vendredi 22 août 2014

Le Meneur de meute d'Emmanuel Roudier - Néandertal, tome 3

Le Meneur de meute d'Emmanuel Roudier - Néandertal, tome 3

Fiche détaillée

Scenario > Roudier
Dessin > Roudier
Couleur > Roudier
Editeur > Delcourt
Collection > Histoire & Histoires
Série > Néandertal
Genre > BD préhistorique
Date de parution > 2011
Nombre de planches > 54

auteur
(sources : Wikipédia & Bédéthèque)

Emmanuel RoudierEmmanuel Roudier, né dans la région parisienne en 1971 est un auteur de bande dessinée français.
Diplômé d’arts appliqués à l’ENSAAMA en 1992, il travaille dans un premier temps en tant qu’illustrateur pour la presse jeunesse et scientifique. Il publie ensuite des BD ayant pour cadre la Préhistoire, avec la saga Vo'Hounâ (4 tomes parus de 2002 à 2013), Neandertal (3 tomes parus de 2007 à 2011) et l'adaptation en BD du roman La Guerre du feu de J.-H. Rosny (depuis 2012).
Parallèlement à ses activités d’auteur de bandes dessinées, Emmanuel Roudier travaille aussi comme illustrateur en préhistoire, pour des publications papier ou audiovisuelles, scientifiques ou de fiction. Sur un texte de Claire Troilo, il illustre un album jeunesse : Ao, le petit Neandertal (2010, Milan). Il est également auteur de jeu de rôle : Würm, jeu de rôle dans la préhistoire (2011, Icare), a obtenu le Grog d’Or en 2012. Le travail d’Emmanuel Roudier a fait l’objet de nombreuses expositions dans les plus prestigieux musées d’archéologie et de Préhistoire, en France et à l’étranger. Emmanuel Roudier vit actuellement dans l’Hérault.
- blog de l'auteur -

quatrieme de couverture

Au sein du clan de la Lune,
Laghou a recouvré toutes ses forces.
Armé d'un cristal de chasse façonné
de ses propres mains, il est prêt, désormais,
à partir au combat contre LongueBarbe, le bison géant,
et à réclamer vengeance à ses frères pour leurs crimes.
Mais avant cela, il devra rassembler humains et
animaux pour constituer autour de lui
sa meute redoutable.

avis personnel

 Laghou, laissé pour mort et dépouillé de son cristal de chasse par ses trois frères félons à la fin du tome 2, avait été sauvé par sa louve et guéri par Mana grâce au breuvage de vie.
Il reprend des forces au camp de la Lune durant tout l'hiver, participant aux chasses de la tribu qui fortifient son corps et façonnant un nouveau cristal de chasse. Trop impatient pour attendre le retour de Mana en apprentissage chez les Moussus, il part la rejoindre et réussit à la convaincre avec Narok le colosse et Ossaï le chef de chasse de l'aider à vaincre LongueBarbe.  Accompagnés de la louve et de ses cinq louveteaux devenus adultes, ils se lancent sur la piste du bison. Après des jours et des jours de traque, Ossaï retrouve sa trace ainsi que les marques d'une lutte entre le monstrueux animal et des chasseurs d'une tribu inconnue, celle du Silex bleu. Ils décident de les rencontrer pour comprendre ce qui s'est passé.

Après un 1er tome axé sur l'exil forcé de Laghou, puis un 2è sur les échanges et les alliances, celui-ci insiste davantage sur l'initiation, qu'elle soit spirituelle ou physique, et la solidarité. Laghou, soutenu par ses nouveaux amis et respecté par les membres sa tribu d'adoption, gagne ainsi en assurance.
L'heure de la confrontation est enfin arrivée, que ce soit pour vaincre le bison réputé invincible ou confondre ses frères.

Ce dernier tome clôt en beauté la trilogie. On se sent complètement happé par les aventures de cette "meute" si particulière, mi-humaine mi-animal, dont les membres ne partagent peut-être pas le même sang mais assurément le même sens de l'amitié et de la loyauté. Les héros de cette épopée préhistorique sont tous attachants, offrant chacun des compétences et des caractères complémentaires. 
Les planches muettes, mettant en scène des paysages grandioses ou des humains dans leurs gestes quotidiens, alternent avec les causeries au coin du feu et quelques épisodes émaillés d'humour, nous immergeant totalement dans l'histoire...

Bref, une conclusion à la hauteur de nos attentes !

Appréciation :

note : 4 sur 5

Mes autres avis sur la saga : tome 1 ♦ tome 2 ♦ [série terminée]

extrait

Le Meneur de meute d'Emmanuel Roudier - Néandertal, tome 3    Le Meneur de meute d'Emmanuel Roudier - Néandertal, tome 3

divers 

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jeudi 21 août 2014

Le Breuvage de vie d'Emmanuel Roudier - Néandertal, tome 2

Le Breuvage de vie d'Emmanuel Roudier - Néandertal, tome 2

Fiche détaillée

Scenario > Roudier
Dessin > Roudier
Couleur > Roudier
Editeur > Delcourt
Collection > Histoire & Histoires
Série > Néandertal
Genre > BD préhistorique
Date de parution > 2009
Nombre de planches > 54

auteur
(sources : Wikipédia & Bédéthèque)

Emmanuel RoudierEmmanuel Roudier, né dans la région parisienne en 1971 est un auteur de bande dessinée français.
Diplômé d’arts appliqués à l’ENSAAMA en 1992, il travaille dans un premier temps en tant qu’illustrateur pour la presse jeunesse et scientifique. Il publie ensuite des BD ayant pour cadre la Préhistoire, avec la saga Vo'Hounâ (4 tomes parus de 2002 à 2013), Neandertal (3 tomes parus de 2007 à 2011) et l'adaptation en BD du roman La Guerre du feu de J.-H. Rosny (depuis 2012).
Parallèlement à ses activités d’auteur de bandes dessinées, Emmanuel Roudier travaille aussi comme illustrateur en préhistoire, pour des publications papier ou audiovisuelles, scientifiques ou de fiction. Sur un texte de Claire Troilo, il illustre un album jeunesse : Ao, le petit Neandertal (2010, Milan). Il est également auteur de jeu de rôle : Würm, jeu de rôle dans la préhistoire (2011, Icare), a obtenu le Grog d’Or en 2012. Le travail d’Emmanuel Roudier a fait l’objet de nombreuses expositions dans les plus prestigieux musées d’archéologie et de Préhistoire, en France et à l’étranger. Emmanuel Roudier vit actuellement dans l’Hérault.
- blog de l'auteur -

quatrieme de couverture

Ainsi en a décidé le clan de la Lune :
Laghou le boiteux n'obtiendra le cristal de chasse
qu'en échange du breuvage de vie, un remède mystérieux
détenu par la tribu des Mousses, au coeur de la forêt...
Le périple continue pour Laghou,
au-devant de ses peurs, au-delà de ses limites,
à la rencontre d'alliés hors du commun
et d'ennemis épouvantables.

avis personnel

 A la fin du tome 1, le clan de la Lune, atteint d'une maladie mortelle, avait accepté de céder à Laghou le Cristal de Chasse à condition qu'il ramène le Breuvage de vie détenu par la tribu des Mousses. Il est accompagné dans son périple par la belle Mana, et échappe in extremis à une bande d'Homme Sanglants cannibales grâce à l'intervention de la louve. Malheureusement, à leur arrivée, Laghou et Mana apprennent que le clan des Mousses vient d'être attaqué par les Hommes Sanglants qui ont tué deux hommes et kidnappé trois femmes, dont la vieille guérisseuse U-toh, seule détentrice du secret du remède. Refusant de s'avouer vaincus, ils partent chercher du secours en compagnie du chasseur Ossaï auprès de la tribu des Hommes Flammes dont le meilleur guerrier, Narok, est promis à l'une des captives, Lygrah.
Arriveront-ils à les convaincre de partir en expédition punitive contre les effrayants Hommes Sanglants ?

De mission en mission, et de troc en troc, Laghou continue sa quête initiatique ; cette mécanique se révèle certes un peu répétitive mais l'histoire n'en reste pas moins passionnante, magnifiée par de superbes illustrations.

Le héros, malgré sa faiblesse physique et sa malformation, fait preuve d'un très grand courage tout en s'attirant le respect des autres protagonistes par sa sagacité. Il s'enrichit au contact des différentes tribus qu'il rencontre, aux coutumes et aux techniques de combat ou de chasse spécifiques, lie des amitiés sincères. L'échange de connaissances et de savoirs ainsi que l'entraide s'avère primordial pour survivre dans ce monde rude et impitoyable, l'extinction menaçant toujours les membres d'une tribu.

Bref, une suite palpitante...

Appréciation :

note : 3 sur 5

Mes autres avis sur la saga : tome 1 ♦ tome 3 ♦

extrait

Le Breuvage de vie d'Emmanuel Roudier - Néandertal, tome 2   Le Breuvage de vie d'Emmanuel Roudier - Néandertal, tome 2 

divers 

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mercredi 20 août 2014

Aristote, mon père d'Annabel Lyon - Aristote, tome 2

Aristote, mon père d'Annabel Lyon - Aristote, tome 2

Merci à

Livraddict

et aux éditions 

La Table ronde

pour ce partenariat !

 Fiche détaillée

 Auteur > Annabel Lyon
Editeur > La Table ronde
Collection > Quai Voltaire
Genre > Roman historique
Date de parution > 2012 pour la version originale, 2014 pour la présente édition
Titre original > The Sweet Girl
Format > PDF
Poids du fichier > 1,90 Mo (278 pages)
Traduction > de l'anglais par David Fauquemberg

 auteur
(source : éditions alto)

 Annabel Lyon
Née à Brampton en Ontario, Annabel Lyon a fait des études de musique, de philosophie et de droit avant de publier deux recueils de nouvelles, Oxygen et The Best Thing for You, qui ont connu un grand succès au Canada. Paru dans plus d’une quinzaine de pays, Le juste milieu (The Golden Mean), son premier roman, a remporté le prix Rogers Writers’ Trust et a été finaliste au prix Scotiabank Giller et au Prix littéraire du Gouverneur général. Elle vit en Colombie- Britannique avec son mari et ses deux enfants.
  Annabel Lyon travaille actuellement sur une suite.   

 

quatrieme de couverture

Pythias, la fille d'Aristote, a été élevée à l'égal des hommes. Elle fait figure d'exception à Athènes, puis en Macédoine où elle est contrainte de s'exiler : c'est elle, et non son frère cadet, qui assiste Aristote dans ses travaux, provoque les collègues de son père par ses remarques pointues, et se rêve en philosophe, scientifique ou sage-femme. La mort d'Aristote disperse ses biens et sa famille à travers la Macédoine, laissant Phytias seule, en décalage avec cette société qui nie l'existence d'une conscience féminine, et l'oblige à se confronter à la réalité d'un monde dont elle s'était toujours tenue écartée. 

Après Le Juste Milieu, qui évoquait la relation entre le jeune Alexandre le Grand et son précepteur Aristote, Annabel Lyon renouvelle le défi ambitieux d'écrire l'Antiquité d'une plume actuelle et spontanée. Aristote, mon père exhale le soufre des temples, le sang des femmes et les larmes de la tragédie.

première phrase

"La première fois que je demande à emporter un couteau au temple, papa me répond que je n’en ai pas le droit, car nous sommes macédoniens."

avis personnel

 Tout d'abord, je remercie Livraddict et les éditions La Table Ronde pour ce partenariat ! J'avais déjà eu la chance de participer à celui concernant le premier tome Le juste milieu l'année dernière, je suis donc ravie d'avoir eu l'opportunité de lire la suite en avant-première (Aristote, mon père devant paraître le 28 août) !

Or donc, nous retrouvons dans ce livre quelques personnages du roman précédent : Aristote, bien sûr, mais également sa concubine Herpyllis ainsi que Pythias, la fille que le philosophe a eue de sa 1ère femme, et qui est le personnage central de l'histoire.

Aristote, mon père d'Annabel Lyon - Aristote, tome 2
Femme grecque © Sir Lawrence Alma-Tadema

Apparemment, l'auteure s'est inspirée d'un passage du testament d'Aristote pour imaginer une partie de son intrigue : "Lorsque ma fille aura l’âge requis, on la donnera en mariage à Nicanor ; mais s’il lui arrive malheur (ce qu’aux dieux ne plaise, et qui n’arrivera pas) avant son mariage, ou une fois qu’elle sera mariée mais sans qu’il y ait eu d’enfants, Nicanor aura tout pouvoir, tant par rapport à l’enfant que par rapport à tout le reste, et en disposera d’une manière digne à la fois de lui-même et de nous."

Mais pour l'instant, nous n'en sommes pas là. Pour l'instant, Pythias a 7 ans, et elle vit avec sa famille à Athènes où son père a fondé sa fameuse école le Lycée pour y transmettre son savoir. En dehors du Lycée, il a trouvé un élève curieux et assidu en la personne de sa fille, qui contrairement à Nicomaque, son demi-frère, se passionne pour son enseignement, ce qui fera dire au philosophe qu'il aurait préféré qu'elle soit un garçon (gageons qu'à l'époque, cette remarque était un sacré compliment !^^).
Faisant fi des usages, Aristote la laisse assister au symposium (banquet normalement réservé aux hommes, auquel seules les esclaves ou les courtisanes peuvent assister) qu'il donne chez lui avec les grands esprits de l'époque ; les invités ne manquent pas de remarquer la singularité de cette adolescente vive et intelligente, et de souligner d'une phrase aussi désespérante que clairvoyante sa future vie de femme savante : «... tu es condamnée à la solitude » (page 28) ; en effet, contrainte, une fois mariée, à ne fréquenter que des femmes sans instruction, elle ne pourra espérer de discussions stimulantes ; de surcroît, elle devra  obtenir l'autorisation de son mari pour continuer à lire des livres. La fracture risque donc d'être traumatisante entre son enfance idéale et anti conformiste et son passage dans la réalité quotidienne des femmes.

Aristote, mon père d'Annabel Lyon - Aristote, tome 2
Une musicienne de banquet se rhabille sous les yeux de
son client - tondo d'une coupe attique à figures rouges
d'Euphronios, v. 490 av. J.‑C., British Museum

Pythias a désormais 13 ans. Un événement naturel va la renvoyer à sa condition de femme : elle a ses premières règles mais son père lui promet de ne pas la marier avant ses 18 ans. Le même jour, Aristote recueille un cousin pauvre d'Amphissa, Jason, qu'il surnomme Myrmex (petite fourmi) et pour lequel il délaisse Pythias, obligée progressivement à se tourner vers des activités exclusivement féminines.

Pythias a maintenant 16 ans.
Alexandre le Grand vient de mourir. A cette nouvelle, l'hostilité des Athéniens se cristallisent contre les Macédoniens installés dans leur cité, obligeant Aristote et sa famille à repartir pour la Macédoine où ils s'installent à Chalcis.

Mais à la mort de son père, la jeune fille va devoir trouver sa place dans ce monde misogyne qui nie son instruction, son intelligence et ses aspirations. Privée d'une figure d'autorité masculine, Pythias n'a plus aucune protection ni recours, et voit sa vie se déliter peu à peu.

Aristote, mon père d'Annabel Lyon - Aristote, tome 2
Une prostituée et son client - Détail d'une
œnochoé attique à figures rouges, v. 430 av. J.-C.,
provenance : Locri (Italie)., Altes Museum de Berlin

Si j'ai beaucoup aimé la 1ère partie du livre, j'ai ressenti beaucoup de frustration à la lecture des 2è et 3è parties qui sont complètement survolées, donnant l'impression que l'auteure avait hâte d'en finir. C'est dommage car cette partie sur les errements de Pythias et ses tentatives d'émancipation m'intéressaient énormément. Malheureusement, on a l'impression que l'intrigue est inaboutie (pour souligner mon propos, la 1ère partie comporte 120 pages, la deuxième 83 et la dernière 31, donnant un aspect complètement déséquilibré au récit). Je n'ai pas forcément compris l'utilité de certaines scènes, ou alors je les ai trouvées mal intégrées au texte, les rendant invraisemblables. Les épreuves que Pythias subit (les prêtresses d'Artémis, le bordel, le métier de sage-femme) symbolisent son rite de passage de l'adolescence à l'âge adulte mais sont traitées d'une manière tellement expéditive qu'elles  n'ont pas réussi à me convaincre. Lors de la maladie de Pythias, quand l'auteure introduit cette touche de fantastique avec l'apparition du dieu sous les traits du bel officier Euphranor, ou fait subir à son héroïne toutes ces épreuves successives, j'ai cru que ces épisodes faisaient parti d'un cauchemar provoqué par la fièvre tant le récit me semblait décousu et peu approfondi.

Aristote, mon père d'Annabel Lyon - Aristote, tome 2
Figurine représentant une sage-femme et une
femme en train d'accoucher, provenant de Chypre,
début du Ve siècle
av.n.è.

Du coup, le comportement de certains personnages parait un peu artificiel : par exemple, Myrmex disparaît , ré-apparaît brutalement pour re-disparaître aussitôt  sans que l'on en apprenne davantage sur ses motivations (même si l'on a deviné qu'il n'était qu'un voyou indigne de confiance !)...

Par contre, j'ai adoré la manière dont l'auteure distille, au détour d'une phrase, mille et une informations sur le quotidien de ces Grecs de l'Antiquité, sur la place dévolue aux hommes et aux femmes. et qui prennent toute leur saveur pour le lecteur attentif. Rien que la 1ère phrase est riche d'informations : le couteau évoquant les fêtes religieuses qui rythment la vie des Athéniens et le statut des étrangers ; page 56, Annabel Lyon, quand elle évoque le mariage impossible entre Pythias et un Athénien ("Nous resterons des étrangers jusqu’à notre mort, soupire mon père. Pas un Athénien ne voudra d’elle. Elle est née en Macédoine. Elle ne peut pas donner naissance à un citoyen athénien.") fait allusion à la loi de Périclès de 451 qui limite la citoyenneté athénienne à ceux dont les deux parents sont athéniens (alors que la filiation par le père suffisait auparavant). Et le récit fourmille ainsi de  petits détails très instructifs, sans que cela ne gâche notre immersion dans Athènes ou à Chalcis. Ajoutez à cela que l'écriture est fluide et les descriptions des lieux ou des sentiments très joliment retranscrits, parfois même poétiquement, rendant notre lecture très agréable.

Pour conclure, la lecture d'Aristote, mon père me laisse un peu sur ma faim : après une 1ère partie prometteuse, j'ai été déçue par le traitement trop rapide de la seconde partie rendant les scènes du récit initiatique de Pythias peu crédibles à mes yeux. Les moyens pour une femme grecque de l'Antiquité de conquérir son indépendance étaient extrêmement limités (au métier de courtisane ou de sage-femme) et auraient mérité d'être plus développés pour mieux comprendre le prix à payer d'une telle liberté. Si bien que la lecture laisse comme un goût d'inachevé... Peut-être qu'une deuxième lecture effacera cette impression mitigée car l'idée de départ m'avait vraiment enthousiasmée !

Appréciation :

note : 3 sur 5

Mes autres avis sur la saga : tome 1 ♦

extrait

” Il est prévu que nous visitions d’abord la ferme d’Euphranor – il a organisé un déjeuner sur place – puis celle de papa dans l’après-midi. Les terres agricoles d’Eubée semblent tirées d’un rêve : du vert et du doré, une longue allée d’arbres entre des champs sans fin, des coquelicots dans les fossés, des oiseaux sur les branches, des maisons aux formes étranges, agrandies de génération en génération, chacune leur ajoutant une ou deux pièces, embellies de clématites et de treilles de vigne. Des poules dans les cours, des chiens nous pourchassant au long du chemin. Nous entrons dans la propriété d’Euphranor ; un vieillard émerge de l’ombre d’une porte pour nous accueillir. Il n’a plus de dents. 
(page 92)

divers

La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

Ma 33ème participation au challenge de Lynnae -

Challenge "L'Odyssée grecque"

Challenge "L'Odyssée grecque" : 12/100

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vendredi 15 août 2014

Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu

Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu

Fiche détaillée

 Auteur > Joseph Sheridan Le Fanu
Editeur > Ink Book
Genre > nouvelle fantastique, classique
Date de parution > 1872 pour l'édition originale , 2013 pour la présente édition
Titre original > Carmilla
Format > ePub
Poids du fichier > 341 Kb (102 pages)
Traduction > de l'anglais par ???

auteur
(sources : Wikipédia et Fayard)

Joseph Sheridan Le Fanu

Sheridan Le Fanu est un écrivain irlandais né le 28 août 1814 à Dublin où il est mort le 10 février 1873.
C'est l'un des auteurs majeurs du récit fantastique.
Descendant d'un huguenot français, Joseph Sheridan Le Fanu est le fils du doyen de l'Église protestante irlandaise. Il est également le petit-neveu du célèbre auteur dramatique et homme politique irlandais Richard Brinsley Sheridan.
Étudiant en droit à Trinity College de 1833 à 1837, il est appelé au barreau irlandais deux ans plus tard, mais il n’y exercera jamais. Il rejoint l’équipe du Dublin University Magazine en 1837 et débute sa carrière comme journaliste. En 1843, il épouse Susanna Bennett dont le décès, dix ans plus tard, le plonge dans la dépression. Vivant reclus, il se lance alors à corps perdu dans l’écriture de ses histoires d’horreur, à tel point que sa timidité et son mode de vie nocturne lui valent le surnom de Prince Invisible. Il disparaît le 7 février 1873.
       J. Sheridan Le Fanu est l’un des écrivains les plus populaires de l’ère victorienne : il s’impose comme le maître des histoires de fantômes et du roman gothique avec Oncle Silas (1864), Comment ma cousine a été assassinée (1851) et Carmilla (1872).

 

quatrieme de couverture

Autriche, début du XIXème siècle. Lors d'une promenade, Laure et son père sont témoins d'un accident au cours duquel une jeune fille, Carmilla, fait un malaise. La mère de celle-ci supplie le père de Laure de prendre soin de sa fille pendant les trois mois à venir, elle-même devant alors effectuer un mystérieux voyage "pour une question de vie ou de mort". Laure et Carmilla sympathisent rapidement, la jeune inconnue reste très secrète tandis que leur relation se fait de plus en plus tendre...

Avant-gardiste, moderne, surprenant, surtout à l’époque victorienne, Joseph S. Le Fanu aborde dans cette histoire les rapports troubles de deux jeunes filles... Cauchemars, fantômes, esprits et bien sûr vampires sont au rendez-vous ! Un incontournable de la littérature du dix-neuvième siècle et l'un des premiers écrits fondateurs de la littérature vampirique (ayant inspirée quelques décennies plus tôt, le fameux Dracula à Bram Stoker).

première phrase

"Sur un feuillet joint au récit que l’on va lire, le docteur Hesselius a rédigé une note assez détaillée, accompagnée d’une référence à son essai sur l’étrange sujet que le manuscrit éclaire d’une vive lumière."

avis personnel

 Publié vers 1872, 53 ans après Le Vampire de Polidori, qui a lancé la mode du vampirisme dans la littérature  et  25 ans avant le Dracula de Bram Stoker qui sacre définitivement le vampire comme personnage de fiction, Carmilla est donc une lecture incontournable pour tous les amateurs de vampires.

Je remercie d'ailleurs ma fidèle binômette Missie d'avoir sélectionné cette nouvelle, me permettant ainsi de continuer mon exploration de la littérature vampirique sous ses différents traitements ! 😊

L'histoire se déroule au XIXème siècle en Styrie, un land situé en Autriche. Laura et son père vivent dans un château isolé, à proximité d'un village abandonné où la famille de Karnstein, de triste réputation, a vécu. Elle a pour seule compagnie celle de ses deux domestiques françaises, Mme Perrodon la gouvernante, et Mlle De Lafontaine, la préceptrice.
Laura commence son histoire en racontant un cauchemar qu'elle a eu enfant et où une femme étrange mais belle s'approche de son lit. Cette vision lui laisse d'abord une sensation réconfortante et agréable, jusqu'à ce que l'enfant sente deux aiguilles s'enfoncer dans son cou. Cette expérience, ressentie comme réelle, laissera une impression durable dans l'âme de la jeune fille.
Puis, nous retrouvons Laura jeune adulte solitaire. Elle attend avec impatience la visite d'un ami de son père, le général Spielsdorf et de sa nièce, Bertha Rheinfeldt. Malheureusement, une lettre leur apprend la mort prématurée de Bertha, privant la jeune fille d'une compagne de son âge.

Peu après, lors d'une promenade nocturne, les habitants du château assistent à  l'accident d'une voiture, semblant jaillir de nulle part.
De l'équipage sortent une dame majestueuse et sa prétendue fille. La dame, ayant des affaires urgentes  à régler et craignant de continuer le voyage avec sa fille blessée et malade, persuade le père de Laura de la garder jusqu'à son retour dans 3 mois, en arrachant la promesse qu'ils ne cherchent pas à savoir leur nom ni leur origine.
Ce n'est que plus tard que Laura découvre que le visage de Carmilla correspond à celui de son rêve. Malgré l'horreur de cette découverte, Laura ressent inexplicablement un mélange de profonde attirance et de répulsion à l'égard de cette femme.
Carmilla, de santé fragile, semble toujours faible. Elle  s'enferme dans sa chambre dès la nuit venue et n'en ressort qu'en début d'après-midi. D'humeur mélancolique et changeante, elle exprime une affection très vive pour Laura.
Peu après, une étrange épidémie se répand à travers la campagne avoisinante :  les femmes qui en sont atteintes meurent de langueur, après avoir rêvé être saisie à la gorge et étranglée.  Laura commence à avoir des rêves semblables à celui de son enfance . Puis, à se sentir fatiguée et mélancolique. Effrayée à l'idée d'être frappée par la maladie inexpliquée qui sévit alentour, elle tente de cacher son état à son entourage... Jusqu'à ce que l'arrivée du général Spielsdorf lève le voile sur une vérité bien plus effrayante encore !

Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu
Carmilla©Friston

Bien que le lecteur du XXIème siècle, rompu aux codes vampiriques, devine immédiatement la nature exacte de Carmilla, la nouvelle n'en est pas moins intrigante et intéressante, puisque le suspens se focalise du coup sur le dénouement de l'histoire : de quelles manières l'influence néfaste de Carmilla sera-t-elle finalement contrecarrée ? 

D'entrée de jeu, l'auteur campe un décor délicieusement gothique avec un château "aux multiples fenêtres, ses tours, sa chapelle gothique (...), une clairière pittoresque, de forme irrégulière ; à droite, un pont gothique en pente raide [permettant] à la route de franchir un cours d’eau dont les méandres s’enfoncent dans l’ombre dense des arbres." (page 6-7)
Ses descriptions sont parfois très poétiques et évocatrices, distillant habilement une atmosphère angoissante.
Que ce soit la scène précédant la rencontre avec Carmilla, durant laquelle les habitants du château se promènent pour profiter "du merveilleux clair de lune" tout en admirant l'horizon au-dessus duquel "s’étendait mollement une mince couche de brume, légère comme une fumée, qui masquait les distances de son voile transparent" (page 14-15) ou les scènes évoquant à plusieurs reprises la forme bestiale revêtue par la jeune suçeuse de sang : "... je fis le guet jusqu’à une heure du matin environ. Alors, je vis une forme noire aux contours mal définis gravir le pied du lit et s’étendre rapidement jusqu’à la gorge de ma pauvre fille, où elle s’enfla rapidement en un instant pour devenir une grosse masse palpitante." (page 89-90)
Ainsi, Le Fanu égrène tout au long du récit des indices sur la nature surnaturelle de Carmilla, faisant progressivement monter l'horreur et la tension...

L'autre intérêt du récit réside dans la fixation de certaines caractéristiques du vampire : être doué d'une beauté inhumaine, sa séduction quasi hypnotique subjugue ses victimes, impuissantes à reconnaître le danger et fatalement attirées par lui ; sa capacité à changer de forme et à traverser les murs ; ses canines pointues lui permettant de sucer le sang de ses victimes ; sa nature de prédateur le poussant à traquer sa proie avec une persistance s'approchant d'une certaine forme de désir sexuel ; son besoin de se régénérer dans son cercueil (dans Carmilla, le vampire y baigne dans une mare de sang) ; la seule manière de le tuer définitivement est de lui couper la tête et de lui enfoncer un pieu dans le coeur.

Par contre, dans Carmilla, bien que doté d'une pâle carnation et voué à des activités nocturnes, le vampire n'est pas confiné au monde de la nuit, et peut se déplacer en plein jour, se mêlant à la société humaine d'une manière tout à fait normale.

Autre originalité du roman : le vampire est ici une femme, ne s'attaquant qu'aux femmes dont elle tombe parfois passionnément amoureuse. Mais c'est un amour mortifère et possessif qui prive progressivement l'être aimé de son essence vitale. Les discours enflammés que Carmilla adressent à Laura sont on ne peut plus explicite sur la nature et la violence de ses sentiments : "Parfois, après une heure d’apathie, mon étrange et belle compagne me prenait la main et la serrait longtemps avec tendresse ; une légère rougeur aux joues, elle fixait sur mon visage un regard plein de feu languide, en respirant si vite que corsage se soulevait et retombait au rythme de son souffle tumultueux. On eût cru voir se manifester l’ardeur d’un amant. J’en étais fort gênée car cela me semblait haïssable et pourtant irrésistible. Me dévorant des yeux, elle m’attirait vers elle, et ses lèvres brûlantes couvraient mes joues de baisers tandis qu’elle murmurait d’une voix entrecoupée : « Tu es mienne, tu seras mienne, et toi et moi nous ne ferons qu’une à jamais ! » Après quoi, elle se rejetait en arrière sur sa chaise-longue, couvrait ses yeux de ses petites mains, et me laissait toute tremblante." (page 30-31)

Carmilla de Joseph Sheridan Le Fanu
Carmilla©Friston

Pour conclure, grâce à une écriture et une progression narrative efficaces, l'auteur nous immerge complètement dans ce récit gothique à l'ambiance et à l'univers fantastiques subtilement retranscrites. Et audace pour l'époque qui mérite d'être soulignée : le lesbianisme est ici abordée à travers ses deux héroïnes , Carmilla et Laura.
Par contre, j'ai été un peu déçue de ne pas en apprendre davantage sur la prétendue mère de Carmilla et ses domestiques qui l'aident à chaque fois à gagner les bonnes grâces de ses victimes. Dommage qu'on n'en sache pas plus sur leur rôle véritable...

Appréciation :

note : 4 sur 5


extrait

 "Tu ignores combien tu m’es chère ; sans quoi, tu n’imaginerais pas que je te mesure ma confiance le moins du monde. Mais je suis liée par des vœux bien plus terribles que ceux d’une nonne, et je n’ose pas encore raconter mon histoire à personne, même à toi. Pourtant le jour approche où tu sauras tout. Tu vas me juger cruelle et très égoïste, mais l’amour est toujours égoïste : d’autant plus égoïste qu’il est plus ardent. Tu ne saurais croire à quel point je suis jalouse. Tu viendras avec moi, en m’aimant jusqu’à la mort ; ou bien tu me haïras, et tu viendras avec moi quand même, en me haïssant pendant et après la mort. Dans mon apathique nature, il n’y a pas de place pour l’indifférence.
(page 45-46)

divers

Livra'deux pour pal'Addict
Ma 7ème participation, cette fois avec Missie ;

Challenge "Un classique par mois"

Le classique du mois d'août pour le challenge organisé par Stephie.

Challenge "Mythologies du monde " proposé par Myrtille

Ma 20ème participation au challenge de Myrtille - mythe du vampire qui a inspiré Bram Stocker

Challenge "Virée européenne" organisé par BouQuiNeTTe

Ma 3è participation au challenge de BouQuiNeTTe - séjour en Irlande
D'autres billets sur l'Irlande : ♦ Ichmagbücher ♦ Sharon ♦ merlintheblackcat ♦ Salhuna ♦ livraline ♦ Julie86 ♦ delphinema09 ♦ mistigris ♦

E-challenge : passons au numérique organisé par Hedyuigirl

Ma 15è participation au challenge d'Hedyuigirl (15/19-31)

 

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