mardi 9 juillet 2013

Ephèse : l'exil d'Héraclite, une approche géo-poétique de Jean Esponde

Ephèse : l'exil d'Héraclite, une approche géo-pétique de Jean Esponde

Merci à

babelio

et aux éditions 

Atelier de l'agneau

pour ce partenariat !

 

Fiche détaillée

Auteur > Jean Esponde
Editeur > Atelier de l'Agneau
Genre > essai philosophique
Date de parution > 2013
Nombre de pages > 92

auteur
(sources : Wikipédia)

 Jean Esponde

Jean Esponde est un poète, écrivain et voyageur français né à Ciboure au Pays basque.
Il passe son enfance dans le sud marocain et fait ses études supérieures à Bordeaux. Il enseigne la philosophie puis change d’activité : orientation des étudiants à l’Éducation nationale.
Des liens étroits d’un livre à l’autre, ou l’un entraînant l’autre, prose et poésie se nourrissant et avançant parallèlement. Ainsi naissent des ouvrages à dimension "géo-poétique", en particulier Corne d’Afrique et Mer Rouge, Chine, accompagnent des "non biographies" de Rimbaud, Segalen et Barthes. « C'est dans un livre qui se qualifie de non biographie que le Rimbaud des terres sauvages et des âmes dures surgit le mieux » écrit Yves Harté . Il est également auteur de deux romans.

quatrieme de couverture

 Un citoyen en conflit avec sa ville : Héraclite, poète et penseur grec parmi les plus anciens, peut-être le plus grand.
Il écrivit De la Nature, livre qu'il déposa à l'Artémision, l'un des plus vieux et des plus célèbres temples grecs, figurant parmi les 7 merveilles du monde.
Quelques petits bouts du texte nous sont parvenus, les Fragments.

Héraclite dédaigna les dieux, les honneurs, voulut montrer aux hommes la vérité du devenir, on le qualifia d'obscur. Avec les temps gréco-romains, le port d'Éphèse devient la capitale des colonies d'Asie, privilégiée par les empereurs, peuplée d'édifices prestigieux.
La ville finira par succomber au travail de sape de la nature.

première phrase

 "Assis sur les marches du temple, Héraclite regardait les enfants jouer, courir entre les colonnes de marbre; parfois ils échangeaient une plaisanterie, partageaient une partie de dés, sa visite ici leur est familière."

avis personnel

Tout d'abord, ce livre  nous invite à une lecture exigeante qui demande concentration et tranquillité. Il faut garder en tête que c'est un essai poétique, non une biographie d'Héraclite, et que l'on suit les pensées erratiques de l'auteur. Ces pensées  lui sont inspirées par les différents sites en ruines d'Ephèse : la bibliothèque de Celsus, l'Artemision, le prytanée...
L'auteur nous décrit ces ruines tel des instantanés qui ressemblent à tout sauf à des cartes postales mais reconstituent une ambiance, avec ses couleurs, ses bruits, ses odeurs.
Puis il ressuscite ces ruines, leur redonne chair.
En même temps que l'on découvre les sites antiques d'Ephèse, l'auteur fait revivre les mythes (les Amazones, Crésus...) ou l'histoire, à travers les citations d'anciens auteurs comme Pausanias, Callimaque ou Hérodote.
Il décrit les vicissitudes du temps, tels que les guerres, les érosions, les invasions, les tremblements de terre, tous ces événements qui sculptent un paysage, façonnent un peuple. Il reconstitue le contexte politique et culturel de cette Ephèse arrogante et égoïste dans laquelle a évolué Héraclite tel un ovni. Un poète incompris et méprisé.
Jean Esponde fait alors intervenir Diogène Laërce, Nietzsche, Rimbaud, Segalen ... qui apparaissent à travers leurs mots comme des défenseurs ou des héritiers d'Héraclite.

Le dernier chapitre se clôture sur le musée de Selçuk où l'auteur dresse le catalogue des richesses passées de la ville. Héraclite y a encore été oublié et voit ainsi se prolonger son exil à travers les siècles...

Pour conclure, un livre intéressant qui se lit vite. Paradoxalement, il faut vraiment prendre son temps pour le lire afin de le savourer pleinement. Certaines descriptions sont pleines de poésies et très évocatrices. Par contre, j'ai parfois été un peu déroutée par la forme elliptique et les transitions entre certains paragraphes.

Je remercie les éditions de l'Atelier de l'agneau ainsi que Babelio pour ce partenariat qui m'a permis de découvrir cette oeuvre !

Appréciation :

note : 3 sur 5

Quelques photos sur les ruines en question pour se donner une idée et piochées sur le net :

Ephèse : l'exil d'Héraclite, une approche géo-poétique de Jean Esponde   Ephèse : l'exil d'Héraclite, une approche géo-poétique de Jean Esponde   Ephèse : l'exil d'Héraclite, une approche géo-poétique de Jean Esponde

Ephèse : l'exil d'Héraclite, une approche géo-poétique de Jean Esponde

Crédit photos : Temple d'Artémis à Ephèse, Turquie © Adam Carr │Bibliothèque Celsus à Ephèse, Turquie © Zigomar │ruines du prytanée à Ephèse, Turquie © M. Steskal │statue d'Artémis, copie romaine du Ier siècle, musée archéologique d'Ephèse, Turquie © QuartierLatin1968

extrait

page 12 :
"A l'entrée, figuier poussiéreux, dérisoire, vendeur désoeuvré de cartes postales.
Et comme un reste mystique, un regret, une ultime protestation du temple dépecé, l'unique colonne surgit, encore dressée, ou plutôt remise debout à l'aide de prothèses en ciment.
Elle est là, au milieu du terrain vague, seule, long moignon pathétique ne supportant rien, sinon un nid de cigogne.
Parenthèse : l'Héraïon, le temple rival sur l'île de Samos, juste en face, avec ses 155 colonnes; il en retse une, on la voit debout dans la plaine."

divers

Challenge "L'Odyssée grecque"

Challenge "L'Odyssée grecque" : 5/100

atelier de l'agneau

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vendredi 5 juillet 2013

La Vallée des chevaux de Jean M. Auel - Les Enfants de la Terre, tome 2

La Vallée des chevaux de Jean M. Auel - Les Enfants de la Terre, tome 2

 

 Fiche détaillée

 Auteur > Jean M. Auel
Editeur > Le Grand Livre du Mois
Série > Les Enfants de la terre
Genre > roman préhistorique
Date de parution > 1982 aux USA, 1982 en France, 2000 pour la présente édition
Titre original > The Valley of Horses
Nombre de pages > 473 (1470)
Préface > Jean-Philippe Rigaud, paléonthologue
Traduction > de l'américain par Catherine Pageard

auteur
(sources : Evene)

jean m auelNée en 1936 à Chicago, Jean Auel décide à l’âge de 40 ans de quitter ses fonctions dans une entreprise électronique qu’elle ne juge plus assez intéressantes. En attendant de trouver un nouvel emploi, elle se met à écrire une nouvelle dont l’héroine est une femme de la préhistoire. Jean Auel consacre alors son temps à faire des recherches sur cette époque pour laquelle elle se passionne. Ainsi naît Alya, une jeune femme de la tribu des Cro-Magnon, qui au fil de ses aventures, fait revivre tout un pan de la préhistoire.
Le premier livre de la saga, Le Clan de l’Ours des cavernes, publié en 1980, rencontre un très grand succès. A travers Ayla, figure résolument moderne, ce sont les thèmes de la différence, de la place de la femme dans la société et de la relation des hommes avec la nature qui sont abordés dans les six romans, vendus à plus de 45 millions d’exemplaires à travers le monde.
- site dédié -

quatrieme de couverture
(source : Presses de la Cité)

Injustement chassée de la tribu Neandertal qui l’a recueillie lorsqu’elle était enfant, Ayla erre à travers les steppes désolées situées au nord de l’actuelle mer Noire, dans l’espoir de retrouver son peuple d’origine, les Cro-Magnon. Pour assurer sa survie dans cet environnement hostile, elle n’a d’autre choix que de chasser et d’apprendre à maîtriser le feu, activités qui, dans son clan d’adoption, sont l’apanage des hommes.
Au terme d’un dangereux périple, la courageuse Ayla arrive dans une vallée fertile, sorte d’oasis au milieu des steppes arides, où vit une horde de chevaux sauvages. C’est là qu’elle décide d’élire domicile, entourée de ses deux fidèles animaux, une pouliche et un lionceau. Il ne lui manque qu’un compagnon pour que son bonheur soit parfait. Mais le destin veille… L’arrivée dans la vallée de Jondalar, un jeune homme blond, sera pour Ayla l’occasion d’une découverte tout aussi importante que celle du feu : l’amour.

première phrase

"Elle était morte."

avis personnel

 Dans ce deuxième tome, l'auteure alterne les chapitres où Ayla tente de survivre seule et ceux où deux nouveaux personnages apparaissent, Thonolan et Jondalar, deux frères ayant entamé le Grand Voyage, la rencontre des ces trois personnages n'intervenant qu'aux deux tiers du livre.

La Vallée des chevaux de Jean M. Auel - Les Enfants de la Terre, tome 2

D'un côté, nous avons donc Ayla, fraîchement chassée de sa tribu adoptive et qui part à la recherche de son peuple. Elle erre à travers les steppes arides durant plusieurs semaines sans rencontrer âme qui vive jusqu'à ce qu'elle trouve une caverne dans une vallée fertile et décide de s'y arrêter pour passer l'hiver.
Pour survivre, elle va être obligée de désapprendre ce que son ancienne tribu lui a inculqué, et se libérer ainsi des tabous et des interdits liés aux objets et aux activités normalement dévolus à chaque sexe.

De l'autre côté, nous avons deux frères zelandonii, Thonolan et Jondalar, qui entreprennent une sorte de périple initiatique dont le but est d'atteindre l'embouchure de la Grande Rivière Mère.
Ce Grand Voyage les entraîne à la découverte d'autres peuples ne parlant pas la même langue mais partageant la même croyance en la Grande Terre Mère, c'est-à-dire la 1ère mère, l'aïeule ancestrale.

La Vallée des chevaux de Jean M. Auel - Les Enfants de la Terre, tome 2
Venus de Willendorf - Naturhistorisches Museum Wien

Nous apprenons ainsi que "tous les peuples s'appellent dans leur propre langue les Enfants de la Terre [c'est-à-dire] les humains." (page 714), donnant le titre à la saga. La Grande Terre Mère se nomme Doni chez les Zelandonii, Dune chez les Losadunaï, Mudo chez les Sharamudoï, Mut chez les Mamutoï...
Mais ces peuples de Cro-Magnon partagent également d'autres points communs comme le rite de passage à l'âge adulte : la 1ère chasse ou 1ère pêche pour le garçon selon son peuple ou les Premiers Rites pour la fille qui est une cérémonie pendant laquelle un homme expérimenté est choisi pour la déflorer et lui faire Don du Plaisir.
L'autre point commun est la haine profondément enracinée qu'ils vouent à l'égard des Néandertaliens, surnommés Têtes Plates, et qu'ils considèrent non comme des hommes mais comme des animaux malfaisants, tout juste bons à être éliminés selon certains... Nous avons donc cette fois la vision des Autres/Cro-Magnons sur les Néandertaliens/Têtes Plates !

La Vallée des chevaux de Jean M. Auel - Les Enfants de la Terre, tome 2
Ayla et Bébé par jondalar 137

Même si certaines de ces scènes étaient intéressantes et formaient un passage obligés pour préparer LA rencontre entre Ayla et Jondalar, j'ai préféré les passages avec Ayla, qui fait preuve d'un courage hors du commun.
Son courage n'est d'ailleurs pas seul hors du commun, car la jeune fille des Autres fait preuve d'une inventivité et d'une ingéniosité particulièrement développées : ainsi, elle domestique successivement une pouliche et un lionceau des cavernes, découvre les propriétés du silex et de la pyrite pour faire du feu, invente le propulseur à sagaie avec Jondalar. Mais nous pardonnons facilement ces raccourcis à l'auteure tant Ayla est attachante !

La Vallée des chevaux de Jean M. Auel - Les Enfants de la Terre, tome 2
Dame de Brassempouy - L’une des plus anciennes
représentations réalistes de visage humain en ivoire -
Gravettien, probablement vers 26000-24000 avant
notre ère - Musée d'archéologie nationale de St Germain en Laye

Bien sûr, le moment tant attendu est celui de la rencontre entre Ayla et Jondalar et ce moment est à la hauteur de nos espérances. Cette rencontre compte sûrement parmi les passages les plus réussis du roman car l'auteur prend son temps pour nous décrire leurs états d'âme et leurs tâtonnements pour s'apprivoiser l'un l'autre.
Il faut dire que nous assistons à un véritable choc des cultures très bien rendu ! En effet, les deux jeunes gens vont devoir faire face à un abîme d'incompréhension et de préjugés qui menace constamment de les séparer...
On ressent à travers l'écriture de Jean M. Auel toutes les émotions, tous les doutes, toutes les souffrances qui étreignent nos deux héros.

La Vallée des chevaux de Jean M. Auel - Les Enfants de la Terre, tome 2
Ayla et Jondalar par jondalar 137

Pour conclure, une suite passionnante des aventures d'Ayla, malgré quelques longueurs lors des passages obligés avec les deux frères. La rencontre entre Ayla et Jondalar constitue le point d'orgue du roman et donne lieu à des passages véritablement poignants...

Appréciation :

note : 4 sur 5

Mes autres avis sur la saga : tome 1tome 3 ♦ tome 4 ♦ tome 5

extrait

page 744 :
"Jusque-là, il avait eu l'impression d'être plutôt large d'esprit vis-à-vis des Têtes Plates : il pensait qu'il fallait les laisser tranquilles, ne pas les harceler et jamais il n'en aurait tué un à moins d'y être forcé. Mais cela le choquait profondément qu'un homme puisse prendre son Plaisir avec une femelle Tête Plate et il était carrément hors de lui à l'idée qu'un mâle Tête Plate ait pu faire de même avec une femme. La femme avait été souillée.
Lui qui avait désiré Ayla avec tant d'ardeur ! Ce qu'elle venait de lui avouer lui rappelait ces histoires vulgaires que racontent en ricanant les adolescents et les jeunes gens. Rien que d'y penser, il avait l'impression que son sexe se recroquevillait, comme s'il était déjà contaminé, et qu'après s'être ratatiné, il allait tomber en poussière. Doni soit louée, cette souillure lui avait été épargnée !"

divers

Lecture commune : Les Enfants de la Terre, tome 1

La 2ème LC que j'organise !
D'autres billets : ComfortInDecay ♦ SayyadinaPetiteMarieKoelia

Défi "La guerre du feu"

Ma 2ème participation au défi "La Guerre du feu"

Challenge "Mythologies du monde " proposé par Myrtille

Ma 10ème partcipation au challenge de Myrtille - relation aux mondes des esprits et rituels sacrés de la Préhistoire réinventés

La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

Ma 25ème participation au challenge de Miyuki - Jondalar

Challenge "Je veux du héros !" proposé par Nadège

Ma 5ème participation au challenge de Nadège - Jondalar

La Vallée des chevaux de Jean M. Auel - Les Enfants de la Terre, tome 2

 

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La 99ème page... du mardi 9 juillet 2013

La 99ème page du mardi 11 décembre...

"Je fais ainsi la connaissance de Salomon, dix-huit ans, tee-shirt rouge, tignasse ardente : «Tout le monde m'appelle Rasta à cause de mes cheveux me dit-il, tu peux m'appeler comme ça si tu veux.» Une avenue donc, des trottoirs, des arbres, un semblant d'insouciance pour une sorte de Dire Dawa à la campagne. Oui, Harar, je suis bien arrivé, mais dans le quartier italien : une mairie aux allures de château toscan, un palais, un théâtre, un marché couvert, surtout de belles percées rectilignes dans ce qui devait être les plantations évoquées par Rimbaud dans ses lettres."

La 99ème page... du mardi 9 juillet 2013

ma chronique

 

jeudi 4 juillet 2013

Lysistrata d'Aristophane

Lysistrata d'Aristophane

 

Fiche détaillée

Auteur > Aristophane
Editeur > arléa
Collection > Poche-Retour aux grands textes
Genre > classique, théâtre
Date de parution > 411 avant notre ère, 2013 pour la présente édition
Titre original > Λυσιστράτη / Lusistrátê
Nombre de pages > 130
Préface >
Traduction > du grec ancien par Laetitia Bianchi et Raphaël Meltz

auteur
(source : Wikipédia)

Aristophane Aristophane, né vers 440-435 avant notre ère, était le fils de Philippos, du dème de Kydathénée, de la tribu Pandionis, et d'une esclave affranchie ; il était Athénien de naissance ; il débuta jeune au théâtre et se fit connaître par deux pièces aujourd'hui perdues : Les Détaliens ou les Banqueteurs (427) et les Babyloniens (426). Il écrivit de nombreuses comédies, dont la plupart ne nous sont connues que par des fragments. Onze nous sont parvenues : les Acharniens (425) et la Paix (421), où l'auteur intervient franchement dans la politique et combat le parti de la guerre ; les Cavaliers (424), où il attaque ouvertement Cléon, le tout-puissant démagogue ; les Nuées (423) où il raille Socrate ; les Guêpes (422), où il tourne en ridicule l'organisation des tribunaux athéniens et les manies des juges ; les Oiseaux (414), où il s'en prend aux utopies politiques et sociales, comme plus tard dans Lysistrata (411) et dans l'Assemblée des femmes (392) ; les Thesmophories (411), et les Grenouilles (405) sont des satires littéraires dirigées contre Euripide. Cependant, la hardiesse des poètes comiques, le retour au pouvoir du parti aristocratique, et les malheurs d'Athènes, avaient amené une réaction contre la liberté du théâtre. Cette réaction s'était dessinée déjà vers (412) et sous les Trente : elle aboutit vers (388), semble-t-il, à une loi qui interdisait formellement les attaques contre les personnes. C'était l'arrêt de mort de la comédie ancienne. Aristophane tenta des voies nouvelles : par le Côcalos (aujourd'hui perdu) et la seconde édition du Ploutos (388), il inaugura la satire des mœurs, d'où devait sortir la comédie nouvelle des Athéniens.
Le fils d'Aristophane, Ararôs, fut également poète comique et remporta la victoire en 387 aux Dionysies avec le Côcalos, une comédie écrite par le père pour favoriser le succès de son fils.
Sauf le Ploutos et les pièces contre Euripide, les comédies d'Aristophane sont des satires sociales ou des pamphlets politiques. Attaché au parti aristocratique, le poète se servit largement des libertés que lui laissait l'état populaire pour attaquer les institutions et les chefs de file de la démocratie. Les pièces d'Aristophane sont très précieuses pour la connaissance de l'histoire du temps, des institutions et des mœurs athéniennes à la fin du Ve siècle avant notre ère.

quatrieme de couverture

Faites l'amour pas la guerre. Au Ve siècle avant J-C, en pleine guerre du Péloponnèse, Aristophane imagine un mot d'ordre encore plus efficace : ne faites pas l'amour et la guerre s'arrêtera. Une Athénienne audacieuse, Lysistrata, convainc les femmes des cités grecques de mener une grève du sexe. Un même aiguillon bande alors le désir des hommes, unis face à l'abstinence de leurs épouses. Tour à tour tendres ou résolument obscènes, les rapports hommes-femmes sont pour Aristophane l' occasion de laisser libre cours à son inventivité langagière.
Cette nouvelle traduction redonne au texte sa vivacité et sa crudité originelles. Le sort d'Athènes dépend soudain de la transparence d'une petite robe jaune...

première phrase

"Franchement ! Si on les avait invitées à une fête de Pan ou d'Aphrodite, ou à une Bacchanale, on ne pourrait pas faire un pas au milieu de la pagaille. Tandis que là, pas une femme."

avis personnel

Quand j'ai choisi cette pièce de théâtre pour le RV du 1er mardi du mois de Stephie, je ne m'attendais pas à pleurer littéralement de rire !
J'ai été surprise par les jeux de mots obscènes et la crudité qui parsèment cette oeuvre écrite en 411 avant notre ère. Aristophane fait preuve d'une telle bonne humeur, d'un tel allant qu'il nous embarque complètement à la suite de ces Grecques qui n'ont pas froid aux yeux (ni ailleurs !^^) et qui osent tenir tête aux hommes avec un aplomb non dénué de bon sens, nous faisant entrer dans leur intimité !

Lysistrata d'Aristophane

Mais de quoi s'agit-il ?
Au moment où cette pièce a été jouée, la guerre du Péloponnèse dure depuis 20 ans, envoyant au front maris et amants et laissant les femmes seules au foyer. Ce qui n'est pas sans inconvénient. "... ça fait même douze mois que je n'ai pas vu un godemiché de huit pouces dont le cuir aurait pu me soulager" se plaint Myrrhine.
L'heure est donc grave.
Jusqu'à ce que Lysistrata, une féministe avant l'heure et dont le nom signifie "celle qui dissout les armées" (tout un programme !) convoque les femmes de toutes les cités grecques impliquées dans ce conflit sans fin et leur soumette son idée pour ramener la paix et leurs hommes dans leur foyer :
"Eh bien : nous devons... nous passer... de bites."
Réaction horrifiée des autres femmes :
"Tout ce que tu veux, tout ce que tu veux ! Je suis même prête à marcher sur le feu : tout plutôt que se passer de bite. Car rien ne vaut la bite, ma chère Lysistrata."
Mais le concept de Lysistrata va plus loin qu'une simple grève du sexe, oui, celle-ci ne peut être efficace qu'à condition que les femmes chauffent leurs hommes sans jamais leur céder :
"Si on restait là, chez nous, bien maquillées, à se balader toutes nues sous nos petites chemises transparentes, le triangle bien épilé, nos maris banderaient comme des fous et voudraient aussitôt nous baiser. Eh bien si on se refusait à eux, si on ne cédait pas, croyez-moi, ils feraient aussitôt la paix !"
A force de patience et d'arguments qui nous donnent de précieuses (et hilarantes) informations sur leurs pratiques sexuelles, Lysistrata vient à bout de la résistance des femmes qui acceptent finalement de prêter serment...

Lysistrata d'Aristophane

Et ce qui devait arriver arriva : les hommes ne se déplacent plus qu'en cachant une énorme et douloureuse érection et se retrouvent obligés de demander la paix pour faire cesser leur tourment. Il  était temps ! Certaines femmes, "atteintes de baisophilie", étaient prêtes à déjouer la surveillance des autres pour retrouver leurs maris en cachette.

Lysistrata d'Aristophane

C'est peu de dire que j'ai été stupéfaite par la modernité de cette pièce intemporelle, car sous la crudité et la salacité des propos se cache une réflexion beaucoup plus profonde, touchant à la stupidité des guerres et à leurs conséquences désastreuses. Moi qui prenais Aristophane pour un affreux misogyne, j'ai découvert des portraits de femmes très proches de nos propres préoccupations; les maris sont dépeints d'une manière assez ridicules mais ils restent touchants dans leurs tentatives peu subtiles de rapprochement...
De plus, Aristophane joue avec brio des clichés sur la guerre des sexes et ose des allusions et des jeux de mots complètement délirants !
Une découverte vraiment sensationnelle et je lirai sans nul doute d'autres de ses pièces...

Lysistrata d'Aristophane

Pour finir, quelques informations sur la traduction : d'ordinaire, les traductions donnent une version édulcorée du texte original d'Aristophane car jugé trop vulgaire, avec un tas de renvois en bas de page. J'ai choisi la traduction de Laetitia Bianchi et Raphaël Meltz car elle essaie d'être fidèle au texte original.

Appréciation :

note : coup de coeur

divers

Rendez-vous : le premier mardi chez Stephie c'est permis...

 Ma 3ème participation au RV de Stephie.
D'autres billets : StephieLasardineChristieLilibaJérômeL'IrrégulièreKikine

Challenge "Un classique par mois"

Le 1er classique du mois de juillet pour le challenge organisé par Stephie.

Challenge "L'Odyssée grecque"

Challenge "L'Odyssée grecque" : 4/100



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Lecture commune : Les Enfants de la Terre, tome 3

Nous avons laissé Jondalar et Ayla dans le tome 2 à la rencontre des Mamutoï.
Voulez-vous les suivre à la découverte de ces chasseurs de mammouths et découvrir comment ils vont accueillir Ayla et réagir à son passé ?
Allez hop hop hop, enfourchons Whinney et suivons-les dans leur caverne...

Lecture commune : Les Enfants de la Terre, tome 3

Rendez-vous le 15 septembre pour la cueillette des billes...