dimanche 29 janvier 2017

L'Enchanteur de Barjavel

http://www.livraddict.com/bookclub/
"Il y a plus de mille ans vivait en Bretagne un Enchanteur qui se nommait Merlin."
Qui ne connaît Merlin ? Il se joue du temps qui passe, reste jeune et beau, vif et moqueur, tendre, pour tout dire Enchanteur. Et Viviane, la seule femme qui ne l'ait pas jugé inaccessible, et l'aime ? Galaad, dit Lancelot du Lac? Guenièvre, son amour mais sa reine, la femme du roi Arthur ? Elween, sa mère, qui le conduit au Graal voilé ? Perceval et Bénie ? Les chevaliers de la Table Ronde ? Personne comme Barjavel, qui fait le récit de leurs amours, des exploits chevaleresques et des quêtes impossibles, à la frontière du rêve, de la légende et de l'Histoire. Dans une Bretagne mythique, il y a plus de mille ans, vivait un Enchanteur. Quand il quitta le royaume des hommes, il laissa un regret qui n'a jamais guéri. Le voici revenu.

J'ai lu ce livre à l'occasion du Book Club d'octobre auquel je participais pour la 2ème fois. C'est même le livre que j'avais proposé qui a été sélectionné ! Farpaitement, je me la pète !
Bref, le Book Club propose chaque mois  une discussion sur une lecture commune à tous les membres de Livraddict qui choisissent eux-mêmes le thème puis le livre. Le thème du mois d'octobre portant sur la légende arthurienne, je ne pouvais que m'inscrire...

J'ai littéralement dévoré le livre, même si je lui ai trouvé quelques longueurs vers la fin (j'avoue avoir à ce moment sauté un paragraphe par ci par là 😇 ).
L'un des gros points forts du livre est le style, très fluide, empreint de poésie, ce qui rend certains passages vraiment sensoriels et très évocateurs...

 Dans le corps du cerf blanc, le coeur de Merlin tremblait. Il savait qu'il ne la reverrait plus telle qu'elle était en cet instant. Demain, tout à l'heure, elle serait déjà différente. Elle avait la beauté déchirante de ce qui change si vite qu'on ne peut jamais le retrouver.
(page 12)

On a parfois l'impression de lire de la poésie en prose. La musicalité du style donne un rythme spécial très agréable à l'histoire. Mais l'oeuvre est également teintée de notes d'humour, jouant sur les jeux de mots et les anachronismes. Cela donne un ton complètement décalé et parfois surprenant, mais qui colle à la personnalité de Merlin, qui est ici un personnage très facétieux...
En outre, certaines trouvailles de l'auteur sont très originales  : je pense plus particulièrement à cette fameuse page évoquant l'acte entre Guenièvre et Lancelot  ou la découverte de l'adultère de la Reine revisitée de manière poétique !! ^^

L'intrigue et la quête étaient très plaisantes à suivre. Mais j'ai trouvé que certains personnages emblématiques de la légende étaient ici effacés (je pense plus particulièrement à  Mordred qui arrive presque comme un cheveu sur la soupe dans l'histoire). J'ai l'impression que l'auteur s'est davantage appesanti sur les couples (Merlin/Viviane, Lancelot/Guenièvre, Galehaut/Malehaut) ou sur les chevaliers et leurs rapports aux femmes, qui les empêchent, en les séduisant, d'accéder au Graal (Gauvain et son appétit charnel, Perceval qui perd sa virginité presque sans s'en rendre compte, l'amant de Morgane complètement soumis à sa maîtresse)...

J'ai beaucoup aimé cette version de Merlin. Malgré ses immenses pouvoirs, il a gardé un côté très malicieux et aime jouer des tours aux autres. Mais il a également un côté très humain, en dépit de son origine diabolique, qui ne l'exempte pas de commettre des erreurs. En voulant faire le bien, il prend parfois de mauvaises décisions. Mais c'est son amour pour Viviane qui le rend aussi touchant, aussi tourmenté... car les deux amants ne peuvent consommer leur amour sous peine de perdre leurs pouvoirs !

Depuis que je t'ai vue je sais que je ne suis que la moitié de moi-même. Tu es mon autre moi qui me demande et dont j'ai besoin. Je suis la terre assoiffée et la pluie qui ne tombe pas, je suis la soif et la faim et la nourriture refusée. J'ai double souffrance, la tienne, que je connais, en plus de la mienne... Un jour, nous ne pourrons plus le supporter, et il nous faudra choisir...
(Merlin à Viviane, page 155/156)

L'auteur fait intervenir à de multiples reprises un personnage fort peu fréquentable et fort peu représenté dans les versions modernes de la légende puisqu'il s'agit du diable : personnellement, celui-ci me faisait beaucoup rire... Ses invectives à l'encontre de ses victimes fort peu coopératives, ses déconvenues successives en échouant à piéger des âmes dans son enfer désespérément désert étaient vraiment hilarantes... L'auteur prend plaisir à le tourner en ridicule ; cependant, ce personnage n'est  pas réduit au rôle de simple bouffon et apporte beaucoup de piquant à l'histoire, et surtout sa raison d'être en obligeant Merlin à contrecarrer sans cesse ses noirs desseins...
Barjavel n'épargne personne, puisqu'il ridiculise aussi l'obsession des chrétiens pour la virginité obligée des élus !

Bizarrement, alors que toute l'histoire tourne autour du Graal, j'ai très vite oublié la résolution de la quête. Enfin, si... je sais qui lève le voile, mais la conclusion ne m'a pas marquée plus que cela... Disons que j'ai l'impression que c'est à chaque lecteur de donner son interprétation. J'ai eu la sensation que l'achèvement de la quête n'était pas le plus important (d'autant qu'il met fin au temps des aventures légendaires pour faire débuter le temps de l'obscurantisme) mais plutôt le chemin que chacun emprunte pour s'en approcher...

Je dois avouer que ce roman réhabilite le couple formé par Lancelot et Guenièvre à mes yeux. Les Dames du lac de Zimmer Bradley me les avaient fait prendre en détestation (et ce dégoût perdure maintenant depuis 25 ans !!) ! Il était temps que cela prenne fin... C'était peut-être le but de mon graal à moi avec ce livre !!! 😏
J'ai par ailleurs apprécié découvrir certains épisodes que je ne connaissais pas , comme celui avec la Fille qui jamais ne mentit (ou quelque chose du même genre je ne me rappelle plus l'intitulé exact..) ou celui avec Galehaut ou encore avec le roi mehaigné ou aussi avec l'amnésie de Lancelot...
Et j'ai trouvé que Barjavel avait opéré quelques changements  par rapport aux autres oeuvres (ou alors je ne m'en souvenais plus) : l'épée retirée du rocher qui n'est pas Excalibur, le Graal qui trouve son origine avec Adam et Eve, la manière dont est découvert l'adultère de la reine, l'origine de Stonehege...

Pour conclure, une revisite de la légende arthurienne absolument délicieuse ! L'enchanteur n'est pas seulement Merlin, mais également l'auteur dont le pouvoir surnaturel réside dans sa plume pleine de poésie et de finesse ! Une lecture véritablement enchanteresse !!
(sources : Folio)
René Barjavel est né en 1911. Il termine ses études au collège de Cusset, puis entre au Progrès de l’Allier, à Moulins où il apprend son métier de journaliste. Il rencontre l’éditeur Denoël qui l’engage comme chef de fabrication. C’est chez lui, qu’après avoir fait la guerre dans les zouaves, il publie son premier roman, Ravage (1943), qui précède la grande vogue des ouvrages de la science-fiction. Barjavel a écrit une vingtaine de livres, dont La Nuit des Temps, Les Chemins de Katmandou, Tarendol et La Faim du tigre. Il a collaboré en tant que dialoguiste à une vingtaine de films, dont la série des Don Camillo. Il est décédé en novembre 1985.  
https://parthenia27.blogspot.fr/2012/10/challenge-legende-arthurienne-propose.html
 Ma 12ème participation au challenge d'Aethelthryth.

Challenge Moyen-Âge par hérisson
Ma 17ème participation au challenge d'Hérisson -

http://www.livraddict.com/biblio/livre/l-enchanteur-1.html

http://www.babelio.com/livres/Barjavel-LEnchanteur/6684

https://booknode.com/l_enchanteur_015479


mercredi 11 janvier 2017

Chanson du jour : Maxin' (clockin' z's) de Shootyz Groove

Keuwa ? Cela fait 3 ans que je n'ai pas mis de chanson du jour ?!?

Allez hop hop hop, c'est reparti avec un groupe mélangeant savamment le hip hop, le groove et le metal ! 🤘

Ça donne la pêche, non ?

dimanche 8 janvier 2017

[Challenge] Un genre par mois 2017 organisé par Iluze

Ayant pris plaisir à ce challenge, je me réinscris pour 2017 !...


Durée :
du 1er janvier  au 31 décembre 2017

Inscriptions :
Sur Livraddict .
On s'inscrit au niveau Explorateur (on participe tous les mois sans exception) ou Touriste (on participe quand le genre du mois nous fait envie).

Principe :
Lire un livre correspondant à la consigne du mois !

Les consignes :

Janvier :

 "Jeunesse ou Young Adult"
Mon choix :
Celui qui revenait de loin de Philippe Ebly
Errances, tome 1 de Denis Labbé

Février :
"Romance, chick lit, érotique"
Mon choix :
 Les Noces de l'Innocence d'Eve Terrellon

Mars :
"Historique"
Mon choix :
Sorcha de Mallaig
de Diane Lacombe 

Avril :

"Thriller, polar, policier"
Mon choix :
La main droite d'Amon de Lauren Haney

Mai :
"Classique ou thêatre"
Mon choix :
Vies des douze Césars de Suétone

 Juin :
"BD, comics, manga"
Mon choix :
Deadlock, tome 2 de Saki Aida et Yuh Takashina

Juillet :
"Nouvelle ou novella"
Mon choix :
De Brocéliande en Avalon de Lucie Chenu (Collectif)

Août :
"Fantasy ou aventure"
Mon choix :

Septembre :
"Non fiction (essai, témoignage, biographie, livres pratiques, cuisine...)"
Mon choix : 
Caton ou le citoyen de Jean-Noël Robert

 Octobre :
"Fantastique ou horreur"
Mon choix :  
Le Golem de Gustav Meyrink

Novembre:
"Contemporain"
Mon choix :

Décembre :
"Science-Fiction"
Mon choix : 
Le meilleur des mondes de Aldous Huxley


Les jokers :
Au nombre de 2, ils s'adressent aux participants qui se sont inscrits au niveau Explorateur. Cela signifie que durant 2 mois, on peut lire un livre d'un autre genre que celui imposé.

samedi 7 janvier 2017

Ikumen After, tome 1 de Kazuma Kodaka

Ikumen After, tome 1 de Kazuma Kodaka

Merci à

Bestiarius, tome 1 de Masumi Kakizaki

et aux éditions 

In These Words, tome 1 de Jun Togai & Narcissus

pour ce partenariat !

fiche détaillée

Scenario > Kazuma Kodaka
Dessin > Kazuma Kodaka
Editeur > Taifu Comics
Série > Ikumen after
Genre > Yaoi, romance
Date de parution > 2011 pour l'édition originale, 2016 pour la présente édition
Nombre de pages > 160
Traduction > du japonais par Nicolas Pujol

auteurs
(sources : Babelio)

Née à Kobe, Kazuma Kodaka commence sa carrière en 1989 dans le magazine Shōnen Champion. Elle se fait surtout connaître pour des mangas appartenant au genre yaoi, prétexte à des scène érotiques entre jeunes hommes. Elle réalise aussi de nombreux dōjinshi, ou parodie de mangas ou animes connus comme Les Samouraïs de l'Éternel, Slam Dunk, Hikaru no Go, Prince of Tennis, Fullmetal alchemist, Yakitate!! Japan et Gankutsuou.
Ses mangas les plus connus sont Not Ready?! Sensei et Kizuna, qui a été traduit en anglais, allemand et français. Elle représente souvent des héros androgynes, conformément au canon du shōjo manga. Ils évoluent dans le quartier gay de Shinjuku ni-chome mais ont parfois des liens avec les yakuza de la mafia japonaise...

quatrième de couverture

Jeune entrepreneur surmené et père célibataire d’un petit garçon, monsieur Asakura a du mal à gérer sa situation professionnelle et l’éducation de son fils en même temps. C’est alors qu’il rencontre Kentarô, lui aussi dans la même situation familiale. Les deux hommes au caractère et au rang social totalement opposés deviennent alors amis, avant de prendre petit à petit conscience de leurs sentiments réciproques...

 

avis personnel

Je vais être honnête d'entrée de jeu : je suis passée à côté de ce manga, qui faisait trop... manga ! Entendez par là qu'il me faisait penser aux anime que je visionnais adolescente, avec les codes graphiques et les attitudes expressives à outrance... Cela m'agaçait déjà un chouia à cette époque (bon, Ok, j'avoue : voir Laura assener une grosse massue sortie de nulle part sur la tête de Nicky Larson pour exprimer sa colère me faisait rire !), mais étant plus jeune, je me montrais plus indulgente et arrivais à passer outre. Là, j'avoue que ça a vraiment coincé !
Vous me direz qu'en choisissant de lire un manga, j'aurais dû accepter par avance ces codes narratifs un peu exagérés, sauf que les mangas que j'ai lus jusqu'à présent en étaient plus ou moins dépourvus. A croire que j'ai bénéficié jusqu'ici d'une chance insolente !

Bref, j'ai trouvé en outre l'histoire bien niaise et les personnages assez caricaturaux. Leur relation se noue très rapidement. C'est dommage car les thématiques abordées (la monoparentalité, l'homoparentalité, le transgenre) étaient très intéressantes, d'autant plus que l'auteure a su se montrer pleine de bienveillance et de tendresse pour ces deux pères célibataires un peu débordés tout en traitant parfois le sujet avec beaucoup de finesse. Je n'ai du coup pas compris pourquoi les tentatives de Kentarô pour séduire monsieur Asakura étaient à ce point grossières, gâchant la fraîcheur de la romance.
Autre petit point négatif : je n'ai réussi à retenir le nom des différents protagonistes qu'à la fin.

Concernant le graphisme, celui-ci est vraiment très joli, servant à merveille cette petite histoire tout mignonne.

Je remercie les éditions Taifu comics ainsi que Babelio pour ce partenariat !

Appréciation :

note : 2 sur 5

extrait

Ikumen After, tome 1 de Kazuma Kodaka  Ikumen After, tome 1 de Kazuma Kodaka

divers

Ma 7è participation au challenge de Ichmagbücher - (romance érotique)

In These Words, tome 1 de Jun Togai & Narcissus babelio

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mardi 3 janvier 2017

Avis de tempête d'Angéla Morelli


 "Au cours des quarante-deux dernières minutes, Candice avait cru quatre-vingt-quatre fois sa dernière heure arrivée, soit deux fois par minute."
 
Lorsqu’elle débarque au Québec pour les vacances de février, Candice fait immédiatement deux constats très inquiétants. Premièrement, il fait froid. Très, très froid. Ce qu’elle était loin de s’imaginer quand elle a préparé ses valises (comment ça sa petite doudoune ne va pas suffire ?). Deuxièmement, sa cousine n’est pas là, et impossible de la joindre. Alors, quand l’aéroport annonce sa fermeture imminente et qu’un charmant inconnu à l’accent aussi improbable que sa coupe de cheveux lui propose de lui servir de taxi, Candice accepte... 

 Après L'amour est dans le pré, et Mêlée à deux, c'est la troisième romance que je lis de l'auteure. On y retrouve avec plaisir les ingrédients habituels, à savoir fraîcheur, légèreté, et une sacrée dose d'humour. Eh bien, malgré ces qualités évidentes, je n'ai cette fois pas tout à fait accroché à l'histoire ! Et pourtant, la thématique de cette nouvelle était en elle-même une promesse de douce félicité... Pensez ! le Québec fait parti de mes destinations de rêve. En outre, je craque absolument pour l'accent si sexy et si plein de peps de nos cousins outre-atlantique.
Je pourrais avancer comme argument à la décharge de l'auteure que le format étriqué de la nouvelle l'a empêché de développer suffisamment ses personnages (effectivement, Candice et Martin manquent un peu d'épaisseur), or, dans Mêlée à deux, elle avait parfaitement réussi à planter le décor et le contexte de son histoire, et à esquisser un portrait fort convaincant de ses protagonistes. Mais ici, la mayonnaise ne prend pas. Candice et Martin sont pourtant très attachants, mais j'ai trouvé les dialogues un peu faiblards par moment, voire mièvres, et l'enchaînement  de certaines situations peu crédible.

Malgré tout, il y a de fort bons moments : les quiproquos linguistiques, l'art cocasse de l'héroïne de se mettre dans des situations embarrassantes lui enlevant toute dignité, le talent de l'auteure de décrire très joliment la scène du premier baiser... et du suivant aussi !!

Pour conclure, une histoire qui me laisse un peu frustrée. J'aurais bien aimé qu'elle soit plus longue d'une dizaine ou d'une vingtaine de pages, ce qui aurait eu l'avantage  de rendre plus vraisemblable la progression de la relation entre Martin et Candice...
Angéla MorelliAngéla Morelli est née sur les rives verdoyantes de la Garonne, qu'elle a quittées il y a longtemps pour les brumes de la capitale. Professeur de Lettres le jour et traductrice la nuit (oui, c'est une super héroïne), elle est tombée dans la marmite de la romance en succombant, un soir d'inadvertance, au charme ténébreux de Joffrey de Peyrac. Quand elle a compris qu'elle n'épouserait jamais Rhett Butler, et en attendant de rencontrer enfin Ryan Gosling, elle a décidé d'écrire des romances dans lesquelles elle pourrait donner libre cours à son penchant pour les hommes intelligents et sexy. Elle se plaît dans le genre de la romance contemporaine urbaine dans laquelle humour et amour forment un cocktail détonant !
blog de l'auteure -
- sa Fanpage -

https://parthenia27.blogspot.fr/2016/12/challenge-des-12-themes-organise-par.html
Challenge organisé par A-Little-Bit-Dramatic (1/12)

http://www.livraddict.com/biblio/livre/l-enchanteur-1.html

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dimanche 1 janvier 2017

Caroline Bingley de Jennifer Becton



"Bannie. Ce mot résonnait dans l'esprit de Caroline Bingley au rythme des sabots de l'attelage."

   
Dans Orgueil et Préjugés, Caroline n’a qu’une idée en tête: faire main basse sur le très convoité Mr Darcy. Peine perdue, ce dernier lui préfère Elizabeth Bennet, celle-là même dont Caroline n’a de cesse de se moquer. Bannie de la demeure de son frère, la voilà contrainte de retourner vivre chez ses parents, loin de Londres. Contre toute attente, ses rêves les plus fous – une lignée ancestrale, un titre, un domaine – sont enfin à sa portée en la personne de Mr Charlton. Mais l’homme qui la séduit, Mr Rushton, n’a que l’amour à lui offrir. Caroline sera-t-elle prête à renoncer à ses ambitions pour écouter son cœur ?
 Ce roman met en lumière l'un des personnages secondaires les plus détestés d'Orgueil et Préjugés : j'ai nommé l'orgueilleuse, égoïste, hypocrite et vaniteuse Caroline Bingley.
Je n'attendais rien de cette austenerie, mais je dois avouer que j'ai été fort agréablement surprise. Et pourtant, Caroline y est dépeinte plus snobinarde et méprisante que jamais.
L'action prend place immédiatement après le double mariage de Charles Bingley avec Jane Bennet et de Fitzwilliam Darcy avec Elizabeth Bennet. Mortifiée, Caroline n'a pu empêcher ce dernier. Pire, elle se voit contrainte par son frère de rejoindre leur mère dans leur propriété au nord du pays, loin de toute civilisation, accompagnée du chaperon qu'il lui a imposé, Mrs Pickersgill, une femme forcément sans distinction puisque d'un rang inférieur au sien, et d'y rester tant qu'elle ne se sera pas excusée auprès de la nouvelle Mrs Darcy.
Décidée à quitter son exil sans avoir à s'humilier auprès de sa rivale, Caroline se met en chasse d'un mari fortuné et bien né. C'est alors qu'elle apprend la présence dans la région de son amie de pension, Lavina, venue aider son frère Mr Charlton à relever son titre de baron laissé vacant par la mort de leur frère aîné. Déterminée à revenir à Londres par la grande porte, Caroline se met en tête de se faire épouser par lui...
J'ai beaucoup aimé les personnages de Mrs Pickersgill et Mr Rushton, l'ami de la famille, leur comportement très digne face à Caroline malgré les remarques désagréables de cette dernière. La jeune femme, qui les a pris en grippe dès le début, refuse en effet de prêter l'oreille à leurs judicieuses remarques ou mises en garde. Il faut dire que Mr Rushton ne peut s'empêcher de la taquiner, parfois un peu rudement, braquant la jeune femme contre lui.
L'auteure ne peut s'empêcher d'utiliser certains des ressorts de l'œuvre originale mais appliqués à Caroline, or, ils étaient tellement bien intégrés à l'intrigue que cela ne m'a même pas agacée ! ^^
Quelle jubilation de voir la détestable sœur de Charles Bingley subir à son tour ce qu'elle a infligé à la douce Jane Bennet !
Bien que l'auteure respecte le caractère des personnages de Jane Austen et globalement les usages de l'époque, elle prend parfois quelques libertés qui détonent (l'insulte que Caroline utilise, son surnom "Caro" - so shocking ! -, la décision de Charles d'exiler sa sœur, ce qui ne correspond pas à son caractère conciliant et bienveillant, la tentation de Caroline de s'enfuir avec son prétendant, la rapidité avec laquelle elle convient de ses sentiments après s'être opposée si durement à l'élu de son cœur)...
Alors, même si cette suite de Jennifer Becton n'est pas exempte de défauts, j'ai passé un excellent moment en compagnie de Caroline Bingley... vivivi... Son évolution se fait en parfaite cohérence avec son caractère : elle ne change pas en profondeur, juste ce qu'il faut pour qu'on la comprenne et commence à l'apprécier. En ayant accès à ses pensées, on se rend compte que derrière cette arrogance et cette obstination se cache une certaine vulnérabilité, ce qui la rend plus humaine. Alors bien sûr, Caroline étant Caroline, elle ne se dépouillera pas de sa nature hautaine juste par amour, mais c'est justement ce que j'ai aimé : elle reste authentique et fidèle à elle-même tout en sachant à la fin reconnaître certains de ses torts. A l'occasion de cette amende honorable, on retrouve Elizabeth Darcy, et ce face-à-face entre les deux femmes est tout à fait convaincant ! D'ailleurs, l'auteure a été assez maligne pour ne faire apparaître que fugitivement les personnages emblématiques d'Orgueil et Préjugés, évitant ainsi les maladresses et la sensation de trahison qui sont les écueils principaux de certains romans para-austeniens.
Jennifer Becton est écrivain et éditrice (Becton Literary Services) depuis 2000.
Elle est titulaire d'un BA à Mercer University.
Elle vit en Caroline du Nord, avec son mari Bert et son chat Puttytat.
Elle est également férue d’équitation et possède un cheval qui répond au doux nom de Darcy.
site de l'auteure -

Caroline Bingley de Jennifer Becton
 Ma 26ème participation au RV de Stephie.
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