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jeudi 10 septembre 2026

Wuthering Heights d'Emily Brontë

” Hantez-moi alors ! (...) Soyez avec moi toujours...prenez n'importe quelle forme...rendez-moi fou ! mais ne m'abandonnez pas dans cet abîme où je ne peux vous trouver ! Oh! Dieu! c'est inexprimable ! Je ne peux pas vivre sans ma vie ! Je ne peux pas vivre sans mon âme!


Editions : La compagnie du livre
Collection : La Bibliothèque Essentielle
Parution VO : 1847
Titre VO : Wuthering Heights
Parution VF dans la présente édition : 1968
Traduction : Henriette Guex-Rolle
Genre : Classique, Drame, un chouia de fantastique
Pages : 370
Relecture

Résumé (éditions Callidor) : 


Au cœur des landes du Yorkshire, la passion dévastatrice qui unit Heathcliff, orphelin abandonné, et Catherine, jeune femme libre et indomptable, défie toutes les conventions. Mais lorsque l’orgueil, la vengeance et les blessures du passé s’en mêlent, leur amour se transforme en malédiction, emportant deux générations dans une spirale tragique. Roman unique d’Emily Brontë, Les Hauts de Hurle-Vent est un chef-d’œuvre inclassable, où la violence des sentiments résonne comme une tempête sur la lande.

Mon avis : 

éditions Callidor©Aurélien Police

Quand j'ai vu que la maison d'édition Callidor avait sorti en novembre 2025 cette magnifique édition, illustrée par le talentueux Aurélien Police, je m'étais dit que c'est dans cette édition que je la lirais pour Les 12 thèmes de Jellydragon, mais au moment de valider mon achat, j'ai préféré lire un extrait, qui m'a perturbée : c'était la traduction de 1925 de Frédéric Delebecque, celui qui a trouvé le fameux titre Les Hauts de Hurlevent (qui a d'ailleurs été interdit de réemploi par ses héritiers). Or, j'étais tellement habituée à la traduction fluide et élégante qui m'avait fait découvrir ce roman pour la première fois à l'adolescence (et que j'ai relu chaque année jusqu'à la fin de mes études), que celle de Delebecque m'a franchement décontenancée ! Il n'y a finalement que son titre que je trouve très bien trouvé... Donc, me revoilà avec la si belle traduction de Henriette Guex-Rolle.

L'histoire débute en 1801. Nous suivons Mr Lockwood, locataire de Trushcross Grange fraîchement arrivé de Londres, aux Wuthering Heights où il souhaite rencontrer le propriétaire, un certain Mr Heathcliff dont les manières brutales et l'air revêche tranchent avec ceux du raffiné Londonien. C'est donc avec lui que nous découvrons, médusés, les lieux et leurs étranges habitants : Heathcliff, homme sombre mais charismatique, Catherine Heathcliff, jolie veuve de 17 ans à l'air renfrogné, Hareton Earnshaw, jeune paysan fruste et grossier et  Joseph, vieux valet à l'accent campagnard, aussi désagréable que son maître. Bon, soyons honnêtes, ces 4 personnages se montrent tous très désagréables, la palme revenant tout de même au maître et à son valet ! 
Quant au manoir en lui-même, il est austère, sombre, isolé au sommet d'une lande sauvage et continuellement battu par les vents. L'intérieur est aussi sombre que l'extérieur, avec des fenêtres profondément enfoncées dans les murs et de larges cheminées de pierre. L'atmosphère sinistre de la maison est renforcée par l'étrangeté des habitants. On a l'impression qu'habitants et bâtisse se confondent en terme de sauvagerie et d'inhospitalité, laissant une impression profonde sur le narrateur, et, par ricochet, sur les lecteurs eux-mêmes. Lockwood, obligé de passer la nuit chez son propriétaire, va y vivre une expérience traumatisante en rencontrant dans un cauchemar le fantôme de l'ancienne hôtesse de la chambre où il a dormi et dont il a lu une partie du journal. Mais n'est-ce vraiment qu'un rêve ?  
Rentré à la Grange, il découvre que sa gouvernante, Mrs Dean a vécu aux Heights et connu cette mystérieuse Catherine Earnshaw, la visiteuse de son sommeil. Il lui demande alors de lui raconter son histoire.

Tout commence en 1770 quand Mr Earnshaw, le père de Catherine, ramène de son voyage d'affaires un jeune orphelin ressemblant à un bohémien et qu'il appelle Heathcliff. Des origines ou du statut du gamin, nous ne saurons jamais rien. Lui et la fille de la maison vont devenir inséparables et nouer une profonde amitié qui va se transformer à l'adolescence en un attachement violent et passionnel. Le bonheur de la famille vole en éclats après la mort du bienfaiteur d'Heathcliff. En effet, l'héritier, Hindley, n'a plus besoin de se cacher pour maltraiter celui qu'il considère comme un intrus ! 
Au début, on prend Heathcliff en pitié. Il subit ces brimades sans s'apitoyer sur lui-même mais on aurait dû garder en mémoire la réflexion de Mrs Dean : "Il se plaignait si rarement (...) que, sincèrement, je ne le croyais pas vindicatif. Je me trompais du tout au tout." (page 63). On ressent encore de la peine pour lui quand il est délaissé par Catherine pour leur voisin, le beau, raffiné et blond Edgar Linton, à qui il voudrait désespérément ressembler. C'est à cette occasion que Mrs Dean tente de lui arranger la mise, tout en lui donnant des conseils sur la manière de se comporter : "Et maintenant que nous en avons terminé avec la toilette, la coiffure et la bouderie, dites-moi si vous ne vous trouvez pas presque beau ? (...) Vous avez la tournure d'un prince déguisé." (page 81). L'adolescent s'enfuit en entendant Catherine affirmer qu'elle s'avilirait en l'épousant. Il revient au bout de 3 ans, transformé et riche mais guidé par un désir obsessionnel de revanche qui va tout détruire autour de lui ! En effet, il va exercer une vengeance méthodique sur les enfants de son ennemi Hindley et de son rival Edgar, n'hésitant pas à utiliser son propre enfant Linton pour arriver à ses fins et les spolier de leurs biens. 
The Reader’s Guide to Emily Brontë’s “Wuthering Heights”
D'ailleurs, les prénoms des protagonistes entraînent parfois une certaine confusion tant ils se répètent d'un personnage à l'autre : Catherine, l'héroïne centrale, s'appelle Catherine Earnshaw de son nom de jeune fille puis Catherine Linton de son nom d'épouse et enfin Catherine Heathcliff quand elle écrit dans son journal intime ; sa fille s'appelle Catherine Linton ; son neveu, Linton Heathcliff, a pris comme prénom le nom de son oncle Edgar, rival d'Heathcliff ! Un bel imbroglio, n'est-ce pas ?

Pour en revenir à Heathcliff, malgré la cruauté profonde dont il fait preuve, on ne peut s'empêcher d'être fasciné par ce personnage complexe et tourmenté, guidé uniquement par sa rage et sa colère,   et d'espérer qu'il connaisse une sorte de rédemption. Personnellement, je ne relis le roman que pour retrouver le couple de la 3ème génération, qui est le seul véritablement attachant, malgré des débuts chaotiques. Hareton Earnshaw a une trajectoire à la fois cruelle et lumineuse. Son enfance a été brisée et instrumentalisée par Heathcliff, qui le prive peu à peu, non seulement de ses droits, mais aussi d'éducation et de manières et lui fait vivre ce qu'il a vécu lui-même de la part d'Hindley, par pur esprit de vengeance.  Le petit garçon régresse et perd son humanité. On le comprend lors d'une scène frappante quand Mrs Dean, de passage aux Heights, se rend compte que le domaine, dominé par Heathcliff, est devenu l'antre de l'Enfer : les chiens de garde sont hargneux, le maître démoniaque et insensible, le vieux toqué encore plus détestable ; puis elle aperçoit un jeune garçon en train de pendre une portée de chiots, et cet enfant n'est autre que le jeune Hareton ! C'est une scène véritablement glaçante ! Malgré la maltraitance psychologique que l'enfant subit de la part d'Heathcliff, il restera profondément attaché à son bourreau, qu'il considère comme son véritable père et dont il pleurera la mort ! C'est sa rencontre avec sa cousine Cathy qui va provoquer le début de son désenténèbrement. Moqué et humilié par la jeune fille pour son illettrisme et ses manières grossières, il va prendre conscience de l'étendue de son ignorance et tenter d'y remédier en s'élevant intellectuellement.
Le couple de Hareton et de Cathy, en choisissant l'amour et le pardon, brise le cercle de la vengeance et met fin à la malédiction.

Cette relecture n'a pas été aussi transcendante que ce que j'en escomptais. J'ai eu en effet une baisse de motivation après le mariage de Catherine avec Edgar Linton et le retour de Heathcliff, tellement les caprices et les accès de folie de la jeune femme me la rendaient antipathique. J'ai été cette fois plus sensible à la toxicité de leur amour. Ce qu'ils éprouvent l'un envers l'autre est une passion destructrice, fusionnelle et malsaine, qui les pousse à la violence dès qu'ils sont séparés. Catherine et Heathcliff sont deux démons égoïstes qui n'hésitent pas à humilier quiconque se met en travers de leur chemin, ni à se montrer manipulateurs ou simulateurs pour arriver à leurs fins (enfin, la simulation est pour Catherine, car Heathcliff ne cache jamais son opinion ou ses intentions) ! Après la mort de Catherine, Heathcliff verse dans la monstruosité la plus abjecte et les avis qu'ils donnent sur les personnes qu'il utilise tout en les méprisant sont véritablement effrayants :
  • à propos d'Isabella, son épouse : "Elle a vu en moi un héros de roman et elle attendait une indulgence illimitée de mon dévouement chevaleresque. J'ai peine à la considérer comme une créature douée de sens commun tant elle a mis d'obstination à se forger une légende autour de mon caractère et à agir selon les chimères qu'elle berçait. Mais je crois qu'elle commence enfin à me connaître : je ne vois plus trace des sourires imbéciles et des singeries qui m'exaspéraient au début, ni de cette incapacité déraisonnable de comprendre que j'étais sérieux lorsque je lui disais ce que je pensais d'elle et de son engouement. (...) Elle ne peut pas m'accuser d'avoir fait montre de la moindre douceur trompeuse. La première chose qu'elle m'a vu faire, en sortant de la Grange, a été de pendre son petit chien. (...) Et dites-moi, n'était-ce pas le comble de l'absurdité, la plus authentique idiotie de la part de cette chienne pitoyable, servile et méprisable, de rêver que je pourrais l'aimer ? Dites à votre maître, Nelly, que jamais de ma vie je n'ai rencontré une chose aussi abjecte qu'elle." (page 178/179)
  • à propos de Hareton et de son fils Linton : "Il [Hareton] répond à mon attente. S'il était né idiot, ma satisfaction aurait été moitié moindre, mais il est loin d'être sot et je ne peux éprouver que de la sympathie pour tous ses sentiments car je les ai vécus moi-même. Je sais exactement, par exemple, ce qu'il souffre en ce moment, et ce n'est qu'un aperçu de ce qu'il va souffrir. Et il ne sera jamais capable de sortir de son ridicule, ni de sa grossièreté et de son ignorance. Je l'ai mené plus rapidement au fond que son scélérat de père n'y est parvenu avec moi, et plus sûrement, car il tire vanité de son abrutissement. Je lui ai appris comme une sottise et une faiblesse tout ce qui ne relève pas de l'animalité. (...) Mais la différence est là : l'un [Hareton] est de l'or employé comme pierre à paver, l'autre [Linton] du fer-blanc poli pour singer l'argent. Le mien n'a aucune valeur quelconque, pourtant j'aurai le mérite de le mener aussi loin qu'un si piètre personnage peut aller. Le sien avait des qualités de premier ordre, et elles sont perdues." (page 248/249)
  • à propos de Cathy et de son fils Linton : "Si j'étais né dans un pays où les lois étaient moins sévères et les goûts moins délicats, je m'offrirais le plaisir d'une lente vivisection sur ces deux-là pour passer mes soirées." (page 300)

On ne peut qu'être surpris que ce livre, parlant de passion destructrice et de monstrueuse vengeance, ait pu être écrit par une jeune femme ayant vécu à la 1ère moitié du XIXème siècle, tant cela ressemble peu aux Anglais compassés de la bonne société. Le couple central du roman n'hésite pas à transgresser les conventions sociales de l'époque, et ce, même après la mort. Il y a des scènes très fortes et marquantes, voire extrêmement dérangeantes : la scène du rêve de Mr Lockwood tellement bien décrite qu'on en ressent l'ambiance cauchemardesque ; la scène du cimetière où Heathcliff fait creuser la tombe de Catherine pour la voir une dernière fois et sa volonté d'être enterré à côté d'elle à sa mort, leurs deux cercueils réunis sur un côté ! 


Pour finir, j'ai retrouvé la fiche de lecture que j'avais écrite à 14 ans pour mon cours de français au collège (désolée pour les fautes de conjugaison !^^) :





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mardi 30 juin 2026

Notre-Dame-des-Fleurs de Jean Genet

”Notre-Dame-des-Fleurs fait ici son entrée solennelle par la porte du crime, porte dérobée, qui donne sur un escalier noir mais somptueux. Notre-Dame monte l'escalier, comme l'ont monté bien des assassins, n'importe lequel. Il a seize ans quand il arrive au palier. Il frappe à la porte, puis il attend. Son coeur bat, car il est résolu. Il sait que son destin s'accomplit...

Editions : Galimard
Collection : Folio
1ère parution : 1948
Présente édition : 1976
Genre : Drame, classique
Pages : 377

Mon avis :

Je dois avouer que la lecture a été très compliquée, accentuée par l'absence de chapitres, beaucoup de digressions et de nombreux retours dans le passé. J'ai eu du mal à comprendre ce que nous racontait l'auteur. On a l'impression de lire les divagations d'un camé. Pour info, le narrateur n'est autre que l'auteur lui-même qui écrit dans la prison de Fresnes ce qui deviendra son 1er roman. C'est peut-être pour cette raison que Jean y parle beaucoup de verges (et de pets). J'imagine que c'est l'effet logique d'incarcérations répétées. 

Il y a malgré toute cette verve scatologique et pornographique, quelques passages étonnamment poétiques (oui, même quand ça parle de bites !), quand d'autres semblent totalement décousus. 

Le narrateur fait vivre des personnages imaginaires pour l'aider à alimenter ses rêveries obscènes.

Trois personnages fictifs se détachent du récit :

  1. Divine (Louis Culafroy de son nom de naissance), environ 30 ans, travelo mort de phtisie : "Ses yeux chantent malgré leur désespoir et leur mélodie passe des yeux aux dents qu'elle rend vivante, et des dents à tous ses gestes, à ses moindres actes, et sorti des yeux, c'est ce charme qui, de vague en vague, se déplie jusqu'à ses pieds nus."
  2. Mignon-les-Petits-Pieds, voleur, indic, mac et amant de Divine, possiblement le père de Notre Dame : "Encore que gouape, Mignon avait un visage de clarté. C'était le beau mâle, violent et doux..."
  3. Notre Dame des Fleurs, qui donne son nom au roman, assassin de 16 ans et amant de Divine
Le style est tellement alambiqué par moments que j'ai lu certains passages en diagonale, complètement démotivée. Heureusement que mon intérêt était parfois ravivé par la description du monde travesti et prostitué de Montmartre avec ses "tantes", leurs discussions et leurs rivalités, ou par l'évocation des prisons d'enfants. Sinon, je pense que j'aurais abandonné le livre depuis longtemps...

L'auteur nous avoue également sa fascination pour les criminels ainsi que son envie de tuer. D'ailleurs, j'ai été déçue qu'il fasse de Divine, seul personnage attachant de ce roman, un assassin de petite fille vers la fin...

Cette lecture n'a donc pas été convaincante, la faute à une narration tellement confuse par moment que j'oubliais certaines informations. J'ai bien envie de laisser le mot de la fin à Jean Cocteau : "La bombe Genet. Le livre est là, terrible, obscène, impubliable, inévitable. On ne sait par où le prendre. Il est, il sera. Obligera-t-il le monde à devenir tel qu'il puisse y paraître ? pour moi, c'est le grand événement de l'époque. Il me révolte, me répugne et m'émerveille."


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jeudi 22 janvier 2026

Le Démon de la colline aux loups de Dimitri Rouchon-Borie


” La Colline aux Loups c'est là que j'ai grandi et c'est ça que je vais vous raconter. Même si c'est pas une belle histoire c'est la mienne c'est comme ça.
La Colline aux Loups j'aime pas en parler d'habitude. Le Démon est né là et c'est là qu'il m'a pris.



Editions : Le Tripode
Parution : 7 janvier 2021
Genre : Drame contemporain
Pages : 237
Emprunté


Résumé de l'éditeur :

Les hommes sont
des choses vides
et des fois leur vie
se remplit de bien
et des fois de mal
et des fois c'est partagé
et ça fait une lutte.

Ces phrases extraites du Démon de la Colline aux Loups résument l'élan qui habite ce texte stupéfiant, et son désir de dire la condition humaine.

Ecrit dans une langue volcanique, le premier roman de Dimitri Rouchon-Borie nous livre avec force le destin d'un être enfermé en prison. Et c'est une révélation, une lumière dans les ténèbres.


Avis : 

De la prison où il est enfermé, un homme écrit ses souvenirs sur les conseils de son psy afin de déverrouiller ses blocages, mais également dans un souci de rédemption. On devine un homme peu instruit. Il écrit exactement comme il nous parlerait. C'est un style très oral. On a l'impression de lire en apnée tant il y a peu de ponctuation mais c'est ce qui donne aussi toute sa force au récit. C'est brut et sans fioriture, et ça nous prend aux tripes. 

Dès le début, on se demande ce qui a amené le narrateur derrière les barreaux. Apparemment, il a fait des choses terribles. Il parle également beaucoup du Démon sans que l'on sache de qui ou de quoi il s'agit. On apprend aussi qu'il est le 3ème né d'une fratrie de 6 enfants. La "portée" est élevée comme des animaux, dormant les uns contre les autres à même le sol sur une vieille couverture et se soulageant à l'autre bout de la pièce. Ils vivent en outre dans un noir permanent durant plusieurs années. Quelque fois, on dépose une gamelle pour eux. Comme on le voit, ils sont élevés dans des conditions d'hygiène épouvantables, mais le pire c'est qu'ils ne reçoivent aucune marque d'affection de la part de leurs parents, qui, au contraire, prennent plaisir à les maltraiter. 

C'est en allant à l'école que le narrateur (et le lecteur) apprend son prénom : Duke. Ses débuts y sont très chaotiques : Duke sait à peine parler et ne connaît rien aux codes ou rapports qui régissent les humains. Il est en outre considéré comme un abruti par ses camarades qui ne cessent de se moquer de lui.

La seule douceur réconfortante qui illumine sa vie est ce lien très fort qui l'unit à ses petits frères et soeurs (ses 2 frères aînés ont quitté le nid et l'on ne saura jamais ce qu'il est advenu d'eux). C'est d'ailleurs pour les protéger qu'il va se sacrifier ! 

La langue de Duke, qui s'exprime avec une candeur enfantine, ne fait que souligner l'horreur absolue que lui font vivre ses monstres de parents. Il y a des passages véritablement insoutenables. Dans ces moments-là, on a la désagréable impression que quelqu'un nous maintient le visage dans la boue mais Duke dégage une telle lumière, une telle sincérité, que l'on s'accroche à elles pour continuer la lecture. Son parler est parfois très imagé, conférant au récit une sorte de poésie désespérée. C'est un style sensoriel, presque primitif qui nous emporte et nous déchire.

La courte histoire de Duke, enfant massacré, puis ado brisé, est d'une tristesse infinie !

Ca faisait longtemps que  je n'avais lu un livre aussi bien écrit, aussi beau, aussi bouleversant, malgré les thématiques extrêmement dures abordées.

Duke commet des actes horribles mais ça n'est jamais gratuit et on sent toujours le bon en lui, si bien que l'on ne peut s'empêcher de penser à la vie qu'il aurait pu avoir s'il était né dans une famille saine et aimante...

A la fin, je n'ai pu empêcher les larmes de couler, et pourtant je ne pleure pas facilement. Je dis cela sans forfanterie aucune, juste pour souligner à quel point ce livre remue ce qu'il y a de plus humain en  nous ! 

Une lecture coup de poing, donc, à réserver à un lectorat averti ! 

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samedi 25 février 2023

L'Hispano de Jose Angel Manas

”Mais tu sais également que le sage domine ses passions quand l'idiot en est l'esclave.


Editions
: Anarchis
Parution VO : 2020
Parution VF dans la présente édition : 19 mai 2022
Genre : Roman historique
Titre VO : El Hispano
Traduction : Aurélio Diaz
Pages : 315
Partenariat


Résumé :

Numance, cité celtibère de la péninsule Ibérique, IIe siècle av. J.-C. Face à Rome, Carthage, déjà, est tombée.
Idris, le fils du chef de la ville, vient au jour sous les pires auspices, sa mère décédant en couches ; son père ne le lui pardonnera jamais.
Au seuil de l'âge adulte, il sera banni. Mais Numance la revêche doit bientôt faire face à son tour à l'ogre impérial. Les légions de Scipion, renforcées par les éléphants du prince numide Jugurtha, encerclent la ville. Idris l'Hispano réapparaît, venu se battre aux côtés des siens. Ainsi commence la légende, lors d'un des sièges les plus cruels que l'Antiquité ait connus.
Sur la trame de cet épisode devenu mythique, tel un Alésia espagnol, José Ángel Mañas orchestre un roman historique de vaste ampleur. Les haines couvées, les amours trahis, les fidélités reniées dessinent au fil des pages un récit déchirant qui se clôt sur un inéluctable et stupéfiant dénouement.

Mon avis :

Ce qui m'a attiré dans le choix de ce livre, ce sont l'époque historique (IIe siècle avant notre ère) et le lieu de l'intrigue, que je n'avais jamais encore vu traiter en littérature : le siège de Numance, mené par Scipion Émilien, le héros de la 3e guerre punique, aidé par son frère Fabius Maximus et par son allié numide, le prince Jugurtha.
J'ai été complètement happée par les cent premières pages et la découverte du site celtibère ainsi que des différents protagonistes. On sent que l'auteur s'est documenté car la description des lieux, de l'organisation militaire est vraiment très immersive. La partie historique est donc le point fort de ce livre.
Par contre, je suis restée sur ma faim concernant les personnages, qui manquent, à mes yeux, de chair et de développement, si bien que je n'ai réussi à m'attacher à aucun d'eux malgré leur destinée tragique.
Apparemment, la résistance opiniâtre des Numantins, qui ont tenu tête aux Romains durant plusieurs décennies, a beaucoup impressionné leurs conquérants si bien que les auteurs romains n'ont eu de cesse d'exalter leur courage dans leurs écrits. D'ailleurs, chaque partie et chaque chapitre commencent par la citation d'un auteur, la plupart antique, comme Appien, Diodore de Sicile, Florus, Plutarque...
Pour conclure, malgré quelques réserves, cette lecture fut vraiment très agréable et très intéressante.

Je remercie Babelio et les éditions Anacharsis pour ce partenariat.

D'autres avis : Livraddict ♦ Babelio ♦ Booknode ♦

vendredi 19 juillet 2019

Toute une vie et un soir d'Anne Griffin

"Le grand amour, celui qui s'accroche à tes os, s'enfonce sous tes ongles, aussi difficile à faire partir que la terre incrustée depuis des années. Quand il est plus là...c'est comme si on t'avait arraché un bout de toi. Tu te retrouves la peau à vif, sans défenses, avec ton sang qui dégouline sur la moquette neuve."


Éditions : Delcourt
Parution VF & VO : 2019
Genre : Contemporaine
Titre VO : When All Is Said
Traduction : Claire Desserrey
Pages : 265


Résumé :

Un soir, cinq toasts et toute une vie...

Dans une bourgade du comté de Meath, Maurice Hannigan, un vieux fermier, s’installe au bar du Rainsford House Hotel. Il est seul, comme toujours – sauf que, ce soir, rien n’est pareil : Maurice, à sa manière, est enfin prêt à raconter son histoire. Il est là pour se souvenir – de tout ce qu’il a été et de tout ce qu’il ne sera plus. Au fil de la soirée, il veut porter cinq toasts aux cinq personnes qui ont le plus compté pour lui. Il lève son verre à son grand frère Tony, à l’innocente Noreen, sa belle-sœur un peu timbrée, à la petite Molly, son premier enfant trop tôt disparu, au talent de son fils journaliste qui mène sa vie aux États-Unis, et enfin à la modestie de Sadie, sa femme tant aimée, partie deux ans plus tôt. Au fil de ces hommages, c’est toute une vie qui se révèle dans sa vérité franche et poignante… Un roman plein de pudeur et de grâce qui contient toute l’âme de l’Irlande.

Mon avis :

Je dois dire que le premier chapitre m'a fait très peur, dans le sens où je n'ai pas du tout accroché, non seulement parce que je ne suis guère friande des récits à la deuxième personne mais aussi parce que je n'éprouvais qu'un intérêt tout juste poli pour ce début que j'ai trouvé très ennuyeux. Par bonheur, je me suis ensuite sentie complètement happée par l'histoire, dès que la ronde des toasts a commencé en fait...


Le narrateur, Maurice Hannigan, au soir de sa vie, se rend dans le bar du seul hôtel de la bourgade (et qui semble revêtir une importance particulière à ses yeux) pour porter un toast aux cinq personnes qui ont le plus compté dans sa vie. Cinq toasts et quatre alcools liés à l'histoire de ces cinq personnes... Maurice, 84 ans, se met à retracer sa vie en s'adressant à son fils qui vit aux Etats-Unis depuis plusieurs années. Il égrène ses regrets, sa révolte face à la misère de sa famille, à l'exploitation et aux deuils qu'elle subit, son désir de revanche...


La construction est plutôt originale et ne suit pas forcément l'ordre chronologique de l'histoire mais fait des allers-retours dans le temps, nous obligeant à reconstituer progressivement le puzzle de sa vie... avec en filigrane le mystère lié à cette fameuse pièce en or qui sert de fil conducteur. Maurice s'exprime avec beaucoup de pudeur pour parler des siens mais on ressent l'amour immense et inconditionnel qu'il a pour eux ! Bref, une histoire passionnante et poignante avec des personnages fort attachants et dignes jusqu'au bout...

Je remercie Babelio et les éditions Delcourt pour cette découverte !

En plus, l'objet-livre en lui-même est vraiment très beau...

D'autres avis : Livraddict ♦ Babelio ♦ Booknode ♦




lundi 3 juillet 2017

Montana 1948, tome 1 de Larry Watson

"De l'été de mes douze ans, je garde les images les plus saisissantes et
les plus tenaces de toute mon enfance, que le temps passant n'a pu
chasser ni même estomper."

  
«De l'été de mes douze ans, je garde les images les plus saisissantes et les plus tenaces de toute mon enfance, que le temps passant n'a pu chasser ni même estomper.»
 Ainsi s'ouvre le récit du jeune David Hayden. Cet été 1948, une jeune femme sioux porte de lourdes accusations à l'encontre de l'oncle du garçon, charismatique héros de guerre et médecin respecté. Le père de David, shérif d'une petite ville du Montana, doit alors affronter son frère aîné. Impuissant, David assistera au déchirement des deux frères et découvrira la difficulté d'avoir à choisir entre la loyauté à sa famille et la justice.
Je dois avouer qu'en lisant le titre du roman, je m'attendais à une toute autre histoire, et surtout traitée différemment. Je m'attendais à de grandioses descriptions sur les paysages du Montana, à la chronique sociale d'une petite bourgade d'après-guerre, or, l'intrigue aurait pu se dérouler n'importe où sans que cela change grand chose !
Le récit souffre d'un manque de profondeur. Pourtant, les sujets abordés (la ségrégation raciale, le sentiment d'impunité des élites de la ville, le silence de ceux qui savent) auraient pu donner matière à une histoire plus intense, et surtout plus fouillée, mais celle-ci est sûrement pénalisée par le choix de la narration. En effet, le narrateur raconte ses souvenirs d'enfance, quarante ans après le drame qui l'a marqué à douze ans. On ne connaît donc que ce que les adultes laissent échapper devant l'enfant ou ce que lui-même arrive à entendre. Le lecteur a l'impression de partager le statut de spectateur impuissant du narrateur, et de ce fait, se sent un peu détaché de l'histoire. Pourtant les mots sonnent justes mais le récit est vraiment trop survolé et prévisible. Il faut dire que le roman est court (232 pages écrites en gros caractères), nous donnant l'impression que l'auteur avait finalement peu à nous raconter. Et pourtant, le livre porte sur des thèmes intéressants et intemporels, comme la perte des illusions, le poids des apparences et des secrets familiaux, le dilemme entre son sens du devoir et sa loyauté envers sa famille. Malgré le drame et la découverte de l'horrible vérité, il n'y a pas vraiment de tension ni de suspens. Tout semble inévitable et sans surprise. Et la fin laisse comme un goût incongru avec l'intervention déplacée d'un personnage extérieur à l'histoire et qui n'apporte rien, à part l'occasion d'une fausse bonne répartie définitive... 
Le pire, c'est que je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé, la lecture fut même agréable mais l'histoire sera aussi vite oubliée qu'elle a été lue...

En bref :

Les + : un style agréable ; des thèmes intéressants ;
Les - : un récit trop survolé,  prévisible et linéaire ;
 "Un bref instant, je crus que le bois vibrait encore du coup que mon père avait assené."
(sources : France Loisirs)

Larry Watson est né en 1947 à Rugby, dans le Dakota du Nord. Petit-fils et fils de shérif, il rompt avec la tradition familiale et se lance dans l'écriture. Auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles traduits en une dizaine de langues, il a été récompensé par de nombreux prix littéraires. Montana 1948 a, dès sa parution aux Etats-Unis en 1993, été reconnu comme un nouveau classique. Larry Watson vit dans le Wisconsin.
https://parthenia27.blogspot.fr/2016/12/challenge-des-12-themes-organise-par.html
Challenge organisé par A-Little-Bit-Dramatic (6/12)

http://www.livraddict.com/biblio/livre/l-enchanteur-1.html
 babelio
https://booknode.com/l_enchanteur_015479

vendredi 16 août 2013

La maison des sept femmes de Leticia Wierzchowski

La maison des sept femmes de Leticia Wierzchowski

Merci à

Livraddict

et aux 

La maison des sept femmes de Leticia Wierzchowski

pour ce partenariat !

 

 Auteur > Leticia Wierzchowski
Editeur > JC Lattès
Genre > Roman historique, drame
Date de parution > 2002 dans l'édition originale, 2013 dans la présente édition
Titre original > A Casa das sete Mulheres
Nombre de pages > 537
Traduction > du portugais par Danielle Schramm

(sources : Wikipédia)

Leticia WierzchowskiLeticia Wierzchowski est née à Porto Alegre, au Brésil, en 1972. Elle est la petite-fille d'un immigré polonais. Son écriture utilise des éléments tirés à la fois de son milieu familial européen et de son pays d'adoption.
La plupart de son oeuvre s'inspire d'épisodes historiques comme la révolution ou la guerre. Son roman le plus connu, La maison des sept femmes, raconte la vie et les relations de femmes dont les hommes participent à la Guerre des Farrapos au milieu du XIXè siècle. Ce roman a été traduit dans 5 langues et adapté par TV Globo dans une mini-série diffusée dans 23 pays.
D'autres écrits comme son livre de contes pour enfants, O dragão de Wawel e outras lendas polonesas, proviennent de son héritage polonais, tandis que son roman pour adulte Uma ponte par Terebin raconte l'histoire de son grand-père, Jan Wierzchowski, qui a émigré au Brésil en 1936, peu de temps avant le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale.
- son site -

«La Maison des sept femmes est un de ces merveilleux romans historiques où le récit d'une époque immortelle est servi par la maestria d'un roman parfaitement construit.»
Luis Fernando Verissimo

Brésil, 1835. Les grands propriétaires terriens du Sud réclament l'indépendance de leurs provinces face à l'Empire. À leur tête, le général Bento Gonçalvez da Silva. Bien qu'il envisage un conflit court, il prend soin de protéger sa famille en conduisant sa femme, ses soeurs et ses nièces dans l'Estancia de la Barra, propriété isolée où elles vont attendre la fin de la guerre. Celle-ci durera dix ans. Dix ans à la poursuite de la liberté pour les esclaves du Rio Grande do Sul et de l'autonomie pour les grandes provinces du Sud.

Dix ans de vie dans la pampa pour ces sept femmes qui voient leur existence bouleversée. Dans ses carnets, la jeune Manuela décrit l'attente, les espoirs, les doutes et surtout ses sentiments envers le jeune révolutionnaire Giuseppe Garibaldi. 

 "Nul ne pouvait prévoir que l'année 1835 nous apporterait, dans le sillage lumineux de la comète, les sortilèges, les amours et les malheurs dont elle fut prodigue."

Tout d'abord, je remercie Livraddict et les éditions JC Lattès pour ce partenariat !

Je dois avouer que la quatrième de couverture m'avait vraiment donné envie de découvrir ce livre et tout un pan de l'histoire brésilienne que je ne connais pas (pour être tout à fait honnête, je ne connais pas grand chose à l'histoire du Brésil !^^). Et effectivement, j'ai été complètement happée par la description de cet épisode historique, de ses implications et de ses conséquences.

Malgré un plaisir de lecture certain, lié à la découverte d'un monde inconnu pour moi, je dois avouer que j'ai été déçue par certains aspects scénaristiques.

Tout d'abord les personnages. J'ai l'impression qu'à part leur prénom (quoique ! certains prénoms se transmettant de génération en génération !^^) ils sont tous interchangeables : ils se ressemblent un peu tous dans leur manière de réagir ou de s'exprimer (c'est surtout flagrant avec les extraits du journal de Manuela dont le style, assez distant, ne se démarque en aucune manière du reste du livre). C'est dommage que leur psychologie ne soit pas plus approfondie car nous n'arrivons pas vraiment à nous attacher à eux. Cela tient peut-être à leur multiplicité. J'ai d'ailleurs eu du mal au début à les reconnaître.
Toutes les émotions sont contrôlées, que ce soit dans les lettres ou les cahiers de Manuela, ce qui donne une impression très artificielle. Normalement on écrit dans son journal avec son coeur, avec ses tripes, sous le sceau rassurant du secret. Mais là, tout est maîtrisé, tout est lisse, policé. Idem pour les lettres que les épouses reçoivent de leur mari : je veux bien qu'à l'époque une certaine retenue régisse les rapports entre époux, mais à ce point ! on a plus le sentiment de lire des compte-rendus de batailles que des messages privés. Et je rappelle que ces personnages sont supposés passer parfois plusieurs mois, voire plusieurs années sans se voir...
Autre petite remarque concernant les carnets de Manuela : les sauts dans le temps. Au début, je croyais qu'il s'agissait d'une coquille. Le 1er extrait du journal est daté de septembre 1835, puis décembre 1835, avril 1836, août 1836, novembre 1836 (jusque là tout va bien), et tout à coup : juin 1860 ! puis mars 1903 ! et on rétrograde en août 1883 ! et ainsi de suite tout au long du livre... Autant vous dire que je n'ai jamais compris le parti pris de l'auteure ni l'intérêt d'un tel procédé puisqu'il nous dévoile en sus des clés de l'intrigue !
Bref, les sauts dans le temps n'ont pas été les seuls à me gêner mais également les nombreux changements de temps dans la narration ! C'est dommage, parce que certains passage sont très joliment écrits et d'une manière plutôt poétique...

Pour conclure, une lecture en demi-teinte. J'ai été ravie de découvrir cet épisode de l'histoire brésilienne que j'ai trouvé passionnant, malgré quelques petites longueurs. Par contre, je trouve que le potentiel du livre a été gâché par certains choix de narration de l'auteure. De plus, malgré un style agréable et poétique parfois, il manque une âme à l'histoire. Il lui manque de la chair, de la passion et des émotions ! Les personnages, assez variés et différents pour nourrir une trame intéressante, n'ont pas tenu leurs promesses et semblent malheureusement bien plats. Seule la tante aînée dona Antonia a réussi à me toucher, et dans une moindre mesure Marianna...

Appréciation :

note : 3 sur 5

page 80/81:
"Oui, c'est ainsi, les hommes rejoignent leurs guerres, leurs combats, partent conquérir de nouveaux territoires, creuser les tombes et enterrer les morts. Les femmes restent, attendent. Neuf mois, une vie entière. Traînant leurs jours comme de vieux meubles, les femmes attendent... Comme un mur, c'est ainsi que la femme de la pampa attend son homme. Que nulle tempête ne la fasse s'écrouler, que nul vent ne la fasse plier, l'homme aura besoin d'une aile quand il rentrera à la maison, s'il revient à la maison... Ma grand-mère Perpétua disait cela, elle nous le disait chaque fois qu'elle nous racontait les combats que mon grand-père avait menés. C'est sa voix que j'entends aujourd'hui.
Dehors les grillons chantent.
Il doit être bien tard."

La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

Ma 17ème participation au challenge de Lynnae - évocation de la Guerre des Farroupas avec le personnage historique Bento Gonçalves.

le tour du monde en 8 ans

Ce billet est ma 8è participation au challenge d'Helran; cette escale compte pour le  Brésil.

La maison des sept femmes de Leticia Wierzchowski

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