Dans le corps du cerf blanc, le coeur de Merlin tremblait. Il savait qu'il ne la reverrait plus telle qu'elle était en cet instant. Demain, tout à l'heure, elle serait déjà différente. Elle avait la beauté déchirante de ce qui change si vite qu'on ne peut jamais le retrouver.
(page 12)

On a parfois l'impression de lire de la poésie en prose. La musicalité du style donne un rythme spécial très agréable à l'histoire. Mais l'oeuvre est également teintée de notes d'humour, jouant sur les jeux de mots et les anachronismes. Cela donne un ton complètement décalé et parfois surprenant, mais qui colle à la personnalité de Merlin, qui est ici un personnage très facétieux...
En outre, certaines trouvailles de l'auteur sont très originales  : je pense plus particulièrement à cette fameuse page évoquant l'acte entre Guenièvre et Lancelot  ou la découverte de l'adultère de la Reine revisitée de manière poétique !! ^^

L'intrigue et la quête étaient très plaisantes à suivre. Mais j'ai trouvé que certains personnages emblématiques de la légende étaient ici effacés (je pense plus particulièrement à  Mordred qui arrive presque comme un cheveu sur la soupe dans l'histoire). J'ai l'impression que l'auteur s'est davantage appesanti sur les couples (Merlin/Viviane, Lancelot/Guenièvre, Galehaut/Malehaut) ou sur les chevaliers et leurs rapports aux femmes, qui les empêchent, en les séduisant, d'accéder au Graal (Gauvain et son appétit charnel, Perceval qui perd sa virginité presque sans s'en rendre compte, l'amant de Morgane complètement soumis à sa maîtresse)...

J'ai beaucoup aimé cette version de Merlin. Malgré ses immenses pouvoirs, il a gardé un côté très malicieux et aime jouer des tours aux autres. Mais il a également un côté très humain, en dépit de son origine diabolique, qui ne l'exempte pas de commettre des erreurs. En voulant faire le bien, il prend parfois de mauvaises décisions. Mais c'est son amour pour Viviane qui le rend aussi touchant, aussi tourmenté... car les deux amants ne peuvent consommer leur amour sous peine de perdre leurs pouvoirs !

Depuis que je t'ai vue je sais que je ne suis que la moitié de moi-même. Tu es mon autre moi qui me demande et dont j'ai besoin. Je suis la terre assoiffée et la pluie qui ne tombe pas, je suis la soif et la faim et la nourriture refusée. J'ai double souffrance, la tienne, que je connais, en plus de la mienne... Un jour, nous ne pourrons plus le supporter, et il nous faudra choisir...
(Merlin à Viviane, page 155/156)

L'auteur fait intervenir à de multiples reprises un personnage fort peu fréquentable et fort peu représenté dans les versions modernes de la légende puisqu'il s'agit du diable : personnellement, celui-ci me faisait beaucoup rire... Ses invectives à l'encontre de ses victimes fort peu coopératives, ses déconvenues successives en échouant à piéger des âmes dans son enfer désespérément désert étaient vraiment hilarantes... L'auteur prend plaisir à le tourner en ridicule ; cependant, ce personnage n'est  pas réduit au rôle de simple bouffon et apporte beaucoup de piquant à l'histoire, et surtout sa raison d'être en obligeant Merlin à contrecarrer sans cesse ses noirs desseins...
Barjavel n'épargne personne, puisqu'il ridiculise aussi l'obsession des chrétiens pour la virginité obligée des élus !

Bizarrement, alors que toute l'histoire tourne autour du Graal, j'ai très vite oublié la résolution de la quête. Enfin, si... je sais qui lève le voile, mais la conclusion ne m'a pas marquée plus que cela... Disons que j'ai l'impression que c'est à chaque lecteur de donner son interprétation. J'ai eu la sensation que l'achèvement de la quête n'était pas le plus important (d'autant qu'il met fin au temps des aventures légendaires pour faire débuter le temps de l'obscurantisme) mais plutôt le chemin que chacun emprunte pour s'en approcher...

Je dois avouer que ce roman réhabilite le couple formé par Lancelot et Guenièvre à mes yeux. Les Dames du lac de Zimmer Bradley me les avaient fait prendre en détestation (et ce dégoût perdure maintenant depuis 25 ans !!) ! Il était temps que cela prenne fin... C'était peut-être le but de mon graal à moi avec ce livre !!! 😏
J'ai par ailleurs apprécié découvrir certains épisodes que je ne connaissais pas , comme celui avec la Fille qui jamais ne mentit (ou quelque chose du même genre je ne me rappelle plus l'intitulé exact..) ou celui avec Galehaut ou encore avec le roi mehaigné ou aussi avec l'amnésie de Lancelot...
Et j'ai trouvé que Barjavel avait opéré quelques changements  par rapport aux autres oeuvres (ou alors je ne m'en souvenais plus) : l'épée retirée du rocher qui n'est pas Excalibur, le Graal qui trouve son origine avec Adam et Eve, la manière dont est découvert l'adultère de la reine, l'origine de Stonehege...

Pour conclure, une revisite de la légende arthurienne absolument délicieuse ! L'enchanteur n'est pas seulement Merlin, mais également l'auteur dont le pouvoir surnaturel réside dans sa plume pleine de poésie et de finesse ! Une lecture véritablement enchanteresse !!
(sources : Folio)
René Barjavel est né en 1911. Il termine ses études au collège de Cusset, puis entre au Progrès de l’Allier, à Moulins où il apprend son métier de journaliste. Il rencontre l’éditeur Denoël qui l’engage comme chef de fabrication. C’est chez lui, qu’après avoir fait la guerre dans les zouaves, il publie son premier roman, Ravage (1943), qui précède la grande vogue des ouvrages de la science-fiction. Barjavel a écrit une vingtaine de livres, dont La Nuit des Temps, Les Chemins de Katmandou, Tarendol et La Faim du tigre. Il a collaboré en tant que dialoguiste à une vingtaine de films, dont la série des Don Camillo. Il est décédé en novembre 1985.  
https://parthenia27.blogspot.fr/2012/10/challenge-legende-arthurienne-propose.html
 Ma 12ème participation au challenge d'Aethelthryth.

Challenge Moyen-Âge par hérisson
Ma 17ème participation au challenge d'Hérisson -

http://www.livraddict.com/biblio/livre/l-enchanteur-1.html

http://www.babelio.com/livres/Barjavel-LEnchanteur/6684

https://booknode.com/l_enchanteur_015479


jeudi 18 août 2016

Le diable s'habille en tartan de Teresa Medeiros

Le diable s'habille en tartan de Teresa Medeiros
"- Oh, regardez-moi cette petite ! Elle en tremble de joie."
Auteur > Teresa Medeiros
Editeur > Milady
Collection > Pemberley
Genre > romance historique
Date de parution > 2010 pour l'édition originale, 2015 pour la présente édition
Titre original > The devil wears plaid
Format > ePub
Poids du fichier > 599 Ko (432 pages)
Traduction > de l'anglais (USA)  par Sébastien Baert
Emmaline Marlowe est sur le point d’épouser le puissant chef du clan Hepburn afin de sauver sa famille de la ruine, quand Jamie Sinclair l’enlève. Ennemi juré de Hepburn, le ravisseur d’Emma est tout l’inverse de son fiancé : beau, viril, audacieux…
Jamie s’attend à tomber sur une Anglaise timorée, pas sur une beauté troublante au caractère bien trempé. Les deux jeunes gens ne peuvent se permettre d’oublier qu’ils sont ennemis, pourtant leur attirance va troubler les règles du jeu.
J'ai été très heureuse quand ma binômette Cassie (dont vous pouvez d'ailleurs lire l'avis ici) m'a proposé de lire Le diable s'habille en tartan en LC, en priant pour que ce ne soit pas trop la Bérézina, car les romances anglo-saxonnes et moi sommes comme qui dirait, à de rares exceptions près, assez incompatibles... Mais comme Cassie accepte de son côté sans broncher mes dézingages en règle, je n'étais pas non plus très stressée par la possibilité d'une déception !

Je dois dire que le début m'a fait un peu peur, et ce pour plusieurs raisons :
-  je n'aime pas qu'un livre commence par un dialogue
-  je n'aime pas que l'époque où est censée se dérouler l'histoire ne soit clairement identifiée.

Au vu de la 4è de couverture, je pensais que l'histoire se déroulait entre le XIVème  et le XVIè siècle, voire le XVIIè siècle, mais il s'avère que les personnages évoluent vraisemblablement au début du XIXè siècle. Sachez cependant que nous ne connaîtrons jamais la date exacte malgré quelques indices temporels égrenés de ci,de là. Ce qui a été un peu gênant au début car je ne cessais de me poser quelques questions hautement existentielles : mince, les jeunes filles de l'époque étaient-elles déjà niaises au point de rêver au prince charmant ? que diable vient foutre un dentier en faïence de Wedgwood à cette époque ?!? ^^  Ouh là là, mais ne serait-ce pas là un premier indice temporel ? Wikipédia étant mon ami, je découvre que la manufacture de Wedgwood a été fondée en 1759... Une autre piste est donnée dans la presque foulée avec certains des cadeaux par son promis à Emma et qui porte sur les livres de William Blake (Chants de l'innocence) et de Fanny Burney. Hop hop hop, direction le web qui nous apprend que le livre du premier auteur est paru en 1789 et le dernier roman de la deuxième en 1814.
Le troisième indice temporel est donné avec la mention du Quarante-Cinq et du Bonnie Prince Charlie, donc en 1745 soit moins d'un siècle où est censée se dérouler l'intrigue... (Un siècle, ça fait un peu large comme mesure...). Nous apprenons que les héros vivent au Siècle des lumières qui prend fin en Ecosse vers 1800. Enfin le dernier repère temporel est donné avec les mentions des peintres Gainsborough et Reynolds qui ont vécu au XVIIIè siècle, dit du siècle précédent selon l'un des protagonistes...
Comme vous le constatez avec cette longue digression, cette absence de repère temporel m'a aussi bien obsédée que dérangée (à moins que ce soit le contraire...^^)... En tant que lectrice, je me suis sentie dans la peau de Sherlock Holmes à force de tenter de déduire l'époque de l'action, et j'en ai éprouvé de la frustration...

Heureusement, le soulagement m'a assez rapidement envahie quand j'ai constaté que l'auteure prenait son temps pour poser ses personnages et j'ai finalement pu me laisser happer par l'histoire. L'évolution des relations entre Jamie et Emma se fait de manière cohérente, on comprend tout à fait leurs réactions, leurs réticences et leur mépris face à leurs motivations supposées qui se transforme peu à peu en admiration.  Jamie apparaît comme un hors-la-loi mystérieux et suprêmement viril, et l'héroïne n'est même pas agaçante !! Au contraire, Emma fait preuve à la fois d'une naïveté désarmante et d'une force de caractère impressionnante, ce qui donne parfois un côté décalé et cocasse à leurs propos ! J'ai beaucoup aimé leurs joutes verbales, le sens de la répartie très mordant de l'héroïne auquel répondait avec beaucoup d'à-propos Jamie qui ne se laissait que rarement démonter. D'ordinaire ce genre de dialogue finit par tourner à une surenchère lassante, comme dans d'autres romances que j'ai pu lire, mais pas ici... Ça s'accélère ensuite un peu entre eux mais toujours de façon vraisemblable, et les pensées d'Emma sur la dure condition des femmes sont vraiment touchantes...

Même si les personnages secondaires ne sont pas beaucoup développés, on a le temps de s'attacher à eux. J'ai particulièrement aimé les hommes de Jamie qui sont irrésistiblement attendrissants !

  J'ai également bien aimé les descriptions de l'auteur sur le décor, le paysage, toute cette ambiance mélancolique qui s'en dégage. Le fait que l'histoire se déroule essentiellement en une sorte de huis-clos (Jamie, ses hommes et sa captive fuient dans les montagnes) accentue cette impression, cette sensation de communion avec la nature.
En plus, même si le contexte historique est pratiquement inexistant,  les normes sociales sont peu ou prou respectées (enfin rien de choquant ou d'incohérent à mes yeux !!^^)...

 L'histoire possédait donc d'indéniables atouts pour me plaire... jusqu'à ce que j'arrive au fameux passage situé à la moitié du livre environ, où Jamie demande à sa partenaire :"Jouis pour moi"... alors qu'il est en train de la déflorer ?!!!? arghhh... pourquoi tant de haine ? pourquoi ce craquage complet de l'auteure alors qu'elle se débrouillait si bien jusqu'alors ? pourquoi, hein ?!? autant vous dire que cette phrase m'a fait débander illico (si je puis dire) et fait perdre au roman plusieurs bons points....

Pour conclure, une romance très agréable à lire mais gâchée par le tic anglo-saxon de la jouissance sur commande (j'en suis blasée !). Les personnages sont cohérents d'un bout à l'autre par rapport à leur personnalité et leur vécu (et ça change agréablement des autres romances anglo-saxonnes). Certains passages sont écrits de manière très drôle, et le comique de répétition clôt de manière jubilatoire l'histoire...

Appréciation :
[Emma] jeta un rapide coup d'œil au cimetière par les grands vitraux étroits. De gros nuages anthracite menaçaient la vallée. On se serait plutôt cru au cœur de l'hiver qu'à la mi-avril. Les branches squelettiques des chênes et des ormes étaient encore nues. Des pierres tombales étaient plantées à demi effacées par les incessants assauts du vent et de la pluie. Emma se demanda combien, parmi les malheureuses qui reposaient à présent six pieds sous terre, avaient jadis été de jeunes mariées comme elle, des femmes débordant d'espoir et de rêves, trop vite condamnées par des choix que d'autres avaient faits pour elles, et par l'inexorable marche du temps.
(sources : Milady)
Le diable s'habille en tartan de Teresa Medeiros
Teresa Medeiros est l’une des auteures les plus appréciées de la fiction romantique. Elle figure dans tous les classements américains de best-sellers, dont le New York Times, USA Today et Publishers Weekly. Ses romans ont été vendus à plus de sept millions d’exemplaires, et publiés dans près de vingt langues. Elle vit avec son mari dans le Kentucky.


Meurtres sur le Palatin de Cristina Rodríguez - Une enquête de Kaeso le prétorien, tome 2
Challenge organisé par ZinaLicorne - thème 2 : un livre avec titre original genre

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