vendredi 29 novembre 2013

Neferhor ou la quête d'Isis d'Isabelle Dethan - Sur les terres d'Horus, tome 7

 

 Fiche détaillée

Scenario > Isabelle Dethan
Dessin > Isabelle Dethan
Couleur > Isabelle Dethan
Editeur > Delcourt
Collection > Conquistador
Série > Sur les terres d'Horus
Genre > BD historique, policier
Date de parution > 2008
Nombre de planches > 46

auteur
(sources : Wikipédia)

Isabelle Dethan

Isabelle Dethan est une dessinatrice et scénariste de bandes dessinées née en 1967 à Bègles. Elle a remporté l'Alph'Art Avenir au festival international de la bande dessinée d'Angoulême en 1992.
Son premier récit est publié en Allemagne, dans la revue Schwermetall.
Après des études de lettres modernes couronnées par une maîtrise et par un CAPES de documentation, elle s'aperçoit qu'il y a quelque chose à tenter en tant qu'auteur de bandes dessinées : elle aime le dessin et l'Histoire, et le festival d'Angoulême organise un concours pour les auteurs amateurs. Elle gagne l'Alph 'Art avenir en 1992 ; les éditeurs, encore dubitatifs six mois avant, lui sourient enfin : c'est le début d'une carrière. Ses premières séries, Mémoire de sable et Le Roi Cyclope, qu'elle réalise en tant qu'auteur complet, se déroulent dans un monde parallèle, mais sur les conseils de son compagnon, Mazan, elle se lance dans l'aventure historique avec Sur les terres d'Horus, en 2000. Khéti, fils du Nil, série destinée à un plus jeune public voit le jour en 2006, en collaboration avec Mazan au dessin.
Isabelle Dethan scénarise aussi Le Rêve de pierres ( éd. Vents d'Ouest) pour Daphné Collignon, et Le Tombeau d'Alexandre (éd. Delcourt) avec Julien Maffre aux pinceaux : le XIXe siècle, aventureux et orientalisant (toutes ses dernières séries portent sur l'Égypte !), Isabelle Dethan fait aussi dans la veine intimiste : Tante Henriette, Ingrid, ou encore Eva aux mains bleues, explorent de diverses façons les souvenirs d'enfance...

quatrieme de couverture

A Thèbes, le second prophète a été assassiné au sein même du grand temple de Karnak. Le prince Khaemouaset tente de faire là lumière sur ce tragique événement, mais les puissants prêtres d'Amen, dont l'aura grandit face au pouvoir royal, voient et d'un mauvais œil l'intrusion, dans leur monde très fermé, d'un fidèle de Pharaon. Khaemouaset aura fort à faire pour trouver le coupable et ainsi démontrer l'autorité de Pharaon, sans compter que sa bien-aimée Meresankh est la victime d'une terrible malédiction.

avis personnel

 Avec ce 7ème tome, nous renouons avec les enquêtes policières. Cette fois, Kha, accompagnée de son assistante et maîtresse Mery, est dépêché par Pharaon à Thèbes où les prêtres d'Amon tentent de lui cacher la mort de leur 2è prophète, qui a en fait été assassiné.
On assiste à une lutte d'influence entre le pouvoir religieux et le pouvoir royal, qui chacun tente de garder ses prérogatives, en démasquant le coupable en premier, quitte à en inventer un...
De son côté, Mery est troublée par des statuettes africaines, chacune portant le nom d'Imenhotep (dont Imeni est le diminutif ) et déposées à intervalles réguliers au pied de sa porte. Elle craint d'être victime d'une malédiction d'outre-tombe jusqu'à ce que ses soupçons se portent sur la princesse Moutnedjemet, la femme de Khaemouaset. La jalousie est-elle vraiment le seul motif qui pousse l'épouse trompée à tenter d'intimider l'amante de son mari ? Ou bien détient-elle un secret qui pourrait bouleverser à jamais la relation entre les deux amants ?

En tout cas, le fantôme d'Imeni n'en finit pas de hanter les souvenirs des différents protagonistes, créant une tension croissante durant toute la progression de l'histoire.

Encore une fois, ce tome est un pur régal tant au niveau du scenario que celui des illustrations ou des couleurs. Même si l'enquête de Kha est vite résolue et passe au second plan, c'est celle que mène Mery sur l'origine des statuettes qui est captivante.

 note : 5 sur 5

 Mes autres avis sur la saga : tome 1 ♦ tome 2 ♦ tome 3 ♦ tome 4 ♦ tome 5 ♦ tome 6 ♦ tome 7 ♦ tome 8 ♦ [série terminée]

 extrait

Neferhor ou la quête d'Isis d'Isabelle Dethan - Sur les terres d'Horus, tome 7    Neferhor ou la quête d'Isis d'Isabelle Dethan - Sur les terres d'Horus, tome 7

divers


Challenge "Voyage dans l'Egypte antique" proposé par Soukee

Ma 8ème participation au challenge de Soukee -

Challenge "Polar historique" organisé par Samlor

Ma 8ème participation au challenge de Samlor repris par Sharon.

 La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

Ma 24ème participation au challenge de Lynnae - Khaemouaset et Hori, fils et petit-fils de Ramsès II  apparaissent dans cette BD.


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lundi 11 novembre 2013

Chanson du jour insolite : musique de la Grèce antique ressuscitée

 Récemment, la British Academy a financé un projet insolite : faire revivre la musique de la Grèce antique !
Pour ce faire, elle s'est tourné vers Armand d’Agour,professeur à l’Université d’Oxford et archéologue de la musique, qui a expliqué à la BBC son procédé pour y parvenir.

Tout d'abord, il s'est inspiré des textes anciens, comme les poèmes épiques d'Homère, les poèmes de Sapho, les tragédies de Sophocle ou d'Euripide, qui étaient tous écrits pour être chantés, et il est parti du rythme conservé dans leurs mots mêmes, qui alternent syllabe longue et syllabe courte.
Puis, il s'est basé sur les instruments, que certains textes anciens nous ont décrits et dont l'aspect permet d'en déduire la tonalité et le timbre.
Enfin, certaines inscriptions épigraphiques accompagnées d'une notation musicale et datant de du Vème au Ier siècle avant notre ère sont parvenues jusqu'à nous.

La plus connue est l'épitaphe sous forme de chanson ornant la tombe consacrée à Euterpe par son époux Seikilos au IIè ou Ier siècle avant n.è.

épitaphe de Sikilos
Stèle portant l’inscription de Seikilos, v. fin du IIe siècle avant notre ère, Nationalmuseet,
Copenhague
© Magnus Manske

La colonne comporte d'abord un distique élégiaque expliquant :

épitaphe de Sikilos
Détail de la stèle portant l’inscription de Seikilos, v. fin du IIe siècle avant notre ère, Nationalmuseet,
Copenhague

ΕΙΚΩΝ Η ΛΙΘΟΣ
Eikôn hê lithos
ΕΙΜΙ· ΤΙΘΗΣΙ ΜΕ
eimi; tithêsi me
ΣΕΙΚΙΛΟΣ ΕΝΘΑ
Seikilos entha
ΜΝΗΜΗΣ ΑΘΑΝΑΤΟΥ
mnêmês athanatou
ΣΗΜΑ ΠΟΛΥΧΡΟΝΙΟΝ
sêma poluchronion

« La pierre que je suis est une image.
Seikilos me place ici,
Signe immortel d'un souvenir éternel. »

L'inscription contient ensuite les paroles suivantes sur lesquelles se déroule la mélodie :

épitaphe de Sikilos
Epitaphe reconstituée © Mezzofortist

Ὅσον ζῇς φαίνου
Hoson zês, phainou
μηδὲν ὅλως σὺ λυποῦ·
mêden holôs su lupou
πρὸς ὀλίγον ἐστὶ τὸ ζῆν.
pros oligon esti to zên
τὸ τέλος ὁ χρόνος ἀπαιτεῖ.
to telos ho chronos apaitei

« Tant que tu vis, brille !
Ne t'afflige absolument de rien !
La vie ne dure guère.
Le temps exige son tribut. »

 La chanson est mélancolique. Par contre, on ne connaît pas le tempo car il n'est pas donné par la notation...

Emouvant, non ?

Challenge "L'Odyssée grecque"

Challenge "L'Odyssée grecque" : 9/100

dimanche 3 novembre 2013

Le Syndrome U.G.A. (l'oeil du calamar) de Gilles Warembourg

Le Syndrome U.G.A. 'l'oeil du calamar) de Gilles Warembourg

Merci à

Livraddict

et aux éditions

atria

pour ce partenariat !

 L'Eclair qui effaçait tout de Philippe Ebly

Auteur > Gilles Warembourg
Editeur > Atria
Collection > Les mondes d'Atria
Genre > Science-fiction
Date de parution > 2012
Nombre de pages > 299

auteur
(sources : éditions Atria)

Le Syndrome U.G.A. (l'oeil du calamar) de Gilles Warembourg   

Gilles Warembourg est né à Arras en Juillet 1953. Après vingt-cinq ans de vie consacrée à la gestion des entreprises, il rompt brusquement avec le métier d'expert-comptable pour renouer pleinement avec ce qu'il a toujours aimé : écrire...

Au fil de ses romans et de ses nouvelles, d'intrigues insolites en énigmes, Gilles Warembourg nous livre une lecture du monde parfois sceptique mais sans cesse renouvelée.

quatrieme de couverture

Février 2024, Pacifique. Le baleinier Big Fish ramène le corps interminable d’un calamar de vingt mètres de long. Deux jours plus tard, l’équipage entier développe une grippe étrange.
Janvier 2110. Stone, généticien à Sidney, accède à des fichiers interdits et tente de comprendre la stérilité qui frappe l’humanité. À travers une enquête balayant le 21e siècle, il cherche à comprendre pourquoi il est le benjamin d’une espèce en voie d’extinction et quel rôle décisif a joué ce calamar géant capturé au large des côtes australiennes.
« De l’œil viendra le salut… »
Cet ultime message d’un naturaliste fantasque renferme-t-il l’issue de cette crise sans précédent et sans lendemain ?... 

première phrase

 "La main bistre de Mada serrait la convocation froissée de l'I.A.P.N.*"

 * I.A.P.N.: Institution pour la Préservation des Naissances, département australien

avis personnel

 Le livre commence en 2075 avec un personnage que nous ne reverrons jamais : Mada Kupka, une femme âgée de 52 ans,  accouche d'un bébé qui lui est enlevé dès la naissance pour être confié à un organisme spécialement chargé de protéger et d'éduquer les enfants regroupés en son sein.
Nous apprenons très vite que depuis 2040, l'année où la stérilité inter-planétaire a été découverte, une politique nataliste coercitive a été mise en place pour inciter les femmes encore fécondables à procréer, mais ces mesures pour endiguer l'extinction de la race humaine s'avèrent vaines puisqu'en 2110, l'humanité a perdu 2/3 de ses effectifs.
C'est également en 2110 que nous faisons la connaissance de Stone, généticien de 35 ans d'origine aborigène  (nous supposons qu'il est le fils de Mada). Stone appartient à la dernière génération d'humains vouée à disparaître en 2160. Suite à un dysfonctionnement du système informatique, le jeune homme prend connaissance par hasard d'un fichier interdit daté de 2041 ; il s'agit du témoignage filmé du naturaliste Luke Edwards qui y livre son héritage spirituel. Intrigué par une des phrases d'Edwards qui affirme énigmatiquement que «De l'oeil viendra le salut», Stone se jette à corps perdu dans une enquête qui durera 15 ans !
Le récit de ses recherches apportera-t-il les réponses aux différentes questions que se posent le lecteur ? Et surtout, apportera-t-il une solution au syndrome qui frappe de stérilité toutes les femmes nées après 2025 ?
Ou l'espèce humaine est-elle condamnée à disparaître ?

 Vous vous doutez bien que je ne révélerai rien sur la clé de l'énigme ! La seule chose que vous devez savoir est que j'ai trouvé la lecture de ce livre absolument captivante. J'ai adoré le parti pris de l'auteur de nous faire aller et venir dans le temps en fonction des différents protagonistes. De plus, il nous offre en accompagnement de son texte des extraits encyclopédiques, des cartes, lettres, coupures de journaux, fichiers informatiques téléchargés... si bien que l'on a l'impression d'être nous-mêmes au coeur de l'enquête menée par Stone, à la recherche d'explications...

L'auteur nous offre une vision du monde futur désenchantée et profondément pessimiste, où l'arrogance de l'homme, son complexe de supériorité et son irresponsabilité l'ont précipité à sa propre perte, où les ressources naturelles de la terre n'ont cessé d'être pillées, d'une part pour satisfaire la cupidité des lobbies, d'autre part pour répondre à la natalité galopante de l'humanité, et où le salut de la terre semble passer par l'extinction complète de la race humaine...
Le pire, c'est que cette vision apocalyptique semble tout à fait plausible (j'ai adoré la thèse du complot mais chut....^^)...

Concernant les personnages, ils sont tous intéressants tout simplement parce qu'ils ont chacun leur personnalité, la palme revenant au naturaliste misanthrope Luke Edwards aussi fantasque que spirituel et dont les reparties savoureuses m'ont bien fait rire !

Seul bémol : le passage où Jodie fait un exposé complet sur l'ADN (6 pages) et qui alourdit le récit selon moi.

Pour conclure, une lecture palpitante sur cette race humaine en pleine perdition, qui a oublié qu'elle ne pouvait pas tout contrôler. Les différents thèmes abordés dans ce livre sont passionnants, et cruellement d'actualité, et l'intrigue bien ficelée ! J'ai adoré être menée en bateau (oui, je sais, il est tout pourri mon jeu de mot ! ^^) par l'auteur, mais je n'en dirai pas plus et emporterai mon secret au fond des océans à l'instar de ces calamars géants...

Encore merci à Livraddict et aux éditions Atria pour ce partenariat !

Appréciation :

note : 4 sur 5

extrait

 page 40/41 :
"Edwards reprit sa respiration en marquant une pause.
«Contre toute attente, le genre humain va disparaître avant les milliers d'autres espèces qu'il menaçait. Quand j'évoquais la septième extinction, j'ignorais bien sûr qu'elle nous intégrerait déjà. Mais finalement, qu'importe que ce soit à l'occasion de la septième ou d'une autre ! Puisque tout a une fin...
«(...) En ces circonstances où la finitude devient un outil essentiel à la connaissance de nous-mêmes, réduits à disparaître comme les ammonites, les ptérodactyles, les tricératops et tant d'autres, nous avons, vous avez, la chance extraordinaire, unique, dirais-je, de connaître le dénouement. Les calamars, les météorites, les pandémies, les mutations ! Peu importe, puisque la vie continue. Je parierais volontiers qu'elle sera plus belle sans nous."

divers

 

Le Crépuscule des elfes de JL Fetjaine - La Trilogie des elfes,tome 1

Ma 12ème participation au challenge de Ptitetrolle.

atria

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vendredi 1 novembre 2013

Les femmes et le sexe dans la Rome antique de Virginie Girod

Les femmes et le sexe dans la Rome antique de Virginie Girod

 Merci à
babelio

et aux éditions  

Tallandier

pour ce partenariat !

Fiche détaillée

 Auteur > Virginie Girod
Editeur > Tallandier
Genre > essai historique
Date de parution
> 2013
Nombre de pages
> 364

auteur
(sources : Tallandier)

Virginie Girod
Virginie Girod est docteur en Histoire.

Elle a soutenu une thèse à l’université Paris IV-Sorbonne sur la sexualité des Romaines au début de l’Empire dont l'ouvrage "Les Femmes et le sexe dans la Rome Antique" est issu.

 

quatrieme de couverture

Dans une épigramme adressée à sa femme, Martial écrivait : «Je veux bien que tu sois une Lucrèce pendant le jour tout entier, mais c'est une Lais qu'il me faut la nuit.» Ce vers décrit tout le paradoxe de l'érotisme féminin dans l'Antiquité romaine.

Comme une même femme ne pouvait pas être tout à la fois le parangon de la chasteté et une amante dépravée, Virginie Girod montre que les femmes furent classées en catégories et comment leur statut social encadrait leur vie sexuelle en fonction de règles morales établies par les mythes politiques romains et par la religion. La femme mariée, la matrone, se trouvait cantonnée dans un rôle reproducteur dénué de sensualité. C'était aux prostituées (esclaves, affranchies ou plus rarement libres) qu'il incombait de distraire sexuellement les hommes.
Alors, le corps féminin érotique et le corps féminin reproducteur étaient-ils deux choses résolument différentes ? Comment les femmes vivaient-elles la sexualité au quotidien ? Quelles pratiques étaient autorisées ou non et pour qui ? Les grandes figures féminines de l'Empire telles que Messaline ou Agrippine la Jeune étaient-elles représentatives de la vie quotidienne de toutes les Romaines ? Finalement, les Romains étaient-ils des débauchés prêts à toutes les transgressions pour leur plaisir ou ont-ils posé les jalons des normes qui ont régi, des siècles durant, la sexualité occidentale ?
À l'aide d'une documentation considérable, Virginie Girod répond à ces questions pour apporter une nouvelle réflexion sur la condition de la femme romaine 

avis personnel

Ayant déjà lu plusieurs livres sur le même thème (dont L'amour à Rome de Pierre Grimal et Pompéi, les visages de l'amour d'Eva Cantarella) je me demandais si en choisissant celui-là dans le cadre "Masse critique" de Babelio, j'allais pouvoir approfondir mes connaissances sur le sujet.
Eh bien, ma réponse est oui, un très grand OUI même !

L'auteure prend comme cadre de son étude le début de l'Empire (de 27 avant notre ère à 96 après), qui est une période charnière au niveau des moeurs où l'on assiste à une espèce d'émancipation féminine.
Virginie Girod s'appuie sur toutes les sources dont nous disposons aujourd'hui : littéraires, juridiques, épigraphiques, numismatiques, archéologiques, ainsi que sur les recherches historiques, anthropologiques et sociales plus contemporaines.
Et c'est absolument captivant d'un bout à l'autre ! L'auteure aborde à peu près tous les aspects liés à la sexualité féminine, que ce soit à travers le rôle social de la femme, ses pratiques sexuelles, les interdits, et même les critères de beauté de l'époque, sans que cela soit à aucun moment rébarbatif !
Cet essai, bien que très détaillé et très documenté, reste en effet accessible aux néophytes. Il est également d'une très grande clarté qui rend sa lecture agréable.
Bref, je ressors enchantée de cette découverte et je remercie Babelio et les éditions Tallandier pour ce partenariat.
Seul bémol : j'aurais apprécié que l'auteure joigne à son texte quelques photographies des pièces de monnaie, réprésentations épigraphiques ou fresques qu'elle évoque parfois pour étayer ses propos...

La seconde partie de cette chronique s'attachera à certains thèmes développés dans le livre : aspects que je ne connaissais pas ou qui m'ont interpelée ou bien encore amusée et que j'ai envie de partager avec vous.

Il faut garder à l'esprit que ce sont la morale, la coutume (le fameux mos maiorum des Romains) et la loi qui fixent les règles du comportement sexuel des Romaines, règles qui ont évolué à travers les siècles.
La mythologie exalte à travers différentes figures de femmes l'idéal féminin dont les qualités principales sont la chasteté, la fidélité et la fécondité. Ainsi, Rhéa Silvia, la mère de Romulus et Rémus, incarne le devoir de procréation des matrones romaines, Acca Larentia, la nourrice des jumeaux, la bienveillance de la prostituée à l'égard de Rome, Lucrèce et Virginie la vertu. Mais il existe aussi des figures maléfiques telles que Tarpéia et Tullia qui symbolisent le stupre et l'ambition.

Le rôle de la femme est donc entièrement tourné vers la procréation, définissant sa place dans la société et les contraintes sexuelles y afférentes.
Ainsi, dès la naissance, la fillette est préparée à son rôle reproductif puisqu'elle est emmaillotée de manière à provoquer l'épanouissement des hanches. Elle peut être fiancée dès sept ans mais il faut attendre qu'elle soit nubile (c-a-d 12 ans) pour qu'elle se marie. La majorité des filles convolent en juste noces entre 12 et 15 ans, puis l'âge au mariage se déplace sous l'Empire entre 15 et 17 ans. Il est à noter que certains hommes préférent se marier avec de très jeunes filles dans le but d'en obtenir une parfaite soumission.
Inutile de préciser que la femme romaine arrive vierge au mariage. Par égard pour elle, il semblerait que certains époux aient pratiqué la sodomie pour leur éviter le traumatisme de la défloration. Franchement, quelle délicate attention ! (ils sont fous, ces Romains !! ). Priapées, 3 : « Donne-moi ce que la jeune mariée la nuit de ses noces donne au désir de son mari car innocente elle craint qu'il ne la blesse. J'aurais pu... mais il est clair de parler comme tout le monde et de dire donne-moi ton cul».

Ensuite, tout est fait pour faciliter la conception :
 ♦ médicalement, les médecins de l'antiquité conseillaient les rapports avant ou après les règles, car cette période, selon eux, y était favorable (encore heureux que les Romaines n'ont pas écouté ces conseils sous peine de voir s'éteindre leur race); ils suggéraient également la position de la levrette pour augmenter la chance de tomber enceinte ! Fait étonnant : ils croyaient que la grossesse durait entre 7 et 13 mois !
♦ sur le plan législatif, Auguste promulgue des lois natalistes qui permettent aux matrones ayant 3 enfants de s'émanciper juridiquement et aux esclaves mères de 5 enfants d'obtenir leur affranchissement...

Dans cette société qui enferme les femmes dans un rôle procréatif, comment sont donc perçues les femmes vieillissantes ?
Eh bien, chères lectrices, j'ai l'immense tristesse de vous apprendre qu'aux yeux des Romains, une femme de 38 ans est proche de la vieillesse.
Et la femme ménopausée doit se détourner des plaisirs de l'amour sous peine de passer pour une perverse. D'ailleurs, à moins d'être riche, la vieille femme n'intéresse plus les hommes qui n'éprouvent que dégoût pour elle. Martial, Epigrammes, X, 90 : « Pourquoi Ligeia, épiles-tu ton vagin hors d'âge ? (...) Tu te trompes bien si tu figures encore porter un vagin quand les désirs de l'homme ont cessé d'y prêter attention. Si donc tu as quelque pudeur, Ligeia, n'arrache pas sa barbe au lion mort.».
Encore une remarque sur le plaisir : il est normalement le fait des femmes de mauvaise vie, mais il est paradoxalement considéré comme favorable à la conception par certains médecins.
Ovide est le seul poète à prôner l'égalité face au plaisir.

Concernant les pratiques sexuelles, seuls le baiser et le coït vaginal sont autorisés aux femmes mariées, les autres pratiques étant jugées infamantes.
Le cunnilingus est la pratique sexuelle la plus abjecte ( Popilus ut canis cunnum lingis, CIL, IV, 8898 - Popilis, tu lèches le vagin comme un chien) car , d'une part, elle est censée donner mauvaise haleine, d'autre part elle se passe de l'usage viril du pénis ; or, c'est une véritable souillure pour un Romain qui utilise normalement sa bouche pour accomplir son devoir civique en prenant la parole !
La sodomie est, on l'a vu, parfois pratiquée lors de la nuit de noces. Mais au vu du taux de natalité assez bas dans le monde romain, on peut penser que les femmes l'utilisent comme moyen de contraception. Certaines prostituées en font également une spécialité...
Le voyeurisme et l'exhibitionnisme sont, comme de nos jours, considéres comme des déviances.
La bestialité fait parti des transgressions les plus violentes après l'inceste (la mythologie ou la littérature font d'ailleurs référence plusieurs fois à ces deux déviances : Pasiphae, l'âne des Métamorphoses d'Apulée, la fable de Byblis et celle de Myrrha...)
La masturbation est la perversion la mieux tolérée même si elle est très peu évoquée concernant les femmes. D'ailleurs, celles-ci ne sont censées la pratiquer qu'à l'aide d'un phallus de bois conformément à la vision phallocentrique des Romains.
Quant à l'homosexualité féminine, elle est interdite par la morale car c'est une perversion menant à la confusion des genres tout en excluant l'homme de ces ébats (ce qui est impensable pour le modèle sexuel phallocentriste !), mais elle n'est pas condamnée par la loi car elle n'apporte aucune souillure ni aucun risque d'enfant adultérin !

Théoriquement, la matrone ou la vierge sont intouchables ! Malheureusement, certaines ont eut à subir un viol : les victimes ne sont jamais considérées comme telles mais porteuses d'une souillure de sang irréparable. De plus, elles sont toujours soupçonnées d'être la complice du violeur !
Les garçons violés étaient également déshonorés ( à noter que la bulle et la toge prétexte sont portés par les enfants romains pour les protéger du désir des hommes !)

Les femmes romaines, qu'elles soient matrones ou prostituées, provoquent à travers leur corps le désir masculin.Quels peuvent bien être ces critères de beauté auxquels sont sensibles les Romains ?
♦ une longue chevelure (c'est pourquoi la matrone la coiffe en chignon et la recouvre d'un voile pour sortir afin d'en atténuer le pouvoir érotique)
♦ un monosourcil (vivivi, je n'invente rien ! )
♦ un corps épilé (Ovide, L'Art d'aimer, III, 193-194 : « J'ai été sur le point de vous avertir qu'un bouc farouche ne devait pas loger sous vos aisselles et que vos jambes ne devaient pas être hérissées de poils rudes.»)
♦ la nudité pendant l'amour (qui ne peut être le fait des matrones mais des esclaves, affranchies ou prostituées)
♦ des bijoux comme le sautoir vénusien qui érotise la poitrine, petite de préférence
♦ l'étroitesse de la taille et la rondeur des hanches qui sont un objet de désir pour l'homme romain...

Concernant les femmes de la haute aristocratie, l'auteure nuance la légende noire qui s'attache à certaines soeurs, filles ou mères d'empereur, qui ont connu une mort violente ou honteuse non pas tant parce qu'elles menaient une vie dissolue que parce qu'elles avaient osé se comporter comme un homme...

Je n'ai fait qu' évoquer dans ma chronique les prostituées mais l'auteure y consacre dans son livre un chapitre extrêmement intéressant.

Appréciation :

note : coup de coeur

divers

La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

Ce billet est ma 15è participation au challenge de Soukee.

 La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

Ma 22ème participation au challenge de Lynnae

Rendez-vous : le premier mardi chez Stephie c'est permis...

 Ma 6ème participation au RV de Stephie.
D'autres billets : StephieCristieJérômeNouketteLasardineLilibal'IrrégulièreCessAlexPharefelueNeph

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