”Je ne suis plus un enfant. Il ne faut pas se fier aux yeux verts, à la peau de fille, à cette fragilité de l'apparence, à la gracilité. Il ne faut pas croire que les yeux baissés, c'est forcément de la timidité. Je sais ce que je fais. Seize ans, c'est l'âge des possibles. Je ne m'interdis rien. Pourquoi m'interdirais-je quoi que ce soit ?
Editions : Julliard
Parution : 2001
Genre : Roman historique, épistolaire
Pages : 194
Emprunté
Quatrième de couverture :
Eté 1916. Vincent découvre la passion dans les bras d'Arthur, jeune soldat qui tente d'échapper pour quelques jours à l'horreur des tranchées et, dans le même temps, ébauche une amitié amoureuse avec Marcel Proust... C'est le point de départ de ce surprenant roman, le premier écrit par Philippe Besson.
Mon avis :
C'est après avoir vu à la télévision, l'adaptation d'un roman de l'écrivain Philippe Besson, Arrête avec tes mensonges, que j'ai eu envie de découvrir son oeuvre. Comme le livre éponyme avait déjà été emprunté à ma médiathèque, je me suis rabattue sur celui-ci, attirée par l'époque où était censée se dérouler l'intrigue, à savoir la Première Guerre mondiale. En outre, en apprenant que le livre portait sur l'amour entre deux hommes (un ado et un jeune homme pour être plus précise), je m'attendais à tout autre chose. Je pensais que l'histoire serait plus ancrée dans l'Histoire ! Là, ça aurait pu se passer à n'importe quelle époque. Je m'attendais à une description de la vie à l'arrière, en l'absence des hommes justement, et à découvrir la vie d'un jeune garçon de 16 ans parmi les femmes, avec les réflexions et les rêves que l'on peut avoir à cet âge-là. Or, j'ai trouvé Vincent trop mature pour son âge et l'époque, et surtout, un peu trop prédisposé au verbiage (c'est lui le narrateur du roman). En effet, j'ai eu l'impression que l'auteur s'appliquait surtout à bien écrire, se souciant plus du style que de nous transmettre des émotions, car malheureusement, je n'ai jamais ressenti cette passion censée embraser nos deux jeunes amants.
La faute, je pense, au style qui m'a gênée tout le long de ma lecture, tant il semblait copié sur celui de Marguerite Duras ! C'était déstabilisant... et lassant à la longue tous ces "Je dis : (...) Tu dis : (...)" qui s'enchaînent ad nauseam. D'autant que la compréhension devient confuse avec des dialogues qui se suivent dans un même paragraphe et se mélangent avec le récit lui-même si bien que parfois je ne savais plus quel personnage parlait ni quel personnage agissait !
La 1ère partie du livre couvre les 7 jours de permission d'Arthur pendant lesquels Vincent alterne ses après-midis avec Marcel (Proust) et ses nuits avec son amant.
La 2ème partie est constituée de la correspondance entre Vincent et Arthur, reparti au combat, et de Vincent et Marcel parti en Normandie régler des affaires.
Pour la 3ème partie, je ne peux en parler sous peine de spoiler !
Malheureusement, rien ne m'a convaincue dans ce livre, et je ressens beaucoup de frustration en tant que lectrice. On ne saura jamais comment Vincent et Arthur sont tombés amoureux. On passe sans transition du 1er rendez-vous avec Marcel à sa nuit d'amour avec Arthur. Qu'est-ce qui les a poussés dans les bras l'un de l'autre ? Mystère... Il n'y a pas vraiment d'histoire, on a surtout l'impression que Vincent s'écoute beaucoup parler ! C'est dommage, parce que ses pensées sont parfois joliment transcrites.
C'est comme pour le contexte historique, on a le sentiment qu'il n'est qu'un prétexte et que l'auteur voulait surtout se faire rencontrer le narrateur et Marcel Proust. En outre, j'ai trouvé le traitement de certaines situations assez anachroniques : je veux bien que dans le milieu artistique, la tolérance était plus développée vis-à-vis de l'homosexualité mais Vincent se confie très vite à son tout nouvel ami, et par lettre de surcroît ! Idem pour sa correspondance avec Arthur où il lui parle sans fard de la nature de leurs liens alors que les lettres étaient ouvertes, lues (et censurées au besoin) par l'Armée... Tout sonne donc un peu faux dans ce récit ! Il faut dire que le livre ne fait que 194 pages écrites en gros caractère. Un peu trop court pour développer de manière satisfaisante l'intrigue et donner de la consistance aux personnages...
D'autres avis : Babelio ♦ Booknode ♦ Livraddict

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