”Elle n'avait point de préjugés, et quand elle entendait dire : " C'est dommage qu'un si beau gars soit un champi ", elle répondait : " Les champis ont moyen d'être beaux, puisque c'est l'amour qui les a mis dans le monde."
Editions : Hachette
Collection :
Grandes Oeuvres
Illustrations :
Tony Johannot
1ère parution :
1848
Présente édition :
1985
Genre : roman champêtre,
classique
Pages : 200 (440)
Résumé :
Un champi, c'est un enfant abandonné dans un champ. Un champi suscite la
crainte et la méfiance des paysans. Un champi a mauvaise réputation. François
est un champi élevé par sa nourrice Zabelle. Mais Cadet Blanchet, le meunier
chez qui elle loge, l'oblige à s'en séparer. Le jeune garçon est alors
recueilli par Madeleine, une femme au grand coeur qui n'est autre que l'épouse
de... Cadet Blanchet. Avec l'aide de Zabelle, elle le nourrit et l'instruit en
cachette. Petit à petit, une relation particulière va unir François à sa mère
adoptive.
Mon avis :
Ce livre, c'est ma mère qui me l'avait offert quand j'étais adolescente.
J'avais mis du temps à lire François le Champi, lui préférant
La petite Fadette. Peut-être aussi le fait que le personnage principal
soit un garçon avait joué dans mes réticences à l'époque. Et puis, finalement je m'étais
laissée happer par la plume pleine de délicatesse et de simplicité de
l'auteure. Lors de cette relecture, le charme agit toujours, même si je suis
aujourd'hui plus sensible au caractère scandaleux de la relation liant le
jeune François à Madeleine, sa bienfaitrice. Mais j'y reviendrai plus tard.
François le Champi est donc un enfant que ses parents ont abandonné quelques
mois après sa naissance
et que l'Hospice a confié aux soins d'une mère de substitution qui reçoit un peu d'argent pour l'élever. La Zabelle, qui vit dans une grande précarité, n'est pas forcément très fiable malgré la tendresse sincère qu'elle éprouve pour le malheureux enfant, aux buttes à la méfiance et aux préjugés des paysans, précédé par sa mauvaise réputation de Champi. Et je me dis que les choses n'ont guère évolué tant je me souviens que les enfants de la DDASS à l'époque de ma jeunesse souffraient du même discrédit de paresse et de vol.
et que l'Hospice a confié aux soins d'une mère de substitution qui reçoit un peu d'argent pour l'élever. La Zabelle, qui vit dans une grande précarité, n'est pas forcément très fiable malgré la tendresse sincère qu'elle éprouve pour le malheureux enfant, aux buttes à la méfiance et aux préjugés des paysans, précédé par sa mauvaise réputation de Champi. Et je me dis que les choses n'ont guère évolué tant je me souviens que les enfants de la DDASS à l'époque de ma jeunesse souffraient du même discrédit de paresse et de vol.
Par chance, sa route va croiser celle de Madeleine, l'épouse du meunier, jeune
femme bienveillante et généreuse, qui va prendre soin de lui, mais en cachette
à cause des tracasseries de sa belle-mère.
Ce roman met donc en évidence à la fois la dure condition des enfants trouvés
et celle des femmes mal mariées, soumis aux injustices et aux contraintes
sociales de l'époque.
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| Car ils y étaient encore à minuit. |
Mais ce qui est au coeur du roman est la relation entre François et Madeleine. A leur première rencontre, Madeleine a 20 ans et François 6 ans. Le petit garçon la considère pendant des années comme une mère. C'est d'ailleurs répété à de nombreuses reprises dans le roman. Par ailleurs, cet écart d'âge se retrouve réduit à 10 ans un peu plus loin dans le livre. Je ne sais pas si ce changement est dû à une erreur de l'écrivaine ou à sa volonté de mieux faire passer ensuite l'évolution des sentiments entre les deux protagonistes. Car François est tombé amoureux de celle qui a longtemps personnalisé pour lui la figure maternelle. Je n'ai pas trop compris le choix de George Sand de faire naître cette relation amoureuse quasi incestueuse alors que l'histoire d'amour aurait pu exister sans avoir créé ce lien quasi filial. C'est dommage parce que les deux personnages sont extrêmement touchants et attachants. François est un jeune homme certes un peu naïf mais droit, honnête, travailleur et compatissant. Et comme dit plus haut, Madeleine est une jeune femme généreuse, dévouée, douce et charitable. Un couple on ne peut mieux assorti...
Malgré tout, j'ai éprouvé beaucoup de plaisir à cette relecture pleine de bons sentiments. Ca fait du bien, parfois...
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