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mercredi 16 septembre 2015

Arria Marcella de Théophile Gautier

Arria Marcella de Théophile Gautier

Fiche détaillée

Auteur > Théophile Gautier
Editeur > NUMILog
Genre > nouvelle fantastique, classique
Date de parution > 1852 pour l'édition originale , 2009 pour la présente édition
Format > PDF
Poids du fichier > 241 Kb (74 pages)

auteur

Théophile Gautier Né à Tarbes en 1811, Théophile Gautier fait ses études aux lycées Louis-le-Grand et Charlemagne. Il se lie avec Gérard de Nerval, qui l'introduit dans les milieux littéraires. En 1829 il rencontre Victor Hugo qu'il reconnaît pour son maître et participe activement au mouvement romantique comme lors de la fameuse bataille d'Hernani, le 25 février 1830. Il évoquera avec humour cette période dans Les Jeunes-France. Optant pour la poésie, Gautier fonde le «Petit Cénacle» en 1830 et publie son premier recueil de Poésies. En 1833, un recueil de contes Les Jeune-France et la préface de son premier roman Mademoiselle de Maupin (1835) dénoncent avec esprit et véhémence les excès idéalistes du romantisme. Gautier est un fervent partisan des théories alors en vogue du culte de la beauté et de « l'art pour l'art ». Toute son oeuvre illustra ce manifeste : Comédie de la mort (1838), Émaux et Camées (1852), Le Roman de la momie (1857), Le Capitaine Fracasse (1863). Outre cette recherche esthétique, Gautier fut aussi journaliste, critique littéraire et voyagea beaucoup visitant l’Espagne, l'Algérie, l'Orient et la Russie. On lui doit de nombreux récits fantastiques ainsi que la
redécouverte de la poésie baroque du XVIIe siècle (Les Grotesques, 1844).
Il enrichit jusqu'en 1872 Émaux et Camées qui fait de son auteur un chef d'école : Baudelaire dédie Les Fleurs du mal au « poète impeccable » et Théodore de Banville salue le défenseur de « l'art pour l'art », précurseur des Parnassiens à la recherche du beau contre les épanchements lyriques des romantiques et valorisant le travail de la forme (« Sculpte, lime, cisèle » écrit Gautier dans son poème L’Art, dernier pèce de Émaux et Camées, édition de 1872).
Il continue à publier des articles ou des poèmes mais aussi une biographie d'Honoré de Balzac ou des œuvres de fiction comme son roman de cape et d'épée Le Capitaine Fracasse (1863). Il est nommé bibliothécaire de la princesse Mathilde et fréquente les salons littéraires du Second Empire mais aussi le milieu de l'art, s’intéressant aux musiciens (il écrit sur Berlioz, Gounod, Wagner… et élabore le livret du ballet Giselle) comme aux peintres (Eugène Delacroix, Édouard Manet, Gustave Doré…).
Il meurt en 1872 laissant l'image d'un témoin de la vie littéraire et artistique de son temps dont les conceptions artistiques ont compté et dont l'œuvre diverse est toujours reconnue.

quatrieme de couverture

Les merveilles de Pompéi sont englouties sous la cendre comme l'est la vérité pour les yeux grossiers. Parti visiter la ville avec des amis, Octavien, en proie à des élans vers l'idéal, va vivre un « rêve éveillé ». Se retrouvant plongé dans le passé, il vit un véritable parcours initiatique par lequel lui sont révélées la beauté et la vérité des choses. Il ne voit alors plus Arria Marcella comme une statue de cendre mais bien comme une femme magnifique, dont il s'éprend. Plus qu'un déplacement dans le temps, cette expérience est pour le jeune homme le dévoilement d'une réalité seconde, qui pourrait bien être essentielle. Par ce récit au fantastique inédit, Gautier propose une réflexion sur le pouvoir du rêve et de l'amour, seuls capables de percer les êtres et les choses.

première phrase

"Trois jeunes gens, trois amis qui avaient fait ensemble le voyage d'Italie, visitaient l'année dernière le musée des Studii, à Naples, où l'on a réuni les différents objets antiques exhumés des fouilles de Pompéi et d'Herculanum."

avis personnel

Octavien, en voyage en Italie avec ses amis Fabio et Max, est fasciné au Musée archéologique de Naples par le corps d'une femme prise dans la lave pendant l'éruption du Vésuve en 79 de notre ère.
La nuit venue, il est réveillé par un sentiment étrange, et ses pas le portent dans une Pompéi ressuscitée, jusque dans la maison d'Arrius Diomèdes, visitée quelques heures auparavant. Là, il y rencontre Arria Marcella, la femme de la moulure, en chair et en os et dont il est tombé amoureux au Musée et qui lui déclare que c'est “Ton désir [qui] m’a ramené à la vie” . Mais il est mis en garde par le père de la jeune femme, un certain Arrius...

Arria Marcella de Théophile Gautier
péristyle de la maison de Diomède

J'avais déjà lu une nouvelle fantastique de Théophile Gautier, La Morte amoureuse, que j'avais beaucoup aimée, mais je dois avouer que le charme a moins agi  sur moi cette fois. L'écriture de l'auteur est pourtant toujours aussi belle. Gautier sait parfaitement retranscrire la beauté de la Campanie à l'aube, ou la splendeur des ruines antiques, ou bien encore faire revivre le quotidien de ces Romains de l'Antiquité avec une belle force d'évocation. Mais j'ai été moins convaincue par les personnages eux-mêmes avec lesquels on passe moins de temps (en tout cas, c'est la sensation que j'ai eue) et qui font passer moins d'émotions.

L'auteur nous dresse d'abord le portrait de ces trois jeunes gens dont il compare la façon d'aimer si différente : la sensualité pour Fabio, la recherche de l'exploit pour Max (qui apparaît du coup comme l'héritier de Dom Juan) et le romantisme pour Octavien qui est davantage amoureux de l'amour que d'une femme réelle. Notre jeune héros est surtout attiré par les figures historiques ou artistiques du passé, qu'il idéalise.

Arria Marcella de Théophile Gautier

 Comme dans La Morte amoureuse, la femme aimée est une femme fatale, séductrice n'hésitant pas à prendre les initiatives. Arrius, de son côté, m'a un peu fait penser à l'abbé Sérapion.

En outre, j'ai l'impression que Wilhelm Jensen s'est inspiré de cette nouvelle pour écrire Gradiva, fantaisie pompéienne, où un archéologue misanthrope tombe amoureux de la femme représentée sur un bas-relief...

Pour conclure, une nouvelle fantastique agréable, où la frontière entre le rêve et la réalité reste floue jusqu'à la fin, bien écrite mais qui m'a moins marquée que La Morte amoureuse. Certains passages sont, comme toujours avec Gautier, très visuels et poétiques...

Appréciation :

note : 3 sur 5

extrait

«Oh ! lorsque tu t'es arrêté aux Studii à contempler le morceau de boue durcie qui conserve ma forme, dit Arria Marcella en tournant son long regard humide vers Octavien, et que ta pensée s'est élancée ardemment vers moi, mon âme l'a senti dans ce monde où je flotte invisible pour les yeux grossiers : la croyance fait le dieu et l'amour fait la femme. On n'est véritablement morte que quand on n'est plus aimée : ton désir m'a rendu la vie, la puissante évocation de ton cœur a supprimé les distances qui nous séparaient.»
(page 62)

divers

La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

Ce billet est ma 19è participation au challenge de Soukee.

Challenge "Un classique par mois"

Le  classique du mois de septembre pour le challenge organisé par Stephie.

ABC de l'Imaginaire 2015

Challenge ABC 2015 Littératures de l'Imaginaire de Ptitetrolle - 7/26

 

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mercredi 17 juillet 2013

La Morte amoureuse de Théophile Gautier

 

Fiche détaillée

Auteur > Théophile Gautier
Editeur > NUMILog
Genre > nouvelle fantastique, classique
Date de parution > 1836 pour l'édition originale , 2009 pour la présente édition
Format > PDF
Poids du fichier > 241 Kb (76 pages)

auteur

Théophile Gautier Né à Tarbes en 1811, Théophile Gautier fait ses études aux lycées Louis-le-Grand et Charlemagne. Il se lie avec Gérard de Nerval, qui l'introduit dans les milieux littéraires. En 1829 il rencontre Victor Hugo qu'il reconnaît pour son maître et participe activement au mouvement romantique comme lors de la fameuse bataille d'Hernani, le 25 février 1830. Il évoquera avec humour cette période dans Les Jeunes-France. Optant pour la poésie, Gautier fonde le «Petit Cénacle» en 1830 et publie son premier recueil de Poésies. En 1833, un recueil de contes Les Jeune-France et la préface de son premier roman Mademoiselle de Maupin (1835) dénoncent avec esprit et véhémence les excès idéalistes du romantisme. Gautier est un fervent partisan des théories alors en vogue du culte de la beauté et de « l'art pour l'art ». Toute son oeuvre illustra ce manifeste : Comédie de la mort (1838), Émaux et Camées (1852), Le Roman de la momie (1857), Le Capitaine Fracasse (1863). Outre cette recherche esthétique, Gautier fut aussi journaliste, critique littéraire et voyagea beaucoup visitant l’Espagne, l'Algérie, l'Orient et la Russie. On lui doit de nombreux récits fantastiques ainsi que la
redécouverte de la poésie baroque du XVIIe siècle (Les Grotesques, 1844).
Il enrichit jusqu'en 1872 Émaux et Camées qui fait de son auteur un chef d'école : Baudelaire dédie Les Fleurs du mal au « poète impeccable » et Théodore de Banville salue le défenseur de « l'art pour l'art », précurseur des Parnassiens à la recherche du beau contre les épanchements lyriques des romantiques et valorisant le travail de la forme (« Sculpte, lime, cisèle » écrit Gautier dans son poème L’Art, dernier pèce de Émaux et Camées, édition de 1872).
Il continue à publier des articles ou des poèmes mais aussi une biographie d'Honoré de Balzac ou des œuvres de fiction comme son roman de cape et d'épée Le Capitaine Fracasse (1863). Il est nommé bibliothécaire de la princesse Mathilde et fréquente les salons littéraires du Second Empire mais aussi le milieu de l'art, s’intéressant aux musiciens (il écrit sur Berlioz, Gounod, Wagner… et élabore le livret du ballet Giselle) comme aux peintres (Eugène Delacroix, Édouard Manet, Gustave Doré…).
Il meurt en 1872 laissant l'image d'un témoin de la vie littéraire et artistique de son temps dont les conceptions artistiques ont compté et dont l'œuvre diverse est toujours reconnue.

quatrieme de couverture

Victime le jour de son ordination d'une hallucination qui le plonge dans le plus profond désarroi, Romuald cède progressivement à la fascination exercée sur son esprit torturé par la mystérieuse Clarimonde. La scandaleuse courtisane, qui n'est autre que la figure du diable, l'entraîne, lors de ses visites nocturnes, dans un monde de luxe et de plaisirs. Envoûté par cette « infernalement splendide » beauté mais conscient du dédoublement qui s'est opéré en lui, le jeune prêtre vampirisé sait que seule la manière forte peut l'extraire de cet état de confusion et de soumission : l'aventure de La Morte amoureuse s'achèvera dans les allées brumeuses d'un cimetière... Dans cette nouvelle fantastique et macabre qui explore les confins du réel, Gautier livre le récit terrifiant d'un amour surnaturel.

première phrase

"Vous me demandez, frère, si j’ai aimé ; oui."

avis personnel

 L'histoire commence avec le narrateur, Romuald, un prêtre âgé de 60 ans, qui raconte à l'un de ses coreligionnaires l'étrange aventure qui lui est survenue lors de sa jeunesse.
Le jour de son ordination, il aperçoit dans l'église une belle jeune femme pour laquelle il éprouve une profonde fascination. Il entend sa voix lui promettre l'amour et un bonheur paradisiaque à la condition qu'il renonce à prononcer ses voeux. La cérémonie se termine avant qu'il ne réagisse favorablement à cette invitation.
A la sortie de l' église, une main froide l'agrippe et il entend la femme lui murmurer :"Malheureux ! malheureux ! qu'as-tu fait ?" (page 20)
Quand il se retourne, elle a disparu...

Cette nouvelle est l'occasion pour Théophile Gautier de nous délivrer une histoire jouant sur l'ambiguité : le narrateur n'est jamais sûr si les événements surnaturels dont il est témoin appartiennent au rêve ou à la réalité.
Dès le début dans l'église, Romuald est confus : "J'étais, tout éveillé, dans un état pareil à celui du cauchemar, où l'on veut crier un mot dont votre vie dépend, sans en pouvoir venir à bout." (page 17/18)
Clarimonde lui apparaît à un tournant de sa vie telle une sublime tentatrice et il ne sait démêler la nature exacte de son être : "Cette femme était un ange ou un démon, et peut-être tous les deux; elle ne sortait certainement pas du flanc d'Eve, la mère commune." (page 14)

De retour au séminaire, les pensées de Romuald sont obsédées par cette femme dont il ne connaît que le prénom : Clarimonde et qu'il rêve de rejoindre.
Puis il est nommé à la cure de C***.  Sur le chemin de cette paroisse, en se retournant pour contempler une dernière fois la ville, il aperçoit sur la terrasse du plus haut palais Clarimonde "encore enveloppée de ses voiles de nuit" (page 31) dans la lumière dorée et vaporeuse de l'aube . Encore une fois, Romuald se sent confus : "en ce moment, je ne sais encore si c'est une réalité ou une illusion" (page 30).
Toujours est-il qu'arrivé à destination, il continue à être obsédé par cette femme.

Une nuit, un homme mystérieux vient le chercher pour le conduire à sa maîtresse mourante qui réclame les derniers sacrements.
Gautier arrive à merveille à créer une ambiance angoissante tout le long que dure la chevauchée des deux hommes.Le lecteur devine que la mourante en question n'est autre que Clarimonde.
Or, Romuald arrive trop tard : elle est déjà morte mais conserve l'aspect d'une jeune fille endormie.
L'esprit de Romuald se met alors à osciller entre la perception que Clarimonde est morte et l'espoir inconscient qu'elle soit toujours en vie. Il la ramène à la vie d'un baiser.
Quand il se réveille, il est dans son lit, et sa gouvernante Barbara lui apprend qu'il a été fiévreux durant 3 jours. A-t-il rêvé la scène de la veillée funèbre ?

La Morte amoureuse de Théophile Gautier
lithographie de Laurens

Suite à sa maladie, il reçoit la visite de l'abbé Sérapion, son ancien mentor, qui lui révèle la nature exacte de la courtisane Clarimonde "... tous ses amants ont fini d'une manière misérable ou violente. On a dit que c'était une goule, un vampire femelle; mais je crois que c'était Belzébuth en personne. (...) La pierre de Clarimonde devrait être scellée d'un triple sceau; car ce n'est pas, à ce qu'on dit, la première fois qu'elle est morte." (page 49)

Clarimonde est-elle réellement un vampire ? ou la victime des préjugés de l'Eglise catholique qui considère la femme comme un être corrompu et charnel, comme une tentatrice diabolique ?

 A partir de ce moment, Clarimonde lui apparaît chaque nuit. Elle l'entraîne à Venise pour une vie de plaisirs et de débauches. Comme Romuald l'aperçoit toujours au sortir du sommeil, le lecteur se demande si c'est un rêve ou la réalité.
Toujours est-il que Romuald se met à mener une double vie : le jour, prêtre qui mortifie sa chair des débauches qu'il vit la nuit en temps que gentilhomme jusqu'à ce que...

Je ne vous dévoilerai pas le dénouement mais vous invite seulement à suivre Romuald et l'abbé Sérapion jusqu'à la pierre tombale de Clarimonde, et je laisse le mot de la fin  au vieil homme qu'est devenu Romuald : "Ne regardez jamais une femme, et marchez toujours les yeux fixés en terre, car, si chaste et si calme que vous soyez, il suffit d'une minute pour vous faire perdre l'éternité."

Pour conclure, une nouvelle très agréable à lire, même si les vampires n'ont plus de nos jours la fraîcheur de la nouveauté ou de l'originalité. Mais la langue de Gautier est d'une très grande qualité littéraire qui dépeint merveilleusement et poétiquement cette atmosphère mystérieuse. On sent que l'auteur a pratiqué la peinture car certaines scènes sont très visuelles et ressemblent à un tableau...

Appréciation :

note : 4 sur 5

extrait

page 44/45
"La nuit s'avançait, et, sentant approcher le moment de la séparation éternelle, je ne pus me refuser cette triste et suprême douceur de déposer un baiser sur les lèvres mortes de celle qui avait eu tout mon amour. Ô prodige ! un léger souffle se mêla à mon souffle, et la bouche de Clarimonde répondit à la pression de la mienne : ses yeux s'ouvrirent et reprirent un peu d'éclat, elle fit un soupir, et, décroisant ses bras, elle les passa derrière mon cou avec un air de ravissement inneffable. «Ah ! c'est toi, Romuald, dit-elle d'une voix languissante et douce comme les dernières vibration d'une harpe; que fais-tu donc ? Je t'ai attendu si longtemps, que je suis morte; mais maintenant que nous sommes fiancés, je pourrai te voir et aller chez toi. Adieu, Romuald, adieu ! je t'aime, c'est tout ce que je voulais te dire, et je te rends la vie que tu as rappelée sur moi une minute avec ton baiser; à bientôt.»
Sa tête retomba en arrière, mais elle m'entourait toujours de ses bras comme pour me retenir. Un tourbillon de vent furieux défonça la fenêtre et entra dans la chambre; la dernière feuille de la rose blanche palpita quelque temps comme une aile au bout de la tige, puis elle se détacha et s'envola par la croisée ouverte, emportant avec elle l'âme de Clarimonde. La lampe s'étaeignit et je tombai évanoui sur le sein de la belle morte."

divers

Challenge "Un classique par mois"

Le 2ème classique du mois de juillet pour le challenge organisé par Stephie.


Challenge "Mythologies du monde " proposé par Myrtille

Ma 12ème partcipation au challenge de Myrtille - mythe du vampire

Le Crépuscule des elfes de JL Fetjaine - La Trilogie des elfes,tome 1

Ma 7ème participation au challenge de Ptitetrolle.


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