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jeudi 30 avril 2026

Le roi d'août de Michel Pagel

”Étrange destin que celui des filles de rois, à qui nul ne demandait jamais leur avis sur l'homme qu'on leur donnait comme époux, qui quittaient leur famille, leur pays, souvent à l'âge le plus tendre, pour pénétrer d'un coup dans l'intimité d'un inconnu auquel elles devaient se soumettre.


Editions : Les Moutons électriques
Collection : La bibliothèque voltaïque
Parution : 2 octobre 2020
Genre : Fantasy historique
Pages : 538
Ebook

Résumé de l'éditeur :

A l'âge de quatorze ans, Philippe, promis aux plus hautes fonctions du royaume de France, s'égara lors d'une chasse en forêt. De la bouche d'un être que d'aucuns auraient cru légendaire, il apprit de quelle fantastique ascendance il était l'héritier, ainsi que la véritable nature des pouvoirs royaux des capétiens. Sa vie entière, le souverain resta hanté par cet événement qui modela à jamais sa personnalité et ses actes, d'alliances en conflits avec la papauté ou les Plantagenêts, et jusqu'à la stupéfiante répudiation de sa seconde femme, la belle Isambour de Danemark. Voici contée ici la destinée exceptionnelle du roi Philippe-Auguste : une chronique strictement fidèle aux faits relatés par les témoins de l'époque, mais qui révèle enfin ce dont l'histoire n'a gardé trace...

Mon avis :


Tout d'abord, je veux souligner le tour de force de l'auteur d'avoir écrit un roman historique aussi précis sur une personnalité ayant vécu 800 ans avant nous. J'ai étudié à la fac Philippe Auguste (qui est d'ailleurs un de mes personnages historiques préférés), et cela se voit que l'auteur s'est appuyé sur une documentation solide pour écrire ce livre. J'ai donc vraiment kiffé me replonger dans la vie de ce grand roi. En outre, on se sent vraiment immergé dans ce XIIème siècle finissant, avec la description des différents lieux, des conseils royaux, des enjeux politiques, des mariages diplomatiques. La partie historique est à la fois le point fort et le point faible du livre. Car j'aurais aimé que l'auteur arrive à se détacher de tous ces événements politiques pour m'aider à m'attacher aux personnages. C'est dommage parce que la relation compliquée entre Isambour de Danemark et son époux royal aurait pu faire naître de beaux moments d'émotions mais, même si j'ai été parfois touchée par leurs malheurs, je me suis sentie la plupart du temps détachée d'eux. 
En outre, je n'ai pas été convaincue par le parti pris de Michel Pagel d'expliquer les énigmes réelles de la vie de Philipe Auguste par une perspective fantastique, même si je trouve l'idée très intéressante, mais cette partie-là n'a pas été assez exploitée ni développée pour que j'y adhère vraiment !

Pour conclure, une lecture très plaisante à défaut d'être totalement convaincante... 






D'autres avis : Babelio ♦ Booknode ♦ Livraddict
Challenge : Les 12 thèmes de Jellydragon


samedi 5 mars 2016

L'œillet vert de Robert S. Hichens

L'oeillet vert de Robert S. Hichens

Merci à

Bestiarius, tome 1 de Masumi Kakizaki

et aux éditions 

Les moutons électriques

pour ce partenariat !

fiche détaillée

Auteur > Robert S. Hichens
Editeur > Les moutons électriques
Collection > Le Rayon vert
Genre > classique
Date de parution > 1894 dans l'édition originale, 2016 dans la présente édition
Titre original > The Green Carnation
Nombre de pages > 189
Traduction > de l'anglais  par Patrick Marcel

auteur

Robert S. Hichens Journaliste et romancier, surtout renommé pour ses nouvelles de fantastique, Robert Smythe Hichens (1864-1950) faisait partie des connaissances d’Oscar Wilde qui notaient ses réparties. Mais contrairement à beaucoup d’autres, Hichens conserva pour lui ces aphorismes et déclarations fracassantes, afin d’en alimenter ce roman, qui rencontra un beau succès de scandale à son époque.
Il a d'autre part collaboré à de nombreuses pièces à succès. Il est plus particulièrement connu en tant que satiriste des « Naughty Nineties », « les coquines années '90 ».
Son premier roman est The Coastguard's Secret qu'il écrivit en 1886, mais c'est avec The Green Carnation qu'il se fait connaître en 1894. Il en fera d'autres nombreux et passionnants dont certains ont été traduits en français. Il a publié plusieurs recueils de nouvelles qui comportent plusieurs nouvelles fantastiques comme Comment l'amour s'imposa au professeur Guildea, un des plus grands chefs-d'œuvre de la littérature fantastique. D'après le critique Louis Vax, certaines pages de cette nouvelle comptent parmi les plus impressionnantes de toute la littérature fantastique.

quatrième de couverture

Oscar Wilde dans toute sa splendeur : lorsqu’en 1894 ce roman fut publié anonymement, tout le monde se demanda qui en était l’auteur, mais personne n’eut le moindre doute quant à l’identité des protagonistes, Oscar Wilde et lord Alfred Douglas.

Roman à clef, comédie mordante sur le « Mouvement Esthétique » et portrait au vitriol de la société des Yellow Nineties, les années 1890 anglaises et leurs scandales, cet œillet vert (du nom de la fleur qui servait de symbole aux gays de l’époque) constitue un inédit et précieux témoignage sur Wilde et son entourage, par l’un de ses proches, traduit pour la première fois en langue française.

première phrase

"Il glissa un oeillet vert sur son habit, le piqua en place avec une épingle et se regarda dans le miroir, la longue glace qui se dressait près de la fenêtre de sa chambre londonienne."

avis personnel

Ce livre, publié anonymement en 1894, s'inspire de la relation homosexuelle entre Oscar Wilde et Lord Alfred Douglas. Suite au parfum de scandale distillé par ce roman, celui-ci fut retiré des ventes dès 1895, mais précipita la chute et la disgrâce d'Oscar Wilde. En effet, L'oeillet vert fut apparemment utilisé par le ministère public pour condamner Oscar à deux ans de travaux forcés ! Et franchement, à part le port de l'œillet vert qui était le signe de ralliement des gays de l'époque (comme le port de la moustache dans les années 70, Freddie, si tu me lis !!^^), je n'ai compris aucune autre allusion aux mœurs considérées comme dévoyées d'Oscar et de son jeune et bel amant.

Or donc, le jeune Reginald "Reggie" Hastings (Alfred Douglas), dandy couvert de dettes, a été corrompu par la fréquentation de son grand ami Esmé Amarinth pour devenir aussi insupportable que son aîné. Les deux hommes vouent un véritable culte au péché et à l'art. Ils cherchent tant à se montrer provocants et choquants auprès de la bonne société que leur posture est devenue tout à fait vaine, voire ridicule ! En dépit de leurs propos scandaleux (et surtout à cause d'eux), leur compagnie est très recherchée. Ils sont invités par Mrs Windsor à passer une semaine dans sa maison campagnarde pour fuir l'été londonien et s'adonner à une vie rustique so exciting !!! Ils y retrouvent la vieille et cynique Mme Valtesi, ainsi que lady Locke, veuve et cousine de l'hôtesse qui aimerait la recaser avec Reggie ! Si au début, lady Locke est troublée par le charme juvénile de Reggie, la détestable influence qu'Esmé exerce sur lui la guérit définitivement de tout désir de mariage.

Tout le temps de ma lecture, je me disais qu'avec un ami comme Hichens, pas la peine d'avoir des ennemis tant j'ai trouvé qu'Oscar Wilde était ici ridiculisé. Bien sûr, il s'agit d'une satire sur le mouvemente esthétique dont l'écrivain était la figure de proue, mais la charge est tellement féroce, tellement mordante que parfois je ne savais plus que penser, me sentant perplexe. Ce sentiment s'est un peu dissipé quand j'ai lu la préface, écrite par l'auteur lui-même pour une réédition de 1947, (car j'ai lu la préface seulement après avoir lu le roman), et le moins que l'on puisse dire c'est qu'Alfred et Oscar ont le sens de l'humour et de l'auto-dérision (à moins qu'ils soient aussi friands de scandales et aussi auto-centrés que le suggère le livre), car ayant deviné rapidement l'identité de l'auteur, ils l'ont félicité pour cette "pochade". On y apprend d'ailleurs qu'Hichens, voyant le mal que la publicité de son livre pouvait faire à Oscar alors aux prises avec la justice, a décidé avec son éditeur de retirer le livre des ventes.
Comme dit plus haut, le lecteur du XXIème siècle aura bien du mal à comprendre le sulfureux parfum de scandale qui entoure ce livre ( (bien que j'aie ressenti un début de malaise lors de la scène entre  Reggie et Tommy, le petit garçon de lady Locke, quand le premier promet de lui offrir un œillet vert, symbole on ne peut plus explicite de son orientation sexuelle et je me suis demandée si Reggie n'était pas plus qu'homosexuel et adepte de la pédérastie ?!?). Autre aspect qui m'a dérangée : l'auteur suggère que Reggie (Alfred) était un bon garçon avant sa rencontre avec Esmé (Oscar) qui a complètement perverti son esprit mais rappelons que Wilde avait déjà une femme et deux enfants avant de tomber fou amoureux d'Alfred et que celui-ci semblait déjà bien corrompu !

Bref, certains passages sont vraiment drôles. Comme celui avec le vicaire Smith dont les réponses aux réparties spirituelles et sarcastiques d'Esmé sont en complet décalage, ou les surenchères moqueuses de Mme Valtesi au détriment de leur hôtesse qui ne se rend compte de rien...
Esmé ne cesse de faire assaut d'esprit, il se complaît même dans une espèce d'auto-satisfaction qui finit par le rendre ridicule ; tandis que le jeune Reggie a l'audace de sa jeunesse, mais sa tendance à admirer et accorder trop d'importance à sa belle apparence, sa manie à copier son aîné, à répéter ses paradoxes et sa philosophie de vie comme un perroquet, le rendent vain et terriblement superficiel. Seule lady Locke semble finalement dotée de bon sens !

C'était vraiment intéressant de découvrir les préoccupations et futiles passe-temps de certains membres éminents de la bonne société londonienne de cette fin de XIXème, même à travers le prisme déformant de la satire. Grâce à Hichens, nous pouvons écouter la conversation si spirituelle de Wilde car l'auteur s'appuie sur nombre de bons mots prononcés par l'écrivain, même si ce dernier est parfois moqué   assez férocement. Ce fut donc une lecture délicieuse et je remercie les éditions les moutons électriques ainsi que Babelio pour ce partenariat !

 

Appréciation :

note : 4 sur 5

divers

Challenge "Un classique par mois"

Challenge organisé par Pr Platypus (2/12)

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