mercredi 6 mai 2015

L'Esclave de C.S. Pacat - Prince captif, tome 1

L'Esclave de C.S. Pacat - Prince captif, tome 1
 Merci à
babelio
et aux éditions  
L'Esclave de C.S. Pacat - Prince captif, tome 1
pour ce partenariat !
Auteur > C.S. Pacat
Editeur > Milady
Collection > Romans
Genre > érotisme, fantasy
Date de parution > 2013 dans l'édition originale, 2015 dans la présente édition
Titre original > Captive Prince
Nombre de pages > 316
Traduction > de l'anglais (Australie)  par Louise Lafon
"- Nous avons appris que votre prince possédait son propre harem, dit dame Jokaste."
 Damen est un héros pour son peuple et le légitime héritier du trône d'Akielos. Mais lorsque son demi-frère s empare du pouvoir, Damen est capturé, dépouillé de son identité et offert comme esclave au prince d'un royaume ennemi.
Beau, manipulateur et létal, son nouveau maître, le prince Laurent, incarne ce qui se fait de pire à la cour de Vere. Mais dans la toile mortelle de la politique Vérétienne, les apparences sont trompeuses, et lorsque Damen se retrouve pris dans un jeu de pouvoir pour le trône, il doit s'allier à Laurent afin de survivre et sauver son royaume.
Sans jamais oublier une règle vitale : cacher sa véritable identité à tout prix. Car l'homme dont il a besoin est celui qui a le plus de raisons de le haïr...
En lisant la 4ème de couverture, c'est avec un plaisir anticipé que j'ai accepté la masse critique privée de Babelio. Aussi, quelle ne fut pas ma surprise en recevant le roman de constater qu'il s'agissait d'un livre édité par Milady... Non pas que la maison d'édition me dérange, hein, mais j'avais oublié qu'elle était également spécialisée dans les livres de fantasy (comme quoi, j'ai une mémoire de poisson rouge, car j'ai dans ma bibliothèque les deux tomes de La Légende de Drizzt * tousse tousse*), pour ne retenir que sa collection "Romance", et vu mes déboires avec la romance en général, j'avais peur de ne pas aimer du tout...

Eh bien, j'ai eu tort car une fois plongée dans le roman, je ne l'ai plus lâché avant la fin, et l'ai dévoré durant mon dimanche après-midi, regrettant que le livre ne compte pas plus de pages... L'histoire réunissait vraiment tous les ingrédients pour me plaire : un barbare courageux et intègre (Damen, rhâââ lovely...😳), une inspiration puisée chez les Grecs et les Romains de l'Antiquité pour décrire les pratiques sexuelles et sociologiques des deux civilisations en présence, les machinations de palais, des personnages étonnants dont le caractère fouillé leur permet d'échapper à tout manichéisme...

Nous voyons l'histoire à travers les yeux du prince Damianos, rebaptisé Damen suite à la trahison de son demi-frère Kastor qui l'a offert comme esclave sexuel à Laurent, l'héritier cruel et manipulateur du royaume ennemi, qui voue une haine profonde à tout ce qui vient d'Akielos... Par conséquent, nous ressentons intimement les émotions du prince déchu, nous tremblons avec lui de le voir démasqué, ce qui le conduirait à une mort certaine, car il a tué il y a quelques années le frère aîné de Laurent à la bataille de Marlas ! Malgré les mises en garde de son oncle, le régent, qui veut éviter une guerre avec leur nouvel allié, le prince de Vère ne cesse de rechercher l'occasion d'humilier et de maltraiter son nouvel esclave, dont il ignore l'identité réelle.

Les rapports qui s'instaurent entre Laurent et Damen sont captivants et évoluent de manière intéressante : Damen, qui est un guerrier respecté de son peuple, a du mal à se soumettre à sa nouvelle condition, et ne peut empêcher sa fierté naturelle de regimber face à l'autorité cruelle de son maître, le mettant souvent dans une situation des plus précaires. C'est un homme honorable, qui continue à obéir à son code d'honneur, sincèrement préoccupé par l'intérêt de ses sujets et l'avenir de son royaume et mu par de nobles intentions, ce qui provoque parfois la surprise de Laurent qui ne le considère que comme une brute sans cervelle.
De son côté, Laurent apparaît comme un être manipulateur et insensible, vouant une haine inextinguible aux Akieloniens, et prêt à tout pour satisfaire ses désirs de vengeance... Bien que ses réparties soient parfois spirituelles et drôles, il se montre odieux et détestable au possible. Son caractère capricieux le pousse à esquiver ses responsabilités princières au grand dam de son oncle. Au début, nous adhérons à la vision peu flatteuse qu'a Damen de lui, mais au fur et à mesure de notre lecture, nous nous rendons compte qu'il vaut peut-être mieux que sa réputation ; nous en arrivons à nous interroger sur certains de ses comportements et leur origine. En tout cas, il ne laisse personne indifférent même si sa personnalité est pour l'instant insondable, mais ce mystère ajoute à son charisme tout en attisant la curiosité du lecteur. Il est d'ailleurs décrit de telle manière que chacun de ses regards, chacune de ses attitudes parlent d'eux mêmes et marquent le lecteur !
D'autant que la destinée des deux princes est inextricablement liée, et comble de l'ironie, chacun doit protéger l'autre pour sa propre survie alors qu'ils ne rêvent que de s'entretuer !
L'Esclave de C.S. Pacat - Prince captif, tome 1
image©Daunt

Les autres personnages sont également travaillés, et tout aussi intrigants : le régent qui semble étonnamment pondéré dans ce royaume aux mœurs corrompues, Nicaise le mignon dont le comportement impitoyable s'accorde si peu à un physique angélique, Erasmus, l'esclave doux et dévoué...

Nous découvrons également les pratiques sexuelles de Vère en même temps que Damen, des pratiques aussi dépravées que perverses : des combats dans l'arène sont organisés, mais dans cette civilisation réputée raffinée, les esclaves ne s'affrontent pas avec une épée de fer, non, mais avec leur épée de chair... si vous voyez ce que je veux dire !!! Certaines autres  scènes peuvent s'avérer très dérangeantes, vu qu'elles suggèrent des relations entre des hommes et des mignons prépubères, mais elles ne sont jamais traitées de manière racoleuse et s'intègrent finalement logiquement à cet univers vérétien où le vice est maître !

La plume et les descriptions de l'auteure nous immergent complètement dans cet univers travaillé, où rien n'est laissé au hasard, où les protagonistes évoluent tout le temps sur le fil du rasoir, se débattant dans les intrigues de cour. Complots, trahisons, faux-semblants s'entrecroisent, suggérant que les apparences peuvent se révéler mortellement trompeuses et que les enjeux ne se situent pas forcément là où on les attendait...

Bref une plongée haletante dans cet univers décadent qui nous donne furieusement envie de connaître la suite. C'est bien simple, j'ai déjà précommandé le tome 2 et me demande comment je vais bien pouvoir tenir jusqu'au 29 mai... Pour l'instant, l'identité de Damen n'a pas été percée à jour et l'on se demande comment Laurent réagira quand il apprendra la vérité !
Par contre, vu la nature de certaines relations, ce roman est à réserver à un public averti.

Je tiens à remercier Babelio et les éditions Milady pour cette très belle découverte !

Appréciation :

Mes autres avis sur la saga :tome 1 ♦ tome 2tome 3 [saga terminée]
Mon couple inoubliable
Mon Pinterest dédié à la saga ♣
  Damen ne vit aucune raison de revenir sur sa première impression : le prince était gâté, comme un fruit laissé trop longtemps sur la branche. Les paupières lourdes et les lèvres molles de Laurent suggéraient une nuit passée à abuser du vin, en courtisan dissolu.
- J'ai réfléchi à ce que j'allais faire de toi, déclara Laurent. Te briser en te faisant flageller... ou peut-être t'utiliser comme Kastor désirait que je le fasse. Je pense que cela me procurerait beaucoup de plaisir.
Laurent vint se poser à quatre pas de Damen. Cette distance était calculée : Damen estima que s'il tirait sur sa chaîne aussi fort que possible, ils seraient tout juste à deux doigts l'un de l'autre, sans se toucher.
- Tu n'as rien à répondre ? Ne me dis pas que tu es timide, à présent que nous sommes en tête-à-tête.
Le ton suave de Laurent n'était ni rassurant, ni aimable.
- Je croyais que vous ne vouliez pas vous salir avec un barbare, répondit Damen en prenant soin de ne pas élever la voix.
Il entendait battre son cœur dans sa poitrine.
- En effet, reprit Laurent. Mais si je te donnais à un garde, peut-être m'abaisserais-je à regarder.
Damen se crispa et ne parvint pas à cacher son expression horrifiée.
- Tu n'aimes pas cette idée ? poursuivit Laurent. Peut-être pourrais-je trouver autre chose. Viens ici.
Damen sentit grimper sa méfiance et sa répulsion à l'égard de Laurent, mais il se rappela sa situation. En Akielos, il avait lutté contre ses fers, et ceux-ci avaient été renforcés. Ici, il n'était qu'un esclave ordianire, et l'occasion de s'échapper finirait par se présenter, s'il ne la gâchait pas en laissant s'exprimer sa colère et son orgueil. Il était capable d'endurer le sadisme puéril de Laurent. Il devait retourner en Akielos, et pour le moment, cela impliquait de se montrer docile.
Il fit un pas en avant, circonspect.
- Non, dit Laurent d'un ton satisfait. Rampe !
«Rampe».
C'était comme si tout s'était arrêté, sous l'effet de ce seul mot. La partie de Damen qui lui dictait de feindre l'obéissance fut noyée sous le flot de sa fierté bafouée.
mais l'incrédulité hautaine de Damen ne se peignit qu'une demi-seconde sur son visage, avant qu'il se trouve projeté à quatre pattes par les gardes, sur l'ordre muet de Laurent. Un instant plus tard, après un autre geste du prince, l'un des gardes le frappa à la mâchoire. Et recommença, encore et encore.
(page 39/40)
C.S. Pacat C.S. Pacat est un écrivain originaire de Melbourne. Sa 1ère saga, la trilogie Prince Captif, a vu le jour sur le net. Suite à son succès, elle a été auto-publiée en 2013, puis acquise par l'éditeur Penguin avant d'être publiée à travers le monde en 2015.
L'auteure a beaucoup voyagé et vécu dans des villes aussi diverses que Tokyo au Japon et Pérouse en Italie. Elle s'est installée récemment en Australie où elle écrit actuellement le 3ème tome de la trilogie Prince Captif.
site de l'auteure -


Rendez-vous : le premier mardi chez Stephie c'est permis...
 Ma 17ème participation au RV de Stephie.
 
Challenge Littérature de l'Imaginaire organisé par MarieJuliet (13/24)
le tour du monde en 8 ans
Ce billet est ma 18è participation au challenge d'Helran - cette escale compte pour l'Australie
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lundi 4 mai 2015

L'Affaire Toutankhamon de Christian Jacq

L'Affaire Toutankhamon de Christian Jacq

Fiche détaillée

 Auteur > Christian Jacq
Editeur > Le Grand Livre du Mois
Genre > Historique
Date de parution > 1992
Nombre de pages > 453

 auteur
(sources : Wikipédia)

Christian Jacq
Christian Jacq, né à Paris le 28 avril 1947, est un écrivain de langue française vivant en Suisse. Outre sous son vrai nom il aussi écrit sous plusieurs pseudonymes (Christopher Carter, J. B. Livingstone et Célestin Valois).
Parallèlement à sa carrière d'universitaire en archéologie et égyptologie, Christian Jacq publie des romans historiques, dont le cadre se situe dans l'Égypte antique, mais aussi des romans policiers « contemporains ».
Il se prend de passion pour l'Égypte ancienne dès l'âge de treize ans, à la lecture des trois volumes de l'Histoire de la civilisation de l'Égypte ancienne de Jacques Pirenne.
Marié très jeune, à 17 ans, son voyage de noces le conduit naturellement en Égypte, sur le site de l'antique Memphis. Son premier essai, naturellement consacré à l'Égypte, paraît dès la fin des années 1960, tandis qu'il se lance dans des études d'archéologie et d'égyptologie, qui seront couronnées par un doctorat de IIIè cycle sur Le voyage dans l'autre monde selon l'Égypte ancienne à la Sorbonne.
A 21 ans, il signe son premier livre, un essai sur les liens entre l'Égypte ancienne et le Moyen âge.
Il sera un temps collaborateur de la radio France Culture, coproduisant par exemple certaines émissions de la série les Chemins de la connaissance.
Parallèlement, il est pendant quelques années, directeur de l'Institut Ramsès, qui publie des transcriptions de textes égyptiens et vise à l'édification d'un fonds photographique sur l'Égypte.
Outre ses essais consacrés à l'Égypte, mais aussi à quelques domaines moins connus (héraldique, gnose), il mène une carrière parallèle d'auteur de romans policiers (sous plusieurs pseudonymes, Christopher Carter, J. B. Livingstone et Célestin Valois ) puis d'auteur de romans historiques (sous son vrai nom), il a écrit 150 livres et en a vendu 35 millions dans 30 pays.
Depuis 2000 il vit à Blonay (Suisse).

 

quatrieme de couverture

Un jeune peintre animalier désargenté, qui se transplante en Egypte et devient, à dix-huit ans, archéologue... Un lord milliardaire, épris de voyages et d'aventures... Quelle occasion pouvait bien réunir ces deux êtres, aux antipodes l'un de l'autre ?
Non pas une occasion, mais un pharaon au masque d'or qui, depuis des millénaires, reposait dans les ténèbres d'un tombeau inviolé, au cœur de la Vallée des rois, site étrange et grandiose où la vie est inséparable de la mort et où les hommes, ici plus qu'ailleurs, ne cessent de rêver...
Carter l'archéologue et Carnarvon le mécène vont tomber amoureux de l'Egypte et de la Vallée, arracher Toutankhamon à l'oubli, malgré la guerre, malgré les jalousies, malgré les ambitieux, les envieux. C'est l'Affaire Toutankhamon.
Une affaire qui exacerbe les passions, déchaîne les convoitises et se place entre roman policier, roman d'aventures et roman de mœurs. Toutankhamon, lui, ne se contente pas d'une résurrection qui doit tout à Carter et à Carnarvon. Environné de malédiction, il devient la grande vedette de l'actualité et l'objet de toutes les convoitises.
L'Affaire Toutankhamon : un demi-siècle de drames, de folies, au long d'épisodes plus hallucinants et plus vrais les uns que les autres. La dimension d'une légende épique où rayonnent l'amour, la soif d'absolu, l'or et l'éternité. Christian Jacq traite cette histoire unique avec la rigueur d'un grand historien et l'inspiration d'un visionnaire.

avis personnel

 Le pharaon Toutankhamon est très célèbre de nos jours, grâce à la découverte de sa tombe, inviolée depuis plus de 2000 ans et aux trésors dont elle regorgeait, mais à l'époque où se situe le récit, il était considéré comme un obscur roitelet par les archéologues... Ce roman traite donc de cette découverte, mais surtout des longues années qui l'ont précédée, mettant ainsi l'accent sur la détermination et la foi sans faille de Howard Carter, archéologue aussi obscur au début que le pharaon oublié, et qui ne renoncera jamais au rêve qui occupera toute sa vie, malgré le risque de trouver une petite tombe sans intérêt déjà pillée.

L'auteur alterne dans la 1ère partie les chapitres entre Howard Carter, jeune peintre animalier engagé à 17 ans par Percy Newberry, jeune égyptologue qui l'emmène avec lui en Égypte où il gravit progressivement les échelons au musée des antiquités, et ceux où le vicomte Porchester, futur lord Carnarvon, mène une vie aventureuse à travers le monde, passant d'une nouvelle lubie à une autre (navigation, voiture de course, photographie...), jusqu'à leur rencontre déterminante.

J'ai beaucoup aimé le début du récit, qui est parsemé de touches d'humour sonnant très british ; par contre, à la longue, j'ai trouvé la mécanique des démêlés de Carter avec l'administration égyptienne assez répétitive, et parfois lassante ; en effet, l'archéologue ne cesse d'être aux buttes à l'hostilité conjuguée des politiques égyptiens, du directeur du service Antiquités égyptiennes et des pillards, voire de certains touristes, son caractère intransigeant et droit l'aidant à accroître sa liste d'ennemis de manière exponentielle.

Malgré tout, c'était vraiment très intéressant de découvrir les pratiques archéologiques de l'époque, les connaissances des égyptologues et leur méthodologie, parfois appuyée par la superstition. En effet, comme les fouilles se révèlent infructueuses, Lord Carnarvon fait appel à des voyants pour localiser la sépulture et débloquer ainsi la situation. Tout ceci en vain, bien évidemment.

C'était également très intéressant de découvrir l'influence française à l'institution des Antiquités égyptiennes depuis sa création alors même que le pays n'était plus sous domination française depuis plusieurs décennies mais sous protectorat anglais.

On assiste également aux velléités d'indépendance de l'Égypte face à l'Angleterre, et les graves troubles que cela engendre, ayant une répercussion sur les fouilles entreprises par Carter et les accords passés avec Lord Carnarvon qui y engloutit une partie de sa fortune...

Bref, un livre passionnant qui nous permet de suivre toutes les étapes d'une fouille archéologique, où différents spécialistes et chercheurs aux domaines variés sont nécessaires pour la mener à bien. En outre, certaines descriptions de l'auteur sur la Vallée des Rois sont très joliment évocatrices et dépeignent à merveille l'engouement et l'émerveillement que l'on peut ressentir à contempler un tel décor. Par contre, je n'ai pas du tout été convaincue par les deux histoires d'amour de Carter, les trouvant même inutiles à l'histoire.

Je remercie Biblio87 de m'avoir poussé à sortir ce roman de sa PAL !

Appréciation :

note : 3 sur 5

extrait

 Percy E. Newberry sortit de la poche de sa veste une liasse de livres sterling et l'offrit à Son Excellence qui se confondit en remerciements, ouvrit un coffre mural et y rangea avec soin le pécule. La porte refermée, il condescendit à délivrer les autorisations.
Le Nubien apporta du café truc ; pendant la dégustation, force banalités furent échangées. Au sortir de cette entrevue, Howard manifesta sa fureur.
- C'est de la corruption !
- Un cérémonial, Howard.
- Jamais je ne céderai à un pareil chantage.
- En Europe, la corruption se dissimule sous le manteau de la politique et de la justice ; ici, c'est une institution. Chaque chose a son prix ; encore faut-il connaître le bon. Sinon, tu passeras pour un imbécile et tu perdras la face, c'est-_dire tout.
Un rire sarcastique anima la poitrine du professeur.
- En considération du trésor que tu vas découvrir, je n'ai pas payé cher.
(page 20)

divers

Livra'deux pour pal'Addict
Ma 8ème participation, cette fois avec MiniMalou & Biblio87 ;

La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

Ma 49ème participation au challenge de Lynnae - découverte de la sépulture de Toutankhamon

Challenge "Voyage dans l'Egypte antique" proposé par Soukee

 Ma 11ème participation au challenge de Soukee -

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dimanche 3 mai 2015

Tarass Boulba de Nicolaï Gogol

Tarass Boulba de Gogol

Fiche détaillée

 Auteur > Nicolaï Gogol
Editeur > Feedbooks
Genre > nouvelle historique, classique
Date de parution > 1835 pour l'édition originale , 2004 pour la présente édition
Titre original > Тара́с Бу́льба
Format > ePub
Poids du fichier > 747 K0 (139 pages)
Traduction > du russe par Louis Viardot (1853)

auteur
(sources : Babelio)

GogolNicolaï Vassiliévitch Gogol, né à Sorotchintsy (Ukraine) en 1809, est un prosateur, dramaturge, poète, critique littéraire et publiciste russe d'origine ukrainienne.
Fils d'un petit fonctionnaire issu d'une famille ukrainienne de soldats et de prêtres anoblis au XVIIe siècle, il est l'aîné de douze enfants.
En 1829, Gogol fait ses premiers pas littéraires en publiant, sous le pseudonyme de V. Alov et à compte d'auteur, le médiocre poème romantique Hanz Küchelgarten. Éreinté par la critique, il retire les exemplaires des librairies pour les brûler. Lorsque le succès lui sourira, Gogol ne parlera à personne de cet échec littéraire. Après cet échec, il s'échappe une première fois de Russie et passe deux mois dans le nord de l'Allemagne, sous couvert de mensonges successifs.
Gogol s'installe à Saint-Pétersbourg en 1828 où il occupe des emplois administratifs dans des ministères et commence à publier des nouvelles. Il y rencontre Pouchkine qui l'encourage à écrire. Il obtient ses premiers succès littéraires avec les Soirées du hameau de Dikanka, recueil de nouvelles grotesques, drolatiques et fantastiques, inspirées de la vie des paysans ukrainiens, qui lui assure la célébrité.
En 1833, il pense avoir une vocation d'historien. Il est nommé professeur adjoint à l'Université de Saint-Pétersbourg, mais devant l'échec progressif de ses cours il revient à la littérature. Gogol publie alors le recueil Arabesques, qui contient notamment La Perspective Nevski, Le Portrait et Le Journal d'un fou et le recueil Mirgorod, où l'on trouve le conte fantastique Vij et une première version de Tarass Boulba.
Entre 1835 et 1837, Gogol publie de nombreuses nouvelles et une pièce de théâtre Le Révizor dont les représentations sont appréciées par le Tsar. Il entame à cette période l'une de ses œuvres majeures, Les Âmes mortes, dont le sujet lui a été confié par Pouchkine qu'il admire toujours.
A partir de 1841, il bascule dans une exaltation religieuse et messianique. Après des séjours prolongés en Europe occidentale, il disparaît de la scène littéraire russe et, à son retour, en 1846, ses écrits obscurantistes et moralisateurs ne plaisent pas. Très abattu, il est sujet à des crises dont il succombera en février 1852.
Mort à Moscou en1852, il est enterré, depuis 1931, au cimetière de Novodiévitchi dans les faubourgs de la ville. 

quatrieme de couverture
(source : Wikipédia)

L'histoire est celle du cosaque zaporogue Tarass Boulba et de ses deux fils, Andreï et Ostap. Les trois hommes vont d'Ukraine en Pologne, contre laquelle les Cosaques sont en guerre.

première phrase

 "– Voyons, tourne-toi."

avis personnel

Enfant, j'avais toujours été intriguée par ce livre dans la bibliothèque de mes parents (et surtout amusée par le nom de l'écrivain, qui ne faisait pas très sérieux à mes yeux *oui, je sais, c'est pas très malin, mais je n'avais pas encore atteint ce degré de sagesse qui me caractérise désormais !^^*). Du coup, c'est presque naturellement que j'ai choisi ce roman pour le tour de mars en Russie du challenge Virée littéraire en Europe.

Cette nouvelle met en scène les cosaques zaporogues qui sont de redoutables guerriers ne vivant que pour la guerre, et plus particulièrement Tarass Boulba et ses deux fils, Ostap, l'aîné, doué pour le combat, et Andry, plus téméraire et fougueux que son frère, et qui viennent juste de finir leurs études à Kiev. Fier de ces deux grands gaillards, Tarass avance leur départ pour la setch, afin de les présenter à l'ensemble des cosaques.

Tarass Boulba de Gogol
Un cosaque par Sergueï Vasilkovsky, vers 1900

Ceux-ci sont décrits par l'auteur comme un rempart utilisé par les princes polonais contre les invasions barbares et dont les valeurs militaires comme le courage et la fraternité sont exaltées ; personnellement ils ne me sont apparus que comme des barbares rustres et incultes, portés sur la boisson et les horions, des brigands cruels se livrant à divers pillages et atrocités sur les populations civiles :

On massacrait les enfants, on coupait les seins aux femmes ; au petit nombre de ceux qu'on laissait en liberté, on arrachait la peau, du genou jusqu'à la plante des pieds.
(page 50)

En outre, tout le roman est empreint de relents antisémites relayant tous les préjugés odieux à propos des juifs qui sont persécutés, car accusés de souiller les églises, entre autre (après coup, je me suis souvenue que de nombreux pogroms avaient été perpétrés contre les juifs en Russie et en Ukraine) . Le fanatisme religieux des cosaques, qui sont de confession orthodoxe, vise également les Polonais catholiques ou les Tatars musulmans.

Bref, avec ce récit, Gogol nous invite à une épopée tragique et grandiose. Néanmoins, malgré la très grande qualité littéraire de l'œuvre, je n'ai jamais réussi à éprouver d'empathie pour les personnages, à part pour la vieille mère brutalisée par son époux, bien qu'elle n'apparaisse que fugitivement ; je n'espérais qu'une chose : que ces affreux cosaques soient honteusement défaits par les Polonais !!

Tarass Boulba a un comportement si outrancier et dénué de pitié que je me suis demandée à un moment si Gogol n'avait pas en fait écrit un livre satirique, tout comme je me suis plusieurs fois interrogée sur la part d'idéologie et celle de nécessité narrative composant la trame du récit ? Au regard de certaines scènes, pouvait-on espérer discerner une quelconque dénonciation de l'intolérance religieuse ou des exactions militaires ?
J'avoue qu'en refermant le livre, aucune de mes questions n'a trouvé de réponse (mais en lisant sa biographie, si, et l'on se dit que l'auteur aurait peut-être dû s'arrêter à la 1ère version de  son histoire, que j'aimerais bien du coup découvrir)...

Concernant l'édition, j'ai rencontré des soucis de mise en page, sans saut de ligne pour distinguer les dialogues du texte, ce qui m'a beaucoup gênée dans la lecture, m'obligeant à des retours en arrière pour comprendre certains passages.

Appréciation :

note : 3 sur 5

extrait

Des chevaux sellés attendaient devant le perron. Boulba s'élança sur son Diable, qui fit un furieux écart en sentant tout à coup sur son dos un poids de vingt pouds, car Boulba était très gros et très lourd. Quand la mère vit que ses fils étaient aussi montés à cheval, elle se précipita vers le plus jeune, qui avait l'expression du visage plus tendre ; elle saisit son étrier, elle s'accrocha à la selle, et, dans un morne et silencieux désespoir, elle l'étreignit entre ses bras. Deux vigoureux Cosaques la soulevèrent respectueusement, et l'emportèrent dans la maison. Mais au moment où les cavaliers franchirent la porte, elle s'élança sur leurs traces avec la légèreté d'une biche, étonnante à son âge, arrêta d'une main forte l'un des chevaux, et embrassa son fils avec une ardeur insensée, délirante. On l'emporta de nouveau. Les jeunes Cosaques commencèrent à chevaucher tristement aux côtés de leur père, en retenant leurs larmes, car ils craignaient Boulba, qui ressentait aussi, sans la montrer, une émotion dont il ne pouvait se défendre. La journée était grise ; l'herbe verdoyante étincelait au loin, et les oiseaux gazouillaient sur des tons discords. Après avoir fait un peu de chemin, les jeunes gens jetèrent un regard en arrière ; déjà leur maisonnette semblait avoir plongé sous terre ; on ne voyait plus à l'horizon que les deux cheminées encadrées par les sommets des arbres sur lesquels, dans leur jeunesse, ils avaient grimpé comme des écureuils. Une vaste prairie s'étendait devant leurs regards, une prairie qui rappelait toute leur vie passée, depuis l'âge où ils se roulaient dans l'herbe humide de rosée, jusqu'à l'âge où ils y attendaient une jeune Cosaque aux noirs sourcils, qui la franchissait d'un pied rapide et craintif. Bientôt on ne vit plus que la perche surmontée d'une roue de chariot qui s'élevait au-dessus du puits ; bientôt la steppe commença à s'exhausser en montagne, couvrant tout ce qu'ils laissaient derrière eux. Adieu, toit paternel ! adieu, souvenirs d'enfance ! adieu, tout !
(page 18/19)

divers

Challenge "Un classique par mois"

Le classique du mois de mai pour le challenge organisé par Stephie.

Challenge "Virée européenne" organisé par BouQuiNeTTe

Ma 10è participation au challenge de BouQuiNeTTe - séjour en Russie
D'autres billets sur la RussieSharon ♦ Julie ♦ Salhuna ♦

le tour du monde en 8 ans

Ce billet est ma 19è participation au challenge d'Helran - cette escale compte pour la Russie

La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

Ma 50ème participation au challenge de Lynnae - évocation de Nicolas (Mikołaj) Potocki, hetman de la couronne polonaise

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