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lundi 3 juillet 2017

Montana 1948, tome 1 de Larry Watson

"De l'été de mes douze ans, je garde les images les plus saisissantes et
les plus tenaces de toute mon enfance, que le temps passant n'a pu
chasser ni même estomper."

  
«De l'été de mes douze ans, je garde les images les plus saisissantes et les plus tenaces de toute mon enfance, que le temps passant n'a pu chasser ni même estomper.»
 Ainsi s'ouvre le récit du jeune David Hayden. Cet été 1948, une jeune femme sioux porte de lourdes accusations à l'encontre de l'oncle du garçon, charismatique héros de guerre et médecin respecté. Le père de David, shérif d'une petite ville du Montana, doit alors affronter son frère aîné. Impuissant, David assistera au déchirement des deux frères et découvrira la difficulté d'avoir à choisir entre la loyauté à sa famille et la justice.
Je dois avouer qu'en lisant le titre du roman, je m'attendais à une toute autre histoire, et surtout traitée différemment. Je m'attendais à de grandioses descriptions sur les paysages du Montana, à la chronique sociale d'une petite bourgade d'après-guerre, or, l'intrigue aurait pu se dérouler n'importe où sans que cela change grand chose !
Le récit souffre d'un manque de profondeur. Pourtant, les sujets abordés (la ségrégation raciale, le sentiment d'impunité des élites de la ville, le silence de ceux qui savent) auraient pu donner matière à une histoire plus intense, et surtout plus fouillée, mais celle-ci est sûrement pénalisée par le choix de la narration. En effet, le narrateur raconte ses souvenirs d'enfance, quarante ans après le drame qui l'a marqué à douze ans. On ne connaît donc que ce que les adultes laissent échapper devant l'enfant ou ce que lui-même arrive à entendre. Le lecteur a l'impression de partager le statut de spectateur impuissant du narrateur, et de ce fait, se sent un peu détaché de l'histoire. Pourtant les mots sonnent justes mais le récit est vraiment trop survolé et prévisible. Il faut dire que le roman est court (232 pages écrites en gros caractères), nous donnant l'impression que l'auteur avait finalement peu à nous raconter. Et pourtant, le livre porte sur des thèmes intéressants et intemporels, comme la perte des illusions, le poids des apparences et des secrets familiaux, le dilemme entre son sens du devoir et sa loyauté envers sa famille. Malgré le drame et la découverte de l'horrible vérité, il n'y a pas vraiment de tension ni de suspens. Tout semble inévitable et sans surprise. Et la fin laisse comme un goût incongru avec l'intervention déplacée d'un personnage extérieur à l'histoire et qui n'apporte rien, à part l'occasion d'une fausse bonne répartie définitive... 
Le pire, c'est que je ne peux pas dire que je n'ai pas aimé, la lecture fut même agréable mais l'histoire sera aussi vite oubliée qu'elle a été lue...

En bref :

Les + : un style agréable ; des thèmes intéressants ;
Les - : un récit trop survolé,  prévisible et linéaire ;
 "Un bref instant, je crus que le bois vibrait encore du coup que mon père avait assené."
(sources : France Loisirs)

Larry Watson est né en 1947 à Rugby, dans le Dakota du Nord. Petit-fils et fils de shérif, il rompt avec la tradition familiale et se lance dans l'écriture. Auteur de plusieurs romans et recueils de nouvelles traduits en une dizaine de langues, il a été récompensé par de nombreux prix littéraires. Montana 1948 a, dès sa parution aux Etats-Unis en 1993, été reconnu comme un nouveau classique. Larry Watson vit dans le Wisconsin.
https://parthenia27.blogspot.fr/2016/12/challenge-des-12-themes-organise-par.html
Challenge organisé par A-Little-Bit-Dramatic (6/12)

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lundi 10 avril 2017

Sorcha de Mallaig de Diane Lacombe - Mallaig, tome 3


"Je levai les yeux de ma broderie et vis que ma mère s'était assoupie dans son fauteuil."
Ecosse, 1437. Sorcha , fille d'un laird du clan MacNèil de Mallaig, tombé en disgrâce, se languit dans un couvent austère et loin du monde. Son seul recours : sa correspondance avec Baltair MacNèil, héritier de Mallaig, jeune homme de son clan qu'elle n'a jamais rencontré. Mais le jour même où Baltair arrive pour enfin la ramener à Mallaig, Sorcha, ne supportant plus son isolement, a pris la fuite ! Même si Baltair, sous le charme de la jeune fille, réussit à la retrouver, quelle sera la place de Sorcha à Mallaig où circulent des révélations infâmes sur ses origines ?

Nous retrouvons avec un immense plaisir les personnages du tome 2 douze ans après les faits. Sauf que cette fois, les héros de la Châtelaine de Mallaig passent au second plan pour laisser la place à la génération suivante, et le moins que l'on puisse dire, c'est que leurs successeurs leur donnent bien du fil à retordre.
Ceit, désormais âgée de 19 ans, se cherche avec rage un mari, sans se soucier de sa réputation, mais sa laideur et sa surdité éloignent d'elle tout prétendant. La petite fille timide et affectueuse du tome 2 a bien changé, devenant une jeune fille ingrate, arrogante et souvent insupportable.
Baltair le Jeune, le fils aîné de Gunelle et Iain, a 12 ans au début du roman. Il a l'insouciance et l'inconséquence de son âge, du coup, il paraît moins flamboyant que l'illustre ancêtre dont il porte le nom et que j'avais tant aimé dans les tomes précédents. J'avoue que je me suis sentie un peu déstabilisée au début de trouver Baltair le Jeune aussi nigaud (voire légèrement agaçant), comparé à son père et son grand-père qui, dès leur première apparition, en avaient imposé par leur prestance et leur assurance. Puis, j'ai finalement adhéré au parti pris de l'auteure qui ne fait pas du jeune Baltair un héros parfait, mais un adolescent comme tous les autres, qui commet des erreurs et apprend d'elles. L'histoire se déroulant sur six années, on voit le jeune garçon grandir pour devenir un jeune homme droit et pétri d'esprit chevaleresque. Je dois dire que, passée la première impression d'agacement, ses réflexions d'adolescent un peu crétin me faisaient beaucoup sourire -  et lever les yeux au ciel aussi. Au bout du compte, j'ai apprécié que Diane Lacombe rende les réactions de Baltair appropriées à un jeune de son âge, toujours persuadé d'être aussi expérimenté et talentueux que ses aînés ! Et puis au fil du temps, le charme finit par agir et l'on se prend d'affection pour ce jeune chien fou.
Finella, l'ancienne servante de Beathag, est passée au service des Lennox. En effet, le lieutenant est devenu un laird et le premier conseiller de Iain en s'installant sur le domaine de l'oncle félon, à Morar. Il est obligé de mettre sa fille Sorcha et sa femme Angusina MacDonnel à l'abri dans un couvent, situé sur l'île d'Iona, après qu'un de ses beaux-frères, Eachan, apparemment complice de l'assassinat contre le roi d'Ecosse Jacques Ier, a trouvé refuge dans leur manoir.

L'histoire est racontée du point de vue de Sorcha, qui , étant extérieure au château,  nous apporte une vision rafraîchissante des gens de Mallaig. C'est une enfant de 10 ans au début du récit, nous n'avons donc que des informations parcellaires sur la vie à Mallaig, les décisions du chef de clan et les événements en Ecosse. Les informations se font encore plus rares quand elle est recluse dans le couvent d'Iona mais la correspondance qu'elle entretient en secret avec le jeune Baltair et le passage de la narration à la 3ème personne nous permettent de ne pas rester complètement ignorants des faits. 
J'ai beaucoup aimé l'apprentissage de Sorcha au couvent sur les simples, sa rencontre avec le peu conventionnel frère Gabriel et la touchante amitié qui en découle. Sorcha, délaissée par une mère rongée par un terrible secret, se rapproche également d'Etta, une vieille servante du couvent qui s'avère être la mère de l'inénarrable Colm, le sauveur de Baltair. 
Colm est ivrogne, tricheur, joueur et boîteux mais il me faisait souvent hurler de rire. Son espièglerie, son esprit malicieux en ont fait mon personnage favori de ce tome 3.

Pour conclure, une relecture délicieuse qui clôt agréablement la trilogie malgré quelque facilité narrative (je pense particulièrement à l'épisode de Baltair citant le nom de Sorcha sur le parvis d'une église de campagne). Cette fois, l'auteure s'éloigne de la trame des tome 1 et 2, même si l'histoire d'amour reste prévisible. Mais notre intérêt pour les gens de Mallaig est ici renouvelé, peut-être également du fait que nous ne restons pas au château mais voyageons à travers l'Ecosse, d'abord sur l'île d'Iona puis à Edimbourg. Le dépaysement est toujours au rendez-vous...

Mes autres avis sur la saga : tome 1 ♦ tome 2 ♦ tome 3 ♦ [saga terminée]
J'ai tenté de reconstituer un petit arbre généalogique selon les informations de ce tome (cliquez sur l'image pour l'agrandir):
















(sources : Wikipédia)
Diane Lacombe
Diane Lacombe
 est une écrivaine québécoise née à Trois-Rivières en 1953.
Elle est la deuxième d'une famille de cinq filles et la mère de deux garçons. À 22 ans, elle s'installe à Montréal et y travaille comme journaliste à la pige pendant une dizaine d'années. Elle trouve ensuite un emploi de conseillère à la Commission de la construction, au service de communication. Elle occupe ce travail pendant 15 ans.
En mars 2000, elle prend un congé sans solde de six mois. Elle consacre ses jours de pluie à l'écriture d'un roman historique, qu'elle intitule Mallaig. Elle met le résultat en page et en imprime une centaine de copie pour ses proches. La réponse enthousiaste de ces derniers la convainc d'envoyer le manuscrit aux maisons d'éditions.
VLB éditeur manifeste son intérêt à l'été 2001, et publie l'ouvrage sous le titre La châtelaine de Mallaig en mars 2002. Le livre est immédiatement un succès et se vend à plus de 400 000 exemplaires. Il fait une percée exceptionnelle de 110 000 copies en France. Des traductions en tchèque et en espagnol ont été publiées, et une traduction en allemand a suivi.
Au printemps 2003, Diane Lacombe a quitté son métier de conseillère en communication pour se consacrer entièrement à l'écriture. Elle a depuis publié 5 autres romans et un recueil de nouvelles, Sorcha de Mallaig (2004), L'hermine de Mallaig (2005), Nouvelles de Mallaig (2007), Gunni le Gauche (2006), Moïrane (2008), Pierre et Renée - Un destin en Nouvelle-France (2011).
- site de l'auteure -
 
Ma 72ème participation au challenge de Lynnae -
Ma 74ème participation au challenge de Lynnae - le roman débute avec l'assassinat du roi d'Ecosse
Challenge Moyen-Âge par hérisson
Ma 19ème participation au challenge d'Hérisson -
https://parthenia27.blogspot.fr/2017/01/challenge-un-genre-par-mois-2017_8.html
Challenge Un genre par mois organisé par Iluze (3/12)
https://parthenia27.blogspot.fr/2016/12/challenge-des-12-themes-organise-par.html
Challenge organisé par A-Little-Bit-Dramatic (3/12)
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mardi 4 octobre 2016

Si c'était demain de Sidney Sheldon

Si c'était demain de Sidney Sheldon
Auteur > Sidney Sheldon
Editeur > France Loisirs
Genre > contemporain, aventures
Date de parution > 1985 pour l'édition originale, 1988 pour la présente édition
Titre original > If tomorrow comes...
Nombre de pages > 450
Traduction > de l'anglais (USA)  par Claude Seban
"Elle se dévêtit lentement, rêveusement, puis, une fois nue, choisit un déshabillé rouge vif."
A vingt-cinq ans, l'avenir sourit à Tracy Whitney. Elle est jeune, belle, idéaliste. Son métier la passionne et elle vient de se fiancer à, l'homme qu'elle aime, héritier d'une des plus anciennes et plus riches familles de Philadelphie.
Il suffit d'une nuit pour que cet univers bascule et qu'un matin les portes d'un pénitencier se referment sur Tracy, prise dans un engrenage implacable. Les circonstances font qu'elle n'y passera que quelques mois. A peine sortie, elle veut se venger de ceux qui ont détruit sa vie.  Tracy se lance dans une série de «coups » éblouissants. Avec l'élégance et l'insolence d'un Arsène Lupin au féminin, de La Nouvelle-Orléans à Paris, de Londres à Amsterdam, elle déleste les milliardaires de leurs bijoux et les musées de leurs tableaux, Interpol à ses trousses. Mais un jour elle rencontre son égal, Jeff Stevens, aussi séduisant, aussi doué, aussi recherché qu'elle...
Adolescente, j'adorais cette mini-série américaine, je l'ai d'ailleurs visionnée plusieurs fois à chacune de ses rediffusions tant les aventures de ces deux gentlemen-cambrioleurs qui aiment se tirer la bourre étaient plaisantes à suivre... L'actrice jouant le rôle de Tracy était bien charmante, et Tom Beranger juste Oh là là... Je ne savais pas du tout que le téléfilm était adapté d'un roman, aussi quand je l'ai découvert il y a peu, je me suis dit que le livre serait parfait pour le thème de septembre du challenge Un genre par mois...

Bref, j'espérais retrouver le même plaisir que pour le téléfilm mais je dois dire que, même si la lecture a été fort agréable et rapide, j'en ressors un peu mitigée. L'histoire est indéniablement efficace mais l'écriture aurait été  plus adaptée pour un scenario. En effet, tout s'enchaîne trop rapidement si bien que l'intrigue semble par moment assez invraisemblable. En outre, l'héroïne fait preuve d'une naïveté confondante, surtout avec son avocat commis d'office, et sa condamnation est vraiment stupéfiante (on ne peut s'empêcher de se demander si cela peut réellement survenir, même aux Etats-Unis !^^)...

Par contre, j'ai adoré la partie se déroulant en prison même si la peinture que fait l'auteur sur les conditions de détention et les codes qui régissent les relations entre les prisonnières est véritablement glaçante. Le personnage d'Ernestine est beaucoup plus ambivalent que dans le téléfilm.

 De plus, les astuces employées par nos adorable voleurs pour délester les quidam de leur argent sont vraiment très bien trouvées, bien qu'un peu trop faciles parfois mais, comme je le répète, cela passe mieux sous le format télévisuel que papier.

Pour conclure, une intrigue efficace et haletante, mais qui aurait été mieux adaptée à un scenario qu'à un roman, donnant parfois un sentiment de manque de profondeur. Les deux héros sont très attachants, et on ne peut rester insensible aux drames et profondes déceptions qui jalonnent leur vie, mais on aurait aimé que l'auteur développe davantage les aléas de leur vie.

Appréciation :

(sources : Babelio)

Sidney SheldonNé en 1917 à Chicago, Sidney Sheldon est un romancier, scénariste, producteur, réalisateur et acteur américain.
Son nom est inconnu pour les européens, et pourtant Sidney Sheldon a marqué le petit écran avec Pour l'amour du risque, série kitsch des années 1980. Outre cette étiquette un peu paillettes, il est avant tout un écrivain reconnu et respectable. Avant d'écrire des romans, Sidney Sheldon va suivre un drôle de parcours : retoucheur de séries B dans les années 30, pilote durant la second guerre mondiale, il se met à l'écriture de scénarios et vend son tout premier à Hollywood alors qu'il est à peine âgé de 17 ans. Son talent est récompensé par un Oscar en 1948 pour le film Deux soeurs vivaient en paix, dans lequel le beau Cary Grant donne la réplique à la sage Myrna Loy et à la jeune Shirley Temple. On retrouve aussi son nom sur les affiches de Broadway où ses pièces sont jouées. Mais il cartonne surtout dans les foyers américains avec des sitcoms. Il réalise tout de même quelques films dont La Femme rêvée et The Buster Keaton Story, qui lui vaudront un Tony et un Emmy Award. Il écrit encore le scénario de Easter Parade, avec Fred Astaire et Judy Garland. Ce n'est qu'en 1969 qu'il se lance vraiment dans l'écriture avec un premier roman policier, The Naked Face qui remporte le prix Edgar Allan Poe. Suivent d'autres best-sellers aux intrigues palpitantes comme Crime en direct, Un plan infaillible ou Le Maître du jeu. De 1979 à 1984, il contribue au succès de la très clinquante série Pour l'amour du risque. Jusqu'en 2004, l'auteur à l'imagination débordante publie. Gratifié en 1999 par son portrait sur les timbres dans la collection Les plus grands auteurs du XXe siècle, il écrit ses mémoires dans The Other Side of Me en 2005. Atteint d'une pneumonie, il s'éteint en 2007.


Challenge organisé par Iluze (9/12)

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dimanche 24 juillet 2016

La Châtelaine de Mallaig de Diane Lacombe - Mallaig, tome 2

La Châtelaine de Mallaig de Diane Lacombe - Mallaig, tome 2
Auteur > Diane Lacombe
Editeur >France Loisirs
Collection > Passionnément
Série > Mallaig
Genre > roman historique
Date de parution > 2002 pour l'édition originale, 2004 pour la présente édition
Nombre de pages > 499
"Il avait plu pendant presque tout le trajet de la vallée de la Dee aux côtes ouest des îles, vers Mallaig."
Écosse, 1424.  Gunelle Keith, fille d'un commerçant prospère, est donnée en mariage à Iain MacNèil, fils du chef de clan MacNèil à Mallaig. Exilée en pleine terre sauvage des Highlands, cette jeune femme cultivée se heurte à l'accueil glacial d'un futur époux fruste dont elle ne connaît même pas la langue. Loin des siens, aux prises avec ses nouvelles responsabilités de châtelaine, elle devra faire face au rejet d'un mari volage, à la jalousie de sa belle-soeur et aux rudes conditions de vie du château. Par son courage et son talent, Gunelle  gagnera peu à peu l'estime de la cour et même cell du roi d'Ecosse. Mais saura-t-elle apprivoiser Iain et lui donner l'amour qu'il n'a jamais connu ?

J'avais lu ce livre lors de mes lointaines années étudiantes et cela avait été un véritable coup de cœur, qui m'avait poussée à le relire durant la même période toujours avec un plaisir renouvelé. Cette fois, de longues années se sont écoulées, et même si le charme est toujours présent, je suis un peu plus sensible à ses défauts, et lui ai même préféré L'Hermine alors que jusqu'ici La Châtelaine avait été mon préféré de la trilogie, juste avant Sorcha ! J'ai plus ressenti cette fois-ci l'aspect "romance" du récit, ainsi que la mièvrerie de certains passages (ça m'a presque choquée à vrai dire d'observer un tel écart entre le ressenti de mes toutes premières lectures et celle-ci !).

Pour en revenir à l'histoire, celle-ci narre le voyage de la jeune Gunelle Keith vers les Highlands pour y être mariée au fils farouche et volage du seigneur Baltair MacNèil. Les informations qu'elle a glanées en chemin sur ce fameux Iain sont effectivement bien peu engageantes. D'ailleurs, le fiancé a fui son arrivée et ne se présente à elle que quelques jours plus tard pour lui opposer un accueil glacial et méprisant. En plus d'affronter l'hostilité déclarée de son futur époux, Gunelle doit faire face au déchirement qu'elle ressent d'être séparée des siens, dans un pays dont elle ne comprend ni la langue ni les coutumes. Par chance, Tòmas, le jeune cousin d'Iain, lui facilite les choses à Mallaig en lui apprenant le gaëlique et en lui faisant visiter le bourg et le château. Or, ces longues heures passées ensemble vont faire naître entre eux des  sentiments bien doux, que goûte fort peu le fiancé malgré ses propres infidélités, et provoquer la violence de ce dernier...

J'ai été très heureuse de retrouver certains personnages du tome 1 (qui est paru, je le rappelle, après le tome 2) : j'avais adoré le personnage de Baltair qui, malgré les 34 ans séparant les deux histoires, a conservé toute sa prestance et sa bienveillance. Depuis la mort de sa femme Lite, l'héroïne de L'Hermine, une chape de plomb s'est abattue sur le château et ses habitants, faisant perdre les bienfaits apportés par les améliorations de la défunte châtelaine. La bibliothèque, le jardin, l'école du bourg ont ainsi été délaissés. En outre, le vieux seigneur doit faire face au caractère rebelle de Iain qui se désintéresse des affaires du clan et  se querelle souvent avec lui.

On retrouve également avec plaisir Anna Chattan, la touchante veuve de Tadèus Fair devenue à la fin du tome 1 la nourrice d'Alasdair, le fils aîné mort en tournoi, et celle de Iain, qu'elle est la seule à aimer inconditionnellement. Elle est désormais l'intendante du château et sera une alliée sûre pour la nouvelle châtelaine. Struan, le neveu au destin poignant, fait quelques rares apparitions, même si elles ne sont pas forcément à son avantage. Et bien sûr,  la sœur et le frère survivant de Baltair sont toujours au cœur de l'intrigue...

Iain MacNèil, le nourrisson indésiré du tome 1, est devenu un guerrier redouté, fier de son illettrisme et en perpétuelle rébellion contre son père. Un parfum de scandale l'entoure depuis qu'il est devenu l'amant de la veuve de son frère, la sulfureuse Beathag MacDougall. Sa réputation souffre en outre du soupçon de fratricide qui pèse sur lui. Comme on le voit, le lecteur a d'abord de lui une image fort peu flatteuse, d'autant plus qu'il a un comportement offensant vis-à-vis de sa fiancée qu'il malmène pour la pousser à rompre leur promesse d'épousailles. Mais progressivement, on apprend à mieux le connaître et comprendre son attitude. Car Iain est le fils mal-aimé de la famille, rejeté par une mère qui a toujours encouragé la rivalité entre lui et son frère Alasdair pour lequel elle n'a jamais caché sa préférence. Il n'a jamais reçu d'amour de la part de cette mère dénaturée, seulement son mépris et ses moqueries, et pour finir son reniement. Iain MacNèil est donc un homme détruit moralement, persuadé qu'il est indigne d'amour.

Lui et sa fiancée, révoltés par ce mariage arrangé, ont bien du mal à s'estimer. Il faut dire qu'ils ne partagent pas du tout les mêmes centres d'intérêts. Gunelle arrive avec son expérience de couventine et ses préjugés sur les Highlanders, faisant douter Iain sur ses capacités à assumer ses futures responsabilités de châtelaine. En outre, la jeune fille se sent écrasée par l'ombre de la défunte châtelaine dont les actions avaient contribué à faire briller le nom des MacNèil dans les Highlands. J'ai beaucoup aimé Gunelle. Elle fait preuve de détermination et de courage. Mais elle n'est pas une héroïne omnisciente et omnipotente : elle connaît des moments de doute et de découragement profond, ce qui la rend attachante. On ressent parfaitement son désarroi et son sentiment de solitude face à cette région étrangère et rude, et l'hostilité palpable de son fiancé.

J'ai bien aimé la progression des sentiments des deux époux, qui s'apprivoisent peu à peu, même si l'évolution de Iain paraît parfois un peu trop facile, passant du guerrier fruste et violent à un époux cultivé et attentionné. Dommage  que des accents mièvres viennent à certains moments gâcher l'ensemble, car les face-à-face entre les deux époux sont vraiment captivants.

Si lors de cette relecture, la place trop grande faite à la romance m'a un peu déçue, j'ai par contre été enchantée par les descriptions immersives de l'auteure sur les paysages et la vie quotidienne des habitants de Mallaig qui donnent beaucoup d'authenticité au récit. Bizarrement, dans mes souvenirs, l'auteure mettait davantage l'accent sur la partie historique mais j'ai été surprise de constater qu'elle est finalement moins présente que pour le tome 1. Comme A-Little-Bit-Dramatic, j'ai tiqué sur l'oncle Carmichael, évêque d'Orléans.

Pour conclure, une relecture fort agréable bien que je sois moins indulgente vis-à-vis de ses quelques défauts. L'histoire d'amour de Gunelle et de Iain est touchante, même si elle n'échappe pas aux clichés inhérents à la romance, mais les deux personnages sont si bien développés que l'on passe outre cette trame un peu trop classique. Par contre, j'ai vraiment du mal à me faire à l'alternance des points de vue à la première et troisième personne.

 Appréciation :
Mes autres avis sur la saga : tome 1 ♦ tome 2 ♦ tome 3 ♦ [saga terminée]
J'ai tenté de reconstituer un petit arbre généalogique selon les informations de ce tome (cliquez sur l'image pour l'agrandir):
La Châtelaine de Mallaig de Diane Lacombe - Mallaig, tome 2

”Cette dernière remarque de ma part était imprudente, mais elle m’avait échappé. Il me saisit violemment par les épaules qu’il serra à me faire mal. Son regard perçant me fouillait l’âme.
« Je vois, rétorqua-t-il d’une voix rageuse. Vous allez maintenant me dire clairement lequel de nous deux vous auriez pris pour mari si on vous en avait donné le choix. Moi ou lui ? »
La même frayeur face à sa violence que celle que j’avais éprouvée sur les remparts s’empara de moi, à la différence que je ne pouvais pas fuir. Je gémis de douleur. Il me broyait littéralement les épaules par la seule force de ses mains. Avec horreur, je l’entendis me déclarer qu’il me lâcherait quand il aurait obtenu une réponse. Je fermais les yeux pour retenir les larmes que je sentais monter et lui répondis dans un souffle : « Lui… » 
(page 164)
(sources : Wikipédia)
Diane Lacombe
Diane Lacombe
 est une écrivaine québécoise née à Trois-Rivières en 1953.
Elle est la deuxième d'une famille de cinq filles et la mère de deux garçons. À 22 ans, elle s'installe à Montréal et y travaille comme journaliste à la pige pendant une dizaine d'années. Elle trouve ensuite un emploi de conseillère à la Commission de la construction, au service de communication. Elle occupe ce travail pendant 15 ans.
En mars 2000, elle prend un congé sans solde de six mois. Elle consacre ses jours de pluie à l'écriture d'un roman historique, qu'elle intitule Mallaig. Elle met le résultat en page et en imprime une centaine de copie pour ses proches. La réponse enthousiaste de ces derniers la convainc d'envoyer le manuscrit aux maisons d'éditions.
VLB éditeur manifeste son intérêt à l'été 2001, et publie l'ouvrage sous le titre La châtelaine de Mallaig en mars 2002. Le livre est immédiatement un succès et se vend à plus de 400 000 exemplaires. Il fait une percée exceptionnelle de 110 000 copies en France. Des traductions en tchèque et en espagnol ont été publiées, et une traduction en allemand a suivi.
Au printemps 2003, Diane Lacombe a quitté son métier de conseillère en communication pour se consacrer entièrement à l'écriture. Elle a depuis publié 5 autres romans et un recueil de nouvelles, Sorcha de Mallaig (2004), L'hermine de Mallaig (2005), Nouvelles de Mallaig (2007), Gunni le Gauche (2006), Moïrane (2008), Pierre et Renée - Un destin en Nouvelle-France (2011).
- site de l'auteure -
Challenge "Les filles de Mrs Bennet" (jusqu'au 31 août 2016)
Challenge organisé par Deedee1310 (10/12)
La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby
Ma 64ème participation au challenge de Lynnae - l'héroïne rencontre le roi d'Ecosse Jacques Ier
La rue au Moyen Âge de Jean-Pierre Leguay
Ma 14ème participation au challenge d'Hérisson -
Challenge organisé par Iluze (7/12)


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