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vendredi 12 août 2016

Meurtres sur le Palatin de Cristina Rodríguez - Une enquête de Kaeso leprétorien, tome 2

Meurtres sur le Palatin de Cristina Rodríguez - Une enquête de Kaeso le prétorien, tome 2
Auteur > Cristina Rodríguez
Editeur >Le Masque
Saga > Une enquête de Kaeso le prétorien
Genre > roman historique, policier
Date de parution > 2009 pour la présente édition
Nombre de pages > 323
"Se réveiller... Il devait à tout prix se réveiller."
Dans la Rome impériale, sous le règne de Tibère, on fait de bien étranges découvertes. Comme celle d'un cadavre, affreusement mutilé, sous la langue duquel on a glissé un denier. Paiement pour son passage aux Enfers ?
Kaeso le prétorien, ami de Caligula et fils d'une prêtresse venue de Germanie, est chargé de l'enquête alors qu'il a déjà fort à faire. Outre protéger la famille impériale, il doit lutter contre la corruption des bas-fonds de la ville, se garder de la vengeance de ses anciens compagnons d'armes, et... fuir les assiduités de la malicieuse Concordia, sa ravissante cousine.
Quand le mystérieux Apollonius, qui se prétend l'oracle d'Apollon, entre en scène, Kaeso est subjugué par sa beauté. Que cache vraiment cet éphèbe, qui a ses entrées dans la plus haute société romaine avide de sanglants combats de gladiateurs et de paris truqués ?
Kaeso, flanqué de Io, son inséparable léopard, n'aura d'autre choix que de le découvrir.

J'ai été ravie de retrouver Kaeso et sa panthère Io, même si j'ai mis plus de temps que prévu pour me procurer ce 2ème tome, d'autant que le fait de savoir que mon chouchou serait quasi - voire totalement - absent ne m'y avait pas plus encouragé que cela  !!^^

Or donc, après la chute de Séjan, Kaeso a retrouvé sa place au sein de la garde prétorienne dans la Ville éternelle. Adieu douce Campanie et milice dissipée...

Malgré sa réhabilitation, les ennemis de Kaeso n'ont pas pour autant disparu et les survivants des purges impériales  œuvrent dans l'ombre pour se venger de lui... Mais l'attention du fringant centurion est bientôt accaparée par le meurtre d'un  gladiateur. Son cadavre, retrouvé devant la demeure palatine du mystérieux oracle d'Apollon fraîchement débarqué de sa province, Apollonius, est affreusement mutilé, cependant,  le meurtrier a pris le soin pieux de cacher sous sa langue l'obole à Charon.  Peu après, un deuxième crime est commis selon le même mode opératoire mais sur la personne d'un sénateur romain, Publius, joueur invétéré et couvert de dettes. Les deux meurtres semblent liés et les investigations de notre prétorien préféré vont le conduire des riches demeures patriciennes aux tavernes de Subure et maisons de gladiateurs où des combats clandestins ont lieu, malgré l'interdiction qu'en a faite l'empereur Tibère...

Nous retrouvons ici certains personnages du tome 1 : Concordia, la cousine de Kaeso, toujours aussi éprise de lui et envahissante, Hildr, la mère du héros, princesse bructère méprisée par l'aristocratie romaine, Hod, le bel officier de la garde germanique, Ludius, le jeune aveugle dévoué de Pompéi qui a suivi Concordia jusqu'à Rome pour entrer à son service et Caligula, bien sûr, qui est devenu questeur et dont le nom est indirectement associé au réseau de paris clandestins...

Et ô joie ! ô surprise, Donar apparaît au tiers du livre, et le chapitre 5 lui est presque entièrement consacré... moi qui croyais que j'aurais dû attendre le tome 3 pour le retrouver... En outre, on en apprend davantage sur ses états d'âme et sa relation avec Néron, le frère de Caligula, dont il a reçu les derniers mots au moment de sa mort... autant vous dire que j'étais aux anges... Bref, poursuivons la présentation des protagonistes...

De nouveaux personnages apparaissent dont on devine que certains joueront un rôle au tome suivant : le mystérieux et séduisant oracle d'Apollon, Apollonius, et son impressionnant serviteur nubien Malah, Mnester, le touchant mime amant de Ludius, les parents de Concordia, Torquatus le père bienveillant et Marcia l'insupportable matrone affligée de snobisme...

Comme pour le tome précédent, j'ai trouvé que, même si l'enquête est au cœur de l'intrigue, sa résolution arrive finalement assez abruptement, avec des événements qui se précipitent vers la fin... Par contre, je ne m'attendais pas du tout à la scène finale qui semble appeler une suite...

Ce que j'ai le plus apprécié, c'est que l'auteure nous présente sans complaisance la société romaine et ses mœurs. D'ordinaire, les romans se déroulant dans la Rome antique traitent soit des gentils chrétiens persécutés sous le règne du méchant Néron (et franchement j'ai eu ma dose, même si ces dits romans étaient de qualité) soit à Pompéi durant l'éruption du Vésuve (et là aussi j'ai eu ma dose), et à chaque dans  la soie et le confort des familles patriciennes ou impériales !!! Mais là, nous pénétrons également dans le quartier mal-famé de Subure où les conditions de vie sont très difficiles voire cruelles, que ce soit pour le petit peuple ou (et surtout) pour les esclaves, dont certains sont poussés à se prostituer par leur maître... C'était très appréciable que la voix soit donnée aux laissés-pour-compte ou parias de la société romaine. En outre, j'ai trouvé très intéressant le thème de ce tome, à savoir la corruption et les combats clandestins de gladiateurs avec leurs paris truqués...

Par contre, j'aurais quelque réserve à émettre : à de rares moments, l'abondance de dialogues m'a un peu gênée dans ma lecture, et parfois je ne savais plus qui parlait...

Pour conclure, une enquête captivante menée avec brio par notre fringant prétorien ! Le monde décrit par Cristina Rodríguez est violent (et pas seulement à cause des meurtres), mais les passages saupoudrés d'humour apportent une bienheureuse légèreté à la cruauté de certaines situations (la punition que Kaeso inflige à sa cousine et la déconvenue de l'artiste infatué dont il requiert les services m'ont fait mourir de rire) ! Encore une immersion très agréable et bien documentée dans cette Rome du Ier siècle de notre ère... J'en redemande !

Appréciation :
Mes autres avis sur la série : tome 1 ♦ tome 2 ♦ tome 3 ♦
[Donar] répondit au salut par un hochement de tête tout juste poli et s'appuya à l'encadrement de la porte, les jambes légèrement écartées, fermement campées au sol comme des chênes.
Hormis la longue natte blonde retenue par des anneaux d'argent qui lui battait les reins et le fait qu'il ne semblait pas avoir plus de vingt-cinq ans, le garde germanique aurait pu être le frère jumeau de Kaeso.
- Souris, Donar ! le brocarda Caligula. L'assassiner du regard ne changera pas les sentiments que mon frère avait pour lui, tu sais !
Le jeune Germain rougit et Kaeso détourna le regard, gêné.
(page 116) 
(sources : Amazon)
 Cristina Rodríguez
Cristina Rodríguez est née le 25 mai 1972.
Journaliste, scénariste de manga et romancière, cette Espagnole d'expression française s'est fait une réputation de spécialiste du Haut-Empire romain au fil des années et des livres.
Biographe de Caligula et de Néron, célèbre pour ses romans historiques et ses nombreux articles sur la numismatique, Cristina Rodríguez est aussi, sous le pseudonyme de Claude Neix, une icône du YAOI dans le milieu du manga français.


Meurtres sur le Palatin de Cristina Rodríguez - Une enquête de Kaeso le prétorien, tome 2
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samedi 4 octobre 2014

Les Mystères de Pompéi de Cristina Rodríguez - Une enquête de Kaeso leprétorien, tome 1

Les Mystères de Pompéi de Cristina Rodríguez - Une enquête de Kaeso le prétorien, tome 1
Auteur > Cristina Rodríguez
Editeur >Le Masque
Collection > Labyrinthes
Genre > roman historique, policier
Date de parution > 2008 pour la présente édition
Nombre de pages > 398
"Sur le bord de la route, les lauriers-roses offraient leurs corolles au soleil du début de l'après-midi."
En l'an 31, l'empereur Tibère, désabusé et las des intrigues de Rome, se retire à Capri. Une fin de règne délétère commence, sur laquelle plane l'ombre du terrible Séjan, préfet du prétoire, à qui l'empereur a confié le pouvoir, et dont l'ambition est sans limites ...
Personne n'ose s'opposer à ses hommes de main. Personne ? C'est oublier Kaeso, jeune centurion du corps des prétoriens impériaux, une tête brûlée, qui a le courage de s'insurger. Expédié à Pompéi comme chef de la police, il y découvre un climat de tourmente et plonge dans l'œil du cyclone.
Devant l'urgence, Kaeso se lance à corps perdu dans une enquête serrée et tente de déjouer un complot qui pourrait bien viser l'héritier du trône, un certain Caligula. Le jeune homme a heureusement de précieux alliés : Io, son fidèle léopard ; les gardes germaniques - ses frères d'armes ; Hildr, sa mère, guérisseuse le jour et magicienne la nuit ; et enfin sa propre cousine, la ravissante Concordia, très bien informée des secrets de la Cour... Le prétorien en aura bien besoin.
Découvrir l'Antiquité romaine avec Cristina Rodriguez, c'est être au plus près de la vie et de la tourmente grâce à un héros qui n'a pas froid aux yeux : l'irrésistible centurion Kaeso. 

J'avais découvert l'auteure en 2004 avec Thyia de Sparte (que j'avais adoré), puis j'avais dévoré dans la foulée Moi, Sporus, prêtre et putain ainsi que Le César aux pieds nus.  Malheureusement, j'avais un peu perdu de vue l'actualité littéraire de Cristina Rodríguez, et c'est Cassie qui m'a donné envie de me replonger dans son univers à travers son billet sur le couple inoubliable formé par Kaeso et sa panthère Io !

Kaeso et Io ©Studio-Gothika

Or donc, Kaeso Concordianus Licinus  vient de passer onze mois dans les geôles de Rome suite aux manigances de Séjan, préfet du prétoire. Spolié de ses biens, il est obligé d'accepter la charge de centurion de la milice à Pompéi grâce à l'intervention de Nerva, un ami de son défunt père. Ayant perdu tous ses appuis au sénat et à la cour en étant condamné, Kaeso ne peut faire la fine bouche, même si cette mutation est vécue comme une rétrogradation : non seulement, Pompéi est une ville réputée pour sa tranquillité (horreur absolue pour ce jeune officier de 30 ans impétueux !), mais les hommes qui composent sa troupe apparaissent comme un ramassis d'incapables, indisciplinés et crasseux !
A peine a-t-il installé sa mère Hildr chez dame Olconia, une amie de sa cousine Concordia (jeune mondaine romaine amoureuse de lui et décidée à l'épouser), qu'il est appelé sur les lieux d' un 1er meurtre, commis sur la personne de Syagros, un artisan talentueux mais alcoolique ; quelques heures plus tard un 2è corps est retrouvé dans la crypte du  temple d'Isis.
Septimus, préfet de la ville, est convaincu qu'aucun lien ne réunit ces deux meurtres, mais lorsque Kaeso exhume une affaire de fausse monnaie de grande envergure survenant au moment où l'empire souffre de manque de liquidités, il ne fait plus aucun doute qu'un complot, mouillant de hauts personnages de l'empire, ne vise à déstabiliser le pouvoir.

Les meurtres s'enchaînent à un rythme effréné, une rumeur calomnieuse est répandue sur Kaeso visant à le décrédibiliser, sa mère, prêtresse et guérisseuse barbare, est jetée en prison sur une accusation de sorcellerie.
Bref, le ou les comploteurs mettent tout en oeuvre pour empêcher Kaeso de remonter jusqu'au cerveau de la conjuration !

Je dois avouer que ce n'est pas l'intrigue en elle-même qui m'a intéressée, n'étant pas familière du genre, mais cette immersion totale dans la Rome du Ier siècle de notre ère. L'auteure nous entraîne aussi bien dans les quartiers mal-famés de Pompéi que dans les villas des riches patriciens en des tableaux extrêmement vivants et réalistes, nous restituant non seulement les couleurs mais aussi les odeurs (et même les tics nerveux de démangeaison quand le héros a la malchance de  croiser un personnage mangé par la vermine !^^).

En outre, Cristina Rodríguez nous offre une galerie de personnages variés et suffisamment caractérisés pour éveiller notre intérêt (voire notre attachement !).
Kaeso est un officier déchu et offensé dont la droiture et la loyauté lui ont attiré de puissants ennemis, et comme si cela ne suffisait pas, il doit tenir à distance sa jeune cousine Concordia aussi entreprenante à son égard qu'envahissante.
Sa mère Hildr est une princesse barbare méprisée par l'aristocratie pour ses origines mais d'une grande force de caractère.
Sa panthère apprivoisée Io se prend pour un chien quand elle ne fait pas fuir ses conquêtes potentielles par accès de jalousie !
Et même la milice dissipée nous révèle des personnages attachants dans leur genre : Marcus, le quadragénaire bedonnant mais fidèle, Ludius, le jeune aveugle dévoué, Castor et Pollux les jumeaux que leur nouveau chef n'arrive pas à différencier, le discret Aulus, le jeune esclave Alexis tombé sous le charme de son maître....

Mais personnellement, celui qui m'a le plus touchée est indéniablement Donar, le garde germain (que voulez-vous, je ne pouvais résister à un beau barbare chevelu) qui ne cesse pourtant durant tout le livre d'être malmené et ridiculisé par son maître Caligula ; le futur empereur est désormais menacé à cause son statut de dernier héritier potentiel de Tibère, son frère aîné Néro, qui était le meilleur ami de Kaeso, ayant été assassiné et son frère Drusus emprisonné. Dans ce tome, Caligula prête main forte à Kaeso pour déjouer le complot, et son caractère instable et dangereux commence à émerger.


J'aurais tout de même quelques réserves à émettre : je n'ai pas été convaincue par le rôle de médecin légiste endossé par Hildr, trop anachronique à mes yeux ; en outre, j'aurais aimé que certains éléments de l'intrigue afférents aux divers meurtres soient plus développés et expliqués.

Mais fait plus qu'appréciable, le lecteur est entraîné dans une Pompéi antique qui échappe à l'éruption du Vésuve (le dieu forgeron Vulcain qui loge en ses entrailles en soit remercié !)

Pour conclure, une enquête haletante menée tambour battant par un très fringant et très séduisant héros (même si mon coeur a craqué pour son alter ego germain, que j'espère d'ailleurs voir apparaître dans le prochain tome et d'une manière plus assidue), le tout saupoudré d'humour. Je suivrai les suites de ses aventures avec beaucoup de plaisir !

Appréciation :
Mes autres avis sur la série : tome 1 ♦ tome 2 ♦ tome 3 ♦

Syagros vivait dans la partie la plus sordide de la ville, non loin de la taverne de Crassus, où Caligula et moi avions passé une partie de la nuit.
De jour, les ruelles étaient toujours aussi puantes et étroites mais encombrées de passants, de putains, de mendiants, de colporteurs en tout genre et de marchandises.
Les odeurs corporelles se mêlaient à celles des parfums bon marché, de la nourriture en train de cuire et des excréments d'animaux - rats, chiens, poules et porcs - qui se soulageaient, exploraient ou cherchaient leur pitance au milieu de la voie, dans le petit ruisseau fétide que formaient les eaux usées, parfois versées là depuis le troisième étage d'un immeuble après un avertissement sommaire.
(page 157/158)

(sources : Amazon)
 Cristina Rodríguez
Cristina Rodríguez est née le 25 mai 1972.
Journaliste, scénariste de manga et romancière, cette Espagnole d'expression française s'est fait une réputation de spécialiste du Haut-Empire romain au fil des années et des livres.
Biographe de Caligula et de Néron, célèbre pour ses romans historiques et ses nombreux articles sur la numismatique, Cristina Rodríguez est aussi, sous le pseudonyme de Claude Neix, une icône du YAOI dans le milieu du manga français.
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 La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby
Ce billet est ma 17è participation au challenge de Soukee.
La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby
Ma 36ème participation au challenge de Lynnae - apparition de Caligula
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Ma 10ème participation au challenge de Samlor repris par Sharon.

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dimanche 16 décembre 2012

Le Manoir des Sortilèges de Serge Brussolo

Le Manoir des Sortilèges de Serge Brussolo

Auteur > Serge Brussolo
Editeur > Le Masque
Genre > Historique fantastique
Date de parution > 1999
Nombre de pages > 356


(sources : k-libre)

Serge Brussolo

Enfant, Serge Brussolo, qui est né à Paris en 1951, connait des problèmes de sante, qui le forcent à rester longtemps alité. C'est à ce moment, contraint mais pas forcé, qu'il développe une passion pour la lecture et pour l'écriture. Après des études de Lettres, Serge Brussolo se destine au professorat. Sauf qu'au moment de passer le concours, il change d'avis. Le début des années 1980 le voit tracer son chemin dans les littératures de l'imaginaire. Plus spécifiquement dans la science fiction. Primé successivement pour des nouvelles, des recueils de nouvelles et des romans, il s'oriente vers les livres d'horreur et d'épouvante. Approche le thriller et le roman policier. Il obtient en 1994 le Prix du roman d'aventure pour Le Chien de minuit et celui de Masque de l'année pour Conan Lord, carnets secrets d'un cambrioleur. Au cœur de ses thrillers se retrouvent nos pires angoisses, et l'on a du mal à faire l'exacte différence entre les vivants et les morts, l'animé et l'inanimé. Serge Brussolo écrit également des romans pour la jeunesse. Par ailleurs, il a été un temps directeur de collection au Masque, de 1990 à 2003.

Gilles, un jeune écuyer, voit mourir son maître au cours d'un tournoi. Devenu la propriété du vainqueur, le voilà dès lors contraint de servir un étrange chevalier à l'armure couverte de rouille, et dont personne n'a jamais vu le visage. Ce baron maudit serait-il lié aux enlèvements d'enfants qui terrorisent la contrée ?
Peu après, ce maître mystérieux accepte une mission : retrouver, au coeur d'un manoir perdu dans les forêts du Ponant, un grimoire de sorcellerie dont la possession confère des pouvoirs maléfiques. Commence alors pour l'écuyer un dangereux voyage, qui va lier son sort à celui d'un monstre et l'entraîner aux confins de la peur.

" C'était une pluie de fer qui crépitait sur les armures avec un bruit terrible, comme si des milliers d'ongles battaient la mesure sur les cuirasses des jouteurs."

A la mort de son maître lors d'un tournoi, Gilles l'écuyer échoie, selon les traditions, au vainqueur, Foulques de Braz, un chevalier maudit qui ne se défait jamais de son armure ni ne dévoile son visage.
Ce dernier accepte de l'inquisiteur une mission dangereuse dont personne n'est jamais revenu vivant mais qui l'aiderait à lever la malédiction qui semble peser sur lui : retrouver le grimoire de la défunte sorcière Lilith de Niel. Pour ce faire, Gilles et Foulques sont accompagnés de Tara l'Egyptienne, prisonnière condamnée par l'Eglise pour sorcellerie et la seule à savoir lire.

 Autant le dire tout de suite, j'ai été déçue par ma lecture. Et pourtant, celle-ci avait débuté sous les meilleurs auspices me faisant littéralement dévorer les 200 premières pages. Jusqu'à la découverte de la bibliothèque diabolique en fait. A partir de là, j'ai commencé à trouver le temps long. Et pourtant tous les ingrédients étaient réunis pour me conquérir : une plongée dans un univers médiéval très bien reconstitué, du merveilleux et des superstitions, un chevalier mystérieux et damné, l'écriture agréable de l'auteur qui a un véritable talent de conteur, des ruses originales (j'ai adoré les passages avec les moutons tueurs) !
Mais plusieurs éléments m'ont déçue : j'aurais aimé que Brussolo s'attarde et développe certains passages (la psychologie des personnages par exemple) et au contraire  ne s'étale pas autant sur d'autres (les pièges de la bibliothèque qui prennent des pages et des pages sans qu'on en voit le bout !); je ne me suis attachée à aucun personnage; certains personnages secondaires m'ont semblé inutiles;  je n'ai jamais éprouvé la peur décrite en 4ème de couverture; la fin est vraiment tirée par les cheveux.


Apparemment, Brussolo s'est basé sur des légendes médiévales existantes (je n'ai pas fait de recherches pour connaître lesquelles) pour construire son livre et cela m'a séduit au début; mais l'auteur en fait trop : on a l'impression qu'il cherche à caser toutes les légendes qu'il a compulsées (ou inventées) pour son livre (le passage avec les pierres levées m'a achevée!). Pareil pour l'immense érudition de Tara : chaque piège a une explication rationnelle (ce qui est bien en soi, les superstitions et les prétendus maléfices étant combattus par la raison), mais du coup, ceci alourdit le récit et le rend moins crédible car j'ai vraiment du mal à adhérer au fait que Tara puisse fournir autant de réponses scientifiques dans ce monde régi par l'obscurantisme. La profusion de légendes et d'explications rationnelles donnent donc un côté factice à l'histoire.

Pour conclure, une lecture très rapide et agréable mais qui me laisse sur ma faim. Une atmosphère mystérieuse très bien retranscrite avec des idées de pièges et des fausses pistes originales mais ces atouts sont parfois mal exploités.

Note :

note

"Commença alors une attente interminable. Gilles, mourant de faim, essayait de calmer les élancements de son estomac en grignotant quelques pommes sauvages dont l'acidité lui agaçait les gencives. Au fur et à mesure que s'écoulaient les heures, la peur montait en lui.
Lors d'une halte, prenant pitié de la jeune sorcière muselée, il coupa des lamelles de fruit et les lui glissa entre les lèvres, à travers les brides du harnais qui lui tenait les mâchoires serrées. Elle déglutit en gardant les yeux baissés. L'horrible appareil de la muselière ne permettait pas de se faire une idée de sa physionomie. Son visage comprimé par les lanières offrait pour l'heure une allure presque porcine. Gilles faisait attention de ne pas approcher les doigts trop près des dents de la jeune fille, de peur qu'elle ne lui croque les phalanges.
Foulques de Braz ne parlait presque plus, et quand sa voix résonnait sous le casque, c'était pour répéter ce qu'il avait déjà raconté un peu plus tôt.
Alors que le soleil se couchait, il devint pourtant véhément.
-Quand la lune est pleine, une malédiction me force à commettre mille vilenies qui me font honte, haleta-t-il soudain. C'est pour me punir. Elle m'oblige à me conduire comme jamais ne le ferait un paladin. Je ne puis m'en empêcher, je suis forcé d'accomplir ces horreurs. Et mon nom se couvre chaque fois d'opprobre. Ah ! comme j'ai honte...
Il ajouta quelque chose, mais sa voix était maintenant trop faible pour qu'on puisse le comprendre."

Le Manoir des Sortilèges de Serge Brussolo

Ce billet est ma 2è participation au challenge de Miyuki.

 

Le Manoir des Sortilèges de Serge Brussolo

 

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