dimanche 20 septembre 2015

Les Matchs de la Rentrée Littéraire 2015

Les Matchs de la Rentrée Littéraire 2015

Grâce à l'annonce  sur Livraddict, je me suis inscrite à l'événement organisé par Priceminister qui offre à 1000 blogueurs, et comme le nom de l'événement l'indique, un livre de la Rentrée Littéraire 2015 en échange d'une critique.

J'ai donc sélectionné en premier :

Les Matchs de la Rentrée Littéraire 2015

Blanche est morte en 1361 à l’âge de douze ans, mais elle a tant vieilli par-delà la mort! La vieille âme qu’elle est devenue aurait tout oublié de sa courte existence si la petite fille qu’elle a été ne la hantait pas. Vieille âme et petite fille partagent la même tombe et leurs récits alternent.
L’enfance se raconte au présent et la vieillesse s’émerveille, s’étonne, se revoit vêtue des plus beaux habits qui soient et conduite par son père dans la forêt sans savoir ce qui l’y attend.
Veut-on l’offrir au diable filou pour que les temps de misère cessent, que les récoltes ne pourrissent plus et que le mal noir qui a emporté sa mère en même temps que la moitié du monde ne revienne jamais?
Par la force d’une écriture cruelle, sensuelle et poétique à la fois, Carole Martinez laisse Blanche tisser les orties de son enfance et recoudre son destin. Nous retrouvons son univers si singulier, où la magie et le songe côtoient la violence et la truculence charnelles, toujours à l’orée du rêve mais deux siècles plus tard, dans ce domaine des Murmures qui était le cadre de son précédent roman.

 

Et en 2è choix :

Les Matchs de la Rentrée Littéraire 2015

C’est l’histoire d’Etienne, photographe de guerre, pris en otage dans quelque lointaine ville à feu et à sang. C’est l’histoire d’un enfermement et d’une libération – pas forcément ceux qu’on croit. Sur une thématique éminemment contemporaine, le nouveau roman de Jeanne Benameur s’ouvre comme un film d’action pour mieux se muer en authentique livre de sagesse. Avec la délicatesse d’âme et la profonde sincérité qu’on lui connait, l’auteur des Demeurées et de Profanes y tend une ligne droite entre la tête et le cœur, un chemin vers des êtres debout.

 

Enfin en 3è choix :

Les Matchs de la Rentrée Littéraire 2015

L’Abistan, immense empire, tire son nom du prophète Abi, «délégué» de Yölah sur terre. Son système est fondé sur l’amnésie et la soumission au dieu unique. Toute pensée personnelle est bannie, un système de surveillance omniprésent permet de connaître les idées et les actes déviants. Officiellement, le peuple unanime vit dans le bonheur de la foi sans questions.
Le personnage central, Ati, met en doute les certitudes imposées. Il se lance dans une enquête sur l’existence d’un peuple de renégats, qui vit dans des ghettos, sans le recours de la religion…
Boualem Sansal s’est imposé comme une des voix majeures de la littérature contemporaine. Au fil d’un récit débridé, plein d’innocence goguenarde, d’inventions cocasses ou inquiétantes, il s’inscrit dans la filiation d’Orwell pour brocarder les dérives et l’hypocrisie du radicalisme religieux qui menace les démocraties.

 

Voilà. Vous pouvez découvrir le reste de la sélection, qui se monte au total à 15 romans de genre très varié, sur le blog de Priceminister et postuler jusqu'au  30 septembre. N'oubliez pas : 100% des gagnants ont tenté leur chance.

Si je suis retenue, je croise quand même fortement les doigts pour que ce soit avec mon 1er choix... même si les deux autres livres ont l'air très intéressant, mais comme je suis avant tout friande de Moyen-Âge...  !!^^

mercredi 16 septembre 2015

Arria Marcella de Théophile Gautier

Arria Marcella de Théophile Gautier

Fiche détaillée

Auteur > Théophile Gautier
Editeur > NUMILog
Genre > nouvelle fantastique, classique
Date de parution > 1852 pour l'édition originale , 2009 pour la présente édition
Format > PDF
Poids du fichier > 241 Kb (74 pages)

auteur

Théophile Gautier Né à Tarbes en 1811, Théophile Gautier fait ses études aux lycées Louis-le-Grand et Charlemagne. Il se lie avec Gérard de Nerval, qui l'introduit dans les milieux littéraires. En 1829 il rencontre Victor Hugo qu'il reconnaît pour son maître et participe activement au mouvement romantique comme lors de la fameuse bataille d'Hernani, le 25 février 1830. Il évoquera avec humour cette période dans Les Jeunes-France. Optant pour la poésie, Gautier fonde le «Petit Cénacle» en 1830 et publie son premier recueil de Poésies. En 1833, un recueil de contes Les Jeune-France et la préface de son premier roman Mademoiselle de Maupin (1835) dénoncent avec esprit et véhémence les excès idéalistes du romantisme. Gautier est un fervent partisan des théories alors en vogue du culte de la beauté et de « l'art pour l'art ». Toute son oeuvre illustra ce manifeste : Comédie de la mort (1838), Émaux et Camées (1852), Le Roman de la momie (1857), Le Capitaine Fracasse (1863). Outre cette recherche esthétique, Gautier fut aussi journaliste, critique littéraire et voyagea beaucoup visitant l’Espagne, l'Algérie, l'Orient et la Russie. On lui doit de nombreux récits fantastiques ainsi que la
redécouverte de la poésie baroque du XVIIe siècle (Les Grotesques, 1844).
Il enrichit jusqu'en 1872 Émaux et Camées qui fait de son auteur un chef d'école : Baudelaire dédie Les Fleurs du mal au « poète impeccable » et Théodore de Banville salue le défenseur de « l'art pour l'art », précurseur des Parnassiens à la recherche du beau contre les épanchements lyriques des romantiques et valorisant le travail de la forme (« Sculpte, lime, cisèle » écrit Gautier dans son poème L’Art, dernier pèce de Émaux et Camées, édition de 1872).
Il continue à publier des articles ou des poèmes mais aussi une biographie d'Honoré de Balzac ou des œuvres de fiction comme son roman de cape et d'épée Le Capitaine Fracasse (1863). Il est nommé bibliothécaire de la princesse Mathilde et fréquente les salons littéraires du Second Empire mais aussi le milieu de l'art, s’intéressant aux musiciens (il écrit sur Berlioz, Gounod, Wagner… et élabore le livret du ballet Giselle) comme aux peintres (Eugène Delacroix, Édouard Manet, Gustave Doré…).
Il meurt en 1872 laissant l'image d'un témoin de la vie littéraire et artistique de son temps dont les conceptions artistiques ont compté et dont l'œuvre diverse est toujours reconnue.

quatrieme de couverture

Les merveilles de Pompéi sont englouties sous la cendre comme l'est la vérité pour les yeux grossiers. Parti visiter la ville avec des amis, Octavien, en proie à des élans vers l'idéal, va vivre un « rêve éveillé ». Se retrouvant plongé dans le passé, il vit un véritable parcours initiatique par lequel lui sont révélées la beauté et la vérité des choses. Il ne voit alors plus Arria Marcella comme une statue de cendre mais bien comme une femme magnifique, dont il s'éprend. Plus qu'un déplacement dans le temps, cette expérience est pour le jeune homme le dévoilement d'une réalité seconde, qui pourrait bien être essentielle. Par ce récit au fantastique inédit, Gautier propose une réflexion sur le pouvoir du rêve et de l'amour, seuls capables de percer les êtres et les choses.

première phrase

"Trois jeunes gens, trois amis qui avaient fait ensemble le voyage d'Italie, visitaient l'année dernière le musée des Studii, à Naples, où l'on a réuni les différents objets antiques exhumés des fouilles de Pompéi et d'Herculanum."

avis personnel

Octavien, en voyage en Italie avec ses amis Fabio et Max, est fasciné au Musée archéologique de Naples par le corps d'une femme prise dans la lave pendant l'éruption du Vésuve en 79 de notre ère.
La nuit venue, il est réveillé par un sentiment étrange, et ses pas le portent dans une Pompéi ressuscitée, jusque dans la maison d'Arrius Diomèdes, visitée quelques heures auparavant. Là, il y rencontre Arria Marcella, la femme de la moulure, en chair et en os et dont il est tombé amoureux au Musée et qui lui déclare que c'est “Ton désir [qui] m’a ramené à la vie” . Mais il est mis en garde par le père de la jeune femme, un certain Arrius...

Arria Marcella de Théophile Gautier
péristyle de la maison de Diomède

J'avais déjà lu une nouvelle fantastique de Théophile Gautier, La Morte amoureuse, que j'avais beaucoup aimée, mais je dois avouer que le charme a moins agi  sur moi cette fois. L'écriture de l'auteur est pourtant toujours aussi belle. Gautier sait parfaitement retranscrire la beauté de la Campanie à l'aube, ou la splendeur des ruines antiques, ou bien encore faire revivre le quotidien de ces Romains de l'Antiquité avec une belle force d'évocation. Mais j'ai été moins convaincue par les personnages eux-mêmes avec lesquels on passe moins de temps (en tout cas, c'est la sensation que j'ai eue) et qui font passer moins d'émotions.

L'auteur nous dresse d'abord le portrait de ces trois jeunes gens dont il compare la façon d'aimer si différente : la sensualité pour Fabio, la recherche de l'exploit pour Max (qui apparaît du coup comme l'héritier de Dom Juan) et le romantisme pour Octavien qui est davantage amoureux de l'amour que d'une femme réelle. Notre jeune héros est surtout attiré par les figures historiques ou artistiques du passé, qu'il idéalise.

Arria Marcella de Théophile Gautier

 Comme dans La Morte amoureuse, la femme aimée est une femme fatale, séductrice n'hésitant pas à prendre les initiatives. Arrius, de son côté, m'a un peu fait penser à l'abbé Sérapion.

En outre, j'ai l'impression que Wilhelm Jensen s'est inspiré de cette nouvelle pour écrire Gradiva, fantaisie pompéienne, où un archéologue misanthrope tombe amoureux de la femme représentée sur un bas-relief...

Pour conclure, une nouvelle fantastique agréable, où la frontière entre le rêve et la réalité reste floue jusqu'à la fin, bien écrite mais qui m'a moins marquée que La Morte amoureuse. Certains passages sont, comme toujours avec Gautier, très visuels et poétiques...

Appréciation :

note : 3 sur 5

extrait

«Oh ! lorsque tu t'es arrêté aux Studii à contempler le morceau de boue durcie qui conserve ma forme, dit Arria Marcella en tournant son long regard humide vers Octavien, et que ta pensée s'est élancée ardemment vers moi, mon âme l'a senti dans ce monde où je flotte invisible pour les yeux grossiers : la croyance fait le dieu et l'amour fait la femme. On n'est véritablement morte que quand on n'est plus aimée : ton désir m'a rendu la vie, la puissante évocation de ton cœur a supprimé les distances qui nous séparaient.»
(page 62)

divers

La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

Ce billet est ma 19è participation au challenge de Soukee.

Challenge "Un classique par mois"

Le  classique du mois de septembre pour le challenge organisé par Stephie.

ABC de l'Imaginaire 2015

Challenge ABC 2015 Littératures de l'Imaginaire de Ptitetrolle - 7/26

 

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mardi 15 septembre 2015

[Top Ten Tuesday] Les 10 romans peu médiatisés qui méritent d'être connus (19)

[Top Ten Tuesday] Les 10 personnages auxquels vous n'avez pas réussi à vous attacher (18)

What is it ?

Tout simplement un rendez-vous hebdomadaire pour lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire défini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français sur le blog de Iani qui vient de passer le flambeau à Froggy.

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Le sujet de la semaine est le suivant :

Les 10 romans peu médiatisés qui méritent d'être connus :

Je pense que l'intitulé porte plutôt sur les livres sortis récemment, mais désolée, mes choix se focaliseront surtout sur les romans sortis aux alentours des années 90 (et j'ai été raisonnable, hein, un seul se réfère à une sortie des années 40 !!^^)...

En tout cas, ce sont des livres que j'ai lus complètement par hasard et qui m'ont tellement transportée que j'aimerais à mon tour vous donner envie de lire !

Capitaine de Castille Les danseurs de lune La Cyprina

Capitaine de Castille de Samuel Shellabarger : Voici LE roman d'aventures par excellence. L'auteur nous entraîne à la suite de son héros dans l'Espagne de l'Âge d'or puis sur le nouveau continent. C'est captivant, c'est sombre, c'est épique ! La cruauté de l'homme blanc vis-à-vis des peuples amérindiens et sa soif de richesse y sont dénoncés sans ambages...

Les danseurs de lune de W.J. Weatherby : j'avais découvert ce livre dans la bibliothèque de ma grand-tata, et franchement, je l'avais commencé sans conviction aucune, mais j'avais très vite été happée par l'intrigue se déroulant en Angleterre puis en Amérique durant la guerre de Sécession. Un excellent souvenir de lecture !

La Cyprina de Sylvie Dervin : je l'avais lu sur les conseils d'une copine au lycée et je m'étais retrouvée embarquée dans le tourbillon de la Renaissance italienne, aux côtés de l'inoubliable figure de Cesare Borgia, personnage charismatique et troublant du roman. L'héroïne était également très attachante, même si je n'ai jamais compris la passion qu'elle vouait à l'autre personnage masculin, Baldassare Colonna...

La Cendre et le Jasmin Les Fauves Le Scorpion du Nil

La Cendre et le Jasmin de Sylvie Dervin : enchantée par ma lecture de La Cyprina de la même auteure, je n'avais pas hésité à me jeter sur cette histoire qui se déroule cette fois dans la Chine féodale du VIème siècle avant notre ère. Et j'avais été emportée par le même souffle épique et romanesque !

Les Fauves de Roger Mauge :  découvert complètement par hasard, j'ai dévoré ce roman se déroulant sous le règne de l'empereur Titus. Le héros, pour une fois, n'est pas un jeune et fringant jeune homme mais un quarantenaire gaulois, démobilisé des légions et appelé à Rome par son ami romain pour assurer sa protection. Les personnages sont tous hauts en couleur et attachants dans leur genre. Bref, une plongée captivante dans la Rome antique !

Le Scorpion du Nil de Pauline Gedge : ma première expérience avec l'Égypte antique, et le début d'une longue aventure avec l'auteure Pauline Gedge. On se retrouve complètement immergée dans la civilisation égyptienne, que ce soit dans l'humble village de Thu, l'héroïne à l'ambition démesurée, comme dans le palais de Pharaon ou la villa de son mentor. Le devin Houi est un être charismatique, mystérieux et ambivalent dont l'influence vénéneuse imprègne tout le roman nous faisant redouter le dénouement...

Le Grand Silence Thyia de Sparte Le Croque-mouton

Le Grand Silence de Loup Durand : voilà un thriller haletant avec un héros extrêmement attachant dont le pouvoir surnaturel a attiré sur lui la convoitise d'un milliardaire mégalomane et criminel... On suit cette traque implacable, prenante et intense avec beaucoup de fébrilité et d'angoisse. Une réussite ! Même mon chéri a adoré, c'est pour dire !!^^

Thyia de Sparte de Cristina Rodriguez : dès que je suis tombée sur la première et quatrième de couverture, j'ai acheté ce bouquin et l'ai dévoré en deux jours. Quand on est fan d'histoire ancienne, difficile de résister à une telle tentation, surtout quand l'intrigue se déroule dans la Grèce ancienne du Vème siècle avant notre ère, époque pas très souvent abordée en littérature... L'immersion est totale et le personnage d'Anaxagore juste "Rhââ lovely" !!! En plus c'est un chevelu, que demander de plus ?... ^^

Le Croque-mouton de Pascale Rey : une très jolie découverte d'un roman historique se déroulant pendant les Guerres de religion en France au XVIème siècle. Le personnage principal fait figure d'anti-héros mais se révèle extrêmement touchant...

Et vous, quels livres aimeriez-vous qu'ils soient plus connus ?

Le sujet de la semaine prochaine est :

Les 10 livres de ma PAL pour cet automne 2015.

dimanche 6 septembre 2015

Les loups de Voïvodine de Miroslav Popović

Les loups de Voïvodine de Miroslav Popović

Fiche détaillée

  Auteur > Miroslav Popović
Editeur > Gaïa
Genre > Historique
Date de parution > 1983 pour l'édition originale , 2002 pour la présente édition
Titre original > Sudbine
Nombre de pages > 358
Traduction > du serbo-croate par Alain Cappon

auteur
(sources : éditions Gaïa)

Les loups de Voïvodine de Miroslav Popović
Miroslav Popović est né en 1926 en Yougoslavie et meurt en 1985. Son unique roman, publié à 57 ans, sera un grand succès public et médiatique, couronné de prix prestigieux. Les loups de Voïvodine vient rompre avec les tabous entourant la sombre période de la Seconde Guerre mondiale. Un livre destin à l'image de son propos et de son auteur qui connut les geôles de Tito.

 

quatrieme de couverture

À la veille de la Seconde Guerre mondiale, une ville de Yougoslavie, quelque part en Voïvodine.
Une ville haute et une ville basse, une population mêlée, aux origines variées, aux religions diverses. Dans cet équilibre, ni fragile ni séculaire, pénètre, un voyageur, venu par les chemins enneigés. Il ne perturbe rien, il vient simplement prendre sa place dans le tableau, comme dans une société qui l'attend, à l'image de Soko, la chienne du précédent gardien. Car Bogdan Žurajica vient d'être embauché par la fabrique de Monsieur Albrecht, comme gardien de l'entrepôt de meubles. Il y côtoiera David, l'apprenti, et Maître Franz, le responsable d'atelier. Une petite société à elle toute seule, cette fabrique, tant ce qui va s'y dérouler est le reflet exact de ce qui traumatisera la ville toute proche.
Le IIIe Reich envahit la Pologne et mobilise ses forces, les Souabes, ces Serbes de souche allemande. Et lorsque trois jours plus tard, l'armée allemande investit la ville, les équilibres se redessinent. On découvre tout à coup que son patron est juif, que sa jolie voisine est souabe, que son ennemi juré est de la même origine que soi... Tout se bouleverse et chacun cherche sa place dans ce grand chambardement.


Tout à la fois saga familiale, chronique sociale, fresque historique, Les loups de Voïvodine est surtout un roman d'une poésie flamboyante. Qui porte un regard très juste sur l'homme et sa société, et donne bien des clefs sur l'Histoire des Balkans.

première phrase

"La brève après-midi de novembre était entrée en agonie sitôt commencée."

avis personnel

 À travers ce livre, Popovic nous offre la chronique quotidienne d'une petite ville fictive de Voïvodine, qui débute 3 ans avant la guerre et se termine 1 ans après (c'est-à-dire que la période court de 1938 à 1942 car la Yougoslavie reste neutre jusqu'en 1941).

L'auteur nous brosse toute une galerie de portraits : Aleksandar Albrecht, le fabriquant juif de meubles, et sa femme Herta ; David Blanuša, le jeune apprenti d'Albrecht qui se laisse parfois aller à des propos malveillants ; maître Franz Teibel, le menuisier qui disparaît après la mobilisation ; Ignjat Stojša, le contre-maître ; Viktor Seibert, un Souabe, propriétaire du cinéma «Colosseum», fou amoureux de sa femme, Jelena, qui le trompe ; Jevrem, le charretier rustre, "prétentieux et bouffi d'orgueil" ; la veuve Burovac, qui ne peut vivre sans locataire enclin à réchauffer sa couche ; Emilija Blanuša, la soeur de David, jeune serveuse de la «Corne d'or» qui rêve d'épouser un homme riche ; Jorgovan, le patron du bar, mariée à une Turque ; l'untersturmführer Otto Klischke, homme qui symbolise toutes les ambivalences des officiers de la Gestapo, se montrant d'une exquise politesse envers ceux de la race aryenne mais torturant sans état d'âme les résistants yougoslaves ; et enfin Bogdan Žurajica, un bûcheron étranger embauché comme gardien de nuit au magasin d'Albrecht au tout début du roman.

C'est donc un peu ardu pour le lecteur de se familiariser avec tous ces protagonistes, d'autant que la 1ère partie est assez longue à se mettre en place. En effet, l'auteur décrit minutieusement et avec moult détails, jusqu'à leur insignifiance, le quotidien banal de ces gens, ce qui n'en rend que plus saisissant ensuite l'horreur de leur situation.

Le 6 avril 1941, la guerre éclate en Yougoslavie. Quelques jours plus tard, les Allemands occupent la ville de Nova Palanka, remettant en cause la coexistence harmonieuse de cette mosaïque d'ethnies et de religions. Chacun va se replier sur sa communauté. Les Souabes, allemands de souche,  collaborent "naturellement" avec les occupants nazis ; les Juifs sont regroupés pour être publiquement humiliés dans l'indifférence presque générale (à part la réaction indignée de quelques hommes encore sensibles à la dignité humaine), en fin de journée, ces mêmes Juifs se rencontrent secrètement pour gloser sur l'humanité ; le reste de la population est préoccupée par sa survie, passant parfois par le marché noir.

Chacun réagit donc différemment à l'arrivée des soldats allemands.


Les Juifs sont inconscients de la réalité de la guerre, refusant de croire aux atrocités commises :

 Que des hommes, des adultes, aient été fusillés ici ou là, je veux bien le croire. Des otages, sans doute... Mais fusiller des femmes et des enfants, non, c'est franchement ridicule ! Excusez-moi, mais nous vivons au vingtième siècle. Et ce sont quand même les Allemands qui nous ont donné Goethe et Schubert, ne l'oublions pas...
(page 240)

De leur côté, les Souabes acceptent de déposséder les Juifs. Maître Franz, homme dont la bonté ne peut être remise en cause, devient le nouveau patron du magasin d'ameublement d'Albrecht sans se rendre compte de ce que cela implique. Mais peu à peu, on assiste à la transformation de son caractère, perverti par l'idéologie nazie et sa mise en application : le magasin devient le lieu d'un drôle de trafic, où des meubles de très bonne facture arrivent en pièces détachées pour repartir ailleurs, tandis que l'usine d'Albrecht ne produit plus aucun meuble.

 ... en s'acquittant de leur petite besogne sans se préoccuper de son aboutissement, ils se sont tout bonnement exclus de l'humanité. L'homme est un être qui pense, un être responsable. Ces gens-là ont renoncé à leur titre d'homme.
(page 242)

Des dérapages, des exécutions sommaires éclatent soudainement alors que la banalité du quotidien ne laissait à aucun moment présager ces drames.
Ce qui est terrible, c'est la résignation des victimes qui ne se rebellent jamais contre leur sort ainsi que l'obéissance aveugle des Souabes à l'occupant allemand dont ils ne remettent jamais en question le comportement inhumain. Le lecteur assiste, impuissant et horrifié, au mécanisme de la banalité du mal
, que la phrase sans concession de Jelena, jetée à la figure d'un père sollicitant son intercession pour son fils, rend glaçante :

 Le grand Reich allemand ne châtie pas les innocents, et je ne saurais m'engager pour un coupable.
(page 250)

 Pour conclure, un livre prenant, que l'abondance des détails sans importance aurait pu rendre indigeste mais qui au final ne rend que plus saisissants les drames qui se jouent entre les différents protagonistes. L'émotion est palpable à certains passages, d'autant que le lecteur connait à l'avance le sort de certaines communautés. 

Appréciation :

note : 4 sur 5

extrait

  Et de cette horrible vieille souche, depuis longtemps rejetée hors du temps, malicieusement recourbée sur elle-même comme au terme d'une grave maladie qui l'aurait rendue infirme et à jamais maligne, montait alors une odeur inattendue de bois frais, un parfum de forêt, peut-être même cette senteur de feuillage jeune et plein de sève dans laquelle baignait cette souche monstrueuse au temps où elle n'était pas encore souche mais partie vivante d'un arbre qui la berçait de son bruissement.
(page 108)

divers

 La pourpre et l'or - Murena T1 - de Dufaux et Delaby

Ma 54ème participation au challenge de Lynnae -

Virée littéraire européenne 

Ma 1è participation à la 2è édition du challenge de BouQuiNeTTe - séjour en Serbie
D'autres billets sur le Kosovo/la Serbie/l'Albanie : Sharon ♦ Julie ♦ Salhuna ♦

le tour du monde en 8 ans

Ce billet est ma 21è participation au challenge d'Helran - cette escale compte pour la Serbie

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samedi 5 septembre 2015

Livra'deux pour pal'Addict # août-septembre-octobre 2015

Livra'deux pour PalAddict

 

LDPA what is it?
C'est la 14ème édition de ce challenge, proposé à l'ensemble de la communauté et inspiré de ce que font déjà deux membres de la team, Jess et Iwry.  Ce rendez-vous régulier a lieu sur le site de Livraddict dans le but de rassembler des personnes autour de cette passion commune.

Le principe:
En binôme, chacun choisi dans la PAL(pile de livres à lire) de l'autre, trois livres :
* Qu'il a lu et aimerait faire découvrir à son partenaire
* Dont il aimerait avoir l'avis d'un ami
* Des titres qui nous interpellent pour leur résumé...
Sur ces trois livres, nous en choisissons un et dans un délai imparti, nous devons le lire et en faire un avis.

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Pour ma 10ème participation à ce rendez-vous, le tirage au sort m'a désigné  Gemma comme partenaire.

Pour laquelle j'ai choisi :

 Les Hauts de Hurlevent   Aime-moi 

Gemma hésite entre Les Hauts de Hurlevent et Aime-moi... 

Elle a lu Aime-moi  dont voici un extrait de l'avis qu'elle m'a écrit  : «c'était une lecture très légère, sans prise de tête, mais peut être trop simple. »

Et  elle a choisi pour moi :

After   Le Squatteur   Millenium, tome 1

Je ne sais pas encore lequel choisir, même si j'ai un petit penchant pour Millenium (si je compte bien, c'est la 4è fois qu'il sort...^^)