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dimanche 21 octobre 2012

Ben-Hur (1959) de William Wyler

Ben-Hur (1959)

 

Ben-Hur (1959)

Judas Ben-Hur, prince de Judée, retrouve son ami d'enfance Messala, venu prendre la tête de la garnison de Jérusalem. Mais leur amitié ne peut résister à leurs caractères différents. Alors qu'une pierre tombe du balcon de la maison familiale de Ben-Hur, manquant de tuer le gouverneur qui paradait plus bas, Messala trahit son ami qu'il sait innocent en l'envoyant aux galères et en jetant en prison sa mère et sa soeur. Ben-Hur jure alors de reconquérir sa liberté et prépare sa vengeance.

 

Ben-Hur (1959)

 Le générique donne tout le suite le ton : on aperçoit la fresque intitulée La Création d'Adam peinte par Michel-Ange, et plus particulièrement les deux index tendus l'un vers l'autre et dont la caméra se rapproche progressivement, et l'on se dit que l'on va s'en prendre plein les yeux !
Et effectivement, tout, dans ce péplum, est dans la démesure : démesure du budget, démesure des décors, démesure des costumes, démesure de la durée, démesure des dialogues... Ce n'est pas pour rien que Ben-Hur est considéré comme un monument du cinéma et qu'il a été le film le plus primé aux oscars !
Même si, parfois, les dialogues sont un peu trop présents et ralentissent l'action, on est transporté par le souffle épique du film : mention spéciale aux deux scènes d'anthologie, celle de la bataille navale, et celle de la course de char qui dure plus de vingt minutes, et qui sont aussi bluffantes que captivantes !

Ben-Hur (1959)


Seul bémol du film : comme le sous-titre l'indique, il s'agit d'un Conte du Christ, donc, on a parfois l'impression d'assister à un cours de catéchisme, alors que l'histoire aurait gagné en intensité en étant recentrée sur la rivalité entre Ben-Hur et Messala. Ce qui, accessoirement, nous aurait permis de voir davantage Messala...^^
D'ailleurs en parlant d'eux, je me souviens que lorque j'avais vu pour la 1ère fois ce film à douze ans, leur scène de retrouvailles m'avait interloquée sans que je sache pourquoi. Je sentais que quelque chose m'échappait ! Et j'ai compris quelques années plus tard en voyant à la télévision un documentaire sur la représentation de l'homosexualité au cinéma :  Gore Vidal, l'un des scénaristes, y expliquait que la haine de Messala à l'encontre de Ben-Hur ne pouvait être motivée que par le rejet amoureux de ce dernier; d'ailleurs il fut demandé à Stephen Boyd, l'acteur qui jouait Messala, de jouer cette scène comme si lui et Ben Hur avaient été amants, sans que Charlton Heston soit mis dans la confidence ! Cette explication donne tout le sel aux revisionnages suivants car on s'aperçoit effectivement que les regards que Messala jettent à Ben-Hur sont des regards affamés de désir...

Ben-Hur (1959)

Autre précision : le jeu des acteurs pourrait surprendre les jeunes spectateurs car il est assez appuyé et démonstratif; mais c'est ainsi que l'on jouait (d'après les souvenirs que je garde des autres films de l'époque) dans les années 50.

Pour conclure, il faut avoir vu Ben-Hur au moins une fois dans sa vie, car c'est un péplum plutôt fascinant, dont les décors grandioses et les scènes de bravoure sont à couper le souffle ! On ne peut rester insensible à la destinée cruelle de Ben-Hur qui ne survit aux galères que soutenu par son désir de vengeance !

Pour information, ce film est un remake du Ben-Hur muet de 1925.
Un autre remake a été réalisé en 2010 sous forme de téléfilm, avec Joseph Morgan dans le rôle de Ben-Hur.

 

Note :

note : 4 sur 5

Ben-Hur (1959)

Réalisateur > William Wyler
Scénariste > Karl Tunberg, Christophe Fry et Gore Vidal
(d'après le roman Ben-Hur: A Tale of the Christ de Lewis Wallace)
Musique > Miklos Rozsa
Photographie > Robert L. Surtees
Montage > Ralph E. Winters & John D. Dunning
Décors > Hugh Hunt
Costumes > Elisabeth Haffenden
Production > Metro-Goldwyn-Mayer
Genre > Péplum
Sortie > 1959 aux USA, 1960 en France
Durée > 214 minutes
Pays d'origine > Etats-Unis


Acteurs principaux :
Charlton Heston > Juda Ben Hur
Stephen Boyd > Messala
Hugh Griffith > le Cheik Ilderim
Jack Hawkins > Quintus Arrius
Cathy O'Donnell > Tirzah
Sam Jaffe > Simonides
Haya Harareet > Esther
Martha Scott > Miriam

 

Ben-Hur (1959)

 

Ben-Hur (1959)

Oscar 1960 :
Meilleur film > Sam Zimbalist, producteur
Meilleur acteur > Charlton Heston
Meilleur acteur dans un second rôle > Hugh Griffith
Meilleur réalisateur > William Wyler
Meilleure direction artistique > William A. Horning, Edward C. Carfagno & Hugh Hunt
Meilleure photographie (couleur) > Robert Surtees
Meilleure création de costumes > Elizabeth Haffenden
Meilleurs effets visuels > Milo B. Lory (audios), A. Arnold Gillespie & Robert MacDonald (visuels)
Meilleur montage > John D. Dunning & Ralph E. Winters
Meilleure musique de film > Miklós Rózsa
Meilleur mixage de son > Franklin Milton


Golden Globes 1960 :
Meilleur film dramatique
Meilleur réalisateur >William Wyler
Meilleur acteur dans un second rôle > Stephen Boyd
Prix spécial pour Andrew Marton en tant que réalisateur de la course de char


British Academy Film Award 1960:
Meilleur film

 

Ben-Hur (1959)

Ben-Hur (1959)

Ce billet rentre dans le cadre du Défi "Au coeur de la Rome antique" organisé par Soukee.

lundi 9 juillet 2012

Shakespeare in Love de John Madden

Shakespeare in Love

 

Shakespeare in Love

En 1593, le jeune et prometteur Shakespeare, en mal d'inspiration et criblé de dettes, rêve de rencontrer enfin la muse qui lui permettra d'honorer ses commandes prépayées et dont il n'a que le titre, Roméo et Ethel, la fille du pirate. L'écriture de sa pièce de théâtre se révèle chaotique, et, comble d'ironie, il trouve sa muse en la personne du jeune premier, enrôlé dans sa pièce, maître Thomas Kent, pour lequel il commence à éprouver des sentiments troubles... Il s'avère que le jeune Thomas Kent n'est autre que la belle Viola de Lesseps déguisée en garçon, seul moyen pour elle de contourner l'interdit fait aux femmes de jouer sur les planches tout en assouvissant sa passion pour le théâtre... De leur amour, naîtront les plus belles oeuvres de Shakespeare.

Shakespeare in Love

 Dire que Roméo a failli aimer une certaine Ethel ! Blague à part, je salue l'idée géniale des scénaristes d'avoir su exploiter la biographie parfois floue de Shakespeare pour nous trousser une comédie enlevée, pétillante, drôle et maligne (très maligne même) !
Ce qui est bien avec Roméo et Juliette, c'est que cette histoire est universelle. Tout le monde connaît la pièce de théâtre sans l'avoir forcément lue ou vue. Les spectateurs peuvent donc suivre avec complicité les mésaventures des deux amoureux fougueux, William et Viola, en même temps que William transpose avec fièvre sa vie amoureuse sur les deux jeunes héros de son histoire, Roméo et Ethel/Juliette.
On assiste donc à la naissance d'une pièce,  à ses nombreux remaniements, à ses répétitions parfois chaotiques...


Ce qui est génial dans ce film, ce sont la mise en abîme écriture de la pièce/vie amoureuse supposée de William ainsi que les nombreux détournements de certains éléments de la pièce ou de la vie du dramaturge :
♦ la rivalité entre les maisons Capulet/Montaigu devient une rivalité entre les théâtres de La Rose et du Rideau et vice versa
♦ la scène du balcon où Will se fait surprendre comiquement par la nourrice donnera naissance à la fameuse scène du balcon de la pièce, chargée en tension dramatique
♦ l'intervention de Marlowe qui aide Will à écrire le début de sa pièce fait référence aux différentes thèses qui ont insinué que Shakespeare n'était qu'un prête-nom et que Marlowe était le véritable auteur de ses pièces
♦ le trouble que Shakespeare ressent auprès de Thomas Kent est un clin d'oeil à certains sonnets de l'écrivain qui laisseraient à penser que William était bisexuel
♦ la Viola du film et la Viola de la Nuit des Rois se déguisent en garçon
♦ l'affreux gamin qui les dénonce par deux fois et qui avoue son goût pour le morbide donne à un moment son nom : John Webster, dramaturge anglais qui a émaillé son oeuvre d'épisodes atroces.
J'en oublie sûrement mais c'est également cela qui est jouissif : à chaque visionnage, on découvre une référence ou un clin d'oeil que l'on n'avait pas remarqué précédemment.

 

Note :

note : 5 sur 5

Shakespeare in Love

Réalisateur > John Madden
Scénaristes > Marc Norman & Tom Stoppard
Musique > Stephen Warbeck
Photographie > Richard Greatex
Montage > David Gamble
Décors > Martin Childs
Costumes > Sandy Powel
Production > Miramax Film
Genre > comédie romantique
Sortie > 1998
Durée > 123 minutes
Pays d'origine > Royaume-Uni & Etats Unis

Acteurs principaux :
Joseph Fiennes > William Shakespeare
Gwyneth Paltrow > Viola de Lesseps
Judi Dench > Elizabeth 1ère
Colin Firth > Lord Wessex
Ben Affleck > Ned Alleyn
Geoffrey Rush > Philip Henslowe
Rupert Everett > Christopher Marlowe


Shakespeare in Love

 

 

Shakespeare in Love
Oscar 1999 :
Meilleur Film
Meilleure actrice > Gwyneth Paltrow
Meilleure actrice dans un second rôle > Judi Dench
Meilleur scénario originale > Marc Norman & Tom Stoppard
Meilleure direction artistique
Meilleure musique de film > Stephen Warbeck
Meilleure création de costumes > Sandy Powell

BAFTA 1999 :
Meilleur film
Meilleur montage
Meilleur second rôle féminin > Judi Dench

Golden Globe Award 1999 :
Meilleure comédie ou film musical
Meilleur scénario
Meilleure actrice dans une comédie ou film musical > Gyneth Paltrow

Festival de Berlin 1999 :
Ours d'argent > Marc Norman & Tom Stoppard

Screen Actors Guild Awards 1999 :
Meilleure actrice > Gwyneth Paltrow
Meilleure distribution pour l'ensemble des acteurs

Satellite Award 1999 :
Meilleur film comique ou musical

Critics Choice Awards 1999 :
Meilleur scénario original
Meilleure révélation masculine > Joseph Fiennes

Empire Award 2000 :
Meilleure actrice > Gwyneth Paltrow

Lion tchèque 2000 :
Meilleur film étranger

Kinema Junpo Award 2000 :
Meilleur film étranger

Prix du film Mainichi 2000 :
Meilleur film étranger