lundi 15 octobre 2012

Âmes perdues de Poppy Z. Brite

Ames perdues de Poppy Z. Brite

Auteur > Poppy Z. Brite
Editeur > Gallimard
Collection > Folio SF
Genre > roman d'horreur
Date de parution > 1992 aux USA, 1994 en France
Titre original > Lost souls
Nombre de pages > 492
Traduction > de l'américain par Jean-Daniel Brèque


(source : Evene)

Poppy Z. Brite


Egérie de la littérature gothique née en 1967, Poppy Z. Brite s'est fait connaître avec l'univers violent et fantastique de ses premiers livres tels que Les Ames perdues (1992) ou Le Corps exquis (1996). La réputation assez sulfureuse de l'écrivain, qui ne cache pas son attirance pour la drogue et le sadomasochisme, amplifie l'engouement pour son oeuvre dans laquelle se côtoient vampires et serial killers. Malgré une évolution de ses écrits vers plus de mesure et de sobriété dans les années 2000, ses romans gardent néanmoins le même humour noir et continuent d'aborder ses thèmes de prédilection que sont l'érotisme et l'homosexualité. Suite à son mariage avec un chef cuisinier en 1989, le monde de la restauration devient une de ses sources d'inspiration majeures : Petite cuisine du diable ou Alcool entament cette série de romans plus légers qui ont pour toile de fond sa ville de La Nouvelle-Orléans. Auteur prolifique qui écrit depuis l’âge de 18 ans, Poppy Z. Brite est devenu une figure de l’underground américain dont l’influence aura su dépasser le cadre du roman d’horreur.

Site officiel  

A quinze ans, Nothing, adolescent rebelle et mal dans sa peau, s'enfuit de chez ses parents. Sa route croise celle des Lost Souls, créatures étranges, vêtues de noir, qui boivent une liqueur au goût de sang. Insatiables, sensuels, sauvages, ce sont des prédateurs sans loi qui n'obéissent qu'à leurs instincts. Avec Molochai, Twig et Zillah, Nothing part en quête d'amour, de sexe et de violence au son de longs riffs lancinants dans les boîtes punk de La Nouvelle-Orléans et découvre la vérité sur ses origines...

Poppy Z. Brite nous entraîne dans un univers noir où les vampires profitent de leur immortalité pour s'adonner à toutes les perversions et braver tous les interdits de la société puritaine américaine.

 

"Lorsque vient le printemps, les familles des banlieues de La Nouvelle-Orléans - Metarie, Jefferson, Lafayette - accrochent des couronnes à leur portes."

Voilà un roman noir, glauque et cruel, dont l'écriture poétique, sensuelle et envoutante nous plonge dans les vapeurs de l'absynthe et la moiteur poisseuse de la Nouvelle Orléans !
Il n'y a pas de rédemption possible pour les "héros" désenchantés de ce livre, tous voués à la solitude et à la tristesse, qu'ils soient humains ou vampires. Ils ont beau s'abîmer dans l'alcool, la drogue ou la baise, s'adonner à toutes les perversions ou braver les interdits, aucun d'eux n'échappe au désespoir...
On suit donc le quotidien de Nothing, enfant perdu et revenu de tout, de Ghost le devin fragile et attachant, de son ami Steeve plein de rage et de violence, de Christian le barman solitaire, de Molochai, Twig et Zillah le trio sans foi ni loi. Evidemment, leur chemin à tous finit par se croiser, créant des liens forts ou au contraire précipitant la chute des plus solitaires ou des plus démunis... Mais je n'en dirai pas plus !
Pour finir, je tiens à préciser que ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains car il est cru, direct, sanglant. Choquant par instant. Mais il agit comme un charme puissant dont on n'est délivré qu'à la toute dernière page...

Appréciation :

note : coup de coeur

"Même Wallace ferait l'affaire, même ce vieil homme fatigué aux yeux si tristes. Il colla ses lèvres à la gorge de Wallace. Sa peau était sèche, flasque; sentait la vieillesse. Il mordit et goûta le sang pour la seconde fois de la nuit...
Mais c'était un sang amer, un sang vicié, et il recracha et s'étouffa. Ses narines palpitèrent. Les vapeurs de whisky et de chagrin lui avaient brouillé les sens, mais il percevait à présent l'odeur de ce sang. L'odeur de la maladie, une puanteur qui imprégnait toutes les cellules de Wallace; aussi forte et puissante que l'odeur du fleuve. Une maladie mortelle, probablement un cancer. Le goût de la corruption dans sa bouche. (...)
La nausée le terrassa. (...) Il se retrouva à terre, incapable de bouger, secoué par le choc, redoutant un nouvel accès de nausée. (...)
Il vit Wallace viser, puis ferma les yeux. Et la nuit explosa, et la douleur transperça sa poitrine. Impossible de respirer. Un projectile de plomb incandescent le pénétra. Il garda les yeux fermés pour ne pas voir le triomphe se peindre sur les traits de Wallace.
Avant d'être emporté par un flot de douleur et de nausée, il eut le temps de formuler un ultime regret : Trois cent quatre-vingt-trois ans... une si longue vie... il aurait dû être beau... pas comme ce vieil homme triste et fatigué... il aurait dû être adorable."

 

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samedi 14 juillet 2012

No Push Collide de Serafin

No Push Collide de Serafin

No Push Collide de Serafin

1. Stephen's In The Sky
2. Day By Day
3. Things Fall Apart
4. No Happy
5. Numerical
6. Lethargy
7. Ordinarily Me
8. Build High, Tear Low
9. Sage Waits
10. Green Disaster Twice
11. Peaches From Spain
12. Who Could I Be ?

No Push Collide de Serafin

Sortie >  juillet 2003
Durée > 45'14
Genre > Rock alternatif
Label > Naive

Membres
Ben Fox Smith > chant, guitare
Darryn Harkness > guitare, claviers
Ben Ellis > basse
Ronny Growler > batterie

site officiel : Serafin

No Push Collide de Serafin

Encore une fois, c'est mon chéri qui m'a fait découvrir cet album. Et j'avoue avoir été agréablement surprise : voilà du rock simple, sans fioritures et diablement efficace ! Tout ce que j'aime...^^
L'album alterne ballades, chansons survitaminées et puissantes ou teintées de pop. Le son est agressif comme j'aime, et la voix du chanteur tour à tour rageuse (elle me retourne à chaque fois ^^) et douce ! Pour être tout à fait honnête, la deuxième moitié de l'album est moins accrocheuse que la première, mais rien que pour les quatre premières chansons qui font un bien fou aux oreilles, l'album vaut largement le détour !

Morceau préféré : No Happy
J'adore : Day By Day
J'aime beaucoup : Things Fall Apart

Note :

No Push Collide de Serafin

No Push Collide de Serafin



lundi 9 juillet 2012

Shakespeare in Love de John Madden

Shakespeare in Love

 

Shakespeare in Love

En 1593, le jeune et prometteur Shakespeare, en mal d'inspiration et criblé de dettes, rêve de rencontrer enfin la muse qui lui permettra d'honorer ses commandes prépayées et dont il n'a que le titre, Roméo et Ethel, la fille du pirate. L'écriture de sa pièce de théâtre se révèle chaotique, et, comble d'ironie, il trouve sa muse en la personne du jeune premier, enrôlé dans sa pièce, maître Thomas Kent, pour lequel il commence à éprouver des sentiments troubles... Il s'avère que le jeune Thomas Kent n'est autre que la belle Viola de Lesseps déguisée en garçon, seul moyen pour elle de contourner l'interdit fait aux femmes de jouer sur les planches tout en assouvissant sa passion pour le théâtre... De leur amour, naîtront les plus belles oeuvres de Shakespeare.

Shakespeare in Love

 Dire que Roméo a failli aimer une certaine Ethel ! Blague à part, je salue l'idée géniale des scénaristes d'avoir su exploiter la biographie parfois floue de Shakespeare pour nous trousser une comédie enlevée, pétillante, drôle et maligne (très maligne même) !
Ce qui est bien avec Roméo et Juliette, c'est que cette histoire est universelle. Tout le monde connaît la pièce de théâtre sans l'avoir forcément lue ou vue. Les spectateurs peuvent donc suivre avec complicité les mésaventures des deux amoureux fougueux, William et Viola, en même temps que William transpose avec fièvre sa vie amoureuse sur les deux jeunes héros de son histoire, Roméo et Ethel/Juliette.
On assiste donc à la naissance d'une pièce,  à ses nombreux remaniements, à ses répétitions parfois chaotiques...


Ce qui est génial dans ce film, ce sont la mise en abîme écriture de la pièce/vie amoureuse supposée de William ainsi que les nombreux détournements de certains éléments de la pièce ou de la vie du dramaturge :
♦ la rivalité entre les maisons Capulet/Montaigu devient une rivalité entre les théâtres de La Rose et du Rideau et vice versa
♦ la scène du balcon où Will se fait surprendre comiquement par la nourrice donnera naissance à la fameuse scène du balcon de la pièce, chargée en tension dramatique
♦ l'intervention de Marlowe qui aide Will à écrire le début de sa pièce fait référence aux différentes thèses qui ont insinué que Shakespeare n'était qu'un prête-nom et que Marlowe était le véritable auteur de ses pièces
♦ le trouble que Shakespeare ressent auprès de Thomas Kent est un clin d'oeil à certains sonnets de l'écrivain qui laisseraient à penser que William était bisexuel
♦ la Viola du film et la Viola de la Nuit des Rois se déguisent en garçon
♦ l'affreux gamin qui les dénonce par deux fois et qui avoue son goût pour le morbide donne à un moment son nom : John Webster, dramaturge anglais qui a émaillé son oeuvre d'épisodes atroces.
J'en oublie sûrement mais c'est également cela qui est jouissif : à chaque visionnage, on découvre une référence ou un clin d'oeil que l'on n'avait pas remarqué précédemment.

 

Note :

note : 5 sur 5

Shakespeare in Love

Réalisateur > John Madden
Scénaristes > Marc Norman & Tom Stoppard
Musique > Stephen Warbeck
Photographie > Richard Greatex
Montage > David Gamble
Décors > Martin Childs
Costumes > Sandy Powel
Production > Miramax Film
Genre > comédie romantique
Sortie > 1998
Durée > 123 minutes
Pays d'origine > Royaume-Uni & Etats Unis

Acteurs principaux :
Joseph Fiennes > William Shakespeare
Gwyneth Paltrow > Viola de Lesseps
Judi Dench > Elizabeth 1ère
Colin Firth > Lord Wessex
Ben Affleck > Ned Alleyn
Geoffrey Rush > Philip Henslowe
Rupert Everett > Christopher Marlowe


Shakespeare in Love

 

 

Shakespeare in Love
Oscar 1999 :
Meilleur Film
Meilleure actrice > Gwyneth Paltrow
Meilleure actrice dans un second rôle > Judi Dench
Meilleur scénario originale > Marc Norman & Tom Stoppard
Meilleure direction artistique
Meilleure musique de film > Stephen Warbeck
Meilleure création de costumes > Sandy Powell

BAFTA 1999 :
Meilleur film
Meilleur montage
Meilleur second rôle féminin > Judi Dench

Golden Globe Award 1999 :
Meilleure comédie ou film musical
Meilleur scénario
Meilleure actrice dans une comédie ou film musical > Gyneth Paltrow

Festival de Berlin 1999 :
Ours d'argent > Marc Norman & Tom Stoppard

Screen Actors Guild Awards 1999 :
Meilleure actrice > Gwyneth Paltrow
Meilleure distribution pour l'ensemble des acteurs

Satellite Award 1999 :
Meilleur film comique ou musical

Critics Choice Awards 1999 :
Meilleur scénario original
Meilleure révélation masculine > Joseph Fiennes

Empire Award 2000 :
Meilleure actrice > Gwyneth Paltrow

Lion tchèque 2000 :
Meilleur film étranger

Kinema Junpo Award 2000 :
Meilleur film étranger

Prix du film Mainichi 2000 :
Meilleur film étranger

vendredi 6 juillet 2012

Meer Bluebird elegance

Meer Bluebird elegance

Le site italien Mondivirtuali m'a fait l'honneur de mentionner mon travail sur Koinup dans un de ses articles.
Même si je sais que j'ai encore énormément de progrès à faire dans le domaine du graphisme, cela fait chaud au coeur et me motive encore plus à travailler pour m'améliorer...

Vous pouvez également retrouver Mondivirtuali sur leur page Facebook.

mercredi 4 juillet 2012

Kallaria

 

 Cet article me permet de faire coup double...

D'abord, avoir eu le bonheur de découvrir que Kallaria m'avait "featured" dans un de ses articles :

Kallaria

 

Ensuite vous parler de Kallaria et de ses oeuvres que l'on peut trouver sous de multiples formats... Car Kallaria touche à tout : écriture, photomontage, graphisme, digital painting, photographie... Je l'ai connue sur un forum sims où elle partageait sa première histoire intitulée Jane Doe...

Puis elle a commencé à faire de la retouche photo, avec de plus en plus de bonheur... Personnellement, j'aime beaucoup son univers sensible, parfois sombre (la plupart du temps) et torturé, parfois ensoleillé et plein de douces couleurs... Je trouve qu'elle a un sens artistique développé et bien à elle, souvent teinté d'onirisme...
Enfin bref, trêve de bavardages, les images parlant mieux d'elles-mêmes, je vous laisse découvrir son univers pictural sur Koinup ou Deviantart.
De plus, je ne résiste pas à l'envie de vous en laisser un avant-goût ci-dessous :

Musique pour accompagner les images 
(faire CTRL + clic sur le lien pour ouvrir un nouvel onglet)

 
 
 
 
J'aime particulièrement sa série bleue, Nausicaa, l'esprit de l'océan :
 
 
 
 
Vous pouvez également retrouver Kallaria sur ses blogs d'écriture : Fragments et Sous les Projecteurs (ils sont pour l'instant momentanément fermés mais ne devraient pas tarder à rouvrir leurs portes...^^).
 
 
PS : la musique de cet article est un extrait des Lachrimae de Dowland (1563-1626).
C'est souvent cette musique baroque qui me vient en tête quand je regarde les images de Kallaria...

mercredi 27 juin 2012

Songs for the Deaf de Queens of the Stone Age

 

Songs for the Deaf de Quennes of the Stone Age

Songs for the Deaf de Quennes of the Stone Age

1. You Think I Ain't Worth A Dollar, But I Feel Like a Millionaire
2. No One Knows
3. First It Giveth
4. A Song For the Dead
5. The Sky Is Fallin'
6. Six Shooter
7. Hangin' Tree
8. Go With the Flow
9. Gonna Leave You
10. Do It Again
11. God Is in The Radio
12. Another Love Song
13. A Song for the Deaf
14. Mosquito Song
15. The Lost Art of Keeping A Secret

Songs for the Deaf de Queens of the Stone Age

Sortie > 4 septembre 2002
Durée > 60:52
Genre >  Stoner rock
Label > Interscope

Membres principaux
Josh Homme > chant, guitare
Nick Oliveri > chant, basse
Mark Lanegan > chant
Dave Grohl > batterie

site officiel : QOTSA

Songs for the Deaf de Queens of the Stone Age

 C'est mon chéri qui m'a fait découvrir l'album (comme beaucoup d'autres d'ailleurs) et ce fut le coup de foudre à la première écoute. Mais un coup de foudre foudroyant qui fait que l'on vibre et que l'on se prend une claque à chaque écoute (et je l'ai écouté en boucle, cet album, sans jamais me lasser !). Enfin, vous voyez quoi ! , ce genre de sensations qui prennent aux tripes et vous font frissonner...
Or donc, le groupe nous entraîne dans un road musical aussi planant que puissant, aussi tripant que psychotique. La faute à des riffs entêtants accompagnant des mélodies accrocheuses. Trouvaille originale et qui participe à l'atmosphère de l'album, les morceaux sont entrecoupés de jingles radiophoniques, nous appelant à un long voyage à travers le désert californien.

Autant vous dire que ça crache le feu sacré du rock, le rock pur et dur sans concession, sauvage et halluciné dont on ressort complètement étourdi, fatigué mais finalement apaisé...
Et cerise sur le gateau : c'est Dave Grohl, ex-batteur de Nirvana, qui, le temps d'un enregistrement, reprend du service derrière les fûts...

Je laisse le mot de la fin à Josh Homme : "Songs For The Deaf est un appel à l'évasion. Sous tous ses aspects. Conduire, baiser, se défoncer sont des formes d'évasion. Et l'album ne parle que de cela."
Je vous avais prévenus, c'est du rock pur et dur...

Morceau préféré : First It Giveth
J'adore : Millionaire, Go With the Flow

Songs for the Deaf de Queens of the Stone Age

Note :

Songs for the Deaf de Queens of the Stone Age

Songs for the Deaf de Queens of the Stone Age

mardi 26 juin 2012

Kafka sur le rivage de Haruki Murakami

Kafka sur le rivage de Haruki Murakami

Auteur > Haruki Murakami
Editeur > France Loisirs
Genre > conte philosophique
Date de parution > 2003 au Japon, 2006 en France
Titre original > Umibe no Kafuka
Nombre de pages > 835
Traduction > du japonais par Corinne Atlan

(source :Evene)

Haruki MurakamiNé à Kyoto en 1949, Haruki Murakami étudie la tragédie grecque à Tokyo. Puis il dirige un club de jazz, avant d'enseigner à Princeton durant quatre années. Son premier livre - non traduit - Ecoute le chant du vent, en 1979, lui vaut le prix Gunzo. Expatrié en Grèce, en Italie puis aux Etats-Unis, il rédige Chroniques de l'oiseau à ressort en 2001 et Au sud de la frontière, à l'ouest du soleil en 2002. Suite au séisme de Kobe et à l'attentat de Tokyo en 1995, il décide de revenir s'installer au Japon. Il y écrit un recueil de nouvelles Après le tremblement de terre, puis Les Amants du Spoutnik en 2003. Son roman initiatique Kafka sur le rivage, sorti en 2006, l'inscrit définitivement parmi les grands de la littérature internationale. L’oeuvre d’Haruki Murakami oscille entre la pensée bouddhiste qui voit des répercussions à nos actions sur une échelle plus large et la chronique sociale dans un cadre fantastique.

Kafka Tamura, quinze ans, fuit sa maison de Tokyo pour échapper à la terrible prophétie que son père a prononcée contre lui. Nakata, vieil homme simple d'esprit, décide lui aussi de prendre la route, obéissant à un appel impérieux, attiré par une force qui le dépasse. Lancés dans une vaste odyssée, nos deux héros vont croiser en chemin des hommes et des chats, une mère maquerelle fantomatique et une prostituée férue de Hegel, des soldats perdus et un inquiétant colonel, des poissons tombant du ciel, et bien d'autres choses encore... avant de voir leur destin converger inexorablement, et de découvrir leur propre vérité.

 

"- Et pour l'argent, ça s'est arrangé ? demande le garçon nommé Corbeau."

 

Si je devais résumer mon avis en quelques mots, je dirais que la lecture de ce livre a été une expérience exaltante, déroutante et bouleversante... Et pourtant, rien ne m'avait encouragée à le lire. J'avais acquis ce livre par défaut, juste parce que la date limite d'achat à France Loisirs était arrivé à échéance et que je partais le lendemain sur les routes des vacances ! L'illustration de la couverture avait attiré mon regard, et hop, pressée de retourner à mes valises, j'étais passée à la caisse. Quand je pense que j'ai failli passer à côté de ce petit bijou de drôlerie, de fantaisie et de poésie ! Le livre mélange conte philosophique et récit initiatique avec des personnages follement attachants (et parfois surprenants!). J'ai été littéralement envoûtée par cette fable des temps modernes, tant et si bien qu'en refermant ce livre, les personnages ont continué à m'habiter durant de nombreux mois... Ce livre recèle un univers d'une  richesse tellement incroyable que l'on ne peut s'empêcher de ressentir un sentiment de vide et de manque longtemps après avoir tourné la dernière page...

Appréciation :

note : coup de coeur

  

Chapitre 6

    "   -          Bonjour, dit le vieil homme.
Le chat leva à peine la tête et lui rendit son salut à voix basse, d’un ton las. C’était un vieux gros matou noir.
-          Belle journée non ?
-          Hmmm, dit le chat.
-          Pas un nuage !
-          Pour l’instant…
-          Le beau temps ne va pas durer ?
-          Ca va se gâter dans la soirée, à mon avis, répondit le chat noir en étirant lentement une patte et en plissant les yeux en direction du vieil homme.
Il regardait le chat en souriant.
Ce dernier hésita un instant, sans raison apparente, puis se résigna à prendre la parole.
-          Hum, alors comme ça… vous savez parler, vous ?
-          Oui, dit le vieil homme, un peu honteux.
Puis, pour montrer son respect, il ôta son bonnet de montagne en coton tout élimé.
-          Je ne parle pas à tous les chats que je croise, reprit-il, seulement quand les circonstances s’y prêtent, comme maintenant.
-          Hum, fit l’animal, résumant ainsi succinctement ses impressions.
-          Ca ne vous dérange pas si je m’assieds un moment ? Nakata est un peu fatigué de marcher.
Le matou noir se redressa lentement, ses longues moustaches frémissantes, et bâilla à s’en décrocher la mâchoire.
-          Ca ne me dérange pas . Ou plutôt, ça ne me regarde pas. Vous pouvez bien vous asseoir où ça vous chante. Personne ne vous dira rien. (…) Alors comme ça, vous vous appelez Nakata ?
-          Tout à fait, tout à fait. Et vous-même ?
-          J’ai oublié mon nom. Ce n’est pas que je n’en aie jamais eu, mais à un moment donné il a perdu son utilité, et du coup je l’ai oublié.
-          C’est vrai. On oublie vite ce dont on n’a pas besoin. C’est pareil pour Nakata, dit l’homme en se grattant la tête. Vous n’avez donc pas de maître ?
-          J’en ai eu un il y a longtemps, mais plus maintenant. Quelques familles du voisinage me donnent à manger, mais je n’appartiens à aucune en particulier.
Nakata hocha la tête, garda le silence un moment puis demanda :
-          Est-ce que je peux vous appeler Otsuka, alors ?
-          Otsuka ? fit le chat en regardant l’homme d’un air surpris. C’est quoi, cette histoire ?… Pourquoi Otsuka ?
-          Oh, ça n’a pas de sens particulier. C’est juste un nom qui vient de me venir à l’esprit. (…)
-          Hmm. Je ne comprends pas très bien. Les chats n’ont pas besoin de ça. Nous, on se contente de l’odeur, de la forme, de ce qui est là, quoi. Avec ça, il n’y a pas de problème.
-          Oui, je comprends bien, mais pour les humains, ce n’est pas pareil. Il nous faut des dates, des noms, pour nous rappeler un tas de choses.
Le chat souffla l’air par le nez.
-          C’est pas pratique."

 

Kafka sur le rivage de Haruki Murakami

Ce roman rentre dans le cadre du Challenge Mythologies du Monde organisé par Myrtille.

Kafka sur le rivage de Haruki Murakami

Challenge organisé par Helran - 1ère comptant pour le Japon...

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