samedi 28 mars 2026

Je voulais vivre d'Adélaïde de Clermont-Tonnerre


Anne de Breuil, comtesse de La Fère, Charlotte Backson, Milady de Winter, vos crimes ont lassé les hommes sur la terre et Dieu dans le ciel. Dépouillez-vous de vos mensonges, renoncez à vos masques, et si vous avez une prière, dites-la, car vous allez mourir. 



Editions : Grasset
Parution : 20 août 2025
Genre : Historique, classique revisité
Pages : 383
Ebook (prix : 16,99€)
Emprunté 

Résumé de l'éditeur :


Par une nuit glaciale, le père Lamandre recueille une fillette de six ans venue frapper avec insistance à sa porte. L’enfant aux yeux admirables tremble de froid et de faim. Elle a les pieds en sang dans ses souliers à boucles d’argent, mais refuse de répondre aux questions qui lui sont posées. Le vieux prêtre ne saura que son prénom : Anne. Vingt ans plus tard, Anne est devenue Lady Clarick. Richissime, courtisée, elle a l’oreille des grands et le cardinal de Richelieu ne jure que par elle. Pourtant, dans l’ombre, quatre hommes connaissent son vrai visage et sont prêts à tout pour la punir de ses forfaits. Manipulatrice sans foi ni loi, intrigante, traîtresse, empoisonneuse, cette criminelle au visage angélique a traversé les siècles et la littérature : elle se nomme Milady.
Voici venu le temps d’écarter la légende pour rencontrer la femme. Même un personnage de fiction peut réclamer justice. Ce roman inoubliable, écrit d’une voix puissamment contemporaine, rend vie à Milady et nous offre son histoire dont Dumas a semé les indices dans Les Trois Mousquetaires.
Magnifique portrait d’une femme libre menant, pour sa survie, un jeu dangereux. Dans une époque où trop d’hommes voudraient la contraindre et la posséder, elle se bat – jusqu’à la transgression ultime – pour son pays, pour son idéal et pour sa liberté.


Avis : 


Malgré la venimosité de Milady, j'ai toujours trouvé ce personnage très intrigant. Comment cette femme en était-elle arrivée à un tel degré de cruauté et de folie meurtrière? Avait-ce toujours été dans sa nature ?
J'étais donc très enthousiaste à l'idée de découvrir le point de vue de Milady, surtout au vu des nombreux avis élogieux (avec une moyenne de 4,36/5 sur Babelio et 17,6/20 sur Livraddict). Je m'attendais donc à une lecture vraiment envoûtante qui me révèlerait de manière fracassante une nouvelle Milady, pas tout à fait la même, ni tout à fait une autre mais que j'aimerais et comprendrais. Attention ! Je ne souhaitais pas vraiment qu'elle soit réhabilitée, hein, mais que son comportement de folle furieuse ait au moins une explication plausible et un peu moins condamnable que les apparences, tout en espérant un personnage aussi intense que l'original. Beaucoup d'attentes, donc. Un peu trop peut-être ?
Car j'ai vraiment été déçue par ma lecture. J'ai eu l'impression que l'histoire de Milady était survolée. Qu'il lui manquait de la profondeur. C'est dommage parce qu'un personnage aussi complexe et fascinant aurait mérité un meilleur développement.
La plume en elle-même n'est pas désagréable, les pages se tournent toutes seules, mais les personnages manquent cruellement de chair et de passion, ce qui fait que l'on ne se sent pas touché par eux, malgré les malheurs qui les accablent.
Concernant les allusions de Dumas sur le passé de Milady, ma lecture des Trois Mousquetaires remonte à trop loin  pour que je m'en souvienne avec précision mais les efforts de l'auteure pour combler ces blancs ne m'ont pas du tout convaincue tant ils me semblaient forcés ou peu naturels /!\Attention spoiler ! /!\ (par exemple : comment a-t-elle pu céder au prêtre alors qu'elle s'en méfie dès le début ? — lors de la pendaison, on se demande où sont passés les invités ! — en Angleterre, on ne comprend pas d'où sort la mission de M. de Marnay !) /!\Fin du spoiler/!\  Ces épisodes ont sûrement manqué de développement pour être crédibles, en plus de paraître parfois incohérents.

De plus, je n'ai pas trouvé la technique du POV très pertinente. Au début du roman, l'auteure alterne le point de vue de Milady dans les années 1620 et celui de d'Artagnan à la bataille de Maastricht en 1673. Puis d'autres POV (comme celui du comte de Rochefort) viennent s'ajouter. Mais cette technique narrative n'apporte rien à l'histoire selon moi.

Pour conclure, ma lecture a été mitigée et décevante. Je m'attendais vraiment à autre chose, surtout d'un roman récompensé par le prix Renaudot ! Je m'attendais à quelque chose de plus fort, de plus puissant, de plus intense. Il s'agit de Milady, palsambleu ! Un des personnages les plus marquants de Dumas, qui interpelle le lecteur par son manque total d'empathie et sa cruauté gratuite (quelle utilité de tuer Constance ?). Et quelle vie aventureuse elle a eue ! Or, ici, je n'ai jamais ressenti de surprise ni ne me suis sentie transportée par un quelconque souffle épique.
Peut-être Milady aurait-elle dû, finalement, garder sa part de mystère ?

Milady par Eva Green


D'autres avis : Babelio ♦ Booknode ♦ Livraddict
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mercredi 18 mars 2026

Moi, Cléopâtre, dernière reine d'Egypte d'Isabelle Dethan



Scenario : Isabelle Dethan
Dessin : Isabelle Dethan
Couleur : Isabelle Dethan
Genre : BD historique, biographie romancée
Date de parution : 2025
Editeur : Dargaud
Nombre de planches : 204
Prix : 26,95 euros


Quatrième de couverture :


On m'appelle Cléopâtre,
et je suis, paraît-il, l'Egyptienne la plus célèbre de l'Antiquité.
Femme fatale, courtisane, je manipulerais les hommes comme s'il s'agissait de jouets.
Capricieuse, belle à couper le souffle, je m'amuserais à dissoudre des perles dans du vinaigre, une panthère docile à mes pieds. Sauf que...

Je n'ai pas une goutte de sang égyptien. Je ne suis pas particulièrement jolie.
Mais bonne stratège politique, ça, oui. Et mère de quatre enfants.
Et surtout, reine d'un pays convoité par tous.

Laissez-moi vous raconter MA VÉRITABLE HISTOIRE.

AVIS :


J'avais découvert Isabelle Dethan avec sa saga Les Ombres du Styx, dont l'histoire se situe au IIIe de notre ère en Afrique du Nord alors romaine, puis avec sa saga Sur les Terres d'Horus, qui prend place sous le règne de Ramsès II, et que j'avais beaucoup aimées. Malheureusement, cette fois, la magie n'a pas vraiment opéré alors que je trouve le personnage historique de Cléopâtre fascinant.
Je ne sais pas si c'est dû au format de la BD (19,90 x 26,80 cm au lieu des 23,00 x 32,00 habituels) rendant ma lecture assez fatigante à cause de mes problèmes de vue (je me concentrais davantage sur le déchiffrage plutôt que sur l'histoire en elle-même) ou si cela vient du fait que je connaissais déjà l'histoire de Cléopâtre avec un début de "réhabilitation" dans le docu-fiction Le Destin de Rome.

Je n'ai, par ailleurs, pas adhéré au parti pris de l'auteure de nous faire découvrir l'histoire de Cléopâtre à travers les conversations de son fantôme avec la momie de son babouin de compagnie. Je me suis sentie totalement étrangère au récit, comme détachée. C'est vraiment dommage car, à la base, j'adore le couple Cléopâtre- Marc Antoine. 
Autre petite réserve (mais que j'avais déjà remarquée avec Les Ombres du Styx) : les traits du visage des hommes paraissent inachevés. En outre, je n'ai pas retrouvé la minutie du détail dans le dessin des étoffes, des bijoux ou des objets ni le chatoiement des couleurs comme elle nous avait habitué dans les deux sagas mentionnées en début de chronique.
Malgré tout, j'ai été heureuse d'apprendre deux ou trois trucs que je ne connaissais pas. On sent combien l'auteure s'est documentée avec soin pour dresser le portrait de cette dernière reine d'Egypte.

Appréciation :



D'autres avis :  Babelio ♦ Booknode ♦ Livraddict
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