”Anne de Breuil, comtesse de La Fère, Charlotte Backson, Milady de Winter, vos crimes ont lassé les hommes sur la terre et Dieu dans le ciel. Dépouillez-vous de vos mensonges, renoncez à vos masques, et si vous avez une prière, dites-la, car vous allez mourir.
Editions : Grasset
Parution : 20 août 2025
Genre : Historique, classique revisité
Pages : 383
Ebook (prix : 16,99€)
Emprunté
Résumé de l'éditeur :
Par une nuit glaciale, le père Lamandre recueille une fillette de six ans
venue frapper avec insistance à sa porte. L’enfant aux yeux admirables
tremble de froid et de faim. Elle a les pieds en sang dans ses souliers à
boucles d’argent, mais refuse de répondre aux questions qui lui sont posées.
Le vieux prêtre ne saura que son prénom : Anne. Vingt ans plus tard, Anne
est devenue Lady Clarick. Richissime, courtisée, elle a l’oreille des grands
et le cardinal de Richelieu ne jure que par elle. Pourtant, dans l’ombre,
quatre hommes connaissent son vrai visage et sont prêts à tout pour la punir
de ses forfaits. Manipulatrice sans foi ni loi, intrigante, traîtresse,
empoisonneuse, cette criminelle au visage angélique a traversé les siècles
et la littérature : elle se nomme Milady.
Voici venu le temps d’écarter la légende pour rencontrer la femme. Même un
personnage de fiction peut réclamer justice. Ce roman inoubliable, écrit
d’une voix puissamment contemporaine, rend vie à Milady et nous offre son
histoire dont Dumas a semé les indices dans Les Trois Mousquetaires.
Magnifique portrait d’une femme libre menant, pour sa survie, un jeu
dangereux. Dans une époque où trop d’hommes voudraient la contraindre et la
posséder, elle se bat – jusqu’à la transgression ultime – pour son pays,
pour son idéal et pour sa liberté.
Avis :
Malgré la venimosité de Milady, j'ai toujours trouvé ce personnage très
intrigant.
Comment cette femme en était-elle arrivée à un tel degré de cruauté et de
folie meurtrière? Avait-ce toujours été dans sa nature ?
J'étais donc très enthousiaste à l'idée de découvrir le point de vue de
Milady, surtout au vu des nombreux avis élogieux
(avec une moyenne de 4,36/5 sur Babelio et 17,6/20 sur Livraddict). Je
m'attendais donc à une lecture vraiment envoûtante qui me révèlerait de
manière fracassante une nouvelle Milady,
pas tout à fait la même, ni tout à fait une autre mais que j'aimerais
et comprendrais. Attention ! Je ne souhaitais pas vraiment qu'elle soit
réhabilitée, hein, mais que son comportement de folle furieuse ait au moins
une explication plausible et un peu moins condamnable que les apparences,
tout en espérant un personnage aussi intense que l'original. Beaucoup
d'attentes, donc. Un peu trop peut-être ?
Car
j'ai vraiment été déçue par ma lecture.
J'ai eu l'impression que
l'histoire de Milady était survolée.
Qu'il lui manquait de la profondeur. C'est dommage parce qu'un personnage
aussi complexe et fascinant aurait mérité un meilleur développement.
La plume en elle-même n'est pas désagréable, les pages se tournent toutes seules, mais les personnages manquent
cruellement de chair et de passion, ce qui fait que l'on ne se sent pas touché
par eux, malgré les malheurs qui les accablent.
Concernant les allusions de Dumas sur le passé de Milady, ma lecture des
Trois Mousquetaires remonte à trop loin pour que je m'en
souvienne avec précision mais
les efforts de l'auteure pour combler ces blancs ne m'ont pas du tout
convaincue
tant ils me semblaient forcés ou peu naturels
/!\Attention spoiler ! /!\ (par exemple : comment a-t-elle pu céder au prêtre alors qu'elle s'en méfie
dès le début ? — lors de la pendaison, on se demande où sont passés les
invités ! — en Angleterre, on ne comprend pas d'où sort la mission de M. de
Marnay !) /!\Fin du spoiler/!\ Ces épisodes ont sûrement manqué de développement pour être crédibles,
en plus de paraître parfois incohérents.
De plus,
je n'ai pas trouvé la technique du POV très pertinente. Au début du roman, l'auteure alterne le point de vue de Milady dans les
années 1620 et celui de d'Artagnan à la bataille de Maastricht en 1673. Puis
d'autres POV (comme celui du comte de Rochefort) viennent s'ajouter. Mais
cette technique narrative n'apporte rien à l'histoire selon moi.
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Milady par Eva Green |
Pour conclure, ma lecture a été mitigée et décevante. Je m'attendais vraiment à autre chose, surtout d'un roman récompensé par
le prix Renaudot !
Je m'attendais à quelque chose de plus fort, de plus puissant, de plus
intense. Il s'agit de Milady, palsambleu ! Un des personnages les plus
marquants de Dumas, qui interpelle le lecteur par son manque total
d'empathie et sa cruauté gratuite (quelle utilité de tuer Constance ?). Et
quelle vie aventureuse elle a eue ! Or, ici, je n'ai jamais ressenti de
surprise ni ne me suis sentie transportée par un quelconque souffle
épique.
Peut-être Milady aurait-elle dû, finalement, garder sa part de mystère
?
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